Rando Robert

Retard

 

 Je n'ai pu encore pour differentes raisons mettre à jour les dernieres rando de Robert

Avril    La Renaissance 2eme Partie

Mai       L'art Deco

Juin    Les passages découverts

Mais je ne manquerai pas de mettre tout cela à jour  dans le courant du premier semestre de la saison 2014-2015 et ne m'en veuillez pas de ce retard

Paris map1

Un grand merci a Robert qui nous a fait vivre des moments inoubliables et qui j'en suis sur nous en fera encore vivre

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Le Paris sous Charles V 2ème Partie

 24 inscrits, 3 excusés 21 participants

J'ai déjà traité dans la première partie un certains nombre de sujet sur lesquels je ne reviendrais pas.

Nous démarrons de la gare du Nord en direction de la place de la République et de la rue du Temple

La rue du Temple est une des plus vieilles rues de Paris, située entre les IIIe et IVe arrondissements, dans le quartier du Marais. Elle est longue de 1 335 mètres et est composée de plusieurs anciennes voies datant pour ses parties les plus anciennes du XIVe siècle. Elle tient son nom de la Maison du Temple siège parisien de l'ordre homonyme.

La rue du Temple comprend plusieurs parties qui ont changé de nom au cours des siècles avant d'être réunies en une seule voie.

La partie de la rue du Temple située entre la rue de Rivoli et la rue de la Verrerie porta tout d'abord le nom de rue des Coquilles, puis elle devint au  XIVe siècle la ruelle Jean-Gentien (trésorier du roi), puis rue Jacques-Gentien.

La partie comprise entre la rue de la Verrerie et la rue Saint-Merri sera nommée rue Barre du Bec, puis rue de l'Abbaye du Bec-Hellouin vers le début du XIVe siècle.

La partie entre la rue Saint-Merri et la rue des Haudriettes s'est appelée rue Sainte-Avoye entre 1515 et 1851, Madame de Sévigné y demeura avant de s'installer rue de Thorigny. À l'angle de ces rues était la marque de la juridiction des grands prieurs de l'ordre du Temple à savoir : L'Échelle du Temple qui avait près de 16 mètres de haut. Le passage Sainte-Avoye, entre la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie et la rue Michel-le-Comte, faisait partie de la Grande rue du Temple puis de la rue du Temple.

La partie qui était autrefois entre la rue Michel-le-Comte et le boulevard du Temple, et qui va de nos jours de la rue Michel-le-Comte à la place de la République était au  XIIIe siècle la rue de la Milice du Temple avant de devenir peu après la rue de la Chevalerie du Temple.

La rue du Temple doit son nom à l'ordre des Templiers, installé au milieu du  XIIIe siècle dans ce quartier dit quartier du Temple encore de nos jours. Des vestiges de fortifications datant de Philippe-Auguste sont préservés aux numéros 69 et 71 de la rue.

Au 207 se situait La maison du Temple à Paris, aussi nommée enclos du Temple ou enclos des Templiers, était le chef-lieu de la province de France de l'ordre du Temple et la plus grande commanderie templière de France.

La maison du Temple fut construite sur un vaste terrain donné à l'ordre du Temple vers 1170 en remplacement du Vieux Temple, leur premier lieu de résidence situé à l'arrière de la place de Grève, et appelé pour cette raison la villeneuve du Temple.

Ce terrain était situé à l'extérieur de l'enceinte de Philippe Auguste, presque le long de l'enceinte de Charles V. Formé de champs à l'origine, une partie fut entourée de murs pour former l’enclos. Cet enclos correspond au quadrilatère formé actuellement par la rue du Temple, la rue de Bretagne, la rue de Picardie, et l'axe formé par le début de la rue de la Corderie, l'extrémité nord de la cité Dupetit-Thouars, et le débouché de la rue Notre-Dame-de-Nazareth dans la rue du Temple.

590px plan ancien quartier du temple

Description

L’Enclos constituait la maison cheftaine de l’ordre du Temple en France et le siège de la banque de l’ordre dans ce pays.

Panneau l enclos du temple rue dupetit thouars paris 3 me temple de paris

  Il était entouré de hautes murailles crénelées, renforcées de distance en distance par des tourelles. Ce système défensif était complété par une tour carrée, dite tour de César, et par un imposant donjon appelé Grande Tour (la tour du Temple), qui avait été construite au  XIIIe siècle. L’ensemble comprenait comme toutes les commanderies templières une église (l’église du Temple), des bâtiments conventuels pour loger les moines-soldats, de vastes écuries et des annexes. Les Templiers possédaient les rues entières et la totalité du quartier entourant l’enclos.

Le Trésor royal français fut conservé dès 1146 à la tour du Temple, et donc gardé par les templiers. Philippe Auguste bâtit un système comptable et fiscal, ancêtre de la Chambre des comptes, où les agents royaux venaient trois fois l’an déposer les revenus de la Couronne. Cette pratique prit vraisemblablement fin lors du règne de Philippe IV le Bel. En 1312, l’Ordre du Temple fut dissous et ses biens en France furent attribués aux chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (dits hospitaliers). Néanmoins, même si Philippe le Bel avait ordonné de procéder à la remise des biens aux hospitaliers depuis le 28 mars 1313, l'enclos était omis puisque Louis X de France, son fils, refusait encore de le rendre pour en faire le douaire de la reine Clémence de Hongrie. Ses bâtiments subirent de nombreuses modifications.

En 1667, les murailles qui dessinent l’Enclos dans le territoire parisien sont abattues au profit d’hôtels particuliers et de maisons locatives occupées essentiellement par des artisans. Mansart construit un palais pour le grand prieur. L’ancien rempart avait été remplacé par une élégante muraille surmontée d’une galerie décorée de colonnes

   Les templiers

Origine de l'Ordre du Temple

L'ordre du Temple est un ordre religieux et militaire fondé en 1119 en Terre Sainte après la 1ère Croisade, à l'initiative du chevalier champenois Hugues de Payns aidé de quelques preux chevaliers. Le roi de Jérusalem Baudoin II leur octroie pour installer leur siège la mosquée Al-Aqsa, où était anciennement situé le temple de Salomon, d'où leur nom.

La mission initiale de l'Ordre du Temple est de défendre la chrétienté en Orient :

  • assurer la garde des Lieux Saints de Palestine,
  • protéger les pèlerins et les routes menant à Jérusalem, notamment celle situées le long de la côte méditerranéenne entre Haïfa et Césarée de Palestine, à l'est de Nazareth (un défilé très dangereux entre les montagnes).

Sceau du Temple :

Templiers sceauL'un des plus célèbres sceau de l'ordre est celui du 19ème Maître du Temple Rainaldus de Vicherio, figurant deux cavaliers sur un même cheval : sa signification pose une énigme, car la règle du Temple interdit que deux hommes chevauchent sur une "même beste

Leur règle est rédigée par Saint Bernard (l'une des plus éminentes personnalités de l'époque), qui adapte la Règle de Saint Benoit au nouveau concept de Moine-Soldat : elle impose aux chevaliers la chasteté, la pauvreté et l'obéissance

 L'ordre est officialisé par le Pape Honorius II lors du concile de Troyes en 1128 : il bénéficie d'une indépendance totale, morale et financière par rapport aux rois : les Templiers ont ainsi le privilège de dépendre directement du Pape !

L'Eglise justifie la possibilité de concilier "guerre et prière" de la manière suivante : faire la guerre pour des motifs matériels est illicite, mais la faire pour la gloire du Christ devient licite. Saint Bernard les considère comme la "milice du Christ", comme le bras séculier des ordres monastiques contemplatifs

L'organisation, dirigée par le Grand Maître, est la suivante :

  • les chevaliers, seuls combattants, sont recrutés dans la noblesse,
  • leurs auxiliaires, sergents et écuyers, appartiennent à la bourgeoisie ou au peuple,
  • les prêtres assurent le service religieux et les sacrements,
  • enfin, des serviteurs et aides divers viennent du bas de l'échelle sociale.

Les ordres de "moines soldatsTemplier ordres

Une tournée dans toute l'Europe pour lever des fonds est organisée en 1128 puis à partir de 1136, le nouveau Grand Maître Robert de Craon commence à essaimer des commanderies : l'ordre tisse sa toile !

Etendard des chevaliers templiers

Templiers croixCe dernier est qualifié dans la symbolique templière de "gonfanon baucent" (du francique gundfano, "drapeau de guerre").

Il était inscrit : "Non nobis domine non nobis sed nomini tuo da gloriam" ("Non pas à nous Seigneur, non pas à nous, mais à ton Nom, donne la gloire")

 Développement de l'ordre

Le prestige des moines-soldats au manteau blanc frappé d'une croix vermeille a été immense pendant les deux siècles qu'ont duré les Croisades : au début du XIIIe, le Temple dispose d'une force militaire impressionnante de 15000 hommes dont 1500 chevaliers, bien plus que n'importe quel roi de la chrétienté aurait pu en lever.

Les Templiers développent une dualité complémentaire :

  • En métropole, l'intendance économique :

Ils contrôlent de 2000 à 3000 commanderies (Domus Templi) en Europe, dont 1200 en France (les chiffres sont variables du simple au double en fonction des ouvrages consultés). On peut citer l'assainissement d'un vaste marécage en bord de Seine à Paris ... quartier qui deviendra le Marais ! Ils mettent aussi en valeur de vastes terrains par leurs travaux agricoles.

Après l'arrestation des templiers, le site sera été occupé par les Hospitaliers, qui maintiendront le droit d'asile pour les nécessiteux jusqu'à la Révolution. Les travaux de modernisation du Baron Haussmann mettront un terme définitif à ce qui aura été le plus grand établissement templier d'Europe.

Il ne reste quasiment aucun vestige de ce temple : à part le nom des rues qui évoquent le noms de quelques chevaliers, il ne subsiste que la partie inférieure d'une tour d'angle de l'ancienne enceinte située entre le 17, le 32 de la rue de Picardie et le 73 de la rue Charlot ou encore les vestiges de l'hôtel des Barres édifié par les templiers au 56 de la rue de l'Hôtel de Ville.

 En Terre Sainte, l'armée régulière et permanente du royaume franc de Jérusalem

Ils construisent de nombreuses forteresses pour contrôler les territoires francs : l'Ordre du Temple et ses Kraks (ou cracs) marqueront alors de leur empreinte le royaume de Jérusalem.

Les templiers sont animés d'une foi et d'un courage à toute épreuve, et leurs charges de cavalerie sont bien souvent déterminantes durant les combats.

Parmi les innombrables faits d'armes, on peut citer :

Les possessions franques de Terre Sainte tombent définitivement entre les mains des musulmans avec la chute de Saint-Jean-d'Acre le 28 mai 1291, malgré la résistance héroïque des templiers autour du Grand Maître Guillaume de Beaujeu : cet événement met fin à 2 siècles de présence franque en Orient, et le rôle défensif des templiers s'en trouve remis en cause.

 D'une puissance militaire vers une puissance économique

A partir du XIVe, les templiers se sont reconvertis de moines soldats en banquiers et ont complètement perdu de vue la reconquête des Lieux Saints de Palestine, quittés en 1291.

L'ordre est devenu immensément riche grâce :

  • aux considérables donations que les riches consentent pour le "salut de leur âme",
  • aux legs des seigneurs ou chevaliers qui souhaitent devenir templiers et lui confient leurs richesses,
  • aux dons des "manants" qui souhaitent les aider dans leur mission initiale de protection des pèlerins,
  • aux quêtes organisées dans les églises,
  • aux redevances sur les marchés, moulins, chasses, coupes de bois sur leurs terres ; le Temple étant alors le 1er propriétaire foncier en Europe !
  • à l'exemption d'impôts dont il bénéficie et autres privilèges octroyés par le Pape.

Ainsi, le Temple s'est mué en une puissance économique et devient l'une des principales institutions financières occidentales ... et la seule qui soit sûre. Les "pauvres chevaliers du Christ" exécutent les opérations financières suivantes :

  • banquier des biens de l'Eglise et de ceux des rois d'Occident : on peut citer Philippe le Bel, Jean sans Terre, Henri III,
  • prêt de sommes conséquentes pour les croisades ou autres,
  • attestation de crédit : les pèlerins confient leur argent aux commanderies templières qui leur délivrent une attestation de crédit à hauteur des sommes perçues. Ils peuvent ainsi récupérer leur argent dans n'importe quelle autre commanderie templière et ne sont ainsi plus détroussés en chemin !

Le début de la disgrâce

  • Perte de la faveur populaire :

Après l'unanimité du XIIe suscitée par les croisades et la chrétienté conquérante, l'opinion européenne commence à s'interroger à partir de la fin du XIIIe sur la légitimité du Temple : leur inactivité, leur arrogance et leur statut "intouchable" jettent le discrédit sur eux. La méfiance du peuple est attisée par tant de richesses et par le luxe ostentatoire dans lequel vivent certains templiers : où est la foi, l'austérité et l'humilité à l'origine de l'ordre ? Le fait de mener une vie sans rapport avec l'idéal monastique initial est jugé inacceptable. Il en est resté l'expression "boire comme un templier" !

Même le pape Clément IV leur lance un avertissement : "Que les templiers se gardent de lasser ma patience afin que l'Eglise ne soit pas obligée d'examiner de plus près certaines choses répréhensibles supportées jusqu'à ce jour avec trop d'indulgence ...".

  • La disgrâce du pouvoir capétien et des seigneurs :

La royauté est frustrée de ne pas pouvoir contrôler les templiers : l'ordre devient de plus en plus incompatible avec l'affirmation croissante du pouvoir des capétiens. Comment Philippe le Bel, en conflit avec la papauté, peut-il supporter sur son royaume ces puissants et riches chevaliers qui ne dépendent que de l'autorité du Pape ?

De plus :

  • le roi est frustré d'avoir essuyé un vif rejet suite à sa demande pour se faire nommer Grand Maître de l'Ordre !
  • Guillaume de Nogaret souhaite, suite à sa compromission dans l'attentat d'Anagni contre le précédent Pape, bénéficier d'une réhabilitation vis à vis de la chrétienté.

Suivant une idée déjà ancienne évoquée par Saint Louis et la papauté, Philippe le Bel souhaite la fusion de l'ordre du Temple avec celui des Hospitaliers afin de constituer une force suffisante pour préparer une nouvelle croisade : l'affaire est mise à l'ordre du jour de plusieurs conciles mais son échec résulte de l'entêtement et de l'étroitesse d'esprit du Grand Maître Jacques de Molay. Durant l'été 1306, Jacques de Molay donne son opinion au Pape Clément V sur le projet de fusion : l'argumentaire du Grand Maître n'a qu'un seul but non avoué, garder une place qui risque de lui échapper !

 L'arrestation et le procès des templiers

  • L'arrestation :

Les 140 templiers de Paris sont arrêtés personnellement par Guillaume de Nogaret accompagné de gens d'armes.

  • Les premiers aveux :

Rien qu'à Paris, 134 prisonniers sur 140 confirment l'exactitude des accusations ... mais 38 succombent à la torture : on peut donc douter de la sincérité des aveux !
Au reniement du Christ, aux rites obscènes et à la sodomie, les confessions ajoutent encore l'adoration des idoles, la cupidité, la négation des sacrements et les réunions nocturnes secrètes. L'opinion publique et le roi lui-même y voient la confirmation de leurs terribles soupçons sur l'impiété des templiers et leur connivence avec les forces du Mal !

Pour extorquer la "vérité" aux prisonniers dans tout le pays, les commissaires royaux utilisent largement la torture : très vite, les résultats des interrogatoires, poursuivis par les inquisiteurs dominicains de l'église mandatés par le Pape, confirment les affirmations de Philippe le Bel sur la corruption de l'ordre

Il semble toutefois que le reniement de Jésus exigé lors de l'admission d'un nouveau frère, une des accusations les plus graves qui aient été portées contre les moines soldats, soit incontestable : tous les aveux et témoignages convergent et sont concordants. Les plus hauts dignitaires ont confirmé cette pratique devant les cardinaux à Chinon, ainsi que 72 templiers lors d'une audition privée devant le Pape

  • Le procès :

La nouvelle de cette arrestation est reçue par le Pape Clément V comme une grave offense à son pouvoir. Il apprend de plus que des prisonniers ont rétracté leurs aveux devant ses cardinaux : il décide d'interrompre les activités des inquisiteurs. Cela ne convient pas à Philippe le Bel, qui tente aussitôt de le convaincre de la culpabilité de l'ordre en lui présentant 72 Templiers soigneusement choisis, qui dressent un tableau terrible des crimes du Temple. Ainsi pressé et persuadé, Clément V ordonne la formation dans chaque diocèse de commissions ecclésiastiques chargées d'examiner les cas individuels, tandis qu'une commission nommée par lui siégera à Paris avec charge d'enquêter sur l'ordre en général.

 Depuis le début du procès, les aveux du Grand Maître Jacques de Molay et des autres dignitaires avaient brisé toute velléité de résistance. Aussi, lorsque la commission pontificale demande à l'ordre de présenter des défenseurs, plus de 500 membres du Temple manifestent leur désir de s'exprimer et certains expliquent que la torture est responsable des aveux en confirmant la pureté de leur ordre : la résistance des templiers s'organise !.

Mais sous la pression de Philippe le Bel, le pape Clément V, moins omnibulé par la théocratie prônée par ses prédécesseurs, marque définitivement la fin de l'Ordre du Temple en émettant sa dissolution le 3 avril 1312 ("Ad providam").

Le procès aura duré 7 ans et c'est donc sous l'usage de la torture que les Chevaliers du Temple avoueront les crimes qu'on leur impute.

  • Le partage du trésor templier :

Le 3 mai 1312, le Pape affecte le trésor des Templiers à l'ordre concurrent des Hospitaliers, à l'exception de la part ibérique qui revient aux ordres militaires locaux : ainsi les biens gardent une affectation destinée à la défense de la foi. Le roi de France et ses conseillers plaident en faveur de cette solution respectueuse de la volonté des nombreux bienfaiteurs du Temple mais en 1313, sur la base de documents comptables, l'ordre de l'Hôpital restitue 200 000 livres au trésor royal pour solde de tout compte. Le successeur de Philippe le Bel, Louis X, réclamera un supplément, estimant que son père a été floué : l'affaire est close en 1317, quand le nouveau roi Philippe V reçoit 50 000 livres supplémentaires.

  • La malédiction du Grand Maître :

Au bout de 7 ans d'emprisonnement (dont une partie dans le Château Chinon), Jacques de Molay accompagné d'autres dignitaires de l'ordre sont conduits le 18 mars 1314 devant la cathédrale de Notre-Dame de Paris pour entendre le verdict du procès : la sentence des juges est la prison à vie. Mais Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay, précepteur de Normandie, haranguent la foule en disant que leurs aveux ont été volés, que les templiers n'ont commis aucun crime et sont victimes d'une machination : les deux hommes sont alors condamnés au bûcher.

Conséquences de la fin de l'ordre

La dissolution de l'ordre lors du concile de Vienne et ensuite la mort de Jacques de Molay marquèrent la fin définitive de l'ordre du Temple. Les biens templiers, en particulier les commanderies, furent reversés par la bulle papale Ad Providam en majeure partie à l'ordre de l'Hôpital, sauf dans le royaume de Valence où ils passèrent au nouvel ordre de Montesa, fondé en 1317, et au Portugal où ils passèrent à l'ordre du Christ, fondé en 1319 (ordre du Christ dont on verra la croix sur les voiles des navires de Christophe Colomb lors de sa traversée de l'Atlantique en 1492). Ces deux ordres sont les seuls "successeurs légitimes du Temple"[6], mais leur caractéristique nationale commune empêche de les considérer comme de réelles survivances (l'ordre du Temple ayant cette caractéristique d'être international).

 Les raisons qui ont conduit Philippe le Bel à accuser les Templiers sont toujours mystérieuses. Voulait-il mettre la main sur les richesses des Templiers, avait-il peur de leur puissance militaire, l'influence des Templiers commençait-elle à être trop gênante, ou bien toutes ses raisons étaient bonnes [7] pour se débarrasser et condamner les Templiers dans un semblant de procès...

 Légendes sur les Templiers

La fin tragique de l'Ordre du Temple et la mort de son dernier grand maître sur le bûcher entraîna de nombreuses légendes, plus ou moins fantaisistes sur les templiers. Certaines de ces légendes portent sur la Malédiction des Templiers, le Trésor des Templiers, le célèbre vendredi 13, la franc-maçonnerie templière, etc.

 Le vendredi 13

 Philippe le Bel

Ce jour a pour particularité d'être associé à une superstition qui en fait un jour de malheur.

Le vendredi 13 octobre 1307, le roi de France (Philippe IV, dit le Bel) ordonna d'arrêter tous les membres de l'ordre du Temple présents sur son territoire et de les faire torturer. Il leur fit avouer des crimes qu'ils n'avaient pas commis afin de ternir la réputation des Templiers. Ceux qui revinrent sur leurs affirmations furent condamnés au bûcher.

Philippe le Bel neutralisa ainsi les Templiers qu'il considérait comme une menace à son trône à leur retour de Terre Sainte. Ils étaient alors à la tête d'une grande organisation, supportée par des membres fidèles, disciplinés et disposant surtout d'une imposante richesse. Le roi de France c'était alors senti menacé par la présence grandissante de l'ordre dans son pays. Il craignait ce royaume au sein de son royaume.

 Malédiction des Templiers

 Templier

 Lorsque Jacques de Molay mourut brûlé sur le bûcher au mois de mars 1314, il aurait maudit ses accusateurs. D'après le chroniqueur Geoffroi de Paris, sa déclaration aurait été « Dieu sait qui a tort et a péché, et le malheur s'abattra bientôt sur ceux qui nous condamnent à tort. Dieu vengera notre mort. Seigneur sachez que, en vérité, tous ceux qui nous sont contraires par nous auront à souffrir ».

Les évènements qui suivirent de près la mort de Molay laissèrent libre cours aux spéculations les plus diverses.

En effet, le 20 avril 1314, mourut le pape Clément V, probablement d'un cancer des intestins. [2]

Par la suite, le roi de France Philippe Le Bel décède le 29 novembre 1314 d'un accident de cheval au cours d'une chasse. Ses trois fils n'offrent pas un meilleur tableau. Louis X meurt en 1316 et le règne de son fils Jean Ier est aussi court que sa vie, du 15 au 19 novembre 1316. Philippe V monte sur le trône, mais décède en 1322, n'ayant eu que des filles (qui sont écartées de la ligne de succession par les légistes royaux, donnant la préférence aux hommes). Pour sa part, le dernier fils de Philippe le Bel, Charles IV, s'éteint en 1328 sans avoir de descendance mâle pour monter sur le trône.

Cette légende populaire devint une véritable tradition et elle fut remise à l'honneur par l'écrivain Maurice Druon dans son roman à succès Les Rois maudits (1955-1977), où la malédiction devient : "Pape Clément !… Chevalier Guillaume !… Roi Philippe !… avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste jugement ! Maudits ! Maudits ! Maudits ! tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races

Le Trésor des Templiers

  Les charrettes de paille

 Le Templier Jean de Châlon, du Temple de Nemours, aurait déclaré en juin 1308 en audience devant le Pape que
« La veille de l'arrestation des Templiers (au soir du 12 octobre 1307 ), un cortège comprenant trois chariots recouverts de paille et une cinquantaine de chevaux quittèrent le Temple de Paris sous la conduite de deux Templiers, Hugues de Chalons et, surtout, Gérard de Villers, le précepteur de France ». Ils auraient par la suite pris la mer avec 18 galères.

Les Templiers et le Graal

Le Graal aurait peut-être été retrouvé par les Templiers dans le Temple de Jérusalem puis emmené en Écosse après la chute de l'ordre. Il serait toujours enfoui dans la Rosslyn Chapel. Ces légendes s'appuient en général sur le roman courtois Parzival écrit par Wolfram von Eschenbach au XIIIe siècle, dans laquelle le Graal était gardé par des chevaliers templiers.

Dans les années 1980, Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh donnent une interprétation allégorique toute personnelle du Graal dans leur essai L'Énigme sacrée : le Graal serait une métaphore pour désigner une descendance cachée qu'aurait eu Jésus, du fait d'une supposée union avec Marie-Madeleine. Saint-Graal serait une déformation de Sangréal signifiant « sang royal », et désignerait la lignée du Christ.

 La Franc-maçonnerie templière au XVIIIe siècle

 Tout d'abord, selon la légende, les templiers ayant survécu se seraient réfugiés dans les montagnes d'Écosse, et se seraient cachés sous les insignes de la Franc-maçonnerie. C'est la première version connue d'une association entre Templiers et francs-maçons.

Les premières loges maçonniques apparaissent au XVIIe siècle en Écosse et en Angleterre, et se répandent en Europe dans la première moitié du XVIIIe siècle. Elles se réclament d'une origine ancienne.

Dans les années 1740 apparaissent en France de nombreux grades maçonniques. L'un des plus anciens d'entre eux, dénommé « Chevalier d'Orient et de l'Épée », développe sa légende symbolique propre sur le thème de la reconstruction du Temple de Jérusalem au retour de la captivité de Babylone. Ce grade connut un grand succès en France puisqu'il y eut dans les années 1750 plusieurs loges de « Chevaliers d'Orient » dans la seule ville de Paris. Il devint le grade terminal de plusieurs systèmes maçonniques dans les années 1760. La légende de ce grade n'évoque cependant pas les chevaliers du l'Ordre du Temple, mais seulement des chevaliers-maçons qui reconstruisent le Temple de Jérusalem. [3]

Dans la première moitié du XVIIIe siècle, en Allemagne, apparaissent des cercles alchimistes, sous le nom générique de Rose-Croix d'Or. Ils étaient reliés entre eux par une doctrine assez floue, plus ou moins inspirée des mystérieux manifestes Rose-Croix du siècle précédent (1614 et 1615). C'est probablement dans ces milieux qu'apparaît l'idée d'une survivance de l'Ordre du Temple. C'est là aussi qu'apparaît la légende d'un conseil suprême de Supérieurs Inconnus des Rose-Croix, ne comprenant que 9 membres, idée qui sera reprise dans la légende templière.

Le plus ancien écrit connu d'une telle survivance est un manuscrit de 1760 trouvé à Strasbourg, intitulé « Deuxième Section, de la Maçonnerie parmi les Chrétiens ». Ce texte complète la retraite templière en Écosse où Beaujeu, neveu de Jacques de Molay, aurait restitué l'Ordre du Temple. Les Grands Maîtres secrets se seraient succédé depuis ce temps-là selon la légende.

 

Avec l'affaire du Temple, la monarchie capétienne montre clairement qu'elle entend suivre son intérêt politique et ne plus se comporter en vassale de l'Eglise.

Templier plaque

 

Jacques de Molay et son compagnon sont brûlés vif à la pointe de l'île de la Cité le 19 mars 1314 : ils demandent qu'on leur desserre les liens des mains pour pouvoir les joindre en prière.

La plaque  rappelle le triste sort de cet homme qui n'aura pas su réformer son ordre quand il en était encore temps

 

 
Philippe Le Bel ne s'arretera pas  aux templiers, il avait dejà commencer avec la spoliation des Juifs et des Lombards

Philippe le Bel est certainement le roi de France le plus dur envers les Juifs et jamais autant de Juifs n'ont dépendu du roi que sous son règne. De plus, sa femme Jeanne de Navarre est comtesse de Champagne, région où est établie une riche communauté juive, longtemps protégée par les comtes de Champagne. Dès 1288, treize Juifs sont condamnés par l'Inquisition au bûcher à Troyes pour une prétendue affaire de meurtre. Deux ans plus tard, c'est le « miracle des Billettes », une affaire de profanation d'hostie imputée à un Juif.

En fait, avant même son accession au trône, Philippe le Bel a compris l'intérêt qu'il peut tirer des Juifs. Lorsque sa femme prend possession de la Champagne en 1284, il obtient des Juifs un paiement de 25 000 livres pour confirmer leur droit d'établissement dans la province. Les années suivantes, il les protège contre l'Église, de façon à se conserver une source de revenus

En 1292, une nouvelle taxe est levée sur les Juifs. En 1295, ils sont arrêtés, voient leurs biens saisis et disposent de huit jours pour les racheter, sinon ils sont vendus au bénéfice du Trésor. De nouvelles taxes sont encore levées en 1299 et 1303       

               Enfin, en 1306, le Trésor étant vide, le roi décide de « tuer la poule aux œufs d'or », selon l'expression de la Jewish Encyclopedia. Il fait arrêter les Juifs, leur fait signifier leur exil et saisit leurs propriétés y compris leurs créances, ne rendant même pas le service à ses autres sujets de les libérer de leurs dettes. On a pu estimer le nombre de Juifs exilés à cent mille. Le poète Geoffroi de Paris déplore cet exil dans sa Chronique rimée et regrette que les prêteurs juifs aient été plus débonnaires que les chrétiens en de telles affaires. L'exil se fait dans des conditions très dures. Le chroniqueur Jean de Saint-Victor raconte que les Juifs doivent payer pour pouvoir quitter le royaume et que beaucoup meurent en chemin d’épuisement et de détresse. Le royaume s'étant agrandi depuis la première expulsion sous Philippe-Auguste, les Juifs doivent se réfugier plus loin cette fois-ci, dans les pays alentour, en Alsace, en Savoie et en Provence (hors du royaume de France à cette époque), en Italie, en Allemagne et en Espagne. Il en reste aujourd'hui des familles Tsarfati (qui signifie Français en hébreu), Narboni, Bedersi (de Béziers), etc., suivant l'habitude répandue de nommer les personnes du nom de la ville ou du pays d'où ils sont originaires

Même si les Juifs sont rappelés en 1315, cette expulsion marque la fin du judaïsme français au Moyen Âge. Comme la révocation de l'Édit de Nantes qui condamne les protestants à l'exil en 1685, cette décision est pour l'historien Siméon Luce, un désastre pour la France et sa vie économique 

Du rappel de 1315 à l'expulsion finale de 1394
Le rappel de 1315

Chose exceptionnelle, le rappel de 1315 se fait sous la pression de la « clameur du peuple », selon les termes de l'ordonnance Aussi le roi Louis X le Hutin les rappelle-t-il mais pour douze ans seulement, probablement pour pouvoir de nouveau les spolier comme l'avait fait son père. Mais dans ces conditions, il est probable que peu nombreux sont les Juifs qui tentent de nouveau leur chance dans le royaume de France. Ce rappel est une opération d'autant plus profitable pour le roi que les Juifs sont lourdement taxés sur les créances d'avant 1306 qu'ils arrivent à recouvrer. Ce retour des Juifs rapporte au trésor royal 122 500 livres

La seconde croisade des Pastoureaux et l'expulsion de 1323

Il ne faut pas attendre les 12 ans concédés par Louis X le Hutin pour que les Juifs soient de nouveau frappés par le malheur. En 1320, la révolte des Pastoureaux suscite son cortège de massacres de Juifs dans le sud-ouest de la France

La conséquence de cette révolte est paradoxale mais se retrouve, par la suite, souvent dans l'histoire des persécutions anti-juives : le pouvoir reproche aux Juifs d'avoir suscité ces troubles par leur seule présence. Selon cette logique, c'est eux qui doivent être punis et ils sont donc à nouveau expulsés en vertu d'une ordonnance du 24 juin 1322, exécutée en 1323. Le prétexte en est donné après coup : les Juifs se seraient conjurés avec les lépreux pour empoisonner les puits.

Persécutions en Alsace : le massacre de la Saint-Valentin

Les communautés juives se multiplient en Alsace au début du XIVe siècle, sans doute à cause de l'expulsion des Juifs du royaume de France. Mais, dès 1336, un mouvement insurrectionnel menace les Juifs qui ne doivent leur salut à Colmar en 1337 qu'à la protection des autorités impériales et épiscopales.

L'époque la plus terrible est celle de la peste noire qui sévit en Europe de 1347 à 1349. En Alsace et ailleurs, les Juifs sont accusés d'avoir empoisonné les puits. À Strasbourg, en février 1349, les Juifs sont jetés au bûcher et, à la même époque, ceux de Colmar sont aussi brûlés vifs au lieu-dit Judenloch (la fosse aux Juifs).

Même si, après les émeutes, les Juifs survivants réfugiés dans les campagnes alentour peuvent revenir quelque temps en ville, ces événements marquent la transformation du judaïsme alsacien qui devient rural pour les quatre siècles suivants.

Le rappel de 1360

En 1356, le roi de France Jean le Bon est fait prisonnier à la bataille de Poitiers par les Anglais qui exigent une rançon de 3 millions d'écus pour le libérer. Le dauphin Charles voulant renflouer quelque peu les finances royales, a alors l'idée de négocier le retour pour vingt ans des Juifs dans le royaume moyennant quelques taxes : « une taxe d’entrée de quatorze florins par chef de famille et d’un florin pour chaque membre, et, de plus, sept florins par an et par feu et un florin pour chaque membre de la famille ». En fait, les conditions négociées par le dauphin ne sont pas trop défavorables aux Juifs et le roi Jean II, plus hostile aux Juifs que son fils, réinstaure le port de la rouelle. Il semble bien, en tout cas, que très peu de Juifs aient tenu à revenir dans le royaume.

L'expulsion finale de 1394 - bilan de plus d'un millénaire de présence juive en France

Charles V le Sage protège les Juifs durant tout son règne et prolonge leur droit de séjour. Son successeur en 1380 est Charles VI le Fol beaucoup plus influençable. Sous le prétexte du retour au judaïsme d'un Juif converti au christianisme, le souverain signe, le 17 septembre 1394, un arrêt interdisant aux Juifs de séjourner dans le royaume. Il leur permet juste de réaliser leurs créances et de vendre leurs biens puis les fait protéger le long de leur trajet jusqu'aux frontières du royaume durant l'hiver 1395.

Il reste peu de choses sur le plan matériel des quatorze siècles de présence des Juifs en France jusqu'au XIVe siècle : un bâtiment juif sous le palais de justice de Rouen, une maison qui fut une synagogue au XIIIe siècle à Rouffach, un mikveh de la même époque à Strasbourg (au 19 de la rue des Juifs), un autre à Montpellier et des stèles juives visibles notamment au musée de Cluny à Paris. Camille Enlart pouvait écrire en 1929 : « Beaucoup de synagogues ont existé en France au Moyen Âge. Elles furent plus ou moins importantes suivant le nombre et la fortune des diverses communautés juives[…]. Au cours des persécutions dont les Juifs ont été l'objet au Moyen Âge, toutes les synagogues ont été détruites ainsi que les cimetières qui les avoisinaient ». Mais dans plus de 400 villes ou villages de France, on trouve une rue de la Juiverie ou une rue des Juifs qui rappellent l'implantation de cette France juive rurale qui disparut au XIVe siècle, à l'exception des communautés d'Alsace et des États pontificaux. La carte ci-contre représente ces rues des Juifs et donne un aperçu de l'implantation des Juifs au Moyen Âge. On y repère les communautés alsaciennes et provençales ainsi qu'une implantation significative dans toute la France du nord particulièrement en Champagne et en Normandie jusqu'à la Haute-Bretagne.

Sur le plan spirituel, le patrimoine est incommensurable grâce à Rachi dont les commentaires de la Torah et du Talmud ainsi que ceux des tossafistes font encore aujourd'hui eux-mêmes l'objet de multiples commentaires. Quant à la science profane, elle a beaucoup profité des médecins juifs installés à Montpellier ou Lunel avec les Tibbonides particulièrement qui traduisirent les traités de médecine antiques ou arabes. La langue française elle-même a été enrichie par la présence juive.

Les derniers siècles du Moyen Âge ont aussi légué quelques thèmes de l'antijudaïsme chrétien repris plus tard tels la profanation d'hostie, le meurtre rituel, l'empoisonnement des puits, l'usure. Une représentation de cette haine des Juifs est encore visible sur la cathédrale de Strasbourg, avec la statue de la synagogue aux yeux bandés, ou à la collégiale Saint-Martin de Colmar où une gargouille montre une truie allaitant ses porcelets et des Juifs. C'est le pape Jean XXIII et le concile Vatican II puis Jean-Paul II qui mettent fin à ce que Jules Isaac appelle « l'enseignement du mépris »

          Les « Lombards », c'est-à-dire les Italiens, qui étaient alors établis en très grand nombre dans le royaume comme changeurs, banquiers, marchands, orfèvres, etc., furent arrêtés, spoliés, expulsés à plusieurs reprises, notamment en 1291 et en 1311. Les banquiers italiens de la cour de France (dont quelques-uns paraissent avoir joué un rôle politique assez considérable) ont, d'ailleurs, presque tous mal fini.

           Parmi les épisodes qui précèdent, quelques-uns (Templiers, Juifs, Lombards) ont été des mesures extraordinaires, prises en vue de boucher les trous d'un budget avarié par les dépenses de guerre. De grandes guerres ont alors nécessité de grandes dépenses. La nécessité de parer à ces grandes dépenses explique, en partie, la politique intérieure du gouvernement de Philippe IV.

C'est parce que le gouvernement de Philippe IV a été très besogneux qu'il a si gravement altéré les monnaies. Les contemporains de Philippe l'ont appelé « faux monnayeur», et il est vrai que, à partir de 1295, les oscillations de la valeur des monnaies et du rapport entre l'or et l'argent ont été énormes. L'affaiblissement des monnaies royales s'est aggravé constamment de 1295 à 1306; et le roi réalisa de ce chef des bénéfices sur le monnayage qui, en certaines années, s'élevèrent à plus de la moitié des recettes totales de la couronne. Le rétablissement de la « bonne monnaie » en 1306 causa aussi des souffrances, car cette opération difficile fut mal préparée et trop brusquement effectuée. Il y eut même, à cette occasion, quelques émeutes, à Paris, à Châlons-sur-Marne, etc., qui furent très aisément réprimées. Un nouvel affaiblissement de la monnaie parisis (1311) fut suivi d'un nouveau retour (1343) à la « monnaie de saint Louis ».

C'est parce que le gouvernement de Philippe le Bel a été très besogneux qu'il a été obligé de percevoir tant d'impositions royales, qui ont grandement servi à l'acclimatation de l'impôt royal en France et à développer les germes de vie politique qui existaient dans le pays.

Impositions sur les clercs. 
Pour se défendre contre les entreprises du gouvernement sur ses biens, l'Église n'avait à compter ni sur le pape, ni sur l'arme émoussée de l'excommunication. Dans sa faiblesse, sa politique fut, sous philippe IV, d'acheter la protection du roi contre le zèle intempérant de ses officiers par une entière soumission et par des libéralités. En 1294, à l'occasion de la guerre de Gascogne, il fut décidé que les biens ecclésiastiques supporteraient leur part des frais, « pour la défense du royaume », conformément aux précédents; des synodes provinciaux votèrent un décime pour deux ans. Nouvelles impositions en 1295. Celles de 1296, dont les Cisterciens se plaignirent à Rome, ont été l'occasion de la bulle Clericis laicos. La liste des subsides concédés par le clergé de France, après la défaite de Boniface VIII, avec ou sans l'approbation du Saint-Siège, est très longue. A partir de 1297, l'Église gallicane a payé au fisc, presque continuellement, un lourd impôt annuel sur le revenu du dixième et quelquefois du cinquième. Ces impôts, les clercs n'auraient pas pu certainement refuser de les accorder; mais les apparences étaient gardées ils les votaient, présentaient à cette occasion des cahiers de doléances, posaient ou faisaient semblant de poser des conditions. La chancellerie de Philippe le Bel a expédié par centaines des chartes pour confirmer, en échange de subsides, les immunités, soit d'une Église particulière, soit des Églises d'une province, soit de l'Église nationale (1290, 1300, 1303, 1304, etc.). Mais ces chartes, vagues et dépourvues de sanctions sérieuses, étaient, en vérité, des trompe-l'oeil.

Impositions sur la noblesse et le commun.
Ici comme en d'autres circonstances, le gouvernement de Philippe IV n'a pas, à proprement parler, innové; toute l'originalité fut, ici encore, dans l'application fréquente et le développement logique de principes posés depuis longtemps. Toutefois, c'est sous Philippe IV, semble-t-il, que le gouvernement royal essaya, pour la première fois, de fixer uniformément le taux de l'impôt royal de guerre à percevoir, « pour la défense du royaume », sur les terres des barons comme sur celles de la couronne, sous forme de taxes réelles, proportionnées à la valeur des biens de chaque individu. A partir de 1294, il y eut presque tous les ans des impositions de ce genre, justifiées par la guerre ou par les menaces de guerre, soit sur le capital (centièmes, cinquantièmes), soit sur le revenu (cinquièmes, dixièmes, vingtièmes). Dans la pratique, des commissaires du roi parcouraient les bailliages et les sénéchaussées, en s'arrangeant avec les communautés, avec des assemblées de nobles ou de bourgeois de chaque circonscription. 

Au besoin, ils faisaient des concessions, acceptaient des équivalents : exigeants avec les faibles, coulants avec les forts. La chancellerie de Philippe IV a expédié un très grand nombre de chartes de privilèges, accordées en échanges de subsides, à des communautés roturières ou à des assemblées locales de nobles ou de bourgeois : telles sont la Charte Rouergate d'avril 1297 (à l'assemblée des prélats, nobles et consuls de Rouergue), et la Charte aux Auvergnats de 1304 (aux barons, nobles et autres habitants du bailliage d'Auvergne). Philippe le Bel, a fait rédiger, en outre, un grand nombre de chartes générales pour la confirmation des privilèges de la noblesse et du commun, qui sont symétriques aux Chartes générales (comme celle de 1290) pour la confirmation des privilèges du clergé : la plus célèbre est la grande Ordonnance de mars 1303 (souvent rééditée, notamment en 1309) qui contient des articles dont les nobles ont évidemment requis l'insertion. Sans doute, la plupart des satisfactions accordées par la charte de 1303 étaient illusoires, comme les clauses de la Charte pour les clercs de 1290, à cause des circonlocutions dont elles sont enveloppées; mais quelques-unes paraissent théoriquement assez graves.

La multiplication des impositions « pour la défense du royaume » ne laissa donc pas d'entretenir en France, à la fin du XIIIe et au commencement du XIVe siècle, un peu de vie politique. Des synodes où siégeaient, à côté des prélats, des représentants des chapitres et du clergé inférieur, étaient tenus dans toutes les provinces ecclésiastiques. Presque partout, les nobles et les bourgeois s'assemblaient pour délibérer, séparément ou en commun. Des protestations de ces assemblées, qui envoyèrent des députés à la cour, se firent entendre, par exemple : en 1309, à l'occasion de la levée d'un subside pour le mariage de la fille aînée du roi; en 1313, à l'occasion de la chevalerie de Louis le Hutin.

D'autre part, le gouvernement de Philippe IV a été conduit à associer la nation, plus fréquemment et plus intimement que les anciens rois n'avaient fait, à ses actes; il a eu plus d'une fois besoin de fortifier ses démarches de l'approbation nationale. A cet effet, tantôt il a convoque en sa présence les représentants des trois ordres (clergé, noblesse et commun), tantôt il les a fait consulter - dans leurs comices, pour ainsi dire - par des délégués de sa cour. Il y eut de grandes consultations générales en 1290 (à l'occasion des négociations pendantes pour la liquidation de la guerre d'Aragon), en 1302 et en 1303 (lutte contre Boniface), en 1308 et peut-être en 1311-12 (affaire des Templiers).

En août 1314, une assemblée générale fut convoquée à Paris pour entendre ce qu'il plairait au roi au sujet de nouvelles mesures fiscales que le réveil de la guerre contre les Flamands allait entraîner. C'est la première assemblée générale qui ait eu à connaître de questions financières. Mais il ne paraît pas qu'elle ait disputé comme discutaient, en pareilles circonstances, les petites assemblées locales.

Quelques semaines après l'assemblée générale où le « parlement » du mois d'août 1314, un mouvement (analogue aux mouvements mal connus de 1303, de 1309 et de 1313) se produisit contre l'autorité royale. Il est célèbre, mais on s'en est longtemps exagéré la singularité. A l'automne de 1314, des ligues (analogues à celles qui avaient fonctionné soixante ans auparavant, sous Louis IX) se formèrent en Bourgogne, en Vermandois, en Normandie, en Languedoc, etc,, dont les membres, nobles, clercs et bourgeois, s'engageaient à se défendre les uns les autres contre les « entreprises déraisonnables» du roi. Ces ligues se fédérèrent. Philippe IV céda : la subvention nouvelle, motif de l'agitation, fut « mise à néant  » ; et le roi se préparait à rééditer une fois de plus l'ordonnance de réformation de mars 1303, lorsqu'il mourut

Jacques de Molay fut brulé à la pointe de la cité ( square du vert Galant) ou l'on peut voir cette plaque

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Panneau square du vert galant paris 1er temple de paris

L’île aux Juifs (ou île des Juifs), ensuite appelée île des Templiers, est une ancienne île de la Seine, à Paris.

 Elle est située juste à l’ouest de l’île de la Cité, sur la partie méridionale de l'actuel Square du Vert-Galant, près du Palais de la Cité, et faisant face sur l'autre rive à la Tour de Nesle et au clos de Laas, terres de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, à laquelle l'île appartient aussi. L'un des bras de la Seine le sépare de l'enceinte sud du Palais de la Cité, terminée par la salle de la Pointe, et un autre, du couvent des Augustins, fondé en 1300.

C'est le plus grand des îlots alluvionnaires qui prolongent l'île de la Cité sur sa partie occidentale. L'île tire sans doute son nom d'exécutions antérieures qui y auraient été faites sous prétexte de religion durant le Moyen Âge. C'est d'ailleurs sur cette île que furent brûlés vifs, le 18 mars 1314, Jacques de Molay, dernier grand maître des Templiers, et Geoffroy de Charnay, grand prieur de Normandie, qui protestèrent de leur innocence sur le bûcher.

Elle a ensuite été rattachée à l'île de la Cité, ainsi que deux autres petites îles adjacentes, l'île à la Gourdaine et l'îlot du Passeur-aux-Vaches (ou « île aux Bœufs »), par Henri IV lors de la construction du Pont Neuf commencée en 1577, sur l'emplacement de l'actuel square du Vert-Galant.

Il a été créé par la réunion de plusieurs petites îles dont l'île aux Juifs (où furent brûlés les derniers templiers) et l'île du Patriarche. Le square doit son nom à Henri IV, surnommé le « Vert-Galant » en raison de ses nombreuses maîtresses malgré son âge avancé. Le square est dominé par une statue équestre d'Henri IV reposant sur le Pont-Neuf (lequel sépare le square du reste de l'île). Une plaque commémorative rappelle par ailleurs que c'est à cet endroit qu'eurent lieu, le 18 mars 1314, 

Avant d'accueillir un square, les 2 665 m2 étaient dévolus aux bains vers 1765, puis à un café concert en 1865. Celui-ci fut détruit par une inondation en 1879. Le square accueille une fontaine Wallace à poussoir

Fontaine vert galant

 

 

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Nous continuons a parler de la Maison du temple  ( dans l'enclos s'elevait une tour  appelée la "grande tour" auquel etait accolée " la petite tour" celles ci ont servies de prison

La Tour du Temple et son enclos constituaient la Maison du Temple, ancienne forteresse parisienne située dans le nord du Marais, au sein du 3e arrondissement de Paris, qui fut détruite en 1808.

Construite par les Templiers à partir de 1240, pendant le règne de saint Louis, elle devint par la suite une prison. Elle doit sa célébrité au fait qu’elle servit de geôle à Louis XVI et à la famille royale de 1792 à 1795 et que le dauphin Louis-Charles de France âgé de 10 ans (Louis XVII pour ses partisans) y serait mort. Devenue lieu de pèlerinage royaliste dès le début du XIXe siècle, la Tour du Temple fut pour cette raison détruite sur ordre de Napoléon Ier en 1808.

Construction

La Tour est construite en même temps que l’imposante forteresse intra-muros des Templiers, au Moyen Âge.

Donjon temple 2

Architecture de la Tour du Temple
La Grande Tour

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Plan du rez-de-chaussée de la grosse tour du Temple, en 1793
par Theodor Josef Hubert Hoffbauer.

Celle-ci se dressait à l’une des extrémités de l’ancien enclos, à la hauteur de l’actuelle mairie. La tour était une robuste bâtisse féodale, de quelque 50 mètres de hauteur, l’épaisseur des murs était en moyenne de quatre mètres, elle comprenait quatre étages, dont les voûtes en ogives retombaient sur un pilier central. Elle était flanquée de quatre fortes tourelles, dont l’une enfermait un escalier en colimaçon. Sur la façade de la Grande Tour on avait accolé, à une date postérieure, la Petite Tour.

La Grande Tour était inutilisée depuis des siècles lorsque l’entrepreneur Pierre-François Palloy fut chargé de son réaménagement. Il divisa chaque étage en plusieurs pièces avec des cloisons et des faux plafonds dissimulant la voûte très élevée. Ces cloisons étaient recouvertes de papiers peints.

La Petite Tour

Accolée à la façade de la Grande Tour, la Petite Tour, dont la construction étroite était flanquée de deux tourelles, ne communiquait pas avec la Grande Tour : ce détail a son importance. Elle comportait un rez-de-chaussée et quatre étages. C’est dans cette petite tour que fut emprisonnée la famille royale du 13 août 1792, jusqu’au 26 septembre 1792 pour le roi Louis XVI, et jusqu’au 26 octobre 1792 pour sa famille.

Description de la Tour du Temple vue de l’extérieur

 Portes de la Grosse Tour conservées au château de Vincennes.450px franceenglandcard2 191

Il fallait passer par le palais du grand prieur pour arriver au mur d’enceinte de la Tour du Temple. Ce mur était percé d’une porte charretière, renforcée de barres en fer, munie de gros verrous et gardée par deux guichetiers et d’une porte piétonne. Ces deux portes étaient surveillées par les guichetiers Pierre Louis Manuel et Richard. On pénétrait ensuite dans le jardin. Alors, apparaissait, entre les hautes frondaisons, la haute et sombre masse de la Tour du Temple, flanquée de ses quatre tourelles aux toits pointus, percées de meurtrières et d’étroites fenêtres. Les hottes obstruaient les ouvertures sur deux étages. Les tuyaux de poêle couraient sur la muraille, augmentant son aspect rébarbatif. Des girouettes surmontaient le faîte de la Tour du Temple et des quatre tourelles. Au-dessus du palais du grand prieur, on apercevait le puissant donjon des templiers et, sur la gauche, la tour de César et le clocher de la collégiale bâtie sur le modèle de l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

 
 Détention de la famille royale
Attribution des étages de la Grande Tour

 454px louis xvi at the tour du temple jean francois garneray 1755 1837Louis XVI à la Tour du Temple, par Jean-François Garneray.

La Commune de Paris en fait la prison de la famille royale dont elle s’était assuré la garde, après la journée insurrectionnelle du 10 août 1792.

Le 26 septembre 1792, Louis XVI est transféré dans la Grande Tour du Temple, suivi le 26 octobre de la même année par Marie-Antoinette d'Autriche et ses enfants.

Le rez-de-chaussée n’avait pas été transformé. Le conseil de surveillance du Temple s’y installa le 8 décembre 1792. Cette vaste pièce d’environ 60 mètres était meublée de quatre lits destinés aux commissaires, d’un bureau, d’un pupitre destiné à Jean-Baptiste Cléry, d’armoires, dont l’une renfermait les registres. C’est dans cette salle que les municipaux prenaient leurs repas en compagnie des officiers de la Garde Nationale en service au Temple.

Le premier étage abritait le corps de garde, soit une quarantaine d’hommes qui couchaient sur des lits de camps. Comme le rez-de-chaussée, cette salle était restée en l’état. Des sonnettes reliaient le corps de gardes à la salle du conseil et aux appartements de la famille royale. Le même escalier en colimaçon desservait tous les étages.

Le deuxième étage était affecté au roi. Un couloir coudé, barré de deux portes, l’une en fer, la seconde en chêne, donnait accès à l’escalier. Il comprenait Panneau le donjon du temple rue eug ne spuller paris 3 me temple de parisquatre pièces. Chacune était éclairée par une fenêtre grillagée et en partie obstruée par un abat-jour en forme de hotte. Dans l’antichambre on avait affiché la Déclaration des droits de l’homme encadrée de tricolore. Cette pièce est en pierre de tailles et était meublée de quatre chaises, d’une table à écrire et d’une table à trictrac. Une cloison vitrée la séparait de la salle à manger. La chambre du roi était tapissée de jaune vif et communiquait avec l’antichambre avec une double porte à vantaux. On la laissait ouverte toute la journée pour faciliter la surveillance. Cette pièce était dotée d’une cheminée qui faisait face à la porte, surmontée d’une glace. Le lit du roi était placé contre la cloison. En prolongement du lit royal, le lit de sangle destiné au dauphin (futur Louis XVII). Les meubles de l’étage du roi provenaient du Palais du grand prieur de Malte. La tourelle servait d’oratoire. Auprès de la chambre du roi se trouvait la chambre de Jean-Baptiste Cléry. L’autre tourelle servait de garde-robe, la troisième tourelle de bûcher.

Le troisième étage était réservé à la reine, à sa fille et à Madame Élisabeth. L’appartement avait la même superficie que celui du roi. Il n’en était pas l’exacte réplique. L’antichambre identique précédait la chambre de la reine, située au-dessus de celle du roi. elle avait également une double porte. Elle était meublée d’une table, d’un lit de repos et de chaises. La chambre de la reine était tapissée de papier-peint à fleur de couleur verte sur fond bleu, avait une porte à deux vantaux et possédait une cheminée. On avait placé le lit de Marie-Thérèse de France dans une encoignure ; ce n’était qu’une couchette. Il y avait aussi un canapé, une commode, un paravent et deux tables de nuit. Une tourelle servait de cabinet. La chambre obscure de Madame Élisabeth était située sous la chambre de Cléry, elle était pourvue d’une cheminée, d’un lit de fer, une commode, une table, deux fauteuils et deux chaises. À ce même étage les Tison couchaient au-dessus de la salle à manger du roi

Le quatrième étage était inoccupé, il servait de grenier. Entre les créneaux et les pans de la haute toiture d’ardoise courait une galerie ou plutôt un chemin de ronde. Au début de son emprisonnement, la famille royale pouvait s’y promener ; pour cela, le conseil du Temple fit garnir les espaces entre les créneaux par des planches qui empêchaient les promeneurs d’être vus.

Ces précisions résultent des inventaires qui furent dressés le 25 octobre 1792 et le 19 janvier 1793.

Les commissaires, désignés chaque soir par l’Hôtel de ville, disposaient d’une chambre chacun et d’une salle de réunion.

Dans le bâtiment où s’ouvrait la grande porte de l’enclos et qui bordait la rue du Temple, se trouvaient les loges des concierges, l’économat et les cuisines. La troupe avait établi ses quartiers dans le palais du grand prieur. Elle comprenait un commandant général, un chef de légion, un sous-adjudant général, un adjudant-major, un porte-drapeau, vingt artilleurs servant deux canons, soit 287 hommes, en comptant les officiers subalternes, les sous-officiers et les simples soldats. Cette garde était désignée à tour de rôle par les 8 divisions composant la Garde Nationale de Paris.

Attributions des étages de la Petite Tour

 Transfert de la famille royale au Temple le 26 octobre 1792.770px frenchroyalstemple

Le 13 août 1792, le premier étage de la Petite Tour fut attribué aux trois femmes de chambre : Mmes Bazire, Navarre, Thibaud. Le second étage fut attribué à la reine et sa fille Marie-Thérèse de France. Elles couchaient dans l’ancienne chambre de Barthélémy (archiviste de l’ordre de Malte) qui avait été expulsé de son domicile par les agents de la Commune. Au même étage la princesse de Lamballe dormait dans l’antichambre sur un lit de sangle, Louise-Elisabeth de Croÿ de Tourzel et le dauphin partageaient la même chambre. Il y avait un cabinet de toilette et une garde-robe. Le troisième étage fut attribué au roi. Le roi couchait seul dans un lit à baldaquin. Madame Élisabeth partageait sa chambre avec la jeune Pauline de Croy d’Havré, fille de la duchesse de Tourzel. Les valets François Hue et Chamilly couchaient dans un cabinet assez étroit, ouvrant sur l’antichambre. Cet étage était également doté d’un cabinet de toilette et d’une garde-robe. En outre, le roi disposait d’un cabinet de lecture aménagé dans l’une des tourelles.

Départ des membres de la famille royale de la Tour du Temple
  • 21 janvier 1793, Louis XVI quitte la Tour du Temple pour l’échafaud installé place de la Révolution.
  • 2 août 1793, Marie-Antoinette est transférée à la Conciergerie.
  • 10 mai 1794, après 21 mois de séjour à la Tour du Temple, Madame Élisabeth monte à son tour à l’échafaud.
  • 8 juin 1795, un enfant meurt à la Tour du Temple, malgré les spéculations, il s'agit certainement du jeune Louis XVII.
  • 18 décembre 1795, Marie-Thérèse de France (après trois ans et quatre mois de séjour à la Tour du Temple) fut échangée contre quatre commissaires livrés à l’ennemi par Charles François Dumouriez.
Destruction de la Tour du Temple

Napoléon Bonaparte fit démolir la tour du Temple en 1808 afin d'éviter qu'elle devienne un lieu de pèlerinage royaliste. La démolition dura deux ans. Aujourd'hui, il ne reste rien de cet enclos et des bâtiments.

 Prison du Temple, à Paris (IIIe arrondissement). - On désigne ainsi la tour de la Maison du Temple à Paris, en tant qu'elle a servi de lieu de détention. 

Après la chute des Templiers, le Temple, c.-à-d. vraisemblablement aussi le donjon, fut employé comme prison d'Etat par les rois de France au XIVe siècle. Enguerrand de Marigny y fut enfermé (1315), la comtesse de Bar, Yolande de Flandre également (1373); le captal de Buch, Jean de Grailly, y mourut après cinq ans de captivité (1376). Mais on ne voit pas que des prisonniers d'Etat y aient été enfermés après 1378. Il est curieux de relever qu'au XIVe siècle aussi il y eut, de plus, au Temple, une prison de ville. Quant aux tours mêmes, à cette même époque, Du Guesclin y donna un festin aux chefs des grandes compagnies (La Criminalité au Moyen âge) avant de les emmener en Espagne (1365).

Au XVIe siècle, divers corps de troupe y furent fréquemment logés. De 1538 sans doute à 1664, la grosse tour fut utilisée comme arsenal pour les poudres et munitions de guerre. Elle fut ensuite affectée à la conservation des papiers du Temple, d'où le nom qu'elle porta en dernier lieu de tour des Archives, l'archiviste habitant la petite tour. Mais de tout temps, ce domaine appartenant aux hospitaliers, le premier étage servit aux réunions des chapitres et assemblées provinciales.

Le donjon du Temple au  XIXe s.

Avec la Révolution, la tour redevint une prison, et elle garda jusqu'à sa disparition ce caractère. Après que la Commune de Paris eut imposé le choix de la tour du Temple, en se faisant charger de la garde et du gouvernement de la prison, la famille royale y fut amenée le 13 août 1792 et d'abord logée dans la petite tour, dont le deuxième étage ou entresol du premier avait été occupé en dernier lieu par le garde des archives de l'ordre de Malte. Le deuxième étage fut attribué à la reine et à ses enfants, le troisième au roi, à sa soeur et à Mme Élisabeth. D'importants travaux d'aménagement aussitôt entrepris en vue du transfert des prisonniers dans la grosse tour, furent dirigés par l'architecte Poyet, sous la surveillance de Palloy et de Santerre, et la tour fut enfermée entre quatre hautes murailles, avec une seule porte défendue de plus par un gros mur. 

Le 29 septembre, Louis XVI fut définitivement transféré au deuxième étage de la grosse tour, et la reine au troisième, le 26 octobre Le dauphin occupa la chambre qu'avait eue son père, pendant le temps qu'il vécut avec Simon, puis une seconde fois, avec ses nouveaux gardiens, après être resté six mois dans une pièce voisine transformée en cachot; il passa ses trois derniers jours dans la petite tour, là où sa mère avait été d'abord emprisonnée. Lorsque sa soeur, unique survivante, qui était demeurée au troisième étage de la grosse tour, eut été rendue à là liberté, les tours du Temple devinrent comme un lieu de pèlerinage, situation à laquelle le gouvernement mit fin en défendant de laisser pénétrer personne dans cette prison.

Le Donjon et la Rotonde du Temple (tableau J.-C Nattes, 1808).

Donjon temple rotonde

Le Directoire fit de la prison du Temple une prison d'Etat. C'est là que furent enfermés Babeuf et ses coaccusés; en 1796, le commodore Sidney Smith, qui réussit à s'échapper, et le capitaine Wright, trente-cinq personnes à la suite de l'affaire du camp de Grenelle, puis, après le 18 fructidor, un grand nombre d'autres, dont Pichegru et le directeur Barthélémy; de même encore Jos.-Alex. de Ségur et Fiévée. Le vicomte de Rivarol, Esménard, l'administrateur Rémusat et Toussaint-Louverture passent pour y avoir été pareillement détenus. La prison du Temple, qu'on appelait alors généralement maison-d'arrêt, reçut enfin, en 1804, le général Moreau avec Pichegru qui, à cette deuxième incarcération, s'y suicida, Cadoudal et les frères Polignac, Il paraît que, pour ceux qui n'étaient pas des détenus au secret, le régime fut presque toujours très doux dans cette prison les visites y étaient fréquentes et les détenus avaient même pu établir un jeu de paume; ils s'entretenaient eux-mêmes, et le gouvernement attribuait une solde à ceux qui ne pouvaient subvenir à leurs besoins, par exception le concierge ne fournissant ni mobilier ni aliments.

A partir de l'an VI, la chapelle de l'Hôtel servit au casernement des brigades de gendarmerie de Paris, destination qui avait pour but de garantir la sûreté de la prison. Mais, le 3 juin 1808, les prisonniers furent transférés au donjon de Vincennes, et le Temple cessa d'être une prison d'Etat. Les tours furent démolies en 1811. Les pèlerinages ayant recommencé, lorsque, mises en vente, elles eurent été adjugées au prix de 33 100 à un royaliste, Robert Morel, le ministre dut s'y opposer, en objectant que l'adjudication avait été faite avec obligation de les raser. Il n'y eut pas d'édifice élevé sur leur emplacement. Une barrière en bois mise à la Restauration pour en marquer la place dura jusqu'en 1848. Suivant la tradition, il y eut dans le square du Temple, près de la rue des Archives, une petite allée de tilleuls sous lesquels Louis XVI se promena pendant sa détention et un saule pleureur qu'aurait fait planter en 1814 Madame Royale, devenue duchesse d'Angoulême, lorsqu'elle revint à Paris. Elle aussi avait fait un pèlerinage aux ruines de la tour du Temple où elle avait tant souffert, et son saule pleureur aurait été maintenu parmi les arbres du square. Est-ce une légende? 

Nous continuons vers la rue vieille du temple avec le Palais Barbette qui fut la residence Isabeau de Baviere reine de France

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Ainsi ce palais de plaisance, mis sous l'invocation de Notre-Dame, prit des proportions gigantesques, et, pour se faire une idée de son ampleur, on peut rendre une visite encore à une jolie tourelle du coin de la rue des Francs-Bourgeois et de la rue Vieille-du-Temple, qui le bornait d'un côté. Ce fut « le petit séjour de la Reine » Isabeau de Bavière à laquelle ou reprochera toujours d'avoir ouvert la porte de la France aux Anglais, pour un siècle, et d'avoir détesté son propre fils, Charles VII ; mais le faste déployé par cette princesse, justement décriée, a inauguré à la cour l'ère des magnificences royales, qui ont assurément servi a éblouir toutes les autres cours, au profit de l'influence française. La fécondité d'Isabeau donna lieu à des fêtes, dont la mémoire lui survit ; en 1407 elle accoucha, rapporte Sauval, d'un enfant mort dans le palais Barbette

 

 
 Isabeau de Bavière

 Reine de France epouse de Charles VI

Née en 1371 Regne en 1385 Morte en 1435

 Isabeau de baviere detailIsabeau est la fille d’Étienne III de Wittelsbach, duc de Bavière-Ingolstadt et de Taddea Visconti, fille du duc de Milan.
Elle épouse Charles VI roi de France le 17 juillet 1385, à Amiens.
De ce Mariage naîtront :
Charles (1386)
Jeanne (1388-1390)
Isabelle (1389-1409)
Jeanne (1391-1438) épouse Jean V de Bretagne
Charles (1392-1401) 1er Dauphin
Marie (1393-1438) religieuse à Poissy
Michelle (1393-1422) épouse Philippe III le Bon, duc de Bourgogne
Louis (1397-1415) second Dauphin duc de Guyenne
Jean (1398-1417) 3e Dauphin, duc de Touraine
Catherine (1401-1438) épouse Henri V d'Angleterre, puis Owen Tudor
Charles VII (1403-1461)
Philippe (1407)
Le roi Charles VI devenant violent pendant ses crises de folies, Isabeau se réfugie à l'hôtel de Saint-Pol, ou elle tient cour.
1392 La folie du roi s'aggravant, elle préside le conseil de régence ou s'affronte Louis d'Orléans ,duc d'orléans parti des Armagnacs et Philippe III le Hardi duc de bourguogne parti des Bourguignons.
1392 Isabeau soutient le parti Bourguignon, puis les Armagnacs.
1404 Mort de Philippe III le Hardi, son fils Jean sans peur devient duc de Bourgogne.
1407 Jean sans peur fait assassiner Louis d'Orleans, car il pense qu'il prend trop d'ascendant sur Isabeau.
1413 La régence d'Isabeau de Baviere devient de plus en plus impopulaire et Jean sans peur déclenche la Révolte des Cabochiens.
1415 bataille d'Azincourt qui est un désastre pour l'armée française.
1415/16 Isabeau de Baviere tente de réconcilier Armagnacs et Bourguignons, elle est emprisonnée par les armagnacs.
1417 Jean sans Peur la délivre, elle forme un gouvernement de régence à Troyes en s'alliant aux bourguignons qui ont tous les pouvoirs.
19 septembre 1419 Entrevue au pont de Montereau, Jean sans Peur est assassiné, lors des discussions avec le Dauphin Charles.
1420 Isabeau de Baviere et Philippe le bon duc de Bourgogne, signe le désastreux traité de Troyes, Isabeau le fait accepter au pauvre roi fou Charles VI, Henri V devient héritier du trône de France, Charles est déshérité, il se réfugie à Bourges, c'est à cela qu'il devra son surnom de roi de Bourges.
1420 Pour sceller le Traité Isabeau marie sa fille Catherine à Henri V.
Isabeau de Baviere sera alors considérée comme une traitresse, elle se réfugiera dans son hôtel de Saint-Pol ou elle mourra en 1435 seule, oubliée et honnie de tous

 Le duc Philippe II de Bourgogne, tuteur du roi mineur Charles VI et régent de France, se lance dans une politique d'alliances matrimoniales à travers toute l'Europe, afin de conforter sa propre puissance et renflouer le Trésor royal. En avril 1385, il marie son fils Jean à Marguerite de Bavière, fille d'Albert Ier de Hainaut, et négocie pour le compte du roi de France avec Étienne III, déjà allié au duc de Milan  : Barnabé Visconti avait marié son fils Marco Visconti à Elisabeth, fille de Frédéric II de Bavière-Landshut, et sa fille Taddea Visconti à Étienne III.

 Isabeau de Bavière est mariée le 17 juillet 1385, à Amiens, à l'âge de 14 ans avec Charles VI de France qui en a 16 et devient reine de France. Ils ont douze enfants. Louis d'Orléans, frère de Charles VI, épouse Valentine Visconti, cousine au deuxième degré de Taddea Visconti. Le mariage d’Isabeau de Bavière avec le roi Charles VI n'apporte rien au royaume de France et seul le duc Philippe II de Bourgogne tire bénéfice de ces arrangements matrimoniaux en visant le Hainaut.

 On sait peu de choses de l'enfance d'Isabeau, le duc Étienne III semble avoir à cœur de contracter le mariage entre sa fille et le roi de France et pour réaliser ce projet élude les questions d'usage. Il se montre évasif tant sur la ville et l'année de naissance de sa fille, situant son âge entre 13 ou 14 ans au moment des pourparlers diplomatiques. Cependant, d'autres sources laissent à penser qu'Isabeau pourrait avoir 16 ans lorsqu'elle est demandée en mariage pour le compte du jeune roi de France.

 Par ailleurs, le duc de Bavière refuse pour sa fille l'examen des matrones comme c'est l'usage en France, refusant l'humiliation d'un examen pré-nuptial à sa fille et le risque d'un renvoi en Bavière si d'aventure on lui trouve des défauts physiques. La jeune fille est présentée à Charles VI qui la choisit immédiatement pour reine, selon Froissart.

 Reine de France

 Une fois le mariage décidé, Isabeau vient en France accompagnée de sa nourrice, d'une amie et de quelques suivants.

 Le mariage d'Isabelle et Charles VI en 1385 débute sous d'heureux auspices. Une fête splendide est donnée dans la capitale à laquelle assistent de nombreux nobles étrangers. Isabelle conserve sa suite auprès d'elle. Confinée volontairement, elle n'apprend que tardivement le français et ne visite jamais les provinces. Soucieuse de se préserver, elle amasse des richesses et dote ses proches.

 La guerre de Cent Ans bat son plein et le Grand Schisme déchire la chrétienté occidentale. Charles VI ayant sombré dans la démence, elle préside à partir de 1393 un Conseil de Régence, où siègent les Grands du Royaume. Isolée politiquement — le pouvoir est entre les mains des oncles du roi —, non préparée à assumer la régence d'un pays comme la France, parlant peu et mal la langue de ce pays, sans alliés à la cour, elle reste en contact avec sa famille proche en recevant notamment, en 1400, son père Étienne III puis son frère Louis VII de Bavière en 1402, qu'elle fait entrer à la Cour de France. Manipulée par ce dernier, elle pille le Trésor royal pour son compte.

 Le contexte est particulièrement difficile : le pouvoir réel est partagé entre les ducs d'Orléans (Louis d'Orléans, chef du parti des Armagnacs) et de Bourgogne (Philippe le Hardi puis à la mort de ce dernier en 1404, Jean sans Peur). Pour sa part, elle ne semble pas à la hauteur de la dignité qui lui échoit, d'autres reines de France avant elle avaient su gérer des situations aussi périlleuses dans des contextes aussi difficiles : Anne de Kiev nommée régente pour le compte du futur Philippe Ier, Blanche de Castille nommée régente pour le compte du futur Louis IX, etc.

 Malgré la médiation du duc Jean de Berry, la rivalité entre les deux partis s'accentue pour aboutir à une véritable guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.

 La jeune reine de 22 ans soutient dans un premier temps le parti bourguignon puis, se rapprochant de Louis d'Orléans (les Bourguignons la soupçonnent d'être sa maîtresse et donc le futur Charles VII d'être leur fils adultérin) à la mort du duc de Bourgogne, soutient le parti des Armagnacs. Jean sans Peur, se sentant évincé du pouvoir, menace Paris en 1405 et fait assassiner le duc d'Orléans en 1407. Il entraîne la révolte des Cabochiens pour prendre le pouvoir à Paris en 1413.

 Le roi Henri V d'Angleterre, profitant de ces troubles, porte le fer en France : il remporte la bataille d'Azincourt en 1415, véritable désastre pour l'armée française, et s'empare de la Normandie.

 Pourtant, consciente de représenter le pouvoir légitime, Isabeau , avec le dauphin Louis, échoue à unir les deux factions ennemies. Exilée à Tours par les Armagnacs, elle épouse la cause du duc de Bourgogne, qui la délivre. À la fin de l'année 1417, elle organise à Troyes un gouvernement étroitement contrôlé par les Bourguignons.

 Jean sans Peur est assassiné lors d'une entrevue avec le dauphin Charles au pont de  Montereau le 10 septembre 1419, par des hommes de mains des Armagnacs qui craignent un rapprochement du dauphin avec les vues politiques bourguignonnes.

 Henri V s'alliant, par le traité de Troyes (1420), avec la reine Isabeau et le jeune duc de Bourgogne, Philippe III désireux de venger le meurtre de son père, se fait reconnaître comme héritier du trône et régent, après avoir épousé Catherine, fille d'Isabeau et de Charles VI. Ce dernier conserve néanmoins le titre de roi de France. Son dernier fils vivant (le futur Charles VII) est renié dans le traité comme « soi-disant dauphin de Viennois », « en raison de ses crimes énormes ». Charles installe à Bourges un gouvernement armagnac et contrôle environ la moitié sud du royaume.

 La reine Isabeau, après avoir tenté en vain de négocier avec Henri V sur des bases différentes de celles du duc de Bourgogne, se résigne donc à la solution de ce dernier, qui instaure le principe d'une double monarchie, franco-anglaise, au profit du roi d'Angleterre. En 1422, la mort d'Henri V puis celle de Charles VI rendent cette « double monarchie » difficile à mettre en place, le nouveau « roi de France et d'Angleterre », Henri VI (petit-fils d'Isabeau) n'ayant qu'un an.

  Fin de vie

 Isabeau, retirée dans l'hôtel Saint-Pol, meurt en 1435, à peine une semaine après la réconciliation entre Bourguignons et Armagnacs (traité d'Arras). Un chroniqueur a affirmé qu'elle aurait pleuré à l'annonce de cette nouvelle.

 Son tombeau est situé dans la nécropole royale de la basilique de Saint-Denis (chapelle des Valois).

 Isabeau meurt dans la plus stricte indifférence, abandonnée de tous. Les cérémonies funèbres se réduisent à leur plus simple expression. Son corps n'est pas amené à Saint-Denis en carrosse et par la rue Saint-Denis comme le veut l'usage pour les rois et les reines de France. Son cercueil est posé dans une barque qui navigue de nuit dans la plus grande discrétion de Paris à Saint-Denis en suivant les courbes de la Seine.

 Au 47 de cette meme rue s'eleve l'hotel Amelot de Bisseuil, devant lequel le duc d'Orleans frère du roi Charles VI et amant d'Isabeau de Bavière fut assasiné

L'hôtel Amelot de Bisseuil, dit des Ambassadeurs de Hollande,

est un hôtel particulier construit au XVIIe siècle dans le quartier historique du Marais, dans le 4e arrondissement de Paris (rue Vieille-du-Temple, no 47, et rue des Guillemites, no 10)

Différentes théories courent sur l’origine de l’appellation « Hôtel des Ambassadeurs de Hollande ». L'une d'elles veut que l’hôtel a servi comme résidence à l’ambassadeur de Hollande. Une autre explication est que, lors de la révocation de l’édit de Nantes, le chapelain de l'ambassade de Hollande, Marcus Guitton, aurait assuré le culte réformé dans la chapelle de l’hôtel aujourd’hui disparue (les chapelles des ambassades "protestantes" étaient les seuls lieux où l'on tolérait l'exercice du culte).

L'Hôtel Amelot de Bisseuil, dit des Ambassadeurs de Hollande, fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 21 mai 1924

Histoire

À l'emplacement de l'hôtel Amelot de Bisseuil se dressait l'hôtel de Rieux, du nom de Jean II de Rieux, qui combattit aux côtés de du Guesclin. Son fils, Pierre de Rieux, qui assista Jeanne d'Arc au siège d'Orléans, l'habita ensuite. Louis Ier d'Orléans, frère cadet du roi Charles VI, fut assassiné à proximité de l'hôtel en 1407 par les partisans du duc de Bourgogne, Jean sans Peur Son cadavre fut transporté à l'hôtel de Rieux par son écuyer.

La demeure fut ensuite celle de François de Hardy, mari de Henriette de Coulanges, tante de la marquise de Sévigné. En 1638 il la vend à Denis Amelot de Chaillou qui entreprit une reconstruction totale. C'est son fils, Jean-Baptiste Amelot, vicomte de Bisseuil, Maître des requêtes, qui reprit le chantier après la mort de Denis. L'hôtel actuel a ainsi été bâti dans les années 1650. Jean-Baptiste meurt en 1689 et l'hôtel revient à celle de ses filles qui est mariée à Jean-Baptiste du Deffand, dont le fils épousa celle qui devint dès lors Madame du Deffand. Mais dès 1711, Claude Miotte, secrétaire du roi Louis XIV, achète l'hôtel.

Architecture

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L'hôtel vu depuis la rue Vieille-du-Temple

L’hôtel est dû à l'architecte Pierre Cottard, architecte de Louis XIV, à qui Denis Amelot confia le chantier.

Extérieur

Du fait de la faible profondeur de la parcelle, l'hôtel possède deux cours et non l'organisation classique "entre cour et jardin". La première est une cour d'honneur étroite avec balcon à balustres de pierre et elle donne sur l’entrée principale par la rue Vieille-du-Temple. Au fait des façades sobres, des figures d'enfants en gaîne soutiennent la corniche. Des cadrans solaires dus au père Truchet sont disposés entre les fenêtres. La seconde cour, plus grande que la première, reliée à elle par un passage voûté, offre une façade percée de quatre niches ornées de statues, et donne sur la rue des Guillemites. Les statues représentent les "vertus" (force, vérité, prudence, justice, vigilance, sagesse), ainsi que l'aurore et le crépuscule. Une terrasse, au 1er étage, donne sur la seconde cour.

 La façade qui donne sur la rue Vieille du Temple offre un arc en plein cintre qui entoure un bas-relief représentant deux "renommées", deux divinités ailées, sculptées par Thomas Regnaudin (1660 ; on lui doit aussi la Galerie d'Apollon, au Louvre). Ce ne sont pas des anges mais l'avatar des "déesses aux cent yeux et aux cent bouches", armées de "divines trompettes", les fameuses trompettes de la renommée. La porte d'entrée est également ornée de têtes de Méduse, jeunes femmes à la chevelure de serpents. Côté cour, le fronton est aussi décoré : en sculpture se trouvent les fondateurs de Rome, Romulus et Rémus, en compagnie de leur louve nourricière.

La façade donnant sur la rue des Guillemites est rénovée entre 1997 et 2000 sous le contrôle de Jean-François Lagneau, architecte en chef des Monuments historiques.

Intérieur

Le bâtiment historique représente une surface de 1 718 m2, flanqué d'un immeuble plus moderne de 794 m2, et de 270 m2 de sous-sols. Il est classé monument historique depuis 1924. L'intérieur conserve des pièces exceptionnelles avec boiseries, peintures et plafonds Une partie des décorations intérieures est classée au titre des Monuments historiques. La galerie de Psyché tire son nom des représentations artistiques du personnage mythologique. Le plafond, peint par Michel Corneille l'Ancien, figure L'Apothéose de Psyché au centre et Mercure et Psyché et Psyché enlevée par les Zéphyrs aux extrémités. Le trumeau de la cheminée représente la Toilette de Psyché. Le plafond du salon de Flore a été décoré par Joseph-Marie Vien au XVIIIe siècle). La chambre à l'italienne a été reconstituée à la fin du XXe siècle à partir de planches gravées d'après les dessins de Cottard. Ne sont d'origine dans cette pièce plus que la cheminée et le plafond peint par Louis de Boullogne qui y a représenté Les Noces d'Hercule et d'Hébé.

La Bruyère n'hésita pas à railler l'hôtel dans ses Caractères : « un bourgeois aime les bâtiments, il se fait bâtir un hôtel si beau si riche et si orné, qu'il est inhabitable ; le maître, honteux de s'y loger, ne pouvant se résoudre à le louer… se retire en galetas où il achève sa vie. ».

Résidents célèbres

C'est dans la chapelle de l'hôtel que Mademoiselle Necker, future Madame de Staël fut baptisée en 1766.

Le 9 octobre 1776, pour 6 600 livres par an, Beaumarchais loue l'hôtel entier. Il y fonda la maison Rodriguez, Hortalez et Cie, subventionnée par les gouvernements français et espagnol pour fournir aux colons américains insurgés contre le gouvernement anglais, des armes et autres biens de première nécessité. Beaumarchais y habite alors avec Marie-Thérèse Willer-Mawlaz qu'il épouse en troisièmes noces, légitimant ainsi la naissance de leur fille Eugénie. Il y a écrit Le mariage de Figaro (1778), pièce si osée qu'elle ne fut jouée que six ans après. Il y composa aussi Tarare, donné à l'Opéra en 1787. Il déménagea la même année.

En 1924, l'hôtel fut acheté aux héritiers Lecoq par le pionnier de la TSF, Paul Brenot, et son épouse née Bredin. Paul Brenot en entreprit la restauration et la poursuivit après la mort de son épouse, lorsque l'hôtel fut transmis aux héritiers de cette dernière, M. et Mme Lemaire.

En 1951, Paul-Louis Weiller (industriel et ancien « as de l'air » de la Première Guerre) s'en rend propriétaire et engage des travaux, que son fils Paul-Annick poursuit jusqu'en 1998, date de sa mort. Pendant cette période se succèdent des invités prestigieux, du Président Nixon au Prince Charles, en passant par Sophia Loren et Charlie Chaplin. Paul-Louis Weiller était réputé pour sa prodigalité, tant que Greta Garbo le baptisa « Paul-Louis XIV ». Il y installe la Fondation Paul-Louis-Weiller dont le but est l'aide aux artistes dans le besoin ; un restaurant populaire y est hébergé : plus de 500 000 repas y sont servis.

En 2010, l'hôtel est vendu pour 38 millions d'euros à la société immobilière Acanthe Développement (comprenant 15 places de stationnement au premier et second sous-sols d'un immeuble mitoyen).

L'assassinat du Duc d'Orleans
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Crime de brigands

Le 23 novembre 1407, le duc Louis d'Orléans est assassiné par une quinzaine de malfrats masqués. Ses valets et ses gardes, qui l'escortent, sont impuissants à le protéger.

Le crime a lieu à Paris, rue Vieille du Temple, dans le quartier du Marais où sont situés les hôtels et les palais des Grands du royaume et du roi lui-même.

Louis d'Orléans est le frère cadet du roi Charles VI le Fou. Il trouve la mort en sortant de l'hôtel Barbette où réside la reine Isabeau de Bavière, sa belle-soeur. Celle-ci, que l'on dit encore alerte et séduisante à 39 ans malgré une douzaine de grossesses, préside le Conseil de Régence qui gouverne le pays depuis que le roi a été frappé de folie, quinze ans plus tôt.

La victime participe à ce Conseil de même que son cousin, le duc de Bourgogne Jean sans Peur, et ses oncles, les ducs d'Anjou, de Berry et de Bourbon.

Coalition mafieuse

Ces princes du sang (les «sires des fleurs de lis») tirent leur puissance des fiefs que les précédents souverains ont enlevé au domaine royal et leur ont remis en apanage. Ils profitent de la maladie du roi pour mettre le pays en coupe réglée.

Mais, comme dans un roman noir, leur connivence est troublée par la complicité de Louis d'Orléans avec la reine Isabeau de Bavière, qui fait craindre à certains que le frère du roi ne prenne le dessus au Conseil. Ils ne se font pas faute de répandre des rumeurs sur l'inconduite d'Isabeau et sur ses relations coupables avec le séduisant Louis.

Le plus remonté est Jean sans Peur. Il a hérité du duché de Bourgogne trois ans plus tôt, à la mort de son père Philippe le Hardi.

Âgé de 35 ans comme sa victime, il s'est lui-même attribué le surnom de «sans Peur» suite à sa participation à la malheureuse bataille de Nicopolis et à la brutale répression d'une révolte de ses sujets liégeois (10.000 victimes).

Or, après la mort de Philippe le Hardi, Louis d'Orléans est sorti de sa réserve. Il s'est mis en tête de chasser les Anglais des terres qu'ils possèdent encore sur le Continent.

Pour le duc de Bourgogne, c'en est trop. Outre qu'il a perdu en influence au Conseil de Régence, il s'afflige de ce que la reprise des hostilités avec l'Angleterre mette en péril l'activité économique de la Flandre, la plus riche de ses possessions, dont la prospérité est suspendue au commerce avec les Anglais.

Pour ne rien arranger, il se voit priver des dons royaux, ce qui compromet l'équilibre de ses finances. Lui, le seigneur le plus puissant et le plus riche d'Occident, voit sa puissance vaciller...

Aussi découvre-t-on sans surprise après le crime de la rue Vieille du Temple que les meurtriers ont agi sur son ordre. C'est d'ailleurs dans son hôtel de la rue Mauconseil qu'ils se sont réfugiés une fois leur méfait accompli.

Armoiries parlantes

Jean sans Peur et Louis d'Orléans se haïssaient ouvertement et ne manquaient pas de le faire savoir. 

Dans ses armoiries, le premier avait ajouté une ortie au houblon (symbole de la Flandre). Au porc-épic qui illustrait les siennes (le porc-épic a la réputation de pouvoir lancer ses épines contre ses ennemis), Louis avait alors ajouté un bâton pour battre son adversaire. Et Jean avait derechef introduit... un rabot dans ses armoiries !

Disculpation du coupable

Le commanditaire du crime se fait d'abord discret car la population parisienne, forte de 300.000 âmes, est secouée par le drame et est portée à la révolte.

Puis des rumeurs circulent et le vent tourne... C'est que la veuve du duc d'Orléans, Valentine Visconti, fille du duc de Milan, n'inspire guère de confiance aux Parisiens. La malheureuse, pourtant, très affectée par la mort de son époux chéri, va se laisser mourir de consomption.

Le duc de Bourgogne apparaît d'autre part très puissant et capable de beaucoup de choses imprévisibles. Aussi la ville en arrive-t-elle peu à peu à pardonner aux assassins par crainte de plus graves ennuis.

Le 8 mars 1408, dans la grande salle de l'hôtel Saint-Pol, au coeur du Marais, un docteur en Sorbonne justifie hypocritement le meurtre de Louis d'Orléans, rangé au rang des tyrans et des adeptes en sorcellerie ! Jean sans Peur peut ensuite avouer tranquillement son crime. Il explique au pauvre roi Charles VI qu'il a agi pour le bien du royaume et le frère de la victime lui accorde son pardon.

Armagnacs et Bourguignons

L'assassinat de la rue Vieille du Temple a des conséquences dramatiques pour le royaume de France.

Le meurtre du duc Louis d'Orléans, frère du malheureux roi Charles VI le Fou, tranforme en guerre ouverte les rivalités entre les factions qui se disputent le pouvoir. D'un côté, les partisans de Charles d'Orléans, le fils de la victime, de l'autre, les Bourguignons du duc Jean sans Peur, le commanditaire de l'assassinat.

Comme on n'est jamais trop prudent, le duc de Bourgogne fait ériger en 1409 une somptueuse et impressionnante tour fortifiée au coeur de son hôtel parisien, lequel est adossé à la muraille de Philippe Auguste et couvre pas moins d'un hectare entre les actuelles rue Saint-Denis et Montorgueil. Cette «tour Jean sans Peur», très belle et encore en excellent état, est l'un des rares vestiges parisiens de l'architecture civile du Moyen Âge.

La querelle des Armagnacs et des Bourguignons

Trois ans après le meurtre de son père par les sbires du duc de Bourgogne, le poète Charles d'Orléans épouse Bonne d'Armagnac, fille du comte Bernard VII d'Armagnac. Celui-ci est un seigneur brutal et redouté. Il commande à une soldatesque nombreuse, originaire des pays de l'Adour et de la Garonne. Sans hésiter, il se met au service de son gendre et devient partie prenante du conflit entre la famille d'Orléans et celle de Bourgogne.

Pour cette raison, les partisans de Charles d'Orléans se font connaître sous le nom d'Armagnacs. Ils adoptent comme signe de ralliement l'écharpe rouge et la croix blanche tandis que les Bourguignons adoptent le chaperon vert et la croix de Saint André.

Pendant des décennies, le malheureux royaume va résonner de la querelle des Armagnacs et des Bourguignons. Quand va revenir la guerre entre Français et Anglais, les Armagnacs vont prendre le parti du Dauphin, futur roi Charles VII, et les Bourguignons celui des Anglais. La querelle rebondit avec l'assassinat de Jean sans Peur en présence du Dauphin..

Le futur Jean sans Peur se trouve aux Pays Bas, et le duc d'Orléans décide de créer un nouvel impôt pour financer la guerre contre l'Angleterre. Le duc de Bourgogne déclare qu'il ne lèvera pas d'impôt dans son domaine. La lutte entre les deux cousins est acharnée et aucune issue est en vue. Ceci se passait en mars 1405. En octobre, un simulacre de conciliation a lieu entre Jean de Bourgogne et Louis d'Orléans. Ils se jurent fraternité. En décembre le duc d'Orléans forme une coalition avec la reine st le duc de Berry contre Jean de Bourgogne. Le 23 novembre 1407, Louis d'Orléans quitte l'hôtel Barbette, où Isabeau vient de mettre au monde son douzième enfant. Lorsqu'il parvient dans la rue Vieille du temple, dix huit assassins à la solde de Jean sans Peur se ruent sur lui et le frappent sauvagement à coup de haches de maillets. Les funérailles du frère du roi sont célébrés en présence du duc de Bourgogne et cyniquement en s'inclinant devant la dépouille de son ennemi, il dit " Oncques ne perpétra-t-on en ce royaume si traître meurtre". Plus tard il avouera son crime au duc d'Anjou et de Berry. Malgré son aveu il ose se présenter au conseil, mais le duc de Berry lui dit ceci  "Beau neveu, n'entrez point au conseil pour cette fois. Il ne plaît mie bien à chacun que vous y soyez". Affolé, le Bourguignon saute sur son cheval pour n'en redescendre qu'à  Bapaume.

 La guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons

est un conflit qui ravagea le royaume de France, déjà en lutte avec le royaume d'Angleterre pendant la guerre de Cent Ans.

Prémices

Le contexte historique est celui de la guerre de Cent Ans et du grand schisme d'Occident. Le conflit trouve ses racines sous le règne de Charles VI.

En fait, ce sont deux systèmes économiques, sociétaux et religieux différents qui se font face. D'une part la France, pays très favorisé par l'agriculture, avec un système féodal et religieux fort. D'autre part l'Angleterre, au climat pluvieux favorisant les pâturages et donc l'élevage des ovins, qui vend sa laine aux drapiers de Flandre : pays où l'artisanat, la bourgeoisie et les villes prennent de l'importance. Les Bourguignons sont favorables au modèle anglais (d'autant plus que la Flandre appartient au duché de Bourgogne), tandis que les Armagnacs défendent le modèle français. De la même manière, le grand schisme d'occident a entraîné l'élection d'un antipape qui siège à Avignon (Clément VII) et est soutenu par les Armagnacs, alors que le pape de Rome (Urbain VI) est soutenu par les Anglais.

 Charles VI étant fou, la reine (Isabeau de Bavière) préside à partir de 1393 un conseil de régence, où siègent les grands du royaume. L'oncle de Charles VI, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi, qui fut régent à la minorité du roi (de 1380 à 1388), est fin politique et influe sur la reine (il avait organisé le mariage royal pendant sa régence). Cette influence va être progressivement détournée par Louis d'Orléans, le frère du roi qui est même soupçonné d'être l'amant de la reine. À la mort de Philippe le Hardi, son fils Jean sans Peur, moins lié à Isabeau, perdra encore de l'influence. Les autres oncles de Charles VI sont moins influents sur la régence : le duc d'Anjou est accaparé par la gestion du royaume de Naples et le duc de Berry (Jean de Berry) sert surtout de médiateur entre les partis d'Orléans (futurs Armagnacs) et de Bourgogne dont la rivalité va augmenter progressivement, pour aboutir à une véritable guerre civile.

Pour contrer l'expansion territoriale du duché de Bourgogne (qui possède la Flandre), le duc d'Orléans acquiert en gagère le Luxembourg en 1402.

Tandis que Louis d'Orléans, tirant du Trésor royal les neuf dixièmes de ses revenus, achète terres et places fortes dans les marches orientales du royaume que les Bourguignons considèrent comme une chasse gardée, Jean Sans Peur, qui n'a pas le prestige de feu son père, voit se tarir les largesses royales. Alors que le père recevait deux cent mille livres par an, le fils doit se contenter de trente-sept mille.

Le duc d'Orléans, gendre de Jean Galéas Visconti et titulaire de fiefs plus ou moins hypothétiques dans la péninsule, veut faire intervenir Charles VI militairement en sa faveur. De plus, il semble vouloir faire rompre la trêve franco-anglaise, allant jusqu'à provoquer Henri IV de Lancastre en duel, ce que Jean sans Peur ne peut admettre, car les industriels flamands dépendaient totalement des importations de laine d’outre-Manche et auraient été ruinés par un embargo.

La querelle respecte tout d’abord les formes courtoises : Jean sans Peur adopta l’ortie comme emblème, Louis d’Orléans le bâton noueux. Incontinent, le duc de Bourgogne prend le rabot pour insigne et distribue des « rabotures », ou copeaux d’argent, à ses partisans.

 Déclenchement du conflit

Le frère du roi, Louis d'Orléans, "qui hennissait comme un étalon après presque toutes les belles femmes", est accusé d'avoir voulu séduire ou pis "esforcier" la duchesse de Bourgogne. De plus et même s'il ne s'agit que d'une rumeur, ce séducteur aurait été l'amant de la reine et la propagande bourguignonne s'est plue à le présenter comme le père véritable du dauphin Charles (futur Charles VII). Il se rapproche de la reine et bénéficie de la bienveillance de son frère le roi lors de ses phases de sortie de crise : il réussit ainsi à faire évincer les Bourguignons du conseil.

C'en est trop pour Jean sans Peur, évincé du pouvoir et joué par le duc d'Orléans.

Profitant de la colère qui monte chez les contribuables, toujours pressurés alors que la paix est revenue et constatant que leurs impôts servent à financer les fêtes de la cour: Il se lance dans une campagne de séduction où il déploie des trésors de démagogie (il promet par exemple des baisses d'impôts et de réformer l'état c'est-à-dire d'accepter une monarchie contrôlée). Il séduit ainsi les marchands, le petit peuple et l'Université. Il menace Paris en 1405 pour faire montre de sa puissance, alors que Louis manœuvre pour empêcher le duc de Bourgogne de réaliser une continuité territoriale entre ses possessions des Flandres et le duché de Bourgogne en acquérant le duché de Luxembourg. Cela ne suffisant pas à restaurer son influence, Jean sans Peur décide de se débarrasser de son exaspérant rival : il le fait assassiner à Paris, rue Vieille du Temple, le 23 novembre 1407, alors que celui-ci sort de chez la reine, qui vient d'accoucher. Cet assassinat déclenche la guerre civile.

.La guerre civile

Dans le dessein de venger son père, Charles d'Orléans, fils de Louis, la victime, suscite partout des ennemis au duc de Bourgogne. Pourtant, en 1409, une paix conclue à Chartres semble arrêter les hostilités. Mais Charles d'Orléans ayant épousé la fille de Bernard VII d'Armagnac, il se forme à Gien, à l'occasion de ses noces, une ligue contre le duc de Bourgogne et ses partisans, dans laquelle entrent, outre le duc d'Orléans et son beau-père, les ducs de Berry, de Bourbon et de Bretagne, ainsi que les comtes d'Alençon et de Clermont (15 avril 1410).

Bernard VII recrute dans le Midi des bandes qui font la guerre avec une férocité inouïe : les Écorcheurs. À leur tête, il ravage les environs de Paris et s'avance jusqu'au faubourg Saint-Marcel. Un nouveau traité, signé à Bicêtre le 2 novembre 1410, suspend les hostilités, mais, dès le printemps 1411, les partis reprennent les armes. Les Armagnacs se répandent dans le Beauvaisis et la Picardie "en mengeant le povre peuple suivant la coustume de adonc". En octobre 1411, fort d'une armée de 60 000 hommes, le duc de Bourgogne entre dans Paris et attaque les Bretons, alliés des Armagnacs, qui sont retranchés à La Chapelle. Il doit reculer, mais, dans la nuit du 8 au 9 novembre, il sort par la porte Saint-Jacques, marche sur Saint-Cloud et défait complètement l'armée des Écorcheurs. Puis Jean sans Peur poursuit les princes d'Orléans et leurs alliés, assiège Dreux puis Bourges, mais l'armée royale paraît devant cette ville le 11 juin 1412.

La paix est signée à Bourges le 15 juillet 1412 et confirmée à Auxerre le 22 août.

Les Anglais vont profiter de la situation pour soutenir ponctuellement les deux partis ou acheter leur neutralité. Les Armagnacs concluent un traité avec le roi d'Angleterre, Henry IV: en 1412, ils lui cèdent la Guyenne et reconnaissent sa suzeraineté sur le Poitou, l'Angoulême, le Périgord, afin d'empêcher une alliance anglo-bourguignonne. De même, Jean sans Peur ménage les Anglais qui, par un embargo sur la laine, pourraient ruiner les drapiers de Flandre.

En 1413, Jean sans Peur soutient la révolte des Cabochiens1 qui entraîne une succession de massacres à Paris. La population parisienne, affolée, appelle les Armagnacs à son secours. Leurs troupes reprennent le contrôle de la ville en 1414. En 1415, le duc de Bourgogne reste neutre vis-à-vis des Anglais, qui reprennent les hostilités. Il laisse ainsi Henri V défaire l'armée française, essentiellement pourvue par les Armagnacs, à la bataille d'Azincourt en octobre 1415. Cependant, les directives données par le duc à ses sujets de ne pas se présenter à l'ost pour la bataille n'ont pas été suivies (on retrouve notamment dans les listes des morts de nombreux sujets du duc de Bourgogne, y compris le propre frère de Jean sans Peur, Antoine de Brabant).

Le 29 mai 1418, grâce à la trahison d'un certain Perrinet Leclerc et au soutien des artisans et des universitaires, Paris est livré à Jean de Villiers de L'Isle-Adam, capitaine d'une troupe de partisans du duc de Bourgogne. Le 12 juin suivant, les Armagnacs sont massacrés par la populace. Le comte Bernard VII fut l'une des victimes. Maître de Paris, Jean sans Peur entre en négociation avec les Anglais et semble disposé à accueillir les prétentions du roi d'Angleterre au trône de France. Il devient impérieux pour le Dauphin de négocier un rapprochement avec les Bourguignons pour éviter une alliance anglo-bourguignonne. Jean sans Peur, de son côté, s'est rendu maître d'une grande partie du royaume après la prise de Paris, mais ses finances sont au plus bas. Il est donc favorable à une rencontre avec le Dauphin, afin de signer une paix avantageuse. Plusieurs rencontres vont donc être organisées.

800px montereau fault yonne plaque commemorating assassination of john the fearless Le 10 septembre 1419, il est assassiné, sur le pont de Montereau-Fault-Yonne, lors d'une entrevue avec le Dauphin Charles, par des hommes de main du parti des Armagnacs, qui craignent un rapprochement du Dauphin avec les vues politiques bourguignonnes. Cet acte empêche tout apaisement et fait s'effondrer ce qui reste du royaume de France.

Philippe le Bon, le nouveau Duc de Bourgogne, fait alors alliance avec les Anglais (ce qu'avait toujours évité son père). Cela aboutit au traité de Troyes, où Charles VI, n'ayant plus d'héritier légitime (le Dauphin Charles est le fils supputé de Louis d'Orléans), déshérite le dauphin et marie sa fille Catherine de Valois à Henri V d'Angleterre. Le roi d'Angleterre reçoit la couronne de France et Charles VI récupère le pouvoir dont il a été évincé depuis 1392, du fait de ses accès de folie. Il exercera une régence sur ce qui lui reste de terres au sud-est de la France jusqu'à sa mort, en 1422. Son futur petit-fils légitime deviendra souverain de France et d'Angleterre. De toute évidence, ce traité sera dénoncé par les Armagnacs, qui arguent "que le roi appartient à la couronne et non pas l'inverse". Il faudra l'intervention de Jeanne d'Arc pour que Charles VII puisse être légitimé par un signe divin et sacré à Reims, le 17 juillet 1429, prenant de court le successeur d'Henri V, aussi décédé en 1422 (Henri VI d'Angleterre n'ayant que dix mois, il ne sera sacré que le 16 décembre 1431, à Notre-Dame de Paris).

La fin du conflit

.Charles VII, engagé dans une patiente reconquête du territoire français, souhaite isoler les Anglais des Bourguignons. En 1435, il conclut avec Philippe le Bon le traité d'Arras, qui reconnaît l'indépendance de la Bourgogne. Cet accord met officiellement fin à la guerre et va permettre à Charles VII de reprendre aux Anglais pratiquement toutes leurs possessions continentales: en 1453, ils ne contrôlent plus que Calais.

Le traité de Troyes

Un traité est signé à Troyes. Il consacre le triomphe de la dynastie anglaise des Lancastre.La dynastie capétienne n'est plus représentée que par un roi fou et un héritier désavoué par ses parents.(l'Angleterre, cependant, possédait à l'époque la Guyenne et la Normandie) au cours de la guerre de Cent Ans.

Historique

Signé le 21 mai 1420 dans la cathédrale Saint-Pierre à Troyes, il prévoit que le roi Charles VI de France après sa mort aurait pour successeur son beau-fils le roi d'Angleterre, Henri V.

Le traité infâme

Henri V et Philippe le Bon retrouvent à Troyes, en Champagne, la famille royale. Les deux alliés dénient tout droit à la couronne de France au dauphin Charles. Ils poussent Charles VI et Isabeau de Bavière à déshériter leur propre fils, Charles. Ils conviennent par ailleurs qu'Henri V épousera leur fille Catherine la Belle. Il sera à ce titre le seul héritier de la couronne capétienne.

Ces prescriptions sont consignées dans le traité de Troyes, dont le texte a été approuvé le 29 avril précédent par les représentants de la bourgeoisie parisienne

Dans ce traité, c'est Philippe III de Bourgogne dit le Bon qui représente la faction des Bourguignons car Charles VI, du fait de sa maladie, ne dirige plus directement le pays depuis 1392. Philippe III de Bourgogne et Henri V d'Angleterre forment une alliance contre le dauphin Charles, futur Charles VII.

La légitimité à succéder du « soi-disant dauphin » est niée, en raison de ses « crimes énormes ». On lui reproche d'avoir commandité l'assassinat du duc de Bourgogne Jean sans Peur, père de Philippe III de Bourgogne, le 19 septembre 1419. Les rumeurs concernant une illégitimité liée à une infidélité de la reine Isabeau de Bavière sont colportées par les Bourguignons, mais une telle affirmation ne peut être inscrite sans heurter le roi de France.

Charles, réfugié à Bourges, est nié dans tous ses titres mais conserve de fait le gouvernement du sud de la France. Les signataires du traité conviennent par ailleurs qu'Henri V épousera Catherine de Valois, la fille de Charles VI et d'Isabeau. Il aspire, à ce titre, à être le seul héritier de la couronne de France et exerce immédiatement une régence. Charles VI léguerait donc sa couronne à son gendre, puis, éventuellement, à un petit-fils à naître. Ce mariage est célébré le 2 juin 1420, jour de la Trinité, dans l'église Saint-Jean-au-Marché de Troyes

Le 1er décembre 1420, Henri V fait une entrée triomphale à Paris en compagnie du roi Charles VI et de Philippe III de Bourgogne. L'université de Paris, avec à sa tête le recteur Pierre Cauchon, et les États généraux de langue d'oïl lui apportent leur soutien en enregistrant le traité de Troyes. Plus tard, les juristes, fidèles à Charles VII, casseront le traité de Troyes, arguant que la couronne de France n'appartient pas au roi de France, qui ne peut donc en disposer.

Un roi binational pour la France

Henri V puis Charles VI meurent deux ans plus tard. Le 21 octobre 1422, à la mort du pauvre roi fou (il aura régné pas moins de 42 ans !), le fils d'Henri et Catherine, à peine âgé de dix mois, est comme prévu proclamé roi de France et d'Angleterre sous le nom d'Henri VI.

Le duc de Bedford, frère cadet du roi Henri V, assure la régence en France au nom de son neveu. Son poids politique dans le pays est renforcé par son mariage avec la soeur du duc de Bourgogne.

Par conviction autant que par habileté, le régent se montre soucieux de bonne entente avec ses sujets français... Il est bien différent en cela des Anglais de l'armée d'occupation, volontiers arrogants et vindicatifs, que les Français surnomment avec mépris les «goddons».

Tandis que les nobles, en vertu du serment féodal, restent pour la plupart fidèles à l'ancien dauphin Charles, leur suzerain légitime, les clercs, parlementaires, officiers (hauts fonctionnaires), docteurs de l'Université et bourgeois de Paris se rallient en masse au roi franco-anglais et au régent Bedford. Les partisans de Charles les appelle dans le langage de l'époque : «Français reniés».

Hundred years war france england 1435

La France est désormais divisée entre les possessions anglaises (dont Paris), les possessions bourguignonnes et les provinces restées fidèles à l'héritier légitime, l'ancien dauphin.

Ce dernier, qui s'est auto-proclamé roi sous le nom de Charles VII, ne croit guère en ses chances de survie. Il se remet mal de l'accusation de lèse-majesté et de parricide dans le crime de Montereau ainsi que d'avoir été dépouillé de ses droits par ses parents. Triste, démuni et abandonné, il compte avec parcimonie ses sous et ses soutiens.

Ses possessions se limitent au coeur de la France et lui-même réside à Bourges d'où le surnom méprisant qui lui est donné : «petit roi de Bourges». Il ne dispose que d'un seul accès à la mer avec le port de La Rochelle. Le ralliement du gouverneur du Languedoc va toutefois lui apporter une bouffée d'oxygène salvatrice.

À la guerre dynastique s'ajoutent les exactions des bandes. On tue et on s'étripe un peu partout. Les paysans sont comme souvent les premières victimes de cette insécurité ambiante.

 Sous les coups de boutoir des Anglais et de leurs alliés bourguignons, les possessions du «petit roi de Bourges»se racornissent de mois en mois. Orléans, la dernière ville qui lui est encore fidèle au nord de la Loire, est sur le point de tomber aux mains du duc de Bedford.

Le 31 août 1422, Henri V décède, peu avant Charles VI, le 21 octobre suivant. Le fils d'Henri V, âgé de dix mois, est proclamé « roi de France et d'Angleterre » sous le nom d'Henri VI. Le duc de Bedford assure la régence en France, et met le siège devant Orléans le 12 octobre 1428, la dernière ville au nord de la Loire fidèle à Charles VII.

Par la suite, les victoires du parti de Charles VII, avec l'aide de Jeanne d'Arc, rendent caduc le traité de Troyes, mais les rois d'Angleterre garderont officiellement le titre de roi de France près de quatre siècles, avant de l'abandonner en 1802, suite à la Paix d'Amiens.

Extrait

« Charles par la grâce de Dieu, roi de France […] Premièrement que, pour que ce que par l'alliance de mariage faite pour le bien de la dite paix en notre dit fils le roi Henri et notre très chère et très aimée fille Catherine, il est devenu notre fils […] — 6. Item, est accordé que tantôt après notre trépas et dés lors en avant, la couronne et le royaume de France, avec tous leurs droits et appartenances demeureront et seront perpétuellement à notre dit fils le roi Henri et ses hoirs. — 7. Item, que pour ce que nous sommes tenus et empêchés le plus du temps, par telle manière que nous ne pouvons en notre personne entendre ou vacquer à la disposition des besognes de notre royaume, la faculté et exercice de gouverner et ordonner la chose publique dudit royaume seront et demeureront, notre vie durant, à notre fils dit le roi Henri, avec le conseil des nobles et sages du royaume… — 12. Item, que notre fils labourera de son pouvoir, et le plutôt que faire se pourra profitablement, à mettre en notre obéissance toutes et chacunes villes cités et châteaux, lieux, pays et personnes dedans notre royaume, désobéissants à nous et rebelles, tenant le parti ou étant du parti vulgairement appelé du Dauphin ou d'Armagnac… — 29. Item, considéré les horribles et énormes crimes et délits perpétrés audit royaume de France, par Charles, soi-disant dauphin de Viennois, il est accordé que nous, ni notre dit fils le roi Henri, ni aussi notre très cher Philippe, duc de Bourgogne, ne traiterons aucunement de paix ou de concorde avec ledit Charles, ne ferons ou ferons traiter, sinon du conseil et assentiment de tous et chacun de nous trois et des trois États des deux royaumes dessus dits… »

Nous continuons vers le bd Beaumarchais et ensuite place de la Bastille.

Il existait une porte St Antoine qui devint sous Charles V le Chateau de la Bastille

La porte St Antoine

la porte Saint-Antoine, aujourd'hui disparue, était une des portes de Paris, à l'extrémité orientale de la Ville.

Il y eut successivement deux portes Saint-Antoine, la première du tout début du  XIIIe siècle et la seconde qui a existé du milieu du XIVe jusqu'à la fin du  XVIIIe siècle, à deux endroits différents le long de la rue Saint-Antoine, dans l'actuel 4e arrondissement de Paris. La seconde fut la plus connue, protégée par la forteresse de la Bastille.

 Première porte

Une des plus anciennes voies de la capitale fut, dès l'époque romaine, celle qui partait du centre de Paris à destination de Meaux et de Melun. Le début de cette route dans Paris était la rue du Pourtour-Saint-Gervais (l'extrémité occidentale de l'actuelle rue François-Miron), jusqu'à la porte dans l'enceinte du Xe siècle près de la place Baudoyer (à l'actuel croisement des rues du Pont-Louis-Philippe et François-Miron) : la porte Baudoyer. Au-delà des murailles, la route portait le nom de rue Saint-Antoine (aujourd'hui rue François-Miron, de la rue des Barres à la rue de Fourcy), car elle desservait l’abbaye Saint-Antoine-des-Champs (à l'emplacement actuel de l’hôpital Saint-Antoine, dans le 12e arrondissement), créée au tout début du  XIIIe siècle.

Quand Philippe Auguste fit édifier l'enceinte qui porte son nom, une nouvelle porte fut construite 450 mètres au-delà de la précédente porte, au niveau du no 101 de la rue Saint-Antoine, juste à l'est du croisement de cette dernière rue avec la rue de Sévigné, devant l'actuelle église Saint-Paul-Saint-Louis. Cette première porte est parfois elle aussi appelée « porte Baudoyer » ou « porte Baudet » ; elle est démolie en 1382 pour faciliter la circulation

Seconde porte

Fortifications

 800px bastille reconstruction 1420

Reconstitution des fortifications orientale de Paris en 1420 : de gauche à droite les fossés enjambés par les ponts (avec pont-levis), la Bastille et la porte Saint-Antoine fortifiée.

Charles V ordonna en 1356 l'édification d'une nouvelle muraille, qui remplaça sur la rive droite l'enceinte de Philippe Auguste. Seules six portes furent créées pour permettre le contrôle de l'accès à la capitale. Parmi elles était la porte Saint-Antoine, élevée à la hâte et protégée par deux tours. Elle se situait au débouché de la rue Saint-Antoine sur l'actuelle place de la Bastille, place qui occupe maintenant l'emplacement des fossés et du glacis. Le tracés des deux tours est actuellement toujours visible sur le pavage de la place.

Le roi, qui, suite à une émeute menée par Étienne Marcel, avait fui sa résidence du palais de la Cité pour ses hôtels du Marais, ordonna la construction du « chastel Saint-Antoine », pour protéger sa résidence, à l'emplacement de la porte Saint-Antoine (dont les deux tours devinrent les tours dites du Trésor et du Comté) : cette forteresse pris le nom de Bastille Saint-Antoine (ou simplement la Bastille), terminée en 1382. Une nouvelle porte fortifiée fut construite un peu plus au nord, au débouché de la rue de la Bastille

L'enceinte de Charles V fut transformée en enceinte bastionnée au  XVIe siècle, avec les bastions 11 (le «grand bastion de la porte Saint-Antoine») et 12 («de la pointe de la Bastille») qui encadraient au nord et au sud la porte Saint-Antoine. Au delà de la porte, extra-muros, commence à s'urbaniser un nouveau quartier (rattaché au 15e quartier de la Ville en 1702), le faubourg Saint-Antoine. Quatre routes devenues des rues formaient un carrefour à l'est de la porte : la rue de la Roquette, la rue de Charonne, la rue du Faubourg-Saint-Antoine et la rue de Charenton.

Arc de triomphe

Henri II fit ériger à la porte Saint-Antoine un arc de triomphe à une arche. Les sculptures, deux fleuves décorant les impostes de l'arc, avaient été créées par Jean Goujon.

Nicolas-François Blondel, en 1670, ajouta deux arcades au monument qui fut consacré à Louis XIV, en souvenir de l'entrée du souverain par cette porte lors de son mariage en 1660. Pour la cérémonie, Gérard Van Opstal exécuta trois statues : la France, l’Espagne et l’Hyménée. Les niches comportaient des statues réalisées par Michel Anguier.

Événements

Étienne Marcel, prévôt des marchands et représentant du Tiers état aux états généraux de 1357, opposé au roi Charles V, est abattu en 1358, avec 54 de ses compagnons, en tentant de rentrer dans Paris de nuit.

HotelsaintpaulSous Charles VI, c'est par trois fois que les Parisiens traversent la porte pour envahir l'hôtel Saint-Pol.

Lors de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, 1500Armagnacs passent la porte, le 1er juin 1418, avant d'être repoussés par les Bourguignons.

Le 1er juin 1540, l'empereur du Saint-Empire et roi d'Espagne Charles Quint y fait son entrée dans la capitale, au côté du roi François Ier : la Bastille tira 800 coups de canon, les maisons étaient décorées de tapisseries et de draperies, les bourgeois, la cour et le clergé défilèrent.

À la porte Saint-Antoine, près de l'hôtel des Tournelles, Henri II participa, le 30 juin 1559, à un tournoi durant lequel il fut mortellement blessé.

Le duc de Guise, en 1588, fit sortir les Suisses désarmés par la porte Saint-Antoine.

C'est à la porte Saint-Antoine que les ligueurs opposèrent la dernière résistance aux troupes d'Henri IV.

En 1610, Louis XIII fit une entrée solennelle après son sacre à Reims.

En 1648 se tint à la porte Saint-Antoine l'une des plus importantes barricades lors du soulèvement populaire dû au renvoi de Broussel par Mazarin.

C'est par cette même porte que, le 2 juillet 1652, Condé, pourchassé par les troupes royales de Turenne, put entrer dans Paris, grâce aux coups de canon tirés de la Bastille sur l'ordre de la Grande Mademoiselle.

Le 14 juillet 1789, c'est autour de la porte Saint-Antoine que tonna le premier coup de canon annonçant la Révolution française.

Destruction

N'ayant plus l'utilité première de protection et devenant un handicap à la circulation, la porte Saint-Antoine fut détruite en 1778.

Le Chateau de la Bastille

Plan bastille saint antoine paris

Forteresse

Destinée à défendre la porte Saint-Antoine et les remparts de l’est de Paris devenus plus vulnérables ainsi qu'à protéger le roi en cas de révolte du peuple parisien notamment en sécurisant la route reliant la résidence du roi à l'hôtel Saint-Pol au château de Vincennes où le roi veut établir le centre administratif du royaume, la « Bastille » ou « Bastille Saint-Antoine » était initialement un véritable château et un arsenal.

Elle fut bâtie sous le règne de Charles V, de 1370 à 1383, par le prévôt de Paris Hugues Aubriot qui posa la première pierre le 22 avril 1370, sur le modèle à quatre tours courant à l’époque. Les autres tours lui furent ajoutées ultérieurement. Elle faisait 66 mètres de long pour 34 mètres de large et 24 mètres de hauteur au niveau des tours, et était entourée d’un fossé de 25 mètres de largeur par 8 mètres de profondeur alimenté par les eaux de la Seine. Les huit tours se nommaient tours du Coin, de la Chapelle, du Trésor, de la Comté, de la Bertaudière, de la Basinière, du Puits et de la Liberté. L’entrée se faisait par la rue Saint-Antoine et donnait sur la Cour de l’Avancée qui abritait des boutiques et une caserne. Son premier capitaine gouverneur fut nommé par Charles VI, dès 1386, en la personne de son chambellan Jehan de La Personne, vicomte d'Acy, ancien compagnon de Bertrand du Guesclin et qui avait été déjà chambellan sous les deux règnes précédents. À la même époque fut édifié le donjon de Vincennes. Le Château de Montagu, édifié par le surintendant des finances de Charles VI, Jean de Montagu, à Marcoussis, est un exemple proche des choix d'architecture retenus pour la forteresse de la Bastille.

La main d’oeuvre se faisant cruellement sentir, Aubriot envoya les archers « recruter » tous les oisifs de la capitale pour les enrôler de force sur le chantier. Devant le mécontentement général, Aubriot fut disgracié et devint le premier « hôte » de ce bâtiment.

Elle appartenait au système défensif de l'enceinte de Charles V mais très vite, son utilité militaire s’avérant médiocre – « assiégée, elle s’est toujours rendue » – une nouvelle enceinte fut construite. La forteresse fut occasionnellement prison d’État sous Louis XI puis utilisée comme entrepôt d'armes et lieu de réception par François Ier, comme coffre-fort des richesses royales sous Henri IV.

Durant la Journée des Barricades (huitième guerre de religion), la Bastille se rendit le 13 mai 1588 et Jean Bussy-Leclerc en devint le gouverneur. À la chute de la Ligue et l'entrée d'Henri IV à Paris le 22 mars 1594, le gouverneur de la Bastille refusa de rendre la forteresse qui fut assiégée et résista quatre jours.

Sully, nommé gouverneur en 1602, y abrita le trésor royal dans la tour du même nom, qu’on désigna alors sous le terme de « buffet du roi ».

La Bastille est à nouveau prise durant la Fronde en 1649 et un Frondeur en est nommé gouverneur : La Louvière, fils de Pierre Broussel. C'est à cette époque que se situe un des épisodes les plus rocambolesques de l'histoire de la forteresse. Le 2 juillet 1652, lors de la bataille du faubourg Saint-Antoine, le prince de Condé est en difficulté face aux troupes royales dirigées par le maréchal de Turenne. Sa cousine, Mlle de Montpensier, dite la Grande Mademoiselle, obtient alors de son père Gaston d'Orléans l'autorisation de faire tirer les canons de la Bastille sur les troupes royales pour le sauver et lui permettre d'entrer dans Paris.

Prison

La Bastille fut utilisée occasionnellement comme prison dès le règne de Louis XI.

Pendant les troubles des guerres de religion, elle servit de prison à des Grands du royaume comme François de Montmorency (1574-1575), Charles d'Angoulême (1604-1616), ou encore le prince de Condé (1616-1619). Sous la domination de la Ligue, La Bastille abrite l'écrivain Montaigne (1588), les magistrats du parlement de Paris restés fidèles au roi dont le premier président Achille de Harlay, et l'artiste protestant Bernard Palissy qui y meurt.

C’est le cardinal de Richelieu qui la transforma en prison d’État à laquelle restent attachées les lettres de cachet, lettres signées du roi (ou le plus souvent de ses ministres) ordonnant un emprisonnement sans jugement. Paris dispose de plusieurs types de prisons : prisons ordinaires, Hôpital général et prisons d’État (Vincennes,  For l'Eveque). La Bastille était une prison plutôt confortable pour les personnes de qualité (nobles, grands bourgeois) emprisonnés dans les cellules (au nombre de 42), elles mangeaient tous les jours « à la table du gouverneur » (non avec lui mais bénéficiant du même repas que lui). Ces cellules disposaient de grandes pièces avec repas fins et d’un domestique si ce dernier acceptait (tel le domestique du banquier de Gérard Michel de La Jonchère qui a partagé le sort de son maître mais finit par ne plus le supporter, sans pouvoir ressortir), de meubles et de bois de chauffage (grâce à la « pistole »). Les prisonniers royaux sont autorisés à correspondre avec l'extérieur, recevoir des visites et jouissent d'une relative liberté de mouvement au sein de la forteresse. Le marquis de Sade y fut détenu cinq ans et demi. La Bastille comportait également depuis la fin du XVIIe siècle un quartier beaucoup moins agréable pour les prisonniers communs. Ceux-ci vivaient de la charité et du « pain du roi », y étaient parfois enchaînés ; on les appelait les « pailleux », car ils dormaient sur une paillasse dont on changeait la paille une fois par mois. La prison disposait aussi de six cachots (et non d’oubliettes, dont un aménagé en salle de torture), situés à six mètres de profondeur au niveau des douves et qui servaient de punition aux prisonniers insubordonnés comme, par exemple, le fameux Latude (Louis XVI fait supprimer ces cachots, tout comme la question et les lettres de cachet qu'il abolit le 26 juin 1789). Sous Louis XV qui adoucit le régime carcéral à partir de 1750, on retrouve beaucoup de convulsionnaires et jansénistes accusés de crime de lèse-majesté. Entre 1661 et 1789, un prisonnier sur six est embastillé pour « faits de lettres » (libraire, imprimeur, colporteur ou auteur de libelle).

L'arrivée d'un nouveau prisonnier est annoncée par une sonnerie de cloche. Les boutiques avoisinantes (notamment les échoppes le long du fossé qui sont louées au Gouverneur) ferment alors et les gardes se couvrent le visage pour ne pas voir le visage du nouveau venu. Ce culte du secret motive également l'enterrement des prisonniers de nuit sous de faux noms. Il participe grandement au mythe de l'homme au masque de fer.

 Le premier témoignage écrit sur la prison sont les pseudo-mémoires d'un calviniste, Constantin de Renneville, qui donne une vision noire de la Bastille et son arbitraire, l'opposant à la Tour de Londres. Les récits « antibastillonnaires » se multiplient : deux ouvrages publiés à l'étranger poursuivent cette dénonciation et participent à la construction de la légende noire (lettre de cachet en blanc, tortures, exécutions sommaires) de la Bastille : Mirabeau avec Des lettres de cachet et des prisons d'État (Hambourg, 1782) et Simon Nicolas Henri Linguet, Mémoires sur la Bastille (Londres, 1783). Un historien qualifie la Bastille de rendez-vous des intellectuels puisque s’y retrouvaient aussi bien Voltaire (par deux fois en 1717 et 1726) que des pamphlétaires comme Linguet ou Brissot, victimes de la censure.

C’était aussi un gouffre financier pour Louis XVI, en raison à la fois du traitement du gouverneur d’environ 60 000 livres mais aussi de l’entretien du personnel, nombreux, ou de la nourriture. Necker, qui avait déjà fermé le donjon de Vincennes, souhaitait la faire abattre dès 1784. Le peuple ne craint plus ce bâtiment en 1789, mais les cahiers de doléances de la ville, rédigés par des acteurs de la fronde des parlements, demandaient sa destruction et son remplacement par une place avec un monument à la Liberté retrouvée. Comme toute forteresse imposante, elle marquait le paysage parisien et rappelait l'autorité du roi (comme la tour du Temple)

 La hiérarchie à l'intérieur de la prison

 Le gouverneur, dont la charge est vénale, gère et dirige la prison. Il vit dans une maison d'une Cour de la Bastille, entourée d’un jardin à la française. Il est assisté par un lieutenant de roi responsable de la sécurité et d'un major chargé de l’économat, des archives. Les employés en contact direct avec les prisonniers (promenade, repas) sont les porte-clefs. Le « capitaine des portes » est l'officier responsable de l'entrée et la sortie de la prison. La surveillance de la forteresse est assurée par des « invalides », en faction de jour comme de nuit à l’intérieur et à l’extérieur de l'enceinte, tandis que le repas et les promenades des prisonniers sont assurés par les porte-clefs sous l’autorité des officiers. On trouve aussi comme personnel logeant un service médical, un chapelain et un confesseur.

Le nombre de prisonniers

Vu le nombre de ses cellules, la prison ne peut accueillir plus de 45 prisonniers en même temps, elle atteint un maximum d'une soixantaine de détenus sous Louis XIV, seuls 1,5 % d'entre eux y meurent officiellement. Du XIVe au milieu du XVIIesiècle, elle aurait reçu 800 prisonniers, le nombre passe à 5279 entre 1659 et 1789 (avec une durée moyenne de détention de quelques mois à deux ans : 57 % des prisonniers restent moins de 6 mois, 28 % entre 1 et 4 ans) : 2320 sous Louis XIV, 1459 sous la Régence, 1194 sous Louis XV et 306 sous Louis XVI.

 Gouverneurs de la Bastille

 La Bastille fut achevée en 1383. Les premiers dignitaires, responsables militaires de la Bastille, étaient anciennement appelés capitaines gouverneurs du fort et bastide Saint-Antoine

Note : Cette forteresse était située légèrement à l’est de la place actuelle, un pavage spécial à l’angle du boulevard Henri IV, des rues St Antoine et Jacques Coeur indique l’emplacement de certaines des tours.

 On retrouve le même marquage dans la station de la ligne 5 ainsi que quelques pierres d’un ancien bastion encastrées dans le mur de la station. Au 5 place de la Bastille se trouve une plaque sur laquelle est gravé le plan exact du château.

 Le château devient une prison d’état

 Bien que quelques détenus aient séjourné à la Bastille, ce n’est qu’à partir du XVIIème siècle sous Richelieu qu’elle devint prison d’état. L’internement se faisait par lettres de cachet sur ordre du Roi et non par jugement. On enfermait les criminels d’Etat, traîtres ou espions, les écrivains qui déplaisaient au Pouvoir, des fils de famille débauchés. Des aristocrates tels que le marquis de Sade, qui en sortit peu de temps avant le 14 juillet 1789, des écrivains comme Voltaire y séjournèrent.

Ce dernier accusé d’avoir écrit un pamphlet contre les filles du Roi est y resta près d’un an, en 1717. A sa sortie il reçu du Régent une pension de mille écus qui lui donna l’occasion de faire un bon mot : « Je remercie Votre Altesse Royale de ce qu’elle veut bien se charger de ma nourriture, mais je la prie de ne plus se charger de mon logement ».

Autre prisonnier célèbre Henri Masers dit de Latude (1725-1805), connu surtout pour ses très nombreux pamphlets. Il y a passé 28 ans de sa vie pour avoir tenté de faire chanter la marquise de Pompadour, lui avoir envoyé un colis explosif. Il se plaignait que la poularde servie à la Bastille n’était pas assez truffée ou exigeait des robes de chambre doublées de fourrure !

Le plus célèbre et néanmoins mystérieux prisonnier fut le masque de fer. Qui était-il ? Un frère jumeau de Louis XIV comme l’affirmait Voltaire, le comte Mattioli, le prêtre Eustache Dauger ou l’ancien page du Roi Eustache de Cavoye, le mystère subsiste... On possède deux extraits du journal de Dujonca, major de la Bastille sur lequel on peut lire : « Du jeudi 18 septembre 1698, à trois heures de l’après-midi, Monsieur de Saint-Mars, gouverneur de la Bastille, venant de son gouvernement des îles Sainte-Marguerite, à amené avec lui dans sa litière un prisonnier qu’il avait à Pignerol, lequel est toujours masqué et dont le nom ne se dit pas. »

Cinq ans plus tard : « Du lundi 19 novembre 1703, le prisonnier inconnu, toujours masqué d’un velours noir qu’il gardait depuis longtemps, s’est trouvé un peu mal hier en sortant de la messe. Il est mort aujourd’hui sur les dix heures du soir, sans avoir eu une grande maladie. »

D’une façon générale, les prisonniers étaient bien traités, ils pouvaient faire venir leurs meubles, donner des dîners.. Certains prisonniers pouvaient même aller se promener en ville à condition de réintégrer leur prison le soir ! Les repas servis étaient parfois somptueux, et coûtaient très cher à l’Etat, c’est pourquoi Necker projetait de fermer la Bastille.

En 1788 le lieutenant du Roi, du Pujet préconisait la fermeture de la forteresse et évaluait à 140 000 livres l’économie qui serait ainsi réalisée. Le roi payait des sommes considérables pour l’entretien du personnel : traitement du gouverneur, officiers, soldats, porte-clefs, médecin, aumônier... Beaucoup de personnel pour peu de détenus : 19 à l’arrivée de Louis XVI, 9 le 1er janvier 1789 et 7 le 14 juillet de cette même année !

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Cette Forteresse etait située légèrement à l’est de la place actuelle, un pavage spécial à l’angle du boulevard Henri IV, des rues St Antoine et Jacques Coeur indique l’emplacement de certaines des tours

On retrouve le même marquage dans la station de la ligne 5 ainsi que quelques pierres d’un ancien bastion encastrées dans le mur de la station. Au 5 place de la Bastille se trouve une plaque sur laquelle est gravé le plan exact du château.

 

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Metro ligne 5 bastille

Nous retrouvons des vestiges dans le square Henri Galli  Il doit son nom à Henri Galli, journaliste et homme politique parisien de la Troisième République.

Description

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Cree en 1925, le square s'étend sur 2 000 m2. De forme triangulaire, il est encadré par le boulevard Henri-IV, le quai Henri-IV et le quai des Célestins. Il borde la Seine, d'où il fait face à l'île Saint-Louis.

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 Vestiges de la tour de la Liberté de la Bastille.

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Dans le coin formé par le boulevard Henri-IV et le quai Henri-IV, se trouvent des vestiges de l'une des huit tours de la prison de la Bastille. Il s'agit en fait de la base de la tour de la Liberté, originellement retrouvée en 1899 lors de la construction de la ligne 1 du métro parisien au niveau du no 1 de la rue Saint-Antoine, qui a été démontée et reconstituée à cet endroit.

 Il est l'heure de nous restaurer avec un confit de canard au pommes salardaises accompagné d'un petit Bordeaux.

Nous sommes tout près de l'emplacement de l'hotel St Pol

 L'HOTEL SAINT-POL

Un nouvel hôtel princier. Après l'invasion du palais de la Cité par les bourgeois d'Etienne Marcel en 1358, Charles V, alors dauphin, aurait décidé la création d'un nouvel hôtel princier dans l'est de Paris. Le roi ne voulait plus résider au palais de la Cité, et était déjà logé à cet endroit car il était l'hôte de l'archevêque de Sens Il s'agissait d'un quartier aéré, qui possédait encore un caractère rural. Il était recommandé à l'époque comme un  des lieux les plus sains de Paris. Le roi pouvait gagner facilement Vincennes par la route comme par la Seine ; cette dernière permettait également d'accéder facilement à la Cité et au Louvre.

Hotel st polL'hôtel Saint-Pol s'étendait entre la rue Saint-Antoine au nord, le quai des Célestins au sud, la rue Saint-Paul à l'ouest et la rue du Petit-Musc à l'est. Il était situé à l'extérieur de la muraille de Philippe-Auguste mais englobé par la nouvelle enceinte que fit construire Charles V de 1358 à 1380. A proximité du nouvel hôtel princier, au début de la rue du Petit-Musc, se trouvait le couvent des Célestins qu'une donation du souverain permit d'agrandir.

Sous Charles V (+ 1380) et Charles VI (1380-1422), l'hôtel Saint-Pol fut résidence royale : les cinq enfants du premier (qui furent baptisés à l'église Saint-Paul voisine) et six des douze enfants du second y naquirent. L'hôtel était également le siège du gouvernement : Charles V y installa les réunions du Grand Conseil et des maîtres des Requêtes alors que le reste de l'administration demeurait sur l'île de la Cité (dans certains cas, les assemblées de maîtres des comptes et  de juges du Parlement pouvaient avoir lieu à Saint-Pol). Plus largement la construction de l'hôtel Saint-Pol s'inscrit dans la politique menée par Charles V d'aménagement et de multiplication des résidences royales à Paris (le Louvre, Vincennes, Beauté, Saint-Ouen, Saint-Germain en Laye, Creil, Montargis, Melun), certainement dans le but d'exalter la monarchie après la défaîte de Poitiers (1356) et la capture du roi Jean II. Ainsi lorsque l'empereur Charles IV de Luxembourg vint à Paris en 1378, il fut accueilli successivement au palais de la Cité, au Louvre, à l'hôtel Saint-Pol et à Vincennes (Un ensemble composite. L'hôtel Saint-Pol n'était pas d'un seul tenant mais composé principalement de quatre hôtels particuliers acquis entre 1360 et 1366 : en 1361, l'hôtel du comte d'Etampes  pour 6.000 royaux d'or (en orange sur la plan ; l'entrée se trouvait à droite de l'église Saint-Paul, aux n°20-26 de la rue Saint-Paul, et l'hôtel s'étendait jusqu'à la rue du Petit-Musc) ; en 1362 ,l'hôtel des abbés de Saint-Maur (en vert sur le plan ; situé à l'angle de la rue Saint-Antoine et de la rue du Petit-Musc) ; en 1364, le manoir du bourgeois et marchand de bûches Simon Verjal (en rouge sur le plan ; aux n° 7-9 de la rue du Petit-Musc) ; et en 1366, l'hôtel des archevêques de Sens (en bleu sur le plan ; situé à l'angle du quai des Célestins et de la rue du Petit-Musc) qui furent relogés à l'emplacement de l'actuel Hôtel de Sens, à l'angle de la rue du Figuier et de la rue du Fauconnier. Dès 1364, l'hôtel  Saint-Pol est uni par un acte officiel au domaine royal car le roi lui porte "amour, plaisance et singulière affection". L'hôtel Saint-Pol fut encore agrandi par Charles VI grâce à l'acquisition en 1418 de la maison de Jehan de Roussy au n°8 de la Saint-Paul qui pouvait servir d'entrée à l'hôtel des Lions voisin.

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Hôtels et jardins. L'hôtel Saint-Pol était donc formé de plusieurs bâtiments séparés par des cours et de vastes jardins. Chacun possédait son propre hôtel : le roi résidait dans l'ancien hôtel des archevêques de Sens, l'hôtel de la reine correspondait à l'ancienne résidence des comtes d'Etampes , et les enfants royaux habitaient l'ancien hôtel des abbés de Saint-Maur.

L'entrée principale se trouvait rue Saint-Paul et son portail était décoré de lions en pierre. Il existait une seconde entrée, la porte de Seine, permettant d'accéder à l'hôtel du roi, qui comportait une statue en pied du roi Charles V et de la reine Jeanne de Bourbon , comme au Louvre, à la Cité ou à Vincennes.

L'entrée de la rue Saint-Paul ouvrait sur une première cour qui précédait l'hôtel de la reine ; à gauche de cette première cour se trouvait la grande cour, large de près de 80m, qui pouvait servir pour les joutes. Des bâtiments bas longeaient la grande cour et abritaient les membres de la cour de rang inférieur. On entrait certainement dans l'hôtel du roi par la grande cour. Son rez-de-chaussée abritait notamment la grande salle. Un escalier à vis conduisait à la chambre de parade du roi, sa chambre à coucher, sa salle à manger, sa chapelle, son oratoire et à d'autres petites pièces. L'hôtel du roi comprenait une étude  au rez-de-chaussée, et une autre à l'étage. L'hôtel de la reine possédait sa propre grande chapelle. Les appartements du roi et de la reine étaient décorés de scènes peintes (ou de  tapisseries?) figurant les exploits de Charlemagne, les aventures de Thésée, les épisodes du roman du Chevalier au Cygne. L'hôtel du roi et celui de la reine étaient reliés par une longue galerie longeant le côté est de la grande cour. Hormis l'hôtel du roi, celui de la reine et l'hôtel de Saint-Maur où logeait le dauphin Charles, le reste des bâtiments abritaient Louis, fils cadet du roi, les trois princesses, le chambellan du roi Pierre d'Aumont et les autres gens des hôtels du roi et de la reine.

L'hôtel Saint-Pol possédait également une grande tour carrée qui abritait une partie du trésor royal. Des galeries suportées par des colonnes ou des piliers s'ouvraient, du premier étage, sur les jardins, telles les galeries d'un cloître. Certaines étaient peintes. Ainsi la galerie dans l'hôtel de la reine, longue de 48m : "Depuis le lambris jusques dans la voûte étoit représenté sur un fond vert, et dessus une longue terrasse qui régnoit tout autour, une grande forêt pleine d'arbres et d'arbrisseaux, de pommiers, poiriers, cerisiers, pruniers et autres semblables, chargés de fruits et entremêlés de lis, de flambes, de roses et de toutes sortes d'autres fleurs : des enfants repandus en plusieurs endroits du bois y cueilloient des fleurs et mangeoient des fruits : les autres poussoient leurs branches jusques dans la voute peinte de blanc et d'azur pour figurer le ciel et le jour ; et enfin le tout étoit de beau vert-gai, fait d'orpin et de florée fine" (Henri Sauval, Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris, Paris, 1724, tome II, p277). Une allée permettant à la reine de se rendre de son hôtel à son oratoire dans l'église Saint-Paul voisine possède également un décor peint : "Là, de côté et d'autre, quantité d'Anges tendoient une courtine des livrées du roi : de la voute, ou pour mieux dire, d'un ciel d'azur qu'on y avoit figuré, descendoit une légion d'Anges, jouant des instrumens, et chantant des Antiennes de Notre-Dame. Le ciel, au reste, aussi bien de l'allée que de la gallerie, étoit d'azur d'Allemagne qui valoit dix livres parisis la livre, et le tout coûta six-vinProfan roi2gts écus" (ibid)

L'hôtel Saint-Pol était dotée de nombreuses chapelles (pour l'une d'entre elles, Charles V fit exécuter douze statues d'apôtres), ainsi que de bains et d'étuves aux cuves de bois d'Irlande. Les jardins, ou "préaux", occupaient une surface importante de hôtel. Ils devaient être divisés en carreaux, Charles V fit également planter des cerisiers dans le préau de la Cerisaie. Les jardins sont pour le roi un lieu de de délassement, Les jardins de l'hôtel comptait une ménagerie abritant des lions et des sangliers, des volières et un vivier. De ces jardins, la toponymie actuelle porte l'empreinte : la rue de la Cerisaie, le rue des Lions-Saint-Paul, la rue Beautreillis font référence aux jardins de l'hôtel Saint-Pol.

La fin de l'hôtel Saint-Pol. A la mort de Charles VI, la reine Isabeau de Bavière y demeura jusqu'en 1435. En 1423, Henri VI d'Angleterre et son épouse Catherine de France (fille de Charles VI) y séjournèrent. Mais dès le règne de Charles VII, l'hôtel Saint-Pol fut délaissé par le souverain qui résida plutôt à l'hôtel des Tournelles voisin. Il commença alors à être démembré, Charles VII, Louis XI puis François Ier vendant ou donnant à divers personnages des parties de l'hôtel. Finalement en 1543 mit en vente l'hôtel de la Reine, l'hôtel d'Etampes et l'hôtel du Petit-Bourbon qui se trouvait de l'autre côté de la rue du Petit-Musc. Ces terrains furent alors lotis et on traça les trois rues Charles V, Beautreillis, et des Lions-Saint-Paul.

Nous retrouvons bien entendu les vestiges de l'eglise St Paul

  Histoire de Saint Paul des Champs

 L’église Saint-Paul-des-Champs s’élevait aux n°30-32 de la rue Saint-Paul. Sa fondation remonte à l’époque mérovingienne. A l’origine, c’était une chapelle dédiée à saint Paul, créée vers 632-642. Elle jouxtait le cimetière du même nom où étaient enterrées les religieuses du couvent Saint-Eloi fondé sur l’île de la Cité au VIIe siècle. Les inhumations sur l’île étaient alors interdites. Des sarcophages mérovingiens retrouvés rue Neuve-Saint-Pierre témoignent de cette époque.

  Elle fut remplacée par une église, située au milieu de champs cultivés, d’où son nom de Saint-Paul-des-Champs. Un bourg se constitua autour de l’église. Le bourg s’étant peuplé, elle devint église paroissiale en 1125.

 La construction de la muraille de Philippe-Auguste divisa la paroisse en deux. A à la fin du XIVe siècle, tout le quartier Saint-Paul fut inclus dans l’enceinte de Charles V et se développa avec l’installation du roi à l’hôtel Saint-Pol, proche de l’église. Tous les enfants de Charles V et une partie de ceux de Charles VI furent baptisés à Saint-Paul-des-Champs.

Capture

L’église de Saint Paul des champs définitive est construite au XIIIe siècle et se retrouve à l’intérieur de la ville au XIVe siècle lorsque Charles V fait construire ses remparts. Située à proximité de l’hôtel Saint Paul, nouvelle résidence royale, elle devient paroisse royale et dans son cimetière des personnalités influentes sont dés lors enterrées.

L’intérieur de cette église gothique était remarquable par ses vitraux et notamment des défenseurs de la Loi (Moïse et David), de la Foi (Godefroy de Bouillon) et du Roi (Jeanne d’Arc).
Quant à lui, le cimetière comportant de grands charniers.

L’église Saint Paul des champs fut détruite sous la Révolution en 1796. On peut observer à l’angle des rues Neuve Saint Pierre et Saint Paul un vestige de cette ancienne église.

Le cimetière qui se trouvait au chevet de cette église se prolongeait jusqu’au n° 13 à 17 de la rue Beautreillis.  St paul

« Ce cimetière mesurait 63 m de long sur 44 m de large. Il était entouré d’une galerie de cloître. Les charniers étaient magnifiquement décorés et passaient pour être les plus grands et les plus beaux de Paris. Vers 1750, ce cimetière recevait près de 600 corps par an. Bien qu’aéré correctement, on remarquait que par temps de pluie, des exhalaisons putrides s’élevaient au point qu’il suffisait de regarder le cimetière pour savoir s’il allait pleuvoir. Cette odeur pénétrait dans les appartements par les cheminées et ces émanations altéraient même la couleur des tapisseries. Les fosses étaient souvent ouvertes pour procéder à de nouvelles inhumations et les corps qui n’étaient pas complètement consommés, les fossoyeurs les déchiquetaient et les brûlaient avec les débris des bières. Tout ceci ne faisait qu’augmenter l’infection environnante. Ce cimetière fut fermé en 1791 ; vendu comme bien national trois ans après et démoli dans les deux années suivantes. On construisit des immeubles sur le terrain avant même qu’on ait pu enlever la totalité des corps. Ce qui signifie que dans les fondations de ces immeubles, on peut supposer qu’il se trouve des ossements de cette époque ! Au cours de travaux effectués en 1898 dans la rue de l’Hôtel-Saint-Paul, on retrouva trace de trois de ces charniers.

 Parmi les personnalités enterrés ici, on peut nommer : en premier lieu, Rabelais, mort en 1553, à l’âge de 58 ans rue des Jardins Saint-Paul, (enterré dans le cimetière Saint Paul sous un grand arbre. La tradition voulut que ce fut un noyer et son souvenir fut conservé longtemps après).  trois des mignons d’Henri III ; Jean Nicot ; Marion Delorme, en 1650 à 37 ans, François Mansart, mort en 1666, à 68 ans, l’ »Homme au Masque de fer », mort en 1703 et l’architecte Jules Hardouin-Mansart, mort en 1708, à 62 ans.

 Dans l’église, on enterra la fille de l’Amiral de Coligny, de religion catholique, en 1673. Le corps de Descartes que l’on ramena de Stockholm en 1667 séjourna ici provisoirement avant d ‘être transporté à Sainte-Geneviève. Le coeur et les entrailles de madame de Coulanges, la mère de madame de Sévigné furent déposés ici, le corps étant déposé au couvent de la Visitation de la rue Saint-Antoine ».

On peut voir un second vestige de Saint-Paul-des-champs sur la façade de l'église Saint-Paul-Saint-Louis à cent mètres: la magnifique horloge datant de 1627 remontée là en 1802.

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Nous nous retrouvons à coté de l'emplacement de l'hotel des Tournelles

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Celle ci est de l'autre côté de la  rue Saint-Antoine, du n°28 au n°38 par rapport à l'hotel St Pol., c'est-à-dire entre les actuelles rue de Birague et impasse Guéménée (en rouge sur le plan ci-contre). L'hôtel comprenant de vastes jardins était ceint d'un mur doté de nombreuses tourelles, d'où son nom de "Tournelles". A la mort de Pierre d'Orgemont, son fils Pierre, évêque de Paris, qui y résidait en hérita et en 1402 la vendit au duc Jean de Berry pour la somme de 14.000 écus. En 1404, le duc de Berry la céda à son neveu Louis d'Orléans, fils de Charles V et frère de Charles VI, en échange de l'hôtel de Gixé, rue de Jouy. Louis d'Orléans fut assassiné en 1407. L'hôtel alla à ses héritiers : sa veuve Valentine Visconti qui mourut l'année suivante, leurs trois fils (Jean d'Angoulême qui fut fait prisonnier par les Anglais en 1412, Charles d'Orléans à son tour pris par les Anglais en 1415 et Philippe des Vertus qui mourut en 1420).

 HoteltournellesA l’origine,  Pierre d’Orgemont, chancelier de France, fit construire en 1388 sur le coté nord de la place, une vaste maison avec jardin et entouré d’un mur garni de petites tours, d’où le nom Hôtel des Tournelles ou Maison Royale des Tournelles. C’était à la fois une citadelle, une prison, une maison des champs Cette Maison Royale aura logé plusieurs rois et grands personnages : Louis d’Orléans en 1404, propriété du roi en 1417, Charles VI, le duc de Bedfort, Charles VII, Louis XI, Charles VII, Louis XII jusqu’à sa mort en 1515, la duchesse d’Etampes, François 1er, Cellini et les plus grands artistes italiens, Diane de Poitiers et enfin Henri II qui y mourut en 1559. C’était la plus belle époque de La Maison Royale des Tournelles, la cour y était  brillante, les Guise et les Montmorency se courbaient devant le roi.

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Il n’y avait alors que des fêtes, joutes d’amour et d’esprit jusqu’au malheureux 10 juillet 1559 où Henri II va mourir d’un coup de lance, qui lui crèvera l’œil et endommagera la tête.
Catherine de Médicis, dégoutée par cet endroit, le quitta pour s’installer au Louvre. Elle ordonna aussi la démolition de l’ensemble en 1563.
Cet emplacement servit par la suite à un grand marché aux chevaux, seul moyen de locomotion de l’époque. C’est à cet endroit qu’a eu lieu le célèbre duel des mignons d’Henri III et les partisans du duc de Guise en avril 1578, où tous furent tués ou blessés.

  Nous continuons vers la rue des Jardins St Paul. Elle a la particularité de longer la plus longue portion encore existante de l'enceinte de Philippe Auguste. 

La partie la plus ancienne de la rue des Jardins-Saint-Paul date du XIIIe siècle (mentions dans des contrats de vente de 1277 et 1298). Cette portion a porté le nom de « rue des Jardins », car l'espace devant les fortifications étaient inconstructibles.

La largeur de la rue a été portée d'abord à 8 mètres (décision ministérielle du 13 thermidor an VI) puis à 10 mètres (ordonnance royale du 4 août 1838). La partie entre le quai des Célestins et la rue de l'Ave Maria est percée en 1847, donnant naissance à l'actuelle rue des Jardins-Saint-Paul.

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  La rue longe un terrain de jeux qui la sépare des restes de l'ancienne muraille de Paris construite entre 1190 et 1220 sous le règne de Philippe Auguste. Cette portion de 60 mètres de long pour 7,60 mètres de haut, visible que du côté campagne, est classée parmi les monuments historiques depuis 1889 ; elle a été dégagé en 1946 après la destruction d'un îlot insalubre.

 Le parement intérieur (côté ville) de la base de l'enceinte est encore visible dans le gymnase du collège Charlemagne, qui s'appuie dessus. Cette muraille compte encore deux tours visibles, l'une au milieu du terrain de sport (restaurée et crépie) et l'autre au croisement avec la rue Charlemagne. Cette dernière porte le nom de « tour Montgomery », du nom du capitaine de la garde écossaise d'Henri II et régicide involontaire de ce même roi en 1559, qui y aurait été enfermé après la joute. Cette tour, aujourd'hui réduite à son quart, défendait la porte Saint-Paul de l'enceinte.

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Nous nous dirigeons vers l'Ile St Louis et plus particulierement vers la rue Poulletier

Cette rue a été créée en 1614 sur l'emplacement d'un ancien chenal qui depuis le  XIVe siècle séparait deux îlots - l'« île Notre-Dame » et l'« île aux Vaches  » - dont la réunion permit la formation de l'« île Saint-Louis ». Elle doit son nom à celui d'une famille d'entrepreneurs, les Le Poulletier, qui furent parmi les premiers à réaliser les premiers bâtiments sur l'île Saint-Louis . Elle prît les noms de rue de la Poulletière ou de la Poulleterie, et rue Florentine..

La nuit la seine etait barrée de chaine tendues entre la rive droite (lile St Louis) et la rive gauche ( la tournelle tour de l'enceinte de Philippe Auguste)

Porte st bernardLa porte Saint-Bernard, aujourd'hui disparue, était une des portes de Paris de l'enceinte de Philippe Auguste. Elle se trouvait à l'extrémité orientale du quai de la Tournelle, le long de la Seine, 

La porte Saint-Bernard fut percée à la fin du XVe siècle au sud du château de la Tournelle, juste un peu à l'est de l'extrémité du pont de la Tournelle

La porte fut reconstruite, en 1606, sous le règne d'Henri IV, sous la forme d'un gros pavillon carré, devant les nos 1 et 3 du quai.

Lorsque Louis XIV fit démolir les fortifications, l'architecte Jacques-François Blondel construisit, en 1670, la nouvelle porte Saint-Bernard sur le même modèle que les portes Saint-Denis et Saint-Martin. Elle fut détruite en 1797.

Le château de la Tournelle, aujourd'hui disparu, était situé à Paris en bord de Seine, sur le quai qui lui doit son nom, approximativement à l'emplacement occupé actuellement par le restaurant La Tour d'Argent.

 
 
Historique

La tour Saint-Bernard 800px porte saint bernard adam perelle

L'enceinte de Philippe Auguste, qui entourait Paris au début du XIIIe siècle, était arrêtée en bord de seine par quatre tours, deux en amont et deux en aval, qui verrouillaient les accès par le fleuve en cas d'invasion. À l'ouest, sur la rive droite la tour du coin, attenante au château du Louvre, avec en face, sur l'autre rive, la tour Philippe-Hamelin. À l'est, sur la rive droite la tour Barbeau, avec en face, sur la rive gauche, la tour Saint-Bernard construite en 1185, ainsi nommée à cause de sa proximité avec le Collège des Bernardins.

Sans qu'on en ait retrouvé de trace, un système défensif devait fermer l'île Saint-Louis située entre ces deux tours, avec une tourelle au nord faisant face à la tour Barbeau, au centre la tour Loriaux et au sud une troisième tourelle faisant face à la tour Saint-Bernard. Bien que de dimension considérable, cette tour était également appelée « tournelle des Bernardins ». Selon l'usage de l'époque, une chaîne pouvait être tirée entre les fortifications, de part et d'autre du fleuve, pour interdire le passage des embarcations:

« À chacune de ces tours étoient attachées de grosses chaînes qui traversoient la rivière, & étoient portées sur des bateaux plats, disposés de distance en distance. »3

Sous Charles VII on perça la muraille sur le flanc nord de cette tour pour y installer une porte fortifiée nommée porte Saint-Bernard.

Le château de la Tournelle 800px chateau de la tournelle

La tour Saint-Bernard fut démolie, peut-être sous le règne de Charles VI, et remplacée par le château de la Tournelle, parfois appelé fort de la Tournelle, une petite bastide carrée flanquée de plusieurs tournelles. Tombé en ruine, il fut réparé en 1554 sous le règne d'Henri II. Perdant au fil du temps tout intérêt défensif, le château était sans affectation lorsqu'il fut, à la demande de Vincent de Paul, transformé en dépôt pour les galériens. Du fait de cette destination, le château de la Tournelle était aussi appelé « tour des Galériens ». Ces derniers devaient précédemment attendre à la Conciergerie le départ d'une « chaîne » de galériens pour le port de Marseille qui ne s'effectuait que deux fois par an, le 25 mai et le 10 septembre:

 Galeotes la real

 Galériens enchainés sur leur banc

« Vincent de Paul, aumônier-général des galères, voulant améliorer le sort des condamnés, obtint du roi Louis XIII, en 1632, la permission de loger les galériens dans ce château ; et les prêtres de la congrégation des missions étrangères, fondée par lui-même, furent chargés de l'administration de la nouvelle geôle, sous la surveillance du procureur général du Parlement. »

Les conditions de vie des condamnés y étaient épouvantables. Une des conséquences de la révocation de l'édit de Nantes fut l'envoi aux galères des protestants surpris à exercer leur culte ou tentant d'émigrer. Le témoignage de l'un d'eux, Jean Marteilhe, qui y séjourna en novembre 1712 est édifiant :

« C'est un grand cachot, ou pour mieux dire une spacieuse cave, garnie de grosses poutres de bois de chêne posées à distance les unes des autres d'environ trois pieds. Ces poutres sont épaisses d'à peu près deux pieds et sont rangées et attachées de telle sorte au plancher qu'on les prendrait à première vue pour des bancs, mais qui ont un usage beaucoup plus incommode. Sur ces poutres sont attachées de grosses chaînes de fer, de la longueur d'un pied et demi et au bout de ces chaînes est un collier de même métal. Lors donc que les malheureux galériens arrivent dans ce cachot, on les fait coucher à demi pour que leur tête appuie sur la poutre. Alors on leur met le collier au col, on le ferme et on le rive sur une enclume à grands coups de marteau. Comme ces chaînes à collier sont distantes les unes des autres de deux pieds, et que les poutres en ont pour la plupart une quarantaine de longueur, on y enchaine vingt hommes à la file, et aux autres en proportion de leur grandeur.»

Comme l'écrit Marc Vigié:

« Des soupiraux puissamment défendus délivraient parcimonieusement l'air et la lumière aux condamnés. Sous leur salle, se trouvaient des caves plus basses que le niveau du sol, si bien que les eaux s'y infiltraient en permanence et, lors des crues caves et cachots subissaient des inondations qui obligeaient à évacuer les prisonniers.»

« Le cachot lui-même n'était jamais chauffé et la paille servant de litière était changée deux fois par mois lorsque les arrêts du Parlement étaient respectés. Les exhalaisons des fosses d'aisance, jamais curées, qui empestaient l'atmosphère menaçaient de débordements redoutables, et les fortes chaleurs de l'été rendaient la promiscuité encore plus pénible dans cet espace clos et obscur.»

Suite à la Révolution, les galériens furent transférés en 1790 dans le ci-devant collège des Bernardins voisin. Le 16 juin 1791, sur la proposition de La Rochefoucauld, l'Assemblée nationale confirmait la décision de démolir conjointement le château de la Tournelle et la porte Saint-Bernard (qui était située juste à côté) pour la somme d'un million de francs. Cette démolition fut effective en 1792 et il ne reste plus aujourd'hui aucun vestige de ces constructions.

Dans une deuxième phase de travaux, au début du XIIIe siècle, Philippe Auguste fit édifier des remparts sur la rive gauche. Ce mur mesurait 2,30 mètres d’épaisseur, et comportait six portes. L’enceinte englobait des terres en culture. Cependant, le roi obligea les habitants  à construire à l’intérieur du rempart et indemnisa en conséquence les possesseurs de terres cultivées. La rive gauche étant peu peuplée, le roi prit lui-même en charge le coût financier de cette construction.

Nous nous dirigeons vers le bd St Germain ou nous decouvrons au 7bis de celui ci un immeuble très étroit construit sur l'emplacement du mur d'enceinte de Philippe Auguste

450px bd saint germain 7bis

Ensuite la rue Clovis  ou nous decouvrons d'autre vestige au n°5

800px enceinte philippe auguste rue clovis

 Rue clovis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous continuons vers la rue du Cardinal Lemoine et des fossés St Bernard

R g e 62cardinal lemoine2009Cette rue relie aujourd'hui le  quai de la Tournelle à la place de la Contrescarpe. Mais ce nom a d'abord été donné au seul tronçon situé entre le quai de la Tournelle et la rue des Ecoles. Au-delà, elle portait le nom de rue des Fossés-Saint-Victor, elle-même dans le prolongement de la rue des Fossés-Saint-Bernard.

au 62 de cette rue dans une courette existe encore des vestiges de l'enceinte de philippe Auguste ainsi que qu'au 48-50 un mur de la caserne des pompiers

Paris 75005 enceinte philippe auguste 23 27 rue d arras 48 50 rue du cardinal lemoine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Nous nous dirigeons vers l'emplacement de l'Abbaye Ste Genevieve dont plusieurs bâtiments ont été conservés pour constituer l'actuel lycée Henri-IV.

Au début de notre ère, à Lutèce, la rive nord de la Seine, recouverte de marais et de forêts, était inhabitable. Les habitants s’établirent sur la rive sud (gauche) et, pendant les deux premiers siècles, toute une ville romaine s’étagea sur les pentes d’une colline appelée le mont Lucotecius dérivé du mot Lutèce.

Cette colline était dominée par un grand temple, peut-être dédié à Bacchus, faisant pendant à ceux élevés sur la butte Montmartre en l’honneur de Mercure et de Mars. Il s’agissait d’une importante construction, entourée de vignobles et d’exploitation, dont des vestiges furent retrouvés en 1358 au niveau du 20 rue Soufflot.

En 276, l’invasion des Barbares poussa la population à se réfugier dans l’île de la Cité alors que toute la rive gauche était pillée et détruite

Située à proximité de l'église Saint-Étienne-du-Mont et du Panthéon, ses bâtiments et jardins s'étendaient entre la rue de l'Estrapade, la place du Panthéon et la place Sainte-Geneviève. L’abbaye Sainte-Geneviève était au départ une église construite sur un cimetière paléochrétien sur l’ordre du roi mérovingien Clovis, à la demande de sa femme Clotilde et de Geneviève. Elle était consacrée à Saint Paul et à Saint Pierre et sa construction fut décidée après la victoire de Vouillé sur le puissant royaume des Wisigoths en 507, Clovis confortant par ce geste son alliance avec les catholiques Gallo-romains. La crypte et l’église elle-même devinrent la nécropole royale des premiers mérovingiens, accueillant ainsi les dépouilles de Clovis et de son épouse.

Ste genevieve stetdumont 008

Clovis abbayeSainte Geneviève avait l'habitude d'y venir prier et empruntait pour cela un chemin devenu par la suite : « rue de la Montagne-Sainte-Geneviève » Décédée le 3 janvier 512, fut inhumée dans la chapelle souterraine de cette égliseaux côtés de Clovis et rejointe plus tard par la reine Clotilde. Ravagée par les raids vikings en 857, elle ne fut reconstruite sur les mêmes fondements qu'au début du XIIe siècle par Étienne de Tournai, elle appartenait alors à l'ordre de Cluny. C'est probablement vers ce temps-là qu'on y établit des chanoines séculiers. Louis VII, dit le Jeune, à l’occasion d'un tumulte survenu dans la maison lors du séjour du pape Eugène III, qui vint se réfugier à Paris en 1147, leur substitua des chanoines réguliers tirés de l’abbaye de Saint Victor. Eudes, qui avait été prieur de Saint Victor, fut le premier abbé de la réforme ; douze religieux l’accompagnèrent et remplacèrent les anciens. S. Guillaume, depuis abbé en Danemark, fut le seul des anciens chanoines qui embrassa cette réforme. Depuis cette époque, la règle de S. Augustin s'est conservée dans cette maison, devenue le chef-lieu d'une congrégation, qui a pour chef un abbé. [...] Cette abbaye a été exemptée de la juridiction des évêques et soumise immédiatement au S. Siège par le pape Alexandre III en 1165 ; et par une distinction particulière, nos rois se sont réservés la connaissance de toutes les affaires de cette abbaye, qu'ils se font engagés de ne point donner en commande. Les abbés ont la prérogative d'être juges et conservateurs des privilèges apostoliques, et l'une des deux dignités de chancelier de l'Université est toujours affectée à l'un des chanoines de cette abbaye. L'ancienne église, telle qu'on la voit à présent, paraît avoir été bâtie ou du moins réparée vers le treizième ou quatorzième siècle. [...]Sainte Geneviève y fut à son tour ensevelie, et la présence de ses reliques, exposées dans une châsse d’or, développa un pèlerinage qui attirait des foules de plus en plus nombreuses. Abbaye de sainte genevieve

Plusieurs conciles y furent tenus aux VIe et VIIe siècles, notamment celui de 577 contre Prétextat évêque de Rouen. Lors du procès des Templiers, une commission pontificale siège dans l'abbaye du 8 août 1309 au 5 juin 1311 : plus de 589 templiers vont venir y défendre leur ordre.

Lors de grand désordres, des processions avaient lieu en sortant la châsse de Sainte Geneviève qui parcourait alors des rues de Paris, cette châsse fut fondue à La Monnaie de Paris en 1793 et les ossements de la sainte, brûlés. La châsse faisait partie d'une œuvre de Germain Pilon pour la statuaire et de l'orfèvre Bonard qui en 1242 pesait 193 marcs d'argent et sept marcs et demi d'or.

Cette ancienne église abbatiale tomba en ruines au fil des siècles et ce qui restait fut démoli en 1807 pour percer la rue Clovis. De l'église initiale, il ne subsiste plus que le clocher connu actuellement sous le nom de « tour Clovis » située dans l'enceinte du lycée Henri-IV, lui-même constitué par les anciens bâtiments conventuels de l'abbaye, datant des XIIIe et XVIIe siècles.
Le 24 juin 1667 le cercueil en cuivre de Descartes y fut déposé sous un monument de marbre.

Comme siège de la Congrégation de France (ou « association ») des abbayes augustiniennes dites des Génovéfains, l'abbaye eut une grande influence en Europe à partir du XVIIe siècle. La fédération des abbayes augustiniennes initiée par le cardinal de la Rochefoucauld, abbé commendataire de l'abbaye, avait pour but d'introduire dans les abbayes augustiniennes les réformes demandées par le concile de Trente.

Avant la Révolution française, un projet de reconstruction avait été commencé : une nouvelle abbatiale monumentale fut construite sur une crypte. Cette église, due à l'architecte Jacques-Germain Soufflot, est aujourd'hui connue sous le nom de Panthéon de Paris.

Parmi les richesses de l'abbaye, une importante bibliothèque qui est devenue la bibliothèque Sainte-Geneviève. L'astronome Pingré en fut le bibliothécaire.

En 1723, Marin Marais écrivit la Sonnerie de Sainte Geneviève du Mont-de-Paris, une pièce de La Gamme et autres morceaux de symphonie pour le violon, la viole et le clavecin.

D'une église du XIe siècle, il ne subsiste que la base du clocher, l'actuelle Tour Clovis, intégrée au lycée Henri-IV. L'église, remaniée au XIIe siècle et au XIIIe siècle, est dotée d'une façade dont le portail est orné de statues. Celle de sainte Geneviève, conservée au musée du Louvre, était entourée de saint Pierre et saint Paul.

 Le culte de Sainte Geneviève était très populaire, la châsse étant promenée dans les rue de Paris pour guérir un roi malade ou améliorer les conditions météorologiques. Ce culte trouve son origine dans le rôle que joua la sainte lors du siège de Paris par les Huns d’Attila en 451. D’origine franque, comme son nom l’indique, elle avait vingt-huit ans quand les Huns encerclèrent la ville. Elle était déjà connue pour sa vie d’ascète. Appartenant à une famille influente, elle avait assez d’ascendant pour demander aux habitants de ne pas livrer la cité aux pillards. Ces derniers, habiles à développer leur légende noire, effrayer leurs futures victimes et les inciter à se rendre, furent surpris par l’acte de résistance et levèrent le siège. Sainte Geneviève s’opposa aux Francs païens de Chilpéric Ier en 461 mais devint une partisane de Clovis qui, par habileté politique, se convertit au catholicisme, la religion de la majorité des Gallo-romains, alors que les autres barbares, bien plus romanisés que les Francs, restaient fidèles au christianisme arien. Elle mourut, âgée de  quatre-vingt-neuf ans, en 512.

Clocher abbaye ste genevievre

Nous retrouvons aujourd'hui la châsse est honorée dans l 'eglise St Etienne du Mont près du Pantheon

440px chasse ste genevieveLe tombeau de sainte Geneviève fut placé au départ auprès de celui de Clovis  dans la crypte de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul, construite par le roi des Francs. La châsse fut évacuée sur Draveil lors de la première invasion des Normands. Elle y resta jusqu’en 853. Lors d’une nouvelle tentative des Normands pour prendre Paris, les habitants de la Cité allèrent chercher la châsse et les moines allèrent la porter aux points où le combat était le plus difficile. Cette action revigora le courage des combattants, et Paris ne fut pas pris.

Le 8 novembre 1793, la châsse de la sainte fut transportée à la Monnaie, et le Conseil Général de Paris, décida de brûler la nuit même, en place de Greve, le reliquaire ainsi que les reliques de la sainte qui s’y trouvaient.

La nouvelle châsse contient quelques reliques (un avant-bras et quelques phalanges) qui avaient été envoyées dans d’autres sanctuaires avant la Révolution et qui ont ainsi pu être préservées des destructions

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Nous nous dirigeons vers la place de la contrescarpe

Place de la contrescarpe

Pour nous diriger vers la rue de l'estrapade

Cette rue, que l'on a aussi connue sous le nom de rue de la Vieille-Estrapade, commence à la rue Blainville et à la rue de Tournefort finit à la rue des Fossés-Saint-Jacques (place de l'Estrapade).

StrappadoBâtie sur l'emplacement du mur d'enceinte de Philippe-Auguste, elle prit d'abord le nom de rue des Fossés-Saint-Marcel. On la désigna ensuite sous le nom de rue de l'Estrapade, en raison du supplice barbare de l'estrapade qu'on y infligeait autrefois aux soldats. Ce supplice consistait à lier les mains du condamné derrière le dos et à l'élever à une certaine hauteur d'où on le laissait tomber violemment près de la terre; cette secousse lui disloquait les bras jusqu'à son interdiction par Louis XIII. Cette peine fut notamment appliquée à de très nombreux protestants durant leur persécution.

La place de l'Estrapade  située à la jonction de la rue de l'Estrapade avec les rue Lhomond et rue des Fossés-Saint-Jacques marquant la limite du quartier du Val-de-Grâce et de la Sorbonne.

pour la question ordinaire, l’accusé étant mis à moitié nu, on lui liait avec force les deux mains derrière le dos, après avoir assujetti entre elles une clef de fer ; ensuite, au moyen d’une corde fixée à cette clef, on suspendait à une certaine hauteur le misérable, qui portait à son pied droit un poids de 180 livres. Pour la question extraordinaire, qui prenait alors le nom d’estrapade, on élevait, avec un treuil, jusqu’au plafond de la salle, le patient, dont les pieds étaient chargés d’un poids de 250 livres, pour le laisser brusquement retomber plusieurs fois de suite presque au niveau du sol, ce qui ne manquait jamais de lui disloquer bras et jambes

  Estrapade

 

 Ensuite rue des Fossés St jacques

La rue des Fossés-Saint-Jacques est une voie séparant le quartier du Val-de-Grâce du quartier de la Sorbonne dans le 5e arrondissement de Paris.

Ouverte au milieu du  XVIIe siècle, elle doit son nom aux fossés de la ville, sur l'emplacement desquels elle a été ouverte ; voisinage de l'ancienne porte Saint-Jacques de l'enceinte de Philippe-Auguste.

Sites particuliers

Les no 16 et 18 accueillent deux façades de commerces, une boulangerie et une boucherie, classées aux Monuments historiques. ( possibilité de voir sur le net mais aucun interêt sur le site)

C'est au no 21 que furent imprimés les Cahiers de la Quinzaine de Charles Péguy.

Fosses st jacques rue des 19 peguy cahiers de la quinzaine panneau 01 max

 

 

 

Librairie peguy

 

 

Cette rue, a fait l'objet d'une chanson de Georges Moustaki intitulée Rue des fossés-Saint-Jacques dans l'album Le Métèque. Elle est liée également à la présence du célèbre cabaret Au Port-Salut, situé à l'angle avec la rue Saint-Jacques, où se produisirent la plupart des grands noms de la chanson française d'après-guerre.

La rue Saint-Jacques est probablement la rue la plus ancienne de Paris, son tracé est inchangé depuis au moins le Ier siècle avant J.-C. Ancienne piste gauloise, elle devient le principal axe nord-sud gallo-romain sous le nom de Via Superior. Large de neuf mètres et solidement pavée, c'est la route de Genabum (Orléans) depuis la rue des Feuillantines jusqu'au boulevard de Port-Royal. Son tracé correspond à la partie Sud du  Cardo de l'ancienne Lutèce,c'est à dire l’axe nord-sud dans le schéma d'urbanisme des villes romaines.La ville romaine dont le centre se situait dans l'actuel quartier latin (Luxembourg, Panthéon). Elle commence au 79, rue Galande et se termine au 84, boulevard de Port-Royal.

Des nos 1 bis et 2 bis à 161 et 184, elle traverse le quartier de la Sorbonne, et des nos 163 et 186 à 307 et 350, celui du Val-de-Grâce.
Son nom fait référence à l'ancien hôpital offert aux Dominicains par Jean Barastre, doyen de Saint-Quentin : la chapelle de cet hôpital était dédiée à saint Jacques.

Porte st jacques

 Une plaque est apposée au n°172, au croisement actuel des rues Saint-Jacques et Soufflot, indiquant l'emplacement de la porte Saint Jacques, qui faisait partie de l'enceinte de Philippe Auguste.

450px plaque porte saint jacques

 

 

 

 

 

Cette porte était au 13 ème et 14 ème siècles,  l'une des quatre principales portes de Paris. Appelée aussi porte Notre-Dame-des-Champs car on l'empruntait pour se rendre à ce monastère, elle vit passer le 13 avril 1436 les troupes de Charles VII entrant dans Paris libéré des Anglais. La porte fut abattue en 1684.

 

 

 

 

 

 

Histoire de Notre dame des Champs

Sur le territoire actuel de la paroisse était édifié un temple pour le culte du dieu Mercure. Après la prédication des premiers apôtres de la région parisienne, le temple fut dédié à la Vierge marie, et prit le nom de Notre-Dame des Vignes.

Le roi Robert "Le pieux" (996-1031) fit alors rebâtir N-D des Vignes pour honorer le lieu où Saint Denys aurait célébré les saints mystères.

À la même époque, les bénédictins de l’abbaye de Noirmoutier transformèrent peu après l’église en prieuré ; ils arrachèrent les vignes environnantes et renommèrent l’église « Notre-Dame-des-Champs ». Ce sanctuaire, dont il subsiste une crypte dans les sous-sols de l’immeuble du no 25 de l’actuelle rue Henri-Barbusse, devint un lieu de pèlerinage auquel on se rendait par la rue Notre-Dame-des-Champs qui contournait l’enclos des chartreux par le sud.

En 1603, les Bénédictines cédèrent Notre-Dame des Champs aux Carmélites venant d’Espagne. Leur monastère fut un des lieux les plus célèbres du siècle de Louis XIV.

La Révolution fit fermer le couvent, l’église fut détruite, et il n’en resta que le souvenir, perpétué par la rue Notre-Dame-des-Champs.

En 1858 fut créé la paroisse Notre-Dame des Champs, avec comme lieu de culte une chapelle en bois.

L’architecture de l’église actuelle est d’inspiration romane. Sa construction fut confiée à Léon Ginain. La première pierre fut posée le 17 mars 1867 et, huit ans plus tard, le 31 octobre 1876, l’église reçut sa bénédiction. Le 25 mars 1912, consécration par le Cardinal Amette, Archevêque de Paris.

   Historique

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  Elle se trouve dans le prolongement de la rue du Petit-Pont et se poursuit vers le sud par la rue du Faubourg-Saint-Jacques. Au Moyen Âge, c'était la principale artère qui reliait Paris à Étampes et Orléans. Elle était empruntée par les nombreux pèlerins qui se rendaient à Saint-Jacques-de-Compostelle, depuis l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, dont l'actuelle tour Saint-Jacques est le dernier vestige, par les rues Saint-Jacques, du Faubourg-Saint-Jacques et de la Tombe-Issoire.

 

 Histoire de l'eglise st jacques du haut bas

 Le terrain sur lequel est bâtie l'église appartient depuis 1180 à des frères hospitaliers de Saint-Jacques d'Altopascio en Toscane près de Lucques. L'hôpital qu'ils ont fait construire hébergent les pauvres, soignent les malades. La chapelle accueille les pélerins. près de Lucques (Italie). L'origine du nom de l'église: du-Haut-Pas provient du nom du village d'Altopascio. Malgré la suppression de leur ordre, par le pape Pie II en 1459, certains frères décident de rester sur place. Il n'y a alors alentour que des champs et des prairies et quelques maisons basses de paysans, ainsi que des établissements religieux.

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 Catherine de Médicis décide en 1572 d'installer sur place les bénédictins expulsés de leur abbaye Saint-Magloire (située à l'emplacement du 82, rue Saint-Denis). Les reliques de saint Magloire et de ses disciples sont alors transférés dans l'hôpital qui devient un couvent. Saint Magloire, plus connu sous le nom de saint Magloire de Dol, est un religieux gallois, devenu évêque de Dol-de-Bretagne en Bretagne, et qui finit sa vie dans l'île de Sercq où il meurt. Ses reliques ont été transportées par Hugues Capet à Paris en 923 lorsque les Normands ont attaqué la Bretagne. Les reliques seront enterrées secrètement sous la révolution, et ne seront retrouvées qu'en 1835, lors de la pose d'un nouveau maître-autel.

 En 1620, le séminaire des Oratoriens du Père de Bérulle, premier séminaire de France, remplace les Bénédictins. Il sera connu sous le nom de séminaire Saint-Magloire. Jean de La Fontaine y séjournera comme novice.

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 Histoire de l'eglise st jacques de la Boucherie

 St jacques de la boucherieL’origine de cette église dont il ne reste aujourd’hui que la tour est difficile à dater. La première mention de cette église et de sa paroisse date de décembre 1119, dans une bulle papale de Calixte II. Cependant, au XIXe siècle, lorsqu’on a nivelé le sol pour prolonger la rue de Rivoli, on a découvert trois niveaux de construction sur l’emplacement de l’église détruite sous la Révolution. Quelques fragments ont alors permis d’avancer l’hypothèse d’une chapelle au Xe siècle, sur laquelle aurait été édifiée, à la fin du XIe siècle ou au début du XIIe, une église qui subit des remaniements au XIVe siècle et ne fut vraiment achevée qu’au XVIe siècle. L’église fut consacrée le 24 mars 1414 par l’évêque de Paris. C’est en 1508, selon l’abbé Villain, qu’on lui accola un clocher de style gothique flamboyant, qui fut achevé en 1522. Ce clocher subsiste sous le nom de tour Saint-Jacques. Cette tour, dont le nom de l’architecte est inconnu, aurait été financée avec l’argent confisqué aux Juifs

Comme le dit l’abbé Villain, le nom de Saint-Jacques de la Boucherie tenait son nom ajouté sous le règne de Saint-Louis- de la corporation des bouchers, écorcheurs de bêtes et tanneurs, installés près du Grand Châtelet. Ce surnom permit en outre par la suite de la distinguer de deux autres églises parisiennes de construction plus tardive mais dédiées au même apôtre.

Comme beaucoup d’autres, l'église de Saint- Jacques jouissait du droit d'asile, ce qui signifiait que la justice royale ne pouvait y poursuivre ceux qu’elle avait condamnés. Une chambre fut d’ailleurs aménagée dans l’église en 1405 pour accueillir ceux qui venaient bénéficier de ce droit d’asile, lequel fut toutefois violé à plusieurs reprises, témoignant ainsi de la rivalité qui opposait le roi à l’Église. En 1358, le meurtrier de Jean Baillet, Trésorier de France, s'était réfugié dans l’église pour bénéficier de sa protection mais le Dauphin  le futur Charles VI vint le faire enlever et le pendit.

En réponse à cette violation, l'évêque de Paris, Jean de Meulan, envoya ses gens détacher le corps du meurtrier, et ordonna qu’on lui fît de splendides funérailles dans l’église même dont le pouvoir royal avait violé les lois, funérailles auxquelles l’évêque lui-même assista. En 1406, parce qu’un autre criminel avait été recherché au sein de l’église, l'évêque fit cette fois suspendre le service religieux et attendit, pour reprendre les cérémonies religieuses, que le parlement condamnât cette violation. Le droit d’asile fut retiré à l’église par Louis XII

« L’ancienne église avait son chevet en saillie sur la rue des Arcis (rue Saint-Martin) et son grand portail était parallèle à la partie du boulevard de Sébastopol qui borde la Chambre des Notaires. La tour était à l’extrême droite de ce portail. A son angle nord-ouest, une petite tourelle contenait un escalier à vis de trois cents marches qui permettait d’accéder au sommet où s’élevaient une statue colossale de saint Jacques le Majeur, de quatre mètres de haut, et des effigies du bœuf de saint Luc, de l’aigle de saint Jean et du lion de saint Marc. ».

 Le premier clocher de l’église, attenant au côté nord de celle-ci, , était bordé de logettes pour écrivains, d’où le nom de « rue des Ecrivains » donné à une artère qui le longeait (la rue de Rivoli est sur son emplacement). Le portail latéral de l’église, situé du même côté, avait été construit aux frais de Nicolas Flamel qui fut le plus célèbre et le plus populaire des bienfaiteurs de cette église.

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 La rue a changé de très nombreuses fois de dénomination. Au XIIe siècle, elle s'appelait : Grant-Rue-Oultre-Petit-Pont, Grand'rue du Petit-Pont ; au  XIIIe siècle, elle prit selon les tronçons les noms suivants : Grand'rue Saint-Jacques-des-Prêcheurs, Grand'rue Saint-Étienne-des-Grès, Grand'rue Saint-Benoît-le-Beslournet, Grand'rue près du chevet de l'église Saint-Severin, Grand'rue outre Petit-Pont, Grand'rue vers Saint-Mathelin, Grand'rue Saint-Benoît, enfin Grand'rue Saint-Jacques, en raison de la chapelle Saint-Jacques, où s'établirent en 1218 les religieux dominicains, frères Prêcheurs, dits depuis Jacobins. Le nom de rue Saint-Jacques lui est attribué depuis 1806 jusqu'à la rue de la Bourbe.

Le 4 septembre 1557, la rue Saint-Jacques est le théâtre d'un fait divers sanglant, prélude aux guerres de religion.

Du  XVIe au XVIIIe siècles s'y concentrent les premiers imprimeurs en France puis les libraires-imprimeurs comme le Soleil d’Or et les Trois Cigognes.

La rue, étroite dans sa dernière partie, perdit beaucoup de son importance après le percement du boulevard Saint-Michel, par le préfet Haussmann sous Napoléon III. Ce nouveau boulevard, parallèle à la rue Saint-Jacques, beaucoup plus large n'est situé que deux cents mètres à l'ouest.

Je cite ici un texte très intéressant de Gérard Muteaud :

"Dès le Moyen Age, les pèlerins qui partaient sur la route rejoindre Saint-Jacques-de-Compostelle empruntaient un axe nord-sud utilisé depuis l'Antiquité. La configuration des voies du 5ème arrondissement était à l'origine adaptée au relief de la montagne Sainte-Geneviève, et la rue Saint- Jacques en constituait l'axe principal.

 Au 12 ème siècle, la rue s'appelait Grand-Rue-du-Petit-Pont puis au 13 ème  siècle, Grand-Rue-Saint-Jacques-des-Prêcheurs, avant que le seul nom de Saint- Jacques ne s'impose après l'édification de la chapelle Saint-Jacques où les religieux dominicains (dits Frères prêcheurs puis Jacobins) s'établissent dès 1218. L'appellation finit par s'étendre à l'ensemble de l'artère, jusqu'à la rue de la Bourbe (actuellement boulevard de Port-Royal), en 1806.

 Cette référence au plus célèbre pèlerinage de l'Occident chrétien conféra à la rue Saint- Jacques une aura toute particulière qui attira de nombreuses congrégations. Les oratoriens y fondèrent en 1611 l'un des premiers séminaires de Paris, où Jean de La Fontaine, dans sa jeunesse, fit un court séjour. Les Bénédictins anglais trouvèrent refuge au numéro 269, dans la première moitié du 17 ème  siècle, fuyant les persécutions des protestants. Les Capucins s'établirent aussi le long de cette rue. A partir du 17 ème siècle, ils sont rejoints par plusieurs couvents de femmes : les visitandines ; les bénédictines de Port-Royal ; les religieuses du carmel de l'Incarnation de Jésus. 

 Certains noms de communautés ont été conservés dans la nomenclature des rues voisines : ainsi la rue des Ursulines et la rue des Feuillantines. 

Jusqu'en 1684, il existait cette porte Saint- Jacques (appelée aussi porte Notre-Dame-des-Champs), située entre la rue Soufflot et la rue des Fossés-Saint- Jacques. Elle faisait partie de l'enceinte de Philippe Auguste. L'édifice fut abattu en 1684.

Outre la longue suite de couvents et autres établissements religieux où se retiraient bigots, courtisans en rupture de cour et dames de haute naissance venus y expier leurs péchés de jeunesse, la voie romaine de Saint- Jacques (en particulier dans la partie actuelle de la rue du Faubourg-Saint-Jacques, dans le 14 ème arrondissement) était jusqu'au milieu du 17 ème siècle un lieu d'extraction de pierres à bâtir. 

 Plusieurs dizaines de puits étaient alors en activité, signalés par de grandes roues en bois qui permettaient, grâce à la démultiplication, de remonter des charges d'une tonne. Elles étaient actionnées par un ou deux hommes, à la manière des écureuils dans leur cage à roue. 

 Les carrières donnèrent naissance à d'immenses souterrains convertis en catacombes à la fin du 18 ème et au début du 19 ème  siècle. 

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 Le quartier était majoritairement habité par une population de carriers et de plâtriers de modeste condition. Ces corps de métier se devaient d'honorer, parmi les saints, un protecteur, dans l'une des nombreuses chapelles de l'église de Saint-Jacques-du-Haut-Pas : les maîtres carriers s'en remettaient à saint Roch et à leur patron saint Jean... La rue Saint- Jacques était pavée de bonnes intentions, et la traversée de Paris s'apparentait alors à un chemin de croix."

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 L'exploitation des carrières par piliers tournés pressentait un inconvénient majeur, l'obligation de perdre une partie assez importante du calcaire dans les piliers de soutien (taillés dans la masse). La technique dite d'exploitation par hague et bourrage supprimait cet inconvénient. On extrayait toute la roche sans laisser de piliers et pour soutenir le ciel de la carrière, les carriers comblaient la cavité au fur et à mesure avec les bancs médiocres et les déchets de taille, ce sont les bourrages. Pour faire tenir ces remblais ils montaient en même temps des murets de pierre sèche nommés hagues. Pour bien caler le ciel ils montaient également des piliers de gros blocs empilés à bras d'homme, les piliers à bras. Il n'était plus nécessaire avec cette technique de garder de grandes hauteurs d'exploitation, les ateliers des carriers atteignirent 1m80 et bien souvent moins. Toutes ces carrières étaient accessibles à l'aide de puits équipés de treuils de carrière à grande roue. Cette technique d'exploitation fut utilisée du XIVe siècle jusqu'en 1860. Cette grande roue permettait à un homme seul de 80Kg de remonter un bloc de plusieurs tonnes par le puits d'extraction cependant l'homme actionnant la roue devait parcourir l'équivalent de 250m d'échelons pour faire remonter un bloc sur 18m. Ce travail était harassant

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Ainsi se termine notre petit periple, nous nous arretons a la terrasse d'un café pour nous rafraichir avant de reprendre le RER au Luxembourg

Un petit bilan du regne de Charles V

La plupart des anglais sont chassés du royaume de France

L'armée est réorganisée, les forteresses sont remises en état.

 Des compagnies d'archers sont créées, l'artillerie est renforcée

 La flotte est agrandie, elle compte en 1377, 35 grands navires

 La perception des impôts est rendue efficace, sans pression fiscale excessive.

 L'unité française est reconstituée

 La stabilité monétaire dure plus de 15 ans, avec la création du franc d'or en 1360 par jean II le bon. Cette monnaie stable, permettra aux prêteurs (Lombards et Juifs) d'avoir confiance.

 Le commerce redevient prospère

Des débuts difficiles

Le futur roi est né à Vincennes le 21 janvier 1338. Il assume la régence du royaume dès 1356, à 18 ans, après que son père eut été capturé à Poitiers par les Anglais.

C'est dans cette conjoncture dramatique qu'il doit faire front à une alliance des seigneurs féodaux et des bourgeois de Paris, sans parler des paysans qui se lancent dans de violentes Jacqueries...

Le  Dauphin (titre donné pour la première fois à l'héritier du trône) se sort finalement de tous ces mauvais pas et signe même à Brétigny, près de Chartres, des préliminaires de paix avec les Anglais.

Il ceint la couronne le 8 avril 1364, après la mort de son père en prison, puis est sacré à Reims le 19 mai 1364, ainsi que sa femme, Jeanne de Bourbon. Trois jours plus tôt, son principal rival, le roi de Navarre Charles le Mauvais, a été battu à  Cocherel par Bertrand Du Guesclin.

Handicapé d'un bras et peu adepte de la guerre, Charles V n'en gère pas moins le royaume avec une énergie et une intelligence qui lui vaudront le qualificatif très mérité de Sage.

Un administrateur hors pair

Poursuivant la modernisation de l'administration inaugurée par Philippe IV le bel, Charles V s'entoure de conseillers compétents comme les chanceliers Jean et Guillaume de Domans, le maître de requêtes Raoul de Presles ou encore le théologien et économiste Nicolas Oresme.

En décembre 1369, le roi rationalise les finances en distinguant :
- les ressources ordinaires, autrement dit les revenus du domaine royal, qui procuraient jusque là l'essentiel des revenus de la couronne,
- les ressources extraordinaires, autrement dit le produit des impôts, levés à titre exceptionnel après accord des états généraux.

Confronté à des besoins administratifs croissants, le gouvernement va devoir faire appel de plus en plus à des impôts réguliers. Parmi eux les «fouages» ou impôts directs sur les foyers (ou feux), autrement dit les ménages, les «aides» sur les boissons et la «gabelle» sur le sel, un produit ô combien indispensable à chacun.

La France libérée

Dès son avènement, le roi neutralise les grands féodaux avec le concours du capitaine breton Bertrand Du Guesclin.

Après quoi, il reprend le combat contre les Anglais avec l'objectif de les chasser des provinces de l'ouest et du sud qui leur ont été abandonnées à Brétigny.

Les Anglais multiplient à partir de Bordeaux des chevauchées, en fait des opérations de rapines. Mais celles-ci échouent face à la résistance des chefs militaires français, le duc d'Anjou et Bertrand Du Guesclin, connétable de France depuis le 2 octobre 1370.

Les Français reprennent La Rochelle le 8 septembre 1372 et, dans les années suivantes, reconquièrent le Rouergue, le Quercy, le Poitou et la Saintonge.

Les Anglais ne possèdent bientôt plus sur le continent que Calais et la Guyenne. Pour comble de malheur, l'illustre roi Édouard III, à l'origine de la guerre de Cent Ans, meurt le 21 juin 1377 après un règne de 50 ans. Il est précédé dans la tombe par son fils, le prestigieux Prince Noir.

  Arts et architecture

 Durant le règne de Charles V, le soutien des arts et de l'architecture tient une large place. Il s'agit d'un moyen de figurer la restauration de l'autorité royale La construction d'un puissant et très haut donjon, au château de Vincennes, où il crée une cité administrative, symbolise l'autorité royale. À l'instar de ses prédécesseurs, il fait ériger au Château de Vincennes une Sainte Chapelle qui reçoit une épine de la couronne du Christ. Cela est prestigieux à double titre : c'est un clair rappel au règne de saint Louis qui est la référence de l'époque et cela matérialise la proximité entre la puissance divine et la couronne de France. Les constructions royales sont pratiquement toutes réalisées à Paris et dans ses environs : la capitale matérialise l'unification du royaume par la couronne. Il cherche d'ailleurs à obtenir que la capitale devienne un archevêché (et non plus un évêché dépendant de l'archevêque de Sens), mais Grégoire XI se méfie du risque de voir l'église gallicane prendre plus d'autonomie et refuse. L'image du roi est partout : on trouve des statues du souverain au Louvre, au Châtelet, sur le portail des célestins, à la Bastille, ce qui constitue à l'époque une nouveauté.

 Les grands travaux ont un rôle utilitaire : l'extension des fortifications parisiennes ou la mise en service du premier égout de Paris rue Montmartre par Hugues Aubriot, en 1370, font partie des aménagements rendus nécessaires par l'accroissement rapide de la population parisienne. La construction de fortifications matérialise l'action du roi contre les exactions des Grandes Compagnies ou les raids anglais, comme les égouts matérialisent son action contre l'insalubrité qui est grande partie responsable de la propagation d'épidémies récurrentes. Cela valide dans l'opinion la bonne utilisation des ressources que procure l'instauration d'un impôt permanent. Christine de Pisan note que ces investissements massifs font partie d'une politique de grands travaux destinée à relancer l'économie. En effet, Charles V, qui a pu constater la menace que peut constituer les hommes désœuvrés qui se regroupent en place de grève, leur donne ainsi du travail. Leurs salaires sont dépensés, et créent ainsi de l'activité.

 Places fortes et fortifications

 Sa régence et son début de règne étant marqués par les désordres dus aux Grandes Compagnies et par la menace de chevauchées anglaises, il fait améliorer les fortifications des villes qui pourraient être attaquées et raser celles qui pourraient être prises pour éviter qu'elles ne soient utilisées par les compagnies.

  En 1356, Étienne Marcel fait construire de nouveaux remparts autour des quartiers situés au nord de la Seine ; cependant cet imposant travail s'arrête avec sa mort en 1358. Charles V, fidèle à sa stratégie de la terre déserte, veut améliorer les fortifications de la ville et continue l'œuvre du prévôt. Sur la rive gauche, pour protéger Paris des Anglais, il fait couronner de créneaux l'enceinte dite « de Philippe Auguste ». Sur la rive droite, il fait construire un nouveau rempart, dit « de Charles V », dont la construction s'achèvera en 1383. Les fortifications rive droite ont un tracé long de 5 kilomètres et un rempart de maçonnerie aurait été hors de prix et vulnérable à l'artillerie qui vient d'apparaître sur les champs de bataille, et remet en cause l'architecture militaire médiévale Une solution ingénieuse est développée : le réseau de fortifications est constitué de d'un ou deux fossés, puis d'un premier remblai de terre, puis un gros fossé de 12 m de large sur 4 de profondeur rempli d'eau, et enfin d'un gros remblai de terre de 25 m de large surmonté d'un petit mur. L'ensemble des fortifications fait 90 mètres de profondeur, ce qui est supérieur à la portée des machines de guerre et des bombardes de l'époque ; et les remblais sont capables d'encaisser les tirs de l'artillerie. De la même manière, les talus et le fossé inondé rendent ces fortifications très peu vulnérables aux sapeurs

 Profondément marqué par les révoltes parisiennes de 1358, il fait ériger la Bastille sur ses fonds propres. Cette forteresse a deux fonctions : elle prévient toute invasion par la porte Saint-Antoine, protégeant aussi l'hôtel Saint-Pol, lieu de séjour préféré de la famille royale ; et, en cas d'insurrection dans la capitale, elle couvre la route qui mène au château de Vincennes qui lui sert de résidence hors de Paris et est sur la route du Dauphiné, fief de Charles V en terre d'Empire. Le nouveau prévôt de Paris, Hugues Aubriot (auquel on doit également l'édification du Petit Châtelet, du pont au Change et du pont Saint-Michel), est chargé d'en diriger la construction, et la pose de la première pierre intervient le 22 avril 1370. Les travaux, considérables, vont durer douze ans. Aubriot fera les frais de sa diligence à exécuter les ordres du roi. Accusé d'impiété pour avoir rendu des enfants juifs à leurs familles, il est emprisonné à la Bastille en 1381, alors que la construction n'est pas encore terminée. Quant à Charles V, il est mort l'année précédente sans avoir pu en contempler l'achèvement.

 Il aménage tous ses logis de manière à pouvoir les quitter facilement en cas de menace. Ainsi l'hôtel Saint-Pol jouxte les jardins du couvent des Célestins et il entretient d'excellents rapports avec les moines qui y vivent, ce qui lui garantit une sortie de secours discrète. De la même manière, il fait aménager un pont-levis au Louvre, ce qui permet de pouvoir fuir précipitamment, le cas échéant

 Résidences royales

 Il fait faire des travaux de rénovations dans les diverses résidences royales de Saint-Ouen, Creil, Melun, Montargis et Saint-Germain-en-Laye. En 1361, il fait construire l'hôtel Saint-Pol, et fait ériger le manoir de Beauté en bord de Marne.

 La librairie du roi

  Charles est un patron des arts : il reconstruit le Louvre en 1367 et y fonde la première Librairie royale, qui deviendra quelques siècles plus tard la Bibliothèque nationale de France. Charles V fait aménager dans la Tour de la Fauconnerie des pièces où il transfère une partie de ses livres (à l'époque 965 notices), et il confie cette bibliothèque à Gilles de Malet (1368). La légende veut que Charles V les ait tous lus, ce qui ne serait pas étonnant, son surnom de Sage incluant sa grande culture et ses connaissances variées, un fait exceptionnel pour son époque. Parmi les manuscrits mentionnés dans les inventaires après-décès, se trouvent la Bible historiale de Jean de Vaudetar, le Psautier d'Ingeburge, Bréviaire de Belleville, le Bréviaire dit de Charles V, le Bréviaire de Jeanne d'Évreux, les Heures de Savoie, la Vie de saint Denis, les Grandes Chroniques de France de Charles V.

 Il entreprend une politique de vulgarisation et fait traduire en français de nombreux ouvrages scientifiques et techniques, des traités d’astrologie et d’histoire, des textes d’Aristote accompagnés des commentaires explicatifs de leur traducteur Nicolas Oresme, le Policraticus de Jean de Salisbury, le Livre des propriétés des choses de Barthélémy l'Anglais (traduit par Jean Corbechon), ou encore des œuvres religieuses comme La Cité de Dieu, de saint Augustin traduite en 1370 par le juriste Raoul de Presles, qui y ajoute ses propres commentaires et ceux de ses prédécesseurs.

 Les textes latins sont traduits en français et des prêts sont accordés pour les copier. Disposée sur trois étages, la Librairie royale répond à un projet politique : elle doit former une élite administrative. Elle compte jusqu’à un millier de manuscrits.

Quand Charles V meurt à son tour le 16 septembre 1380, quelques semaines après Du Guesclin (30 juillet 1380), il laisse à son fils et héritier un royaume prospère et solide.

Parmi les grands rois qui ont contribués à la grandeur de la France et plus particulierement Paris on peut citer:

 

Philippe Auguste

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Louis IX  (St Louis)

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Philippe le Bel

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Charles V

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Louis XI

 

Henri IV

 

Louis XIII

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Louis IV

 

Napoleon I

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Napoleon III

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Le Paris sous Charles V 1ere partie

Aujourd'hui 15-2-14 Robert nous emmenes sur les traces de Charles V

28 inscrits, 2 desistements et comme toujours 1 personne ne vient pas et surtout ne previent pas ( n'oubliez pas qu'il faut reserver pour le restaurant et que par politesse pour l'animateur il est indispensable de prevenir)

Petit rappel de Paris tel qu'il se presente au XIVème siècle avec l'enceinte de Philippe Auguste contruite avant son départ pour les croisades avec ses 6 portes sur la rive droite et ses six potes sur la rive gauche

Les points noirs representent les vestiges encore présents

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Rive droite

  • Rue des Jardins St Paul
  • Rue des Rosiers
  • Rue des Hospitalières St Gervais
  • Crédit Municipal
  • Hotel de St Aignan
  • Tour de Jean Sans Peur
  • Rue du Jour
  • Rue du Louvre

 

 

 

Rive gauche est 1Rive gauche Est

  • 16 rue Thouin
  • 12 rueThouin
  • 4 rue Thouin
  • 47 rue Descartes
  • 68 rue du Cardinal Lemoine
  • 62 rue du Cardinal Lemoine
  • 12 Rue Clovis
  • Rue Jacques Henri Lartigue
  • Rue d'Arras
  • Rue des Ecoles

 

 

Rive gauche ouestRive gauche Ouest

  • 29 rue Guénégaud
  • Impasse de Nevers
  • Passage Dauphine
  • 34 rue Dauphine
  • Rue Mazarine
  • Cour du Commerce Saint-André

 

 

 

 

 

 

 La muraille de Philippe Auguste est plus qu'un rempart : c'est une structure de rêve, qui fait surgir au milieu du Paris d'aujourd'hui les fantômes des guerres moyenâgeuses, les bruits de bataille, la rudesse de temps révolus. Elle est là, parmi nous, encore présente à de nombreux endroits pour qui sait la voir. Elle est totalement imbriquée dans notre quotidien et nous la côtoyons souvent sans le savoir. Mais pour ceux qui savent la reconnaître et l'évoquer, c'est un coin du voile qui se soulève : la ville banale prend une dimension historique. Nous réalisons que les rues parcourues de manière quasi-somnanbulesque sont en fait la résultante d'une histoire ancienne, dense et riche qui nous invite à méditer sur nos racines, notre présent, et notre avenir aussi bien.

Construite entre 1190 et 1220 sous le règne de Philippe Auguste, cet ouvrage fortifié est le second et dernier (après le mur Gallo Romain qui ceinturait l'île de la cité) à avoir eu une fonction défensive globale. En effet, les murs ultérieurs étaient soit des ouvrages partiels (muraille de Charles V et Louis XIII) soit des murs "fiscaux" (mur d'octroi de Louis XIV) soit les lignes de fortifications modernes ("fortif" de Thiers, érigées au milieu du 19e siècle).

Le mur de Philippe Auguste, lui, est une "vraie" muraille avec un chemin de ronde, des créneaux, des portes fortifiées, des tours rondes régulièrement espacées. Il faisait tour le tour de la ville de l'époque. Le Paris de 1230 ressemblait un peu au Carcassonne d'aujourd'hui. 2800m sur la rive droite, 2600m sur la rive gauche, 3m d'épaisseur à la base, 9m de hauteur et une tour de 14m de haut tous les 70 m, le rempart était une fortification imposante. Pour le défendre à l'Ouest Philippe Auguste fit ériger sur ses deniers (le mur, lui, était financé par la ville) le Louvre féodal qui devait donner naissance au bâtiment que nous connaissons aujourd'hui.

La structure du rempart s'avéra être un élément clé pour sa survie :  composé de deux murs épais, solides et soigneusement appareillés, tout l'espace entre ces deux parois est rempli de petites pierres et de mortier que l'on peut assimiler à des quasi-débris. Cette conception "en sandwich" était connue des Parisiens. Quand, au fil des siècles, la muraille fut déclassée, au lieu d'être détruite (un sort commun à bon nombre de monuments de Paris qui terminèrent leur vie en servant de carrières), elle fit office d'assise à des constructions qui s'appuyèrent sur chacune de ses faces, permettant ainsi de notables économies aux entrepreneurs. Ainsi emprisonnée entre deux maisons sur une bonne partie de son parcours, la muraille survécut au fil des siècles. Les nouveaux îlots furent certes détruits quelques siècles plus tard, mais pas tous. Il subsiste ainsi des portions appréciables de la structure dont certaines furent mises à jour très tard. On "découvrit" après la deuxième guerre mondiale une cinquantaine de mètres de murs et deux tours très bien préservés, rue des Jardins St Paul, sur la rive droite.

Une autre particularité intéressante de cet ouvrage réside dans le fait qu'il fut construit sur le sol géologique de la ville. Aujourd'hui, près de la Seine, le niveau actuel de circulation est à près de 7 mètres au-dessus du terrain "réel" de l'agglomération. La muraille se retrouve donc enterrée. Rue Mazarine, sur la rive gauche, il faut descendre dans un parc souterrain de stationnement pour l'apercevoir. Un peu plus loin, dans la cour du Commerce St André, c'est une tour intacte qui est emprisonnée dans un magasin : on l'aperçoit au travers de la vitrine !

A d'autres endroits, ce n'est pas la muraille qu'on voit, mais des constructions plus récentes qui l'entourèrent et en conservent la trace. Ainsi, rue du Louvre sur la rive droite, on peut observer depuis le trottoir un mur étrange qui forme un tiers de cercle : c'est la trace d'une des tours de la muraille. Rue du faubourg St Honoré et rue St André des Arts, si l'on regarde de près les entrées des immeubles, on se rend compte que les murs des immeubles forment un angle aigu avec la chaussée : c'est que ces maisons s'appuyaient sur la muraille qui elle même formait un angle avec la rue. Tels des dominos, ce sont tous les immeubles aux alentours qui adoptent ce plan peu banal

Ansi, de morceaux en morceaux, d'emplacements en emplacements, présente ou disparue, la muraille de Philippe Auguste évoque directement ou indirectement un Paris presque évanoui qui tente malgré tout de nous faire signe par-dessus les siècles. Et ce Paris là était à son époque au moins aussi ambitieux ou novateur que la ville qui abrite la Tour Eiffel, Beaubourg et le boulevard périphérique. Cette section du site de "Paris au temps de Philippe Auguste" est dédiée au rempart. Elle est aussi consacrée à ceux qui savent encore rêver et qui, tout Internautes qu'ils soient, acceptent que leur identité se fonde aussi bien sur la modernité que sur la nostalgie.

De tous temps les parisiens ont éprouvé le besoin de commémorer par des plaques soit des monuments, soit des hommes célèbres, soit des évènements. La muraille de Philippe Auguste n'échappe pas à la règle, et la plus ancienne plaque qui évoque encore aujourd'hui son existence, rue Dauphine, date du 17e siècle. Plus récemment les initiatives de la mairie de Paris qui a constellé la ville de plaques historiques conçues par Philippe Starck n'ont pas oublié notre mur préféré.

L'enceinte de Charles V, construite de 1356 à 1383, est une des sept grandes enceintes ayant chronologiquement entouré Paris. Elle remplace sur la rive droite celle de Philippe Auguste. Dans les années 1640, sa partie occidentale fut élargie à l'enceinte de Louis XIII, les restes intégrés furent démolis. Cette nouvelle enceinte fut à son tour détruite à partir des années 1670, laissant la place aux Grands Boulevards. Il n'en demeure aujourd'hui que peu de vestiges.

Histoire

L'enceinte de Philippe Auguste

L'enceinte de Philippe Auguste, créée au début du XIIIesiècle, contenait, sur ses 253 hectares, des terres labourables ou plantées de vignes permettant à la population de résister à un éventuel siège. Mais au fil des années, ces champs avaient été remplacés par des maisons et les cultures avaient été repoussées en dehors des murs de la ville. Plusieurs faubourgs se développaient rapidement, en particulier celui de  Saint Honore, à l'ouest. La population sans cesse croissante ne pouvait plus être contenue dans la ville. En outre, avec la Guerre de Cent Ans, il devenait nécessaire de construire une nouvelle enceinte afin de protéger la capitale du royaume de France.

Un rempart de terre fortifié

 Le bastion et les remparts de la Bastille au XVIIIe siècle

Suite au désastre de la bataille de Poitiers en 1356, Étienne Marcel, prévôt des marchands, commence à édifier un premier rempart de terre et un fossé (les fouilles au Carrousel en 1990 ont retrouvé un fossé de 12,70 m de large sur 4 de profondeur), de 1356 à 1358, 500 mètres au-delà de la muraille de Philippe Auguste. Seule la rive droite est concernée par cet agrandissement. Le Roi Charles V, dès 1358, demande que cette butte de terre soit fortifiée contre les tirs d'artillerie et qu'il y soit adjoint un grand et profond fossé qui serait alimenté par l'eau de la Seine. Les travaux ne seront achevés qu'en 1420, sous Charles VI.

L'ensemble s'étend sur une largeur de 90 m, avec de la Ville vers la campagne d'abord un chemin de ronde, puis un rempart de terre de 25 m de large couronné d'une muraille, un fossé en eau, une autre levée de terre de 20 m de large et un autre fossé sec plus étroit.

Le tout est renforcé au début du XVIe siècle (1513-1532), le fossé en eau atteint 30 m de large pour 7 m de profondeur avec des murs d'escarpe et de contrescarpe, l'escarpe ponctuée par des plate-forme d'artillerie.

La nouvelle fortification s'étend à l'ouest au-delà du Louvre, qui perd ainsi sa fonction de forteresse de défense. Charles V, qui avait fui le Palais de la Cité pour ses hôtels du Marais après l'émeute conduite par Étienne Marcel, convertit l'édifice en résidence, sans toutefois en changer les dimensions. Il y installe en particulier sa bibliothèque de 973 livres.

À l'est, la nouvelle demeure du Roi, l'Hôtel Saint-Pol, est mal protégée. Charles V décide l'édification du chastel Saint-Antoine, que les Parisiens appelleront la Bastide Saint-Antoine, puis la Bastille. En 1370, le prévôt Hugues Aubriot pose la première pierre de l'édifice qui sera terminé en 1382.

Paris compte désormais en son sein d'anciens faubourgs : Saint-Paul, le Temple, Sainte-Marguerite, Saint-Martin-des-Champs, les Filles-Dieu, Saint-Sauveur,  Saint Honore et les Quinze-Vingts. La ville se répand alors sur 440 hectares et accueille plus de 150 000 habitants. Un acte de Charles VI, qui poursuivra l'œuvre de son père à partir de 1380, confirme le propos : « Tant comme nostre bonne ville de Paris sera mieux peuplée et habitée de plus de gens la renommée d'icelle sera plus grande, laquelle renommée augmentera notre gloire ».

L'enceinte, de même que le rempart qui lui sera adjoint par Louis XIII à l'ouest, est détruite à partir de 1670, sur ordre de Louis XIV.

Le tracé

Partant en aval de la Seine à partir de la tour du bois située près du pont du Carrousel, l'enceinte remontait en longeant l'ouest de la place du Carrousel vers la rue Saint-Honoré au niveau de l'actuel Palais-Royal, puis par la place des Victoires et la rue d'Aboukir tracée sur l'emplacement du rempart et du grand fossé (la rue Sainte-Foy reprend le tracé du chemin de ronde, la rue de Cléry le chemin de l'autre côté des fossés) jusqu'à la porte Saint-Denis. Elle longeait ensuite les Grands boulevards d'aujourd'hui (de Bonne-Nouvelle, Saint-Martin, du Temple, des Filles-du-Calvaire, Beaumarchais) puis revenait par le boulevard Bourdon jusqu'à la Seine en amont.

La muraille de la rive gauche édifiée sous Philippe Auguste ne sera pas transformée, laissant ainsi le nouveau faubourg Saint-Germain en dehors des murs.

Les portes

La nouvelle enceinte ne comprend plus que six portes dans la partie septentrionale de la Seine (rive droite).

  • Porte Saint-Honoré (sur la rue Saint-Honoré, à l'emplacement de la place André Malraux)
  • Porte Montmartre (au croisement de la rue Montmartre avec la rue d'Aboukir)
  • Porte Saint-Denis (au croisement de la rue Saint-Denis avec la rue Blondel)
  • Porte Saint-Martin (au croisement de la rue Saint-Martin avec la rue Blondel)
  • Porte du Temple (au débouché de la rue du Temple sur la place de la République)
  • Porte Saint-Antoine (au débouché de la rue de la Bastille sur la place de la Bastille)

Les quartiers

Après l'édification de cette enceinte, la ville de Paris fut divisée en seize quartiers, chacun ayant à sa tête un quartenier, équivalent à la fois de nos actuels maire et commissaire de police, et dont le rôle eut une grande importance dans l'administration de la ville. Ils participaient à l'élection du prévôt des marchands et étaient assistés de dizainiers et de cinquanteniers. Ce sont les Seize qui dressèrent la ville contre le roi Henri IV au nom de la Ligue lors de la Journée des barricades de 1588.

 Les Portes

La porte Saint-Honoré est une porte disparue de Paris.

Elle fut la principale porte d'entrée de la Ville à l'ouest vers Saint-Germain-en-Laye (avec la porte Saint-Denis au nord vers Saint-Denis, la porte Saint-Antoine à l'est vers Vincennes, et la porte Saint-Jacques au sud vers Orléans). Il y eut successivement trois portes Saint-Honoré, au fur et à mesure de l'extension des différentes enceintes de la Ville, s'échelonnant le long de la  rue Saint Honore. Elles furent l'une après l'autre détruites pour faciliter le ravitaillement et la circulation dans Paris.

La première porte Saint-Honoré se trouvait au niveau des nos 148 et 150 de la rue Saint-Honoré, soit juste devant la façade de l'actuel temple protestant de l'Oratoire du Louvre, juste après le croisement avec la rue de l'Oratoire; l'impasse des Peintres marque l'emplacement du chemin de ronde extérieur. Construite sous le roi Philippe Auguste en 1190-1200, elle a été détruite au XVIesiècle

Deux tours de huit mètres de diamètre et de quinze de haut encadraient une ouverture ogivale fermée par deux vantaux de bois et protégée par une herse. La forteresse du Louvre (un donjon de trente-deux mètres de haut entouré de sa propre enceinte haute de vingt mètres, le tout construit en 1190-1202) la protégeait contre une attaque par terre comme par le fleuve venant de Normandie, alors propriété des Plantagenêt, ennemis des rois de France.

La deuxième porte Saint-Honoré se trouvait entre les nos 161 et 165 de la  rue Saint Honore (sur l'actuelle place André-Malraux, près du Palais-Royal). Construite sous le roi Charles V en 1380 à 500 mètres plus à l'ouest que la première porte, elle a été démolie en 1636

Cette porte fortifiée était constituée par une bastide formant saillie en avant de la muraille, surmontée de tourelles ; le passage se faisait sous une voûte de dix-huit mètres de long. L'entrée côté faubourg était protégée par un double pont-levis (charretier et piétonnier) donnant sur un pont franchissant deux fossés, d'abord un en eau de trente mètres de large puis un second sec de quinze mètres, avec une avant-porte entre les deux fossés L'ensemble s'allongeait sur quatre-vingt mètres de longueur, jusqu'à la rue de l'Échelle (ancienne « rue des Fossés »), qui est l'ancien chemin de ronde au-delà des fossés.

La porte Montmartre est le nom d'une série de porte disparue de Paris (à ne pas confondre avec la porte de Montmartre).

Il y eut successivement trois portes Montmartre, au fur et à mesure de l'extension des différentes enceintes de la Ville, s'échelonnant le long de la rue Montmartre. Elles furent l'une après l'autre détruites pour faciliter le ravitaillement et la circulation dans Paris.

Plusieurs portes, barrière ou poterne des enceintes successives entourant Paris ont porté le nom de « Montmartre », les trois plus anciennes le long de l'axe de la rue Montmartre.

Porte du début du XIIIe siècle

La première porte Montmartre, ou « porte Saint-Eustache », se trouvait au niveau des mitoyens des nos 30-32 et 13-15 de la rue Montmartre, juste au nord de l'église Saint-Eustache

Cette porte date du roi Philippe Auguste, elle a été construite entre 1190 et 1200. Deux tours de huit mètres de diamètre et de quinze de haut encadraient une ouverture ogivale fermée par deux vantaux de bois et protégée par une herse. Elle a été démolie vers 1550.

La deuxième porte Montmartre se trouvait à 250 mètres plus au nord de la précédente, entre l'intersection de la rue d'Aboukir (de son ancien nom « rue des Fossés-Montmartre ») avec la rue Montmartre (dénommée du côté Ville « rue de la Porte-Montmartre » du XIVesiècle au XVIIesiècle) au niveau du no 86, et l'intersection avec la rue Léopold-Bellan

Construite sous le roi Charles V en 1380, cette porte fortifiée était constituée par une bastide formant saillie en avant de la muraille, surmontée de tourelles ; le passage se faisait sous une voûte de vingt mètres de long. L'entrée côté faubourg était protégée par un double pont-levis (charretier et piétonnier) donnant sur un pont franchissant deux fossés, d'abord un en eau de trente mètres de large puis un second sec de quinze mètres, avec une avant-porte entre les deux fossés. L'ensemble s'étendait sur quatre-vingt mètres de long, l'entrée du pont se trouvant au croisement de la rue Montmartre avec les rues du Mail et de Cléry. La porte a été détruite en 1634.

.La porte Saint-Denis est un arc de triomphe situé dans l'actuel 10e arrondissement de Paris.

La porte Saint-Denis se trouve au croisement de l'axe Saint-Denis (rue Saint-Denis et rue du Faubourg-Saint-Denis) et des Grands Boulevards (boulevard de Bonne-Nouvelle et boulevard Saint-Denis).

Cinq constructions ont porté le nom de porte Saint-Denis au cours de l'histoire de Paris, toutes sur l'axe de la rue Saint-Denis, c'est-à-dire la route de Paris à Saint-Denis, sur le chemin des rois se rendant à la basilique Saint-Denis: la première porte Saint-Denis remonte du Xe siècle et se trouvait juste avant le croisement avec les actuelles rues de la Ferronnerie et de la Reynie, à hauteur du no 39 de la rue Saint-Denis

Une porte se trouvait au nord, dans le quartier Saint-Jacques-de-la-Boucherie, au croisement avec la rue Saint-Denis vers le Xe siècle

La deuxième porte Saint-Denis, du début du XIIIe siècle, se trouvait juste au nord du croisement entre la rue Saint-Denis et la rue Étienne-Marcel; l'impasse des Peintres marque l'emplacement du chemin de ronde extérieur

La troisième porte Saint-Denis, ou « bastide Saint-Denis », du XIVesiècle, se trouvait 60 mètres au sud de l'actuel arc de triomphe, à hauteur des actuels nos 285 à 246-248 de la rue Saint-Denis, au-delà du croisement avec la rue Blondel

Comme Paris s'agrandissait, l'enceinte fortifiée du  XIVesiècle est remplacée par une barrière fiscale matérialisée par un mur et par un boulevard. Les portes fortifiées qui remontent au Moyen Âge sont donc remplacées par des portes triomphales. La quatrième porte Saint-Denis fut érigée en 1672 par l'architecte François Blondel, directeur de l'Académie royale d'architecture, et le sculpteur Michel Anguier sur ordre de Louis XIV, en l'honneur de ses victoires sur le Rhin et en Franche-Comté, et aux frais de la ville. Elle fut construite sur un bastion (construit au siècle précédent, et détruit par la suite), à l'emplacement d'une porte médiévale dans l'enceinte de Charles V.

La porte Saint-Martin est un monument de Paris, situé à l'emplacement d'une porte de l'ancienne enceinte de Charles V. Elle fut érigée en 1674 sur ordre de Louis XIV, en l'honneur de ses victoires sur le Rhin et en Franche-Comté, par l'architecte Pierre Bullet, élève de François Blondel, architecte de la porte Saint-Denis voisine.

Le monument actuel est le successeur de trois portes fortifiées datant de la période médiévale, s'échelonnant le long de la rue Saint-Martin.

La première porte Saint-Martin, surnommée l'« archet Saint-Merri », se trouvait juste avant le débouché de la rue Saint-Martin sur l'actuelle place Edmond-Michelet, à hauteur des nos 88 et 90 de la rue

La deuxième porte, du début du XIIIesiècle, défendue par deux grosses tours, se trouvait juste au nord du croisement entre la rue Saint-Martin (à la hauteur des nos 197-199) et la rue du Grenier-Saint-Lazare.

La troisième porte Saint-Martin, du XIVesiècle, défendue par toute une bastide, se trouvait 60 mètres au sud de l'actuel arc-de-triomphe, au croisement de la rue Saint-Martin (des nos 355-357 au no 328 de la rue) avec la rue Blondel et la rue Sainte-Apolline; la bastide a été détruite en 1673.

La porte du Temple, était une des portes de Paris. Deux portes ont successivement portées ce nom, la plus ancienne franchissait l'enceinte de Philippe Auguste, la seconde celle de Charles V : elles sont aujourd'hui toutes deux disparues.

En 1190, Philippe Auguste ordonne la construction d'une nouvelle enceinte pour protéger sa capitale : la portion sur la rive droite fut construite jusqu'en 1210. Une dizaine de portes permettait les communications avec la campagne, toutes semblables avec une ouverture ogivale fermée par deux vantaux en bois et deux herses, encadré par deux tours.

€n 1280, une nouvelle porte est percée dans l'axe de l'actuelle rue du Temple (à hauteur des nos 69-71 et nos 60-62 :, qui prit le nom de « porte du Temple » (car menant à l'enclos des Templiers qui se trouvait alors hors des murs) ou « porte de Sainte-Avoie » (du nom du couvent tout proche des religieuses de sainte Avoie).
Cette première porte a été démolie vers 1535.

Charles V, en 1356, ordonna l'édification d'une nouvelle muraille, qui remplaça sur la rive droite l'enceinte de Philippe Auguste. Seules six portes furent créées pour permettre le contrôle de l'accès à la capitale.

La nouvelle porte du Temple était située au débouché des actuelles rue Meslay (anciennement « rue du Rempart » ; la porte se situait au niveau du no 2) et rue du Temple (entre les nos 178 et 207) Construite aux environs de 1380, elle fut remaniée en 1460 puis incorporé à l'extrémité nord-ouest d'un bastion à partir de 1558 (les travaux du bastion no 8 ne furent jamais terminées, il ne fut jamais recouvert de maçonnerie) La porte était protégée par un fossé très large, franchit par un pont.

La porte resta fermée durant les guerres de religion et jusqu'en 1606 La porte fut démolie aux environs de 1678 lors de la construction du « Nouveau-Cours » (les grands boulevards actuels).

La porte Saint-Antoine, aujourd'hui disparue, était une des portes de Paris, à l'extrémité orientale de la Ville.

Il y eut successivement deux portes Saint-Antoine, la première du tout début du XIIe siècle et la seconde qui a existé du milieu du  XIVe jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, à deux endroits différents le long de la rue Saint-Antoine, dans l'actuel 4e arrondissement de Paris. La seconde fut la plus connue, protégée par la forteresse de la Bastille.

Une des plus anciennes voies de la capitale fut, dès l'époque romaine, celle qui partait du centre de Paris à destination de Meaux et de Melun. Le début de cette route dans Paris était la rue du Pourtour-Saint-Gervais (l'extrémité occidentale de l'actuelle rue François-Miron), jusqu'à la porte dans l'enceinte du Xesiècle près de la place Baudoyer (à l'actuel croisement des rues du Pont-Louis-Philippe et François-Miron) : la porte Baudoyer. Au-delà des murailles, la route portait le nom de rue Saint-Antoine (aujourd'hui rue François-Miron, de la rue des Barres à la rue de Fourcy), car elle desservait l’abbaye Saint-Antoine-des-Champs (à l'emplacement actuel de l’hôpital Saint-Antoine, dans le 12e arrondissement), créée au tout début du XIIIesiècle.

Quand Philippe Auguste fit édifier l'enceinte qui porte son nom, une nouvelle porte fut construite 450 mètres au-delà de la précédente porte, au niveau du no 101 de la rue Saint-Antoine, juste à l'est du croisement de cette dernière rue avec la rue de Sévigné, devant l'actuelle église Saint-Paul-Saint-Louis Cette première porte est parfois elle aussi appelée «porte Baudoyer» ou «porte Baudet»; elle est démolie en 1382 pour faciliter la circulation2.

Charles V ordonna en 1356 l'édification d'une nouvelle muraille, qui remplaça sur la rive droite l'enceinte de Philippe Auguste. Seules six portes furent créées pour permettre le contrôle de l'accès à la capitale. Parmi elles était la porte Saint-Antoine, élevée à la hâte et protégée par deux tours. Elle se situait au débouché de la rue Saint-Antoine sur l'actuelle place de la Bastille, place qui occupe maintenant l'emplacement des fossés et du glacis. Le tracés des deux tours est actuellement toujours visible sur le pavage de la place.

Le roi, qui, suite à une émeute menée par Étienne Marcel, avait fui sa résidence du palais de la Cité pour ses hôtels du Marais, ordonna la construction du «chastel Saint-Antoine», pour protéger sa résidence, à l'emplacement de la porte Saint-Antoine (dont les deux tours devinrent les tours dites du Trésor et du Comté): cette forteresse pris le nom de Bastille Saint-Antoine (ou simplement la Bastille), terminée en 1382. Une nouvelle porte fortifiée fut construite un peu plus au nord, au débouché de la rue de la Bastille L'enceinte de Charles V fut transformée en enceinte bastionnée au  XVIesiècle, avec les bastions 11 (le «grand bastion de la porte Saint-Antoine») et 12 («de la pointe de la Bastille») qui encadraient au nord et au sud la porte Saint-Antoine. Au delà de la porte, extra-muros, commence à s'urbaniser un nouveau quartier (rattaché au 15e quartier de la Ville en 1702), le faubourg Saint-Antoine. Quatre routes devenues des rues formaient un carrefour à l'est de la porte: la rue de la Roquette, la rue de Charonne, la rue du Faubourg-Saint-Antoine et la rue de Charenton

Physionomie des maisons, des rues, les habitants de Paris, la campagne, les hameaux et villages, ses routes et chemins, ses abbayes fortifiées, ses moulins à vents

Le contexte religieux: 
Tout le monde croit en Dieu
Le roi est l'envoyé de Dieu
 L'Eveque est un seigneur
St Louis et Philippe le Bel vont prendre une certaine distance avec le Pape.
Pendant une soixantaine d'année il y aura mème deux papes l'un à Rome l'autre en Avignonsans compté ceux qui ne sont pas reconnu à Pise en Aragon, à Rodez et en Savoie

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Le contexte politique :
Système feodal, suzerain, vassal
Les gueux, les mariages ( bien souvent consangin)
La loi salique

Les vertus des hommes du moyen age: 
L'honneur
Le courage

Le desintessement
L'amour courtois
( ce n'est plus le cas aujourd'hui )

Le contexte economique
Arret de l'expansion agricle
Le recul et l'eviction des Francs à Jerusalem
L'essor du trafic maritime (genois et venitiens)
Monnaie instable
Mecontentements agitations, troubles ,emeutes

La biographie de Charles V 1338- 1380

 

  Charlesv  Charles V hérite en 1354 d' un royaume qui a perdu un tiers de sa population, décimée par une terrible épidémie de peste. La France a rendu aux Anglais toutes ses conquêtes depuis plus de deux cents ans, du Poitou au Rouergue.

 Des soldats-brigands, rassemblés en grandes compagnies, se livrent à des pillages d' une rare violence.

 Terrorisés, les paysans se révoltent lors de la grande Jacquerie et le prévôt des marchands de Paris, Etienne Marcel, en profite pour contester le pouvoir royal. Enfin, Charles V doit résister au Roi de Navarre, Charles le Mauvais, petit-fils de Louis X, qui complote avec les Anglais à partir de ses domaines normands. Cependant, le régent, usé et habile, prépare patiemment son règne.

 DAUPHIN

  Charles est le premier à porter ce titre féodal qui sera attribué à tous les fils de Roi de France appelé à régner. En vertu du traité de Romans signé en 1349, son grand-père, le Roi Philippe VI, avait en effet racheté au " dauphin de Viennois " Humbert II sa principauté, le Dauphiné, située entre la Savoie et la Provence.

 Pour qu' elle ne soit jamais séparée de la Couronne, le souverain la confia à l' héritier du trone de France, le futur Charles V, qui devint ainsi le premier " dauphin ".

 LE " SAGE "

 Pale et délicat, mais patient et grand travailleur, Charles V est l' un des monarques les plus cultivés de l' Occident médiéval. Spécialiste du droit et des lois, il se passionne aussi pour la mécanique, la philosophie, la médecine, les mathématiques et l' astrologie. Son immense soif de savoir, son amour pour l' étude et les beaux manuscrits le pousse à fonder, en 1368, la première bibliothèque nationale. Installé dans la tour de la faconnerie du Louvre, l' établissement comprend jusqu' à 917 ouvrages.

 

LE ROI ET L' ETAT

 Charles sait s' entourer de brillants conseillers, comme l' évêque de Lisieux Nicole Oreme ( 1380- 1382 ). Cet économiste est l' un des premiers à considérer la monnaie comme le bien de la " communauté ", c' est a dire du peuple, et non celui du Roi, et encourage le souverain à garantir la stabilité monétaire. C' est aussi sous le règne de Charles V que la personne et la fonction du Roi commencent à se séparer, comme le montre la distinction entre le domaine privé  du souverain et le domaine de la Couronne, qui est le patrimoine de l' état. Le revenu des impôts est consacré aux affaires publiques, notamment à l' administration et à la guerre, même si le souverain dispose d' une " liste civile " pour payer ses dépenses. Charles V sait utiliser les impôts pour appuyer la reconquête de son royaume, notamment en octroyant des exemptions fiscales aux villes qui acceptent d' être rattachées au domaine royal.

 UNE IDEOLOGIE ROYALE

  Charles V sait mettre en scène son autorité pour renforcer le caractère sacré du pouvoir royal, en associant définitivement au Roi de France le titre de " très - chrétien ". Grand mécène, il mène une véritable politique culturelle, commandant des traductions aux lettrés de son temps et organisant des chantiers de prestige. Il fait agrandir le Louvre et construire de riches résidences, comme le Château de Vincennes ou l' hôtel Saint - Paul. Il ordonne la rénovation de plusieurs de ses résidences royales- Saint - Ouen, Creil, Melun- et fait bâtir la forteresse de la Bastille, qui doit protéger la route menant au château de Vincennes. Le Roi collectionne également les objets d' art, comme les meubles et les tapis précieux.

 LE STRATEGE

 Peu doué pour les grandes batailles et craignant d' être capturé sur le champ de bataille comme son père, Charles V préfère confier l' armée royale à ses chefs de guerre comme Olivier de Clisson ou le célèbre Bertrand Du Guesclin. Il n' en met pas moins sur pied, entre 1363 et 1364, grâce aux subsides versés par la ville d' Amiens, un embryon d' armée permanente qui comprend 6 000 hommes d' armes. Charles V se fait remarquer pour son sens aigu de la stratégie. Aux batailles rangées, il préfère les guerres d' escarmouches et de siège, qui lui permettent de grignoter méthodiquement le territoire ennemi. Pendant dix ans, il harcèle et repousse ses adversaires anglais  et navarrais, jusqu' à reconquérir progressivement presque tous les territoires perdus.

 UN SENS AIGU DE LA DIPLOMATIE

 Le souverain règle aussi nombre de difficultés par la diplomatie. En 1365' il négocie le traité de Guérande, qui impose au Duc de Bretagne l 'hommage au Roi de France. Coup de maitre, il fait épouser en 1369 à son frère Philippe de Bourgogne l' héritière de Flandre, pour éviter que cette principauté ne passe dans l' orbite de l' Angleterre.

 

Le royaume retrouve enfin la puissance et la prospérité. Malheureusement, inconsolable et très affaibli depuis la mort de la Reine survenue deux ans plus tot, Charles V meurt le 16 Septembre 1380, à seulement 43 ans.

Charles V est issu de la branche royale des Valois de la dynastie capetienne. Charles V fut le premier roi à se donner un numéro d’ordre, « qui faisait de lui un héritier ».

Il est le fils de  Jean II dit le Bon et de Bonne de Luxembourg, fille du roi Jean I de Boheme et sœur de l'empereur  Charles IV du St Empire. Il est le frère de Louis I duc d'Anjou, de  Jean i duc de Berry et de Philippe II, dit le Hardi, duc de Bourgogne.

Généalogie Charles V.svg
Après toute ces petits rappel nous demarrons notre rando à la porte St Michel ou l'on suit le traçé (partie Sud-Ouest et Ouest de l'enceinte Philippe Auguste Rue Monsieur le Prince qui était le fossé exterieur de l'enceinte
 
Porte St GermainParis 6 vestiges enceinte cour commerce saint andre
la porte St Germain renommée Porte de Buci en 1352   ( rue st André des Arts près de la rue Dauphine)
Vestige d'une tour
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Histoire

La bataille de Crecy archers gallois, arquebusiers français ( genois en réalité ) massacre de la chevalerie française
 
Bataille de crecy 26 aout 1346
 

 Le contexte

En 1346, Édouard III entreprend une troisième campagne ayant pour but de piller les provinces françaises proches de la Manche. C'est au cours de cette campagne qu'eut lieu la bataille de Crécy.

La bataille de Crécy se déroule à l'aube de la Guerre de Cent Ans: elle en est l'un des premiers épisodes militaires. Si depuis 1337 Edouard III revendique le trône de France et qu'il en porte les armes depuis 1340, l'enjeu sous-jacent du conflit est sa revendication de possession en pleine souveraineté de la Guyenne. Cette situation de tension larvée s'inscrit dans un conflit francoanglais plus large, où le devenir de ce fief anglais sous suzeraineté française avait déjà été l'enjeu, comme pendant la guerre de Guyenne. La question dynastique se surajoute à cet enjeu.

Le 7 octobre 1337, à l'Abbaye de Westminster, le roi d'Angleterre Édouard III lance publiquement un défi à son cousin, le roi de France. Il conteste la légitimité de Philippe VI de Valois et revendique la couronne de France pour lui-même. C'est le facteur déclenchant de la guerre de Cent Ans.

La première campagne d'Édouard III en 1339 passe relativement inaperçue. Il s'attire habilement le soutien des villes flamandes, grosses clientes des produits lainiers anglais. Une hégémonie anglaise au nord du royaume de France s'amorce.

En 1340, après avoir tenu sa cour à Gand et pris le titre de "roi d'Angleterre et de France", Édouard III, engage la seconde campagne sur terre et sur mer. Elle se solde par la défaite de la marine française lors de la bataille navale de l'Écluse.

La campagne

En 1346, Édouard III entreprend une campagne ayant pour but initial de prendre Paris.

Édouard III prépare un nouveau débarquement, qu'il ne sait encore où fixer. Son adversaire, le roi de France, lui épargne de trop longues hésitations en condamnant à l'exil un grand seigneur normand, Geoffroy d'Harcourt, sire de Saint-Sauveur-le-Vicomte, lequel va se réfugier à la cour d'Angleterre, offrant ainsi à Édouard III le prétexte idéal d'un libre accès en Cotentin.

Le 7 juillet, le roi d'Angleterre réunit 1200 navires dans les rades de Portsmouth, Southampton et des ports de l'île de Wight et hisse les voiles.

Le 12 juillet, il débarque avec 40000 hommes à Saint-Vaast-la-Hougue et s'empare de la Normandie.

Surpris et terrorisés par les Anglais, les Normands ouvrent leurs villes dont les défenses n’auraient pu résister à un assaut. Après avoir saccagé et pillé le Cotentin, les troupes d’Édouard III assiègent et prennent Caen, pourtant bien défendue. La flotte qui les a suivis repart de Ouistreham vers l’Angleterre chargée d’un considérable butin.

Vers l'affrontement

Édouard III fait alors mouvement vers le nord pour rejoindre ses alliés flamands. Mais il doit d'abord franchir les obstacles naturels que constituent la Seine et la Somme.

Il tente de franchir la Seine par Rouen qui lui refuse le passage. Il se retire sans livrer bataille et s’installe à Poissy, le temps d’établir un pont sur la Seine qu’il franchit le 15 août.

Il faut maintenant faire très vite, Philippe VI de Valois rassemble des troupes de plus en plus nombreuses à Saint Denis et s’apprête à livrer bataille. Comme en Normandie, Édouard III sème la terreur et esquive, quand c’est possible, le combat frontal. Rien ne semble pouvoir l’arrêter. Mais il lui faut encore franchir la Somme. Édouard III, qui a vécu à Abbeville dont il est le suzerain, connaît bien la Somme et le peu de sympathie des communes picardes qui commandent les rives du fleuve, à l’égard des Anglais. Il s’installe donc à Airaines afin de repérer et de tester les passages possibles. À la différence des villes normandes, les villes de la Somme sont puissamment fortifiées et bien défendues. Elles paraissent imprenables. La situation devient critique. Le roi de France, à la tête d’une armée considérable, a rejoint Amiens et risque de le prendre comme dans une souricière entre le fleuve et la mer.

Il reste deux solutions : prendre Saint-Valéry-sur-Somme pour rejoindre l’Angleterre par voie de mer ou trouver un passage non fortifié.

Devant l’échec de la prise de Saint-Valéry-sur-Somme, il faut absolument trouver le gué dont Édouard III avait connaissance sans savoir où le situer. Or les Picards sont peu bavards. Il finit par promettre une récompense de cent « nobles », cent pièces d'or, à quiconque lui indiquera le gué. Un pauvre bougre de Mons-en-Vimeu, qui était prisonnier de l'armée d'Edouard et savait que personne ne paierait de rançon pour le libérer, saute sur l'occasion. Gobin Agache, c'est le nom de ce brave homme, indique donc au roi le passage de Blanquetaque, non loin de Noyelles sur mer, entre Abbeville et Saint-Valéry-sur-Somme, franchissable aux heures de basse mer. Gobin y gagne 100 pièces d'or et la liberté pour lui et ses compagnons d'infortune.

L’armée anglaise se lève à l’aube du 24 août et franchit le fleuve en bousculant facilement les quelques milliers d’hommes venus du nord pour protéger le passage.

Philippe VI de Valois, qui le poursuit, arrive au moment où le dernier anglais franchit le gué. La marée montante le cloue sur place. Édouard III reprend la main : il pourra désormais livrer la bataille sur son terrain.

La préparation de la bataille

Édouard III désire remonter vers la Canche, il franchit la Somme après une bataille au gué de Blanquetaque. Il y est accueilli par Catherine d’Artois, fille de Robert III d’Artois son ancien et fidèle compagnon. Puis il se dirige vers Rue, qu’il pille et brûle. Mais il doit bifurquer à l’est, freiné par la difficulté de traverser les bas-champs de l'Authie inondés à marée haute, et comprenant l’impossibilité de rejoindre facilement Montreuil dans cette région particulièrement pourvue en étangs et marais : zones impraticables à la soldatesque. A l’est, il contourne la forêt de Crécy, probablement par le sud, sa frange nord étant marécageuse. Il doit ainsi se rapprocher de l’armée française, dont il sait qu’elle est à Abbeville, avant de repartir vers le nord. Il sait aussi qu’il ne pourra pas conduire ses troupes à marche forcée.

Il ne peut donc plus éviter le combat et va devoir livrer bataille. Autant choisir l’avantage du terrain ! Le 25 au soir, il s’installe sur les hauteurs du plateau de Crécy en Ponthieu et envoie ses barons en reconnaissance. Le 26 au matin, il décide que c'est le bon endroit pour attendre les troupes françaises.

De son côté, Philippe VI de Valois sort d’Abbeville à la tête d’une impressionnante armée composée, selon Froissart, qui a toujours tendance à exagérer, de 20 000 armures à cheval et de plus de 100 000 hommes. Parmi ceux-ci, 6 000 mercenaires génois ou castillans conduits par Carlo Grimaldi et Otto Doria qui ont la réputation d’être à la fois les plus habiles arbalétriers et les meilleurs marins d’Europe. En outre Philippe VI de Valois a également appelé à la rescousse la fine fleur de la chevalerie non seulement française mais également européenne. On trouve dans les rangs français entre autres, Jean Ier de Luxembourg roi de Bohême, Charles IV fraîchement élu roi des Romains, Charles II de Valois duc d'Alençon et frère du roi.

Puis Philippe VI et sa considérable armée marchent vers l'ouest, arrivent à proximité du plateau, en vue des collines et petites vallées entre Crécy au sud et Vadincourt au nord, par la route basse. Il est trois heures de l'après-midi lorsqu'un orage éclate, rendant le terrain glissant.

Les forces en présence

Il est très difficile de donner un état précis des forces en présence, tant les différentes sources sont contradictoires.

L'armée anglaise est formée en 3 «batailles», 2 forment la première ligne (le Prince Noir et les comtes de Northampton et d'Arundel). Édouard III commande la troisième «bataille» qui formera la seconde ligne. L'ensemble comprend de 8000 à 12000 hommes, dont environ 3/4 d'archers. La première ligne est parfaitement positionnée derrière des rangées de pieux où viendront s'empaler les chevaliers français. Les chevaliers anglais sont prêts à contre attaquer si besoin.

L'armée française, beaucoup plus nombreuse, de 24000 à 50000 hommes, est organisée sur 3 lignes. Au-devant on trouve les arbalétriers génois, ainsi que 2 lignes de chevaliers. Le reste est composé de troupes à pied qui occupent l'arrière et les côtés. L'armée française n'a aucune tactique pour la bataille et arrive en fin de journée de manière confuse devant la position anglaise.

Les historiens anglais de la Belle Époque estimaient l'effectif anglais à 30000 hommes, surplombant environ par leur position une armée turbulente d'environ 100000 hommes menée par Philippe de Valois. Aujourd'hui une majorité d'historiens s'accordent sur les estimations d'effectifs de combattants suivant: 50000 hommes pour les troupes menées par Philippe de Valois, 20000 hommes pour l'armée anglaise.

La bataille

 L'après-midi du 26 août, l'armée française débouche de la route d’Abbeville en désordre. Il est trois heures de l'après-midi et un orage qui menaçait depuis quelque temps éclate. Mais les soldats surexcités par l'approche, impatients d'en finir se ruent vers les hauteurs où stationnent les Anglais prudents.

Le roi Philippe VI ne parvient pas à faire appliquer son ordre de reporter le combat au lendemain. Les premiers escadrons reçoivent l'ordre de Philippe VI et s'arrêtent à temps. Et c'est alors que la bataille tourne à la confusion. Les escadrons suivants voient les autres soldats stoppés, et, s'enthousiasmant, ils se mettent à crier et à accélérer la cadence pour arriver les premiers devant les Anglais. Personne n'entend les ordres répétés du roi de France, et les soldats à l'arrêt sont entraînés par les autres dans une sorte de folie générale. Philippe VI lui-même, gagné par la contagion de démence, pointe son épée en l'air et hurle : « Je vois mon ennemi, et par mon âme, je veux l'affronter!».

Philippe VI envoie alors les arbalétriers génois entamer le combat mais leurs armes ont souffert de la pluie : les cordes en cheveux sont humides et perdent de leur puissance alors qu'une corde rustique en chanvre, celle des longs arcs traditionnels gallois, gagne en dureté lorsqu'elle est mouillée. Les arbalétriers génois ne peuvent lancer que des traits sans force et sans précision, alors que les archers gallois continuent les tirs en l'air pour arroser un secteur choisi par un guetteur haut perché sans souci de précision. Les Génois sont épuisés par leur marche avec cette arme lourde et encombrante alors que les archers gallois n'ont qu'à détendre leurs arcs. De plus, ils ne tirent qu’à une cadence de 4 coups par minute, et enfin, la précipitation de la bataille les envoie démunis de leurs pavois, qui sont leur seule protection, restés dans les bagages en arrière.

Malgré une idée traditionnellement répandue, il est possible que canons ou autres bombardes n'ont pas été employés à Crécy : peut-être ont-ils joué un rôle mineur, uniquement pour contrer psychologiquement les charges renouvelées de chevalerie française. En effet, les seules mentions de ces armes sont faites par le florentin Giovanni Villani, qui rapporte ces événements quelques mois après la bataille dans sa Nuova Cronica. Ainsi, dit-il, « le roi d'Angleterre disposa ses très nombreux archers qui sur les chariots, qui en dessous, armés de bombardes qui tiraient des petites balles de fer avec du feu » (XIII 67). Lesquelles bombardes, continue l'auteur, « produisaient un tel boucan que l'on aurait dit que Dieu lui-même tonnait, causant de nombreux morts parmi les soldats et abattant de nombreux chevaux » (XIII 68). Giovanni Villani n'ayant pas assisté à la bataille, Froissard ne mentionnant ces canons que dans la deuxième édition de son texte et les Grandes Chroniques étant postérieures de près d'un siècle aux événements, il est difficile de tenir compte de ces témoignages. Du côté anglais, aucun chroniqueur ne mentionne d'armes à feu. À la logique des faits il serait possible que nulle bombarde n'ait été utilisée : Édouard III faisait retraite après une campagne éclair de pillage, et il apparaît peu sensé qu'il se soit encombré de lourdes bombardes difficilement transportables à travers les gués des fleuves et les marais de la baie de Somme, sans avoir à les démonter et remonter, a fortiori pour une campagne rapide comme celle-là. Toutefois, même si la surprise dans les rangs français et la terreur de la chevalerie face à ces armes nouvelles doivent en être atténuées, l'ost français avait utilisé ces mêmes bombardes en 1324 lors de la campagne de Guyenne.

Les Génois aussi mal protégés sous la pluie d'orage inoffensive que sous la pluie de flèches galloises régulièrement mortelles hésitent, se replient puis s'enfuient loin des Anglais. Croyant à une trahison, le roi Philippe VI ordonne aux chevaliers français qu'ils tuent les mercenaires fuyards. Dans leur enthousiasme dément, ceux-ci chargent leurs propres alliés. Ils poursuivent sur les lignes anglaises, mais les traits d'arbalètes les déciment et ils s'empalent sur les pièges placés la veille.

La suite pour les Français n'est qu'une succession de charges inutiles et meurtrières, sans cohérence ni commandement d'ensemble.

Jusque tard dans la nuit fraîche sous un ciel étoilé, les Français effectuent sans succès une quinzaine de charges, brisées par les archers gallois. Ceux-ci, au nombre de 6000, avec leur arc long anglais tirant chacun de 6 à 12 flèches à la minute (soit 36000 à 72000 flèches), noient sous une grêle de flèches les Français, dont les chevaux ne sont pas encore protégés, ou mal. Cependant, après le lever du jour, un assaut français plus organisé, mené par le duc d’Alençon, frère de Philippe VI, atteint la première ligne d'archers gallois qui au corps à corps, face à des chevaliers au grand galop, ne peut résister. Les chevaliers français en rage commencent un terrible massacre ; les archers, horrifiés par le carnage dans leurs rangs, reculent en désordre.

La réponse est consignée dans les registres littéraires. Il est évident que les troupes britanniques serrent les rangs. Deux corps voisins viennent en renfort et s'efforcent de repousser l'offensive, puis de la diviser. Ainsi, après avoir traversé la ligne d’archers, l’attaque du duc d’Alençon se heurte à des gens d’armes et aux chevaliers anglais. Cernés de toutes part, les chevaliers français épuisés par le poids de leur armure, aveuglés par le soleil et déshydratés par la chaleur estivale, restent isolés et subissent de lourdes pertes car leurs chevaux sont d'abord abattus par les archers. Ainsi la seule réelle percée de la chevalerie française finit à pied, massacrée sous le nombre des adversaires. Parmi les morts se trouve l'imprudent duc d’Alençon tué sous son cheval.

Semble-t-il bien avant midi, le roi de France blessé par un projectile suit les conseils du comte de Hainaut et abandonne le champ de bataille où s'amoncellent chevaliers massacrés et chevaux transpercés. Avec une petite escorte il demande asile au château de  Labroye quelques lieues plus au nord. La scène est restée célèbre : blessé au visage, effaré par cette catastrophe qu'il n'avait pas prévue, il appelle: «Ouvrez, c'est l'infortuné Roi de France!»

Sur le champ de bataille, les actes de vain héroïsme se succèdent, dont celui de Jean Ier de Luxembourg, aveugle, qui charge entouré de ses gens sur son cheval lié par la bride à ceux de sa maison.

Cette bataille marque la fin de la guerre dite de tradition « courtoise ». Mais n'oublions pas que la narration littéraire courtoise n'a rien à voir avec le monde concret de la guerre et de la domination politique, si ce n'est qu'elle est porteuse d'un imaginaire sublimé des actes et des pensées.

Édouard III a désormais les mains libres pour remonter vers Calais, et assiéger la ville. Le long siège de Calais ouvre véritablement la guerre de Cent Ans, une guerre longue où le vainqueur du moment et du lieu s'appuie sur un réseau de villes places-fortes en extension et un pillage dévastateur des campagnes.

Bilan et conséquences

Au soir de la bataille, Edouard invite à un banquet ses chefs de corps. Il commande à cette occasion pour le lendemain à Renaud de Ghebhoben de prendre une troupe de chevaliers et de clercs héraldistes afin de compter les morts. Renaud exécute l'ordre avec diligence dès le lever du jour et pendant une longue journée, il fait inscrire sur les écriteaux royaux le nom de onze princes, 1300 chevaliers et graver des petites croix pour 16000 gens de pieds.

Le décompte des pertes d'après Froissard s'élève à 30 000 morts pour les Français, ce qui est probablement exagéré : la bataille a débuté vers 17h et les Anglais n'ont pas poursuivi les Français. Un décompte plus réaliste donne environ 4 000 morts : 1 542 chevaliers et 2 300 Génois, mais le nombre de fantassins français morts est inconnu. Les pertes anglaises sont, d'après toutes les sources, très faibles : 100 à 300 morts.

La grande noblesse française ou alliée au grand Royaume est fragilisée par cette défaite. Figurent parmi les disparus de ce jour :

  • le roi de Bohême ;
  • le duc de Lorraine ;
  • l'imprudent duc d'Alençon ;
  • les comtes de Flandre, de Nevers, de Blois, d'Harcourt, d'Aumale, de Bar et de Sancerre (avec les deux fils du comte d'Harcourt) ;
  • le seigneur de Thouars ;
  • l'archevêque de Nîmes et de Sens ;
  • le grand prieur de l'hôpital St-Jean ;
  • six comtes d'Allemagne, etc.

Les Anglais victorieux poursuivent leur chemin jusqu'à Calais qu'ils assiègent pendant un an. Le roi Philippe VI, incapable ensuite de secourir Calais qui cède le 4 août 1347, six bourgeois remettant solennellement à Edouard III les clefs de leur cité, montre qu'il n'est ni un politicien ni un militaire habile. Ces défaillances vont contribuer à affaiblir la couronne : la première crise grave va se faire sentir lors de la succession de Bretagne.

La vie de Charles V

Les epidemies de la peste 1348-1360-1362
L'europe pert un tiers de sa population
L'épidémie vint d'Asie, où elle fit aussi des ravages.
Les mongols qui viennent assiéger la colonie génoise de Caffa (sur les bords de la mère noire) en 1346 étaient contaminés par la terrible maladie.
Décimés par la peste bubonique, ils inventent la guerre bactériologique en catapultant les cadavres de leurs morts dans la ville pour contaminer les assiégés.
Quand le siège est levé, les bateaux qui quittent le port emmènent avec eux le bacille et le propagent dans toute la méditerranée.

Le contexte européen

En Europe, la peste n'a pas été vue depuis la fin de l'Antiquité. C'est une maladie dont on se souvient du nom mais qu'on applique à de petites gênes comme un rhume. La vraie peste est pour l'européen de 1346 une maladie exotique ou éteinte, exactement comme la rage ou la lèpre pour nous français du XXIème siécle.
La France est cependant déjà en piteux état : la guerre de cent ans vient de commencer (on a perdu la bataille de Crecy en août 1346 puis la ville de Calais en août 1347), et le pays ne s'est pas encore remis de grandes famines entre 1315 et 1322.
Ajoutons pour achever le noir tableau que les antibiotiques qui permettent aujourd'hui de combattre cette maladie n'ont pas encore été découverts, et que l'on est completement impuissant contre ce fléau.

Le déroulement

La peste arrive sur le territoire français à Marseille fin 1347. Dès lors, elle va implacablement et inexorablement remonter vers le nord. Paris est touchée au début de l'été 1348 et tout le territoire est atteint avant la fin de l'année. La même progression intervient partout en Europe, jusqu'aux contrées de Scandinavie atteintes en 1350.
C'est une hécatombe. Entre 30 et 50% de la population française disparaît par l'épidémie. Un tiers de la population européenne meurt, soit à peu près 25 millions de personnes.
Toutes les couches de la société sont touchées, même les puissants (on voit ainsi mourir la reine de France Jeanne la boiteuse), mais les villes (où la promiscuité favorise la contagion) sont plus durement touchées que les campagnes.
Un peu partout, on cherche des explications et des responsables. Les minorités sont montrées du doigt : juifs et gens du voyage seront accusés d'avoir empoisonné les points d'eau, et seront victimes de massacres, malgré l'opposition de certains dignitaires comme le pape Clément VI et le duc d'Autriche Albert II.
Sur le plan sanitaire, non seulement les médecins sont impuissants, mais leurs remèdes aggravent les choses : les processions de flagellants favorisent la contagion, tandis que saignées et purges achèvent les malades.

 

Les conséquences

La première conséquence à long terme est le drame démographique : un tiers de la population d'un continent qui disparaît, cela laisse de profonde traces dans la démographie. La France comptait 17 millions d'habitants en 1340, elle n'est revenue qu'à 10 millions en 1440. On voit le poids des morts, mais aussi l'absence des enfants qu'ils n'ont pu avoir.
Le désastre démographique amène un fort recul de la population citadines. Les villes, très touchées par l'épidémie, se dépeuplent gravement.
Dans les campagnes, la situation est mauvaise aussi: le déficit démographique amène l'abandon de villages et le retour en friches ou en forêt d'une partie du territoire agricole précédemment mis en valeur. Faute de main d'œuvre disponible, les salaires flambent, ce qui achève de ruiner les revenus fonciers dont vivait l'ancienne noblesse féodale

 

Les grandes dates de son règne

1356 Sa première rencontre avec le pouvoir se fait en qualité de régent, suite à la capture de son père à la Bataille de Poitiers. Charles V doit alors faire face à la révolte des marchands parisiens, attisée par Etienne Marcel, et finalement négocier avec les Anglais pour obtenir la libération de son père le roi : c'est le désastreux traité de Brétigny-Calais.

Lors de la guerre de Cent Ans, après leur éclatante victoire à la bataille de Crécy (1346), les Anglais se sont solidement établis en Guyenne et mènent régulièrement des raids dans le Sud de la France. En 1355 déjà, le roi de France Jean II manquant de fonds n'avait pu les combattre. Il réunit en 1356 les états généraux qui lui accordent ce dont il a besoin pour lever une armée. La bataille a lieu à Nouaillé-Maupertuis près de Poitiers. Quoique numériquement très supérieures, Jean II conduit ses troupes par une tactique irréfléchie et se fait prendre.

Campagne précédant la bataille

450px campagne avant la bataille de poitiers 1356 svg

La chevauchée menée, début août 1356, par le Prince noir dévaste une grande partie du Bergeracois, du Périgord, du Nontronnais, du Confolentais, du Nord-Ouest du Limousin, de la Marche, du Boischaut, de la Champagne berrichonne, du Berry, de la Sologne, du Sud de la Touraine et du Poitou.
Pour le poursuivre plus efficacement, Jean II le Bon abandonne la moitié de son ost pour ne garder que les cavaliers, plus rapides. Les différents contingents qui avaient passé la Loire à Orléans, Melun, Saumur, Blois, Tours et ailleurs, se réunirent vers la capitale tourangelle. Après avoir cherché l'adversaire, l'ost français, se trouve à proximité des anglais à Tours. Grâce à une habile manœuvre, le roi de France oblige les anglo-gascons à se diriger vers le Sud. Partant de Loches, les Français traversent la Creuse à La Haye, le 16 septembre, occupent le pont de Chauvigny et se dirigent sur Poitiers.
Le 17 septembre au matin, le prince Noir fonce, avec 200 hommes d'armes, à travers la forêt de Moulière et débouche sur la route de Poitiers à Chauvigny où il tombe par surprise sur l'arrière garde de l'armée Française forte 700 hommes d'armes et chevaliers à la Chaboterie au Breuil l'Abbesse. Les français totalement décontenancés, s'enfuirent dans la forêt, perdant 240 hommes dont le comte de Joigny, Jean II de Chalon comte d'Auxerre et Jean II de Châtillon qui seront libérés après rançon.
Quand le roi Jean apprend que ses ennemis étaient derrière et non devant, il fait retourner sa troupe. Au soir, les deux armées campent l'une en face de l'autre.

Avant que la bataille ne se déclenche, le cardinal de Talleyrand-Périgord, légat pontifical d'Innocent VI tente une médiation et obtient une trêve de 24 heures.

Les Anglo-Gascons, très largement moins nombreux et menacés d'encerclement et de famine, offrent de rendre le butin et de ne point porter les armes pendant sept ans contre le royaume de France.

Mais, au conseil royal, prévaut l'idée de profiter du rassemblement d'une armée, manifestement plus puissante que l'autre, pour ne pas laisser échapper l'occasion de faire un exemple de ces ravageurs du royaume. Ainsi, il est énoncé dans les conditions de reddition que le Prince noir devra se constituer prisonnier au roi de France. Ne pouvant accepter ces termes, l'héritier du trône d'Angleterre se résout à livrer bataille.

Les Anglais acceptent le combat de mauvais gré, le chemin de la Guyenne leur étant coupé. La bataille se déroulant sur un terrain accidenté et coupé de haies, Jean II le Bon décide que le combat se fera à pied.

 Préparation

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Troupes françaises

Les troupes françaises sont positionnées en 3 batailles de 16000 hommes chacune:

  • 1re bataille commandée par Philippe duc d'Orléans est composée de 36 bannières et environ 72 pennons dont le connétable de France Gautier VI de Brienne.
  • La 2e bataille est sous les ordres de Charles duc de Normandie et de ses deux frères Louis et Jean ainsi que les seigneur de Saint-Venant, Jean de Landas, Thibaut de Voudenay…
  • La 3e bataille est commandée par le roi de France Jean entouré de 19 chevaliers de l'Étoile.

Pendant que ces batailles s'organisaient, le roi Jean fait reconnaitre les positions anglaises par Eustache de Ribemont, Jean de Landas, Guichard de Beaujeu et Guichard d'Angles. Ceux-ci rapportent « la première bataille ennemies peut être estimés à 2 000 hommes d'armes, 4 000 archers et 1 500 brigands et qu'ils sont positionnés en un lieu très fort. Celui-ci est le long d'un chemin fortifié de haies et de buissons. De chaque côté de cette haie, qui n'a qu'un accès, sont positionnés les archers. Aux environs se trouvent les hommes d'armes et il est impossible d'attaquer uniquement à cheval dans ces conditions. Eustache de Ribemont préconise alors une attaque à pied après une attaque de cavalerie destinée à rompre les lignes anglaises. »

Il fut donc décidé de faire une trouée à travers les archers par une charge irrésistible, puis de s'élancer épée à la main le long du seul chemin qui conduisait aux anglais. Les maréchaux Jean de Clermont et Arnoul d'Audrehem chevauchèrent afin de de choisir 300 chevaliers ou écuyers les plus vaillants et les mieux montés et armés afin de conduire la charge de cette troupe d'élite. Un peu en arrière, se trouvait en renfort la bataille des chevaliers allemands et lorrains, commandés par les comtes de Sarrebruck, de Nidau et de Nassau. Le reste de l'armée était répartie en trois grosses batailles de 16 000 hommes chacune

Troupes anglaises

Durant les 24 heures ou les armées se faisaient face, les capitaines anglais avaient renforcé leurs positions défensives par rapport à l'observation du positionnement d'attaque des troupes françaises.

Tout en conservant la première ligne de bataille, rapportée par les chevaliers du roi de France, il avait placé plus loin à droite de la position de Maupertuis, sur une colline, sous le commandement de William Montagu, comte de Salisbury avec 300 hommes d'armes et 300 archers.

Le prince de Galle et sa grosse bataille, avec sa cavalerie et l'élite des barons anglais et gascons se tenait un peu en arrière de la première bataille.

La partie accessible du dispositif anglais « était fortifié et enclos avec le charroi et tout le harnois ».

Déroulement

Le roi allait donner le signal d'attaque lorsque deux légats du Pape accourus de toute hâte de Poitiers vinrent parler de trêve et de négociations pacifiques. Malgré le bon vouloir du Prince Galles, qui manquait de vivres, on ne put s'entendre et l'armistice consenti par le roi fut rompu le lendemain matin.

Au petit matin du 19 septembre 1356, un mouvement des Anglais laisse penser qu'ils tentent de passer leur butin de l'autre côté du Miosson au gué de l'Homme. Les deux commandants de l’avant-garde française ont un avis contraire sur ce mouvement : le maréchal Jean de Clermont appréhende un piège, alors que le maréchal Arnoul d’Audrehem estime qu'il faut tout de suite occuper les passages. Le ton monte, ils se défient et, sans prendre les ordres du roi, chargent chacun pour soi.

La charge d'Audrehem sur un chemin bordé de haies (Maupertuis, un mauvais passage) est anéantie par les archers gallois masqués derrière les buissons. Le connétable Gauthier VI de Brienne se joint au maréchal de Clermont pour charger sur le comte de Salisbury. Tous deux sont tués. L'avant-garde est décimée.

Les deux corps de bataille français s'engagent ensuite de façon désordonnée, désordre accentué par les pièges préparés par les Anglais. Les premières lignes françaises s'agglutinent en contrebas des haies infranchissables qui barrent le champ de bataille. Elles refluent à contre sens des secondes lignes qui montent à l'assaut. C'est la pagaille sous un déluge de flèches anglaises. La bataille tourne à l'avantage du Prince noir.

Quand il voit la déconfiture des maréchaux, le roi de France se lance dans la bataille qui se transforme bientôt en un remous de combats individuels où le désordre et puis le désarroi règnent. « Depuis la perte ou la prise des deux maréchaux, la mort du connétable, l'armée royale se disloquait progressivement. »

Il existe, pour l'armée qui relevait du ban féodal, le droit reconnu par l'ordonnance royale du 30 avril 1351, pour les seigneurs bannerets, de se départir (se dégager) d'une bataille jugée perdue et inutile à poursuivre. Ce départ doit se faire par délibération d'une même bannière et en ordre. Il ne se confond pas avec la fuite, mais s'explique par le souci d'éviter d'être fait prisonnier et de verser une rançon qui coûtait fort cher. Il est prescrit de prévenir de son départ.

Alors que le roi Jean II le Bon n'a pas encore donné l'assaut avec le gros de ses troupes, celles-ci l'abandonnent. Il pense alors que la défaite est possible, et sauve ses fils en les envoyant à Chauvigny: le dauphin Charles, le duc de Normandie et le duc d'Anjou.

Jean Chandos l'aperçoit de loin, reconnaissable à sa cotte d'armes fleur-de-lysée et le montre au prince de Galles : « Adressons-nous devers votre adversaire le roi de France, car en cette part gît tout le sort de la besogne. Bien sçait que par vaillance, il ne fuira point. »

Jean le Bon, sur une élévation de terrain appelée le champ Alexandre, entouré de ses plus fidèles, descend de cheval et fait mettre, à tous, pied à terre. Puis, saisissant une hache d'armes, il attend l'assaut.

Certes, Philippe VI, son père, n'avait commis aucune lâcheté, lorsque après s'être vaillamment battu, il se laissa entraîner hors du champ de Crécy par les compagnons qui lui restaient.

L'essence du pouvoir des rois de France est censée être d'ascendance divine. Une attitude non chevaleresque discréditerait la branche des Valois déjà vaincue à Crécy. Or Philippe VI, son père, avait été choisi comme roi au détriment d'Édouard III pourtant petit-fils de Philippe le Bel. Jean le Bon, ayant mis ses enfants à l'abri, choisit donc un sacrifice héroïque.

C'est ici que le commentaire de Jean-Michel Tourneur-Aumont, historien et professeur d'histoire à la Faculté des Lettres de Poitiers, prend un sens ésotérique. C'est le sacrifice du roi.

« Pressé de toutes parts, il se bat jusqu'à l'épuisement de ses forces et l'on peut se demander dans quelle faible mesure, l'appât de la rançon a pu retenir la main de ces guerriers avides, mais farouches, tout sanglants des coups que le roi leur portait. La voix de son fils cadet âgé de 14 ans, Philippe (qui en gardera le surnom de Hardi) qui était revenu se glisser à ses côtés retentit encore dans l'épopée française:— Père, gardez-vous à droite! — Père, gardez-vous à gauche!»

La popularité et la considération envers le roi vaincu furent unanimes. Elles sont attestées par les faits les plus probants: les dons volontaires pour la rançon en des temps de crise économique cruelle; les entreprises de délivrance ; la littérature sans publicité, le prestige à Avignon, l'éclat des funérailles en 1364.

À deux lieues de là se dresse le tout neuf château de Chambonneau. Le Prince noir le prend par bluff. C'est au premier étage du donjon (encore existant) que se déroule le premier repas de captivité du roi et de son fils le 19 septembre au soir. Devant eux, un capitaine anglais blessé dans le combat et moribond à Chambonneau, rend l'âme dans les bras du Prince noir. Il s'agit du sire Dandley.

Les Anglais poursuivirent les fuyards jusque Poitiers qui ferma ses portes.

La bataille commencée à 6 heures, était finie à midi.

Bilan

Pertes

Les Français perdirent 17 comtes, 1 archevêque, 66 barons et bannerets et 2000 hommes d'armes.
3000 hommes d'armes furent tués dans la poursuite sans compter les comtes, vicomtes, barons, bannerets….
Les Français laissèrent sur le champ de bataille 8000 hommes d'armes.

Les Anglais ne perdirent que 190 hommes d'armes et 150 archers.

Jean le Bon est fait prisonnier par Denis de Morbecque. Jean le Bon est le 2e souverain français à être capturé sur un champ de bataille

Édouard III exige une énorme rançon de quatre millions d'écus d'or pour sa libération. Son prestige est au plus haut contrairement à celui de la noblesse française. Le roi étant captif, le royaume va sombrer dans la guerre civile.

Les états généraux de langue d'oïl sont réunis peu après. Ils décident de libérer Charles II le Mauvais, roi de Navarre, cousin et beau-frère du roi captif, dans l'espoir qu'il protège le pays dans la défaite. Mais le Navarrais entre en contact avec les Anglais pour s'approprier de nouveaux fiefs.

Enfin, en 1360, le traité de Brétigny, négocié par Jean Chandos côté anglais, et par Bonabes IV, sire de Rougé et de Derval, côté français, rend la liberté au roi Jean le Bon contre une rançon de 3millions d'écus d'or, (à sa mort, le 8 avril 1364, à peine un tiers de la rançon avait été versé). En outre, la France abandonne aux Anglais la partie du royaume correspondant aux anciennes possessions des  Plantagenets en Aquitaine, soit quasiment tout le sud-ouest de la France.

Enfin, l’efficacité des archers gallois, après Crécy, ne pousse pas à la création d’unités d’archers par le futur roi de France Charles V. Celles-ci sont dissoutes sous la pression de la noblesse, mais l’idée est reprise un siècle plus tard (et après  Azincourt) pour la création des compagnies d'ordonnance en 1445 et les francs archers en 1448.

Conséquences

Angleterre

La chevauchée du Prince noir en 1356 est une très grande victoire pour l’Angleterre, plus grande encore que celle d’Édouard III en 1346.

France

D'un point de vue militaire, la défaite de Poitiers est plus humiliante que celle de Crécy. En effet, ces deux batailles sont identiques, avec des stratégies et échecs identiques.

En 10 ans, les Français n’avaient pas su faire évoluer leur technique militaire. Comme en 1346, l’armée française comptait encore presque exclusivement sur sa cavalerie et n’avaient pas d’archers dans ses rangs. La conception de guerre n'avait pas évoluée et les Français se battaient, très courageusement, en un engagement où les chevaliers se ruaient les uns sur les autres : une stratégie militaire héritée du XIIIe siècle, mais totalement dépassée.

La bataille de Poitiers n'avait été livrée que contre un corps expéditionnaire, valeureux certes, mais bien loin de la force et de l'expérience des troupes royales.

À Crécy, Philippe VI, en constatant son échec, avait quitté le champ de bataille; Jean le Bon réalisant que l’affrontement était un échec, décida cependant de rester. Ce comportement, chevaleresque et héroïque, mais néanmoins inutile, causa de grands troubles dans le royaume de France.

Redition de jean le bon

Charles V réorganise le royaume de France, et mène avec succès des guerres successives notamment contre Edouard III d'Angleterre et Pierre le Cruel, roi de Castille. Charles V bénéficie de l'action de personnages restés célèbres dans l'histoire médiévale, tel Olivier de Clisson ou encore Bertrand Du Guesclin.

L'Histoire n'a pas forcément retenu le nom d'un roi dont la santé fragile l'empéchait d'actes de vaillance sur les champs de bataille du moyen-âge. Il eut pourtant une action salvatrice pour le Royaume de France.

1358 Revolte d'etienne Marcel

Etienne Marcel
Origines familiales

La famille Marcel est l’une des plus puissantes de la bourgeoisie parisienne. Pierre Marcel est un familier de saint Louis qu’il accompagne en croisade. Cette famille de drapiers, très étendue, forme un réseau solidaire. Les Marcel importent des tissus de Flandre et de Brabant, ils sont fournisseurs de la cour et du roi auxquels ils prêtent aussi de l’argent. Ils s’enrichissent aussi grâce aux spéculations immobilières et autres affaires auxquelles leur donne accès leur présence à la cour (en vendant par exemple au roi des maisons proches du palais lorsqu’il fallut l’agrandir) Cette famille sait élargir le cercle de ses alliés par une politique matrimoniale d’union avec d’autres puissantes familles bourgeoises parisiennes : les Poilevilain, les Cocatrix, les Pisdoe ou les Billouard. Cependant, Étienne, s’il n’est pas issu de la branche la plus aisée de la famille, est « rejeton par sa mère d’une lignée d’officiers de l’hôtel royal et par son père de fournisseurs de la cour. »

Les débuts

Étienne Marcel, né entre 1302 et 1310, fils de Simon Marcel, drapier, et d’Isabelle Barbou dite La Délice, se lance dans les années 1330 dans le commerce du drap. Associé à Jean de Saint Benoît, il vend à la cour des marbrés verdelets, importés de Flandre et du Brabant. Il se marie avec Jeanne de Dammartin, fille d’un riche échevin parisien, puis avec Marguerite des Essarts, fille du banquier Pierre des Essarts († 1349), dont les relations lui permettent d’entrer en politique et de créer de nouveaux liens avec les riches marchands des communes flamandes. Propriétaire dans Paris de nombreux bâtiments, il habite rue de la Vieille-Draperie, dans l’île de la Cité.

Conflit avec Robert de Lorris

Ses alliés Pierre des Essarts (son beau-père) ou Jean Poilevillain, sont régulièrement employés par le roi pour des mutations monétaires qui sont un bon moyen de procurer à l’État des ressources financières à un moment où l’impôt devient de plus en plus difficile à faire admettre. Ces manipulations, qui diminuent la teneur en métaux précieux du numéraire, entraînent des dévaluations qui sont très mal perçues par la population des villes et la noblesse (une dévaluation réduit la valeur des redevances seigneuriales à montant fixe). En 1346, à la suite de la bataille de Crécy, ils sont rendus responsables du mauvais gouvernement et sont jetés en prison. Étienne Marcel aurait intercédé auprès du comte de Flandre Louis de Male pour faire libérer Pierre des Essarts. Celui-ci sort de prison sans être condamné ni acquitté mais meurt en 1349. Étienne Marcel, qui est l’un de ses héritiers, se méfie des amendes qui pourraient tomber sur la fortune du défunt une fois le procès terminé - il est soucieux de la dot de sa femme -, et refuse la succession.

Robert de Lorris, un autre puissant bourgeois, est lui aussi l’un des gendres de Pierre des Essarts. Il a su revenir dans l’entourage royal dès 1347, à tel point qu’il est l’un des proches conseillers de Jean le Bon, dont il obtient le 7 février 1352 la réhabilitation de Pierre des Essarts. Bien informé, il n’a pas renoncé à la succession et se trouve le seul à hériter de 50 000 livres. Étienne Marcel vit cela comme une escroquerie dont il fait les frais. La rancune s’accroît contre les spéculateurs qui gravitent autour de Jean le Bon, quand l’argentier du roi décide de se passer des drapiers parisiens et de passer directement ses commandes à Gand, Louvain ou Bruxelles. Ce grand patriciat, proche du pouvoir et associé aux diverses spéculations monétaires et immobilières, est honni par la rue et Étienne Marcel, en rupture avec son milieu d’origine choisira en 1357 de devenir le champion du petit peuple urbain

Prévôt des marchands de Paris

Étienne Marcel appartenait aux deux plus prestigieuses confréries parisiennes : la grande Confrérie de Notre-Dame aux prêtres et bourgeois de Paris et la Confrérie Saint-Jacques-aux-Pèlerins. Les membres de cette dernière font serment de faire le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle dont la Navarre est un point de passage obligé et dont son roi, Charles le Mauvais, est aussi membre de la confrérie (il est proche du mouvement réformateur dont Étienne Marcel sera l’un des principaux meneurs). Étienne Marcel prend un rôle prééminent dans ces confréries et, en 1350, il est cité comme prévôt de la Grande Confrérie de Notre-Dame. Fort de son influence grandissante, il succède en 1354 à Jean de Pacy comme prévôt des marchands de Paris.

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 Blason de la ville de Paris

En 1246, saint Louis décide d’aligner le statut de la prévôté de Paris sur celui des bailliages et nomme un prévôt fonctionnaire. Afin d’éviter un conflit avec les bourgeois dépossédés de leurs prérogatives, il les autorise à élire leur prévôt et quatre échevins qui l’assistent, pour les représenter et s’occuper de l’approvisionnement de la ville, des travaux publics, de l’assiette des impôts. Le prévôt des marchands, qui a la juridiction sur le commerce fluvial, prend pour sceau celui des marchands de l’eau, puissante corporation détentrice depuis 1170 du monopole de l’approvisionnement par voie fluviale.

La compétence du prévôt des marchands est théoriquement limitée aux affaires commerciales, mais la charge acquiert vite un rôle politique en raison de ses forts liens avec la bourgeoisie parisienne, qu’il défend face aux abus de la royauté. La juridiction du prévôt des marchands est le parloir des bourgeois. Étienne Marcel le déplace dans la Maison aux Piliers sur la place de Grève (actuelle place de l’Hôtel-de-ville).

Le prévôt peut même avoir un rôle militaire : les villes doivent pouvoir se défendre et peuvent, le cas échéant, lever des troupes pour le service du roi. Ainsi, en novembre 1355, Étienne Marcel conduit en Picardie le contingent parisien de l’ost royal lancé à la poursuite de la chevauchée du duc de Lancastre. En 1356, à la reprise du conflit, Étienne Marcel est en mesure de faire réparer les fortifications de Paris et construire un nouveau mur rive droite (dans ce qui est aujourd'hui le centre de Paris, actuels 3e et 4e arrondissements)

États généraux de 1355 et 1356

Étienne Marcel n’est pas fondamentalement opposé aux Valois. Au contraire, les intérêts du roi et ceux des milieux d’affaires parisiens convergent. La guerre entraîne le blocage des routes économiques et la prospérité de Paris passe par la sécurisation de la Seine et des accès au Comté de Flandre. Aux États généraux du 8 mai 1355, on tente de simplifier le calcul de l’impôt pour le rendre plus efficace. Mais les impôts ne rentrent pas et le roi a recours une nouvelle fois aux manipulateurs de la monnaie honnis : il rappelle Jean Poilevillain et Nicolas Braque qu’il nomme respectivement aux Comptes et aux Monnaies. La monnaie est dévaluée une nouvelle fois. Les rentes et loyers diminuent au grand dam de la bourgeoisie, de la noblesse et des prélats: la colère monte.

Confronté à la menace anglaise, Jean le Bon convoque les États généraux de langue d’oïl à Paris, dans la grande salle du palais de la Cité, le 2 décembre 1355, pour lever l’armée de 30 000 hommes qu’il juge nécessaire. Étienne Marcel et ses alliés (son cousin Imbert de Lyon, son associé Jean de Saint-Benoît, son prédécesseur à la prévôté des marchands de Paris Jean de Pacy ainsi que ses échevins Pierre Bourdon, Bernard Cocatrix, Charles Toussac et Jean Belot) y sont les principaux représentants des villes. Les États sont extrêmement remontés quant à la gestion des finances publiques (échaudés par les dévaluations entraînées par les mutations monétaires qui ont fait perdre à la monnaie royale 82 % de sa valeur en un an). La noblesse dont les dévaluations diminuent les revenus a un besoin impératif d’une monnaie forte. Les commerçants ont surtout besoin d’une monnaie stable. Après les chevauchées du Prince noir en Languedoc et du duc de Lancastre en Artois, les États ont conscience de la nécessité de lever une armée, mais plus encore de financer des garnisons pour défendre les villes. Ils acceptent la levée d’une taxe sur les transactions commerciales de 8 deniers par livre, à la condition de pouvoir en contrôler la mise en œuvre et l’utilisation des fonds prélevés et que soit émise une monnaie forte. Un collège de 9 officiers (3 par ordre) qui prélèveraient la taxe doit être désigné par les États généraux.

Les impôts rentrant mal et la nouvelle monnaie se dévaluant rapidement, les États sont réunis à nouveau en mars 1356 pour décider d’élargir l’assiette de l’impôt en taxant aussi les revenus fonciers; ce qui se révèle difficile car il faudrait une administration capable de quantifier les revenus des contribuables

Fort de cette armée financée par les États, le roi poursuit le Prince Noir lancé dans une nouvelle chevauchée. Il le rattrape au sud de Poitiers. L’enjeu est plus que militaire : il faut redorer le blason de la noblesse, largement terni depuis le désastre de Crécy et qui, au surplus, est incapable de protéger le peuple des pillages alors que c’est précisément son rôle dans la société médiévale. C’est dans cet esprit qu’il renvoie les troupes envoyées par les villes pour le soutenir à la bataille de Poitiers: c’est au roi et à la noblesse de vaincre. La bataille a lieu le 19 septembre 1356. Le roi Jean le Bon, ne voulant pas fuir comme l’avait fait son père à Crécy, se bat héroïquement. Il est fait prisonnier par les Anglais, mais acquiert dans cette affaire un grand prestige et sauve sa couronne. Le Prince noir, impressionné, fait en sorte qu’il soit reçu avec les honneurs durant sa captivité londonienne

Son fils, le dauphin Charles, qui a pu quitter le champ de bataille, assure la régence et tente de négocier avec l’Angleterre pendant que les mercenaires démobilisés, rassemblés en grandes compagnies, pillent les campagnes. Pour parer à ces débordements, le dauphin propose de créer une armée permanente de 30 000 hommes. Pour cela, il lui faut trouver des financements en levant de nouveaux impôts qu’il sollicite auprès des États généraux, à nouveau convoqués.

L’ordonnance de 1357

La monarchie contrôlée

Les débuts de la régence du dauphin Charles sont difficiles: il n’a que 18 ans, peu de prestige personnel (d’autant qu’il a quitté le champ de bataille de Poitiers contrairement à son père et son frère Philippe le Hardi), peu d’expérience et doit porter sur ses épaules le discrédit des Valois. Il s’entoure des membres du conseil du roi de son père, qui sont très décriés.

Les États généraux se réunissent le 17 octobre 1356. Le dauphin, très affaibli, va se heurter à une forte opposition : celle d'Étienne Marcel, à la tête de la bourgeoisie, allié avec les amis de Charles II de Navarre, dit Charles le Mauvais, regroupés autour de l’évêque de Laon, Robert Le Coq. Les États généraux déclarent le dauphin lieutenant du roi et défenseur du royaume en l’absence de son père et lui adjoignent un conseil de douze représentants de chaque ordre

Les États exigent la destitution des conseillers les plus compromis (récusés pour avoir brutalement dévalué la monnaie à plusieurs reprises), la capacité à élire un conseil qui assistera le roi ainsi que la libération du Navarrais. Le dauphin, proche des idées réformatrices, n’est pas contre l’octroi d’un rôle plus important des États dans le contrôle de la monarchie. En revanche, la libération de Charles de Navarre est inacceptable car elle mettrait fin au règne des Valois. Pas assez puissant pour pouvoir refuser d’emblée ces propositions, le dauphin ajourne sa réponse (prétextant l’arrivée de messagers de son père), congédie les États généraux et quitte Paris, son frère Louis le futur duc d’Anjou réglant les affaires courantes. Les États généraux sont prorogés et seront convoqués une nouvelle fois le 3 février 1357.

Avant de partir, le 10 décembre 1356, le dauphin publie une ordonnance donnant cours à une nouvelle monnaie, ce qui lui permettrait de remplir ses caisses sans passer par les États. Il s’agit cette fois d’un renforcement monétaire de 25 %, ce qui avantage les propriétaires fonciers : c’est-à-dire la noblesse, le clergé et le patriciat urbain (qui possède une bonne partie des grandes villes) donc les catégories sociales représentées aux États. Cela provoque une levée de boucliers de la population parisienne qui voit ses loyers croître de 25 %. Étienne, lui, choisit le parti des compagnons et des boutiquiers contre la grande bourgeoisie et les spéculateurs qu’il tient pour responsables de ses malheurs dans la succession de Pierre des Essars. Il devient maître de la rue. Des échauffourées éclatent et Étienne Marcel fait pression sur Louis d’Anjou puis sur le dauphin qui doit révoquer l’ordonnance et rappeler les États généraux.

Pendant ce temps, le dauphin va à Metz rendre hommage à son oncle l’empereur Charles IV pour le Dauphiné ce qui lui permet d’obtenir son soutien diplomatique. À son retour en mars 1357, il accepte la promulgation de la « grande ordonnance », esquisse d’une monarchie contrôlée et vaste plan de réorganisation administrative, mais obtient le maintien en captivité de Charles de Navarre. Une commission d’épuration doit destituer et condamner les fonctionnaires fautifs (et particulièrement les collecteurs d’impôts indélicats) et confisquer leurs biens. 9 conseillers du dauphin sont révoqués (Étienne Marcel tient sa vengeance contre Robert de Lorris). Six représentants des États entrent au conseil du roi qui devient un conseil de tutelle. L’administration royale est surveillée de près : les finances, et particulièrement les mutations monétaires et les subsides extraordinaires, sont contrôlées par les États.

Au cœur de l’affrontement entre Charles de Navarre et le dauphin

Un gouvernement du régent contrôlé par les États avec son assentiment est donc mis en place. Deux conseils cohabitent : celui du Dauphin et celui des États. Mais pour les réformateurs et particulièrement les Navarrais, cela ne suffit pas : le retour du roi de captivité peut mettre fin à cet essai institutionnel. D’autre part, le Dauphin prend de l’aplomb et n’hésite pas en août à rappeler les conseillers sacrifiés et à demander au prévôt des Marchands de ne s'occuper que des seules affaires municipales. Étienne Marcel et Robert Le Coq organisent donc la libération de Charles de Navarre qui peut prétendre à la couronne et demeure enfermé. Cependant, pour se dédouaner face au dauphin, on donne à cette libération un caractère spontané lui donnant l’aspect d’un coup de main de fidèles navarrais

Le retour de Charles de Navarre est méticuleusement organisé : il est libéré le 9 novembre, il est reçu avec le protocole réservé au roi dans les villes qu’il traverse, accueilli par les notables et la foule réunie par les États. Le même cérémonial se reproduit dans chaque ville depuis Amiens jusqu’à Paris : il est reçu par le clergé et les bourgeois en procession, puis il harangue une foule toute acquise, expliquant qu’il a été spolié et injustement incarcéré par Jean le Bon alors qu’il est de lignée royale

Mis devant le fait accompli, le dauphin ne peut refuser la demande d’Étienne Marcel et de Robert le Coq et signe des lettres de rémission pour le Navarrais. Le 30 novembre, il harangue 10 000 Parisiens réunis par Étienne Marcel au Pré aux Clercs. Le 3 décembre, Étienne Marcel s’invite avec un fort parti bourgeois au conseil du Roi qui doit décider de la réhabilitation de Charles de Navarre, sous prétexte d’annoncer que les États réunis au couvent des Cordeliers ont consenti à lever l’impôt demandé par le dauphin et qu’il ne reste que l’accord de la noblesse à obtenir. Le dauphin ne peut qu’acquiescer et réhabilite Charles le Mauvais

Plus dangereux encore pour les Valois, les États doivent trancher la question dynastique le 14 janvier 1358. Charles le Mauvais exploite le mois d’attente pour faire campagne. Le dauphin se montre actif en organisant la défense du pays contre les nombreux mercenaires qui, faute de solde, pillent le pays. Les maréchaux de Normandie, de Champagne et de Bourgogne se rendent à sa cour. Il cantonne à Paris une armée de 2000 hommes venus du Dauphiné sous prétexte de protéger Paris des exactions des Grandes compagnies. Cela met la ville sous pression. Le 11 janvier, il s’adresse aux Parisiens aux Halles pour leur expliquer pour quel motif il lève une armée, remettant en cause la capacité des États à assurer la défense du pays malgré l’argent prélevé lors des levées d’impôts : c’est un succès et Étienne Marcel doit organiser d’autres réunions noyautées par ses partisans pour le mettre en difficulté. Le 14 janvier, les États n’arrivant pas à s’entendre sur la question dynastique, ni sur la levée d’un nouvel impôt, on décide d’une nouvelle mutation monétaire pour renflouer les caisses de l’État. Les esprits s’échauffent contre les États, pour le plus grand bénéfice du dauphin

L’exécution de l’ordonnance de 1357 est vite bloquée. La commission d’épuration est désignée mais ne fonctionne que cinq mois. Les collecteurs d’impôts nommés par les États rencontrent l’hostilité des paysans et des artisans pauvres. Les six députés entrés au conseil de tutelle sont en minorité et les États généraux manquent d’expérience politique pour contrôler en permanence le pouvoir du dauphin qui, en acquérant du savoir-faire, retrouve l’appui des fonctionnaires. Les déplacements fréquents, coûteux et dangereux à l’époque, découragent les députés de province et les États sont de moins en moins représentatifs. Bientôt, la bourgeoisie parisienne seule vient siéger aux assemblées. Enfin, Jean le Bon, qui garde un grand prestige, désavoue le dauphin et, depuis sa prison, interdit l’application de l’ordonnance de 1357. Étienne Marcel, constatant l’échec de l’instauration d’une monarchie contrôlée par voie législative, essaie de la faire proclamer par la force. Il ne remet pas en cause la nécessité d’avoir un souverain, mais il cherche à composer avec celui qui lui laissera le plus de pouvoir. Il oscille entre la faiblesse supposée du dauphin et la cupidité de Charles le Mauvais.

Le Premier traite de Londres

Voyant la situation évoluer vers une monarchie contrôlée avec Charles de Navarre à sa tête, Jean le Bon se décide à conclure les négociations. Pour cela, il faut négocier directement avec Édouard III. Jean le Bon est donc transféré de Bordeaux à Londres. Ses conditions d’incarcération sont royales : il est logé avec une cour de plusieurs centaines de personnes (des proches capturés avec lui à Poitiers et d'autres qui sont venus de leur plein gré), liberté de circulation en Angleterre, hébergement à l’Hôtel de Savoie. Il accepte en janvier 1358 le premier traité de Londres qui prévoit :

  • La cession en pleine souveraineté des anciennes possessions d’Aquitaine des Plantagenêt (le 1/3 du pays) : La Guyenne (mise sous commise par Philippe VI au début du conflit), la Saintonge, le Poitou, le Limousin, le Quercy, le Périgord, le Rouergue et la Bigorre.
  • Une rançon de 4 millions d’écus.
  • Édouard III ne renonce pas à la couronne de France
La révolte des Parisiens et le meurtre des maréchaux

La nouvelle de l’acceptation par Jean le Bon du premier traité de Londres qui cède le tiers du territoire à l’Angleterre provoque un tollé dont Étienne Marcel va profiter. Un proche du dauphin est assassiné le 24 janvier 1358. Le meurtrier (le valet d’un changeur parisien) est saisi alors qu’il se réfugiait dans une église et le dauphin fait de son exécution un exemple Étienne Marcel exploite les esprits qui s’échauffent : il y a deux cortèges funèbres, d'un côté celui de la victime suivi par le dauphin, de l'autre celui du meurtrier qui est suivi par la bourgeoisie parisienne. Désireux d'impressionner le dauphin, le maître de Paris convoque ses troupes. Le 22 février, il rassemble sur la place Saint-Éloi (île de la Cité) 3 000 artisans armés de pics, de pioches, de fourches, d'épées et de haches. Certains ont trouvé un casque pour se protéger la tête, d'autres ont enfilé une vieille cuirasse rongée par la rouille. Direction le palais royal. Pour se donner du courage, les hommes entonnent des chants de guerre, crient des menaces contre le dauphin et les aristos. Au fil de la marche, la foule grossit. Devant l'église Saint-Landry, aujourd'hui disparue, le cortège tombe sur Renaud d'Acy, l'officier du roi qui a négocié le traité de paix avec les Anglais. On le reconnaît. Le voilà pris à partie. Il veut s'expliquer, mais déjà on l'agrippe. Il s'arrache aux émeutiers, trouve refuge dans une boulangerie. Il n'a pas le temps de se cacher que plusieurs épées le percent à la poitrine, au ventre. Il s'écroule dans une mare de sang. Des partisans qui l'accompagnent sont tués avec lui.

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 Meurtre des maréchaux. En arrière-plan, Étienne Marcel tend un chaperon rouge et bleu au Dauphin.

Puis la foule envahit le Palais de la Cité pour affronter le régent. Étienne Marcel et certains de ses partisans parviennent à sa chambre dans le but de l’impressionner pour pouvoir mieux le contrôler. Il s’exclame : « Sire, ne vous ébahissez pas des choses que vous allez voir, car elles ont été décidées par nous, et il convient qu’elles soient faites Sous les yeux du dauphin épouvanté, les émeutiers conduits par Étienne Marcel massacrent les maréchaux de Champagne et de Normandie. Le futur roi de France Charles V se voit embroché à son tour. Il vacille, perd un instant connaissance et se serait effondré si le prévôt des marchands de Paris ne l'avait pas soutenu. Étienne Marcel fait reculer les émeutiers et, s'adressant au jeune prince de 20 ans, lui affirme n'avoir rien à craindre.. Et pour mettre le dauphin définitivement à l'abri de la vindicte populaire, Étienne Marcel le coiffe de son propre chapeau rouge et bleu, aux couleurs de la ville de Paris, le signe de ralliement des émeutiers. En échange, il s'empare de la toque à glands dorés de Charles pour la poser sur sa propre tête. C'est ainsi qu'Étienne Marcel sauve la vie du futur roi de France il le contraint ensuite à renouveler l’ordonnance de 1357. Les cadavres des deux maréchaux sont traînés jusqu'à la cour pour être exposés sur une table de marbre

Fort de l’ascendant qu’il estime avoir sur le Dauphin qu’il va faire nommer régent, il pense pouvoir se passer de Charles de Navarre qu’il pousse à quitter Paris. Mais, le timide et frêle dauphin se révélera un redoutable politique. De fait, jamais Étienne Marcel n'aura sur lui suffisamment d'ascendant, même si dans les premiers temps le futur monarque n’avait pas assez de pouvoir pour affronter ce redoutable tribun.

Laissant le dauphin au palais, Étienne Marcel court à la Maison aux Piliers pour s'adresser, depuis une fenêtre, à la populace parisienne massée sur la place de Grève. "Parisiens, nous venons de faire un grand exemple, et de prendre un grand engagement. Depuis longtemps, on méprisait nos supplications, on ne tenait compte de nos sacrifices, on se riait de nos misères. Le peuple lassé s'est levé enfin contre ses oppresseurs. Le glaive du peuple vient de hâter une justice trop tardive et d'immoler à la liberté les principaux instigateurs de la tyrannie. [...] Parisiens, décidez maintenant si je mérite l'infamie ou l'estime, l'échafaud ou l'honneur de vous conduire. [...] Français, souvenez-vous que vous êtes aussi les fils et que vous portez le nom de ces guerriers francs qui ont fondé ce royaume par leur valeur. Si vos ancêtres, tous soldats, n'ont point eu, comme les aïeux de ces nobles si hautains, des domaines et des fiefs à nous transmettre, du moins ils étaient libres. Pourquoi les nobles prétendraient-ils avoir hérité du droit de vous opprimer, plutôt que vous, de la liberté ?" La foule lui fait un triomphe. Alors le prévôt, fort du soutien populaire, retourne auprès du dauphin pour lui dicter ses conditions. Celui-ci joue profil bas. Le dauphin ne peut qu’accepter un nouveau changement institutionnel : son conseil est épuré (quatre bourgeois y entrent), le gouvernement et les finances sont aux mains des États, Charles le Mauvais reçoit un commandement militaire et de quoi financer une armée de 1000 hommes, le dauphin obtient de devenir régent du royaume, ce qui permet de récuser les décisions du roi tant qu’il est en captivité (et en particulier des traités de paix inacceptables) Il va jusqu'à excuser le prévôt pour les meurtres de ses deux maréchaux. Il proteste de son amitié pour les Parisiens et accepte deux pièces de drap, l'une rouge et l'autre bleue, pour y tailler des chaperons destinés à ses courtisans.

Pour ratifier cette nouvelle ordonnance et en particulier valider son contenu fiscal, il faut l’accord de la noblesse dont une partie ne veut plus se réunir à Paris (en particulier Champenois et Bourguignons, scandalisés par l’assassinat des maréchaux). La noblesse doit se réunir à Senlis. C’est l’occasion qu’attendait le dauphin pour quitter Paris (ce qu’il fait le 17 mars). Étienne Marcel, pensant encore le circonvenir, lui adjoint dix bourgeois pour le représenter tout en surveillant le dauphin

Il participe aux États généraux de Champagne, qui ont lieu le 9 avril à Provins. Il est soutenu par la noblesse de l’est du royaume, et les délégués parisiens sont mis en difficulté. Fort de ce soutien, le dauphin s’empare des forteresses de Montereau et de Meaux. L’accès de Paris par l’est est bloqué. Au sud et à l’ouest, les compagnies écument le pays. Il ne reste que l’accès par le nord qui préserve l’accès de Paris aux villes du comté de Flandre. Les accès fluviaux ayant été bloqués, Étienne Marcel doit réagir pour empêcher l’asphyxie économique de la capitale

Le 18 avril, il envoie son défi au dauphin. La ville se prépare au combat : on creuse des fossés, le remblai constituant un talus pour arrêter les tirs d’artillerie. On finance ces travaux par une mutation monétaire et en prélevant un impôt, ce qui diminue la confiance des Parisiens envers le gouvernement des États Il fait l'erreur de faire appel au roi de Navarre, Charles le Mauvais, l'ennemi héréditaire. Les troubles s'accentuent. Jouant la carte anglaise, le prévôt se met à dos une partie des Parisiens. Il finit par se faire assassiner le 31 juillet 1358..

Le dauphin réunit alors les États généraux à Compiègne. Ils décident le prélèvement d’un impôt contrôlé par les États, un renforcement monétaire (la monnaie ne devant plus bouger jusqu’en 1359). Par contre, ils abandonnent la volonté de contrôler le conseil du dauphin

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Etienne Marcel et les emeutiers à Paris
1360  Les Jacqueries 

Le terme Jacquerie désigne la Grande Jacquerie de 1358, et, par extension, de nombreuses révoltes paysannes dans l'Occident médiéval et dans l'Europe d'Ancien Régime. Il est utilisé en histoire pour désigner des révoltes paysannes de la période révolutionnaire et, de façon analogue, en sciences politiques pour désigner tout soulèvement paysan.

La Grande Jacquerie est un soulèvement paysan survenu en 1358 dans les campagnes d'Île-de-France, de Picardie, de Champagne, d'Artois et de Normandie, lors de la guerre de Cent Ans dans un contexte de crise politique, militaire et sociale. Cette révolte tire son nom de Jacques Bonhomme, surnom des vilains, puis sobriquet désignant le paysan français, probablement du fait du port de vestes courtes, dites jacques. Elle eut pour chef un dénommé Guillaume Carle.

Ses causes sont multiples, mais peu évidentes. Ainsi, l'impopularité de la noblesse en est une (après la défaite de Poitiers). La simultanéité des révoltes autour de Paris en mai-juin 1358, le mouvement insurrectionnel d'Étienne Marcel et les mouvements qui agitent les villes de Flandres interdisent de les traiter comme des phénomènes isolés

L'événement

La Grande Jacquerie éclate à la fin du mois de mai 1358, Le 28 mai1358, les paysans de Saint-Leu-D'esserent, près de Creil dans l’Oise excédés par les levées fiscales votées à Compiègne et destinées à mettre le pays en défense, se rebellent. Rapidement, les exactions contre les nobles se multiplient au nord de Paris, zone épargnée par les compagnies et hors de contrôle des Navarrais, ou des troupes du dauphin. 5 000 hommes se regroupent rapidement autour d’un chef charismatique : Guillaume Carle, connu sous le nom que lui attribue Froissart : Jacques Bonhomme. Il reçoit très rapidement des renforts de la part d’Étienne Marcel (300 hommes menés par Jean Vaillant), afin de libérer Paris de l’encerclement que le dauphin est en train de réaliser en préservant l’accès nord qui permet de communiquer avec les puissantes villes du comté de Flandre. L’alliance avec Étienne Marcel semble réussir lorsque les Jacques s’emparent du château d’Ermenonville.

Le 9 juin, les hommes du prévôt de Paris et une partie des Jacques (environ mille hommes) conduisent un assaut sur la forteresse du Marché de Meaux où sont logés le régent et sa famille, pour s’assurer de sa personne C’est un échec: alors que les Jacques se ruent à l’assaut de la forteresse, ils sont balayés par une charge de cavalerie menée par le comte de Foix, Gaston Phébus, et le captal de Buch, Jean de Grailly.

Jacquerie meaux

Mais le gros des forces de Guillaume Carle veut en découdre à Mello, bourgade du Beauvaisis, le 10 juin. Écarté du pouvoir par Étienne Marcel qui a trop vite cru contrôler le régent après l’assassinat des maréchaux, Charles le Mauvais doit reprendre la main et montrer au prévôt de Paris que son soutien militaire est indispensable. Pressé par la noblesse et particulièrement par les Picquigny auxquels il doit la liberté et dont le frère vient d’être tué par les Jacques, Charles le Mauvais y voit le moyen d’en devenir le chef. D’autre part, les marchands pourraient voir d’un bon œil que l’on sécurise les axes commerciaux. Il prend la tête de la répression, engage des mercenaires anglais et rallie la noblesse. Guillaume Carle, ayant reçu l'assurance d'une trêve et d'une rémission, fut entraîné par traîtrise dans le camp des nobles où il fut supplicié et décapité, et assaille les Jacques qui n'ont plus de chef. C’est un massacre et la répression qui s’ensuit est très dure: quiconque est convaincu d’avoir été de la compagnie des Jacques est pendu sans jugement. La jacquerie se termine dans un bain de sang dont Charles le Mauvais porte la responsabilité alors que le dauphin a su garder les mains propres.

Le siège de Paris et la mort d’Étienne Marcel

Une fois la jacquerie écrasée, Charles de Navarre, rentre à Paris le 14 juin1358 Il pense avoir rallié à lui la noblesse, mais une grande partie des seigneurs qui était à ses côtés contre les Jacques ne le suit pas dans cette démarche et reste derrière le régent qui a su gagner leur confiance. Charles le Mauvais s’établit à Saint-Denis. Il est fait capitaine de Paris par acclamation et Étienne Marcel envoie des lettres dans toutes les villes du royaume pour qu’il soit fait « capitaine universel». L’objectif est de créer une grande ligue urbaine et d’opérer un changement dynastique en faveur du Navarrais.

On engage des archers anglais pour pallier les nombreuses défections de chevaliers qui, ayant quitté les rangs de l’armée de Charles le Mauvais, assiègent Paris où se trouve le dauphin à partir du 29 juin. Ce dernier se voit encore renforcé par l’arrivée de nombreuses compagnies qui voient dans le pillage de Paris une bonne affaire. Ces troupes remportent quelques escarmouches contre les troupes d’Étienne Marcel et du Navarrais.

Le dauphin veut à tout prix éviter un bain de sang qui le discréditerait et souhaite une solution négociée. Il ne fait donc pas donner l’assaut et continue le blocus en espérant que la situation changera favorablement. Mais les mercenaires anglais qui défendent la capitale sont considérés comme ennemis et s’attirent l’inimitié des Parisiens. Le 21 juillet, à la suite d’une rixe de taverne qui dégénère en combat de rue, trente-quatre archers anglais sont massacrés. Les Parisiens en armes en saisissent quatre cent qu’ils veulent soumettre à rançon.

Le lendemain, Étienne Marcel, Robert Le Coq et Charles de Navarre réunissent la population place de Grève pour calmer les esprits, mais les événements leur échappent et la foule réclame de se débarrasser des Anglais. Pour maîtriser la foule (8000 piétons et 1600 cavaliers en arme), ils la conduisent par groupes distincts vers les mercenaires en embuscade ; ceux-ci taillent les Parisiens en pièces : 600 à 700 meurent dans ces affrontements. Les Parisiens suspectent Charles de Navarre d’avoir prévenu les mercenaires de leur arrivée (il les a quittés avant le combat). Leurs chefs soutenant les ennemis du pays contre le régent et contre la population, les Parisiens se sentent trahis et se désolidarisent d’Étienne Marcel, d’autant que Charles de Navarre attend son frère Philippe et des renforts anglais. Mais la nouvelle du massacre des Parisiens fait vite le tour de la ville et Étienne Marcel est hué à son retour à Paris.

La rumeur enfle rapidement: on dit que Philippe de Navarre arrive avec 10000 Anglais. Les Parisiens redoutent qu’ils ne vengent leurs camarades et pillent la ville. Préparant l’entrée des Navarrais, Étienne Marcel, fait marquer les maisons de ceux qu’il suspecte de sympathie pour le régent, dans la nuit du 30 au 31 juillet. Mais les signes sont interprétés et la suspicion à son égard augmente encore. L’échevin Jean Maillart, aidé de Jehan Pastoret, président du Parlement de Paris, et du gentilhomme et chevalier Pépin des Essart, convainquent les bourgeois de demander l’aide du régent. Le 31 juillet 1358, à l’aube, Étienne Marcel, qui se trouve en compagnie du trésorier de Charles de Navarre, essaye de se faire remettre les clefs de la porte de Saint-Denis mais se heurte au refus de Jean Maillard. N’insistant pas, il tente sa chance à la porte Saint-Antoine, mais Jean Maillart a sonné l’alerte et rameute le plus de gens possible : Étienne Marcel, surpris, est sommé de crier « Montjoie au roi et au Duc. ». Après hésitation, il s’écrie « Montjoie au roi. » Il est apostrophé, la foule gronde. Son sort est déjà scellé : au signal convenu (« Qu’est ce que ceci ? »), il est massacré avec ses suivants.

Assassinat etienne marcel

Le dauphin, qui ne croit plus en une reddition, est en train de se diriger vers le Dauphiné, quand on lui apprend les nouvelles en provenance de Paris. Il entre dans Paris le 2 août, triomphalement. Il a les mains propres. Pardonnant aux Parisiens (il n’y a que très peu de répression, seules quinze personnes sont exécutées pour trahison), il veille à ne pas spolier les proches des exécutés, tout en récompensant ses alliés. Par exemple, la riche veuve de l’échevin Charles Toussac, exécuté le 2 août, est mariée avec Pierre de Dormans : le roi récompense Jean de Dormans (un de ses fidèles) en plaçant son frère et il conserve son héritage à la veuve de son opposant

À la suite de cet événement, tous les Bourgeois de Paris se rallient à Charles V, sauf les plus proches alliés d'Étienne, la famille Pisdoe dont le chef de famille est Jean Pisdoe, ancien prévot des marchands qui reprend contact avec Charles de Navarre et décide d'envoyer son fils, Martin Pisdoe, assassiner Charles V au Louvre. Martin est trahi, il est écartelé, et les Pisdoe, l'une des plus puissantes dynasties parisiennes, proche de la couronne depuis plus d'un siècle, sont exilés et leurs biens sont confisqués

Les origines immédiates de cette révolte sont mal connues mais semblent résulter d'échauffourées entre nobles et paysans ou d'une résistance victorieuse d'un groupe de paysans contre des nobles locaux. De façon plus générale, cette révolte s'inscrit dans le contexte difficile de la guerre de Cent Ans, assombri depuis 1348 par la Grande peste. La noblesse, après les défaites de Crécy en 1346 et de Poitiers en 1356, est déconsidérée. Les grandes compagnies, lorsqu'elles ne guerroient pas pour l'un ou l'autre des partis, rançonnent le pays. Au-delà, la pression fiscale, due au versement de la rançon du roi, la mévente des productions agricoles placent les paysans dans une situation intolérable. Étienne Marcel entretient sciemment l'agitation à son profit.

Quelle que puisse être l'étincelle qui déclenche la révolte, celle-ci est tout de suite décrite avec horreur sous le terme d'«effrois» et enflamme, de proche en proche, la moitié nord du pays. Les chroniques du temps dressent un catalogue des violences antinobiliaires qui se déchaînent alors sur le pays.

Ainsi, le chroniqueur Jean Froissart, dépeint, sous le terme de cruautés des «Jacques Bonhommes», un tableau pour le moins sinistre des méfaits de ceux qu'il qualifie de «chiens enragés». Ce récit est ponctué de faits qui veulent souligner l'animalité des émeutiers :

«Ils déclarèrent que tous les nobles du royaume de France, chevaliers et écuyers, haïssaient et trahissaient le royaume, et que cela serait grands biens que tous les détruisent. […] Lors se recueillirent et s'en allèrent sans autre conseil et sans nulle armure, seulement armés des bâtons ferrés et de couteaux, en premier à la maison d'un chevalier qui près de là demeurait. Si brisèrent la maison et tuèrent le chevalier, la dame et les enfants, petits et grands, et brûlèrent la maison. […] Ils tuèrent un chevalier et boutèrent en un hâtier et le tournèrent au feu, et le rôtirent devant la dame et ses enfants. »

Quel que soit l'effroi des contemporains, d'autres chroniqueurs se montrent moins éloquents sur ses atrocités et l'on peut s'interroger sur la véracité des informations fournies par Froissart, qui semble offrir une version pro-noblesse des événements. Ainsi, Pierre Louvet, dans son «Histoire du Beauvoisis», rappelle que «la guerre appelée la Jacquerie du Beauvoisis qui se faisait contre la noblesse du temps du roi Jean, et en son absence, arriva par le mauvais traitement que le peuple recevait de la noblesse» et le cartulaire d'une abbaye de Beauvais souligne que « la sédition cruelle et douloureuse entre le populaire contre les nobles s'éleva aussitôt. »

Charles V est profondément marqué par les révoltes parisiennes de 1358 où il fut menacé physiquement durant la journée du 22 février: il fait ériger la Bastille sur ses fonds propres Cette forteresse a deux fonctions : elle prévient toute invasion par la porte Saint-Antoine, protégeant aussi l’hôtel Saint-Pol, séjour préféré de la famille royale ; et, en cas d’insurrection dans la capitale, elle couvre la route qui mène au château de Vincennes qui lui sert de résidence hors les murs de Paris.

De manière plus générale, la révolte parisienne, la jacquerie ou plus tard la révolte des paysans anglais de 1390, représentent une menace pour l’ordre social féodal. La formation en masse d’archers ou d’arbalétriers dans la population et de garnisons pour défendre les villes contre les chevauchées anglaises, donnent un poids militaire à d’autres classes sociales que la seule noblesse. C’est pour cette raison qu’en France, sous Charles VI, cette dernière demande et obtient la suppression des archers formés après décision de Charles V, ce qui vaut aux Français d’être à nouveau surclassés par les archers anglais à la bataille d’Azincourt.

La mort brutale d’Étienne Marcel met aussi fin à la tentative de mise en place d’une monarchie contrôlée en France au XIVesiècle. Constatant l’échec de cette tentative qu’il a soutenu au départ, Charles V opte pour un régime monarchique, fondé sur l’État de droit (la justice étant l’un des piliers du prestige royal depuis Saint Louis), la décentralisation (via la politique des apanages) et la garantie par l’État de la sécurité physique (par l’instauration d’une armée permanente) et monétaire (par la création du franc)

Il finance cette politique qui restaure l’autorité royale par l’instauration d’impôts permanents. Le commerce en France ne pouvant se faire sans la sécurisation des axes commerciaux terrestres, la bourgeoisie finit par accepter un État fort financé par une fiscalité lourde qui évolue progressivement vers l’absolutisme du XVIIesiècle.

 
Les reconquêtes sous Charles V

A la mort de Charles V, les Anglais ont été presques totalement rejetés du continent, à l'exception de quelques villes (notamment Bordeaux, Cherbourg, Calais, Bayonne). Il meurt en 1380, laissant à son fils une France bien plus forte que celle dont il avait hérité.

1364 -15 mai, Charles V le Sage rend ses devoirs à son père, dont les restes mortels ont été ramenés de Londres. Le 16 mai - Bertrand Du Guesclin bat Charles le Mauvais et ses alliés anglais à Cocherel. il reçoit en récompense le comté de Longueville. Le 19 mai - Sacre de Charles V à Reims. Le 29 septembre - Bataille d'Auray entre Charles de Blois, soutenu par Du Guesclin et Jean de Montfort, Charles de Blois est tué. Du Guesclin fait prisonnier.

 La bataille de Cocherel
Le contexte

 Le nouveau roi de France, Charles V hérite une situation catastrophique. Son père Jean le Bon, fait prisonnier lors de la chevauchée du Prince noir en 1356, à Poitiers a été obligé de payer une très forte rançon et contraint de signer le traité de Brétigny.
Composées principalement d'Anglais et de Gascons, les Grandes Compagnies, livrées à elles-mêmes, se répandent dans tout le pays situé entre Seine et Loire et y commettent d'intolérables excès. Elles infestent particulièrement les routes de Paris à Orléans, à Chartres, à Vendôme et à Montargis.
D'autre part, Charles le Mauvais, en guerre contre la France pour la succession de la Bourgogne confiée à Philippe le Hardi, recrute des troupes parmi ces Grandes Compagnies et parvient en Normandie avec l'intention d'empêcher le sacre de Charles en coupant la route de Reims. Il est toutefois arrêté, au Château de Rouen, par Jean le Bon.
Philippe de Navarre se tourne alors vers le roi d'Angleterre qui en profite pour se déclarer Roi de France et d'Angleterre.
Le roi de France doit donc combattre sur 3 fronts.

 Forces en présence

 Forces anglo-navarraises 

 de 5 000 à 6 000 hommes, dont 700 lances soit 4 200 hommes, environ 300 archers et environ 500 mercenaires comprenant des Normands, des Gascons, dont le Captal de Buch lui-même et des Anglais. L'ensemble des forces combattait à pied.

 Forces françaises 

 3 000 hommes environ composés de chevaliers bourguignons (dont Jean de Vienne), de Bretons, de Picards, de Gens de l'Île-de-France et aussi de Gascons dotés de lances raccourcies, maniables pour le combat rapproché, ainsi que des mercenaires, sous le commandement de Bertrand Du Guesclin. Ces hommes ont reçu comme principale instruction celle de s'employer à éviter d'être en contact avec les archers anglais, dont la réputation n'était plus à faire. L'ensemble des forces combattait également à pied.

 Prémices

 À partir de ses possessions normandes, Charles le Mauvais avait initié un blocus de Paris. En réaction, Charles V requiert de du Guesclin de dégager la Seine.

 Le 14 mai 1364 à Évreux, le captal de Buch réunit toutes les garnisons navarraises à sa disposition afin de marcher contre le Breton. Ce dernier est parti le 11 mai de Rouen avec une troupe de taille équivalente.

 Plutôt que de couper la route à son adversaire, le captal, arrivé le 15 mai à Cocherel, dispose ses troupes suivant la stratégie anglaise sur une éminence voisine qu'il fait fortifier. Il s'agit de la colline du Bois de la Ronce à deux kilomètres du bourg.

 Pendant que les Anglo-Navarrais se fortifient, les troupes du Guesclin arrivent à Cocherel et disposent leur campement, sachant que les Navarrais préfèreront tenir leur réduit fortifié que de tenter un coup de main.

 Conditions météorologiques

Plein soleil. Les Anglo-Navarrais profitent de l'ombrage du Bois de la Ronce, les Français doivent se faire porter de l'eau de l'Eure qui traverse Cocherel.

 Ordre de bataille

 Les forces anglo-navarraises sont divisées en 3 corps rangés de front sur une colline.

 L'aile gauche commandée par le Bâtard de Mareuil, Bertrand du Franc et don Sanche Lopez comprend 400 armures de fer.

 Le centre sous les ordres du Captal de Buch Jean de Grailly, comprend 400 chevaliers gascons

 L'aile droite commandée par John Jouel comprend les hommes d'armes et les archers anglais.

 L'étendard du captal, point de ralliement est disposé près d'un buisson épineux avec une garde de soixante hommes.

 Les forces françaises sont également divisées en 3 corps rangés avec une réserve placée en arrière.

 L'aile gauche commandée par Jean III de Chalon comte d'Auxerre est composée des milices communales de plusieurs villes de Normandie, de Picardie et de plusieurs autres de diverses provinces françaises

 Le centre commandé par Bertrand Du Guesclin à la tête de troupes composées de Bretons dont son cousin Olivier de Mauny.

 L'aile droite commandée par Baudouin de Lens, sire d'Annequin, gouverneur de Lille, grand maître des arbalétriers de France, c'est-à-dire commandant de l'infanterie française, appuyé par Arnaud de Cervelle, dit l'Archiprêtre, la bannière bourguignonne du Vert Chevalier, et celle du Gascon d'Albret.

 L'arrière-garde qui se compose essentiellement de Gascons avec pour mission de prendre l'adversaire à revers et de lui enlever ses étendards.

 Pour simuler une armée plus importante, du Guesclin fait placer de nombreux étendards supplémentaires.

 La bataille

  CocherelComme à leur habitude  les Anglais tiennent une position surélevée et retranchée.
La matinée se passe en négociations entre les deux camps et à l'intérieur même de chacun d'eux (choix tactiques, cri de guerre, etc...). Le captal de Buch fait croire aux Français qu'un renfort doit lui parvenir, quelque 1 500 hommes supplémentaires, pour inciter les Français à se lancer à l'assaut. En effet, les Anglo-Navarrais tiennent à rester sur leurs positions et les Français, avertis des précédentes défaites, savent qu'une charge leur serait défavorable.

 De son côté, Arnaud de Cervole, dit l'Archiprêtre, négocie avec l'ennemi puis quitte le champ de bataille en prétextant une reconnaissance. Cette désertion à peine déguisée, qui lui vaudra la colère du roi Charles V, affaiblit le bataillon de Baudouin de Lens, sire d'Annequin.

 À midi les deux armées tiennent toujours leurs positions. Les gens d'armes subissent la chaleur suffocante. Bertrand Du Guesclin, arrivé aux environs de 15 h, décide de feinter et au son des trompettes, l'armée française commence à se retirer en direction de l'Eure, les fourgons, les varlets et quelques gens d'armes s'engagèrent sur le pont et traversèrent la rivière.
Le captal de Buch soupçonnant une nouvelle ruse de Duguesclin décida de garder sa position. Mais Jean Joüel, croyant à une retraite de son adversaire, décide de faire charger ses hommes. Alors que les Anglais dévalent à toute allure la colline où ils étaient postés, Duguesclin fait faire volte-face à ses hommes. En peu de temps, la troupe de Joüel est submergée par les trois bataillons français, et ses archers, se trouvant trop près de l'ennemi, ne peuvent intervenir dans ce combat au corps-à-corps.

   Un groupe de trente chevaliers gascons de l'arrière-garde, après avoir contourné le dispositif anglo-navarrais, capture le captal et son étendard.Duguesclin cocherel

 Dans la mêlée, Baudouin de Lens, sire d'Annequin est renversé, blessé et écrasé sous le poids de son cheval ; il est achevé par le Bascon de Mareuil. La mort de ce dernier, la capture du Captal de Buch ainsi que la blessure de Jean Joüel, qui mourra de ses blessures quelques jours plus tard, prive le contingent anglo-Navarrais de ses chefs, et il finit par battre en retraite.

 Pierre de Sacquenville, un des principaux chevaliers et conseillers de Charles le Mauvais est fait prisonnier ; il est décapité à Rouen sur ordre de Charles V. Jean II de Champagne, chevalier banneret (né le 7 janvier 1317) est tué au cours de la bataille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Conséquence

 Cette victoire permet à Charles V de se faire sacrer roi de France le 19 mai 1364 dans la cathédrale de Reims.
La perte des capitaines Jean Joüel et Jean de Grailly est une véritable catastrophe pour les Anglo-Navarrais.

Cocherelcouronnementcha

 Sacre de charles V

Charles V donnant a Duguesclin titres,biens du comté de Longuevile

 Charles 1Charle v porte st denis 2

 


























Charles V rentrant dans Paris Porte St Denis          
                    

 1365 -mars, Traité d'Avignon. Charles le Mauvais abandonne à Charles V ses possessions en Basse-seine en échange de la ville de Montpellier. Le 12 avril - Le traité de Guérande consacre Jean IV de Montfort duc de Bretagne à condition qu'il prête hommage à Charles V. 1367 - A Paris, début de la construction de la nouvelle enceinte. Ordonnances visant à la création d'une armée moderne et à l'organisation de la défense du royaume.

1367 - 3 avril - Du Guesclin est fait prisonnier à Najera (Espagne) au cours de son expédition menée contre le roi de Castille, Pierre le Cruel.

1368 - Naissance du futur Charles VI, fils de Charles V et de Jeanne de Bourbon.

1369 - 15 janvier - La rupture du traité de Calais provoque la reprise de la guerre. Édouard III se proclame à nouveau roi de France. Le 14 mars - Du Guesclin remporte la victoire de Montiel. Assassinat de Pierre le Cruel que remplace Henri II de Transtamare. La France passe alliance avec la Castille. Le 19 juin - Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, père du roi, épouse Marguerite, héritière du comte de Flandre Louis de Mâle. En  Novembre - Confiscation de l'Aquitaine par Charles V.

Le roi jeune, intelligent, lettré et artiste  transforme le vieux Louvre, installe des horloges à Paris et VincennesFait batir des abbayes, des hotels, des colleges, construit l'enceinte pour agrandir Paris sur la rive droiteConstruit la Bastille, Le chateau de Vincennes, l'hotel royal St PolReorganise l'armée et l'artillerie

 
Louvre enceinte charles xive siecle800px louvre medieval foundations flickr
 
                                                Le Louvre et des vestiges
 
P 935

 Vincennes

 

Acquisition st pol 

En grisé emplacement de l’Hôtel Saint-Pol . Le logis du Roi (en rouge) avait son entrée principale par la porte, dite de Seine, qui donnait vers le fleuve. L’enceinte de la ville, édifiée par Charles V délimitait un espace assez vaste. Le logis de la Reine (en jaune) et celui du Dauphin (en bleu) se trouvaient au nord de notre actuelle rue des Lions St Paul. On trouvait des jardins le long de la rue du Petit-Musc. 

L'hôtel Saint-Pol s'étendait entre la rue Saint-Antoine au nord, le quai des Célestins au sud, la rue Saint-Paul à l'ouest et la rue du Petit-Musc à l'est. Il était situé à l'extérieur de la muraille de Philippe-Auguste mais englobé par la nouvelle enceinte que fit construire Charles V de 1358 à 1380. A proximité du nouvel hôtel princier, au début de la rue du Petit-Musc, se trouvait le couvent des Célestins qu'une donation du souverain permit d'agrandir.

450px vestiges de l 1

                                                                                              Vestige de l'eglise st Paul

Photo portail 1

Portail hotel Raoul a l'empalcement de l'hotel St Pol

1370 - 19 septembre - Sac de Limoges par le Prince Noir. Massacre de la population. Le  2 octobre - Du Guesclin bat Robert Knoll à Pontvallin après que celui-ci eut ravagé l'Île-de-France et l'Ouest et la Bretagne.

1380 - Il meurt à 43 ans

Nous voyons dans le Parking de la rue Mazarine ( sous sol) des vestiges de l'enceinte de Philippe Auguste

Enceinte philippe auguste 2010 07 17 c

Enceinte philippe auguste 2010 07 17 d

 

 

 

 

 

 

 

 

 Dans le cadre de la rivalité Franco Anglaise Histoire dAlienor d'Aquitaine
Une riche héritière d'Aquitaine

Alieonor 1

Un mystère auréole la naissance d’Aliénor, fille du Duc d’Aquitaine Guillaume X et petite fille de Guillaume IX le Troubadour. La future reine de France puis d'Angleterre vient au monde en 1122 ou en 1124, dans un lieu resté indéfini. Est-ce à Poitiers, à Bordeaux ou encore à Nieul-sur-Autise, là où sera ensevelie sa mère Aénor de Chatellerault alors qu'Aliénor n'a que six ou huit ans ?   Une tradition extrapolée à partir d’une charte, mais établie aujourd’hui comme un faux document, propose également le château de Belin dans les Landes.

De 1122 à 1137, son enfance se déroule dans une cour féodale sans doute rude mais largement éprise de poésie. Guillaume X d’Aquitaine maintient à l’égard des troubadours et des jongleurs gascons le large mécénat voulu par son père.
Parmi eux, Cercamon (ou Cherche-Monde), jongleur de Gascogne est un protégé du prince troubadour ; ils partagent des joutes poétiques qui adoucissent singulièrement l’austérité du palais ducal de l'Ombrière à Bordeaux ou de celui de Poitiers, sièges du duché d’Aquitaine.

Aliénor sort de l’ombre en 1137, à l’âge de 13 ou 15 ans, à l’occasion de son mariage avec l’héritier du roi de France, le futur Louis VII. Ce mariage est négocié dans la hâte par Suger, abbé de la basilique royale de Saint-Denis, la mort subite du père d’Aliénor exigeant de placer sans tarder l’héritière du duché sous la protection d’un puissant seigneur. Leur union est célébrée le 27 juillet 1137 dans la cathédrale Saint-André de Bordeaux. Quelques jours plus tard, le 1er août 1137, s’éteint le roi de France Louis VI  le Gros qui laisse son royaume au jeune époux. Sur le chemin de Paris, la première escale du couple royal est le château de Taillebourg où Aliénor et Louis VII se retrouvent seuls pour la première fois. Le 8 août, c’est à la cathédrale de Poitiers qu’a lieu le couronnement ducal suivi d’un banquet dans la grand-salle du palais.

Alienor, reine de France

 Les premières années parisiennes dans le palais de la cité sont sans doute inconfortables pour la jeune princesse, étrangère par sa langue et sa culture à une cour où la reine mère, Adélaïde de Savoie, tient encore une place importante. Par ailleurs, le rôle de protecteur qu’est appelé à jouer Louis VII sur l’Aquitaine ducale l’entraîne en 1141 dans une expédition malheureuse contre le comte de Toulouse.
Les enjeux de la politique féodale viennent interférer avec l’action de la jeune reine quand celle-ci favorise le mariage de sa sœur, Pétronille, avec le sénéchal de France Raoul de Vermandois. Elle avait obtenu la dissolution du premier mariage de ce seigneur puissant avec la nièce du non moins puissant Thibaud de Blois, comte de Champagne, sous prétexte de consanguinité. Le pape sanctionne la dissolution et excommunie les nouveaux époux et les évêques qui s’étaient prêtés à la machination; c’est l’une des raisons qui dressent Innocent II contre le roi de France celui-ci défiant l’autorité pontificale en tentant d’imposer son propre candidat au trône épiscopal de Bourges.
Au cours de la guerre qui s’ensuit, les troupes royales sous l’ordre de Raoul de Vermandois massacrent la population de Vitry-en-Perthois en incendiant l’église dans laquelle les habitants s’étaient réfugiés.
Aliénor fut tenue pour responsable de ces drames et la confiance du jeune roi en son épouse chancelle sous l’évidence du châtiment qu’il encourt en poursuivant la défense de ses intérêts.

Bernard de Clairvaux, le réformateur de l’ordre de Citeaux est l’artisan de la conversion du roi à un christianisme militant et austère entièrement soumis à la papauté.
L’abbé Suger, dont les sages conseils ont été négligés au
profit de ceux qui constituaient l’entourage de la Reine, continue cependant son œuvre au profit de la royauté en assurant le rayonnement du panthéon royal de Saint-Denis au cours d’une qui réunit la fleur de la chrétienté. C’est pour Aliénor l’occasion de s’entretenir en privé avec Bernard de Clairvaux qui l’engage à plus de réserve dans la vie politique ; en échange, il l’assure de ses prières en faveur d’une intervention divine susceptible de permettre à la reine de donner un héritier mâle à Louis VII.
Quelques mois plus tard, c’est d’une fille, prénommée Marie, qu’accouche la reine.

En 1145, pour la Noël, le roi annonce à Bourges son intention de se croiser . Le pape Eugène III, un ancien moine cistercien, approuve le projet qui est promu avec vigueur par Bernard de Clairvaux à Vézelay en 1146 à Pâques.
Lorsque la croisade s’ébranle, le 12 mai 1147, c’est un cortège mixte qui quitte Saint-Denis : contrairement à ce que l’on peut attendre d’une expédition militaire aussi risquée que chaste, la deuxième croisade fait la part belle à la reine et à sa suite féminine.

La deuxième croisade

 De Paris à Antioche, par Metz, Ratisbonne, Belgrade, et Andrinople, l’armée des croisées gagne Constantinople où l’empereur Manuel Comnène accueille fastueusement le couple royal qui est logé au Philopation, à proximité du palais des Blachernes. Le séjour de trois semaines à Constantinople est suffisant pour faire comprendre au roi et à ses conseillers que l’attitude de l’empereur n’est pas exempte de duplicité. Il s’avère assez vite en effet que les Byzantins conduisent les croisés dans des pièges et les mettent à la merci des musulmans ; une imprudence de Geoffroy de Rancon, seigneur de Taillebourg, entraîne ainsi la mort de nombreux chevaliers.

En mars 1148, l’armée de Louis VII est à Antioche dont le comte, Raymond de Poitiers, est l’oncle d’Aliénor. Celui-ci tente de détourner les croisés de Jérusalem au profit d’une expédition sur Alep en s’appuyant sur sa nièce : la nature des longs entretiens de Raymond et d’Aliénor font naître les soupçons du roi et des membres de son entourage [ la famille d’Aliénor ]. L’archevêque de Tyr n’hésite pas dans la chronique qu’il fait de cet épisode à insinuer qu’une relation charnelle accompagne les tractations politiques qui conduisent Aliénor à menacer son époux : elle le laissera continuer seul son expédition s’il ne se rend pas aux vues du comte d’Antioche. L’affaire s’envenime et prend un tour décisif lorsqu’Aliénor prétend vouloir l’annulation de son mariage pour cause de consanguinité. Des tractations finissent par permettre aux croisés d’atteindre Jérusalem, mais en dépit des efforts de Beaudoin III et de Louis VII, la tentative de reprendre Damas échoue et les troupes largement amoindries prennent le chemin du retour.

Louis VII et Aliénor font alors route à part et la reine, capturée par des pirates musulmans puis libérée par des chevaliers Normands aux ordres de Roger II, finit par faire escale à Palerme où l’attend le roi dans un pitoyable état de santé qu’aggrave l’annonce de la mort du comte d’Antioche.

Passant par le Mont Cassin, la suite royale parvient à Tusculum où le pape Eugène III
les accueille.
Ce dernier accorde une dispense pour évacuer l’argument de consanguinité et met tout en œuvre pour réconcilier les époux qui conçoivent, vraisemblablement dans la résidence papale, une seconde fille prénommée Aélis. Peut-être en eut il été autrement si l’enfant eut été un garçon, mais moins d’un an après la naissance d’Aélis, après une tournée de plusieurs mois en Aquitaine, le mariage d’Aliénor et de Louis VII apparaît définitivement compromis. Pour la Noël 1151, ils tiennent leur cour à Limoges, à la Chandeleur 1152 à Saint Jean d’Angély.
Le 21 mars 1152, la dissolution du mariage
est actée par un concile réuni à Beaugency. Aliénor regagne alors Poitiers en échappant aux embuscades tendues par Thibaud V de Blois puis par Geoffroy Plantagenêt, fils du comte d’Anjou Geoffroy le Bel, désireux de mettre la main sur ce riche parti.

Le 18 mai 1152, moins de trois mois après son divorce, elle épouse à Poitiers Henri, frère de Geoffroy, mieux pourvu en terres que son frère cadet mais âgé d’à peine 19 ans. Aliénor ne tarde pas à être enceinte et, tandis que son mari négocie sa succession au trône d’Angleterre face à son rival Etienne de Blois, elle met au monde son premier fils Guillaume, le 17 août 1153. Au printemps 1155, le couple séjourne en Normandie auprès de la reine.

Alienor, reine d'Angleterre

La mort d’Etienne de Blois (25 octobre 1154) ayant réglé définitivement la question de la succession, Henri et Aliénor embarquent à Barfleur après avoir rongé leur frein plusieurs semaines devant une mer déchaînée. Ils sont couronnés à Westminster le 19 décembre 1154. Le 1er mars 1155, naît un second fils prénommé Henri comme son père.

Les premières années du couple royal
sont marquées par des déplacements incessants à peine freinés pour la reine par la naissance d’autres enfants. En 1156, au cours d’une grande tournée décrite par Geoffroy du Vigeois et par Richard le Poitevin, elle se rend en Normandie et en Anjou ; la même année, qui voit la mort prématurée de Guillaume, elle met au monde une petite Mathilde.

Entre 1156 et 1167, les périples d’Aliénor la conduisent de l’Aquitaine à l’Angleterre.
De Saumur, Aliénor gagne la région bordelaise en compagnie d’Henri.
Le 13 décembre 1156, elle confirme avec lui les privilèges de l’abbaye de La Sauve-Majeure, des privilèges qu’elle renouvelle seule le 21 décembre de la même année. Elle gagne ensuite Bordeaux où elle célèbre les fêtes de Noël. Deux ans plus tard, en 1158, Aliénor est présente au siège de Thouars ; puis, en janvier 1159 à Blaye, elle assiste à l’alliance d’Henri II et de Raimond Béranger de Barcelone contre le comte de Toulouse avant de regagner Londres après avoir passé l’hiver en Normandie.
Le 8 septembre 1157, Richard naît à Oxford ; un an plus tard, le 23 septembre, elle donne naissance à Geoffroy. En 1161 vient au monde à Domfort une princesse que l’on baptise du nom de sa mère ; quatre ans plus tard à Angers, naît Jeanne et le 27 décembre 1166, Jean, le dernier de ses enfants : elle a alors 42 ou 44 ans et le roi n’hésite pas à afficher sa liaison avec la jeune Rosamonde Clifford.

Il semble que durant toute ces années au cours desquelles elle assume pleinement son rôle de pourvoyeuse d’héritiers potentiels, Aliénor se comporte en épouse soumise n’intervenant que dans la mesure où la politique ambitieuse de son époux lui en laisse l’opportunité. La révolte des seigneurs aquitains dans les années 1168-1169 conduit le roi à lui confier, ainsi qu’à ses fils, un rôle plus important dans la reprise en main du duché.
Dans les années 1169-1173, elle joue un rôle plus actif auprès du jeune duc Richard, parangon des chevaliers courtois formé à l’école du fameux Guillaume le Maréchal. Auprès de Richard, à Niort, elle tient à Pâques en 1170 une cour plénière et lève les confiscations opérées par Henri II.

De 1169 à 1173, Aliénor manifeste sa générosité en faveur de plusieurs établissements poitevins (Saint-Hilaire de Poitiers, Maillezais, Fontevraud). La reine accompagne son fils devant ses vassaux à Niort, à Poitiers et à Limoges en 1170, et suit sans doute sa fille Aliénor, partie épouser à Burgos Alphonse VIII de Castille. Le 30 juin 1172, Aliénor accueille à Limoges les rois d’Aragon et de Navarre, Alphonse II et Sanche VI. Cette période est sans doute celle où Aliénor réside le plus longuement à Poitiers au cœur d’une cour brillante et lettrée au sein de laquelle on situe la naissance du traité De l’amour d’André le Chatelain qui devait tant contribuer à la réputation sulfureuse de la reine.

Le 29 décembre 1170, l’assassinat de Thomas Becket, ancien conseiller et favori d’Henri, devenu depuis plusieurs années l’un de ses opposants les plus résolus, met le roi en état de faiblesse ; celui-ci qui avait dû faire publiquement pénitence consent au couronnement de son fils Henri et de Marguerite de France, fille de Louis VII, couronnement célébré à Westminster le 27 septembre 1172. Les relations ne tardent pas à s’aigrir entre Henri II et Henri-le-Jeune, le conflit éclate ouvertement lorsque le père décide de modifier son testament initial pour soustraire à la part d’Henri les châtellenies de Loudun, Chinon et Mirebeau qu’il entend donner à Jean le Puiné. Henri se place alors, lui et ses deux frères Geoffroy et Richard, sous la protection de Louis VII. Il semble qu’Aliénor ait manœuvré ici en sous œuvre. Accompagnant la rébellion des fils, une révolte des principaux seigneurs du Poitou entraîne celle des vassaux du roi anglais dans une grande partie de ses fiefs continentaux.

La captivité d'Aliénor d'Aquitaine

C’est au cours de ces épisodes troubles que, fuyant la Touraine, la reine déguisée en homme est capturée. Incarcérée à Chinon, elle est emmenée en Angleterre et reléguée dans les résidences royales de la campagne anglaise sous l’étroite surveillance de Ranulf de Glanville, justicier d’Angleterre, et de Ralf Fitz Stephen.
Le roi, persuadé que la reine est à l’origine de la rébellion est d’autant plus attentif à interdire toute action à Aliénor qu’il est désireux d’obtenir l’annulation de son mariage.
La résistance du cardinal Ugucione, nonce apostolique délégué par le Saint Siège, et surtout la mort subite
de Rosamonde Clifford, la maîtresse du roi garantissent à Aliénor le maintien de son titre de reine d’Angleterre.
De là, la reine est accusée de l’assassinat de sa rivale, un pas franchi par les artisans de la « légende noire » sans que rien ne puisse jamais être prouvé.
La disgrâce d’Aliénor
est accrue par le ralliement de ses fils, incapables de résister longtemps à Henri ; la sédition des barons aquitains est définitivement matée en 1183 par Richard Cœur de Lion qui y gagne son surnom. Les succès de Richard éveillent la méfiance de son frère aîné Henri le jeune et des querelles agitent vivement le clan Plantagenêt, mais la mort brutale d’Henri le Jeune en juin 1183 à Martel éteint le conflit.

Le 29 septembre 1183, Henri redistribue les rôles entre ses fils : Richard devenant l’héritier de la couronne devra laisser l’Aquitaine à Jean. Richard refuse et une nouvelle guerre éclate entre lui et Jean allié à son autre frère Geoffroy. La situation devient menaçante pour le roi d’Angleterre qui craint que le roi de France Philippe Auguste ne saisisse la première occasion pour entrer lui aussi dans le conflit. Henri libère alors Aliénor dans l’espoir qu’elle puisse apaiser les querelles entre ses fils. C’est ainsi que la reine libérée peut assister sa fille Mathilde, épouse du duc de Saxe, qui met au monde un fils à Winchester. Avant Noël 1184, à Westminster, la paix est jurée entre Richard, Geoffroy et Jean. Pourtant, dès le retour de Richard en Aquitaine, les hostilités reprennent. Peu après Pâques, en 1185, Henri appelle Aliénor en Normandie et la rétablit à la tête du Poitou, imposant à Richard de se soumettre à sa mère. Richard s’exécute et entreprend la pacification de l’Aquitaine au nom de sa mère qui est reconduite en semi-captivité à Winchester. Geoffroy reprend alors le flambeau de la révolte et se rapproche de Philippe Auguste qui le fait sénéchal de France. C’est sans doute au cours d’un tournoi qu’il trouve la mort à Paris en août 1186 quelques mois avant que sa femme, Constance, ne donne naissance à son fils posthume, Arthur. Richard, mis au courant de la volonté de son père de redistribuer l’héritage en faveur de Jean prend la suite de Geoffroy à la cour de France puis finit par faire hommage à son père. C’est alors que la nouvelle de la défaite de Hattin, le 4 juillet 1187, provoque un nouvel élan de croisade unanime, mais ce n’est qu’un feu de paille et les querelles entre Richard et son père.

La Reine - Mère

Le 6 juillet 1189, le roi d’Angleterre meurt abandonné de tous dans l’église de Chinon. Aliénor libérée assure une sépulture royale à son défunt époux sous les voûtes de l’abbaye de Fontevraud. Les partisans d’Henri sont presque tous choyés et rattachés par des bienfaits multiples au nouveau roi Richard. Le 3 septembre 1189, le couronnement est célébré avec un faste sans précédent et donne lieu pendant trois jours au déroulement d’un banquet royal dont sont exclus les femmes et les juifs.

Le départ pour la troisième croisade (1191-1192) envisagé dès 1187 est encore retardé par la méfiance mutuelle qu’entretiennent les deux rois, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion, un « pacte de non agression » durant la durée de la croisade est en définitive conclu le 13 janvier 1190. Richard s’assure de la tranquillité des seigneurs aquitains en tenant sa cour de la Chandeleur en 1190 à La Réole, une brève campagne l’avait amené à mater quelques seigneurs gascons qui s’étaient indûment fortifiés. Au milieu du mois de mars de la même année, il convoque un conseil de famille en Normandie ; Jean et Geoffroy, leur demi frère, s’y retrouvent auprès d’Aliénor. A Chinon, Richard prend congé de sa mère pour se rendre à Vézelay d’où il part en croisade le 2 juillet.

Aliénor, dont la place auprès du conseil de régence et la position financière ont été assurées par Richard, se charge après le départ de son fils de se rendre à Bordeaux où elle négocie pour Richard la main de Bérengère de Navarre, fille du roi Sanche VI.

Sitôt l’accord conclu, elle prend avec la jeune princesse la route de l’Italie. En janvier 1191, elle traverse les Alpes au Montgenèvre ; en Lombardie, elle fait chemin en compagnie
du comte de Flandres Philippe d’Alsace, puis avec Henri VI Hohenstauffen qui se rend à Rome pour ceindre la couronne impériale après la mort brutale de son père Frédéric Barberousse dans les eaux de l’Oronte.
Le 30 mars 1191 à Messine, elle remet à Richard sa fiancée
et sa tenue de marié : une tunique de samit rose brodée de croissants d’argent, un chapel écarlate avec des plumes d’oiseau retenues par une agrafe d’or, un baudrier de soie auquel pend le fourreau d’or et d’argent de son épée, une
selle dorée au troussequin orné de deux lions affrontés
[ le costume au XIIe ].
Bérengère embarque le jour même et suit Richard qu’elle épouse le 11 mai 1191 dans la cathédrale de Limassol dont venaient de s’emparer les croisés.

Aliénor quitte Messine le 2 avril 1191, gagne Salerne en compagnie de l’archevêque de Rouen Gautier de Coutances, puis Rome où elle veut obtenir le sacre de Geoffroy, fils
bâtard d’Henri II comme archevêque d’York ; Célestin III
tout récemment élu accède à sa demande. Pour Noël, Aliénor est à Bonneville-sur-Touques où elle apprend que le roi de France est revenu dans ses états et menace les possessions anglaises en dépit des accords passés avec Richard. Elle fait fortifier plusieurs châteaux avant de franchir la Manche pour s’opposer aux velléités manifestées par Jean qui veut faire main basse sur le royaume de son frère. Le 11 février 1192, Aliénor est à Portsmouth et entreprend de fortifier les côtes anglaises. Richard informé de la situation est en mesure de rentrer. En effet, sans avoir été triomphaux, les combats qui opposent l’armée des croisés, réduite à sa composante « Plantagenêt », après le retrait dès la fin de l’année 1191,
ne sont pas totalement négatifs pour les chrétiens, et le roi d’Angleterre peut négocier une trêve avec Saladin qui assure le maintien de chevaliers chrétiens en Terre Sainte.

Sur le chemin du retour, Richard tombe dans les mains du duc d’Autriche Léopold V à qui l’oppose un différend déjà ancien ; il est livré à l’empereur germanique Henri VI. Ce denier était de fait l’ennemi juré des Plantagenêt alliés de son principal opposant dans le monde germanique Henri le Lion, duc de Saxe et époux de Mathilde, fille d’Aliénor. Le procédé scélérat motive la rédaction de lettres indignées d’Aliénor au pape Célestin III, mais il faut payer l’énorme rançon contre la liberté de Richard, une somme de cent mille marcs d’argent équivalant à deux années de recettes pour le royaume d’Angleterre. En dépit des difficultés suscitées par le ralliement de Jean au roi de France et par ses manœuvres pour détacher les barons de la fidélité due à Richard, cette somme énorme est réunie en quelques mois par la reine. En décembre 1194, accompagnée d’une escorte impressionnante, elle franchit à nouveau la Manche pour échanger contre ces trente quatre tonnes d’argent la liberté de son fils. Mais ce n’est qu’au terme d’une année de captivité que Richard, accompagné de sa mère, peut regagner l’Angleterre ; en Avril 1194, à Westminster, la restauration du pouvoir de Richard est consacrée par une grande cérémonie après que la reine ait assuré Jean du pardon de son frère.

Entre retraite et diplomatie

La reine se retire alors à Fontevraud d’où elle assiste au triomphe de Richard qui, après avoir battu Philippe Auguste à Fréteval et placé son neveu Otton de Brunswick sur le trône du Saint Empire Romain Germanique laissé vacant par la mort d’Henri VI, a assuré la paix dans les possessions continentales des Plantagenêt. Mais au début du mois d’avril 1199, alors qu’il assiège Châlus, Richard est blessé à l’épaule par un carreau d’arbalète, une blessure qui ne guérit pas et lui coûte la vie. Le 6 avril 1199, Richard meurt. Il est enseveli à Fontevraud auprès de son père tandis que son cœur est envoyé à la cathédrale de Rouen. Le mariage avec Bérengère de Navarre avait été stérile ; la succession de Richard oppose Jean Sans Terre, son frère, à son neveu, Arthur de Bretagne, fils de Geoffroy. Aliénor soutient fermement le parti de Jean qui est couronné à Westminster.

Pour assurer le pouvoir du dernier de ses fils, elle entreprend une longue chevauchée en Aquitaine où elle octroie ou confirme des chartes de privilèges à un grand nombre de villes. En contrepartie de la reconnaissance de leurs coutumes, ces dernières garantissent au roi anglais un soutien financier et militaire de première importance. Le 29 avril 1199, Aliénor est à Loudun, le 4 mai à Poitiers, le 5 à Montreuil-Bonin. Son parcours la mène ensuite à Niort, puis à Andilly, à La Rochelle, à Saint-Jean d’Angély, et à Saintes. Le premier juillet, Aliénor est à Bordeaux ; le 4 juillet, elle atteint la « fin des terres » à  Soulac. Huit jours plus tard, le 11 juillet 1199, elle neutralise l’opposition de Philippe Auguste au pouvoir Plantagenêt en lui faisant hommage pour ses terres aquitaines.

Menant au-delà de simples manœuvres tactiques son projet de pacification, elle imagine ressouder le lien entre les dynasties rivales par le mariage de Blanche, fille du roi de Castille Alphonse VIII et de sa propre fille Aliénor. A près de quatre-vingt ans, Aliénor négocie l’affaire qui s’accompagne d’un renoncement de la part de Philippe Auguste au soutien qu’il porte à Arthur de Bretagne, prétendant à la succession de Richard Cœur de Lion. Passant par Poitiers et Bordeaux, Aliénor franchit les Pyrénées pour aller chercher Blanche qu’elle accompagne à Bordeaux où elle la remet aux mains des émissaires du roi de France, puis regagne  Fontevraud

Les dernières années

Elle est à nouveau tirée de sa retraite par le rocambolesque enlèvement d’Isabelle d’Angoulème perpétré par Jean Sans Terre à la fin de l’été 1200. Isabelle, fille du comte d’Angoulême et âgée de 14 ans, est fiancée à Hugues de Lusignan, comte de la Marche ; le mariage devait sceller l’alliance des maisons d’Angoulême et de la Marche, unifiant un domaine féodal puissant au cœur des possessions Plantagenêt.
C’est peut-être là une des raisons qui poussent Jean Sans Terre, dont l’union avec Havise de Gloucester est restée stérile, à enlever, au mépris de toute convenance et de tout respect du droit féodal, la fiancée de son vassal qu’il s’empresse d’épouser en la cathédrale de Poitiers, avant de la faire couronner le 8 octobre 1200 à Westminster. Aliénor, consciente des risques, marque néanmoins son assentiment en garantissant un douaire à Isabelle en faveur de qui elle consent un transfert de suzeraineté sur les villes de Niort et de Saintes. Parallèlement, elle tente de s’assurer pour le moins de la neutralité du nouveau duc de Bretagne, Guy de Thouars, devenu beau père et protecteur du jeune Arthur par son mariage avec la duchesse Constance, veuve de Geoffroy.

Au terme de deux années au cours desquelles les tentatives d’apaisement de la colère des seigneurs poitevins alternent avec les vexations provoquées par l’arrogance du souverain anglais, Philippe Auguste croit venu le moment de profiter de la situation en convoquant Jean Sans Terre devant la cour de France le 28 avril 1202. La commise, ou confiscation, de tous les biens continentaux du Plantagenêt est prononcée. Poussant l’avantage, il s’empare de la Normandie et envoie en Poitou une armée placée sous le commandement d’Arthur de Bretagne rallié aux Capétiens. Aliénor décide alors de quitter Fontevraud pour trouver refuge à Poitiers. Son voyage est interrompu par une offensive d’Arthur et d’Hugues de Lusignan qui la contraignent à se replier à l’abri des murs de Mirebeau. Le siège est levé par une intervention des troupes de Jean Sans Terre qui fait prisonnier Arthur. De Mirebeau, elle gagne Chinon puis Fontevraud.

C’est à Fontevraud qu’Aliénor passe les deux dernières années de sa vie (1202-1204) durant lesquelles elle assiste, sans pouvoir y remédier, au déclin du pouvoir de son dernier fils. Jean Sans Terre, qui après avoir fait égorger son neveu Arthur dans sa prison de Rouen a perdu l’appui des vassaux que lui avait assurée la diplomatie de sa mère, se montre incapable de maintenir son pouvoir sur la Normandie. Quelques semaines avant sa mort, le 6 mars 1204, elle doit apprendre que le roi de France s’est emparé de Château Gaillard. Le 31 mars, Aliénor expire ; le lieu de son décès est aussi mystérieux que celui de sa naissance : Poitiers ou Fontevraud ? C’est en tout cas dans l’église de cette abbaye qu’elle est inhumée en habit de moniale fontevriste, dans une tombe qui ne sera que quelques années plus tard surmontée du gisant, peut être commandé de son vivant, qui l’immortalise sous les traits de la reine pieuse et altière que nous donne à connaître, au-delà des regards malveillants de quelques chroniqueurs, une histoire richement documentée

On bricole la loi Salique pour contrer les pretentions du roi d'Angleterre sur le royaume de France car Edouard III est petit fils du roi de France Philippe le Bel par sa mere, alors que Charles V n'est qu'un Valois branche cadette des Capetiens dont la dynastie s'est éteinte avec la mort sans heritiers des trois fils de Philippe IV le Bel

HISTOIRE DE LA GUERRE DE CENT ANS

La guerre de Cent Ans est l'un des plus célèbres conflits du Moyen Âge. Elle oppose les rois de France de la dynastie des Valois aux rois d'Angleterre pour la possession du royaume de France. Le conflit peut se diviser en deux périodes au cours desquelles le trône de France est sur le point de basculer sous la tutelle anglaise, avant d'observer une reconquête quasi-totale. A chacune de ces périodes, une figure emblématique, un héros, incarne le sursaut français : ( vous allez retrouver dans ce paragraphe des parties déjà cités plus haut mais pour bien comprendre cette guerre il est necessaire d'en reparler)

  • La première période du conflit voit l'Angleterre victorieuse à Crécy et à Poitiers où le roi de France est capturé. Le sursaut français s'effectue grâce au connétable Bertrand du Guesclin et à son roi Charles V.
  • La seconde période du conflit voit naître une guerre civile : les Armagnacs contre les Bourguignons. Cette lutte favorise l'Angleterre, victorieuse à Azincourt. Le trône est alors promis au roi d'Angleterre. C'est Jeanne d'Arc qui déclenchera le réveil des forces françaises et leur course vers la victoire.

L'origine de la Guerre

Un siècle de lutte entre Français et Anglais

La longue période de lutte entre la France et l'Angleterre, qui est connue sous le nom de guerre de Cent Ans, ne fut pas exactement une guerre, et dura bien plus de cent ans (116 ans : de 1337 à 1453). Cinq rois de France et autant de souverains anglais se trouvèrent successivement engagés dans ce duel. Trois générations entières vécurent dans un perpétuel climat de troubles et de combats. La guerre de Cent Ans se décompose en une série de batailles, séparés par des périodes de paix relative, ou de trêves. Et quand cessaient les combats, les pillages, la famine ou la peste achevaient de ruiner villes et campagnes. Si l'Angleterre ne fut pas épargnée par cette guerre, la France, sur le sol de laquelle se déroulèrent les batailles, fut plus atteinte que sa rivale. Elle finit cependant par avoir le dessus. Mais les deux belligérants sortirent profondément changés de ce conflit séculaire.

Les souverains protagonistes

FranceAngleterre
  • Philippe IV de Valois
  • Jean II le Bon
  • Charles V le Sage
  • Charles VI le Fol
  • Charles VII le Victorieux
  • Edouard III (Plantagenêt)
  • Richard II (Plantagenêt)
  • Henri IV (Lancastre)
  • Henri V (Lancastre)
  • Henri VI (Lancastre)

Les trois prétendants

A la mort de Charles IV le Bel, dernier des Capétiens directs, trois prétendants ont des droits équivalents à la couronne :

  • Philippe, comte de Valois : Fils de Charles de Valois, frère cadet de Philippe le Bel. Philippe  constitue l'un des chef de file de la féodalité française. Son père aura été très influent au cours des règnes de ses neveux. A la mort de Charles IV il devient le Régent du royaume, ce qui lui donne un sérieux avantage pour la suite.
  • Edouard III d'Angleterre : Fils d'Edouard II et d'Isabelle de France, Edouard III est donc le petit-fils de Philippe le Bel par sa mère. Mais il est difficile de mettre un noble anglais sur le trône de France, et pourtant à cette époque, la cour anglaise parle le français, héritage de la conquête normande de  Guillaume le Conquerant.
  • Philippe d'Evreux : Petit-fils de Philippe III, il a épousé sa cousine Jeanne de Navarre (fille de Louis X). Il est donc devenu roi de Navarre, et revendique la couronne selon les droits de sa femme. Philippe d'Evreux est le père de Charles le Mauvais.
Conflit de succession au trône de France

Philippe VI : roi de France

Ce sont les pairs de France qui élisent Philippe de Valois roi de France. Celui-ci a l'avantage d'être ni Anglais ni Navarrais. Pour écarter les deux autres prétendants, on a invoqué la loi salique, cette vieille loi franque qui interdit la transmission de la couronne par les femmes. On a exhibé un vieux document pour le prouver, mais la légitimité du nouveau roi est fragile. Si Edouard III accepte plutôt bien son éviction, il n'en est pas de même pour le roi de Navarre. Le fils de Jeanne de Navarre, Charles le Mauvais n'acceptera jamais son expulsion et tentera par tous les moyens de nuire aux Valois. Dès son accession au trône, Philippe tente donc d'affirmer son autorité, il s'empresse d'aller écraser l'armée flamande, insurgée contre leur comte Louis de Nevers, sur le mont Cassel en 1328. Philippe a ensuite rappelé au roi d'Angleterre qu'il lui devait l'hommage pour ses possessions en Guyenne. En effet, le roi d'Angleterre possède toujours une partie de l'Aquitaine, et il est donc vassal direct du roi de France. C'est chose faite à la cathédrale d'Amiens en 1329.

Edouard III rendant hommage à Philippe VI

(Bibliothèque Nationale de France)

(Bibliothèque Nationale de France)

La vraie cause de l'antagonisme

L'hommage prêté par le souverain anglais au roi de France montre bien que le conflit de succession n'est qu'un prétexte pour la guerre. Edouard III souhaite juste conserver ses possessions en Aquitaine. Et lorsque Philippe voulut mettre la main sur le duché de Guyenne, dernier fief du roi d'Angleterre en France, Edouard III déclencha la guerre. A l'origine du conflit, il s'agissait surtout d'étendre le domaine royal, ou, pour Edouard, de maintenir ses positions. Philippe prend Bordeaux en 1337, il est bientôt appuyé par le comte de Flandre. Edouard III réagit tout de suite en mettant l'embargo sur l'exportation de la laine anglaise qui permet aux flamands de tirer leur richesse (les draps flamands sont vendus dans toute l'Europe). Bientôt, c'est une nouvelle révolte de la Flandre, les insurgés de Gand se rangent du côté du roi anglais. Puis, de Wetminster, Edouard défie publiquement Philippe. Quelques mois plus tard avec ses alliés flamands, Edouard prend publiquement le titre de roi de France. En 1339, premiers combats, Edouard ravage la campagne de Thiérache. La suite des opérations anglaises ne donne rien sur terre, mais sur mer, la flotte française de l'Écluse est écrasée. En 1340, les deux souverains signent une trêve, prolongée jusqu'en 1345.

La guerre de succession de Bretagne (1341 - 1364)

Dès 1341, un autre conflit va opposer indirectement Français et Anglais. Une guerre fait rage pour la succession au duché de Bretagne après la mort du duc Jean III. Cette guerre est aussi appelée « guerre des Deux-Jeanne » Deux clans s'affrontent :

  • Celui des partisans de Charles de Blois et de sa femme Jeanne de Penthièvre (nièce de Jean III), qui ont le soutien du roi de France Philippe VI.
  • Celui de Jean de Montfort (frère de Jean III) et de son épouse Jeanne de Flandres, qui, après avoir pris possession de la quasi-totalité du duché, s'en alla quérir l'alliance d'Edouard III.

Les événements, au début, semblaient favorables au « protégé » du roi de France lorsque Jean de Montfort est capturé après la prise de Nantes. Seulement voilà ! Son épouse, Jeanne de Flandres va organiser la résistance et, parvient à ramener des renforts d'Angleterre. Les Anglais sont victorieux à Morlaix. Le conflit s'éternise, et la population locale fait les frais des atrocités des deux camps. En 1364, au cours de la bataille d'Auray, Charles de Blois est tué. Le fils de Jean de Montfort peut désormais faire valoir ses droits sur la couronne.

Bataille d'Auray

(Bibliothèque Nationale de France)

(Bibliothèque Nationale de France)

Le marasme français
La bataille de Crécy

En 1346, les hostilités reprennent entre Français et Anglais. Edouard III débarque dans le Cotentin, il envahit la Normandie et marche sur Paris. Impressionné par l'armée que vient de lever Philippe VI, il se replie sur la Somme et campe à Crécy pour reposer ses troupes et faire le plein de vivres. Mais le roi de France le poursuit avec opiniâtreté. Ce dernier s'arrête à Abbeville où des renforts lui parviennent. Le 26 août, l'armée anglaise, fraîchement reposée, attend les Français sur les hauteurs. Edouard III a organisé ses troupes habilement afin de les tenir prêtes à riposter à l'attaque de la cavalerie française : ses archers sont placés de telle façon que chaque groupe est couvert par un autre. Derrière eux, les chariots contenant la réserve de flèches ont été disposés en arc de cercle protégeant ainsi chevaux et cavaliers. Côté français, c'est l'anarchie ! L'armée a quitté Abbeville tôt le matin ; très sûre de ses forces, elle pense venir à bout très facilement de l'ennemi et l'organisation laisse à désirer. Soudain, les Anglais sont en vue ! A cette annonce, le roi de France tente de rassembler ses troupes, en vain ; il est déjà trop tard. L'arrière-garde essayant de rejoindre l'avant-garde, le désordre est tel qu'on ne distingue même plus les bannières les unes des autres. Cependant, trois groupes se forment finalement : les arbalétriers génois, les hommes du comte d'Alençon et enfin les hommes du roi. Un violent orage éclate, rendant le terrain boueux et impraticable. Dans une telle situation, comment diable recharger les arbalètes ? Les hommes sont de plus fatigués de leur marche, rappelons qu'armes et carreaux pèsent jusqu'à 40kg. Néanmoins, les voici qui s'avancent. Ils sont reçus par de denses volées de flèches, si drues que « ce semblait neige », dira Froissart. Les hommes s'enfuient de tous côtés, gênant les soldats. Le roi est furieux. Ordre est donné aux cavaliers de tuer cette piétaille en fuite et d'attaquer ! Les chevaliers se battent bravement, certes, mais en pure perte. Le roi lui-même se jette dans la mêlée, et voit deux chevaux mourir sous lui. A la nuit tombante, tout est terminé, la victoire anglaise est aussi imprévue qu'éclatante.

 

Crécy marque un tournant dans la stratégie de guerre : les bombardes faisaient leur apparition pour la première fois dans une bataille rangée. Pas très efficace du fait de leur portée limitée, elles effrayèrent néanmoins les troupes françaises et leurs chevaux, contribuant ainsi au désordre affligeant de l'armée française. La chevalerie entre en déclin, les chevaliers sont battus par l'infanterie.

(Bibliothèque nationale de France)

(Bibliothèque nationale de France)

La Grande Peste

En plus de la guerre un terible fleau, la peste, s'abattit sur la France et sur l'Europe tout entière. Venue d'Orient, plus précisément des hauts plateaux d'Iran, où elle existait à l'état endémique, elle fut propagée par un certain type de rat et se répandit comme une traînée de poudre en 1347. La raison essentielle de cette propagation fut la surpopulation des principaux pays d'Europe, ce qui, venant après de grandes disettes, accrut la vulnérabilité de la population. Les habitants des villes et les communautés religieuses, à cause de leur concentration, furent particulièrement touchés. La peste gagna l'Italie, le sud de la France, l'Espagne et atteignit en 1349 l'Allemagne, l'Europe centrale et l'Angleterre. On posa la question : qui était responsable de ce cataclysme ? Certains trouvèrent des boucs émissaires : les Juifs. Accusés de répandre volontairement la contagion, ils furent massacrés ou brûlés part milliers; des bûchers furent élevés à Strasbourg, Mayence, Spire, Worms. Le pape en vint à menacer d'excommunication ceux qui persécutaient les Juifs. D'autres virent dans la peste le châtiment de Dieu et incitèrent à expier les fautes commises. Lorsqu'elle disparut vers le milieu du siècle, elle avait emporté un tiers de la population.

La peste noire

La peste s'abattit sur la France en 1348, elle y est arrivée par les navires marchands venus d'Orient. Comme on ne connaissait pas les causes du mal, on ne soignait pas les malades et on n'ensevelissait pas les morts, ce qui favorisait la contagion.

 De nouvelles défaites

Après la prise de Crécy, Edouard vient mettre le siège devant Calais. Après des mois de sièges, six bourgeois de la ville, tête et pieds nus, en chemise et la corde au cou, se rendirent devant le roi d'Angleterre afin de remettre leurs vies et la clef de la ville entre ses mains. Ils parvinrent ainsi à éviter la destruction de Calais et eurent la vie sauve grâce à l'intervention de la reine Philippa de Hainaut. C'est un succès pour l'Angleterre, une tête de pont permanente est ainsi créée, destinée à demeurer anglaise jusqu'en 1558. En 1350, Philippe VI meurt, son fils Jean le Bon lui succède. Très vite, le nouveau roi doit faire face aux intrigues de Charles le Mauvais, le roi de Navarre, celui-ci n'hésite pas à comploter des assassinats et des alliances avec l'Angleterre. Jean II le Bon finit par le capturer à Rouen, mais les partisans du roi de Navarre tiennent toujours la Normandie. Profitant de ce conflit, les Anglais lancent deux chevauchées :

  • L'une part de Bretagne sous Henri de Lancastre (futur roi d'Angleterre).
  • L'autre part de Guyenne sous le fils du roi Edouard, le prince de Galles. Surnommé le Prince Noir en raison de son armure, il mène des expéditions sanglantes dans la campagne française. Les Anglais pillent les villages et les bourgs.

La bataille de Poitiers

Face aux chevauchées du Prince Noir, Jean le Bon ne peut réagir car il manque d'argent. Il réunit les états généraux en 1356 afin de lever une armée. Pour poursuivre les Anglais efficacement, il ne garde que les cavaliers, plus rapides. Le combat se déroulera au sud de Poitiers, sur un terrain accidenté et coupé de haies, Jean II le Bon décida que le combat se ferait à pied. Croyant à une fuite des Anglais, les Français s'engagent dans un chemin bordé de haies, devenant ainsi une proie facile pour les archers anglais. Par la suite, les deux corps de batailles s'engagent dans le désordre. La bataille tourne rapidement à l'avantage du Prince Noir. Sentant la déf

aite s'approcher, Jean le Bon décide d'envoyer ses trois fils aîné vers Chauvigny. Seul le cadet Philippe le Hardi (futur duc de Bourgogne), 14 ans, reste au côté de son père en lui recommandant ces célèbres paroles : « Père, gardez-vous à droite, père, gardez-vous à gauche ! » Mais le roi est rapidement cerné, et même capturé par l'ennemi. La défaite est désastreuse, dix ans après Crécy, le royaume est plongé dans la plus grave crise de son histoire. En l'absence du roi, les états généraux de langue d'oil (états du nord) se réunissent sans attendre et décident de libérer Charles le Mauvais dans l'espoir qu'il protège le pays dans la défaite. Mais le perfide Navarrais entre en contact avec les Anglais pour s'approprier de nouveaux fiefs.

  

Emeutes urbaines et jacqueries

  • Emeutes urbaines : Pendant ce temps à Paris, la bourgeoisie s'insurge contre la noblesse et le dauphin, le futur Charles V. Sous la conduite d'Étienne Marcel, prévôt des marchands (charge qui en faisait une sorte de maire de Paris), ils réclament l'abolition de certains privilèges et le contrôle des impôts. En fait, Etienne Marcel rêve de rendre sa ville autonome, à l'image de certaines villes flamandes ou italiennes. Un jour de 1358, il fait irruption dans la chambre du dauphin, faisant assassiner ses maréchaux devant lui. Le pauvre dauphin de 18 ans est infirme et incapable de porter une épée. Il est bientôt contraint de porter un chaperon aux couleurs rouge et bleu de la ville. Mais le dauphin parvient à s'échapper de façon rocambolesque, et fait bientôt le siège de Paris avec ses troupes. Alors qu'il s'apprêtait à donner les clefs de la ville à Charles le Mauvais, Etienne Marcel est assassiné. L'héritier du trône peut alors faire son entrée triomphale dans la capitale. Plus tard, il fera ériger la Bastille pour tenir en respect les turbulents Parisiens.
  • La Jacquerie : Dans les campagnes, l'exaspération due à l'impopularité de la noblesse après la défaite de Poitiers et à la misère entraînée par la guerre et la peste provoqua une explosion. Les Jacques (du surnom de Jacques Bonhomme que les maîtres donnaient à leurs serviteurs) incendièrent les châteaux et menacèrent les seigneurs. La répression, notamment dans la région de Beauvais et de Meaux, fut terrible, et des milliers de paysans furent massacrés.

  

Le sursaut français
Le difficile relèvement de la France

Emprisonné dans la Tour de Londres, Jean le Bon a promis à son geôlier, Édouard III, une rançon de 4 millions d'écus d'or en échange de sa libération ainsi que toutes les possessions des Plantagenêt. Mais le dauphin Charles, auréolé de sa victoire face aux bourgeois parisiens, ne l'entend pas de cette oreille. Edouard III tente alors un nouveau débarquement visant à le faire sacrer à Reims. Epuisés par de longs sièges, les Anglais sont contraints de se retirer du territoire. Le traité de Brétigny est signé en 1360, les Anglais y gagnent de nouvelles possessions en France. Le roi Jean le Bon est libéré, mais il se rend prisonnier volontaire quelques mois plus tard : son fils Louis d'Anjou qui était utilisé comme otage s'était enfui pour rejoindre son épouse. Finalement Jean II meurt en captivité en 1364. Charles V, dit le Sage, monté sur le trône, fut l'artisan du relèvement de la France. Cultivé, collectionneur de manuscrits rares et d'œuvres d'art, aimant s'entourer d'écrivains, de peintres, de musiciens, il fit reconstruire le Louvre et y fonda la bibliothèque royale. Grand travailleur, il sut s'entourer de bons ministres. Grâce à un nouvel impôt sur le sel, la gabelle, il rétablit les finances de la couronne. Tirant avec intelligence les leçons de l'échec de Poitiers, il réorganisa l'armée : finies les cavalcades épiques des barons féodaux ! Désormais, une milice permanente procédant par opérations de guérilla plutôt que par meurtriers engagements frontaux formerait l'élément de base.

La naissance du franc

Après avoir payé une partie de sa rançon, Jean le Bon sort de captivité. En 1360, il crée le franc, pour commémorer sa libération (franc = affranchi). Cette monnaie vient compléter l'écu d'or de Saint Louis et la livre tournois en argent. La pièce de 1360 représente le roi à cheval, une seconde édition en 1365 représentera le roi à pied (le « franc à pied »).

Bertrand du Guesclin, connétable de France

Bertrand du Guesclin est né près de Rennes en 1320. Mat de peau, presque noir, le bébé était paraît-il si laid que son père ne voulut le reconnaître. Bousculé, battu du fait de sa laideur, Bertrand rendit dès qu'il put coup sur coup. Un jour, l'enfant s'insurgea contre ses frères et renversa une longue table, une religieuse orientale le calma et lui prédit qu'il serait un jour le Chef des chefs et que les Lys s'inclineront devant lui. Plus tard, lors d'un tournoi où il a interdiction de participer, il défait tous ses adversaires, avant de refuser de combattre son père. Il se forgea ainsi une force de caractère et un corps d'athlète qui l'amènerait à la plus haute dignité du royaume après le roi. En effet, en 1370, Charles V remet à Bertrand du Guesclin l'épée de connétable de France (chef des armées). Jusqu'à cette date, le fier Breton était à la tête d'une bande de paysans qu'il avait entraînés lui-même à se battre selon les principes de la « guérilla » : la hache pendue au cou, il s'agissait d'harceler les Anglais, vils occupant de sa terre bretonne. Alors qu'Henri de Lancastre dirige une chevauchée en Bretagne, Bertrand s'illustre au cours de la défense de Rennes. Charles de Blois l'adoube chevalier en 1357. Dès lors, au cours du conflit de Succession de Bretagne, Du Guesclin se rangera à ses cotés face à Jean de Montfort.

Légende ou réalité

Une légende courait sur l'origine de la famille du Guesclin. Cela remonterait à Charlemagne, une flotte de nefs sarrasines, conduite par un roi nommé Acquin, aborda les côtes bretonnes et dévastèrent les environs. Charlemagne accourut en personne, et rejeta les envahisseurs à la mer. La panique fut telle que les Sarrasins abandonnèrent sur la plage tentes et matériel ; parmi tout cela il y avait un enfant, le propre fils d'Acquin. Charlemagne en fit son filleul et le baptisa. Il lui donna des précepteurs et en fit un chevalier auquel il octroya le château de Glay qui devint le fief de Sire Glay-Acquin. Nous ne sommes pas loin de Du Guesclin.

Le connétable au service de son roi

En 1357, Du Guesclin est au service du roi Charles V. Il participe à toutes les batailles qui opposent les troupes royales aux Anglais et Navarrais. Il obtient sa première victoire à Cocherel (près d'Evreux), en 1364, en battant l'armée de Charles le Mauvais. Puis, c'est la même année, la défaite d'Auray pour la succession de la Bretagne. Il sera fait prisonnier, le roi s'empresse alors de payer sa rançon. Bertrand du Guesclin engage ensuite une lutte contre le fléau de l'époque : « les Grandes Compagnies » : des mercenaires sans emploi qui s'étaient rassemblés en Côte d'Or. Ces fameuses compagnies se livraient à des exactions en tout genre. Il fallut trouver une solution pour se débarrasser de ces pillards. Du Guesclin, qui était le seul homme à avoir suffisamment d'autorité pour les rassembler, les emmena avec lui pour combattre en Espagne. Le futur connétable avait en tête de mener la lutte contre Pierre le Cruel, allié des Anglais, qui disputait à son frère Henri de Trastamare le royaume de Castille. Du Guesclin réussit à conquérir la Castille mais il est capturé par le Prince Noir. Le roi paya de nouveau la rançon. Libéré, Du Guesclin parvient à vaincre son ennemi à la bataille de Montiel en 1369. Quant aux Grandes Compagnies, elles entrèrent peu à peu en décadence. De 1370 à 1380, en utilisant toujours une tactique, très personnelle, de harcèlement de l'adversaire en partant des places fortes prises et bien défendues, Du Guesclin va réussir à chasser les Anglais de presque la totalité du territoire français occupé (Aquitaine, Poitou, Normandie...). En 1380, il meurt au siège de Chateauneuf-de-Randon en Auvergne. Charles V le fit ensevelir, fait unique pour un homme qui n'est pas roi, dans la basilique royale de Saint-Denis, aux côtés des rois de France. Le roi, victime de maladie, ne tarda pas à le rejoindre.

Le titre de Dauphin

Au cours du règne de Jean le Bon, le Dauphiné est rattaché par donation à la couronne. Désormais l'héritier présomptif de la couronne recevra ce territoire et portera donc le titre de Dauphin. Le premier dauphin sera donc Charles V, par la suite, ce titre servira à désigner l'héritier du trône de France (généralement le fils aîné du roi).

 (Bibliothèque Nationale de France)

(Bibliothèque Nationale de France)

De nouveaux troubles

Charles VI « le Bien Aimé » ou « le Fol »

Avant sa mort, Charles V avait supprimé les fouages (impôt perçu sur chaque foyer), privant ainsi la monarchie de ressources. A sa mort, son fils Charles VI n'a que douze ans. Ce sont ses oncles, les ducs d'Anjou, de Berry, de Bourgogne et de Bourbon qui gouvernent le royaume. Profitant de leur situation, ils dilapident les ressources du royaume et décident d'instaurer de nouveaux impôts pour leur profit personnel. En 1383, c'est la révolte des « Maillotins » : des parisiens armés de maillets descendent dans la rue pour manifester leur mécontentement. En 1388, Charles VI prend en main les affaires du royaume, il chasse ses oncles et rappelle les anciens conseillers de son père, que les princes appellent les « Marmousets » (parmi eux le connétable Olivier de Clisson). Pour ses sujets, Charles VI devient « le Bien Aimé ». En 1392, le destin de ce roi va littéralement changer. En traversant la forêt du Mans, lors d'une expédition contre le duc de Bretagne, le roi prend les membres de sa suite pour ses ennemis et les attaque en brandissant l'épée. Six chevaliers sont tués avant qu'on ait pu le maîtriser. La brutale folie du roi s'aggrave l'année suivante. Les sujets du royaume craignent un retour des oncles de Charles VI au pouvoir. Mais à travers ses crises de folie, le roi retrouve des accès de lucidité et gouverne avec sagesse. Personne n'ose alors placer le roi sous tutelle.

Armagnacs contre Bourguignons

Dès 1392, la reine Isabeau de Bavière préside un conseil de Régence mouvementé. Deux factions s'affrontent alors, aboutissant à une grave guerre civile :

  • Le parti d'Orléans (plus tard appelé Armagnacs) du frère de Charles VI : Louis d'Orléans (grand-père du futur Louis XII).
  • Le parti Bourguignon du puissant oncle de Charles VI : Philippe le Hardi. Duc de Bourgogne, Philippe a hérité de l'apanage confié par son père Jean le Bon, il obtient la Flandre grâce à son mariage. A la tête d'un immense royaume, ses descendants se détacheront peu à peu du royaume de France.

Pendant ce temps, la France esquisse un rapprochement avec l'Angleterre. Le roi d'Angleterre, Richard II épouse la fille de Charles VI. Les deux souverains se rencontrent sans parvenir à des conditions de paix. En 1399, Richard II est renversé par Henri de Lancastre, c'est la fin des tentatives de pacification entre les deux royaumes. La rivalité ne cesse de croître entre Louis d'Orléans, qui est à la tête de l'armée française, et le nouveau duc de Bourgogne, Jean Sans Peur. Ce dernier fait assassiner Louis d'Orléans en 1407, dans le quartier du Marais à Paris. Cet assassinat marque le début de la guerre civile. Le fils de la victime, Charles d'Orléans, demande l'appui à son beau-père Bernard VII, comte d'Armagnac (d'où l'appellation de la faction). Armagnacs et Bourguignons se disputent les places et ressources du royaume, n'hésitant pas à faire appel à l'Angleterre. Jean Sans Peur parvient bientôt à dominer Paris. Très populaire le duc bénéficie de l'appui de l'Université et d'une remuante corporation de bouchers, dirigé par Simon Caboche. Ces derniers obtiennent en 1413, une grande réforme administrative : l'ordonnance cabochienne. Mais les troubles persistants inquiètent la bourgeoisie parisienne, qui se rapproche des Armagnacs. Le comte Bernard VII se rend maître de Paris et se fait nommer connétable par la reine Isabeau de Bavière.

Les ducs de Bourgogne

La bataille d'Azincourt

(manuscrit de Martial d'Auvergne, Xvè siècle, BNF)

Les querelles fratricides qui balayent la France n'ont pas échappé au nouveau roi d'Angleterre, Henri V de Lancastre. Ce dernier en profite pour relancer la guerre, il débarque avec ses troupes en Normandie. Henri V est le fils d'Henri IV, l'usurpateur qui a fait assassiner Richard II, l'héritier des Plantagenets. Il souhaite revoir les ambitions anglaises sur la couronne française, et à défaut, regagner une partie du continent perdue grâce aux campagnes de Bertrand du Guesclin. Sitôt débarqué en France, le souverain anglais va se réfugier à Calais. L'armée française s'organise autour des Armagnacs. Une fois encore, ils possèdent l'avantage numérique, mais malgré les défaites de Crécy et de Poitiers, la chevalerie française n'a rien perdu de son arrogance. En dépit des conseils du duc de Berry, les Français décident d'attaquer les Anglais dans un passage étroit, où il est impossible de se déployer. Déjà fatigués par la longue nuit d'attente sous la pluie, les chevaliers chargent avec le soleil dans les yeux. Avec leurs lourdes cuirasses, ils peinent à se déplacer et sont accueillis par une volée de flèches anglaises. Des piétons anglais viennent bientôt aux pieds des chevaliers en les frappant avec masses et épées. Les prisonniers sont égorgés. Azincourt est l'une des plus meurtrières batailles du Moyen Âge avec 10 000 pertes côté français. Une fois de plus, de nombreux barons français sont tués, Charles d'Orléans, neveu du roi et père du futur Louis XII est capturé et demeurera 25 ans en Angleterre. La chevalerie française qui demeurait l'élite du royaume pendant deux siècles entre en déclin. Ses vertus ancestrales comme le courage, la foi et le sacrifice sont balayés par la stratégie militaire. Une fois de plus une poignée d'infanterie a défait une horde de chevaliers.

La guerre civile

L'inaction du clan des Armagnacs, toujours au pouvoir, incite Henri V à élargir ses projets. Il débarqueen Normandie et organise une conquête méthodique. En 1417, Jean Sans Peur et Isabeau de Bavière installent à Troyes, un gouvernement rival de celui du dauphin. A Paris, les Armagnacs ne s'imposent que par la terreur. En 1418, une violente émeute les chasse de la ville. Le comte Bernard VII et les siens sont froidement massacrés. La nuit du 20 août, les pillages et les massacres se poursuivent. On compte plus de dix mille morts. Le prévôt de Paris rentre dans la chambre du dauphin (le futur Charles VII), organisant sa fuite à cheval. Âgé de 15 ans, le dauphin part se réfugier à Bourges dans le duché de Berry qu'il a hérité de son grand-oncle. C'est un triomphe pour

Jean Sans Peur et ses alliés anglais. Le duc de Bourgogne manœuvre à sa guise le roi Charles VI et sa reine Isabeau de Bavière. Ayant fait alliance avec les Anglais pour son intérêt personnel, Jean Sans Peur en vient cependant à s'interroger au vue de l'invasion anglaise sur le territoire national. Il souhaite faire une ultime tentative de réconciliation avec le dauphin. Les deux partis semblent disposés à mettre fin à leur rivalité qui ne sert que les intérêts anglais. Une entrevue a lieu sur le pont de Montereau en 1419, Jean Sans Peur s'y rend sans protection. C'est alors qu'un conseiller du dauphin, Tanguy du Châtel lui porte un coup de hache au visage, Jean Sans Peur est roué de coups puis assassiné. Naturellement, le meurtre horrifie le pays et ranime la querelle entre Armagnacs et Bourguignons. Charles VI se laisse convaincre par les Anglais de déshériter son fils et signe l'ignominieux traité de Troyes (1420). La fille de Charles VI est promise au roi d'Angleterre qui devient le successeur au trône de France. Il fait une entrée triomphale à Paris aux cotés de Charles VI. Il semble bientôt qu'un roi anglais régnera sur le royaume de France !

La réconciliation entre Armagnacs et Bourguignons aurait dû constituer le relèvement français. Mais il n'en est rien, l'assassinat de Jean Sans Peur plonge le pays dans ses heures les plus noires.

En 1420, la France n'existe plus, le roi fou Charles VI et sa femme Isabeau de Bavière ont déshérité leur fils Charles au profit du roi d'Angleterre. Après l'assassinat de son père, Jean Sans Peur, le duc de Bourgogne Philippe III le Bon s'est allié à Henri V. En 1424, les Anglais envahirent le domaine de Charles et mirent le siège devant Orléans, ville-clef pour le passage de la Loire. Une fois la ville tombée, ils pouvaient facilement conquérir le reste du pays. Mais Orléans ne tomba pas, grâce à une paysanne ignorante de dix-huit ans : Jeanne d'Arc.

La situation du royaume de France

En 1422, le roi Charles VI meurt, c'est une chance que le redoutable Henri V soit mort quelques mois auparavant. Son fils Henri VI est trop jeune pour régner, mais il est l'héritier légitime du royaume, ses oncles assurent la régence. Le jeune roi est reconnu par l'Église, l'Université et le peuple de Paris. Les Anglais jouissent également d'une précieuse alliance avec le duc de Bourgogne, Philippe le Bon. En face, Charles VII règne sur le centre et au sud (pays d'oc). On le surnomme par dérision « le petit roi de Bourges ». Il n'a ni argent ni soutiens, si ce n'est celui de sa protectrice Yolande d'Aragon, des Armagnacs et de quelques mercenaires. Le roi est au bord du renoncement lorsqu'il rencontre Jeanne d'Arc.

L'enfance de Jeanne d'Arc

Jeanne d'Arc est né en 1412 à Domrémy, aux marches de la Lorraine, dans une famille de paysans nommée « Darc » (assez aisés et appelés laboureurs). Sa famille sera anoblie par Charles VII et changera son nom en d'Arc. Jeanne est une fillette pieuse, illettrée et gai, rien ne la distingue de ses compagnons de jeu. A l'âge de 13 ans, elle eut une apparition de Saint Michel sous l'apparence d'un chevalier, de Sainte Marguerite et de Sainte Catherine. L'archange et ses deux saintes lui ordonnent de conduire le dauphin à Reims pour le faire sacrer et de « bouter les Anglais hors de France ». Jeanne n'en parle à personne, mais mois après mois, année après année, les voix reviennent, insistantes… A seize ans, elle parle de ses voix à son oncle, Durand Laxart, qui l'escorte auprès de Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, forteresse voisine de Domrémy. En ces temps de guerres, les illuminés pullulent et Baudricourt conseille Laxart de ramener sa nièce chez ses parents avec une bonne gifle. L'année suivante, les Anglais déferlent sur la Lorraine, Jeanne voit l'ennemi de près et doit se réfugier à Neufchâteau avec sa famille. Revenue à Vaucouleurs, sa personnalité ne passe pas inaperçu, elle rencontre même le duc de Lorraine. Face à une telle détermination, Baudricourt, sceptique, s'assure auprès de son curé « que le diable n'est pas en elle ». Puis il lui donne une escorte de quelques hommes, dont Jean de Metz et Bertrand de Poulengy, qui resteront fidèles à Jeanne tout au long de son épopée. Habillée en homme, Jeanne va jusqu'à Chinon pour y rencontrer le dauphin...

Charles VII

Avant de rencontrer Jeanne d'Arc, Charles n'est qu'un roitelet. Ce portrait le montre clairement comme quelqu'un de taciturne et hésitant. De nombreuses rumeurs font de lui un enfant bâtard dont la légitimité n'est pas assurée.

Portrait de Charles VII, par Jean FOUQUET (Musée du Louvre, Paris)

Portrait de Charles VII, par Jean FOUQUET (Musée du Louvre, Paris)

Le parcours de Jeanne d'Arc

La rencontre du dauphin à Chinon

Arrivée à Chinon, Jeanne se rend à la grande salle du château. Elle n'avait encore jamais vu le roi, et pourtant l'anecdote raconte qu'elle le reconnaît, caché dans son assistance, alors qu'un sujet avait pris sa place. Charles VII est étonné, la jeune fille se présente sous le nom de Jeanne la Pucelle et que le roi des cieux lui commande de l'emmener à Reims pour le faire sacrer. Jeanne et Charles s'entretiennent en secret, nul ne sait ce qu'ils se sont dits, mais le roi ressort avec le visage éclairé. Convaincu, Charles a cependant la prudence de faire examiner Jeanne par des théologiens à Poitiers. Le bon sens de Jeanne y fait immédiatement sensation. « En quelle langue parlent vos Voix? demanda l'un des frères -Meilleure que la vôtre, répliqua-t-elle. -Croyez-vous en Dieu? -Mieux que vous. » Des matrones vérifient même sa virginité. Charles lui donna une armure, une garde de quelques hommes, et l'autorisa à se joindre au dernier convoi destiné à secourir Orléans. Jeanne fit faire un étendard timbré de la fleur de lis et des mots JhesusMaria. De tous les autres chefs de guerre, rudes et parfois cruels, il n'en est pas un qui ose s'opposer à la jeune fille, tous ont cœur de lui obéir. Les hommes ne jurent plus, elle renvoie les prostituées qui s'attachent d'ordinaire au convoi.

L'épée de Jeanne d'Arc

Une fois l'armure de Jeanne confectionnée, on s'inquiéta de l'épée. « Allez à Sainte-Catherine-de-Fierbois dit elle, dans la chapelle du pèlerinage. Vous creuserez derrière l'autel, vous enlèverez une dalle, des pierres, et à peu de profondeur, vous trouverez l'épée qu'il me faut. » Ainsi fut-il fait, et l'on trouva une grande épée à la garde marquée de cinq petites croix. Des traditions affirment que cette épée était celle de Charles Martel qui, après Poitiers, l'aurait offerte aux prêtres du sanctuaire.

Entreé de Jeanne d'Arc à Orléans, par Jean-Jacques SCHERRER (1887)

Entreé de Jeanne d'Arc à Orléans, par Jean-Jacques SCHERRER (1887)

Le siège d'Orléans

Avant l'arrivée de Jeanne d'Arc, Orléans est au bord de la reddition, la ville n'a plus de ressources et est épuisé. Le duc Charles d'Orléans étant fait prisonnier après Azincourt, c'est son demi-frère Jean, dit Dunois, un enfant bâtard, qui défend la ville avec courage.Tandis que les chefs de guerre français hésitent et tergiversent, Jeanne rentre secrètement dans la ville pour y rencontrer Dunois. Elle le somme de faire une sortie, mais la dernière a été trop catastrophique que le bâtard d'Orléans préfère attendre les renforts. Jeanne prend les choses en main, deux bastides anglaises se tiennent dans la région, il faut les attaquer ! Jeanne charge elle-même la bastide des Augustins, la garnison la suit et c'est un succès. Le soir au conseil de guerre, Dunois et ses hommes veulent en rester là, mais Jeanne refuse. Elle ameute la population qui se prépare toute la nuit. Le lendemain, l'assaut est donné, la forteresse est redoutable, les pertes sont élevées, Jeanne est touchée par un carreau d'arbalète au dessus du sein. La blessure est superficielle, elle retourne galvaniser ses troupes. Les Anglais paniquent, ils se jettent dans la Loire, le 8 mai 1429, Orléans est sauvé. C'est un miracle ! Pour Jeanne, la prise d'Orléans prouve le caractère divin de sa mission, la foule lui prête même des pouvoirs de guérison. Pour les Anglais, humiliés, la Pucelle est envoyée par le diable.

 Libératrice de la ville, Jeanne y gagne le surnom de « Pucelle d'Orléans ».

Les compagnons de Jeanne d'Arc

Le parcours de Jeanne est semé de rencontres avec de grands hommes de guerre, fidèles compagnons. Outre les personnages décrits ci-dessous, il y a bien sûr Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs. Les gentilshommes Jean de Metz et Bertrand de Poulengy qui escortèrent Jeanne de Vaucouleurs à Chinon. Les membres de sa maison militaire : le page Louis Coutes et l'écuyer Jean d'Aulon souvent décrit comme le plus fidèle et dévoué des compagnons d'arme de la Pucelle ou encore comme son ami le plus « intime ». Citons également Xaintrailles, Raoul de Gaucourt, Jean de Brosse et son lieutenant l'amiral Louis de Culant. Mais les plus célèbres sont sans nul doute :

  • Le duc d'Alençon, le « gentil duc » pour Jeanne d'Arc, commandant à Patay, avant d'intriguer contre Charles VII, puis Louis XI.
  • Dunois, « Bâtard d'Orléans », fils de Louis d'Orléans. Chargé de défendre Orléans, il devient « le Restaurateur de la Patrie » après sa victoire à Castillon.
  • Le valeureux La Hire, l'un des meilleurs combattants de son temps, devenant par la suite le valet de cœur des jeux de cartes.
  • Le démoniaque Gilles de Rais, accusé de crimes tels que « sodomie, sorcellerie et assassinat ». Il inspira Barbe Bleue et Dracula.
  • Le connétable Richemont, l'un des plus grands soldats de Charles VII, il remporte la décisive victoire de Formigny.

Le sacre du roi

Jeanne d'Arc - par INGRES (Louvre, Paris)

Après l'exploit d'Orléans, deux possibilités s'offraient aux Français : attaquer Paris ou aller à Reims, comme le veut Jeanne, pour sacrer le roi. Le Dauphin, hésitant, fini par donner raison à Jeanne. Seulement le pari est risqué, Reims est cerné par des possessions anglaises et bourguignonnes. Une rencontre décisive a lieu à Patay, face aux Anglais de John Talbot, tout juste chassé d'Orléans. Chacun a encore les souvenirs d'Azincourt, cimetière français. Seulement la Pucelle est là, et elle assure la victoire au nom de Dieu. La bataille s'engage, la charge française est irrésistible, les Anglais laissent 2 000 morts et leur chef prisonnier. Côté français, les pertes sont quasiment nulles. Pour ouvrir la route jusqu'à Reims, les Français libèrent Auxerre, Troyes et Chalons. Le Dauphin peut enfin faire son entrée dans la cathédrale de Reims pour y recevoir le Saint Chrême. Jeanne est à ses côtés, portant son étendard. Le régent anglais, le duc de Bedford, réagit sans attendre, il fait sacrer le jeune Henri VI à Notre-Dame de Paris. Mais sans la Sainte Ampoule, qui valide le rituel du sacre, le couronnement n'a aucune signification. Il n'y a plus qu'un seul roi sur la France, l'héritier des Valois, Charles VII. La mission de Jeanne s'est couronnée d'un succès, en quelques mois, la victoire a changé de camp.

Jeanne se tient aux côtés du roi pendant la cérémonie. Plus tard, lors de son procès, on lui demanda pourquoi elle tenait sa bannière : « Il avait été à la peine, c'était bien raison qu'il fût à l'honneur »

La capture de Jeanne d'Arc

Jeanne d'Arc, miniature du musée de Rouen

Sans les hésitations du Dauphin, Jeanne aurait accompli sa tâche depuis fort longtemps. Seulement, le jeune roi perd du temps. Et pourtant, partout où il passe, la foule est galvanisée, Laon, Coulommiers, Compiègne. Dans la cathédrale de Beauvais dése

 rtée par son évêque, Pierre Cauchon, on célèbre un Te Deum en son honneur. Alors que Jeanne se dirige vers Paris, le roi préfère négocier avec le duc de Bourgogne. Une fois sous les murs de la capitale, les Français constatent que les Anglais ont eu le temps de se préparer. L'assaut est donné à la porte Saint Honoré. Blessée à la cuisse, Jeanne reprend néanmoins le combat, mais le miracle ne se reproduit pas. Le roi décide de lever le siège, et de dissoudre l'armée. Il ne veut pas la guerre mais la négociation. Depuis le sacre, Charles VII traite la jeune Pucelle avec dédain et jalousie. Il décide de s'en débarrasser en l'envoyant combattre les compagnies, ces brigands que du Guesclin avait réussi à chasser du royaume. Mais Jeanne manque de renforts et de munitions, la campagne est un échec. Dès 1430, les intentions du duc de Bourgogne sont claires, aux côtés des Anglais, il souhaite reprendre les villes qui sont passées au roi. Mais Charles VII n'a plus d'armée, il laisse Jeanne se débrouiller toute seule. Elle s'entoure alors de chevaliers fidèles, elle recrute des mercenaires… Le jour de Pâques, elle est acclamée à Melun. Elle attend les renforts du roi, mais ceux-ci ne viennent pas. Elle décide alors de défendre Compiègne assiégée, multipliant les sorties contre l'ennemi. Celle du 24 mai est fatale, elle s'engage trop loin, et se trouve face à une contre-attaque bourguignonne menée par Jean de Luxembourg. La retraite s'effectue, elle reste la dernière. Au moment de rentrer dans la ville, le pont-levis est levé. Trahison ou imprudence ? Quoi qu'il en soit, Jeanne est jeté hors de son cheval et capturé par le seigneur bourguignon.

Qui est Jeanne d'Arc ?

Même si elle portait les cheveux courts et avait des vêtements masculins, Jeanne avait des formes féminines, et la poitrine plutôt forte, un visage au trait harmonieux. Charles d'Orléans détenu en Angleterre lui aurait offert des vêtements d'apparat aux couleurs des Orléans, grâce à ce cadeau on sait que Jeanne mesurait 1m58. En outre, sa virginité est une preuve de l'authenticité de sa mission. Elle-même revendique son titre de Pucelle. Et pourtant Jeanne va partager le bivouac avec de rudes soldats. Pas un ne fut enclin au désir charnel !

Le procès de Jeanne d'Arc

Le seigneur Jean de Luxembourg n'a que faire de la Pucelle, il la vend aux anglais pour dix mille livres. Le roi Charles VII n'a rien fait pour sauver Jeanne, ni soldats ni argent. Henri VI remet la jeune fille aux mains de la juridiction ecclésiastique. L'évêque Pierre Cauchon entend la juger lui-même pour hérésie, prétextant qu'elle fut capturée sur son diocèse. Jeanne est donc transférée à Rouen, solidement tenu par les Anglais. Elle est enfermée dans le donjon du château de Bouvreuil qui domine la ville. Cauchon réalise un nouveau test de virginité, mais la Pucelle est bien vierge ! Aux préliminaires du procès, il n'a rien pour l'accuser. Des théologiens se chargent de l'interrogatoire, mais Jeanne fait preuve d'un bon sens incroyable, elle parvient à tenir tête à ses juges. Cauchon décide alors de pratiquer des interrogatoires à huis clos. Il lui demande pourquoi elle porte des vêtements d'hommes, parce que c'est plus pratique pour le voyage et indispensable pour le combat, lui répond-elle. En revanche elle refuse de reprendre des habits féminins, faut-il rappeler qu'elle dort enchaînée au milieu de deux soudards. Mais se travestir ainsi est un crime pour l'Inquisition, Cauchon a enfin un motif d'accusation. Le véritable procès peut commencer, il s'étale sur deux mois. Le 23 mai, dans le cimetière de Saint Ouen, une mise en scène publique a lieu. Après un réquisitoire d'une rare violence, Cauchon annonce à Jeanne qu'elle est condamnée au bûcher, la jeune fille de 19 ans est terrorisée. Il lui donne alors un acte d'abjuration qu'elle signe d'une croix : en s'engageant de porter des vêtements féminins, elle échappe à la mort. Les Anglais sont furieux, ils veulent l'éliminer au plus vite. Mais Pierre Cauchon sait que ce sera fait. Dans sa cellule, Jeanne est battue, insultée et sans doute violée. Face à cette maltraitance, elle décide de reprendre l'habit d'homme. Mais Jeanne a retrouvé son courage, elle préfère aller au bûcher que de finir sa vie avec des fers.

Le bon sens de Jeanne

« - Vous sentez-vous en grâce de Dieu ?
- Si je n'y suis, Dieu m'y mette... Si j'y suis, Dieu m'y garde »

« - Quel aspect avait saint Michel, quand il vous apparut ? (…) Etait-il nu ?
- Pensez-vous que Dieu n'ait pas de quoi le vêtir ?
- Avait-il des cheveux ?
- Pourquoi les lui aurait-on coupés ? (…)
- Avait-il une balance ?
- Je n'en sais rien (…) J'ai grande joie quand je le vois… »

Statue de Jeanne d'Arc, Place des Augustins

Statue de Jeanne d'Arc, Place des Augustins

Jeanne la Sainte

De l'hérésie à la canonisation

Jeanne d'Arc est déclarée hérétique et relapse, elle est condamnée au bûcher le 30 mai 1431. Sur la place de Rouen, on écarte la foule, Jeanne réclame un crucifix. Bientôt les flammes l'atteignent, « Jésus, Jésus, Jésus ! » répète-t-elle. La foule s'émeut, les soldats sont en larmes : « Nous sommes tous perdus. Nous avons brûlé une sainte ! » L'Église, qui avait condamné Jeanne d'Arc, aura très tôt à cœur de la réhabiliter. En 1456, la condamnation de 1431 est déclarée nulle. Mais la jeune fille est devenue une légende. Passée sous silence par les humanistes du XVIe siècle, elle devient la patronne des catholiques extrémistes au cours des guerres de religions. Les grands philosophes français du XVIIIème ne manqueront pas de la ridiculiser, c'est le cas de Voltaire et Beaumarchais, l'Encyclopédie de Diderot la décrit comme une « idiote manipulée par des fripons ». Mais la littérature catholique ne cesse de faire les louanges de la Pucelle. Jeanne était devenue une héroïne romantique, la montée du patriotisme moderne la rendit de plus en plus populaire. Après la guerre de 1870, « la bonne Lorraine » incarne l'espoir de revanche des Français. Au XXe siècle, Jeanne fait l'objet d'un culte, elle est béatifiée en 1909, puis canonisée en 1920 par Benoît XV.

Légendes johanniques

Il est arrivé au cours de l'histoire que des imposteurs surgissent, prétendant être une personnalité décédée ayant marqué son temps. Plusieurs femmes se présentèrent, affirmant avoir échappé aux flammes. Deux d'entre elles parvinrent à convaincre leurs contemporains qu'elles étaient réellement Jeanne d'Arc : il s'agit de Jeanne des Armoises et de Jeanne de Sermaises, qui étaient peut-être une seule et même personne. Jeanne des Armoises apparut pour la première fois en 1436 à Metz où elle rencontre les deux frères de Jeanne d'Arc, qui la reconnaissent pour leur sœur. La ville d'Orléans interrompit les services funèbres à la mémoire de Jeanne d'Arc durant trois ans. Cette Jeanne, qu'on dit être la fille adultérine d'Isabeau de Bavière et de Louis d'Orléans (frère de Charles VI), donnée en nourrice à des laboureurs de Domrémy, épousa un chevalier, Robert des Hermoises ou des Armoises, proche parent de Robert de Baudricourt. Cette Jeanne s'entretint avec Charles VII par courrier pendant quatre ans. Après avoir obtenu une audience avec le roi, elle admit ensuite publiquement son imposture. En 1457, quand la Pucelle fut réhabilitée, Jehanne de Sermaises apparut en Anjou. Elle fut accusée de s'être fait appeler la Pucelle d'Orléans, d'avoir porté des vêtements d'homme. Elle fut emprisonnée jusqu'en février 1457, et libérée à la condition qu'elle s'habillerait honnêtement. D'autres thèses farfelues sur l'origine de Jeanne d'Arc avancent par exemple la masculinité de la Pucelle.

Jeanne d'Arc sur le bûcher

La fin d'une guerre

La fin de la guerre

Ayant regagné sa légitimité grâce à Jeanne d'Arc, Charles VII peut reprendre l'offensive contre les Anglais. Il signe le traité d'Arras en 1435 avec le duc de Bourgogne Philippe le Bon. En échange de nouvelles terres, le duc renonce à son alliance avec les Anglais. C'est la fin de la querelle entre Armagnacs et Bourguignons. Le conflit reprendra plus tard entre Louis XI et Charles le Téméraire. L'année suivante, en 1436, le connétable Richemont reprend Paris, et Charles VII peut y faire son retour triomphal. Une trêve avec les Anglais est signée à Tours en 1444. Charles VII dit le Bien Servi est entouré par de grands conseillers tel que Jacques Cœur ou sa maîtresse Agnés Sorel. Il peut également s'appuyer sur de valeureux soldats comme Dunois ou Richemont, mais aussi les frères Jean et Gaspard Bureau, ingénieurs, qui mettent au point une puissante artillerie. Les Anglais, quant à eux, sont embourbés dans un conflit dynastique : « La guerre des Deux Roses ». En 1450, le connétable Richemont est victorieux à Formigny, achevant la reconquête de la Normandie. Dans le même temps, l'ost royal entreprend la reconquête de la Guyenne, Bordeaux est repris par les Français en 1450. La bataille de Castillon remportée par Dunois achève la reconquête du territoire, seul Calais reste aux mains des Anglais (et ce jusqu'en 1558). La guerre de Cent Ans est bien finie, Charles VII est le vainqueur ultime de ce long conflit. Il ne reste désormais plus que trois grands fiefs vassaux non rattachés à la couronne : la Bretagne, le Bourbon, et la Bourgogne. A noter que l'Angleterre conservera la fleur de lys sur son blason jusqu'au XIXème siècle.

La victoire de Castillon

Avec la prise de Bordeaux en 1450, la Guyenne est presque reconquise par les Français, mais les exigences de Charles VII font regretter la tutelle anglaise. Henri VI charge John Talbot (déjà perdant à Orléans et Patay) de la reconquête. Après une rapide campagne, Bordeaux est repris. Les Français décident alors de contre-attaquer. L'armée franco-bretonne comprend environ 10 000 hommes dont une puissante artillerie de 300 pièces servies par 700 manœuvriers. L'emplacement choisi offre d'incontestables avantages géographiques : Au nord, une petite rivière aux rives escarpées; À l'ouest, au sud et à l'est, un fossé de 5m de large. Averti de l'arrivée des Français, Talbot, se décide à porter secours aux Castillonnais. Il s'apprête à entendre la messe, lorsqu'on lui rapporte que les Français s'enfuient, abandonnant le camp retranché. On saura plus tard qu'il s'agissait des pages et des bagages inutiles au combat qui quittèrent le champ de bataille. Trompé par ces apparences, Talbot n'hésite plus et se précipite avec les troupes dont il dispose afin de mettre les Français en déroute. L'artillerie des Français, commandée par les frères Bureau, a eu le temps de se préparer. Carnage effrayant. Les assaillants sont pressés les uns contre les autres, ils ne peuvent ni s'échapper ni se dissimuler. Dans la mêlée qui s'ensuit, Talbot est précipité à terre et tué par quelque archer. Au bruit de la canonnade, les Bretons en réserve à Horable chargent avec leur cavalerie et précipitent la déroute des Anglais. Plus tard, le 18 juillet, les Français avançant quelques pièces d'artillerie sous les murs de Castillon obtiennent la reddition de la ville. La même année en 1453, Constantinople tombe aux mains des Turcs, le Moyen Âge s'achève progressivement.

Cette guerre ne s'arretera que lorsque Louis XII arriere petit fils de Louis XI epouse Anne de Bretagne et la paix se poursuivera jusqu'à Louis XIV

 Anne de Bretagne, duchesse de Bretagne et deux fois reine de France

 » Le 26 juin 1471, François, duc de Bretagne, épouse Marguerite de Foix. Le 25 janvier 1476 (ancien style, mais en fait 1477 après l’unification du calendrier), naîtra leur première fille, Anne.

Anne grandit dans la Tour Neuve du château des ducs de Bretagne à Nantes. Son éducation fut confiée à Françoise de Dinan, fort savante et versée dans les lettres et les arts.

Anne apprendra le français, le breton, le latin et le grec et même un peu d’hébreux. Elle chante, danse, joue de la musique, peint et brode. Ses contemporains la décrivent comme une enfant à l’esprit net, au sens droit, une princesse accomplie, à l’intelligence ouverte, et qui est aussi très généreuse mais n’oublie ni les injustices, ni les offenses.

Au physique, petite, légèrement boiteuse, ce n’était pas une beauté mais elle avait beaucoup de charme, et un air de noblesse, de bonté et de décision se dégageait de sa personne.

Son enfance eut été des plus heureuses si le duché de Bretagne n’avait été menacé en permanence par le royaume de France et son roi, le fourbe et cruel Louis XI, aux exactions innombrables.

Pour protéger le duché et son héritière, François II signe un traité d’alliance avec Edouard IV d’Angleterre qui s’engage à marier son fils, le prince de Galles, avec Anne quand ils seront d’âge.

Louis XI est mort en août 1483 mais sa fille Anne de Beaujeu, régente du royaume, continue sa politique belliqueuse et, grâce à ses mercenaires, l’armée royale infligera à l’armée ducale une sangl- ante défaite à Saint-Aubin du Cormier le 28 juillet 1488.

Désespéré, le duc meut en son manoir de Cazoire à Couëron le 9 septembre suivant.

La Bretagne est occupée par les soudards du roi de France. Malgré son jeune âge, Anne comprend qu’elle doit se marier pour échapper au tyran français. Parmi les sept prétendants possibles ses conseillers choisissent Maximilien, duc d’Autriche et héritier de l’Empire.

Entre temps, Anne aura été couronnée duchesse de Bretagne en février 1489 à Rennes, comme le veut la tradition. Et c’est le 19 décembre 1490 qu’Anne épouse Maximilien à Rennes lors d’une cérémonie pour laquelle le duc d’Autriche s’est fait représenter par Wolfgang de Polham, suivie d’une messe dans la cathédrale célébrée par Mgr Michel Guilbé.

Mais le chef de guerre poitevin La Trémoille au nom du nouveau roi de France, Charles VIII, met le siège devant Rennes avec ses soudards en octobre 1491. Mais Rennes résiste. Le roi y vient en personne et propose à Anne de l’épouser. Les conseillers de la duchesse la pressent d’accepter pour le bien de son peuple, ce qu’elle fera finalement. Le mariage avec Maximilien étant déclaré nul car non consommé, le mariage avec Charles VII de France, ce bravache fauteur de guerre qui mit l’Italie à feu et à sang, aura lieu à Langeais loin de la Bretagne et dans un quasi secret le 6 décembre 1491, entouré d’un fort parfum de rapt ce qui amènera le pape Alexandre VI à n’accorder sa dispense qu’après une déclaration solennelle d’Anne affirmant qu’elle n’avait été l’objet d’aucune violence.

Anne, encore une enfant, elle n’a que 14 ans, s’installe  à la cour de France qui est sans doute pour elle, tellement attachée à sa Bretagne, une prison.

Son premier fils, Charles Orland, meurt en décembre 1495 de la variole. Elle aura trois autres enfants, Charles, François et Anne, qui meurent tous peu de temps après leur naissance en 1496, 1497, 1498.

Et cette même année 1498, le sort la débarrasse de Charles VIII qui se tue dans un banal accident.

Elle profite de sa liberté retrouvée pour rétablir les droits de son duché et obtient du nouveau roi Louis d’Orléans-Valois, qui avait combattu aux côtés des troupes bretonnes à Saint-Aubin du Cormier, le retrait des troupes d’occupation françaises en Bretagne.

Devenu Louis XII de France, il doit répudier son épouse Jeanne de France, une femme disgraciée que son père Louis XI avait forcé le duc à épouser pour qu’il ne puisse s’assurer une succession légitime. Cette formalité accomplie, le nouveau roi pourra épouser Anne, rentrée en Bretagne dès août 1498. C’est là que Louis viendra la rejoindre pour l’épouser le 9 janvier 1499 dans la chapelle du château des ducs de Bretagne à Nantes.

En octobre 1499 naîtra une première fille, Claude, puis en janvier 1503 un fils qui meurt à sa naiss- ance, puis en octobre 1510 c’est la naissance de Renée qui deviendra duchesse d’Este.

Mais entre temps, en 1505, Anne était revenue en Bretagne pour un grand Tro Breizh. C’est durant ce voyage qu’elle vint à Brest admirer le navire dont elle avait ordonné la construction en 1496, La Cord- elière, qui devait, sous les ordres de Hervé de Portzmoguer, affronter le vaisseau anglais Le Régent au large  de Brest en 1513 et connaître une fin tragique.

Mais si elle n’oublia jamais la Bretagne, Anne fut une admirable reine de France. Pendant que ses deux époux successifs guerroyaient en Italie, elle encourageait les lettres et les arts.

Bien entendu, à côté d’auteurs et d’artistes français et italiens, elle soutint Pierre le Baud, le premier grand historien du duché et aussi Jean Meschinot qui avait été au service de ses prédécesseurs les ducs de Bretagne depuis Jean V. Parmi les nombreux artistes qu’elle encouragea et soutint il y avait Michel Coulm, dit Michel Colombe originaire du Léon et qui devait sculpter la statuaire du tombeau de François II et de son épouse, aujourd’hui dans la cathédrale de Nantes.

Mais cette trop courte vie, si bien remplie, devait s’achever le 9 janvier 1514 au château de Blois.

Elle fut inhumée dans la basilique de Saint-Denis le 16 février suivant et, sur sa demande expresse, son cœur fut placé dans un reliquaire qui fut conservé au couvent des Carmes de Nantes où se trouvait les mausolées des ducs et duchesse de Bretagne. Ce cœur en or, hélas vide, se trouve aujourd’hui au musée Dobrée de Nantes qui l’a prêté au musée du château des ducs de Bretagne.

Avec ce décès, la Bretagne qui avait tant aimé sa duchesse, perdait celle qui l’avait aussi tellement aimée et qui fut le dernier rempart des libertés bretonnes. «

Descendance

De son mariage avec Charles VIII elle eut :
  • Charles-Orland de France (1492 - 1495), mort de la rougeole à 3 ans.
  • François (Courcelles, août 1493 - idem), né avant terme, inhumé en l'église Notre-Dame de Cléry
  • N (1495)
  • Charles de France (1496)
  • François de France (1497 - 1498)
  • Anne (1498)

Des huit enfants issus de son mariage avec Louis XII, seules survécurent :

  • Claude de France (1499-1524), duchesse de Bretagne et reine de France (1515-1524) par son mariage en 1514 avec François Ier, roi de France ;
  • Renée de France (1510-1575), dame de Montargis, duchesse de Chartres (1528-?) - Mariée en 1528 avec Hercule II d'Este (1508-1559), duc de Ferrare, de Modène et de Reggio.

Par Claude de France, dont la fille aînée Marguerite a épousé le duc de Savoie, Anne de Bretagne est l'ancêtre de Victor-Emmanuel de Savoie, actuel prétendant au trône d'Italie. Par son petit-fils Henri II de France, Anne est aussi l'ancêtre de Charles de Habsbourg-Lorraine, actuel prétendant au trône d'Autriche.

Par Anne d'Este, fille aînée de Renée de France, Anne de Bretagne eut également descendance, notamment dans la Maison de Guise et celle de Savoie-Nemours.

 Nous continuons , Notre Dame de Paris et l'Hotel Dieu de l'epoque ou dans chaque lit il y avait au moins trois personnes : un malade, un mourant, un mort. Nous continuons par le Palais de la cité et son histoire (lié au pouvoir depuis l'occupation romaine)

  Le Palais de la Cité

Le palais de la Cité fut la résidence et le siège du pouvoir des rois de France, du Xe au XIVe siècle. Il s’étendait sur le site couvrant une partie de l’actuel Palais de justice de Paris. De nos jours, l’édifice longe le quai de l'Horloge, sur l’Île de la Cité dans le 1er arrondissement de Paris.

Une partie du palais fut convertie en prison d’État en 1370, après l’abandon du palais par Charles V et ses successeurs. La prison occupait le rez-de-chaussée du bâtiment bordant le quai de l’Horloge et les deux tours ; l’étage supérieur était réservé au Parlement. La prison de la Conciergerie était considérée pendant la Terreur comme l’antichambre de la mort. Peu en sortaient libres. La reine Marie-Antoinette y fut emprisonnée en 1793.

Le monument est géré par le Centre des monuments nationaux à qui il a été attribué à titre de dotation par un arrêté du 2 avril 2008. Il est aujourd'hui possible de le visiter, et des expositions temporaires y sont organisées. On y trouve aussi une reconstitution des geôles révolutionnaires des cellules à pailleux, à pistole et celle de Marie-Antoinette, ainsi que la lame de la guillotine qui servit à l’exécution de Lacenaire.

De vastes travaux de restauration ont été entrepris sur le bâtiment début 2011.

Origine et sens du mot Conciergerie

La Conciergerie est le principal vestige de l’ancien Palais de la Cité. Le mot Conciergerie désigne d’abord le logement du concierge, puis par extension la prison dans laquelle il maintenait ses prisonniers. Le concierge avait la charge d'un édifice important, par exemple un château ou un palais. Cette définition est attestée dès 1195 par cumcerge. L'étymologie du mot est douteuse. On a supposé un latin obscur concerius, de cera (« cire »), plus souvent un latin hypothétique conservius (dérivé du latin classique conservus, « compagnon d'esclavage »), et plus récemment ancien français hypothétique canchiarche, « directeur de la prison ».

Dans le cas du palais de la Cité, le nom de Conciergerie est utilisé pour désigner à la fois une partie du quartier de détention, c’est-à-dire la prison des femmes, et l’ensemble des salles gothiques, à savoir la salle des gens d’armes, la Rue de Paris, la salle des gardes et les cuisines.

Le palais de la Cité au Moyen Âge

Entre 308 et 336, l'île de la Cité fut ceinte d'un mur défensif. Ainsi défendue, l'île fut dotée de deux grands monuments publics : à sa pointe occidentale le grand castellum ou palatium. Sous l'actuel Marché aux Fleurs, une basilique de très grande taille. De fait, lors des invasions barbares, l'île de la Cité devint un enjeu stratégique et deux empereurs militaires y résidèrent : Julien, en 358 et durant l'hiver 359-360 puis Valentinien Ier. La muraille, avec deux mètres d'épaisseur et dont on ne sait si elle était munie de tours constituait une défense relativement faible. Le Palatium occupait une surface avoisinant 1 ha. Cet espace abritait le Tribunal du prétoire et fut de façon temporaire la demeure des deux empereurs Julien et Valentinien. La basilique, partiellement découverte en 1844, n'a été identifiée qu'en 1986 à l'occasion d'une fouille. Ses dimensions étaient très vastes. Pendant le Moyen Âge, c'est au sein du palatium que s'installèrent les rois francs, ponctuellement sous les Mérovingiens puis de façon permanente sous les Capétiens.

Les Mérovingiens

La période mérovingienne est mal connue du fait de la pauvreté des sources textuelles. Il est vraisemblable que les rois mérovingiens, losqu'ils séjournaient à Paris, résidaient dans la Citadelle de la Cité, toujours ceinte des murs du Bas-Empire. Dagobert, roi des Francs de 629 à 638, avait une cour itinérante, mais on sait qu'il séjourna en son palais de la Cité. L'importance du lieu est confirmée par le fait qu'il y fit établir un atelier monétaire : les pièces issues de cet atelier portent l'inscription Palati moneta et représentent Saint Éloi. En 635, fut fondée, sous la direction de ce saint homme et sous la protection du roi, face au palais (en bordure nord de l'actuelle préfecture de police), une abbaye de femmes consacrée à saint Martial de Limoges et connue ensuite sous le nom de Saint-Éloi.

Les Carolingiens

À l'époque carolingienne, Paris cessa de jouer un rôle prédominant. Charlemagne ne séjourna qu'épisodiquement à Paris. Sous le règne de son petit-fils, Charles II le Chauve, les remparts de la Cité furent endommagés, suite aux attaques des Normands et c'est le roi Eudes qui les fit restaurer, bien qu'il n'habitât pas à Paris. De nombreuses chapelles furent érigées dans l'île de la Cité à partir du milieu du IXe siècle.

Le palais de la Cité fut la demeure des comtes de Paris. Il fut habité par le roi Eudes Ier et Hugues Capet y établit la Curia Regis (le Conseil royal) et divers services de son administration..

Robert II le Pieux

Selon le témoignage du moine  Helgaud, Robert II le Pieux, fils d'Hugues Capet, entreprit à la fin de son règne de reconstruire à Paris un palais tout à fait remarquable.

  • Il transforma profondément l'ancienne citadelle du Bas-Empire en demeurant dans les limites du rempart, qui format un quadrilatère d'environ 100 à 135 mètres de côté. Ce fut le premier « Logis du Roi » : le bâtiment, situé à l'ouest du Palais, est visible sur une des miniatures des Très Riches Heures du duc de Berry. Cette partie résidentielle s'ouvrait sur la pointe de l'île peut-être déjà occupée par un jardin, en retrait par rapport aux bâtiments dévolus à l'administration royale et à la justice, qui prenait une place prééminente au sein du Palais.
  • Robert II fit aussi réédifier l'ancien Tribunal du prétoire, hérité des temps gallo-romains, qui s'élevait au nord-est du Palais. S'établissant sans doute sur les fondations antiques, le nouveau corps du bâtiment abrita la Salle du Roi, que les chartes dénomment Aula Regis (la future Grand-Salle mais de surface plus réduite). Une Chambre du Roi fut construite dans son prolongement occidental.
  • À l'emplacement de la future Sainte-Chapelle, le roi fit édifier une chapelle Saint-Nicolas.

À partir du règne de Robert II, le palais demeura, jusqu'au règne de Philippe IV, contraint dans son quadrilatère fortifié du Bas-Empire, le rempart étant défendu par des tours en nombre inconnu.

Louis VI

 Les documents relatifs aux règnes d'Henri Ier et Philippe Ier (1031-1108) ne fournissent que de rares indications sur le Palais. Cependant, l'existence d'une Salle du Roi y est bien confirmée dès le XIe siècle. À partir de 1043, plusieurs diplômes font état de la réunion de la Curia Regis, instance qui rassemblait les seigneurs palatins autour du roi et l'aider à administrer le royaume, dans l'Aula Regis.

Louis VI (1108-1137) semble avoir procédé à des adjonctions et réfections importantes.

  • Selon la Chronique de l'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif de Sens, il fit construire une « Grosse Tour », dont les soubassements existent encore dans les sous-sols du Palais de justice. Celle-ci s'élevait, avec sa haute toiture, en position centrale par rapport aux corps de bâtiments qu'elle dominait. C'était un haut cylindre, percé de deux étroites meurtrières. Elle avait des créneaux et sa base avait un diamètre de 11,70 mètres, ses murs avoisinant 3 mètres d'épaisseur. Le donjon du Louvre, construit par Philippe Auguste, fut appelé « Tour neuve » par opposition à la Grosse Tour qui subsista jusqu'en 1778.
  • Louis VI fit modifier le Logis du Roi, entre les deux tours quadrangulaires qui l'encadraient, la Tour carrée et la tour dite plus tard « de la Librairie ». Le logis était caractérisé par façade puissamment structurée : quatre arcades surbaissées ornées d'un important corps de moulures étaient portée par de hauts contreforts et surmontées d'une sorte de chemin de ronde percé de onze ouvertures rectangulaires. Le contrefort situé entre la deuxième et la troisième arcade abritait un escalier à vis. Un bandeau soulignait la limite entre rez-de-chaussée et premier étage.
  • Louis VI fit également achever la chapelle Saint-Nicolas et pourvut généreusement à l'entretien d'un chapelain qu'il y nomma.
Louis VII

En 1141, Louis VII (1137-1180) établit auprès du Palais et de façon exclusive, les changeurs sur le Grand-Pont, dès lors nommé Pont-aux-Changeurs. Moyennant redevance, ceux-ci y louaient des boutiques pour exercer leur commerce. Du côté oriental, l'entrée principale du palais se faisait dans la Grande Cour où existait un escalier d'honneur. Ainsi, vers 1165-1166, le roi accueillit officiellement les moines de Vézelay sur les « degrés du Palais ». Ces degrés devaient donner accès à l'étage d'une galerie reliant la Salle du Roi à la chapelle Saint-Nicolas.

Lous VII fit édifier dans son palais un oratoire royal, dédié à la Vierge, situé à l'emplacement de l'actuelle chapelle des Girondins.

Dans la chapelle Saint-Michel, située au sud-est du palais, l'évêque de Paris, Maurice de Sully, célébra un dimanche de la deuxième quinzaine d'août 1165, le baptême du fils de Louis VII, le futur Philippe Auguste. Cependant, cette chapelle resta en dehors de l'enceinte du palais jusqu'au règne de Jean II le Bon.

Philippe II Auguste

Philippe Auguste élargit les fonctions du palais en lui attribuant en 1190, avant son départ pour la croisade, la conservation des archives royales. Le roi fit réaliser de nombreux travaux dans le palais comme en témoigne le premier compte général connu, celui de 1202-1203 C'est sous le règne de Philippe Auguste que des lettres patentes mentionnent pour la première fois la charge de concierge du Palais qui exerçait les fonctions de basse et moyenne justice sur le territoire du palais et ses dépendance

Le chroniqueur Rigord rapporte que le roi, incommodé par les odeurs nauséabondes des rues, ordonna de paver les abords du palais, ainsi que plusieurs rues importantes de Paris. Les crues de la Seine isolaient régulièrement l'île, obligeant le souverain à se réfugier à l'abbaye Sainte-Geneviève, par exemple en 1197.

À l'ouest, le Jardin du Roi occupait la point de l'île, au-delà d'une cour délimitée par le mur d'enceinte du palais datant de l'antiquité. C'est sans doute sous le règne de Philippe Auguste qu'il fut clos par une muraille

C'est sous le règne de Philippe Auguste que le palais de la Cité perdit son statut de principale forteresse de Paris quand le roi fit ériger le château fort du Louvre et ceindre la ville d'un nouveau rempart.

Saint Louis

À partir du règne de Saint Louis (années 1240) et durant près d'un siècle de travaux, le Palais connut une expansion et une structuration remarquables correspondant au développement du rayonnement et de la centralisation du pouvoir royal. Saint Louis partagea durablement l'espace du quadrilatère initial : la partie occidentale réservée aux appartements privés de la famille royale, une partie orientale ouverte sur la Cité, une partie méridionale dévolue aux chanoines de la Sainte-Chapelle et aux chapelains du roi.

  • Saint Louis fit construire la Sainte-Chapelle entre 1242 et 1248. Les travaux commencèrent avec la démolition de la chapelle Saint-Nicolas. En janvier 1246, le roi fonda un collège de chanoines et de marguilliers chargé de la garde des reliques. Le 26 avril 1248, la chapelle haute de la Sainte-Chapelle, dédiée à la Sainte-Couronne et à la Sainte-Croix, fut consacrée par le légat du Pape, Eudes de Châteauroux, tandis que la chapelle basse, dédiée à la Vierge, l'était par l'archevêque de Bourges, Nicolas Berruyer Se plaçant dans la lignée architecturale et symbolique de l'antique modèle de Saint-Vital de Ravennes (526-547) et des chapelles palatines carolingiennes comme celle d'Aix-la-Chapelle (vers 800), la Sainte-Chapelle est une version magnifiée de chapelle à deux étages, aussi élevée qu'une cathédrale gothique (36 mètres de long, 17 mètres de largen 42,5 mètres de haut sans la flèche).
  • À côté de la Sainte-Chapelle, jouxtant par un passage la première travée nord de son abside, Saint Louis fit édifier le Revestiaire, qui abritait les sacristies et le Trésor des Chartes. Très proche sur le plan architectural mais de dimensions plus restreintes, ce petit bâtiment comptait deux travées droites et une abside à cinq pans. Un escalier polygonal desservait ses deux niveaux au nord-ouest. Le voisinage direct de la Sainte-Chapelle conféra une dimension protectrice très particulière aux archives royales. À proximité fut aménagée la parcheminerie où l'on préparait les supports sur lesquels étaient transcrits les actes royaux. Le trésor des Chartes a subsisté jusqu'en 1783.
  • Au nord-ouest du Palais, hors de l'enceinte de Philippe Auguste, Louis IX fit élever la salle sur l'Eau, qui était vraisemblablement destinée à accueillir des cérémonies solennelles ou d'apparat. De plan rectangulaire, l'édifice était scandé au nord comme au sud par sept contreforts et par deux autres sur ses murs pignons. L'étage abritait une vaste salle alors que le rez-de-chaussée était divisé en deux et abritait des cuisines. La salle sur l'eau a été peu modifiée jusqu'au milieu du XVIIIe siècle et elle a partiellement subsisté jusqu'en 1865. La tour connue sous le nom de Tour Bonbec fut longtemps la tournelle des Réformateurs. Elle ne comportait comme la salle sur l'eau que deux étages. Elle fut haussée d'un niveau sous le Second Empire. C'est dans cette tour que l'on mettait à la question, sur ordre du juge de la Tournelle, juridiction criminelle. Cette tour aurait été ainsi appelée par la suite tour « bon bec » devenu Bonbec car c'est là qu'était pratiquée la « question » (la torture) qui faisait avouer les suppliciés

On sait que Saint Louis consomma son mariage dans la Chambre verte, pièce jouxtant l'oratoire, située au nord du logis du roi, même s'il couchait habituellement dans la Chambre du Roi, chambre haute contiguë à la Salle du roi, et prenait ses repas dans le niveau inférieur de cette dernière

Dans le Palais, au milieu de la cour de Mai, on plantait chaque année au printemps un arbre d'une quinzaine de mètres afin de célébrer les bienfaits de la nouvelle saison. Dans la cour, le magnifique escalier appelé Grand Degré montait jusqu'à la galerie des merciers que Saint Louis avait fait construire pour accéder directement de ses appartements à la Chapelle Haute de la Sainte Chapelle.

Philippe III

Sous le règne de Philippe III le Hardi, le palais s'agrandit à l'ouest, au nord, au sud, au-delà de l'enceinte du IIIe siècle. Autour du palais, les berges ont été étendues. On connaît la destination des bâtiments sous le règne du fils de Saint Louis.

  • En 1278, la Salle du Roi cessa d'être l'endroit où se tenaient les sessions juridiques de la Curia Regis pour devenir la chambre d'attente des plaideurs avant leur entrée dans la Chambre aus Paiz En dehors des séances des plaids, le roi y prenait ses repas, tandis que le « Commun » se restaurait sous la Salle du Roi.
  • Le roi dormait dans la Chambre du Roi dite Chambre Haute.
  • La tour qui jouxtait la Chambre du roi abritait la garde-robe dans laquelle mangeaient les chambellans.
  • Entre la Galerie des Merciers et le flanc nord de la Sainte-Chapelle, se trouvait la Maison d'audience du Roi qui voisinait avec le Trésor des Chartes.
  • Au cœur du palais, la Chambre aux deniers ou caisse de l'hôtel du Roi citée dans un document de 1286.
Philippe IV

Philippe IV le Bel fit reconstruire le palais. Les travaux furent achevés en 1313 sous l’impulsion d’Enguerrand de Marigny. La source essentielle pour étudier ces travaux est constituée par les journaux du Trésor. Des enclaves morcelaient alors le terrain royal, et Philippe IV expropria les occupants et on a conservé de nombreuses chartes réglant les indemnités d'expropriation. De vastes salles furent construites au nord et au sud du palais de la Cité.

  • À l'est, à l'emplacement de l'ancienne Grande salle de Robert II le Pieux, elle-même devant être bâtie sur le prétoire romain, et doublant sa surface en profitant d'un espace libre au nord, Philippe IV le Bel fit aménager la Grand-Salle. La Grand-Salle du Palais de la Cité était la pièce où le roi tenait ses « lits de justice » et dans laquelle avaient lieu les réceptions. Les repas étaient servis sur la table de marbre noir (dont il reste un vestige à la Conciergerie). C’était une salle immense supportée par une file de piliers qui la séparait en deux nefs couvertes de berceaux lambrissés. Murs et piliers étaient ornés de statues représentant chacun des rois de France depuis Pharamond à Philippe IV Le Bel, le souverain contemporain de ces travaux. Cette salle est exceptionnelle (le plus grand vestige de salle civile médiévale d’Europe) : longue de 64 mètres, large de 27,5 mètres et haute de 8,5 mètres à la clé, elle fut édifiée en 1302 et 1313 par Enguerrand de Marigny. La Salle des Gens d'Armes aménagée sous la Grand-Salle servait de réfectoire aux très nombreux personnels (environ 2 000 personnes) employés au service du roi.
  • À l'est également, la façade donnant sur la rue de la Barillerie, absorbée depuis par le boulevard du Palais, fut également remodelée et complétée. En 1298, la nouvelle enceinte était construite : c'est donc de cette époque que datent les deux portes d'entrée fortifiées ouvertes sur le front oriental du palais, placées au droit de deux voies d'antique origine, traversant l'île vers la cathédrale. Au nord-est, la grande porte encadrée par deux échauguettes, se situait en face de la rue de la Vieille-Draperie, et au sud-est, la porte Saint-Michel, flanquée de deux tours, donnait sur la rue de la Barillerie.
  • À l'est enfin, Philippe IV le Bel transforma l'aspect de l'entrée officielle du palais qui se trouvait dans le long corps de bâtiment rectangulaire et peu profond appelé la Galerie des Merciers (on appelait Galerie mercière le premier étage) : créée sous le règne de Saint Louis, cette longue aile servait à relier la Sainte-Chapelle et le reste du palais. L'escalier monumental était appelé au XVIIIe siècle Grands Degrés et au XVIIe siècle, Perron du Beau Roi Philippe. Le retable du Parlement de Paris par André d'Ypres, vers 1450, présente le Grand Perron avec son trumeau sur lequel était représenté le roi Philippe IV, son fils étant à sa droite, et Enguerrand de Marigny, probablement à sa gauche.
  • À l’ouest (en direction de l’actuelle pointe du Vert-Galant), on dessina des jardins et l'ancien verger qui jouxtait la Chambre du Roi sous Saint Louis fut agrandi vers le nord après démolition de deux lignes de rempart pour former un nouvel espace assurant la jonction entre la Grand-Chambre et la Salle sur l'eau : on appela cette espèce de cloître le Grand Préau caractérisé par ses arcades brisées et moulurées, portées par des colonnes à chapiteaux ornés de motifs végétaux.
  • À l'ouest également, le roi fit agrandir ses appartements par l'adjonction d'une aile sur le revers oriental du Logis dont il modifia la forme des baies.
  • Au nord, les comptes de 1302 à 1305 et de 1307 font état de la construction d'une série de « Chambres sur l'eau », rendues nécessaires par la mise en place de nouvelles procédures judiciaires ou administratives : la Grand-Chambre ou Chambre des plaids, la Chambre des enquêtes qui instruisait les affaires, la Chambre des requêtes qui examinait les demandes des justiciables, une chambre spécialisée dans les affaires criminelles. La Grand-Chambre fut réédifiée avec splendeur : elle était réservée au Parlement qui abritait la chambre d'appel des tribunaux royaux et la Chambre de première instance réservée aux pairs de France. Le Parlement enregistrait les actes royaux. La Grand-Chambre fut dotée en 1499 d'un plafond sculpté à clefs pendantes réalisé à l'occasion du mariage de Louis XII et Anne de Bretagne.
  • Au nord encore, le roi fit bâtir une enceinte bordant la Seine et qui renforçait les tours toujours existantes dites « tour d’Argent » (allusion au trésor royal qui y avait été gardé) et « tour César » (ainsi nommée en souvenir de la présence des Romains et du fait que la tour est bâtie sur des fondations romaines). Il fit construire une Salle des Gardes vers 1310 qui servait d’antichambre au rez-de-chaussée de la Grand-Salle.
Jean II

 Jean II le Bon (1350-1364) fit réaliser plusieurs aménagements dans le palais de la Cité.

  • En décembre 1349, juste avant son avènement, alors duc de Normandie, fit procéder à des travaux dans la "Chambre du Palais", peut-être au deuxième étage du Logis du Roi.
  • Au début des années 1350, on commença également à surélever l'aile de la Galerie Mercière, en construisant des galetas à l'est du palais. L'appartement du dauphin se trouvait dans la « Chambre des Galethas » : le futur Charles V y résida entre 1357 et 1358.
  • En 1353, Jean II le Bon fit construire à l’angle nord-est du palais de la Cité le pavillon carré des cuisines qui était destiné au « commun » de l’hôtel du roi. Reliée à la salle des Gens d'Armes, les cuisines étaient un petit bâtiment carré de près de 17 mètres de côté à deux niveaux : à l'étage, une grande cheminée centrale, carrée, était portée par des colonnes ; la salle basse, largement éclairé par deux baies sur chaque face, était subdivisée en quatre travée et quatre cheminée occupaient ses angles Les quatre travées ouest de la salle des Gens d’armes furent isolées du reste de la salle par des grilles et par un mur.
  • Toujours au nord-est, le roi fit édifier entre 1350 et 1353, sur un ancien terrain marécageux, une tour dont le beffroi était dominé par un lanternon et qui devint par la suite la tour de l'Horloge du palais de la Cité. Elle joua un rôle de guet pour la sécurité du palais. Cette tour était de forme Carrée, massive, haute de 47 mètres et ses murs étaient épais de près d'un mètre. Au-dessus du soubassement très élevé sur lequel elle reposait, le corps en maçonnerie de la tour formait un léger retrait Les façades nord et est étaient percées de deux fenêtres, sur deux rangées superposées. Au sommet, un petit pavillon rectangulaire était surmonté d'un clocheton.

C'est en 1356 qu'apparaît la première mention de la Salle de la Pointe qui occupait la pointe occidentale de l'île de la Cité à l'extrémité des remparts que l'on connaît bien par un inventaire de 1428. Ce petit bâtiment fut dénommé par la suite « Logis» , « Hostel » ou encore « maison des Etuves du palais »

À partir de 1354, les comptes ne signalent plus que des travaux d'entretien, notamment en 1357, où l'on modifia la salle sur l'eau. On attribue également à Jean II d'autres aménagements à la Chambre du Parlement ou à la tour de la Librairie.

Charles V

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Les événements consécutifs à la capture de Jean II, conduisirent son fils Charles V à quitter le palais dès 1360. La veuve de Jean II s'installa à l'hôtel Saint-Pol et Charles V au Louvre.

Charles V ne se désintéressa cependant pas du palais qu'il utilisa pour célébrer sa souveraineté : le cadre était en effet idéal au déploiement des fastes de la royauté française, notamment pour assurer de grandes réceptions. Ainsi, c'est dans ce palais que le roi reçut avec munificence l'empereur Charles IV en janvier 1378 qui découvrit la Sainte-Chapelle et la Grand-Salle. Dès lors, cette dernière ne servit plus que pour les banquets royaux et les lits de justice.

Charles V fit réaliser plusieurs travaux pour maintenir et embellir le palais de la Cité. Ainsi, lors de réparations entreprises en 1370, dota la tour nord-est de la première horloge publique à Paris, construite par Henri de Vic, horloger lorrain. En 1371, il dota la tour de l'Horloge du palais de la Cité d'une cloche en argent.

La Garde du palais, devenue résidence honoraire et occasionnelle, fut confiée à un concierge. Le nom de conciergerie s'étendit à l'ensemble des bâtiments gardés par le concierge du palais. Cette dénomination avait une triple signification : logis du concierge, logis du roi et enfin, prison attachée à l'exercice de la juridiction du concierge, mise par la suite au service du parlement.

Charles VI

 Sous Charles VI de France, différents travaux furent entrepris et le palais abandonné par le roi continua de servir de cadre aux fastes royaux.

  • Ainsi, à partir de 1381, une série de travaux fut dévolue à l'aménagement d'un espace carcéral : le rez-de-chaussée de l'ancien hôtel du roi fut utilisé comme prison. Jusqu'alors, les prisonniers du Parlement étaient gardés au Châtelet de Paris et la seule prison existant au palais dépendait de la juridiction du concierge. La conciergerie devint une annexe du Châtelet. Sous la galerie des Merciers devait se trouver le logis du geôlier. Par la travée occidentale de la Grand-Salle basse, on accédait aux geôles aménagées dans la Salle des Gardes. Mais les principaux cachots se trouvaient le long de la berge nord.
  • En 1383, on remplaça également la flèche de la Sainte-Chapelle dont la charpente était pourrie par une nouvelle flèche, due à Robert Fourchier.
  • En 1416, l'empereur Sigismond demanda à visiter le palais : il assista à une messe à la Sainte-Chapelle et à une séance du Parlement
  • En 1418, la municipalité réclama que l'horloge comportât un cadran extérieur « pour que les habitants de la ville puissent régler leurs affaires de jour comme de nuit ».

Après l'occupation anglaise, le fils de Charles VI, Charles VII rétablit les services de l'administration royale dans le palais de la Cité mais il n'y résida pas, de même que Louis XI.

Le Palais de la Cité à la Renaissance

Charles VIII

Après que le roi Charles VIII eut affirmé son droit à régner, lors d'un lit de justice tenu solennellement dans la Grand-Chambre en juillet 1484, il fit réaliser des travaux à la Sainte-Chapelle. Il y fit notamment mettre en place une balustrade ornée d'un K, pour Karolus, et modifia de manière significative l'aspect de sa façade occidentale en la dotant d'une rose flamboyante. En 1491, à l'occasion de son mariage avec Anne de Bretagne, Charles VIII avait fait orner d'un plafond à caisson et clefs en pendentif la Grand-Chambre.

Louis XII

Louis XII successeur de Charles VIII réalisa plusieurs travaux.

  • Il remania la partie sud de la cour du palais aux abords de la Sainte-Chapelle. Pour magnifier les cérémonies qui s'y déroulaient, il fit édifier un escalier monumental couvert de voûtes rampantes. Les quarante-quatre marches longeaient son flanc méridional et aboutissaient au porche de la chapelle haute. Cet escalier, qui a connu de nombreuses modifications, a subsisté, ruiné, jusqu'au tout début du XIXe siècle.
  • Louis XII fit aussi édifier une nouvelle Chambre des comptes qui ne fut achevée que sous Henri II. Célèbre grâce aux gravures d'Israël Sylvestre, de Pérelle et bien d'autres artistes, sa façade orientale est bien connue. Élevée par l'architecte italien Fra Giovanni Giocondo, elle était ornée de fleur de lys, de dauphins couronnés et de cinq statues placées dans les niches de part et d'autre des fenêtres du premier étage : la Tempérance, la Prudence, Louis XII, la Justice et la Force. Son escalier latéral conduisant au premier étage, vers deux salles d'audience, puis vers le Grand Bureau destiné aux audiences solennelles. Au rez-de-chaussée se tenaient la Chambre de France et celle d'Anjou. La Chambre des Comptes de Louis XII a disparu dans les flammes de l'incendie survenu dans la nuit du 26 au 27 octobre 1737.
  • Louis XII fit également rénover la Grand-Chambre par Fra Giocondo : ses dorures, son plafond sculpté, ses riches tentures fleurdelisées lui valurent l'appellation de Chambre dorée.
Les derniers Valois
  • François Ier (1494-1547) célébra autour de la table de marbre de la Grand-Salle ses noces avec la sœur de Charles Quint le 7 juillet 1530. Celui-ci y fut somptueusement reçu le 1er janvier 1540.
  • Sous le règne d'Henri II (1547-1559), le Parlement continua à s'octroyer un rôle croissant jusque dans la conduite de la politique intérieure et extérieur. En dehors des aménagements liés à l'apparat des séances royales, seuls quelques travaux concernèrent au sud du palais, la rue de Nazareth et la rue de Jérusalem bordant l'ancien quartier des Chanoinoires, reliées entre elles par l'arc de Nazareth.
  • Henri III (1574-1589) entreprit, à partir de 1478, la réalisation du terre-plein du futur Pont-Neuf en réunissant les anciens îlots (île aux vaches, îlot de Gourdaine — l'îlot des Juifs ayant été relié avant 1550) par un apport considérable de remblais. Il fit aussi remblayer la rive sud pour y établir un quai. Ce fut la fin du Jardin du Roi et de l'hôtel du Bailliage construit au sud de ce jardin et occupé depuis le règne de Charles V par le « Concierge du Palais » nommé dès lors bailli.

Le Palais de la Cité sous les Bourbons

  • Avec le règne d'Henri IV commença une période d'intense urbanisation aux abords du palais médiéval. Le roi concéda en 1607 au premier président du Parlement, Achille de Harlay les terrains situés à la pointe de l'île, à charge d'y bâtir des maisons : ceci aboutit à la création entre 1607 et 1620 de la place Dauphine. La rue de Harlay, percée entre l'aile orientale de la place et le jardin du bailliage, fut aménagée dans la foulée, à la suite d'expropriations faites en 1608.
  • Louis XIII poursuivit l'œuvre de son père en créant les premiers véritables quais de pierre de l'île de la Cité. Le remblaiement du quai nord se fit aux dépens du rez-de-chaussée de la Conciergerie, qui fut encavé de plusieurs mètres en 1611. L'incendie de la nuit du 6 au 7 mars 1618 détruisit l'étage de la Grand-Salle et fit de grands dommages dans le reste du palais. Louis XIII finança la reconstruction de la partie haute de la Grand-Salle par la vente de terrains situés au long des fossés de Saint-Germain-des-Prés. Confiée à Salomon et Paul de Brosse, elle ne fut achevée qu'en 1622. Les deux architectes conservèrent le plan à deux vaisseaux mais le transposèrent en style classique. Les travaux durèrent jusqu'en 1638. Suite à un second incendie en 1630, il fallut également reconstruire la flèche de la Sainte-Chapelle. Par lettres patentes du 14 février 1640, le roi fit transformer la Galerie Mercière et édifier au sud de la Grand-Salle, la Galerie Dauphine.
  • Sous le règne de Louis XIV (1643-1715), le palais connut divers travaux dont la reconstruction de la Première Chambre des requêtes, du Parquet, du Greffe. Par ailleurs, des agrandissements furent entrepris vers l'ouest. En 1671, un nouvel accès au Palais fut aménagé, rendant possible d'entrer dans le palais par l'ouest en venant du Pont-Neuf. En 1686, un bâtiment neuf fut élevé par Libéral Bruant pour la cour des Monnaies. Les crues de la Seine lors de l'hiver 1689-1690 détruisirent les vitraux de la chapelle basse de la Sainte-Chapelle.
  • En 1737, sous le règne de Louis XV (1715-1774), le palais connut un troisième incendie qui détruisit la Chambre des Comptes. Jacques V Gabriel construisit alors à la place un ensemble classique. Commencés en 1738, les travaux furent achevés deux ans plus tard. Cette nouvelle Chambre des Comptes est connue par des photographies prises après l'incendie de 1871.
  • Un quatrième incendie eut lieu au début du règne de Louis XVI (1774-1792), dans la nuit du 10 au 11 janvier 1776. Le souverain saisit l'occasion et décida de dégager l'entrée principale du palais. Il put donner une apparence monumentale en accord avec les goûts architecturaux de l'époque. Les architectes du roi Pierre Desmaison, Joseph-Abel Couture, Moreau-Desproux et Jacques-Denis Antoine furent chargés de faire table rase des constructions orientales et de remplacer l'ancienne cour dissymétrique par une cour d'honneur néoclassique imposante, dont l'homogénéité aller masquer l'identité primitive du lieu et ses édifices les plus remarquables : la Sainte-Chapelle et l'ancienne Grand-Salle devenue Salles des Pas-Perdus. Les nouvelles façades néoclassiques de la Galerie Mercière (avec son ordre colossal corinthien, son dôme carré et son escalier monumental) et de la Galerie Dauphine furent alors aménagées. En 1778, la Grosse Tour fut démolie. Il n'y eut pas de projet global mais plusieurs campagnes de travaux. Les travaux furent financés par un impôt spécial financé par les parisiens. La démolition de l'enceinte orientale commença en 1781 et fut suivie en 1783 de celle du Trésor des Chartes. En 1785, Desmaison et Antoine entamèrent la construction d'une nouvelle aile est-ouest, dite « galerie de la Sainte-Chapelle », bordant cette dernière sur son flanc nord. La Galerie Dauphine fut modifiée pour border la totalité de la Salle des Pas-Perdus. Enfin, la nouvelle cour d'honneur du palais fut fermée en 1787 par une grille en fer forgé et doré, œuvre de Bigonnet.

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La conciergerie en 1788 lors de la démolition des maisons du pont au Change

La Conciergerie sous la Révolution

En 1789, le palais de la Cité abritait les principales institutions du royaume de France dont la Chambre des Comptes, la Cour des Monnaies, la Cour des Aides et surtout le Parlement de Paris. Dès le mois de novembre, l'activité de ce dernier fut interrompu et six tribunaux de district le remplacèrent en partie dont un seul fut hébergé par le palais de la Cité. Mais le palais resta le cœur du pouvoir judiciaire : il abrita en 1791 le Tribunal de Cassation, établi dans la Grand-Chambre, le Tribunal criminel de Paris y fut également installé de même que les départements de la Police, des Domaines, des Finances et des Contributions

Entre le 10 août 1792, date de la prise des Tuileries et le 21 septembre, qui vit la proclamation de la République, Paris, aux mains de la Commune, vécut une période d'insurrection accompagnée de massacres qui s'amplifièrent sous la Terreur. Étroitement lié à l'histoire du palais, le Tribunal révolutionnaire a été créé le 17 août 1792 : rapidement supprimé par la Convention, il fut rétabli en mars 1793. Le , le Tribunal révolutionnaire s’installa au premier étage, dans l’ancienne grande-chambre du parlement de Paris rebaptisée salle de la Liberté et une seconde salle, dite de l'Égalité, fut établie dans l'ancienne salle Saint-Louis. L’accusateur public, Fouquier-Tinville, avait aménagé ses bureaux au même étage, entre les tours de César et d’Argent. Dès lors, tous les prisonniers qui étaient détenus dans les différentes prisons de Paris, ainsi que dans certaines prisons de province, et qui devaient comparaître devant le tribunal, furent progressivement transférés à la Conciergerie. Leur nombre ne cessa d’augmenter, surtout après le vote de la loi des suspects du 17 septembre.

Le nombre de condamnation des « ennemis du peuple » ne cessa de croître jusqu'à la chute de Robespierre, les procès collectifs remplaçant les procès individuels. Arrêté le 9 thermidor de l'an II (27 juillet 1794), Robespierre fut condamné à mort le lendemain par le Tribunal révolutionnaire. Le 12 prairial de l'an III (31 mai 1795), la Convention supprima le Tribunal révolutionnaire et le Tribunal de Cassation retrouva le palais de la Cité. Au fil des réformes consulaires puis impériales, l'administration judiciaire prit possession du palais, qui devint alors le palais de justice de Paris.

« L’antichambre de la guillotine »

Les détenus qui avaient comparu devant le Tribunal révolutionnaire qui siégeait au Palais de justice attenant et avaient été condamnés à mort n’étaient pas ramenés dans leur cachot. Ils étaient immédiatement séparés des autres prisonniers et conduits, pour les hommes dans l’arrière-greffe, pour les femmes dans de petites cellules situées dans le couloir central. Dès que le bourreau et ses aides arrivaient, tous étaient regroupés dans le vestibule baptisé salle de la toilette pour y être dépouillés de leurs effets personnels, tondus et attachés. Encadrés par des gendarmes, les condamnés — parfois plusieurs dizaines — traversaient la salle du guichet et gagnaient la cour du Mai, donnant sur la rue de la Barillerie (qui se trouvait à l’emplacement de l’actuel boulevard du Palais). C’est là que les détenus attendaient les charrettes qui devaient les conduire à la guillotine. En tout, 2780 détenus ont été guillotinés à Paris.

Détenus célèbres

Il passe à la Conciergerie, durant la Terreur, 2 768 personnes suspectées d'actes anti-révolutionnaires ou coupables de faits avérés, dont :

  • Marie-Antoinette d'Autriche
  • Jean Sylvain Bailly
  • La comtesse du Barry
  • Charlotte Corday
  • Georges Jacques Danton
  • les Carmélites de Compiègne
  • Élisabeth de France
  • Anne-Louise de Sérilly
  • Les Girondins
  • Jacques-René Hébert
  • Antoine Lavoisier
  • Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes
  • Philippe d’Orléans
  • Maximilien de Robespierre
  • Manon Roland
  • Antoine Jullien
  • Olympe de Gouges

Les principales pièces de la prison

  • La salle des Gardes

Anciennement réfectoire du Palais, elle fut réservée à la prison des hommes et sommairement compartimentée en cachots. Devant l’afflux des prisonniers, elle fut divisée par un plancher installé à mi-hauteur, permettant d’aménager ainsi deux salles superposées. C’est au-dessus de la salle des Gardes, au premier étage, dans l’ancienne grand-chambre du parlement de Paris, que siégeait le Tribunal révolutionnaire.

  • La rue de Paris

Ce que l’on a baptisé la rue de Paris, dont le nom vient de Monsieur de Paris, surnom donné au bourreau qui venaient visiter les prisonniers par ce couloir, fut, elle aussi, annexée à la prison des hommes et de ce fait compartimentée en minuscules cellules. Celles des « pailleux » étaient réservées aux prisonniers sans ressources ; celles des « pistoles » étaient louées aux prisonniers (dits les pistoliers) de classe moyenne et étaient pourvues d'un lit, enfin pour les plus fortunés étaient louées des cellules pour une seule personne avec de quoi écrire (il était d'usage d'écrire ses mémoires avant de mourir), de la lumière et bien sûr un lit.

  • Le Grand PréauConciergeriemenyard

Il s’agissait de l’ancien jardin du roi, auquel s’était substitué une vaste cour rectangulaire. Celle-ci était entourée d’une galerie compartimentée en cachots pour les hommes.

  • Le couloir central

Sombre et étroit, il distribuait sur son parcours de nombreuses pièces : la salle du guichet, le bureau du concierge, le greffe, l’arrière-greffe, le parloir, une pièce de repos pour les guichetiers, l’infirmerie, la chapelle, quelques cellules pour femmes...

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  • La cour des Femmes

Ancien jardin bordant le logis du roi, cette cour était le lieu de promenade des femmes. Elle était entourée de cellules dont le confort variait suivant les possibilités pécuniaires des détenues. Dans cette cour, les femmes lavaient leur linge à une fontaine (aujourd’hui encore existante); sur l’une des tables de pierre, elles prenaient leur repas. L’endroit fut, dans la vie cellulaire révolutionnaire, un lieu important pour la vie sociale des prisonniers. Dans un coin subsiste ce qui fut le « côté des Douze » : un enclos triangulaire séparé par une grille de la cour des femmes, dépendant du quartier des hommes et, surtout qui comptait chacun des « douze » condamnés qui pouvaient une dernière fois, dans cet espace, dire au revoir à leur famille avant d'être emportés par la charrette (à douze places…) vers la guillotine.

  • Le bureau du greffier

Il a été reconstitué dans le musée de la Conciergerie. C’était là que l’on inscrivait, dès leur arrivée, les noms des détenus sur les registres. Cette pièce est devenue la buvette du Palais de Justice.

  • La salle de la toilette

À cet endroit, les condamnés à mort étaient dépouillés de leurs objets personnels au profit de l’État ou du bourreau, peu rémunéré et pour qui, donc, il n'y avait pas de petits gains : bijoux, tabatières, lunettes, montres. Chacun d’eux était ensuite assis sur un escabeau, avait les mains liées derrière le dos, puis le col de sa chemise était échancré afin d’avoir les cheveux coupés au ras de la nuque. Les condamnés étaient ensuite escortés jusqu’à la cour du Mai, où attendaient les charrettes qui devaient les conduire sur leur lieu d’exécution.

  • La petite chapelle royale

Dite « Chapelle des Girondins », existait déjà au Moyen Âge. La tradition y situe le lieu dans lequel les vingt-et-un Girondins attendirent la mort dans la nuit du 29 au 30 octobre 1793.

La première cellule de Marie-Antoinette d'Autriche fut installée dans l’ancienne chambre de réunion des guichetiers (une cellule humide composée d’un lit de sangle avec deux matelas, d’un fauteuil en canne, de deux chaises et d’une table) donnant sur la cour des femmes par une étroite fenêtre. Après une tentative d’évasion (voir Alexandre Gonsse de Rougeville), Marie-Antoinette fut transférée dans la deuxième cellule. La reconstitution de la cellule de la reine a été faite pour une moitié sur l’authentique cellule et pour l’autre moitié sur la travée contiguë à l’est. Elle fut gardée par Madame Larivière qui montra trop de compassion envers la reine et fut remplacée par la citoyenne Harel qui, en tant qu'épouse d'un membre de la police secrète, était là à titre d'espionne

Située à côté de la petite chapelle royale. La cellule fut coupée en deux par une cloison de planches avec un paravent qui la séparait des gendarmes assurant sa surveillance. Louis XVIII de France fit ériger à l’endroit même de la cellule de la reine, qui fut coupée par un mur, une chapelle. La moitié ouest fut réunie à la chapelle par un local où la tradition situe les dernières heures de Maximilien de Robespierre.

Le palais de la Cité au XIXe siècle
  •  Sous le Premier Empire, la Sainte-Chapelle fut transformée en dépôt annexe des Archives nationales et elle conserva cette affectation jusqu'en 1837  La prison de la Conciergerie fut réorganisée. L'architecte Beaumont en réalisa à parti de 1807, un premier plan puis des relevés systématiques furent effectués en 1810 et 1811 par Antoine-Marie Peyre, nommé architecte du palais de justice. Il entreprit la surélévation de la Salle Saint-Louis pour y établir la Cour de Cassation, puis il fit refaire dans un style « quasi-égyptien » l'escalier Louis XII de la Sainte-Chapelle.
  •  Sous la Restauration, à la demande de Louis XVIII, fut édifiée une chapelle expiatoire à l'emplacement du cachot de la reine Marie-Antoinette. La restauration des voûtes de la Grand-Salle basse entreprise sous l'Empire fut achevée en 1819 et entraîna son dégagement, car elle était remplie de déblais et obstruée. En 1817, il fut procédé à la scission des lieux dévolus à la justice et à l'incarcération : l'entrée de la prison se fit au niveau du quai de l'Horloge et non plus par la cour de Mai. La façade septentrionale du palais entre la tour de l'Horloge et la Tour Bonbec dans un style médiéval.
  • Sous la Monarchie de Juillet, Guy de Gisors refit entre 1833 et 1835 la Galerie Saint-Louis en néogothique où il mit en œuvre les premières théories sur la restitution de la polychromie médiévale. Parallèlement, entre 1835 et 1840, Jean-Nicolas Huyot, l'architecte du palais conduisit avec une équipe d'architectes une série de réflexions ambitieuses sur l'agrandissement du palais après le refus du projet de Gisors. Ils prévoyèrent entre autres la suppression de la place Dauphine, la transformation du palais selon un principe de symétrie nécessitant, la création de deux tours et d'une grande salle au sud, la suppression de la Tour Bonbec et la création de tours carrées aux angles ainsi qu'une nouvelle répartition des activités liées à l'exercice de la justice au sein du palais rénové. Le palais de justice devait être régularisé et structuré par deux grandes galeries prolongeant les deux ailes en retour sur la cour de Mai. Le quai des Orfèvres devait être transformé en une promenade créant une grande perspective jusqu'à Notre-Dame de Paris. Le 18 août 1836, le projet d'agrandissement et d'isolement du palais de justice fit l'objet d'un arrêté de déclaration d'utilité publique. Le 15 août 1840, après le décès de Jean-Nicolas Huyot, le préfet de la Seine, Rambuteau, nomma Louis-Joseph Duc et Étienne-Théodore Dommey architectes du palais. En 1847, un nouveau projet fut adopté, sensiblement différent du précédent, le changement le plus important étant un basculement de l'entrée principale de l'est vers l'ouest, avec la création d'une nouvelle façade dotée d'un escalier monumental.
  • Sous le Second Empire, ce projet fut en grande partie mené à bien parallèlement aux travaux de restaurations de la Sainte-Chapelle et des bâtiments médiévaux de la Conciergerie. La façade des six Chambres civiles du Tribunal de Première Instance, au Nord-Est du Palais, le long du quai de l'Horloge fut poursuivie en style néogothique de même que la façade à l'est de la Salle des Pas-Perdus. Le palais fut agrandi au nord-ouest et du côté du quai des Orfèvres. Notamment, la construction des bâtiments de la Cour de cassation commença en 1856. C'est sous le Second Empire également que l'ancien Logis du Roi fut détruit.
  • En pleine guerre franco-allemande, l'incendie du 24 mai 1871, dû à l'insurrection de la Commune, obligea à reprendre nombre de travaux : la salle des Pas-Perdus et la Grand-Chambre furent totalement consumées. Sous la Troisième République, les travaux ont en particulier porté sur une révision de l'organisation des parties centrales et sud-ouest du palais ; ils s'achevèrent en 1914. En 1874, le côté est de la place Dauphine fut démoli pour mettre en valeur l'ordonnance néo-grecque de la façade de Harlay En 1881, la Cour de cassation fut terminée Le projet de couvrir le côté méridional de l'île de la Cité d'une façade monumentale, de restructurer les Chambres correctionnelles et d'agrandir le palais fut confié à Albert Tournaire : on expropria les habitants de l'ancien quartier des chanoines en 1904 et les travaux commencé en 1907 furent achevés en 1914, peu de temps après que la crue de la Seine de 1910 ait inondé le palais.

     

  • À la suite de ces travaux, le palais n'a fait l'objet que de réaménagements intérieurs et il perdit définitivement sa fonction de prison en 1934

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La sainte Chapelle facade Occidentale                   

 

Les tours de Cesar et d'Argent

 Histoire de la tour Hamelin

800px tourdenesleinstitutLa tour de Nesle, aujourd'hui disparue, était une des tours de coin de l'ancienne enceinte de Paris, dite enceinte de Philippe Auguste, construite par Philippe II au début du XIIIe siècle. Elle était située à l'emplacement actuel du pavillon ouest de la bibliothèque Mazarine.

« La tour de Nesle est sans contredit la plus populaire de toutes celles du vieux Paris. »
 

L'enceinte se terminait donc à l'emplacement de l'Institut. Elle aboutissait à une grosse tour appelée Hamelin du nom du prévôt de Paris après la construction du rempart.

Une solide porte fortifiée, flanquée de deux fortes tours, fut percée quelque temps après dans le rempart à une trentaine de mètres au sud de la tour Hamelin : son emplacement correspond à l'entrée de la bibliothèque Mazarine dont la cage de l'escalier remplace la tour que l'on avait à sa gauche en entrant dans Paris. Il y avait donc là, en 1220, la tour et la porte Hamelin.

La célèbre tour bâtie vers 1200, nommée dans un acte de 1210 : Tornella Philippi Hamelini suprà Sequanam, puis un siècle environ plus tard : tour de Nesle ou Neelle, en latin Nigella. Son premier nom lui vint d'un prévôt du temps ; le second, d'un hôtel contigu. Elle occupait une partie de l'emplacement actuel du pavillon oriental de l'Institut. (...) Ses deux étages s'élevaient sur une sorte de soubassement en talus que submergeaient les hautes eaux de la Seine

Description

Haute de 25 mètres et large de 10, la tour de Nesle possédait deux étages voûtés et deux étages plafonnés, avec au sommet, une plate-forme crénelée à laquelle on accédait par un escalier à vis placé dans un tourillon qui lui était accolé, lui-même terminé par une seconde plate-forme, qui dépassait de beaucoup la précédente. Pour plus de solidité, les voûtes retombaient peut-être sur un pilier central.

Historique

C'était une des quatre principales tours de coin de l'enceinte de Philippe-Auguste. Elle terminait la clôture de la rive gauche de la Seine, côté aval, et faisait face à sa jumelle, la tour du coin, élevée au côté méridional de la porte du Louvre, sur l’autre rive du fleuve. Pour interdire le passage nocturne de bateaux, on tendait entre les deux tours de grosses chaînes supportées par des barques amarrées à de solides pieux, approximativement à l'emplacement de l’actuel pont des Arts. Une imposante lanterne, suspendue à une potence, servait à éclairer le fleuve et les alentours, et constituait un des rares éclairages nocturne de Paris jusqu'au milieu du XVe siècle. Ses plateformes servaient de poste d'observation à une sentinelle qui, de là, pouvait surveiller la Seine et les abords des fortifications. Ses étages servaient vraisemblablement d'arsenal jusqu'au début du XVIe siècle. Selon Gustave Pessard, un souterrain reliait la tour avec une maison située au 13 de la rue de Nesle.

Acquise par Philippe le Bel en 1308 pour 5 000 livres parisis, elle devint la propriété de Philippe V de France qui, en 1319, en fit don à sa femme Jeanne II de Bourgogne. Cette dernière ordonna dans son testament qu'elle devrait être vendue pour financer la fondation du collège de Bourgogne (1330). Charles VII, par lettres patentes du 24 mai 1446, en fit don au duc de Bretagne François Ier, mais le duc n'ayant pas d'héritier mâle, elle revint à la couronne en 1450. En 1552, Henri II vendit la propriété en plusieurs lots. En 1571 une lettre patente enjoignit au propriétaire de la tour, le duc de Nevers de s’en départir en faveur de la ville de Paris.

À cette date, la ville loua à Balthasar Bordier, marchand, « La tour dite de Nesle, chambre, cellier, jardin, terrasse et autres petits édifices joignant ladite tour, pour neuf ans, moyennant trente livres tournois par année. ». Une autre description, faite 31 ans plus tard, était fort différente : dans un bail de neuf ans, passé en mai 1612 avec Jacques Brocart, elle est décrite ainsi : « La tour de Nesle, consistant, au bas d'icelle, en une fosse ou prison, inutile à cause des eaux, une autre prison au-dessus, garnie de grille de fer, deux chambres au-dessus, une vis, une allée haute sur le mur. ». Il semble, qu’à cette époque, le rez-de-chaussée de la tour servait à abriter des filets de pêcheurs, et les étages supérieurs étaient occupés par des blanchisseuses qui étendaient leur linge sur de longues perches plantées horizontalement dans la vieille muraille, à proximité des fenêtres. En 1613, elle servit à tirer un feu d’artifice destiné à divertir le jeune Louis XIII âgé de 12 ans et, en 1660, sa plate-forme servit de support à une girandole  tirée à l'occasion du mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d'Autriche.

La démolition de la tour, envisagée dès 1659, ne fut effective qu’en 1663 ou 1665 pour permettre la construction de la bibliothèque Mazarine et du collège des Quatre-Nations.

L'affaire des frasques des princesses de Bourgogne en 1315

La tour a été au XIVe siècle le lieu de rencontre des trois belles-filles de Philippe le Bel et de leurs amants. À cet épisode historique s'est ajouté, au XVe siècle, une légende selon laquelle une reine de France aurait fait de cette tour un lieu de débauches à l'issue desquelles elle assassinait ses amants et les jetait à la Seine.

Marguerite de Bourgogne (née en 1290 – morte le 15 août 1315 à Château Gaillard) était une princesse de la première branche bourguignonne de la dynastie capétienne. Elle est la fille de Robert II (1248-1306), duc de Bourgogne (1272-1306), et d'Agnès de France (1260-1325), et donc, par sa mère, petite-fille de Saint Louis

Marguerite de Bourgogne est la sœur de :

  • Hugues V de Bourgogne (v. 1294-1315), duc de Bourgogne (1306-1315) ;
  • Eudes IV de Bourgogne (v. 1295-1349), duc de Bourgogne (1315-1349) ;
  • Jeanne de Bourgogne (v. 1293-1348), reine de France, épouse de Philippe VI de France ;
Mariage

Le 23 septembre 1305, à Corbeil, elle épouse Louis (1289-1316), roi de Navarre (Louis Ier) (1305-1316) et futur roi de France (1314-1316) sous le nom de Louis X le Hutin, fils du roi de France Philippe IV le Bel et de la reine de Navarre Jeanne Ire.

Elle est donc titrée, par mariage, reine de Navarre puis reine de France.

De son mariage avec Louis X le Hutin est issue une fille, Jeanne II de Navarre (1311-1349) qui ne recouvre qu'une partie de ses droits sur la Navarre en 1328, par un arrangement entre son mari Philippe d'Évreux et le roi de France Philippe VI de Valois.

Scandale des belles-filles du roi

Philippe le bel famille

Philippe IV le Bel et sa famille. De gauche à droite, les enfants de Philippe IV, le prince Charles, futur Charles IV, le prince Philippe, futur Philippe V, la fille du roi Isabelle (reine d'Angleterre par son mariage avec Édouard II).Au centre, le roi Philippe IV le Bel assis sur le trône. Puis à droite, le fils ainé du roi, Louis (futur Louis X le Hutin) alors roi de Navarre (dot de sa mère) et le frère du roi Charles de Valois père du futur roi Philippe VI.

Au début de l'année 1314, Philippe IV le Bel, alors roi de France, fait arrêter ses trois belles-filles Marguerite de Bourgogne, Jeanne de Bourgogne et Blanche de Bourgogne, sur dénonciation, selon un chroniqueur, de sa fille Isabelle de France, reine d'Angleterre. Elles auraient été prises en flagrant délit d'adultère avec deux jeunes chevaliers, Philippe et Gauthier d'Aunay. Ce scandale qui ébranla la monarchie passa à la postérité sous le nom d'affaire de la tour de Nesle.

Sous la torture, les deux chevaliers auraient avoué leurs relations avec les princesses, qui duraient depuis trois ans, avant d'être, à Pontoise, écorchés vifs, châtrés, décapités, puis suspendus à un gibet.

Marguerite, enfermée dans la forteresse de Château Gaillard y fut tenue au secret.

Reine de France et de Navarre

Elle devient reine de France à la mort de son beau-père Philippe IV le Bel, survenue le 29 novembre 1314. Elle reste cependant enfermée dans la forteresse de Château Gaillard, son époux, le roi Louis X, ne levant pas la sanction prise à son encontre pour adultère.

Clémence de Hongrie, que Louis X avait choisi pour nouvelle épouse alors qu'il était encore engagé dans les liens du mariage, avait débarqué en Provence début août 1315. Le 15 août 1315, Marguerite de Bourgogne fut retrouvée morte dans sa cellule. Louis X se remarie avec Clémence de Hongrie à Troyes quatre jours après son trépas.

Marguerite de Bourgogne est la petite-fille de saint Louis et de Marguerite de Provence. La sulfureuse épouse de Louis X a marqué la Bourgogne et plus particulièrement Couches et sa région.

 C’est au terme d’une enfance et d’une adolescence privilégiées au cœur de la Bourgogne que la jeune Marguerite, fille de Robert II et d’Agnès de France est unie à Louis X. On le nomme le Hutin parce qu’il régnera en des temps particulièrement troublés. Or… les troubles ne ravagent pas seulement le pays, ils s’inscrivent également au centre de la vie privée de Louis ; Marguerite, dite la Hardie, parce qu’elle n’a pas froid aux yeux et tient tête à son beau-père, Philippe le Bel, ne va pas tarder à être convaincue d’adultère.

À Paris, dans la tour de Nesle, la jeune princesse allait régulièrement retrouver son amant, en compagnie de sa belle-sœur Blanche, tandis que la troisième, Jeanne, faisait le guet… Quand éclate le scandale, la sanction tombe ; elle sera à la hauteur de l’affront et de la notoriété des personnalités mises en cause : les amants sont torturés et décapités ; les brus du roi emprisonnées.

La prisonnière de Château-Gaillard

1314 : Philippe le Bel enferme ses belles-filles Marguerite et Blanche dans la forteresse de Château-Gaillard, aux Andelys, en Normandie. Les deux princesses scandaleuses pourraient tomber sinon dans les oubliettes de l’histoire, du moins dans l’oubli, les frasques de leur passé s’effaçant avec le temps. Mais c’est sans compter avec les événements. 1315 : Philippe le Bel meurt. S’agit-il d’un accident de chasse ? D’un empoisonnement ? De l’efficace résultat d’une malédiction proférée par Jacques de Molay ? Le roi de fer a-t-il tout simplement succombé rapidement parce qu’il était épuisé par toute une série de lourds et divers ennuis ? Toujours est-il que sa mort propulse sur le trône son fils aîné Louis X. De fait, Marguerite, même emprisonnée, devient reine de France.

.L’adultère n’était pas un motif de dissolution suffisant pour le mariage, Louis qui n’entend pas extraire Marguerite de son cachot, mais qui est dans l’obligation urgente de donner un héritier mâle à la couronne n’a qu’un recours : faire annuler son mariage par le pape pour convoler en justes noces. Comble de malchance pour le frais monarque, depuis la mort de Clément V, les cardinaux réunis en conclave à Avignon ne sont pas parvenus à se mettre d’accord pour élire un successeur. Il ne lui reste qu’une espérance : celle de devenir veuf…

La morte de Château-Gaillard ?

Selon certaines sources, le 30 avril 1315, Marguerite de Bourgogne est retrouvée morte dans sa cellule. Comment est-elle morte ? De faim ? De froid ? De faim et de froid ? De mauvais soins ? Château-Gaillard étant un château de guerre et non une résidence, on peut imaginer qu’à cause de l’inconfort des lieux, elle a contracté une maladie pulmonaire qui lui a été fatale. D’autres historiens penchent pour la thèse d’un assassinat à Château-Gaillard ; Marguerite serait morte assassinée sur les ordres de son époux.

Plusieurs hypothèses sont émises : elle aurait été étouffée, étranglée, soit avec ses longs cheveux, soit avec un linceul. Pour autant sa sépulture n’a jamais été retrouvée. Cependant, sur l’ancien emplacement du couvent des cordeliers, rasé à la Révolution, là où il y eut autrefois des cimetières, des cryptes, à proximité des vestiges de la forteresse où la reine vécut ses derniers jours, on dit que les nuits, et surtout les nuits de pleine lune, retentissent de lugubres cris de souffrance et d’agonie que nul ne s’explique.

La morte de Couches ?

Il existe une autre hypothèse, également fort plausible. Certes, Marguerite avait fauté et devait être condamnée. Mais elle appartenait à une famille puissante et influente à la cour. Dès lors, on imagine mal le faible Louis X prendre le risque de la supprimer et d’encourir le courroux de son beau-père, Robert II. On peut imaginer le scénario suivant : pour avoir un fils, Louis doit se remarier rapidement ; son oncle, Charles de Valois, fait venir de Naples sa nièce, Clémence de Hongrie, sous la conduite du chambellan de Bouville. Clémence est en route, le temps presse. Alors, Louis fait renvoyer discrètement Marguerite à Couches.

.Elle sera désormais prisonnière libre dans le château des heures heureuses de son enfance. Elle est sous la garde de sa parente Marie de Beaufremont, dame de Couches. Et c’est là, dit-on, dans la région, qu’elle termine ses jours, en 1333, âgée de 43 ans. Pour autant comment se fait-il que là encore, on ne retrouve pas sa sépulture ? Où a-t-elle été inhumée ?

La réputation de la tour était telle que, vers 1846 ou 47, le nom de Tour de Nesle fut donné à un bouge infâme de la rue du Pot-de-Fer où des repris de justice entraînaient des jeunes filles des quartiers voisins.

 Histoire du Louvre Medieval

Origine du nom

La première forteresse du Louvre, sous Philippe Auguste, a été bâtie sur un lieu-dit nommé en bas-latin Lupara, terme désignant une  louverie, lieu abritant les équipages employés à chasser le loup (en latin lupus signifie « loup »). Étymologie pouvant se rapprocher d'ailleurs de celle du village de Louvres dans le Val-d'Oise.
Selon Geneviève Bresc-Bautier (op. cit., voir les références en bas de page), Lupara pourrait être aussi un nom d'origine celtique portant le suffixe ara caractérisant les hydronymes.

Parmi les hypothèses émises par l'historien Henri Sauval au XVIIe siècle (dont celles énumérées plus haut), l'une d'elles (non confirmée par des linguistes par la suite), fait remonter l'origine du nom Louvre à l'ancien français lauer ou lower qui signifiait « tour de guet », conséquence directe de l'occupation des Francs saliens (ou Sicambres : Mérovée, Childéric, Clovis...), dont la langue est germanique et non latine. Dans cette langue, le mot leovar, lovar, lover, leower ou lower signifierait « château » ou « camp fortifié ».

Histoire

 Louvreplan3bLe Plan présenté ci-contre est orienté différemment, le Nord est en gauche et l'Est en haut. Le document retrace les étapes de la réalisation du Palais du Louvre de Philippe-Auguste jusqu'à nos jours (la Pyramide en rouge, au centre).

Le Louvre médiéval (Philippe-Auguste, CharlesV) est vers le haut, en fait il formait un carré complet même si le dessin ne laisse apparaître que deux côtés en clair. On remarque l'importance des travaux réalisés à l'époque de Catherine de Médicis (en rouge) et ceux du Second Empire (en jaune).

Le Louvre médiéval

Situation

Le Louvre médiéval, de Philippe Auguste à Henri IV, occupait le quart sud-ouest de l'actuelle « cour carrée ». Ainsi, lorsque l'on pénètre dans celle-ci par le pavillon de Sully (ou le pavillon de l'Horloge), le Louvre médiéval occupait la partie située immédiatement à droite.

La forteresse

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Le Louvre au XVe siècle dans les miniatures des Très Riches Heures du duc de Berry

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Des restes des bases médiévales peuvent encore être vus dans le sous-sol du musée.

C'est en voulant renforcer la défense de la ville de Paris, afin d'en faire le centre politique et religieux du royaume, que Philippe Auguste fait construire une grande enceinte entourant la ville. Le Louvre, situé à l'ouest de la muraille, est alors une forteresse constituée d'un donjon de 15 mètres de diamètre avec une épaisseur de mur de 4,20 mètres à sa base, haut de 30 mètres, au centre d'une enceinte rectangulaire presque carrée de 72 et 78 mètres de côté, renforcée de dix tours de défense que l'on franchit par deux portes avec pont-levis situés respectivement au sud et à l'est. Deux bâtiments sont accolés au mur d'enceinte, à l'ouest et au sud de la cour centrale. Les travaux prennent fin en 1202.

La résidence royale

Sous Louis IX, le château connaît un important agrandissement, de nouvelles salles étant construites sans réel but défensif, comme la salle Saint-Louis (1230-1240). On y transfère également le trésor royal, donnant un nouveau caractère à la forteresse.

Cependant, c'est sous Charles V, dans la deuxième moitié du XIVe siècle, que le palais devient résidence royale. Après avoir réprimé la révolte du prévôt des marchands Étienne Marcel, il achève un nouveau rempart pour protéger la ville qui s'est alors considérablement développée extra-muros. Le Louvre, auparavant situé à l'extérieur de la muraille de Philippe-Auguste, est inclus dans ce nouveau système défensif. Le château prend alors une double fonction : en plus de son rôle protecteur, il devient l'une des résidences du roi et de la cour, avec le château de Vincennes, l'hôtel Saint-Pol dans le Marais et le palais de l'île de la Cité dont la fonction est plus « administrative » et notamment judiciaire avec l'installation du Parlement de Paris.
Architecturalement, des nouveautés apparaissent, notamment un grand escalier hélicoïdal, dû à Raymond du Temple : engagé dans le mur du donjon, dit « la grande vis », il est décoré d'effigies de la famille royale. Drouet de Dammartin, plus tard responsable du chantier de la chartreuse de Champmol, fait ici ses premières armes de sculpteur et d'architecte.

La bibliothèque

Le Louvre s'ouvre sur la ville qui devient à cette période un important centre de luxe, et Charles V, grand amateur d'art, y transfère une partie de sa bibliothèque. Selon un inventaire de 1373, celle-ci ne comportait pas moins de neuf cents manuscrits et se divisait en trois pièces : l'une consacrée aux traités de gouvernements, une autre aux romans, et la dernière aux livres religieux. Une autre partie de la bibliothèque de Charles V se trouvait à Vincennes.

Charles V est le premier monarque qui songea à constituer une bibliothèque royale. Il fit déposer à cet effet tous les livres qu'il put réunir dans la tour nord-ouest du Louvre, autrefois nommée tour de la Fauconnerie, et qui fut appelée tour de la Librairie. Les livres y occupaient trois étages, et y étaient rangés avec autant de soin que de propreté. Pour les conserver précieusement, Charles V voulut qu'on fermât de barreaux de fer, de fil de laiton et de vitres peintes toutes les fenêtres de sa bibliothèque ; et, afin que l'on pût y travailler à toute heure, on pendit par son ordre à la voûte trente petits chandeliers et une lampe d'argent qui étaient allumés toutes les nuits. Les lambris des murs étaient de bois d'Irlande, la voûte était lambrissée de bois de cyprès, et tous ces lambris étaient embellis de sculptures en bas-relief. C'est Gilles Mallet, pour lors valet de chambre puis maître d'hôtel du roi qui fut chargé de la garde de cette bibliothèque ou librairie. On y trouvait des livres de toutes espèces. Les plus considérables étaient des bibles latines ou françaises. Il y avait aussi une grande quantité de livres d'église, comme des missels, des bréviaires, des psautiers, des livres d'heures et des Offices particuliers. La plupart de ces livres étaient recouverts de riches étoffes et enluminés avec grand soin. Parmi les livres profanes on trouvait des traités d'astrologie, de géomancie, de chiromancie.

Symbole de l'autorité royale

Le château a également une importance capitale en tant que symbole de l’autorité royale. Jusqu’à la Révolution, tous les fiefs dépendant directement du roi sont dits relever de la grosse tour du Louvre, même après la destruction de celle-ci au XVIe siècle, sous François Ier. Le Louvre apparaît donc comme le siège de l’autorité féodale du roi, alors que le palais royal de la Cité, devenu le palais de justice, est le siège de l’aspect souverain de son autorité, dans sa fonction la plus éminente : la justice.

1190-1202

Sous Philippe Auguste, construction du donjon et de la forteresse

Les quarante-trois années du règne de Philippe Auguste (1180 à 1223) marquent un renforcement considérable du pouvoir monarchique à  l'intérieur comme à l'extérieur du royaume. Paris, première ville du continent, est dotée d'une nouvelle et puissante enceinte fortifiée à partir de 1190 et le roi décide de la renforcer, à l'ouest, par une protection supplémentaire. Le château du Louvre naît alors, aux portes d'une cité qu'il est censé protéger du danger anglo-normand.

V planlouvreLe donjon ou "Grosse Tour", également dite Tour de Paris a été construit en 1200. C'est François Ier qui le détruira en 1528. C'était une grosse tour ronde ; on peut en voir le tracé actuellement dans la cour carrée : un pavage au sol délimite son ancien emplacement. Il s'agissait d'un très gros cylindre utilisé comme prison. Il était cerné d'un qualidrilatère. Ses dimensions étaient : 32 mètres de haut, jusqu'à un toit conique, 15 mètres de diamètre et un mur épais de 4,20 mètres à la base.

Autour du donjon, construit par Philippe Auguste à partir de 1190, le château, quadrilatère de 78 x 72 m ceinturé de fossés, n'est pas une résidence royale mais un arsenal. Des tours circulaires protègent les angles et le centre des faces nord et ouest. A l'est et au sud, deux portes d'accès sont encadrées de tours défensives. Au centre, la « grosse tour », donjon de 15 m de diamètre, domine le quartier du haut de ses 32 m. Deux bâtiments sont accolés au mur d'enceinte, à l'ouest et sud de la cour.

Le mur ouest étant particulièrement solide a été gardé lors de la reconstruction du Louvre sous François Ier.
On pouvait entrer dans cette forteresse par le sud. Une autre entrée, plus petite se trouvait se trouvait à l'est.. Le roi abrite dans le donjon son trésor, ses archives (qui avaient été perdues en 1194 et reconstituées) et son arsenal mais n'y réside pas

Construit par Philippe Auguste à partir de 1190, le château, quadrilatère de 78 x 72 m ceinturé de fossés, n'est pas une résidence royale mais un arsenal. Des tours circulaires protègent les angles et le centre des faces nord et ouest. A l'est et au sud, deux portes d'accès sont encadrées de tours défensives. Au centre, la « grosse tour », donjon de 15 m de diamètre, domine le quartier du haut de ses 32 m. Deux bâtiments sont accolés au mur d'enceinte, à l'ouest et sud de la cour.

Vers 1230-1240

Voûtement de la Salle Basse du Logis occidental

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La « Salle Basse » est le seul vestige des intérieurs du Louvre médiéval mais sa fonction d'origine reste inconnue. Ses voûtes, à présent détruites, reposaient sur deux colonnes placées au centre de la salle ainsi que sur des supports muraux. Dans son état actuel, les voûtements, colonnes et corbeaux remontent aux années 1230-1240 et ont été insérés dans la maçonnerie antérieure.

1358-1365

Enceinte de Charles V à partir du rempart de terre d'Etienne Marcel

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Enceinte de Charles V, XIVe siècle

Au milieu du XIVe siècle, Paris se développe largement à l'extérieur du mur de Philippe Auguste. Lors de la guerre de cent ans, il est à nouveau nécessaire de protéger la capitale du royaume. Etienne Marcel, prévôt des marchands, commence l'édification d'un rempart de terre (1356-1358) développé et continué par Charles V : la nouvelle enceinte ceinture les quartiers de la rive droite. Enfermé à l'intérieur de la ville, le Louvre perd son rôle protecteur.

1364-1369

Travaux de Raymond du Temple
A partir de 1364, sous Charles V, le château défensif devient, grâce à l'architecte Raymond du Temple, une somptueuse résidence royale. Miniatures et tableaux nous donnent une image merveilleuse des toitures ornées de décors. Les logis autour de la cour centrale sont percés de larges fenêtres sculptées. La grande vis, majestueux escalier, dessert les étages des nouveaux édifices. On ajoute un jardin d'agrément au nord. Les intérieurs sont ornés de sculptures, de tapisseries et de boiseries.

 Les enceintes et les fossés

Première enceinte médiévale

Au cœur de Paris, à l'angle de la rue de Rivoli et de la rue de l'arbre sec, l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) a dégagé en 2009 les vestiges de la première enceinte médiévale de la ville

Située rive droite, entre la Seine et l'enceinte de Philippe Auguste, et datée approximativement du Xe ou XIe siècle.

Voir la carte sommaire ci-dessous.

Deuxième enceinte médiévale dite de Philippe Auguste

L'enceinte de Philippe Auguste est édifiée de 1190 à 1213, enclosant 253 hectares de part et d'autre de la Seine, pour une population estimée à 50 000 habitants. De nombreux éléments en sont intégrés dans des constructions civiles, ou repris dans l'enceinte de Charles V.

Paris grandissant à vue d’œil, rompt bientôt sa ceinture de pierre, s'étend d'un côté jusqu'à la montagne Sainte-Geneviève, et de l'autre jusqu'aux chemins conduisant à l'abbaye de Saint-Denis. Une nouvelle enceinte est donc commencée en 1190, sur ordre de Philippe Auguste mais aux frais de la Ville, et sa construction dure 30 ans.

La nouvelle muraille a huit pieds d'épaisseur ; elle est formée d'un blocage revêtu de maçonnerie, flanquée de 500 tours et munie de fossés larges et profonds. Elle part de la Seine un peu au-dessus de l'emplacement actuel du pont des Arts, passe près de la porte Saint-Honoré, s'ouvre à la porte Coquillière, aux porte Saint-Denis, porte Mauconseil, porte Barbette, aux rue Vieille-du-Temple, rue des Francs-Bourgeois, à la porte Baudoyer et s'arrête au quai des Célestins.La muraille possédait un chemin de ronde d'environ deux mètres et des créneaux. On y accédait par des échelles adossées au mur ou par les escaliers des portes

Elle reprend, du côté méridional, au palais de la Tournelle, s'ouvre aux portes Saint-Victor, Bordet, Saint-Jacques, Saint-Michel, des Cordeliers, près de la cour du Commerce, à la porte de Buci, et s'achève à la fameuse tour de Nesle. Il y a en tout treize portes ou poternes. La plus célèbre, celle de Buci, rappelle la trahison : c'est par cette porte que Perrinet Leclerc, vendu aux Bourguignons, laisse entrer l'ennemi.

La partie septentrionale de Paris reçoit, sous le règne du roi Jean le Bon, un accroissement de défense, et les bourgs Saint-Paul et du Temple, les bâtiments des Quinze-Vingts, l'église Saint-Paul, l'église Saint-Thomas-du-Louvre et enfin le Louvre se trouvent compris dans le périmètre de l'enceinte.

La connaissance de l'enceinte de Philippe Auguste est élargie par de nombreuses fouilles archéologiques qui révèlent des structures qui la composent

C'est la plus ancienne des enceintes de Paris dont on connaisse le tracé avec précision Construite sur ordre de Philippe Auguste de 1190 à 1215, elle englobait un espace de 253 hectares et était d'une longueur de 2500 mètres sur la Rive gauche et 2600 sur la Rive droite.

L'enceinte de Philippe Auguste traversait les actuels 1er, 4e, 5e et 6e arrondissements de Paris.

Voir la carte sommaire ci-dessous.

Enceinte de Charles V

Construite de 1356 à 1383, elle englobe 439 hectares, elle n'étend l'enceinte de Philippe-Auguste que sur la rive droite. Après l'édification de cette enceinte, la ville de Paris fut divisée en 16 quartiers :

Cité : La Cité
Rive droite : Saint-Antoine, Quartier Saint-Gervais, Quartier Sainte-Avoye, Sainte-Opportune, Saint-Honoré, Saint-Germain l'Auxerrois, Saint-Eustache, Saint-Denis, Saint-Martin, Les Halles, La Verrerie, Saint Jacques de la Boucherie, Saint-Jean de Grève
Rive gauche : Maubert, Saint-André-des-Arts

A l'est et au nord, l'enceinte fut édifiée sur un ancien lit de la Seine.

L'enceinte de Charles V est construite de 1356 à 1383, sous le règne de ce dernier, œuvre poursuivie par son fils et successeur Charles VI. Elle enclôt 439 hectares, n'étendant l'enceinte de Philippe Auguste que sur la rive droite, où elle enferme des hôtels particuliers du Marais, l'enclos des Templiers et le Palais du Louvre. On estime alors la population à 200 000 habitants. Cette enceinte est en partie détruite lors de la construction de celle de Louis XIII et en partie reprise dans celle-ci.

Henri V d'Angleterre fait faire de nouveaux travaux à l'enceinte de Paris. Il s'occupe de fortifier les points vulnérables, en cas d'attaque. Les portes sont munies de tous les engins de destruction connus à cette époque. Jeanne d'Arc, voulant délivrer la capitale, est blessée à la porte Saint-Honoré.

En 1553-1559, le roi Henri II, en guerre contre l'Espagne à cause de la Lorraine, fit construire trois bastions sur la rive droite, en saillie sur l'enceinte du XIVe siècle, du quai de l'Arsenal à la Bastille.

Voir la Carte sommaire ci-dessous.

Enceinte de Louis XIII dite des Fossés jaunes

Construite de 1633 à 1636, elle n'étend l'enceinte de Charles V que sur la rive droite (dans les actuels 1er et 2e arrondissements).

L'origine du nom Fossés jaunes viendrait de la couleur de la terre.

Cette enceinte est détruite à partir de 1660, une nouvelle chaussée est créée : le « Nouveau Cours » (futurs Grands Boulevards). Certaines portes fortifiées sont remplacées par des arcs de triomphe : porte Saint-Denis, porte Saint-Martin.

Voir la Carte sommaire ci-dessous.

Enceintes de paris

L’histoire des extensions de Paris est bien connue,marquée par la construction d‘enceintes successives et de nouvelles limites du XII siècle à 1860.

La ville bénéficie d’une situation idéale pour s’épanouir au bord d’un grand fleuve navigable, entourée de riches terres agricoles qui assureront son approvisionnement en blé et viande et permettront également

le développement à sa périphérie des villes de Corbeil,Melun, Meaux, Pontoise, Poissy, Etampes...La première enceinte est construite pour protéger la ville, vers la fin du Xe et au début du XIesiècle.

L’ouvrage construit sur la rive droite se compose probablement d’un fossé, doublé d’une levée de terre surmontée d’une palissade. Une nouvelle enceinte est édifiée de 1180 à 1210, sous Philippe Auguste,

« le premier roi  urbaniste qui cherche à modelerla capitale suivant une conception d’ensemble

. Son périmètre long de 3 000 mètres environ court de part et d’autre de la Seine sans englober le Louvre ou le bourg de Saint-Germain. Le roi ordonne le pavage des rues et d’une rigole d’évacuation des eaux pluviales ou usées en leur milieu. Un « esgout » à ciel ouvert, sur la rive droite de la Seine, contournant Paris au nord recueille une partie des effluents.

Au cours des XIIIe et XIVe siècles, Paris se densifie et s’agrandit, principalement sur la rive droite de la Seine, siège du pouvoir et de l’administration. Charles V, le Sage ou le Grand bâtisseur fait construire une nouvelle enceinte sur la rive droite en 1370.A la même époque, Hugues Aubriot, prévôt des marchands, décide la réalisation d’un égout voûté et maçonné rue Montmartre, rejoignant le ruisseau de Ménilmontant.

Avec François 1er apparaît l’idée d’alignement et d’ordonnancement pour mettre fin aux rues tortueuses.

Durant son règne, il se construit tellement de nouveaux bâtiments en dehors de l’enceinte que son successeur, Henri II, interdit en 1548 de bâtir du neuf dans les faubourgs et fait dresser un plan directeurconfié à l’ingénieur Bellarmato et les plans d’une nouvelle enceinte qui ne seront pas réalisés.

Henri IV, qui se qualifie lui même l’amy des bâtisseurs » transforme la ville et l’embellit par la construction de places (Dauphine, Royale ou des Vosges),ponts, jardins (Palais Royal), fait construire la Pompe de la Samaritaine au Pont Neuf afin de fournir de l’eau au Louvre et au jardins royaux. La ville souffre cruellement de la pénurie d’eau. Au cours du XVIIe siècle, pour obtenir en quantité suffisante une eau plus agréable que celle de la Seine, la construction de l’aqueduc d’Arcueil apporte un secours momentané. Commencé en 1613, l’aqueduc est mis en service en 1624. Il conduit à Paris les eaux des sources d’Arcueil et de Rungis selon un tracé identique à l’antique aqueduc gallo-romain qui alimentait déjà Lutèce. Il aboutit à un château d’eau situé à l’angle de l’avenue de l’Observatoire et de l’avenue Denfert-Rochereau.

 Après tant d'histoire il est temps de nous restaurer avec entre autre un travers au lentilles arrosé d'un honnete Cote du Rhone

387px place des victoires louis xivPlace des Victoires avec la statuee equestre de Louis XIV, on remonte par la rue d'Aboukir direction Nord Est exactement sur le tracé de l'enceinte de Charles V? Nous evoquons la cour desz Miracles adossée aux remparts

Au Moyen Age, la Cour des Miracles était une cour parisienne abritée par la rue Saint-Sauveur, la rue de la Mortellerie et la rue de la Truanderie. La police ne venait que rarement dans ce quartier délabré et sombre. La Cour logeait des mendiants, des aveugles, des paralysés, des nains et toutes sortes de personnages tous plus répugnants les uns que les autres. La journée, ceux-ci se rendaient dans les plus beaux quartiers de Paris, et profitaient de leur laideur pour apitoyer les bourgeois, afin que ceux-ci leur donnent l’aumône. En réalité, aucun d’eux ne souffrait réellement d’un quelconque handicap.

Nous avons evoqué plus haut les differentes portes de Paris y compris la porte St Honoré ou jeane d'arc fut blessée,

 
 
 
 
L'abbaye St Martin des Champs

En 365, saint Martin guérit un lépreux à Lutèce ; à l'endroit du miracle, on construit une petite chapelle, placée sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Suivent guerres, invasions normandes, famines, épidémies... bref, tous les fléaux possibles et inimaginables ! Mais l'abbaye résiste.

Henri Ier la fait même reconstruire en 1060 pour les chanoines séculiers de Saint-Martin, des chanoines « qui vivaient dans la luxure et enlevaient les femmes de leurs voisins », nous disent les chroniques de l'époque !

 Philippe Ier installe donc des moines de Cluny en 1078 à la place et fait construire des remparts autour du prieuré.

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La tour médiévale qui se trouve à l'angle de la rue de Vertbois en est un vestige... L'abbaye, avec ce changement, perd son titre et redevient simple prieuré...

À l'angle avec la rue Saint-Martin, la tour nord-ouest de l'enceinte de l'ancienne Prieuré Saint-Martin-des-Champs, avec la fontaine du Vertbois. Cette tour était sauvée d'une démolition en 1882 grâce à l'intervention de la société des Antiquaires, soutenue par Victor Hugo. L'ancienne enceinte du Prieuré Saint-Martin-des-Champs visible depuis la rue du Verbois.

Pourtant Saint-Martin-des-Champs devient vite le pendant de Saint-Germain-des-Près, sur l'autre rive ! Un centre culturel et religieux important mais aussi très riche : il possède 33 églises en 1096 !

Les moines ont en plus le droit de haute et basse justice sur toutes leurs propriétés.

Grands changements

Au moment de sa création, le prieuré se trouvait en dehors des murailles de la ville ; l'enceinte de Philippe-Auguste (XIIe siècle) ne pallie pas au problème et le laisse encore à l'extérieur. Il faut attendre les travaux entrepris sous le règne de Charles V, en 1367, pour que le prieuré soit compris dans les murs d'enceinte.
Le prieur alors fait construire de hauts remparts flanqués de 21 tours pour protéger le cimetière, les jardins et les bâtiments conventuels. L'abbaye deviendra conservatoire des Arts-et-Métiers en 1794 après avoir été transformée en école puis en manufacture d'armes. Ce qu'il reste de l'époque de sa fondation ? L'église et le réfectoire ! Les autres bâtiments ont été reconstruits par Antoine au XVIIIe siècle, puis agrandis entre 1845 et 1897 par Léon Vaudoyer et enfin restaurés par Henri Denoux peu avant la Première Guerre Mondiale.

Au cours du XIIIesiècle, s'édifie l'enceinte du Prieuré Saint-Martin-des-Champs (tours et mur donnant sur la rue du Vertbois).

Aujourd'hui, cette ancienne église est utilisée par le Musée des arts et métiers et les bâtiments annexes par le Conservatoire national des arts et métiers.

Anciennement rue Neuve-Saint Laurent, elle doit probablement son nom aux arbres qui composaient l'enclos du Prieuré Saint-Martin-des-Champs sur une partie duquel la voie publique était ouverte.

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L'eglise St Nicolas des Champs

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A l'origine l'eglise se trouve être une modeste petite chapelle érigée en paroisse en 1184, dépendance du prieuré voisin de Saint-Martin. Reconstruite à la fin du XIIe siècle puis au XVe siècle (où on remanie la façade, le clocher et les sept premières travées), Saint-Nicolas prend sa forme actuelle au XVIe siècle (1576), lorsque les religieux du prieuré de Saint-Martin cèdent un terrain pour y agrandir l'église, notamment pour allonger la nef et construire les chapelles sur les bas-côtés.

 Histoire

Il y eut d'abord une chapelle dépendant de l’abbaye Saint-Martin des Champs (aujourd'hui le Musée des Arts et Métiers). Cette chapelle devint paroisse en 1184. La construction de l'église date des XIIe, XVe et XVIIe siècles.

 

  Les grandes orgues

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Il y a des orgues à St Nicolas-des-Champs depuis 1418. L'orgue actuel date en partie des XVIIe, XVIIIe (Clicquot) et du début du XXe siècles. En 1834, Louis Braille, inventeur du système d'écriture tactile pour aveugle, fut un de ses titulaires. Édouard Batiste y fut organiste de 1841 à 1854 et Michel Chapuis de 1954 à 1972. Aujourd'hui ce sont François Ménissier et Vincent Genvrin qui tiennent la tribune des grandes orgues.

 

  Tableaux remarquables

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L'église possède un des seuls retables monumentaux du XVIIIe siècle encore en place dans une église parisienne, peint par Simon Vouet, il s'élève jusqu'à 12 mètres de hauteur au-dessus du maître-autel et représente l'Assomption de la Vierge. 

 

La Madone de Vic, peinte en 1617 par Frans Pourbus le Jeune, dans la chapelle de la Vierge.
 
 
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Nous nous arretons pour voir  au 3 rue Volta

Histoire

Elle résulte de la fusion en 1851, de trois rues, sous le nom du physicien italien Alessandro Volta: la rue Frépillon, la rue de la Croix et la rue du Pont-aux-Biches.

Sites particuliers

On a longtemps pensé que la maison du no3 était la plus vieille maison de Paris et qu'elle datait de 1300, alors qu'elle date de 1644 comme on le découvrit en 1979. En fait, sauf nouvelle surprise, la plus ancienne maison de Paris se trouve non loin de là, au 51 rue de Montmorency. Il s'agit de la maison de Nicolas Flamel, datée de 1407.

                                 3 Rue  Volta                                                                                           51 rue de Montmorency

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Nous terminons par la place de la Republique et remontons gaillardement vers la Gare du Nord pour rentrer chez nous après ce périple de 11 Km, il était temps la pluie commence à tomber

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Paris sous la Renaissance 1er partie

 Samedi 11 janvier temps frais, effectif complet 29 personnes

Après lecture de l'ephemeride de la journée, nous attaquons depuis le Metro St Michel

L'origine de la renaissance en Italie est au XV eme sicele et plus particulierement à Florence alors qu'en France celle ci ne débute qu'au XVIeme siecle.

La premiere partie de 1495 à 1525 avec l'appui des architectes et artistes Italiens est particulièrement représentée  par la construction des Chateaux de la Loire, la seconde partie appelée aussi "Ecole de Fontainebleau" de 1530 à 1560 se distingue avec les chateaux de Fontainebleau,Villers Cotterets, Ecouen, Ancy le Franc, Anet, la cour carré du Louvre et l'hotel Assezat à Toulouse

Les architectes Français les plus connus sont Pierre Lescot,Philibert de Lorme,Jean Bullant et jacques Androuet du Cerceau alors que parmi les sculpteurs se distingue Jean Goujon et Germain Pilon.

On peu marquer la fin de la periode par la mort d'Henri IV en 1610 mais déjà sous son règne on voit apparaitre le style dit "Louis XIII" que l'on fait figurer dans la grand periode dite "Classique " de 1610 à 1750

La rue Hautefeuille est une très ancienne rue de Paris, qui au  Moyen Age allait jusqu'au faubourg Saint-Jacques. Elle fut coupée en deux par l' enceinte construite par  Philippe Auguste entre  1190 et 1215. La construction au Xi e siecle du couvent des Cordeliers raccourcit de nouveau la rue qui s'arrête maintenant rue de l'École-de-Médecine, ancienne rue des Cordeliers.

En 1252, la rue porte le nom de rue de la Barre entre la rue St Severin et la rue Serpente, puis de la fin du XII e et XVIe siecle siècle, rue du Chevet-Saint-André, rue Saint-André et rue de la Vieille-Plâtrière avant de prendre son nom actuel.

L'origine du nom Hautefeuille est incertaine. Une hypothèse est que la rue était bordée d'arbres hauts et touffus et que les moines du couvent des Cordeliers allaient jouer au jeu de paume sous les « hautes feuillées », ou en raison du nom de ruines romaines découvertes en  1355, lors du creusement des fossés de l'enceinte de Charles V et que l'on dénomma sous le nom d'Altum

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Au  no 5 Hotel des Abbés de Fecamp, ou Hôtel de Fécamp. Celui ci situé au croisement entre la rue Hautefeuille et l'impasse Hautefeuille, date du XVIe siècle et a été construit en remplacement d'une ancienne demeure des abbes de Fecamp qui datait de 1292.

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  Au XVIIe siècle, l'immeuble est habité par le capitaine Godin de Ste Croix, amant de la marquise de Brinvilliers, rendue célèbre par l' affaire des poisons ( histoire que vous retrouvez dans le Paris criminel 3eme partie) , qui s'y rendait souvent.

Nicolas Boucot, un important bibliophile, y réside au premier étage jusqu'à sa mort en  1699. Tout au long de sa vie, il acquiert des livres, et à sa mort, il possède plus de 18 000 volumes et plus de 7 000 estampes. À la mort de  Stanislas Leszozynski, duc de Lorraine, zn 1776, les archives de Lorraine sont ramenée à Paris et entreposées dans le bâtiment, jusqu'en 1790, date à laquelle elles sont transférées auxArchives nationales

Le bâtiment possède une tourelle d'angle, ou echauquette en cul de lampe, du début du XVIe siècle. Fortement détériorée, il subsiste toutefois les sculptures en dentelles de l'encorbellement et les perles et entrelacs de la  corniche

 

  Nous longeons ensuite l' Eglise St Severin et son portail qui provient de l'eglise St Pierre des Boeufs.

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L'ensemble formé par l'église, la " maison paroissiale - presbytère" , le square Andre Lefebvre et le cloitre est délimité par la rue des Pretres St Severin et la rue de la Parcheminerie, la rue St Jacques et la rue St Severin.

Elle est utilisée comme lieu de culte de la paroisse Saint-Séverin-Saint-Nicolas. En effet, depuis 1977, date de l'occupation de l'eglise St Nicolas du Chardonet par des fidèles de la Fraternité sacerdotale St Pie X, le territoire de Saint-Nicolas dépend également de Saint-Séverin. La paroisse a l'usage d'un immeuble sis 39 boulevard St Germain, ancien presbytère de Saint-Nicolas du Chardonnet.

L'église Saint-Pierre-aux-Bœufs est une ancienne église de  Paris, située dans l'ile de la Cite près de la cathedrale Notre Dame, dans l'actuelle  rue d'Arcole.

Origine du nom

La fondation de l'église Saint-Pierre-aux-Bœufs remonte au  Moyen Age. Le nom viendrait d'un marché de boucherie établi à proximité. On raconte également qu'un matin où le  St Sacrement sortait en  procession de cette église, tous les passants s'agenouillèrent. Deux boeufs qui, conduits à l'abattoir, passaient aussi, s'agenouillèrent également1. Suite à cela, deux têtes de boeufs furent sculptées sur la façade de l'église.

L'église des mariages clandestins

Pendant  l'acien regime, l'église Saint-Pierre-aux-Bœufs fait partie de ces quelques paroisses où se marient secrètement les futurs conjoints qui n'ont pas obtenu le consentement de leurs parents.

Ainsi, c'est dans cette église que le 28 Octobre 1648 Louis de Buade de Frontenac, futur gouverneur de la Nouvelle France épouse Anne de la Grange-Trianon 

C'est également ici que se marie le philosophe Denis Diderot avec Anne-Toinette Champion le 6 novembre 1743.

Le poète fontenaicastrien Nicolas Gilbert fut inhumé dans la grande cave de Saint-Pierre-aux-Boeufs le 17 novembre 1780.

Démolition et vestiges

L'église Saint-Pierre-aux-Bœufs est supprimée en 1790. Elle devient propriété nationale puis est vendue le 8 fructidor an IV. L'église est finalement démolie en 1837 lors des travaux de la rue d'Arcole.

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Au moment de la démolition de l'église, le portail est sauvé et remonté en 1839 par l'architecte Lassus devant l'eglise Saint Severin dont il forme aujourd'hui le portail occidental.

Passant par la vieille rue Lagrange nous arrivons Place Maubert ou fut brulé entre autre Etienne Dolet un erudit ,Historien, imprimeur et editeur qui imprimait des textes peu appréciés par l'inquisition et le parlement de Paris

Nous nous arrêtons pour admirer la Tour de l'Horloge, cette derniere installée en 1370 sous CharlesV fut reparé en 1585 sous Henri III et dont le cadran est encadré par deux allegories La Loi et La Justice sculptées par Germain Pilon

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Horloge

De forme Carrée, massive, haute de 47m, aux murs épais de près d'un mètre, elle accueillit vers 1370 la première horloge publique à Paris, construite par Henri de Vic, horloger lorrain.

C'est le cadran actuel, placé sur le manteau royal de la France au fond d'azur fleurdelisé, où est porté la date de la réfection.

L'horloge est encadrée de deux grandes figures allégoriques qui représentent la Loi et la justice.

Deux plaques posées au-dessus et au-dessous de l'horloge portent des inscriptions latines: en haut: " Celui qui lui a déjà donné deux couronnes lui en donnera une troisième", allusion aux couronnes de Pologne et de France

Celle du bas: " Cette machine qui fait aux heures douze parts si justes enseigne à protéger la Justice et à défendre les lois".

La tour et l'horloge a fait l'objet de plusieurs restaurations à travers les siècles, la dernière a été effectuée en 2011/2012

Au nord-est du palais de la Cité, demeure des rois de France depuis Hugues Capet, le roi Jean II le Bon fit édifier entre 1350 et 1353, sur un ancien terrain marécageux, une tour dont le beffroi était dominé par un lanternon et qui devint par la suite la tour de l'Horloge du palais de la Cité1. Elle joua un rôle de guet pour la sécurité du palais

En 1371, la tour de l'Horloge du palais de la Cité fut dotée d'une cloche en argent. En 1418, la municipalité réclama que l'horloge comportât un cadran extérieur « pour que les habitants de la ville puissent régler leurs affaires de jour comme de nuit ». En 1472, d'importantes restaurations du cadran furent faites par Philippe Brille. En 1585, Henri III fit mettre en place un nouveau cadran, dont l'encadrement fut réalisé par le sculpteur Germain Pilon qui furent restaurées en 1685. Les grandes figures allégoriques représentant la Loi et la Justice, bûchées sous la Révolution, furent à nouveau restaurées en 1852 puis en 1909, dates apparaissant au bas du cadran.

Le cadran actuel, est de forme carrée, d'un diamètre d'un mètre et demi et est orné au centre de rayons flamboyants et dorés ; il est placé sur le manteau royal de la France au fond d'azur fleurdelisé.

Les aiguilles en cuivre repoussé et bronzé, la grande en fer de lance pour les minutes, la petite terminée en fleur de lis et prolongée par une contre-aiguille terminée par un croissant pour les heures, évoluent sur des chiffres romains colorés en relief sur la pierre.

Restaurations

 L'horloge après la restauration de 2012.

La tour de l'Horloge a subi d'importantes restaurations. Une première campagne a été conduite de 1840 à 1843 pour en consolider la partie inférieure et établir un corps de garde à son pied.

D'autres interventions ont eu lieu entre 1843 et 1848, puis entre 1860 et 1861, et lui ont restitué un aspect médiéval, notamment dans ses parties hautes. La salle voûtée du quatrième étage, dite de la Reine Blanche, confortée à l'extérieur par dix contreforts, portait alors encore des traces de son décor polychrome intérieur : il fut entièrement restauré, tout comme le niveau supérieur de la tour, où ont été évoqués des créneaux qui n'existaient pas auparavant, comme le montrent des dessins de la fin du XVIIIe et du tout début du XIXe siècle.

À partir de 2011, la tour est l'objet d'une grande campagne de restauration : celle-ci prend complètement fin en novembre 2012. L'horloge est restituée dans un état conforme aux plus anciens documents disponibles aux archives de la Bibliothèque nationale. Les dorures et peintures sont refaites. Le changement le plus notable est la restitution du fond bleu semé de fleurs de Lys d'un dessin différent de celles qui dataient de la restauration de 1686.

Au passage nous admirons la Tour St Jacques

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Après une ouverture lors des JEP 2012, la Ville a confié à l’association des « Amis de la Tour Jean sans Peur » le soin d’organiser son ouverture durant l’été 2013. Après la tour Jean sans Peur (2e arr.) en 1999 et l’Ermitage (20e arr.) en 2005, la tour Saint-Jacques est le 3e site parisien ouvert par notre association.

Le clocher de style gothique flamboyant , la tour St Jacques constitue le seul vestige de l'eglise St Jacques de la Bioucherie dédié à st Jacques le Majeur

Ce sanctuaire possédait une relique de saint Jacques et était un lieu de pèlerinage réputé. Si le Guide du pèlerin ne mentionne pas la ville, la Chronique de Turpin affirme que l’église a été fondée par Charlemagne, ce qui lui a valu son inscription au patrimoine mondial de l'UNSECO au titre des chemins de  St Jacques de Compostelle  en 1998 avec 70 autres bâtiments ou lieux en France. Cette Chronique qui forme un des Livres du Codex Calixtinus  a été considérée comme authentique jusqu'à la fin du XVIIIe siècle . Mais la légende de la construction par Charlemagne est restée. Elle est le seul lien de cette tour avec Compostelle connu des études historiques. En revanche, un lien a été créé par l'Espagne en 1965 avec le don à la ville de Paris d'une plaque qui a fait de cette tour un point de départ historique des pèlerins de Compostelle.

Ce clocher tour est construit entre 1509 et 1523 par Jean de Felin, Julien Ménart et Jean de Revier. Il mesure 54 mètres jusqu’à la balustrade. En 1523, Rault, « tailleur d’images » reçut 20 livres « pour avoir fait trois bêtes (trois des quatre symboles des Evangelistes) et un saint Jacques sur la tour et clocher ». Cette statue colossale mesurait, dit-on, 10 mètres de haut. L'église est détruite en 1793, on dit que la tour ne fut pas démolie parce que Blaise Pascal y aurait renouvelé ses expériences sur la pesanteur du Puy de Dome . Sa statue, installée à la base de la tour, le rappelle. Il est vrai que l’acheteur de l’église avait eu comme condition de ne pas démolir la tour.

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 En 1824, un industriel achète la tour pour y installer une fonderie de plombs de chasse, la transformant en tour à plomb. Les cinquante mètres du clocher sont suffisants pour que les gouttes de plomb refroidissent et forment des billes à l'arrivée. En 1836, après deux incendies, la tour est rachetée par la Ville de Paris. En 1850, le Moniteur rapporte qu’on installe au sommet un « superbe phare qui sera illuminé par la lumière électrique qui doit éclairer tout le quartier ». En 1852 les travaux engagés à l’occasion du percement de la rue de Rivoli font décider de la restauration du « délicieux beffroi de Nicolas Flamel ». Les travaux sont colossaux, ordonnés par l’architecte Baltard et dirigés par Theodore Vacquer et l’ingénieur Roussel. La tour est entièrement reprise depuis les fondations, les parties basses presque entièrement refaites, ainsi que plus de vingt statues. De 1854-1858 la restauration est confiée à l’architecte Theodore Ballu.

La statue de saint Jacques, abattue à la Révolution, est remplacée par une autre, due à Paul Chenillon, lequel a fait une maquette en plâtre, haute de 3,80 mètres. L’église Saint-Jacques d’ Illers Combray, chère à Marcel Proust, en conserve la tête, réalisée en 1858 pour servir de modèle au sculpteur. Elle fut offerte par Napoleon III au conseil municipal qui en avait fait la demande.

Au pied de la tour, fut créé en 1856 le premier square de Paris. Au pied de la tour, à la fin du XIX e Siecle, a lieu l’embauchage en plein air des ouvriers, lieu de réunion de ceux-ci tout comme l'était la place de Grève (actuelle place de l'Hôtel de Ville) toute proche.

Au XIX e siecle, une chanson sentimentale et nostalgique d' Edouard Hachin dont l’intrigue se passe près de la tour Saint-Jacques, et intitulée La tour St jacques connut un immense succès. Elle est à présent oubliée.

Depuis 1965, une plaque offerte par l'Espagne à la ville de Paris, « sur l’initiative de la Société des Amis de Saint Jacques », en fait un point de départ de pèlerins de Compostelle. René de La Coste Messelière a même écrit à son sujet qu'elle était « la première et la plus haute borne du chemin de Saint-Jacques », affirmation sans fondement historique. La plaque indique que des « millions de pèlerins » y ont pris le départ pour le pelerinage de St jacques de Compostelle, chiffre symbolique qui souligne l'importance donnée à ce pèlerinage à partir du XIXe siècle. L'origine de cette présentation de millions de pèlerins vient de la mention de foules dans des textes médiévaux,  Ces foules ne correspondent pas à des dénombrements comme cela a été compris mais au fait que pour faire sa promotion, Compostelle s'est appliquée à elle-même les textes du Nouveau Testament parlant de la Jerusalem Celeste.

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Sur la plate-forme est installée une petite station meteorologique depuis 1891. Elle dépend de l'Observatoire de Montsouris. Les symboles sculptés des quatre Evangelistes, le lion (Marc), le taureau (Luc), l'aigle (Jean) et l'ange (Matthieu), apparaissent dans les angles. Les statues actuelles datent du début du XXe siècle, à l'instar des gargouilles et des dix-huit statues de saints qui décorent les parois de la tour. Les sculptures datent de deux époques. Les unes sont de l'origine de la construction au XVIe siècle, d'autres ont été créées aux XIXe et XXe siècles.

 

 

 

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Depuis la fin de travaux de restauration en 2013, lancés dix ans auparavant, les visites sont de nouveau possibles. Elles sont organisées par une association habilitée par la Ville de Paris et sont limitées à 17 personnes par heure, notamment en raison de l'étroitesse de l'escalier, 85 cm.

Chemin faisant on se souvient de cette peroide Renaissance remplie d'hommes curieux de tout comme ces grands voyageurs, marins ,decouvreurs de nouveaux continents et pays lointains

Christophe Colomb, Cortez, Pizarro, Vasco de Gma, Magellan , Jacques Cartier

De  ces savants

Copernic , Ambroise Pare, Leonard de Vinci, Mercator, Gutemberg, Galilée

De ces humanistes, ecrivains ,poetes

Guillaume Bude, Joachim du Bellay, Clement Marot, Ronsard, Erasme, Cerventes, Shakespeare

De ces peintres, architectes ou ceramistes

Le Titien, Veronese, Le Correge, Brueghel, Paladio ( architecte), Bernard Palissy ( ceramique emaillée)

et aussi de la montée en puissance du Protestantisme avec Luther et Calvin

Avec les guerres de religion jusqu'a l'edit de Nantes de 1598 mais qui reprendrons sous Louis XIII et Louis XIV

Classical orders from the encyclopedie

 

 

 

 

Une petite sceance de rafraichissement sur les aspects le plus remarquable du style renaissance Français basé sur le retour à l'antique Grec et Romain comme les "ordres" dorique, Ionique et corintiens

 

 

 

 

 

 Nous admirons la superbe et bien connue "Fontaine des Innocents due au talents de Pierre Lescot et Jean Goujon batie sur l'emplacement du cimetier des saints innocents

La fontaine des Innocents, d'abord appelée fontaine des nymphes

Historique

La fontaine d'angle de la Renaissance   401px fontaine des innocents 2011

La fontaine des Innocents a été réalisée en 1548 sous le règne du roi Henri II en remplacement d'une fontaine plus ancienne, remontant probablement à l'époque de Philippe Auguste, située au centre de l'ancien cimetiere des Innocents Elle est destinée à l'origine à célébrer l'entrée du roi dans Paris.

Elle était initialement implantée sous forme de loggia ouverte sur les spectacles de la rue, adossée à l'eglise des St Innocents, à une quarantaine de mètres de son emplacement actuelle au nord-est de la place, au croisement de la rue St Denis et de la rue aux Fers (partie de l'actuelle rue Berger). Elle ne possédait donc que trois arcades ornées de cinq naiades : deux décorant l'arcade de la rue Saint-Denis, les trois autres sculptées sur les deux arcades donnant en retour d'angle sur la rue aux Fers. Un alignement de pilastres d'ordre Corinthien, encadrant chacune des arcades supportait une frise et un atique e d'un fronton triangulaire, Les naiades au corps voilésen bas relief, s'insèrent entre les pilastres. Chacun des attiques est décoré de scènes mythologiques relatives aux sources et fontaines. L'ensemble reposait sur un soubassement d'où l'eau s'écoulait par de petits macarons.

 Le tetrapyle de l'époque classique

À la fin du XVIIIe siecle, l'ensemble des cimetieres de Paris sont vidés et remplacés par ceux actuels, situés à l'époque à l'extérieur de la ville. Le cimetière des Innocents, plus communément qualifié de charnier, qui jouxtait l'église des Saints-Innocents, est également vidé, suite à l'effondrement d'un muret dans une cave. L'église est démolie en 1785 et la fontaine se retrouve isolée dans un coin de l'espace dégagé, destiné à devenir un marché.

Elle est alors déplacée, puis installée au centre de la place récemment créée et baptisée à l'époque « place du marché des Innocents ». Un ingénieur nommé Six est chargé de la démonter, tandis que les architectes Poyet, Legrand et Molinos en conçoivent le nouveau plan de réédification. Ils décident de lui donner une forme de pavillon carré. Il devient donc nécessaire de sculpter une quatrième face à la fontaine, travail exécuté en 1788 par Augustin Palou, qui s'efforce de retrouver la même inspiration que son prédécesseur.

Il va donc sculpter trois naiades pour compléter les cinq de Goujon: les deux de la face méridionale et celle de gauche de l'occidentale. Les autres ornements sont confiés à Lhuillier, Mezieres et Danjou. Quatre lions sont disposés à chaque angle. Le soubassement d'origine est remplacé par une suite de bassins superposés, prévus pour recueillir l'eau qui jaillit d'une vasque en Bronze placée au centre du pavillon. Les trois bas reliefs décorant le soubassement, menacés de rapide détérioration par l'écoulement de l'eau, sont démontés et déposés au musee du Louvre.

800px fontainedesinnocentsLa fontaine est également coiffée d'une petite coupole constituée de feuilles de métal imitant les écailles de poisson.

Le déplacement de 1860

Lorsqu'en 1856, un square est décidé pour remplacer le marché, devenu inutile suite au projet de construction des halles par Baltard, la fontaine est encore déplacée de quelques mètres et recentrée dans l'espace réduit laissé à ce nouveau jardin public en 1860. Un soubassement de forme pyramidale, étagé de six bassins à bords arrondis, est ajouté sur chaque face. Le tout repose au milieu d'un bassin circulaire. Cette dernière transformation est confiée à l'architecte Gabriel Davloud.

La place Joachim-du-Bellay actuelle épouse dans les grandes lignes les dimensions de ce square.

La décoration du soubassement de la fontaine d'angle du XVIe siecle était composée de trois bas-reliefs. Des nymphes couchées en compagnie de Tritons et de petits génies y sont sculptés entourés de créatures mythologiques. Ces bas-reliefs, démontés lors du premier déplacement de la fontaine, sont au musée du Louvre.

L'œuvre d'Augustin Pajou

La quatrième face, de 1788, conserve la même ordonnance que les trois autres d'origine. Pajou prit pour modèle la statue de la Paix, de Goujon, que l'on peut voir au musee du Louvre. L'artiste a sculpté les bas-reliefs de cette face méridionale, ainsi que ceux du panneau gauche de l'arcade occidentale.

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Hotel mesmes anne

Petite halte à l'entrée du passage St Avoie ou se trouvait l'entré de l'hotel Anne de Montmorency

Le passage Sainte-Avoye tire son non de sainte – Avoye qui est encore fêtée dans le diocèse de Paris, elle est quelque peu oubliée maintenant d’autant que les faits de son existence relèvent surtout de la légende. Et pourtant la tradition la faisait venir de Sicile où elle refusa un jeune homme épris de sa beauté.A la mort de son père, sa mère voulut la marier avec un petit roi de Grande-Bretagne. Et c’est durant ce voyage que les Huns massacrèrent sainte Ursule et tant d’autres. Avoye en sortit saine et sauve, mais captive d’un chef barbare qui voulut la prendre pour épouse. Elle se refusa à toute ses avances, redevint libre et s’en fut solitaire dans la région de Boulogne. Si belle que soit cette tradition, elle n’est pas historique

 Il s'agit d'un passage privé qui n'est pas accessible au public.

Le nom est dû au couvent des religieuses de Sainte-Avoie (ou Hedwige) qui se trouvait dans le voisinage.

Le passage suit le tracé de l'enceinte de Philippe Auguste qui aurait coupé la rue Rambuteau actuelle face au débouché de la rue Pecquay, et qui sortait dans la  rue du Temple actuelle entre les numéros 60 et 62

La rue du Temple comprend plusieurs parties qui ont changé de nom au cours des siècles avant d'être réunies en une seule voie.

La partie de la rue du Temple située entre la rue de Rivoli et la rue de la Verrerie porta tout d'abord le nom de rue des Coquilles, puis elle devint au XIVe siecle la ruelle Jean-Gentien (trésorier du roi), puis rue Jacques-Gentien.

La partie comprise entre la rue de la Verrerie et la rue St Merri sera nommée rue Barre du Bec, puis rue de l'Abbaye du Bec-Hellouin vers le début du XIVe siecle.

La partie entre la rue St Merri et la rue des Haudriettes s'est appelée rue Sainte-Avoye entre 1515 et 1851, Madame de Sévigné y demeura avant de s'installer rue de Thorigny. À l'angle de ces rues était la marque de la juridiction des grands prieurs de l'ordre du Temple à savoir : L'Échelle du Temple qui avait près de 16 mètres de haut1. Le passage Sainte-Avoye, entre la rue st Croix de la Bretonnerie et la rue Michel le Comte, faisait partie de la Grande rue du Temple puis de la rue du Temple.

La partie qui était autrefois entre la rue Michel le Comte et le boulevard du Temple, et qui va de nos jours de la rue Michel le Comte a la place de la Republique etait au XIIIe siecle la rue de la Milice du Temple avant de devenir peu après la rue de la Chevalerie du Temple.

Porche

no 62 :  passage St Avoie. À l'emplacement de l'hôtel Neuf-de-Montmorency, le passage Sainte-Avoye fut ouvert en  1826 et en 1838 lors du percement de la rue Rambuteau, cet hôtel disparu complètement. Le connétable Anne de Montmorency y mourut en 1567. L'hôtel deviendra la propriété de Mesmes. En mai  1716, le banquier John Law y installe sa première banque.

L'hôtel de Montmorency, puis hôtel de Mesmes, construit au milieu du XVI e siecle par l'architecte  jean Bullantt se trouvait rue Sainte-Avoye Il comprenait une galerie décorée de fresques en 1557 par  Nicolo dell'Abatte   ainsi qu'un appartement des bains. Theophile de Viau  y habita. En 1632 François Mansart  construisit une nouvelle aile sur le jardin pour le duc de Montmorency, Henri II de Montmorency mais celui-ci fut exécuté la même année et ses biens furent vendus. Nicolas Fouquet, nommé par Anne d'Autriche surintendant des finances en 1653  y séjourna de 1651 a 1658 . L'hôtel devint hôtel de Mesmes sous le règne de Louis XIV. Il fut transformé après 1704 par Pierre Bullet  par puis par Germain Boffrand. Acquis par Louis XVI en 1780  pour y installer la direction des recettes des Finances, il fut vendu en 1826  à M. Cogniet qui le fit abattre et lotit le terrain. Il n'en subsiste que quelques vestiges 

LA MORT DU CONNETABLE ANNE DE MONTMORENCY

 Lors de la bataille de Saint Denis, le vieux connétable Anne de Montmorency fait preuve d'une extraordinaire vaillance.

Grièvement blessé, il s'éteindra deux jours plus tard, le 12 novembre 1567.

En hommage à cet ami d'enfance de François 1er qui s'est illustré lors des guerres d'Italie, la reine-mère Catherine de Médicis ordonnera de grandioses funérailles.

 En prélude aux hostilités qui vont ouvrir la deuxième guerre de Religion, les protestants, sous le commandement du prince Louis de Condé, ont mis le siège devant Paris. C'est au vieux connétable Anne de Montmorency que Charles IX a ordonné de prendre la tête de l'armée royale (et catholique) avec pour mission de lever le blocus de la capitale. Le 10 novembre,

à trois heures de l'après-midi, les premiers combats s'engagent dans la plaine de Saint Denis. Brave et fougueux malgré son grand âge (il va sur ses soixante quinze ans),

Montmorency n'a nullement l'intention de rester à l'écart et, protégé par une cuirasse légère, se lance dans la bataille.

 Alors que les royaux mettent en échec les charges des protestants, Anne de Montmorency est blessé de cinq coups d'épée au visage. Assommé par une masse, il est désarçonné et tombe à terre. Dans sa chute, son épée s'est brisée, et il tente de se défendre comme il peut. Soudain, surgit un capitaine écossais, Robert Stuart, qui le vise à la gorge du canon de son pistolet et le somme de se rendre. Puisant dans ses dernières forces, le connétable, avec une incroyable énergie et ce qui reste de son épée, brise la mâchoire de son agresseur d'un coup violent. L'Ecossais riposte en déchargeant son arme à bout portant. L'épine dorsale sectionnée, Montmorency s'écroule.

Entre deux râles, il confie aux gardes suisses qui se sont précipités à son secours : "Je suis mort, mais ma fin m'est fort heureuse de mourir ainsi. Je ne pouvais choisir un plus beau cimetière. Dites à mon roi et à la reine que j'ai enfin trouvé la mort glorieuse que j'ai tant de fois affrontée pour son père et son aïeul". Comme la bataille tourne à l'avantage des royaux, le connétable, sur les instances de deux de ses fils, est transporté avec beaucoup de précautions jusqu'à son hôtel parisien de la rue Saint Avoie, dans le Marais. Mandé à son chevet, le grand chirurgien Ambroise Paré est impuissant à atténuer son martyre. Catherine de Médicis et Charles IX accourent, le temps d'une brève visite. Le blessé,qui se sait perdu, est soulagé de pouvoir leur confier combien il est "heureux de mourir pour son prince". Mais, si son corps est brisé, son courage est intact : au prêtre qui essaie de le réconforter après lui avoir administré les derniers sacrements, il assène : "Mon père, croyez vous qu'un homme qui a su vivre près de quatre vingt ans avec honneur, ne sache pas mourir en un quart d'heure?" Le 12 novembre, à cinq heures de l'après midi, après deux jours d'une terrible agonie, Anne de Montmorency succombe à ses blessures.

 Catherine de Médicis considère comme une tragédie la mort du duc Anne de Montmorency, qui a loyalement servi son beau-père François 1er et a été promu connétable par son défunt mari Henri II. Elle décide de lui offrir de grandioses funérailles, "ce qui n'advint jamais encore à nul seigneur de la France", et de ne nommer personne pour lui succéder dans sa charge. Le 23 novembre, onze jours après le décès de Montmorency, sa dépouille mortelle embaumée est exposée dans la chapelle ardente dressée dans son hôtel particulier. Son coeur est déposé dans la chapelle des Célestins auprès de celui d'Henri II. Le 25 novembre, après treize jours de messes et de prières, les obsèques sont célébrées à Notre Dame de Paris.
Un long cortège s'étire depuis la rue Saint Avoie jusqu'à la cathédrale, le roi et sa mère attendent son passage sur une estrade dressée à l'entrée du pont Notre Dame. Cent cinquante enseignes d'infanterie, armes renversées et tambours recouverts de drap noir, ouvrent la marche. Des archers, mais aussi de simples Parisiens portant des flambeaux, avancent recueillis, suivis de la garde du roi et de la légion de Paris. Quatre chevaux couverts de velours noir là croix blanche tirent le char funèbre orné des insignes de duc et de grand officier, précédés par sept des plus beaux coursiers du connétable. Pendant la cérémonie, sobre et pleine de retenue, la veuve, Madeleine de Savoie, cousine de François 1er, est soutenue par ses fils et ses filles, entourée des hommes d'armes, des conseillers, les officiers d'écurie et toute la domesticité de son époux. Le 27 novembre, le cercueil est déposé dans la basilique de Saint Denis, près de la sépulture d'Henri II. Trois mois plus tard, le duc Anne est enfin inhumé, selon son voeu, dans l'église de sa seigneurie à Saint Martin de Montmorency.

Nous arrivons devant l'Hotel de Ville de Paris

800px mairie de parisEtienne Marcel fait l'acquisition de la « Maison aux Piliers » au nom de la municipalité en juillet 1357. C'est là que, depuis lors, se dresse le centre des institutions municipales de Paris.

La « Maison aux Piliers » est remplacée au XVI siecle par un véritable palais dessiné par l'architecte italien Boccador. Sa construction débute en 1533 et s'achève en 1628. L'agrandissement et la reconstruction partielle de l'hôtel-de-ville ont été menés d'après les plans de Godde et Lesueur de 1837 a 1848, tout en préservant la façade Renaissance. Antoine Vivenel, entrepreneur général, dirigeait le chantier.

  Pendant la Commune de Paris, l'incendie déclenché par un groupe de communards le 24 mai 1871 réduit le palais en cendres. Les archives et la bibliotheque partent donc également en fumée. Ainsi, les deux collections de l'etat civil parisien (celle de la ville et celle du greffe) antérieur à 1860 sont à jamais perdues : la première dans l'incendie de l'Hôtel de ville et la seconde dans celui du Palais de Justice.

 Le bâtiment est reconstruit entre  1874 et 1882 sur les plans des architectes Theodore Ballu et Edouard Deperthes. La façade, de style neorenaissance, s'inspire largement de celle du bâtiment disparu.

 La place de Grève, rebaptisée place de l'Hotel de Ville le 19 mars 1803 est devenue en 1982 un espace réservé aux piétons.

 Paris ayant connu diverses insurrections, l'Hôtel de ville fut souvent le point de ralliement d'émeutiers, insurgés et révolutionnaires. D'Étienne Marcel à la Fronde ,de la Revolution aux journées révolutionnaires de juillet 183 er fevrier 1848, de la Commune à la Liberation de Paris, l'Hôtel de ville est un lieu chargé d'histoire 

 Lieu de pouvoir où siège le conseil de Paris et de prestige où sont reçus les hôtes du maire, l'Hôtel de Ville est le plus grand bâtiment municipal en Europe. Jusqu'en 1977, l'actuel bureau du maire (155 m2) était celui occupé par le préfet de Paris. Le maire disposait à l'origine d'un appartement de fonction de 1 400 m2, en partie transformé en crèche.

Quelques statues figurant sur la facade (Boccador, Alfred de Musset, Jean Goujon, Jean Bullant, Voltaire et Moliere )

Dominique

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Ensuite petite Histoire sur les guerres d'Italie avec en cause le Royaume de Naples et la Sicile remontant aux Normandsfrançais en 1059, puis à la Maison d'Anjou un peu plus tard.

François 1er faisant valoir ses droits  sur le duche de Milan en tant que petit fils de Valentine Visconti mariée à Louis d'Orléans frere du roi fou Charles VI. Cela se soldera par 11 guerres d'Italie avec la Victoire de Marignan et la defaite de Pavie et le roi emprisonné à Madrid.

Tout cela se terminera par le traité de Cateau Cambraisis le 2 Avril 1559, perdant l'Italie mais conservant Clais et les trois evechés Metz Toul et Verdun

Un petit topo sur le quartier du Marais ou seront construites et habitées plusieurs residences Royales

L' Hotel St Pol (Charles V )

 L’hôtel Saint-Pol était un bâtiment construit au XIVe siècle par le roi Charles V a Paris, pour lui servir de résidence, tout comme pour son fils Charles VI. Le domaine royal de l'Hôtel Saint Pol, aujourd'hui disparu, s'étendait du quai des celestins a la rue St Antoine et de la rue St Paul à la rue du petit Musc.

 Historique

 Construit sur les ruines d'une bâtisse érigée par St Louis, Charles V entreprit des travaux dès 1361. De cette date à  1364, le roi de France, qui appréciait les belles choses, aménagea en permanence cet hôtel, en acquérant de nouveaux terrains. Il ordonna la construction de nouvelles habitations. Un aménagement continuel du parc et des demeures composèrent cet hôtel. Construit à l'extérieur de la ville en dehors de l' enceinte de Philippe Auguste, Charles V avait baptisé cette résidence Hôtel solennel des grands ébattements. Le souverain français, ne supportant pas les odeurs pestilentielles que dégageait la capitale et les désagréments qu'elles provoquaient sur sa santé, appréciait beaucoup l'hôtel Saint-Pol pour son calme, son climat plus sain qui lui éviteront selon ses dires quelques maladies désagréables, mais surtout lui feront retrouver une bonne santé.

 Selon le chroniqueur Jean Froissart, c'est en cet Hôtel Saint-Pol que se déroula le 28 Janvier 1393 la tragédie du Bal des Ardents. Mais toutefois, pour Jean II Jouvenel des Ursins, autre chroniqueur de cette époque, le drame s'est déroulé à l'Hôtel de la Reine Blanche, résidence de Blanche de Bourgogne. Cet endroit serait actuellement situé au niveau du 17, de la rue des Gobelins.

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 L’hôtel Saint-Pol n'était nullement une seule bâtisse, mais plusieurs habitations composaient ce domaine royal. Chacune d'entre elles était dotée de salles dont certaines étaient destinées aux banquets et autres festivités données par le roi, de chambres réservées aux invités du souverain français, certaines pièces étaient réservées au roi et à sa famille, elles étaient luxueusement ornées de bois précieux, de peintures, d'orfèvrerie. Charles V fit décorer les murs de tentures brodées de perles, sur les meubles étaient disposés des livres, des joyaux d'orfèvrerie. Chaque pièce de cet hôtel fut agrémentée selon les goûts personnels du monarque. Deux chapelles ont été construites à l'intérieur de cette résidence, l'une réservée au roi, l'autre réservée à la reine Jeanne de Bourbon. La décoration de l'hôtel Saint-Pol fut l'œuvre de Charles V. Le souverain français passionné de joaillerie ornera les murs de tentures brodées de perles et d'or, une autre de ses passions, l'orfévrerie lui permettra de décorer les nombreux meubles ciselés de statues d'or et d'argent et autres trésors d'orfèvrerie. Cet hôtel renfermait une remarquable collection de livres précieux que le roi aimait à rassembler, dont ceux de son père Jean II de France qui fut également grand amateur de livres. Cette collection de livres permettra à Charles V de créer la Bibliothèque royale qui deviendra quelques siècles plus tard la Bibliotheque nationale de Paris. Les étuves, les bains sont également dorés. Mais Charles V fut un roi travailleur, il n'omit pas d'aménager dans ce luxueux hôtel, une salle pour le Conseil du Roi.

 Aménagement du parc de l’hôtel Saint-Pol

 Tout autour de l'hôtel Saint-Pol s'étendait un parc immense agrémenté de tonnelles, huit jardins furent dessinés, ceux-ci étaient séparés par des galeries qui reliaient entre elles chacune des habitations. Dans ces jardins furent placés une ménagerie, un aquarium, des volières, où rossignols et tourterelles voletant et pépiant donnaient à cet endroit un air bucolique et apaisant.

 L’étiquette

 L’hôtel Saint-Pol et autres palais virent la première ébauche d'une étiquette royale à la cour de France. Charles V fit vêtir ses domestiques de livrées appropriées au statut d'un roi de France.

 L'hôtel Saint-Pol aux XVe et XVIe siècles

 Après le départ en 1418 pour Bourges de Charles VII, l'hôtel Saint-Pol fut déserté par les rois qui se sont succédé par la suite sur le trône de France. Louis XI préférait le Chateua de Plessis lez Tours, de passage à Paris il s'installait à Vincennes. Charles VIII, Louis XII, François 1er résidaient dans le Val de Loire ou a Fontainebleau, et l’hôtel Saint-Pol tomba en ruines. En 1519, une partie fut vendue sur l'ordre de François Ier. Quelques années plus tard, cet hôtel fut entièrement détruit. Il reste cependant un mur de l'église Saint-Paul qui faisait partie du domaine.

L'hotel des Tournelles ( Mort d'Henri II )

 450px st nicolas des champs portail tournellesL’hôtel des Tournelles était un ensemble de bâtiments édifié, à partir du XIVe siècle à Paris, au nord de l'actuelle place des Vosges. Il fut longtemps propriété des rois de France, bien que peu d'entre eux y résidèrent. Ce fut dans cet hôtel que le roi Henri II décéda, en 1559, des suites de sa blessure reçue lors d'une joute.Le 20 juin 1559, près de l'actuelle Place des Vosges, célébrant le mariage de sa fille (Élisabeth) avec Philippe II d'espagne, Henri II combat contre Gabriel de Montgomery, capitaine de sa Garde écossaise, qui le blesse d'un coup de lance dans l'œil. Malgré les soins des médecins et chirurgiens royaux dont Ambroise Pare, autorisé à reproduire la blessure sur des condamnés fraîchement décapités afin de mieux la soigner, et de Vessie, envoyé de Bruxelles, il meurt dans d'atroces souffrances le 10 juillet  1559.

Après son décès, la veuve du roi, Catherine de Medicis, délaissa cette résidence démodée, qui fut transformée en dépôt de poudre puis vendue pour financer l'édification d'un palais à l'italienne, les Tuileries. Il n'en subsiste rien.

 Au début du XVe siècle, l’ensemble du domaine s’étendait sur un énorme quadrilatère compris entre la rue St Antoine, la rue des Tournelles, la rue de Turennes et au dela de la rue St Gilles qui fut percée à l’intérieur du parc du domaine. Durant l’occupation de Paris par les anglais (de 1420 à 1436), le duc de Bedford l’étendit encore par l’achat de huit arpents et demi aux religieuses de Sainte-Catherine, contre la somme de deux cent livres seize sous, prolongeant ainsi la propriété jusqu’à l’enceinte fortifiée de Paris, alors située à l’emplacement de l’actuel boulevard Richard Lenoir. Cette extension fut annulée en 1437 après le départ des Anglais. L'entrée principale de l'hôtel se trouvait au fond de ce qui est aujourd’hui l’ impasse Gemenee, appelée autrefois « Ha!-Ha! », d'après l'expression de dépit exprimée par ceux qui se fourvoyaient dans l'impasse. On prétend que six mille personnes pouvaient y vivre à l’aise.

  À l’image de l'hotel St Pol, l’hôtel des Tournelles comprenait un ensemble de bâtiments répartis sur un terrain de plus de vingt arpents, une vingtaine de chapelles, de nombreux préaux, des étuves, douze galeries dont la fameuse galerie des courges construite par le duc de Bedford, ainsi nommée à cause de sa décoration de courges vertes peintes sur les murs. Sur ses combles, couverts de tuiles, étaient représentées ses armes, devises et armoiries. Le domaine comprenait aussi un labyrinthe nommé Dedalus, deux parcs plantés d’arbres, six jardins potagers et un champ labouré. La chambre du conseil était remarquable par ses ornements de la plus grande magnificence. Trois autres salles portaient le nom de salle des Écossais, salle de brique et salle pavée. Une partie de l'hôtel des Tournelles portait le nom de Logis du Roi dont la porte d’entrée était décorée d’un écusson aux armes de France, peint par Jean de Boulogne, dit de Paris. En 1464, Louis XI fit construire une galerie qui, partant de ce logis, traversait la rue Saint-Antoine pour aboutir à l'Hôtel-Neuf de madame d'Étampes. Il fit également construire un observatoire pour son médecin, le docteur Jacques Coitier. Par la suite des ménageries à l’image de celles de l’hôtel Saint-Paul furent ajoutées qui reçurent une partie des animaux qui étaient précédemment hébergés dans cette dernière. De nouveaux spécimens furent importés d’Afrique, dont des lions, ce qui valut aux enclos le nom d’hôtel des lions du Roi.

Il ne reste plus aucun vestige de l’hôtel, si ce n’est la copie d’une de ses portes qui occupe le portail sud de l'' eglise St Nicolas des Champs, et quelques caves enfouies sous certains immeubles du quartier

l'Hotel de Ville du Boccador

Hotel

En 1357, Etienne Marcel, prévôt des marchands, acquit un édifice surnommé « maison aux piliers », situé place de Grève. Ce fut l’origine de l’implantation de l’hôtel de ville de Paris sur cette place. A la fin du XVe siècle, la maison menaçant de s’effondrer, il fut décidé de la rebâtir. Sous le règne de François Ier, un nouveau bâtiment fut construit. L’architecte italien Dominique de Cortone, dit Boccador, dessina le projet. Le 15 juillet 1533, la première pierre du nouvel hôtel de ville fut posée par Pierre Viole, prévôt des marchands, assisté de quatre échevins. Cette première pierre portait une plaque de cuivre sur laquelle étaient incrustés la date et les noms des membres du conseil municipal. Cortone mourut en 1549, et  fut remplacé par l’architecte Guillaume Guillain, puis par Marin de La Vallée. Les travaux s’achevèrent en 1628. Ce dessin montre l’Hôtel de Ville dans son état de la première moitié du XVIe siècle. Le corps central était surmonté d’un beffroi et encadré de deux pavillons à trois étages.

  L'Hotel Barbette ( Isabeau de Baviere)

Précédemment appelée « rue Neuve Barbette », cette rue a été ouverte sur l'emplacement de l'ancien hôtel Barbette en 1563. Elle ne doit pas être confondue avec la rue Vieiile du Temple  qui s'appelait anciennement rue Barbette.

La rue Vieille-du-Temple est le chemin qui menait dès le XIIIe siècle vers la maison du temple et sa tour  Elle a porté de nombreux noms : « rue de la Culture-du-Temple », « rue de la Couture-du-Temple », « rue de la Clôture-du-Temple », « rue de l'Égout-du-Temple », « rue de la Porte-Barbette », « rue de la Poterne-Barbette », « rue Barbette » et « rue Vieille-Barbette ».
La « poterne Barbette », une petite porte percée dans  l'enceinte de Phillipe Auguste, se trouvait au niveau de l'actuel no 61 de la rue.

Le  23 Novembre 1407, sortant de l'hôtel Barbette (naguère situé au niveau de l'actuelle rue homonyme, le duc d'Orleans fut assassine devant l'actuelllehotel Amelot de Bisseuil lsitué à quelques 180 mètres de là). Cet évènement marque le début de la guerre civile entre Armagnacs et Bourgignons

Isabeau de Bavière, jolie petite Allemande (brune, de petite taille, au teint mat) (c’est pas une blague, sa mère est une Visconti, une Italienne), épouse en 1385, à 14 ans, le futur Charles VI et devient Reine de France. Le couple aura douze enfants (ça chôme pas dans le lit royal) mais seulement quatre atteindront l’âge adulte. Malheureusement pour Isabeau, le roi Charles VI a petit à petit perdu toute sa tête.

Le début de règne et de la Folie

Isabeau de Bavière, reine calomniée — Raconte moi lhistoire... isabeau1

Le 22 août 1389, Isabeau est présentée aux Parisiennes. Elle traverse la ville dans un somptueux carrosse, elle est acclamée par la foule.Porte de Saint Denis, deux enfants lui déposent une couronne sur la tête et chantent :

 « Dame éclose entre fleurs de lys, Reine, estes-vous de paradis ? De France et de tout le païs, Nous allons en paradis »

Le lendemain elle est sacrée Reine. 

 En 1392 naît le premier enfant du couple, et en plus c’est un garçon. Tout est beau, tout est rose. Malheureusement, Charles VI n’est pas en excellente santé, lui. C’est sa première crise de folie, dans la forêt du Mans.

Alors qu’il somnolait dans un cortège, il est réveillé en sursaut et tue quatre personnes en hurlant au complot. Il en aurait abattu bien plus si on ne l’avait pas maîtrisé et attaché. Il tombe dans les pommes, on croit sa mort imminente, mais il se réveille au bout de deux jours. Son règne va être une succession de ce genre de crises.

Le complot des régents

Le roi alterne entre lucidité et grosses crises de folie. Pendant ces dernières, c’est sa femme Isabeau qui assure la Régence avec le frère du Roi, Louis d’Orléans, et le duc de Bourgogne, Jean sans Peur. Il se trouve que les deux hommes se détestent. Genre pas qu’un peu : vous allez voir, à la fin de l’histoire il y en a un qui meurt et tout.

Louis d’Orléans est particulièrement haï car il crée souvent des impôts. Et les impôts, le peuple n’aime pas ça (les footballeurs non plus). Jean sans Peur en profite un peu pour faire en sorte que le peuple le déteste encore plus, lui et ses partisans font circuler des rumeurs.

Désormais, Isabeau est accusée par le peuple de délaisser enfants et mari pour se taper le frère de celui-ci. En quelques mois les Parisiens lui ont trouvé un p’tit surnom : « Isabeau la grande Gaure », autrement dit « Isabeau la grosse truie ». C’est pas joli-joli.

 Une Reine désavouée

Le Roi, par ses crises incessantes, n’aide pas à donner un peu de crédibilité au couple royal. En 1393, lors d’un bal costumé, lui et quelques seigneurs sont déguisé en bêtes hirsutes ; pour cela, ils se sont enduits le corps de poix . Et puis le duc d’Orléans s’approche avec une torche, pour mieux voir les costumes…

Le tout s’enflamme. Le Roi court partout dans la pièce,  Une dame l’enveloppe dans sa robe, pour éteindre les flammes. Plusieurs seigneurs sont morts.  C’est le bal des ardents. Le Roi devient définitivement fou à ce moment-là.

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En 1405, un prête ose interrompre la Reine pendant le sermon de l’ascension.  Deux ans plus tard, Louis d’Orléans est assassiné par les tueurs à gages du Duc de Bourgogne  Isabeau veut faire poursuivre le coupable, ce qui sera mal vu. Pendant des années, elle ne fera qu’accroître son impopularité.

 Enfin, en 1420 le Dauphin Charles (futur Charles VII)  est accusé de ne pas être le fils légitime du Roi. Ce qui remet en cause sa future couronne. 

Le couple signe le traité de Troyes qui déshérite leur fils au profit du Roi d’Angleterre .

 

 

 

 

 L'Eglise St Gervais Saint Protais

 Histoire

 450px facade st gervais st protaisBâtie sur les fondations du premier bâtiment connu  rive droite à Paris, à savoir une basilique dont on trouve l'existence dès la fin du iV siecle, elle constitue de ce fait la plus ancienne paroisse sur la rive droite de la Seine

 La façade présente la particularité exceptionnelle de disposer des colonnes des 3 ordres: Dorique au rez-de-chaussée, Ionique au premier étage, Corinthien au second étage.

 Le duo des Saints  St Gervais et St Protais est très populaire à l'époque de la fondation de cette église, et on compte de nombreuses fondations d'églises sous leur invocation au cours de cette période (aux alentours du XVI e siecle).

 La construction de l'église actuelle, commencée en 1494, s'est déroulée sur une période de 150 ans environ. Même si l'architecture de l'église Saint-Gervais est d'aspect globalement gothique, la façade des architectes Salomonde Brosse et surtout  Clement II Metezeau, achevée en 1621, est inspirée par le classicisme français. Le jeune François Mansart en a reproduit les deux niveaux supérieurs (ionique et corinthien) sur la façade de l'eglise conventuelle des Feuillants ( 1623-1624).

 Elle abrite Le martyre de sainte Pétronille de Glovan Francesco Barbieri Guercino ainsi qu'une grande toile de Sebastiano Ricci, Saint Grégoire le grand et Saint Vital intercédant pour les âmes du Purgatoire. Une chapelle abrite le cénotaphe du chancelier de France Michel Le Tellier. Les statues de Rene Potier (1579-1670), premier duc de Tresmes, de son épouse Marguerite de Piney-Luxembourg, et de leur fils Louis, provenant du couvent détruit des Célestins, ont été transférées dans la même chapelle.

 Le 29 mars 1918, un obus allemand tiré par un canon de type Grosse Bertha tomba sur l'église tuant 88 personnes et en blessant 68 autres. L'obus pulvérisa le toit pendant le service du Vendredi Saint. Ce fut le bombardement le plus meurtrier de la guerre.

 En 1975, la paroisse est confiée à Pierre Marie Delfieux par le cardinal Marty, afin qu'il y établisse les Fraternites de Jerusalem.

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Rue des Barres

La voie existe déjà en 1250. Elle doit son nom à l'ancien moulin des Barres, sur la Seine

Nous decouvrons une maison en Bois au N) 12 avec sa tourelle d'angle soutenue par un " cul de Lampe" et dessous sa fleur de lys martelée à la revolution

12Pourquoi les "Barres" ? Une des premières possessions du Temple dans la capitale fut un moulin situé sous le Grand-Pont, avec une maison au-dessus, que légua à l'Ordre des Templiers une noble dame nommée Genta ou La Gente, moyennant trente livres versés chaque année au chapitre de Notre Dame. L'acte qui constate cet accord ne porte pas de date, mais il parait avoir été rédigé avant 1170, plutôt e 1137 ou 1147. Un peu plus tard, les Templiers possédaient également trois moulins, appelés "moulins des Barres ou encore "moulins de Greve", sur lesquels ils prélevaient les droits de mouture et droits de fournage.

En 1252, les templiers possédaient aussi une grange aux Barres", on en voit mention dès 1233, "granchia Templi de Barris, in censiva Templi". C'est peut-être une dépendance pour les arrivages par la rivière. En 1293, "en la rivière de Seine, au quay du Temple", un accord est passé entre le prévôt de la marchandise de l'eau et les échevins de la ville de Paris d'une part, et les chevaliers du Temple, pour leurs moulins au Pont de Grève. Ils s'engageaient à faire un pont de bois avec autant d'arches qu'il serait jugé nécessaire, et de payer 6 deniers chaque année au parloir aux Bourgeois

Mais pourquoi ce nom de "barres" ? Ce nom donné à la rue et aux moulins, et peut être aussi aux terrains alentour, pourrait venir de l'enceinte du XIème siècle. C'est en tous les cas ce qu'affirme le Marquis de Rochegude il écrit que le nom vient de ce que des barres étaient placées autrefois sur le sentier jusqu'à sa descente à la Seine par les officiers des Aides (ou "Aydes") et de la gabelle, sans doute pour empêcher les fraudeurs de passer inaperçus.

La rue des Barres, qui relie aujourd'hui la rue de l'Hôtel de Ville à la rue François Miron, est donc l'ancienne ruelle aux Moulins des Barres, qui descendait d'une petite butte vers les berges verdoyantes de la Seine, vers des moulins situés sur la rivière à cet endroit qu'on appelait donc "les Barres", et elle date de 1250. Cette petite éminence, qu'on appelait anciennement monceau (moncellum), surplombait les marécages, ce qui avait permis aux pêcheurs, mariniers de l'époque gallo-romaine de venir s'installer ici. Dès le IIe siècle, une nécropole avait été construite sur le versant nord du monticule, puis au VIe siècle, les chrétiens, sur le même emplacement, avaient construit une chapelle funéraire dédiée aux martyrs Gervais et Protais, d'où le nom de "monceau Saint Gervais" qui sera donné vers 1680 à tout le quartier. Ce lieu était à l'intérieur de l'enceinte de Philippe Auguste.

En 1293, la ruelle aux Moulins des Barres devient ruelle des Moulins du Temple. En 1362, on lui donne, dans un titre passé sous le règne de Charles V; la dénomination de rue qui va de la Seine à la porte Baudet et, en 1386, de rue du Chevet de Saint-Gervais, et parfois rue des Barres. Au XVIe siècle, c'était la rue Malivaux; du nom des moulins de Malivaux, placés sur la rivière, en face de cette rue. Mais ce n'était qu'une la partie de la rue qui portait ce nom, celle du côté de la rue Saint Antoine (maintenant rue François-Miron dans cette partie) était confondue avec la rue du Pourtour, alors appelée rue du Cimetière Saint Gervais. Enfin, au XVIIe siècle, dans toute sa longueur, c'était de nouveau la rue des Barres.

Une décision ministérielle, en date du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, fixe la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d'une ordonnance royale du 19 mai 1838, sa moindre largeur devait être portée à 10 m. Seules quelques maisons ont été "alignées".

Rue du Pont Louis Philippe

Dans cette rue au N° 22 bis la maison dite "de Marie Touchet " visite possible lors des journée du patrimoine  Maison

Marie Touchet et la St Barthelemy

On vous dira que le massacre de la Saint-Barthélemy était un règlement de compte entre les catholiques et les protestants. Que surement le bain de sang a eu lieu car les ducs de Guises demandaient le trône de France. Que c’est Catherine de Médicis qui l’a prémédité en organisant le mariage de sa fille Marguerite avec Henri de Navarre. Tout cela est peut être vrai, a surement pesé dans la balance. Mais quel professeur d’histoire oserait dire à ses élèves qu’à l’origine de ce massacre il y a une femme ? Et pas n’importe laquelle. Non ce n’est pas une femme assoiffée de sang et sans cœur. Au contraire, c’est la « reine de cœur » du roi Charles IX. C’est la discrète et l’aimante Marie Touchet qui sans trop le vouloir est l’élément déclencheur de la Saint-Barthélemy. La maîtresse du roi est huguenote et sachant que Charles l’aime aveuglement (bien qu’elle n’en profite pas), Marie encourage son amant à se rapprocher de l’Amiral Gaspard de Coligny, chef des huguenots. Coligny bénéficie d’une grande faveur royale de la par du roi qui voit en lui un second père. L’Amiral est traité comme si il était un prince de sang à la grande colère de Catherine de Médicis qui déteste Coligny. Au début de l’été 1572, Coligny propose à Charles IX de soutenir les flamands contre les espagnols et de faire la guerre à Philippe II d’Espagne. Catherine désapprouve celui qui est soutenu par Marie Touchet. Le 22 aout, 426px marietouchetColigny échappe à un attentat où il est tout de même blessé par un certain Charles Maurevert. Certains voient bien la reine-mère cachée derrière tout cela, cherchant à se débarrasser de Coligny qui influence trop son fils. Mais dés lors que cet assassinat est manqué, le bain de sang ne peut être évité. Catherine avoua-t-elle au roi qu’elle avait trempé dans l’attentat ? Si c'est le cas, le futur Henri III était également de la partie : l’arquebuse qui a blessé Gaspard de Coligny appartenait à un garde du corps du frère du roi. Ce qui est certain, c’est que Catherine de Médicis craint une vengeance de la part des protestants qui soutiennent Coligny. Charles IX aurait été victime d’une crise de nerfs tandis que sa mère lui disait que Coligny était un traître et devait mourir ainsi que tous les chefs du parti huguenotes. Le tempérament violent de Charles reprend le dessus et il se serait écrié « Il faut les tuer tous afin qu’il n’en ait pas un seul pour me le reprocher un jour ! » A l’exception du roi de Navarre et du prince de Condé (qui auront le choix entre «Messe, mort ou Bastille ») tous les protestants présents dans Paris (ils étaient venus pour le mariage d’Henri de Navarre avec la princesse Marguerite) seront assassinés dont bien sûr Coligny. Ainsi dans la nuit du 23 aout 1572, les catholiques massacraient les calvinistes alors que la sœur du roi s’était mariée le 18 aout. Bien que Charles IX ait ordonné le massacre, il l’a fait à contre cœur. Après la tuerie, le roi demeura longtemps abattu et prostré, se sentant sans doute responsable de la mort de plusieurs centaines d’hommes, femmes et enfants protestants. Catherine de Médicis ne montra aucun remords face à ce drame et nia toujours son implication. Selon Agrippa d’Aubigné, la reine-mère fit même embaumer la tête de Coligny et l’envoya au Pape ! Ainsi, Marie Touchet qui était à l’origine de l’élévation de Coligny fut, par cet acte, à l’origine de la Saint-Barthélemy.

 Rue François Miron

Au numero 44-46 nous voyons une maison de XVI e siecle qui était la maison parisienne des Eveques de Noyon et qui est maintenant le siege de l'"association pour la sauvegarde et la mise en valeur du Paris Historique" ( tres bien accueill et renseigné)

La maison d'Ourscamp (ou hôtel d'Ourscamp ou de Marsande, dit aussi maison de l'Ours) est un bâtiment historique Ourscamp

Historique

C’est en 1248 que les moines cisterciens  de l'abbaye Notre Dame d'Ourscamp reçoivent en donation un terrain dans l’angle formé par la  rue St Antoine (actuelle rue François Miron) et la rue Geoffroy l'Asnier.

La maison est reconstruite à la fin du XVIe Siecle, sans doute vers 1585.

Architecture

Maison

 

La maison primitive des cisterciens est leur « maison de ville » toute en pierre, avec un cellier d’environ 200 m2, une salle à piliers en rez-de-chaussée et plusieurs étages. La maison était occupée par les moines qui y stockaient la marchandise produite dans leur abbaye et la revendaient aux Parisiens. Mais il semble que des difficultés de gestion les aient amenés à louer une partie de la maison à des marchands et artisans.

Ourscamp1

La maison construite en 1585 se compose d’un corps principal avec façade marquée de chainages de pierre, percée de grandes fenêtres à meneaux et d’ouvertures plus petites. À l’arrière, deux petites ailes en retour abritent les escaliers à balustres rampants, encadrant une petite cour à pans de bois agrémentée de deux privés en encorbellement.

La maison compte deux étages et uncomble à deux niveaux sous une toiture à la française, très lourde. Les deux lucarnes qui ouvrent le premier niveau de comble portent des frontons sculptés dans le style du XVIe siècle.

À la Revolution, l’abbaye est expropriée, la maison est vendue et des petits commerçants vont se succéder dans les lieux. La maison connut de nombreuses transformations et ajouts au cours des XVIIe XVIIIe etXIXe siecles

Il est l'heure de déjeuner repas sympathique autour d'un roti de veau

Et maintenant reprenons notre periple

 L'Hôtel de Mayenne est situé aux 21 rue St Antoine  et 38 et 40 rue du Petit Musc . Il fut appelé successivement : « Hôtel du Petit-Musc », puis : « Hôtel de Mayenne » ou « du Maine », et enfin : « Hôtel d'Ormesson ».

 800px hotel de mayenne paris 2012Les façades et toitures, le vestibule et l'escalier intérieur, et le sol de l'ancien jardin font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 21 Fevrier1974

L’Hôtel de Mayenne dresse ses hauts toits d’ardoise au 21 rue Saint-Antoine. Ses deux pavillons donnant sur la rue ont été reliés entre eux par une galerie au XIXème siècle.

La construction date d’Henri de Lorraine, duc de Mayenne, qui avait fait rebâtir vers 1613 par Jacques 1er Androuet du Cerceau, oncle de Jean 1er, un hôtel ancien, dit du Petit-Musc, dont l’origine remonte à 1318 et qui avait été élevé par Louis 1er de Bourbon. Acquis en 1398 par Charles VI, celui-ci en avait fait don à Louis d’Orléans. Il avait appartenu ensuite en 1483 à l’amiral de Graville, en 1552 à François de Vendôme, puis au marquis de Bussy. La physionomie de l’hôtel est pittoresque avec ses hautes fenêtres aux encadrements de bossages et ses lucarnes à frontons triangulaires. La cour est simple, mais élégante, et l’intérieur, remanié par Boffrand au XVIIIème pour la veuve de François de Lorraine, garde peu de traces de sa décoration primitive. On y voit encore une chambre dite de la Ligue, où la tradition veut que ce soit tramé l’assassinat d’Henri III..

 Henri III fit arrêter la circulation dans la rue et répandre de la paille devant l'hôtel, car l'un de ses « mignons » mourut ici, des suites d'un duel sur l'actuelle place des Vosges, après une agonie de 33 jours ou plusieurrs d'entre eux furent blesses ou tues.

 1567 à 1569, le corps de logis principal et les ailes sur cours sont reconstruites. En 1570, L'hôtel appartient aux évêques de Langres , puis en 1605, Charles de Lorraine, duc de Mayenne, l'achète.

 De 1613 à 1617, il fait transformer l'hôtel, sans doute sur les plans de l'architecte Jean Androuet du Cerceau, en particulier le grand escalier en aile sur le jardin et la façade sur la rue st Antoine. Une fois achevé il prend le nom d’« Hôtel de Mayenne » ou « du Maine ». En profondeur, il allait aussi loin que le Couvent des Visitandines et à l'ouest longeait sur une grande partie la rue du Petit-Musc, jusqu'à hauteur du no 30.

 En 1621, après la mort de Charles de Lorraine, son fils Henri fait achever les travaux.

 De 1645 à 1650, ajout des balcons sur rue, ornés de croix de Lorraine. De 1707 à 1709,  Charles Henri de Lorraine, comte de Vaudemont fait modifier l'hôtel par l'architecte Germain Boffrand.

 En 1759, le château passe dans la Maison des Lefèvre d'Ormesson, jusqu'en 1812.

 En 1870, L'hôtel devient une maison d'éducation des freres des ecoles chretiennes. Un corps de bâtiment est construit entre les pavillons sur rue à la place du mur de clôture et du portail, tel que l'on pouvait encore le voir jusqu'en 2010.

 Une restauration de la façade a été entreprise sur le 21 rue Saint-Antoine en 1998, et la suppression de la partie centrale est visible depuis aout 2012. Piliers toscans et ioniques dans la partie la plus ancienne. Très belle porte d'entrée avec des vantaux, heurtoir et ferrures. À droite dans la cour, une tourelle à trompe du tout début du XVIIe siècle; sur la gauche c'est l’ancienne galerie formée de quatre arcades autrefois à jour, qui amenait à l'escalier d'honneur. Ce dernier était à deux volées droites dans le style Henri II. Porte sculpté au tympan : Pallas assise au milieu des trophées. Les riches tentures et tapisseries qui recouvraient les murs ont disparu. Les deux escaliers dans la cour sont eux du XIXe siècle

 Aujourd'hui ce bâtiment est occupé par le groupe scolaire des Francs Bourgeois qui accueille une école primaire, un collège et un lycée général et technologique. L'hôtel de Mayenne étant principalement réservé au élèves du lycée.

 Une restauration a été entreprise à partir de juillet 2010 afin de rendre à l'hôtel son aspect originel en détruisant la partie centrale-haute de la façade. L'hôtel de Mayenne restauré a été inauguré par l'établissement le jeudi 26 septembre 2012.

Par la rue de Briague nous arrivons Place des Vosges voulue par Henri VI sur l'emplacement d'un marche aux chevaux implanté apres la demolitions de l'hotel royal des Tournelles dontPlace je vous parle plus haut La « place royale », dont la construction débute en 1605 sous le règne d Henri IV, est inaugurée en 1612, à l'occasion des fiançailles de Louis XIII et d'Anne d'Autriche par un grand carrousel dirigé par Antoine de Pluvinel.Le centre de la place, plat, sablé, dégagé, sert de terrain aux cavalcades, aux tournois, aux jeux de bagues et parfois aussi à des  duels dont certains sont restés célèbres, tel celui qui coûte la vie à François de Montmorency-Bouteville en 1627.Lors de la Revolution française, elle est successivement rebaptisée « place des Fédérés », « place du Parc-d'Artillerie », « place de la Fabrication-des-Armes » et « place de l'Indivisibilité ». En  1800, elle est renommée « place des Vosges » en l'honneur du departement des Vosges, le premier à s'être acquitté de l'impôt sous la Revolution française. Le retour de la monarchie lui rend son nom initial de « place Royale » de 1814 à 1830 et de 1852 à 1870. Elle porte aussi brièvement, en 1830, le nom de « place de la République »

L'hotel CarnavaletImage

Il a été construit de  1548 et 1560 par Pierre Lescot pour Jacques de Lignerie, président du Parlement de Paris.Inspiré du chateau d'Ecouen, son plan en forme de quadrilatère « entre cour et jardin » constituait une nouveauté architecturale, et allait être un exemple pour de nombreux autres hôtels. Les statues qui l'ornent sont des chefs-d'œuvre dus à Jean Goujon et à son atelier En 1578, il devient la propriété de Françoise de Kernevenoy, veuve d'un gentilhomme breton François dit Carnavalet admirer  le Portail  coté cour et cote rue et les 4 saisons sulptées par Jean Goujon

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Hotel de lamoignon  N° 24

800px p1140587 paris iv hotel lamoignon rwk

rue Pavee De style Renaissance, il fut édifié à partir de 1584 par Diane de France duchesse d'Angouleme, fille légitimée du roi Henri II et de sa celebre maitresseDiane de Poitiers( certains disent qu'elle est la fille Filipa Duci, une Piemontaise, mais qu'elle est élevée par la favorite Diane de Poitiers ce qui fait croire qu'elle est sa fille On lui donne pour architecte Baptiste Androuet du Cerceau ou thomas Methezeau Le neveu d'Henri III, Charles d'Angouleme fils de Charles IX et de Marie Touchet, hérite cet hôtel particulier en 1619 à la mort de la duchesse et y vit jusqu'en 1650.L'hôtel est alors partagé entre plusieurs locataires dont Guillaume 1er de Lamoignon, premier président du Parlement de Paris qui le fit aménager par l'architecte Robert de Cotte, le loua en partie et en fit un rendez-vous des beaux esprits de son époque : Madame de Sevigne, Boileau, Jean Racine, Bourdaloue,Regnard, Guy Patin, etc. L'hôtel fut habité par les Lamoignon jusqu'en 1750, date à laquelle Guillaume de Lamoignon de Blancmesnil le quitta pour la Chancellerie de France

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Nous pouvons admirer un tres beau portail et dans la cour admirer de grands pilastres traités en " ordre colossal" sur 2 niveaux Antoine Moriau procureur du Roi et de la Ville de Paris, animé d'une passion pour les documents historiques, loua l'hôtel pour en faire sa bibliothèque. À sa mort, en 1759, il légua 14 000 volumes à la ville (estampes et pièces historiques sur Paris) et laquelle ouvrit les collections au public en 1763, en un geste historique : c'est la première bibliothèque ouverte par la Ville. L'hôtel d'Angoulême fut racheté par la  Mairie de Paris en 1928, puis restaure de 1940 à 1968. Il abrite depuis 1969 la  Bibliotheque historique de la Ville de Paris

 

 

 

 Puis encore pour illustrer cette epoque entre les rue  Payenne et Elzevir nous pouvons voir les hotels

L'hotel de Donon450px jardinhoteldonon

L'hôtel fut acheté en  1774 par l'architecte Jean Baptiste Louis Elisabeth Le Boursier qui en fit sa résidence.Résidence d 'Alphonse Daudet en 1867, il fut le centre de mondanités littéraires ; «'hôtel de Donon est un hotel particulierde la fin du XIV e siecle . Il fut construit sur des terrains se situant dans l'enceinte de Charles V dès le XIVe siecle.Les religieux de Sainte-Catherine-des-Écoliers lotirent leurs terrains en 1545 et un réseau de voies nouvelles vit le jour. Le chemin qui desservait la Culture-Sainte-Catherine de la censive du Temple devint la rue de Diane, puis des Trois Pavillons, puis la rue Elsevir. Médéric de Donon acquis sur ces terrains des parcelles pour y faire construire son hôtel, dans lequel il habita jusqu'à sa mort. L'architecte de l'hôtel est inconnu.Au cours du XIXe siecle et au début du XX e siecle, comme beaucoup de bâtiments du Marais, l'hôtel Donon avait été utilisé à des fins commerciales et était complètement défiguré. La Ville de Paris en fit l'acquisition en 1974 et le restaura afin d'y présenter les collections d'art du XVIII e siecle.Périodiquement, Tourgueniev, Flaubert et Edmond de Goncourt venaient dîner chez mes parents, rue Pavée, au Marais », raconte Leon Daudet, son fils.Au XIX e siecle, un fabricant d'alambics et d'instruments de distillation alcoolique y tint son siège

 Hotel

 

 

 L'hôtel de Marle

C'est un hôtel particulier situé en plein cœur du quartier parisien du Marais, entre la rue Elzévir et la rue Payenne.

 Il accueille actuellement la collection d'art de l’Institut Tessin et le Centre culturel suédois.

En 1560 a été construit le premier hôtel, vendu en 1572 à un conseiller du Parlement de Paris. De nombreuses modifications y furent apportées au cours des siècles, mais les travaux les plus importants furent exécutés vers 1779. C'est de cette époque que datent l'escalier d'honneur et la distribution du rez-de-chaussée où quelques traces de décoration de style de Louis XVI ont été trouvées.

Vendu en 1816, l'hôtel abrita alors une maison d'éducation, puis, divisé en appartements et locaux commerciaux, il a été occupé par un atelier de tapissier, une fabrique d'enveloppes, un laboratoire et divers locataires dont les plus illustres sont, sans doute, le peintre Léonor Fini et l'écrivain André Pieyre de Mandiargues. Sur la rue Elzévir, la totalité de l'ancien jardin était recouverte d'un hangar et servait de garage

L'hotel de Chatillon (également connu comme hôtel de Marie de Lyonne ou hôtel de Gagny ou Chatainville)Hotel

L'hôtel date du début du XVIIe siècle. Il est l'œuvre de Claude Chastillon (1559-1616) architecte, ingénieur et topographe royal d'Henri IV puis de Louis XIII. Cet homme de l'Art était également le "reporter personnel" du roi Henri IV. À l'initiative du bon roi Henri, il participa aux côtés de l'architecte Jacques II Andouet du Cerceau à la conception de la Place Royale, actuelle Place des Vosges. Ayant reçu du roi une parcelle sur la place, Claude Chastillon y fit construire son propre hôtel au no 10.

 

Nous tournons dans la rue des Francs Bourgeois :Cette vieille rue se nomma d'abord rue des Poulies, des Viez Poulies ou Vieilles Poulies, Richard des Poulies et Ferri des Poulies, à cause de ses métiers de tisserands. Elle a pris son nom actuel après que furent fondées, en 1334, des « maisons d'aumônes » dont les occupants, affranchis de taxes en raison de leurs faibles ressources, étaient appelés « francs-bourgeois », et dont l'une se nommait maison des Francs-Bourgeois, hôpital pour bourgeois miséreux. On lui donna le nom de « rue des Francs Citoyens » pendant la  Revolution. À l'origine, elle allait de la rue Vieille-du-Temple à la rue Payenne. Sous le Second empire, son nom fut donné aux rues qui la prolongeaient et dont les noms disparurent de ce fait  : rue de Paradis du Marais entre la rue Vieille-du-Temple et l'actuelle rue des Archives, rue Neuve-Sainte-Catherine entre la rue Payenne et la rue de Turenne et rue de l'Écharpe entre la rue de Turenne et la place des Vosges

Hotel sandreville websize copie 1Dans cette rue nous admirons le portails d'entrée de l Hotel de Sandreville

Le terrain sur lequel est construit l’Hôtel de Sandreville, 26 rue des Francs Bourgeois (IIIe), était, depuis le XIIIe Siècle, la propriété de la famille Barbette dont une rue proche porte le nom. Il s’étendait en fait alors jusqu’à la rue des Filles du Calvaire, et sera morcelé au XIVe Siècle.

C’est en 1561 que la décision est prise de lotir le terrain. Celui-ci est racheté par Claude de Mortier, sieur de Soisy, Notaire et Secrétaire du roi afin d’y édifier une vaste résidence. Certains affirment que cette dernière fut plus grande que l’Hôtel Carnavalet. L’Hôtel a appartenu ensuite à un autre financier Guillaume Cornuel dont l’épouse, Anne Bigot, tenait un salon alors très en vue. A cette époque la rue attire d’autres financiers et prend même le surnom de rue des Francs Larrons ! Après de mauvaises affaires, Guillaume Cornuel vend son Hôtel à une grande famille bourgeoise, les Poncet dont l’un des membres est responsable du tri des papiers de Fouquet, il fut d’ailleurs parmi ceux qui étaient favorables à la mort du Surintendant. L’Hôtel passera ensuite à la famille Vallier-Le Mairat. Charles Louis Le Mairat fit édifier en 1767 la façade sur rue dans le pur style Louis XVI telle qu’elle se présente encore aujourd’hui. Il est aussi à l’origine de la surélévation de l’Hôtel d’un étage. A la Révolution, l’hôtel est vendu.

Durant tout le XIXe siècle, cinq propriétaires se succèderont. De 1843 à 1870, l’Ecole des Francs Bourgeois fondée par les frères des Ecoles Chrétiennes s’y installera. En 1870, elle déménagera dans l’Hôtel de Mayenne, rue Saint Antoine, où elle se trouve toujours mais en ayant gardé son nom d’origine d’Ecole des Francs Bourgeois. L’Hôtel de Mayenne a fait l’objet d’une somptueuse et récente restauration (voir nos articles des 12 mars et 14 septembre 2012).   

  Sandreville-4-websize
Sous l’appellation d’Hôtel de Sandreville, il faut distinguer aujourd’hui deux hôtels d’époques différentes. Celui bâti vers 1586 en fond de cour pour Claude Mortier, sa façade restaurée est la plus belle et donne un bon exemple de l’architecture privée à Paris à la fin du XVIe siècle. Le second corps de l’Hôtel est celui sur la rue des Francs Bourgeois qui a été construit en 1767 par Louis-Charles Le Mairat dont la façade déjà de style Louis XVI est très classique et beaucoup plus sobre. De longs pilastres encadrent les fenêtres et un joli drapé sculpté souligne la corniche sous le toit, donnant de l'élégance à l'ensemble. Les vantaux du portail sont légèrement ouvragés et s'intégrent avce bonheur. 

 Le bâtiment est privé, il faut donc avoir la chance de passer lorsque le porche est ouvert pour admirer les bâtiments sur cour.

 Hotel

 

  Un peu plus loin a l'angle de la rue des Francs Bourgeois et de la rue Vieille du temple, nous decouvrons ce qui etait l'hotel d'Herouet, la tourelle gothique flamboyant est le seul vestige authentique du XVIe siecle La rue Vieille-du-Temple est le chemin qui menait dès le 13e siècle vers la Maison du Temple et sa tour. Elle a porté de nombreux noms: rue de la Culture-du-Temple, rue de la Couture-du-Temple, rue de la Clôture-du-Temple, rue de l'Égout-du-Temple, rue de la Porte-Barbette, rue de la Poterne-Barbette, rue Barbette et rue Vieille-Barbette

 

 

 

 

 1575 blockNous decouvrons le portail de l'hotel de Lazon (100-104) Cet hôtel, dessiné par Jean Thiriot comme l'hôtel d'Hozier voisin, a été construit en 1620-1621 pour le compte de Nicolas Malebranche, secrétaire du Roi qui deviendra trésorier général des Fermes de France. L'hôtel deviendra la propriété de Charles du Tillet, marquis de la Bussière et maître des Requêtes, en 1686. Ses successeurs se transmettront cette demeure pendant plusieurs générations qui compteront de nombreuses personnalités littéraires et politiques. La famille du Tilliet entreprendra de nombreux agrandissements.  Le fermier général Mégret de Sérilly, qui sera guillotiné en 1794, achètera l'hôtel en 1776. L'avant corps sur rue semble être légèrement antérieur au XVIIIème siècle. Les lions sculptés qui apparaissent dans le fronton triangulaire encadraient probablement un écusson aux armes de la famille Du Tillet. L'oeil de boeuf, percé plus tard, a amputé une partie de leurs pattes avant. Le porche est orné à la clef d'un mascaron représentant une femme couronnée de laurier.  La cour centrale est encadrée des deux pavillons à arcades qui rejoignent les deux ailes en retour d'équerre du corps de logis central.

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Boudoir

 

 

Le décor du boudoir de madame Mégret de Sérilly est aujourd'hui exposé au Victoria and Albert Museum. L'architecte Jean Thiriot commencera les travaux de cet hôtel sur une parcelle qu'il avait acquise. Il le revendra en 1623 à Robert Jousselin, seigneur de Marigny, conseiller et secrétaire du Roi, qui en sera dessaisi en 1644. L'hôtel, qui connaîtra plusieurs propriétaires et locataires peu soigneux, deviendra la propriété de la famille Bauyn de Bersan au début du XVIIIème siècle. Le coût des travaux de restauration, confiés à Denis Quiriot, dépassera les moyens financiers du nouveau propriétaire. Endetté, il devra vendre son bien au généalogiste Louis Pierre d'Hozier en 1715. Le bien restera dans cette famille jusqu'en 1798, puis deviendra un atelier. Le bâtiment sur rue nous montre un magnifique porche cintré. Depuis le 13 rue de Thorigny, il est possible d’admirer sa magnifique façade sur jardin, comme le reste habillée de briques rouges et d’un chaînage de pierre. L’escalier de l’aile gauche est orné d’une fresque du XVIIe siècle de Patrice Nourissat La superbe décoration des deux vantaux, représentant mars et Minerve, ainsi que le cartouche du portail sont l'oeuvre du sculpteur Fauquière.Tous déjà de style Louis XIII et datant des années 1620

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 Au 110, l’imposant Hôtel d’Hozier qui forme un angle avec la rue Debelleyme a été construit pour un favori d‘Henri III. Il appartint par la suite à un conseiller de Louis XIII, Robert de Marigny, saisi et loué il revint ensuite à la famille Bauyn de Bersan puis à Pierre d’Hozier, juge d’armes (à ne pas confondre avec le grand généalogiste), qui l’occupa durant une grande partie du XVIIIe siècle. Il convient de préciser qu’un juge d’armes, officier du roi, tenait le registre des armes et blasons de quiconque avait le droit d’en porter et réglait les contestations à ce sujet. Pierre d’Hozier et son fils sont à l’origine de la rédaction d’un armorial célèbre qui comportait 10 volumes.

 D’un plan assez classique cet édifice comprend un bâtiment central auquel sont accolées deux ailes. Un pavillon relie celles-ci au corps central. Malheureusement les proportions de la façade très stricte se sont trouvées changées à la fin du XIXe siècle du fait d’une surélévation sur 2 niveaux. Le grand portail n’a par contre pas été modifié, les personnages qui y sont joliment sculptés figurent Mars et Minerve. Comme beaucoup d’immeubles il devint aussitôt après la Révolution un atelier. Il a été très bien restauré, et a été inscrit au titre des monuments historiques en 1987 au même titre que la cour, l’escalier d’honneur et sa rampe, ainsi que les caves.

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 Au 127 de cette meme rue une meme rue une maison a Pignon Ainsi se termine notre periple qui nous fait comme toujours découvrir des monuments ou des histoires du Paris historique, place de la république ou nous nous quittons pour certains se deroule une manifestation de kurdes avec une sono tonitruante

 

 

 

 

 

 

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Paris Criminel 16/11/2013 ( 3éme Partie)

Après les Paris Criminel de Novembre 2011 et Septembre 2012 , voici la 3ème partie que nous a concocté Robert qui nous mène de la porte de la Chapelle jusqu'à la Bastille.

Ce matin Brouillard et temps froid, notre train arrive avec quelque retard, est ce du aux conditions metéorologiques ? existe t il sur la voie des congères de neige, la tempète a t'elle couchée des arbres sur les voies, notre train est il ralenti par un tapis de feuilles, le verglas bloque t il les aiguillages ou quelques vaches sorties des prés. Nous ne le saurons pas.

Lorsque nous arrivons Porte de la Chapelle les quatres adhérents qui devaient nous rejoindre par d'autres moyen sont frigirifiés. Nous sommes 21 et quand même de bonne humeur

Après lecture de l'habituel ephemeride du 16 Novembre " fête de sainte Marguerite d'Ecosse " " A la sainte Marguerite, forte pluie est maudite" " faute de  grives on mange des merles"

Tolerance 1

  Le 12 décembre 1996, l'Assemblée générale des Nations Unies a invité les états membres à célébrer la Journée internationale de la tolérance le 16 novembre de chaque année par des activités s'adressant aux établissements d'enseignement eu au grand public (résolution 51/95).

Cette mesure faisait suite à l'Année des Nations Unies pour la tolérance en 1995, proclamée par l'Assemblée le 20 décembre 1993 (résolution 48/126). La conférence générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture a proclamé l'année 1995 Année des Nations Unies pour la tolérance. Le 16 novembre 1995, les Etats membres de l'UNESCO ont adopté une Déclaration de principes sur la tolérance et un Plan d'action destiné à donner suite à l'Année.

 

Le Boucher de la Chapelle

Nous rejoignons la rue des Prés ex rue du pré Maudit ou une Blanchisseuse aperçoit un homme qui va se révèler être celui que l'on va appeler le " Boucher de la Chapelle" pour avoir dispersé dans ce quartier des morceaux de ce qui reste d'un courtier en bijouterie et de sa maitresse qui echoua en morceaux jetée à l'égout 22 rue de l'Evangile en 1879

Mme Lévy, rue de la Chapelle, venait de traverser la rue du Gué, lorsqu'elle heurta du pied une masse informe qu'elle prit tout d'abord pour de la viande gâtée, mais, s'étant baissée, elle poussa un cri en reconnaissant qu'elle avait devant elle un bras d'homme.
Mme Lévy entra chez M. Pacey, marchand de vins, rue de la Chapelle, 170, et l'invita à venir avec elle pour recueillir la funèbre trouvaille.
Un individu très grand semblait les observer et, lorsqu'ils se dirigèrent vers lui, il prit la fuite dans la direction des fortifications et bientôt le bruit de ses pas se perdit dans le lointain.
La police fut prévenue immédiatement. M. Macé, averti par une estafette, arriva sur les lieux vers dix heures et donna ordre de commencer des recherches dans les égouts voisins.
Deux heures après, un cadavre presque entier était reconstitué : la tête manquait, ainsi qu'un doigt de la main gauche et une partie des intestins. Détail horrible, tous ces membres, toutes ces fractions de corps humain étaient dépouillés de la peau.
Le lendemain, jeudi, Mme Lévy arriva vers sept heures et demie au bureau de paix, dénommé poste de l'Évangile, rue de l'Évangile, 17. Elle devait fournir de nouveaux renseignements sur le fait de la veille.
En entrant, elle vit devant elle un homme dont la physionomie la frappa.
« Oh ! s'écria-t-elle en montrant cet individu, si monsieur avait une blouse et une casquette, je jurerais que c'est lui que j'ai vu hier. »
Tous les regards se tournèrent vers cet homme. Il sourit, pâlit, parut se trouver mal.
Le chef de poste envoya à son domicile soupçonné chercher sa blouse et sa casquette. On lui commanda de prendre ses vêtements. Il obéit. Alors, Mme Lévy n'hésita plus et affirma que c'était bien là celui qui avait pris la fuite à son approche.
- C'est donc toi l'assassin ? dirent ses camarades, surpris.
– Oui, dit-il en courbant la tête.
L'assassin s'appelle Prévost, il a 43 ans. C'est un ancien cent-gardes. Licencié, quand ce corps fut dissous, il se fit garçon boucher. On le dit coureur de femmes, mais, à part cette faiblesse, on n'a rien à lui reprocher dans son service.
Voici dans quelles circonstances le crime fut commis :
Mardi soir, Prévost demanda un congé de vingt-quatre heures, disant qu'il avait à aider un camarade dans son déménagement. Le lendemain, mercredi, il sortit vers dix heures et demie pour déjeuner chez un marchand de vin du voisinage.
À onze heures, un jeune homme se présentait chez le concierge du n° 75, rue Riquet, où habite Prévost, et demandait celui-ci :
« Il est allé déjeuner, lui répondit Mme Maître, la concierge.
– Dans ce cas, je vais en faire autant, dit l'inconnu et je reviendrai tout à l'heure. »
À midi, Prévost rentra ; on lui dit que quelqu'un était venu le demander.
« Je sais, dit-il, c'est pour une affaire, » et il monta.
Une demi-heure après, l'inconnu reparut, muni d'une sorte de portefeuille très épais semblable à ceux dont se servent les courtiers en bijouterie.
« Il y est cette fois, annonça Mme Maître, seulement je crois qu'il dort.
– Bah ! j'en serai quitte pour le réveiller, répliqua en riant le jeune homme au portefeuille. Puis il gravit à son tour les trois étages qui conduisent au domicile de Prévost.
Quand le jeune homme bijoutier arriva à la porte de Prévost, il frappa, et celui-ci ouvrit aussitôt.
Prévost offrit un verre de vin au jeune homme et lui avança une chaise.
Le courtier ouvrit sa boîte d'échantillons.
À ce moment, Prévost, prenant dans sa main une grosse boule de fer, arrachée à une clef dont se servent les mécaniciens de chemin de fer, en frappa violemment le jeune homme au sommet de 1a tête. La pauvre victime tomba comme une masse, étourdie, gravement blessée, mais pas morte. Prévost, saisissant alors un long couteau de boucher, le plongea tout entier dans le cœur du malheureux, qui rendit le dernier soupir. Sans perdre de temps, l'assassin dépouilla sa victime de ses vêtements et, sur le plancher, la découpa en soixante-quinze morceaux, après l'avoir dépouillée de la peau.
À cinq heures, tout était fini. La tête était cachée dans la cheminée. Les paquets étaient faits, prêts à être jetés dans les bouches d'égout. Prévost descendit chercher un seau d'eau et lava avec soin sa chambre, son couteau et jusqu'à son balai. Il vida l'eau rouge dans les lieux d'aisances.
Le soir, à neuf heures et demie, il alla dîner chez M. Foury, marchand de vin, rue Riquet, 86. Il demanda du veau et du saucisson, mais ne mangea rien. Il paraissait troublé. À côté de lui, sur la table, était un paquet enveloppé d'un journal.
M. Foury toucha ce paquet et sentit quelque chose de mou ! C'était la peau de la victime.
Quand on lui demanda la raison de son trouble, il répondit :
« Je suis fatigué, parce que je viens de déménager un camarade. »
Le malheureux garçon, victime de cet horrible assassinat, se nommait Lenoble. Il était âgé de trente huit ans environ.
Prévost a fait la déclaration suivante en présence de M. Clément, commissaire de police aux délégations judiciaires :
« Depuis quelque temps, je connaissais M. Lenoble, courtier en bijouterie, à qui j'avais manifesté l'intention d'acheter une chaîne d'or, payable par à-comptes.
Pour conclure cette affaire, rendez-vous fut pris pour le 10 courant, entre midi et une heure de relevée, à mon domicile, rue Riquet, 75.
En donnant rendez-vous à Lenoble, j'avais conçu le projet de l'assassiner pour lui voler les bijoux et les valeurs dont il pouvait être porteur.
Dans la matinée du jour où j'ai commis mon crime, je montai dans ma chambre cinq ou six bouteilles d'eau, et je fis l'acquisition d'un grand couteau et d'un couperet ; puis j'attendis.
À midi un quart, Lenoble est arrivé. Il étala ses marchandises sur mon lit, et je fis choix d'une chaîne.
Puis, sous prétexte de prendre une plume et de l'encre pour souscrire les billets, je m'écartai un peu du lit.
Lenoble était toujours penché sur mon lit et rangeait ses marchandises.
Je m'emparai alors d'une boule de fonte pesant environ deux kilogrammes, emmanchée au bout d'une tige de fer, instrument servant à rattacher entre eux les wagons de chemin de fer, et j'en donnai un premier coup sur la nuque de Lenoble.
Celui-ci s'affaissa sur le lit. Je le frappai encore d'un autre coup.
J'avais trouvé l'instrument qui m'a servi à commettre le crime quelque temps auparavant.
Je déshabillai ensuite complètement Lenoble, je l'étendis sur une malle et je l'écorchai entièrement, pour empêcher la reconnaissance des chairs, dont j'avais l'intention de me défaire par petites fractions.
Je dépeçai ensuite le cadavre en un grand nombre de petits morceaux (environ une centaine), à l'aide du couteau et du couperet que j'avais achetés le matin.
Ma besogne, commencée à une heure, était terminée à cinq heures.
Je jetai ensuite dans le cabinet d'aisance la partie liquide ; puis, à la tombée de la nuit, je me revêtis d'une blouse, je remplis un panier des débris de Lenoble et j'allai les jeter dans les égouts, dans les terrains vagues, et partout où je croyais pouvoir m'en débarrasser sans être vu.
J'allai ensuite, vers neuf heures, manger une portion de tête de veau chez un marchand de vin du quartier, puis je retournai me coucher, et, ce matin, après m'être mis en tenue de gardien de la paix, j'allai prendre mon service, laissant chez moi la tête de ma victime, ses écrins et ses vêtements. »
Ensuite a eu lieu, à la Morgue, la confrontation de Prévost avec les restes du malheureux Lenoble. MM. Bresselles, Caubet, chef de la police municipale, Fontaine, chef adjoint, Boudet, substitut du procureur de la République, Clément, Lefébure et Macé, y assistaient.
Des débris de la malheureuse victime étaient étendus sur la table de dissection. Rien de plus affreux à voir ! Aucune expression ne saurait peindre une semblable scène.
C'était un amas de chairs pantelantes, dépouillées de leur peau et, – pour nous servir d'un terme trivial, mais qui rendra bien toute l'horreur du spectacle, – débitées comme de la viande de boucherie : pêle-mêle les fémurs recouverts de leurs tendons, le sternum, les côtes auxquelles adhèrent des fragments de la poitrine, les os des omoplates et des bras, et, un peu plus loin alors, le foie, le cœur et les viscères, ainsi que les fragments d'épiderme arrachés un à un de chaque partie qui avait été découpée !!!
Et, placée au-dessus de ces effroyables débris recouverts d'une toile grise, la tête exsangue, les yeux démesurément ouverts et portant l'expression de l'atroce souffrance que dut ressentir l'infortuné au moment où il reçut le coup qui le foudroya.
Cette tête présente, au sommet du crâne, deux entailles béantes, qui ont fendu les chairs, attaqué le cerveau et produit une effusion de sang considérable.
La plume s'arrête, impuissante à retracer cet épouvantable tableau !...
En entrant et en se trouvant en face de la tête de la victime, dont les grands yeux ouverts le regardaient fixement, Prévost a eu un moment de défaillance, naturel ou joué.
« Allons, voyons, a dit M. Clément, pas de grimaces ; vous l'avez assez vu, cet homme, quand vous l'avez découpé. Vous ne devez pas être si ému que cela. »
Prévost s'est remis et a reconnu les restes de sa victime.
Prévost est un homme de quarante ans, de haute taille ; il porte les moustaches et une large impériale châtain. Il passait pour très doux dans le quartier, il était très estimé dans le service.
La victime, Lenoble, avait une quarantaine d'années. C'était un petit homme grêle, pâle, portant une moustache assez fine. Il était marié et père de deux enfants, âgés l'un de douze ans, l'autre de cinq. Il demeurait 26, rue Saint-Sébastien.

Boucher
Meurtre de la demoiselle Blondin

L'accusé avait fait, en 1874, la connaissance de la demoiselle Adèle Blondin, qui, après avoir été au service d'un vieillard, avait, à la mort de son maître, reçu de sa famille une somme de 25,000 francs. Ce capital, joint à ses économies, avait été placé en rentes sur l'état, et produisait un revenu total de 1,450 francs. Des relations intimes n'avaient pas tardé à s'établir entre elle et Prévost, pour lequel elle paraissait ressentir une très vive passion, mais qui avait toujours refusé de l'épouser. L'accusé affectait de se plaindre du penchant de cette femme pour la boisson et de ses libéralités continuelles envers sa sœur ; mais il faisait étalage de la petite fortune de sa maîtresse et méditait de se l'approprier, fût-ce au prix d'un crime.
Au mois de février et au mois de décembre 1875, Adèle Blondin avait aliéné deux de ses titres, l'un de 50 fr., l'autre de 200 fr. de rentes, et avait ainsi réalisé un capital d'environ 5,000 qu'elle manifestait l'intention de consacrer à l'acquisition d'un fonds de commerce. Menacé de voir ainsi lui échapper la proie qu'il convoitait, Prévost, qui se trouvait à ce moment dans une position embarrassée, résolut de donner la mort à la fille Blondin, et de la dévaliser ensuite. Il savait que sa maîtresse, personne d'un naturel défiant, avait l'habitude de porter sur elle son argent et ses objets précieux ; il suffisait donc de lui donner un rendez-vous chez lui, pour trouver une occasion propice à la réalisation de ses criminels desseins. Il fut convenu qu'Adèle Blondin viendrait déjeuner, le dimanche gras, 27 février 1876, à son domicile, 22, rue de l'Évangile. Elle arriva vers une heure de l'après-midi ; peu après, se sentant indisposée, elle s'étendit sur le lit, après avoir embrassé Prévost. À peine commençait-elle à sommeiller, qu'il se précipita sur elle et l'étrangla.
Il sortit alors pour aller acheter un couteau et une scie ! puis, rentré chez lui, se mit à dépecer le cadavre de sa victime ; le sang ayant jailli sur le sommier du lit au cours de cette sinistre opération, il se hâta de recouvrir ces taches avec de l'encre. La nuit venue, il enveloppa dans un morceau de toile les débris du corps et alla les jeter dans des égouts du voisinage. Quant à la tête, il l'enfouit dans la terre d'un talus des fortifications, à peu de distance de la porte de la Chapelle. Il s'empara de l'argent trouvé dans les poches de la fille Blondin, qui lui servit à payer ses dettes, à acheter un mobilier et à vivre plus largement, ainsi que de ses vêtements et de ses bijoux, qu'il engagea clandestinement ou vendit avec prudence.
L'enquête faite à la suite de la disparition de cette fille n'amena aucun résultat : Prévost déclara qu'elle était venue chez lui, le 27 février, et s'était retirée au bout de quelques instants. La bonne renommée dont il jouissait suffisait à écarter de lui tout soupçon, et des idées de suicide, vaguement manifestées par sa victime, accréditèrent l'hypothèse d'une mort volontaire ou peut-être accidentelle. Prévost devait mettre lui-même, trois ans plus tard, la justice sur la trace de sa culpabilité par la découverte d'un nouveau forfait commis dans des conditions non moins horribles.
Les remords de Prévost

PrevostPoursuivi par le souvenir épouvantable de son premier crime, il était devenu taciturne et semblait agité par des pensées importunes. Plusieurs femmes qu'il a fréquentées à cette époque se sont montrées frappées de son air sombre et inquiet. La préméditation d'un second assassinat avait, dans ses préoccupations, une part non moins égale à celle des remords qu'avait pu lui laisser le premier. Sa pensée s'arrêtait, cette fois, sur les facilités qu'il trouverait à attirer chez lui un courtier en bijouterie, à l'assassiner et à le voler, puis à faire disparaître les traces de son crime.
De tout temps,la vue des bijoux avait excité vivement ses convoitises. Souvent, il avait reçu et même provoqué la visite de commissionnaires en bijouterie fausse. Une fois, il avait questionné l'un d'eux, le sieur Lœb, sur la valeur approximative des bijoux contenus dans la boite qu'il portait habituellement avec lui. Pendant les jours qui précédèrent la mise à exécution de son nouveau projet, il afficha plus cyniquement que jamais son indifférence en matière d'assassinat et sa confiance dans l'impunité. À la suite d'une altercation avec un de ses collègues, il dit au gardien Eigel que, si jamais son adversaire allait vider avec lui sa querelle dans les fortifications, il le découperait et le désosserait. Une autre fois, au moment des débats de la cour d'assises d'une affaire capitale, il assurait les sieurs Gérard et Plaitin que lui, Prévost, « ne se laisserait jamais prendre ; » développant sa pensée, il exposait que, s'il tuait quelqu'un, il assommerait sa victime, puis la dépouillerait comme un veau, lui couperait les oreilles et le nez, et lui arracherait les yeux pour la rendre méconnaissable, et enfin la découperait par morceaux qu'il jetterait de côté et d'autre. « Ainsi, ajoutait-il en forme de conclusion, ainsi, ni vu ni connu. » Enfin, dans la nuit du 9 au 10 septembre 1879, son collègue Astrié, étant de ronde avec lui, s'entendait apostropher ainsi : « Quelle différence ferais-tu de couper un cadavre ou un animal ? » Puis, quelques instants après, l'accusé lui faisait remarquer qu'un certain nombre de crimes, restaient impunis.

Découverte du premier crime

Le sinistre sang-froid dont l'assassin avait fait preuve donna lieu de penser qu'il n'en était point à son coup d'essai et fit rechercher minutieusement ses antécédents. L'attention de la justice fut ainsi amenée sur la mystérieuse disparition de la fille Blondin. On apprit que, peu de temps après cet événement, Prévost, qui se trouvait auparavant dénué de toutes ressources, avait acheté des meubles pour une somme de 400 fr. et avait cessé de demeurer en garni ; puis l'on constata qu'il avait vendu ou offert en vente, ou engagé au Mont-de-Piété, divers objets ayant appartenu à sa maîtresse, tels qu'une descente de lit et un dessus de lit, une paire de boucles d'oreilles, une chaîne de montre, une pince à sucre, une statuette en bronze, un parapluie, etc. Il avait vendu notamment, à la dame Foury, au mois de mai 1879, un châle tartan écossais que la victime portait le jour de l'assassinat.
Malgré la gravité de ces charges, l'accusé commença par nier sa culpabilité ; mais, le 4 octobre, ayant été amené dans la chambre même où le crime avait été commis, il se détermina à faire des aveux devenus inévitables. On retrouva dans un talus des fortifications, à l'endroit où Prévost avait enfoui la tête de la fille Blondin, les fragments d'un crâne humain, à demi brisé, ainsi que des débris de main ; l'état de ce crâne permet de supposer que la victime n'avait point été étranglée, ainsi que le déclare son assassin, mais peut-être assommée, comme devait l'être plus tard le sieur Lenoble.
La préméditation n'est pas moins manifeste pour ce premier crime que pour le second. Prévost reconnaît avoir arrêté, plusieurs jours à l'avance, dans sa pensée, le dessein de tuer sa maîtresse, à laquelle il avait tendu d'ailleurs un véritable guet-apens.
Après l'interrogatoire de l'accusé, le ministère public demande l'application de la loi dans toute sa sévérité. La défense prend ensuite la parole. Me Bouchot, l'avocat, plaide en termes émus les circonstances atténuantes ; il s'adresse aux jurés et espère que, juge suprême, ils voudront appliquer la loi de la clémence.
Le Président résume ensuite d'une manière très impartiale les débats.
Le Jury se retire dans la salle des délibérations, et revient avec un verdict affirmatif sur toutes les questions.
En conséquence la Cour, sur les délibérations du jury et le verdict en résultant, condamne Prévost à la peine de mort.
L'accusé entend cette sentence sans manifester aucune émotion.
Le 19 janvier 1880, Prévost fut exécuté.

Boucher

L'Ogresse de la Goutte d'Or

Nous poursuivons ensuite pres de Barbes ou Jeanne Weber qui de 1905 à 1908 à ou aurait assassiné une dizaine d'enfants et qui finira dans un asile en 1918. Les chroniqueurs de d'époque l'avait surnomée "L'Ogresse de la Goutte d'Or"

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Identité :           Jeanne WEBER      Weber                         

 

Pseudonyme:    L’ogresse de la goutte d’or

 

Victime :           Plus de cinq enfants

 

Lieux :               8bis passage de la goutte d’or (Paris) Commercy ( Indre ) France

 

Dates :              De 1905 à 1908

 

Moyens :          Etouffement

 

Mobile :            Folie

 

Dénouement :   Décédé en 1918 dans un asile d’une crise de folie

 En 1905, alors qu’elle garde les enfants de son frère, Pierre Weber, La petite Georgette, 18 mois, meurt. Et puis quelques jours après c’est sa grande sœur, Suzanne, 3 ans, toujours sous la garde de Jeanne. Le même scénario se déroule pour la petite Germaine Léon, 7 mois, la aussi c’était Jeanne qui la gardait.. En 1908, elle est engagée comme gouvernante chez un riche cultivateur de l’Indre. Ce sont deux petits garçons, dont celui de son patron. Un nouveau procès a lieu et une nouvelle fois elle est innocentée. Elle se retrouve à Commercy ou elle est prise sur le fait, alors qu’elle étranglait le petit garçon de 12 ans du tenancier de l’hôtel ou elle était en pension. Arrêtée, elle avoue tous ses meurtres, et explique comment elle tuait , cela consistait à arrêter la respiration des enfants en appuyant fortement de ses deux mains sur la poitrine. En 1908, elle est jugée et reconnue irresponsable de ses actes. Jeanne Weber est enfermée à l’asile d’aliénés de Mareville, puis celui de Bar-le-Duc ou elle meurt en 1918 au cours d’une crise de folie.

   Le 27 juillet 1907, soit plus de trois mois après la mort du petit Bavouzet, les deux experts parisiens, MM. Socquet et Thoinot, arrivent à Villedieu. Ils sont attendus par le juge d’instruction Belleau, le procureur de la République Blavin et les deux médecins castelroussins, MM. Audiat et Bruneau. Au cours de l’autopsie qui se déroule dans le cimetière communal, le professeur Thoinot acquiesce régulièrement : « Voyez donc ces tâches rouges. Je ne m’étonne plus à présent. Et ces grosseurs… Il est certain qu’Auguste Bavouzet n’est pas mort de mort violente. Il est mort d’une fièvre typhoïde ambulatoire ». Les médecins castelroussins sont effarés. « Vous avez discuté notre rapport d’une façon peu courtoise. Si vous aviez vu le corps immédiatement après la mort, vous auriez une tout autre opinion. Mon confrère et moi ne pouvons nous associer à votre rapport. Nous ne le signerons donc pas », réplique avec ardeur le docteur Audiat.

Ce nouveau rebondissement n’arrange pas les affaires du juge d’instruction. Face à toutes ces contradictions, la lumière n’est toujours pas faite sur le personnage de Jeanne Weber. Belleau demeure fidèle à ses convictions. Il fait maintenir Jeanne Weber en détention préventive. Cette décision soulève un tonnerre de contestations. En septembre, le président de la Ligue des Droits de l’Homme adresse une lettre au Garde des Sceaux pour dénoncer l’attitude de celui que l’on nomme « Belleau, le bourreau ». Conséquence probable de toute cette agitation, le 1er novembre, trois nouveaux experts des facultés de médecine de Bordeaux et de Montpellier sont mandés pour donner un avis définitif. Cette fois, il n’y aura pas de troisième autopsie mais une étude minutieuse de tous les rapports qui ont été remis. Sans surprise, il est conclu à une mort naturelle et non criminelle. Jeanne Weber est donc innocente. Le 6 janvier 1908, la chambre des mises en accusation de la cour d’appel de Bourges rend un non lieu. Jeanne Weber est remise en liberté. Elle quitte Châteauroux le jour même. Ce verdict sonne la victoire des savants parisiens contre les médecins « ignorants » de province.

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Le 8 mai 1908, un fait-divers est en première page de tous les journaux nationaux. A Commercy, dans la Meuse, une femme du nom de Jeanne Moulinet a étranglé un enfant de 7 ans. L’identité exacte de la meurtrière, prise en flagrant délit, est révélée : il s’agit de Jeanne Weber. Elle est arrêtée et incarcérée à la prison de Saint-Mihiel. Déclarée irresponsable de ses actes, « l’Ogresse » échappe une nouvelle fois à la justice. Elle est internée à l’asile d’aliénés de Fains par arrêté du 26 décembre 1908. Elle meurt le 5 juillet 1918 des suites d’une crise de folie. Les médecins castelroussins ont leur honneur sauf. « Malgré les menaces à peine déguisées qui nous ont été faites, nous avons refusé de nous incliner et de marcher contre conscience », écrivent-ils, le 18 mai 1908. Les sommités parisiennes se cacheront derrière un argument surprenant : à force d’être persécutée, Jeanne Weber est devenue ce dont on l’accusait : une tueuse d’enfants.

 

 

 

Philippe Daudet

A la hauteur du 126 Bd de Magenta, c'est là qu'un chauffeur de taxi  qui a charger un jeune homme Place de la Bastille dit lors de son arrivée à l'hopital Lariboisiere que celui ci s'est donne la mort.

Le mort n'ayant aucun papier sur lui, c'est plus tard que l'on découvre que celui ci est le fils de Leon Daudet, co directeur de l"Action Française" et féroce polimiste.

L'enquète menée de façon douteuse, la querelle entre les Anarchistes et les Monarchistes  "d 'Action Française", le gouvernement en place feront que nous ne sauront jamais si Philippe Daudet agé de 14 ans s'est réellement suicidé ou si son crime a été maquillé en suicide

DaudetPhilippe Daudet voit le jour le 7 janvier 1909. Décédé dans des circonstances tragiques le 23 novembre 1923. Fils de l’écrivain, journaliste et militant royaliste français Léon Daudet et petit-fils de l’écrivain Alphonse Daudet.

 Il est mort à l’âge de 14 ans dans des circonstances mystérieuses (suicide ? assassinat ?).

Sa mort suscita de vives polémiques entre l’Action française et les anarchistes, la police et le gouvernement républicain (Troisième République).

 Jeune fugueur, Philippe Daudet se présente sous un faux nom à Georges Vidal, l’administrateur du Libertaire (quotidien anarchiste) le 22 novembre 1923. Il lui confie sa sympathie pour l’anarchisme et lui fait part de son intention de commettre un attentat contre Raymond Poincaré (président du Conseil), ou Alexandre Millerand (alors président de la République).

 Le lendemain, il reformule ses désirs d’assassinat politique à Le Flaouter, libraire anarchiste, pornographique et indicateur de police. Ce dernier tente de l’en dissuader, lui demande de revenir dans l’après-midi et prévient le Contrôleur Général Lannes, beau-frère de Poincarré, de la Sûreté Générale de ses intentions.

 Le 24 novembre 1923, vers 16 heures, le taxi 7657 E dans lequel se trouve Philippe Daudet s’arrête brusquement sur le boulevard Magenta, à hauteur du 126, après avoir entendu un coup de feu. Le chauffeur constate que son client a été atteint d’une balle à la tête. Philippe Daudet décède deux heures plus tard à hôpital Lariboisière, anonymement. Son père, Léon Daudet, reconnaîtra le cadavre le surlendemain.

 Apprenant la mort tragique de son fils il aurait déclaré : "il nous aura tout fait, celui-là !"

 La Sûreté Générale conclura très vite à un suicide, mais Léon Daudet ne croit pas à cette thèse. Ayant été l’objet de différentes menaces, il croit plutôt à un complot anarchiste car il avait lui-même été la cible d’un attentat en février de la même année. En effet, la jeune anarchiste Germaine Berton prévoyait d’assassiner Léon Daudet, mais c’est son collègue de l’Action Française Marius Plateau (secrétaire général du mouvement) qui fut tué.

 L’autopsie ne permit pas de tirer de conclusion définitive sur ce qui avait causé la mort du jeune Daudet. Cet événement déclencha la colère de Léon Daudet qui écrivit de nombreux articles dans L’Action française où il dénonçait violemment la Sûreté Générale, le chauffeur de taxi (nommé Bajot), le libraire Le Flaoutter (qui était aussi l’ancien amant de Germaine Berton) et même le gouvernement républicain. Ces attaques confuses lui causèrent des ennuis judiciaires.

 Certains pensent qu’il aurait pu être tué lors de son interpellation par un agent de la Sureté.

 Ainsi, Léon Daudet reçut une plainte en diffamation de la part du chauffeur de taxi Bajot, ce qui lui valut d’être condamné à 5000 francs d’amende et cinq mois de prison. Après une reddition spectaculaire, il est incarcéré à Prison de la Santé le 13 juin 1927.

 Grâce à l’intervention des Camelots du roi, il parvient à s’évader à la suite d’un faux coup de téléphone et s’enfuit en Belgique. Suite à cette évasion rocambolesque, la presse française ridiculisera le ministère de l’Intérieur et la Sûreté Générale. Daudet sera gracié par Daladier le 30 décembre 1929 et il rentrera en France.

 Si l’affaire Philippe Daudet suscita d’autres procès, la mort du jeune homme ne sera jamais élucidée. Les autorités ont maintenu la thèse du suicide, mais la famille Daudet et l’Action française ont toujours maintenu qu’il s’agissait d’un meurtre à caractère politique ou d’un complot impliquant leurs adversaires anarchistes ou républicains. Les anarchistes s’étaient très tôt dissociés de l’affaire, prétextant n’avoir jamais été en contact avec Philippe Daudet avant la journée précédant sa mort.

 Pour ce qui est du complot républicain, rien ne permet d’en accréditer la thèse, mais il est certain que Léon Daudet était dérangeant (il venait d’être élu député de Paris), ayant même provoqué la démission de certains ministres par ses articles incendiaires.

 Ce fait divers donna lieu à de multiples publications, dont un ouvrage de Mme Marthe Daudet dédié à la mémoire de son fils.

 Il repose au coeur de la 41ème division, dans une sépulture familiale avec plusieurs membres de la famille Daudet, sa mère, Marthe ALLARD-DAUDET (1878-1960), qui sous le pseudonyme de Pampille fut journaliste à l’Action française, et qui publia divers ouvrages de mode et de cuisine ; et son demi-frère Charles DAUDET (1892-1960), que Léon Daudet avait eu de Jeanne Hugo.

 Au Père Lachaise, reposent également son grand-père Alphonse Daudet et son grand-oncle Ernest Daudet.

Af philippe daudet

Troppman

A coté de l'Hotel Terminus Nord, nous nous arrêtons pour relater l'histoire de Jean Baptiste Troppman qui va tuer un de ses clients par empoisonnement puis le fils ainéagé de 15 ans à coup de couteau ensuite la femme de son clients et ses 5 enfants ( 2 egorgés, 3 etranglés et achevés à coup de pioche. On va découvrir les cadavres dans un champs. le 19 Janvier 1870 Troppman sera "raccourci" devant la prison de la Roquette

Troppman2

 

Ouvrier mécanicien, d'origine alsacienne à dix-neuf ans, assassine huit personnes (!a famille Kinck, le père d'abord, en Alsace, puis le fils aîné et enfin la mère et les cinq autres enfants, à Pantin, à coups de couteau, de hachette et de pioche (1869); visage régulier, à l'expression douce de jeune fille ou de séminariste, mais avec un regard faux; apparence chétive et efféminée, goûts antiphysiques.
TroppmannIl avait le front large, découvert, un peu fuyant. Ses cheveux châtains, souples et abondants, étaient l'objet de soins particuliers,il les caressait avec une coquetterie un peu gauche. Le bon effet du visage supérieur s'annulait par ses oreilles larges et plates, par son nez étroit et rabaissé, par sa bouche ombrée d'une moustache naissante qui ne passait pas la lèvre supérieure, trop grosse, et par ses dents démesurées qui donnaient à la partie inférieure de sa figure, si douce par le haut, une physionomie sauvage. Son regard fuyant ne s'animait que sous le coup d'une forte émotion, alors il relevait ses paupières, qu'il tenait ordinairement fermées; ses regards devenaient vifs, très brillants, sans cesser d'être astucieux. Son parler alsacien donnait à sa diction une sorte de bonhomie qui contrastait étrangement avec l'odieux des actes. Comme tous les meurtriers que j'ai connus, comme pour Lacenaire, comme pour La Pommerais, c'était par les mains que le caractère de ce monstre se révélait tout entier. Quoique tout jeune, il avait la main sèche et rugueuse de Dumollard, c'était une main forte, décharnée, large, dont le pouce montait jusqu'à la phalange supérieure des autres doigts. L'écartement considérable qui existait entre le pouce et le doigt indicateur donnait à sa main scélérate quelque chose d'atrocement difforme; elle ressemblait à la serre d'un vautour, elle faisait aussi songer à la pieuvre. »

 Remarquable sang-froid pendant les débats, mais lachetée soutenue après la condamnation. »

 L'affaire Troppmann : le crime du siècle ?

  Nous revenons sur des faits divers qui ont marqué Roubaix. Le premier remonte à 1869. C'est l'affaire Troppmann, le massacre de toute une famille roubaisienne.

  Le lundi 20 ou peut-être le mardi 21 septembre 1869, un journaliste de la rédaction du Petit Journal tape fébrilement sur sa machine à écrire : « Lundi matin, à 5 heures, un sieur Langlois, cultivateur, se rendait avec ses outils de travail sur sa propriété voisine de Pantin, à l'endroit dit le Chemin-Vert... » Son patron, Alphonse Millaud, a flairé le bon coup. Se doute-t-il que le crime de Pantin va faire exploser ses ventes durant des semaines ? Le journaliste poursuit son récit détaillé : « Arrivé sur la lisière d'un champ ensemencé de luzerne, il remarque tout à coup une mare de sang. Tremblant, ému, sous le coup d'un sinistre pressentiment, il écarte la terre avec un de ses outils ; il met au jour un foulard. Il fouille encore et bientôt il se trouve en présence du cadavre d'une femme, vêtue encore d'une robe de soie. »
Six cadavres
Selon le récit du Petit Journal, le cultivateur découvre encore la tête meurtrie d'un enfant avant de repartir à toutes jambes à Pantin pour donner l'alarme. C'est le début de ce qui est considéré comme le crime du siècle dans la France du Second Empire. Rarement fait divers aura autant mérité l'expression « défrayer la chronique ». Le crime de Pantin va donner lieu dans tous les journaux à un feuilleton quotidien. Au Petit Journal, c'est sous le pseudonyme de Thomas Grimm que toutes les grandes plumes de la rédaction raconteront l'affaire.
Le 20 septembre 1869 donc, on déterre six cadavres : une femme enceinte d'une trentaine d'années, quatre garçons et une petite fille. Tous ont été massacrés, poignardés, égorgés, frappés à coups de pioche. La femme a été éventrée. L'horreur absolue.
On identifie les victimes. Toutes appartiennent à la famille Kinck, originaire de Roubaix : Hortense, la mère, Émile, 13 ans, Henri, 10 ans, Achille, 8 ans, Alfred, 6 ans, et Marie, 2 ans. « Alors qu'il était permis d'espérer que rien ne pourrait augmenter l'horreur de l'épouvantable forfait, écrit encore Thomas Grimm le 24 septembre, la justice a acquis la certitude que les meurtriers sont le père et le fils aîné. » En fait, les enquêteurs disposent d'assez peu d'éléments. Ils savent qu'Hortense Kinck, née Rousselle, et ses cinq plus jeunes enfants sont arrivés la veille de la découverte des corps par le train dans un hôtel où leur aurait donné rendez-vous le père de famille, Jean Kinck. Or celui-ci et son fils Gustave sont introuvables.
Le 25 septembre, le Petit Journal annonce l'arrestation des deux hommes au Havre. « Cette nouvelle mérite confirmation. Je ne la reproduis que pour ne rien négliger », nuance Thomas Grimm. Précaution utile. En fait, le gendarme Ferrand a arrêté un homme qui, pour ne pas avoir à présenter ses papiers, s'est jeté à l'eau ! Sur lui, on a trouvé des obligations, des lettres de créances et le portefeuille de Jean Kinck. Mais, interrogé par les gendarmes, le jeune homme avoue : il n'est ni Jean Kinck, ni même Gustave. Il s'appelle Jean-Baptiste Troppmann, il n'a pas encore 20 ans. Il reconnaît avoir participé directement au sextuple meurtre, mais accuse Jean et Gustave d'avoir tué le reste de leur famille.
Originaire de Cernay, dans le Haut-Rhin, il partage avec Jean Kinck des origines alsaciennes. Mécanicien, il s'est lié d'amitié avec cet industriel roubaisien lorsqu'il est venu monter une machine à fabriquer des busettes pour filature. Simple ouvrier lui aussi, Kinck avait monté sa propre affaire, près de sa maison au 22 de la rue de l'Alouette. Les affaires étaient prospères...

VictimLe 26 septembre, nouveau rebondissement. Il est encore relaté dans le Petit Journal dont la diffusion ne cesse de grimper, passant de 200 000 à 300 000 puis 500 000 exemplaires par jour. Toujours sous la signature de Thomas Grimm, le reporter affirme être présent à Pantin, parmi une foule de 100 000 curieux venus sur les lieux de la découverte des corps. « Tout à coup, un bruit sinistre arrive à mon oreille. Le fils est retrouvé, disait-on ; et l'on vient d'avertir les autorités. » Dans un champ voisin, on a retrouvé le corps de Gustave Kinck. « Sa poitrine était ouverte et son poignet entouré d'un mouchoir rouge contourné et tordu. »
Empoisonnement
La première version de Troppmann ne tient plus, mais le jeune homme, transféré à Paris, s'enferre dans ses mensonges, parle de complot, de réseau d'espionnage allemand qui préparerait l'invasion de la France. Ses affirmations ébranlent la conviction d'Antoine Claude, le chef de la police de sûreté, qui fera part de ses doutes dans ses Mémoires quelques années plus tard.
Fin novembre pourtant, Troppmann avoue le meurtre de Jean Kinck et désigne l'endroit où sera retrouvé le cadavre, en Alsace, près de Guebwiller - « entre deux chênes plantés en éventail », précise Thomas Grimm, jamais avare de détails.
Le jeune assassin explique avoir attiré Jean Kinck en Alsace. Pour lui faire visiter un bien ou pour une magouille de fausse monnaie ? Les versions varient.
« J'avais dans ma poche un flacon d'acide prussique, raconte-t-il aux policiers. Profitant d'un moment où Jean Kinck ne me voyait pas, je vidais le contenu du flacon dans une bouteille de vin et, arrivé au haut de la côte, j'engageais Jean Kinck à boire. Il le fit et tomba aussitôt foudroyé. » Son mobile ? L'appât du gain. Après le meurtre, il s'empare de deux chèques et de l'argent que le Roubaisien avait sur lui. Trop peu... Il fait croire à Hortense Kinck que son mari s'est blessé à la main et qu'il lui a demandé d'écrire à sa place qu'il a besoin de liquidités. Elle tombe dans le panneau et envoie un mandat de 5 000 francs à la poste de Guebwiller. Mais le receveur, méfiant, refuse de remettre la somme à Troppmann.
Celui-ci demande alors à Gustave de retirer l'argent à Guebwiller puis de le rejoindre à Paris. L'aîné de la famille Kinck se heurte au même refus du receveur et arrive sans argent à Paris. « Je menais Gustave à l'hôtel d'où il a écrit à sa mère pour lui dire de venir à Paris avec ses enfants, poursuit l'assassin dans ses aveux. Je lui dis alors que j'allais le conduire chez son père... Lorsque nous fûmes dans un endroit isolé, au milieu des champs, je portais à mon compagnon un coup dans le dos. » Il le dépouille, l'enterre, et n'a plus qu'à attendre l'arrivée des autres membres de la famille Kinck, devenus des témoins trop gênants, pour les supprimer à leur tour.
Le 19 septembre, il accueille Hortense Kinck et ses cinq enfants. Il les conduit en fiacre jusqu'au Chemin-Vert à Pantin. Il invite la mère et ses deux plus jeunes bambins à le suivre, puis règle le sort des trois autres enfants...
Condamné à la guillotine
Jugé par la cour d'assises de Paris fin décembre, Troppmann revient sur ses aveux et s'invente des complices. Il affirme que toutes les preuves sont réunies dans un portefeuille qu'il a enterré en Alsace mais refuse de livrer des noms. Il est condamné à mort.
Son pourvoi en cassation est rejeté et, dans son édition du 18 janvier 1870, le Petit Journal annonce : « Encore une nuit et sans doute Troppmann aura subi la peine due à ses exécrables forfaits. » L'exécution a effectivement lieu le lendemain sur la place de la Roquette à Paris. Une foule immense y assiste. Le journaliste du Petit Journal tape sur sa machine à écrire les dernières lignes de sa chronique : « La tête du condamné s'engage dans la lunette ; au moment où la demi-lune lui serre le coup, Troppmann fait entendre ce terrible cri coupé que l'on n'entend qu'aux exécutions... car il est immédiatement interrompu par le fatal couperet qui s'abat avec un bruit sourd. Troppmann avait vécu ! » Au plus fort de l'affaire, le Petit Journal qui se vendait au prix de 5 centimes, aurait atteint une diffusion de 650 000 exemplaires.

La Malle Sanglante

A la gare de l'Est, le 18 Avril 1899, un employé de la consigne decouvre une malle sanglante qui bouge. A l'interieur un homme qui a été assommé à coup de tisonnier par sa femme. Arrêtée cette derniere apprenant son mari ressucité sombre dans une folie non dissimilée

Le 18 avril 1899, Jean Delhumeau se réveille à la consigne de la gare de l'Est. C'est un cheminot, alerté par ses gémissements, qui ouvre la malle dans laquelle il est enfermé. Le visage ensanglanté, l'homme raconte sa mésaventure. Au cours d'une de leurs traditionnelles disputes, sa femme l'a assommé à coups de tisonnier. Croyant l'avoir tué, elle l'a enfermé dans cette malle et déposé à la consigne. 

La Voisin

Au 25 rue Beauregard près de la porte St Denis était le domicile de Catherine Veuve Monvoisin que l'on connaitra sous le nom de "La Voisin". Elle fininra au bucher en place de grève le 22 Fevrier 1680.

Elle a été condannnée par la "Chambre Ardente" qui découvrira que de nombreuses personnes sont compromises dont la plus importante est la marquise de Montespan maitresse de Louis XIV

 Le 22 février 1680, une femme est brûlée en place de Grève, face à l'Hôtel de ville de Paris, sous l'accusation de sorcellerie et d'empoisonnement. Née Catherine Deshayes 40 ans plus tôt, elle est connue dans le quartier de Saint-Denis, lieu de tous les trafics, d'après le nom de son mari, la «Voisin».

 Il pourrait s'agir d'un fait divers parmi d'autres. Mais la Voisin, qui s'est enrichie dans la pratique des avortements et le commerce des poisons, a dénoncé avant de mourir nombre de ses clients et clientes, dont certains appartiennent à la haute aristocratie. Madame de Montespan, la maîtresse du roi Louis XIV, est compromise ! C'est le point d'orgue d'une affaire à rebondissements...

Catherine monvoisin la voisin

À l'origine de l'«affaire des Poisons», il y a le 17 juillet 1676 l'exécution d'une autre empoisonneuse - de haut rang celle-là -, la marquise de Brinvilliers (46 ans). Elle débouche sur une multiplication de rumeurs à Paris sur des empoisonnements qui impliqueraient des personnes de haut rang. ( nous en reparlerons dans un autre chapitre)

Gabriel Nicolas de la Reynie, le «lieutenant de police de la ville de Paris», a été chargé par le ministre Louvois de faire toute la lumière sur ces affaires. Dans la plus grande discrétion, il lance ses limiers dans les milieux interlopes de la rue Saint-Denis, où se pratique le commerce des poisons.

 L'enquête est suivie avec la plus grande attention en hauts lieux, car certains affirment que Louis XIV lui-même est menacé...

 Une tireuse de cartes, Marie Bosse, puis une certaine Vigouroux, enfin la fameuse Voisin, tombent dans les rêts de la police et se voient inculpées d'empoisonnement.

  Poisons et messes noires au Grand Siècle

 En avril 1679, l'affaire prenant de l'ampleur et les inculpés se faisant toujours plus nombreux, le roi décide de mettre en place à l'Arsenal une cour extraordinaire de justice qui prendra le nom évocateur de «Chambre ardente» - ainsi nommée car elle siégeait dans une pièce tendue de draps noirs et éclairée par des flambeaux.

 Une véritable hantise gagne la population parisienne, laquelle voit l'œuvre des empoisonneuses dans le moindre décès prématuré. Or, rien n'effraie les empoisonneuses, qui se trouvent au cœur des pratiques les plus sordides de l'époque. On découvre que certaines, comme la Voisin, se rendent complices de «messes noires», au cours desquelles de faux, voire de vrais prêtres, posent un calice sur le ventre d'une femme nue et, au-dessus de celui-ci, sacrifient au diable un nouveau-né !

 C'est dans cette atmosphère pour le moins sulfureuse que travaille la Chambre ardente. Elle siège pendant trois ans, jusqu'en juillet 1682, date à laquelle elle aura au total prononcé 442 jugements, dont 36 condamnations à mort, 23 bannissements et 5 condamnations aux galères.

 La Voisin est exécutée après avoir mis en cause beaucoup de monde. Elle se refuse à livrer le nom de la Montespan mais le nom de la maîtresse royale ressurgit dans la suite des interrogatoires. La fille de la Voisin l'accuse d'avoir participé à une «messe noire».

 Le roi est horrifié d'apprendre que sa maîtresse, alors en défaveur, lui aurait fait absorber des philtres d'amour et aurait aussi manigancé le renvoi de Mlle de La Vallière, voire la mort de Mme de Fontanges et la stérilité de la reine !... Empressé d'en finir, il suspend les interrogatoires et jette lui-même dans la cheminée les papiers qui compromettent son ancienne maîtresse.

 Les principaux accusés non encore condamnés sont mis aux fers dans différentes forteresses, à raison de six par cachot, jusqu'à ce que la mort les délivre.

 L'affaire des Poisons est une série de scandales impliquant des empoisonnements survenus entre 1679 et 1682, sous le règne de Louis XIV, qui secouèrent Paris et la Cour. Plusieurs personnalités éminentes de l’aristocratie furent impliquées, et ces affaires installèrent un climat hystérique de « chasse aux sorcières » et aux empoisonneuses.

 Au début de l’affaire, une cassette avec neuf lettres et des poisons

 En 1672, à la mort naturelle d’un officier de cavalerie et aventurier perclus de dettes, Godin de Sainte Croix, on découvrit lors de l'inventaire après décès dans ses papiers, dans un coffret, neuf lettres de sa maîtresse, la marquise de Brinvilliers ainsi qu’une reconnaissance de dette de la marquise, d’un montant de 30 000 livres et diverses fioles qui, après avoir été analysées par un apothicaire, révèlent avoir contenu divers poisons laissant peu de traces dans l'organisme. Elle a essayé de tuer son père 10 fois avant d'y arriver.

 Dans ses lettres, la marquise reconnaît aussi avoir empoisonné par un mélange d'arsenic et de bave de crapaud son propre père et ses deux frères pour s’approprier leur part d’héritage. Dans la même cassette, la police trouve aussi une procuration du receveur général du clergé,   Pierre Louis Reich de Pennautier, datée du 17 février 1669, autorisant un marchand de Carcassonne à recevoir par l’entremise de Godin de Sainte Croix, de la part de la marquise de Brinvilliers, une somme de 10 000 livres qu’il lui aurait prêtée sous le nom de Paul Sardan.

 Sur le paquet est écrit « papiers pour être rendus à M. de Penautier, receveur général du clergé, et je supplie très humblement de bien vouloir les lui rendre en cas de mort, n’étant d’aucune conséquence qu’à lui seul ». Un dernier document, une quittance signée de Cusson, le marchand de Carcassonne prouve que la marquise de Brinvilliers a remboursé deux mille livres à Cusson le 30 novembre 1669.

 Les créanciers de Godin de Sainte-Croix s'adressent au Procureur du Roi pour réclamer leurs dus, les hautes sphères de l'État s'intéressent dès le début à cette affaire puisque Colbert est un proche de Pennautier.

 La fuite en Angleterre et les efforts de Colbert pour que l’enquête avance

  Une fois la cassette découverte, la marquise de Brinvilliers est citée à comparaître devant la justice le 22 août 1672, mais se réfugie à Londres. Dès le 3 décembre 1672, Colbert tente d’obtenir le retour en France de la marquise de Brinvilliers mais sans provoquer d’incident diplomatique avec l’Angleterre. Il écrit ainsi à l’ambassadeur de France à Londres pour tenter d’obtenir l’extradition de la marquise de Brinvilliers, en indiquant « Si le roi d’Angleterre voulait bien la faire arrêter, la faire mettre aussitôt en un bâtiment et l’envoyer promptement à  Calais, cela serait fait et exécuté auparavant que personne en eût connaissance ». Elle se réfugie alors à Valenciennes, en Hollande puis à Liège, dans un couvent.

 La Chaussée, valet de Godin de Sainte Croix, est lui arrêté dès le 4 septembre 1672. Jugé en février 1673 il est condamné à être rompu vif fin mars, car il est considéré comme le complice de la marquise de Brinvilliers, ayant servi d'abord son frère. Il est également suspecté d'avoir voulu empoisonner le Roi à l'instigation de Godin de Sainte-Croix qui avait cherché à obtenir pour lui une charge d' officier du gobelet avec la caution de Pierre Louis Reich de Pennautier. Enfin après avoir subi la question prealable, La Chaussée a reconnu avoir servi de tueur à gages à de Sainte-Croix.

 Après avoir été jugée par contumace en 1673, la marquise de Brinvilliers est retrouvée dans un couvent à Liege et arrêtée le 25 mars 1676 par la ruse d’un exempt de police déguisé en prêtre, François Desgrez, le plus fin limier du lieutenant-général de police de La Reynie. Lors de son arrestation sont retrouvées dans sa chambre des lettres de confession dans lesquelles elle s'accuse d'homicides, d'avortement, de pyromanie mais aussi d'une enfance dévastée par un viol à l'âge de 7 ans et des actes incestueux de la part d'un de ses frères. Il n'est pas possible pour l'historien de démêler la part de vérité et de fantasme dans ces confessions.

 La marquise de Brinvilliers est extradée, ramenée en France. Elle est soumise à un premier interrogatoire le 17 avril 1676 et écrouée à la Conciergerie le 26 avril 1676, alors qu’elle refuse d’avouer et déclare que ses lettres de confession ont été écrites lors d'un acte de folie. Sa tentative de suicide échoue. Son long procès (29 avril-16 juillet 1676), sa condamnation et son exécution sont rapportés dans la correspondance de Madame de Sevigné (« Cette affaire occupe tout Paris. ») ainsi que dans les Crimes Célèbres d’ Alexandre Dumas.

  Pierre Louis Reich de Pennautier fut emprisonné le 15 juin 1676 à la Conciergerie, après avoir été mis en cause par la marquise de Brinvilliers, qui déclare aux enquêteurs lors de nouveaux interrogatoires: « s’il dégoutte sur moi, il pleuvra sur Penautier ». Ce dernier est alors cité dans une autre affaire d’empoisonnement : Mme Hanivel de Saint Laurens, alias Marie Vosser, veuve de l’ancien receveur du Clergé de France, l’accuse d’avoir empoisonné son mari le 2 mai 1669, pour pouvoir prendre possession de sa charge, ce qu’il fit effectivement le 12 juin 1669. Pennautier fera intervenir de nombreux ecclésiastiques et fut libéré de prison le 27 juillet 1677 après treize mois dans les geôles.

 Le 26 juin 1676, Louis XIV écrit à Colbert : « sur l’affaire de Mme de Brinvilliers, je crois qu’il est important que vous disiez au premier président et au procureur général, de ma part, tout ce que de gens de biens comme eux doivent faire pour déconcerter tous ceux de quelque qualité qu’ils soient qui sont mêlés dans un si vilain commerce »

  Les secrets de Polichinelle

  Dans un second temps, sept ans après les faits et trois ans après l’exécution de la Marquise et de son valet La Chaussée, l’affaire rebondit sur le terrain des messes noires. En 1679, l’enquête révéla qu’une certaine Marie Bosse avait fourni des poisons à certaines épouses de membres du Parlement voulant empoisonner leur mari. Marie Bosse dénonça la femme Montvoisin, dite « la Voisin ».

 Les « révélations » des inculpés portant sur des personnes de qualité, il fut créé un tribunal spécial : la « Chambre ardente ». De grands personnages, surtout des femmes, furent alors cités : Madame de Vivonne (belle-sœur de Madame de Montespan), Madame de la Mothe, Mesdemoiselles des Œillets et Cato (femmes de chambre de Madame de Montespan), la contesse de Soissons, la contesse du Roure, la contesse de Polignac, le marechal du Luxembourg, et d’autres encore.

 Le lieutenant de police La Reynie peina à trouver des preuves autre que des témoignages parfois farfelus. À l’accusation d’empoisonnement s’ajoutèrent d’autres : meurtres d’enfants lors de messes noires dites par des prêtres débauchés (dont Etienne Guibourg), profanations d’hosties ou même fabrication de fausse monnaie.

Ce zèle de la part de La Reynie vient de la lutte entre Louvois, ministre de la Guerre, et Jean Baptiste Colbert, Louvois menant une enquête secrète pour le compte du roi, tandis que certains des nouveaux accusés illustres étaient présentés comme des proches de Colbert, dont l’influence sur le roi avait fortement chuté, après avoir été contestée par les milieux catholiques ou économiques dès 1669. Cette contestation s’était amplifiée après la faillite en 1674 de la Compagnie des Indes occidentales, puis la liaison entre le roi et la Marquise de Maintenon, qui reproche par écrit à Colbert de n’être pas assez attentif à la religion.

 Après l’exécution de sa mère, la fille de la Voisin mit en cause Madame de Montespan, déjà en disgrâce auprès du roi : celle-ci aurait eu des relations avec la Voisin, sans doute pour obtenir des poudres, propres à lui ramener l’amour du roi, et aurait participé à des cérémonies de conjuration. Il n’existe cependant aucune preuve qu’elle ait pris part à des messes noires ou ait organisé l’empoisonnement de ses rivales, telle Marie Angelique de Fontanges, décédée de mort naturelle mais dans des circonstances jugées à l’époque étranges. Madame de Montespan, mère des enfants du roi, resta à la Cour. Malgré les rumeurs concernant son ancienne favorite, le roi continua à la voir chaque jour, lorsqu’il visitait ses enfants.

 La Chambre ardente auditionna 442 accusés, ordonna 367 arrestations et prononça contre des comparses secondaires trente-six condamnations à mort, 23 bannissements du royaume et cinq condamnations aux galères. Elle fut dissoute en 1682 par ordre de Louis XIV, sans qu’aient été jugés les accusateurs de Madame de Montespan, qui furent enfermés dans des forteresses royales, comme la forteresse du Saint-André, à Salins les Bains.

  La Voisin fut brûlée vive en place de Grève le 22 février 1680. Plusieurs condamnées furent enfermées à la citadelle Vauban du Palais à Belle Ile en Mer.

 Épilogue

 Après avoir relu les pièces une à une de tout le dossier de cette « Affaire des Poisons » contenu dans un coffre scellé que Louis XIV détient depuis 1682, le roi français décide que cette affaire reste dans un « éternel oubli » : un arrêt du Conseil du roi daté du 13 Juillet 1709 ordonne de faire brûler les « vingt-neuf gros paquets de divers registres », procès-verbaux et rapports de police. Ceux-ci furent confiés à un valet qui les jeta au feu. Il reste néanmoins des traces écrites de la procédure inquisitoire (copies des actes détenues par le lieutenant de police  La Reynie et par la magistrature de la Chambre ardente) qui ont permis aux historiens de reconstituer précisément cette affaire d'État.

Voisin2

Il est l'heure de dejeuner avec un copieux plat de boeuf bourguignon agrementé d'un Bordeaux ou d'un cote du Rhone.

Les couleurs, les forces et les calories recupérées nous reprenons notre périble vers la rue Aubry le boucher pour apprendre l'histoire de Jacques Liaboeuf

Jacques Liaboeuf

 Liabeuf jjCe jeune ouvrier cordonnier au chômage commet quelques larcins qui lui valent une interdiction de séjour dans sa ville natale. Il s'installe à Paris. En juillet 1909, il est arrêté par deux agents de police qui le font condamner le 14 août, à trois mois de prison et à une nouvelle interdiction de séjour, pour "proxénétisme". Condamné injustement, à sa sortie de prison, il décide de se venger de cet affront sur des agents de police. Le 8 Janvier 1910, armé d'un pistolet et de deux tranchets de cordonnier, protégé par des brassards hérissés de pointes acérées (de sa fabrication), il tue un des policiers, blesse le second à la gorge et en envoie six autres à l'hôpital avant d'être arrêté.
Le socialiste révolutionnaire et antimilitariste Gustave HERVE, prend sa défense dans le journal "La Guerre Sociale", son article "Doit-on le tuer ?" fait scandale et lui vaut d'être condamné le 22 février, dans un procès tumultueux, à 4 ans de prison. Initiée par les anarchistes, l'agitation gagne alors toute la gauche et la condamnation à mort de Liabeuf le 7 mai, est l'objet d'une énorme manifestation.
Son exécution dans la nuit du 1er au 2 juillet se fait dans un climat d'insurrection, un agent est tué et des centaines de manifestants blessés dans les affrontements avec la police. Jusque sous le couperet de la guillotine, Liabeuf n'aura de cesse de crier:"Je ne suis pas un souteneur".

 Jean-Jacques Liabeuf (né le  11 Janvier 1886 à Saint Etienne, guillotiné à Paris le 2 Juillet 1910) est un cordonnier condamné à tort pour proxénétisme, se vengeant alors de cette injustice en tuant et blessant des policiers. Une « fièvre liabouviste » s’empare de la capitale, les anarchistes et une frange du mouvement social y voyant un crime politique, au contraire de l’essentiel de la presse. L'« affaire Dreyfus des ouvriers » est lancée.

 Biographie

 Jean-Jacques Liabeuf est né le 11 janvier 1886, à Saint-Étienne de l'union d'André Louis Liabeuf et de Marie Vignal. Son père meurt alors qu'il n'a que 4 ans, sa mère est donc obligée de l'élever seule, avec son frère. Il est placé comme apprenti chez un armurier dès sa quatorzième année, il n'y reste que six mois, puis entame une formation de cordonnier. A Saint-Étienne, il commet quelques chapardages pendant sa jeunesse, ce qui lui vaut plusieurs condamnations : le 26 février 1907, il est notamment emprisonné quatre mois pour vol. Le 7 juin de la même année, pour vol de plomb, il est de nouveau condamné à trois mois et un jour. Une dernière peine l'envoie encore derrière les barreaux tout en lui interdisant le séjour à Saint-Étienne pendant cinq ans. À sa sortie, il est envoyé dans les bataillons d'Afrique.

 Son service militaire terminé, il vient vivre à Paris où il devient ouvrier cordonnier, et rencontre Alexandrine Pigeon dont il tombe amoureux : une prostituée sous la coupe du proxénète Gaston qui est également un indicateur de la police. En compagnie de la fille Pigeon, il est arrêté le 31 juillet 1909 par les deux agents de la police des mœurs Maugras et Vors qui le soupçonnent d'exercice du métier de souteneur. Le 14 août, il est jugé sans que son défenseur n'est présent (il déjeunait en ville et s'était fait excuser par pneumatique) et il est condamné à trois mois de prison, 100 francs d'amende et cinq ans d'interdiction de séjour pour « vagabondage spécial » ( proxenetisme). A l'expiration de sa peine il ne quitte pas Paris, comme cela lui est imposé. Arrêté une nouvelle fois par la police pour non-respect de cette peine, il est condamné le 16 novembre 1909 àun mois de prison.

 À sa libération, s'estimant victime d'une injustice, Liabeuf décide de se venger sur les agents de police qui l'ont fait doublement condamner. Le 8 janvier 1910, alors qu'il projette deLiabeuf3 mettre à exécution son projet, il déambule à leur recherche dans le quartier Saint-Merri, non loin des Halles de Paris, armé d'un revolver et de deux tranchets de cordonnier, protégé par des brassards hérissés de pointes acérées (de sa fabrication, armes inspirées par des lectures de faits divers anglais). À la sortie d'un débit de boisson rue Aubry le Boucher, il est cependant appréhendé par une patrouille de police. Il tue l'un de ces policiers, l'agent Deray, et en blesse un second à la gorge. Trois autres écopent de blessures superficielles. Lui-même atteint d'un coup de sabre par un agent, il est conduit à l'hôpital de l'Hôtel-Dieu, en état d'arrestation.

 Le socialiste insurrectionnel et antimilitariste Gustave Herve prend sa défense dans le journal La Guerre Sociale . Son article « L'exemple de l'apache » fait scandale, notamment pour sa phrase : " je trouve que dans ce siècle d'aveulis et d'avachis [Liabeuf] a donné une belle leçon d'énergie et de courage à la foule des honnêtes gens ; à nous-mêmes, révolutionnaires, il a donné un bel exemple". Ce texte vaut à son auteur d'être condamné le 23 février, au terme d'un procès tumultueux, à 4 ans de prison et 1 000 francs d'amende. Initiée par les socialistes révolutionnaires de la Guerre Sociale, l'agitation provoquée par cet article et le procès de Gustave Hervé gagne toute la gauche et le courant anarchiste. L'« affaire Dreyfus des ouvriers » est lancée selon le journaliste Frédéric Lavignette.

 Liabeuf guerre

De son côté, Liabeuf est condamné à mort le 4 mai, et son exécution, le 1er juillet 1910, boulevard Arago, au pied d'un des murs de la prison de la Santé, fait l'objet d'une énorme manifestation. Son exécution dans la nuit du 30 juin au 1er juillet se déroule dans un climat d'insurrection (manifestation de 10 000 personnes), un agent est blessé, tout comme des centaines de manifestants, dans les affrontements entre la police et les défenseurs de Liabeuf . Jusque sous le couperet de la guillotine, le condamné ne cessera de clamer qu'il n'a jamais été un souteneur.

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Le Barbier

Dans l'ile de la Cite Rue Chamoinesse est également connue à cause d’un fait divers macabre survenu  au Moyen-Age.

En 1387,Au 18 et 20 rue Chanoinesse se trouvaient au 14ème siècle deux maisons, occupées l’une par un barbier, l’autre par un pâtissier fort renommé.
Dans le voisinage,  les chanoines logeaient dans leur résidence des étudiants étrangers.
Le pâtissier était  réputé, il faisait les meilleurs pâtés de Paris, dont se régalaient les chanoines et les habitants du quartier.

Assez fréquemment, des étudiants disparaissaient… Cela n’inquiéta pas plus que ça les habitants, qui les crurent victimes des rôdeurs et détrousseurs qui écumaient l’île à cette époque.

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Ce furent les aboiements d’un chien, resté plusieurs jours et plusieurs nuits à hurler à la mort devant la maison du barbier dont son maître, un étudiant venu d’Allemagne, n’était pas ressorti, qui donnèrent l’éveil et firent découvrir les procédés criminels de ces deux commerçants.

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Pressé de questions le barbier finit par avouer  :  il égorgeait  des jeunes gens puis, par une trappe, basculait les corps dans sa cave qui communiquait avec celle du pâtissier  a qui ils les vendaient et celui ci qui « transformait » les cadavres. »Malheureusement pour les gastronomes, car les pâtés avaient, paraît-il, un goût délicieux.

Plusieurs personnes moururent de chagrin d’avoir mangé de ces pâtés.

Pendant plus d’un siècle, la place resta vide, par superstition. Le lieu maudit est actuellement occupé par le garage des gardiens de la paix motocyclistes. Au fond de leur garage, en bas, se trouve la « pierre du boucher », sur laquelle les corps étaient découpés en chair à pâtés.

Les deux complices furent condamnés à mort, ils furent brûlés chacun dans une cage de fer, leurs deux maisons furent rasées.
Pour la petite histoire, Tim Burton s’est inspiré de cette histoire pour son film « Sweeney Todd »; l’histoire d’un barbier londonien du XIXe siècle qui, par cruauté, folie et cupidité, tranche la gorge de ses clients et se débarrasse de leurs cadavres avec la complicité de sa maîtresse, Mrs Lovett, qui les farcit en friands à la viande qu’elle vend dans sa boutique.

 

 

 

La Brinvilliers

Rue Charles V dans le marais au 12 se trouve l'hotel d'Aubray ou reside la marquise de Brinvilliers

 Charmante, gracieuse, jolie et avec de grands yeux bleus, telle fut la jeune Marquise de Brinvilliers selon ces contemporains. Derrière ce portrait idyllique se cacha l'une des plus terribles et mystérieuses femmes de notre histoire.

  Née le 2 juillet 1630, Marie Madeleine d'Aubray, marquise de Brinvilliers, fille d'Antonin Dreux d'Aubray, conseiller d'état reçut si l'on peut dire une bonne éducation. Selon ses propres déclarations, dés l'âge de cinq ans, le vice l'habitait, elle perdit sa virginité à l'âge de sept ans et par la suite se livra à ses jeunes frères.

 A l'âge de vingt-et-un an, elle épousa un jeune maître de camp du régiment de Normandie, Antoine Gobelin, honnête homme issu d'une riche famille mais le démon du jeu le dévorait. Très vite, la Marquise s'attacha à Gaudin de Sainte Croix, un officier de cavalerie que lui avait présenté son mari, un couple à trois naquit. Le père de la Marquise au courant de cette affaire obtint grâce à ses relations, une lettre de cachet permettant de jeter à la Bastille, l'amant de sa fille. Il fut emprisonné six semaines, un court séjour peut être, mais ce fut l'un des facteurs déclenchant de l'un plus formidables procès du siècle des lumières. Sainte Croix fit la connaissance en ces cachots humides, d'un certain Exili, détenteur du terrible secret de l'art de l'empoisonnement. Cependant, le jeune officier avait déjà été formé à cette science par le célèbre chimiste Suisse, Christophe Glaser, établi au faubourg Saint Germain.

 C'est ainsi que la jeune marquise fut initiée aux poisons par son étrange amant. Blessée dans son orgueil, la vengeance naquit en son coeur, l'objet de cette haine fut son père, responsable de son malheur. Un plan diabolique germa, elle utilisa dans un premier temps son art du poison à la faveur de la nuit dans les hôpitaux ; les malades dont elle s'approchait ne tardaient pas à succomber en d'horribles souffrances. Devant l'impuissance de la science à diagnostiquer les traces du poison, son père devint son prochain objectif. Le 13 juin 1666, retiré en ses terres d'Offémont, le père de la jeune Marquise souffrait déjà depuis plusieurs mois de maux étranges.

 Priant sa fille de venir le rejoindre, le malheureux fut pris d'affreux vomissement qui continuèrent jusqu'à sa mort, laquelle eut lieu à Paris où il s'était fait transporter pour recevoir les soins des meilleures médecins. Il mourut le 10 septembre à 66 ans.

 Antoine Dreux d'Aubray, Lieutenant Civil père de la marquise de Brinvilliers.

 Au cours de son procès, la Marquise avoua qu'elle avait empoisonnée son père 28 fois ou trente fois, soit elle même ou grâce à son laquais, un dénommé Gascon qui était au service de son amant.

 "Les plus grands crimes, sont une bagatelle en comparaison d'être huit mois à tuer son père." Mme de Sévigné.

  Cet obstacle franchit, la marquise eut plusieurs amants à la fois, la débauche et le vice grouillaient en elle. L'héritage de feu son père ne tarda pas à fondre comme neige au soleil, La Brinvilliers s'en prit à ses deux frères qui furent empoisonnés par son laquais du nom de La Chaussée en 1670. Lors de l'autopsie, des traces suspectes furent décelées mais l'affaire en resta là. La cadence infernale redoubla, elle tenta d'empoisonner sa propre fille qu'elle trouvait idiote et son mari qui faillit subir la morsure du terrible breuvage. Tour à tour empoisonné par l'épouse, désempoisonné par l'amant, son mari parvint par survivre. La Brinvilliers, nous dit son confesseur, donna à son mari de l'arsenic en quantité si infime que l'on crut qu'il souffrait d'une fluxion dans les jambes ; et elle ajouta qu'il ne fallait pas donner trop à la fois, afin que l'on ne s'aperçut pas que cela fit de l'effet et que cela soit trop précipité . Son amant, las d'une maîtresse aussi dangereuse, sa perte d'ailleurs était peut être décidée car la marquise tenait à récupérer deux reconnaissances de dettes qu'elle avait remise à ce maître chanteur, ce dernier enferma en un coffret les reconnaissances de dettes, les lettres d'amour de la marquise qui aurait pu lui servir, plusieurs fioles de poison et cette lettre accusatrice. Je supplie humblement ceux ou celles entre les mains de qui tombe cette cassette de me faire la grâce de vouloir la rendre entre mains propres à Mme la marquise de Brinvilliers, demeurant rue Neuve Saint Paul, attendu que tout ce qu'elle contient la regarde et appartient à elle seule, et que, d'ailleurs, il n'y a rien d'aucune utilité à personne au monde, son intérêt à part ; et, en cas qu'elle fût plus tôt morte que moi, de la brûler, et tout ce qu'il y a dedans, sans rien ouvrir ni innover.

 La terrible faucheuse en décida autrement, dans son laboratoire de l'impasse rue Maubert, Sainte croix fut victime d'une mystérieuse expérience alchimique. Les scellés furent aussitôt apposés chez lui, la police découvrit la cassette et l'étrange lettre. Les 8 et 11 août 1672, la marquise de Brinvilliers usa de tous les moyens pour étouffer l'affaire, essayant même de corrompre le commissaire, mais le destin en décida autrement. Les fioles furent testées sur des animaux qui moururent aussitôt.

 Se voyant soupçonnée, Mme de Brinvilliers s'isola en sa maison de campagne mais ce ne fut pas le cas de son valet, la Chaussée qui sous prétexte que Sainte-Croix lui devait deux cents pistoles avait manifesté son opposition à l'ouverture du coffret. Arrêté, La chaussée fut convaincu d'empoisonnement et soumis à la torture, il fut condamné à mort le 24 mars 1673. La marquise réfugiée à Londres fut condamnée par contumace, une course poursuite sous la direction de Nicolas de la Reynie, lieutenant de police s'engagea. Sous l'impulsion du Roi Louis XIV, un mandat d'arrêt fut lancé contre elle. La marquise réussit a rejoindre les Pays Bas, la Picardie et trouva enfin un refuge dans un couvent. Le 16 mars, on la fit enlever pour la traduire en justice. Malgré plusieurs tentatives de suicide, elle fut écrouée à la conciergerie, le procès se déroula du 29 avril au 16 juillet 1676 occupant vingt deux audiences présidées par Lamoignon. Son silence fut sa seule défense, elle nia tout en bloc, une action qui ne cessa pas d'être un sujet d'étonnement pour ses juges.

 Maître Nivelle, chargé de sa défense s'en acquitta d'une manière remarquable, il plaida la calomnie et le manque de preuves. L'abbé Edmond Pirot, théologien fut désigné par le président Lamoignon d'assister La Brinvilliers afin d'obtenir les renseignements que la justice n'avait pu obtenir du fait du silence de la marquise. L'abbé Pirot raconta d'une manière précise la dernière journée de la Marquise, oeuvre qui d'ailleurs fut publiée en deux volumes. Au contact de cet homme d'Eglise, la Brinvilliers faiblit et se confia ouvertement. Au fil des paroles, Pirot dira qu'il était en face d'une sainte et qu'il aurait souhaité être à la place de la marquise.

 Demain sera une journée de grande fatigue dira t'elle, au cours des jours qui précédèrent son supplice, elle manifesta une grande piété. Le 16 juillet l'arrêt fut prononcé, La Brinvilliers a la lecture du verdict si terrible, en exigea une seconde lecture, pensant éviter la torture elle dénonça ses complices : Sainte Croix et La Chaussée. Elle fut soumise a la question ordinaire et extraordinaire, qu'elle subit d'une façon des plus stoïque.

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  Le 17 juillet 1676, est exécutée à Paris, en place de Grève, la marquise de Brinvilliers (46 ans).

  Eu égard à sa condition de noble, elle est simplement décapitée après avoir subi la question préalable et fait amende honorable devant Notre-Dame. Après quoi, le bourreau jette son corps dans un bûcher et ses cendres sont dispersées au vent.

 Elle monta dans le petit tombereau des condamnés à mort en compagnie de son confesseur. Guillaume le bourreau lui banda les yeux : Mme de Brinvilliers tendit la tête fort droite. Le bourreau la lui avala d'un seul coup qui trancha si net qu'elle fut un moment sur le tronc sans tomber.

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 Enfin cela est fait écrivit Mme de Sévigné, La Brinvilliers est en l'air : son pauvre petit corps a été jeté, après l'exécution, dans un fort grand feu, et ses cendres au vent ; de sorte que nous la respirons.

 Au petit matin, les bourreaux jetèrent les cendres dans la Seine tandis que la foule s'emparait de quelques os...

 Le supplice se déroule devant une foule nombreuse, qui mêle le peuple à des personnes de haute condition, parmi lesquelles le peinte officiel de la Cour du Roi-Soleil, Charles Le Brun, auquel on doit le seul portrait de la condamnée, mais également Olympe Mancini, ancienne dulcinée de Louis XIV, veuve du comte de Soissons et un temps soupçonnée d'avoir empoisonné son mari.

 Les compléments d'enquête liés à ce fait divers peu commun vont entraîner les enquêteurs sur un réseau d'empoisonneurs impliquant des personnes proches du roi. Il va en résulter l'affaire la plus célèbre du siècle, l'"affaire des Poisons". cité un peu plus haut avec l'histoire "La Voisin"


 

Costumée en marquise et accompagnée d'un choeur de femmes et d'hommes en costumes de la même époque, Marie Paule BELLE interprète au clavecin "la Brinvilliers". La chanson se termine alors qu'un bourreau en cagoule vient décapiter son personnage.

Projet
Les paroles de cette chanson              

  Une affaire lourde de conséquences ( petit rappel)

 Fille de Dreux d'Aubray, lieutenant civil du Châtelet, Marie-Madeleine appartient à la grande artistocratie.

 À la mort de son amant, le chevalier de Sainte-Croix, en 1672, la police découvre chez lui des documents troublants qui l'orientent vers la marquise. Sans attendre d'être arrêtée, celle-ci s'enfuit à Londres puis à Liège. Mauvaise pioche. Les troupes de Louis XIV ayant occupé la ville, le ministre Louvois en profite pour la faire enlever dans le couvent où elle s'était réfugiée.

 Dans une confession écrite de la marquise, les enquêteurs apprennent que celle-ci a été violée à 6 ans par un domestique puis a entretenu des rapports sexuels avec son frère à partir de 10 ans ! À 21 ans, elle est mariée au marquis de Brinvilliers, riche et libertin, qui ne fait rien pour retenir Marie-Madeleine auprès de lui et dilapide sa fortune ainsi que la dot de sa femme. Elle aura 6 enfants dont trois tout au plus de son mari.

 La belle marquise s'étant amourachée d'un séduisant et redoutable fripon, le chevalier de Sainte-Croix, son père s'en indigne et fait incarcérer l'amant à la Bastille. Mauvaise idée : ledit amant s'initie aux secrets des poisons et de l'alchimie auprès d'un détenu italien, Eggidi. Sitôt libre, il décide de mettre en pratique son savoir pour arrondir sa fortune et se venger en premier lieu de Dreux d'Albray.

 Sur ses instances, Marie-Madeleine feint donc de soigner son père tout en lui versant à petites doses de la «poudre de succession», surnom bien mérité du poison. Le père mort, la marquise s'enhardit. Elle élimine aussi ses deux frères de façon à récupérer la totalité de l'héritage paternel. On la soupçonnera aussi d'avoir envisagé d'empoisonner son amant ainsi que l'une de ses soeurs et sa propre fille !

 Avant de mourir, au cours d'un ultime interrogatoire face au procureur général du Parlement de Paris, la marquise aurait selon ce dernier affirmé qu'«il y avait beaucoup de personnes engagées dans ce misérable commerce de poison, et des personnes de condition». La condamnée à mort se retient de citer des noms, mais cela suffit à piquer la justice au vif.

 Plus tard, certains enquêteurs se souviendront d'avoir vu des personnes de qualité sur le trajet de la condamnée vers le lieu de son supplice... Parmi eux, Gabriel Nicolas de la Reynie, le «lieutenant de police de la ville de Paris» (qui a succédé à Dreux d'Albray à la tête de la police parisienne !).

 Il est chargé par le ministre Louvois de faire toute la lumière sur les affaires d'empoisonnement qui se multiplient. Dans la plus grande discrétion, il lance ses limiers dans les milieux interlopes de la rue Saint-Denis, où se pratique le commerce des poisons. Ses découvertes vont déstabiliser la Cour et le roi...

 

Une  autre petite chanson sur la Brinvilliers

Nous repartons par la rue du Musc et rejoignons la Bastille pour reprendre le metro, rassasiés pour aujourd'hui de ses " Beaux crimes"

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Preliminaire de la 1ere Revolution de 1848

Samedi  14/09/2013

La saison 2013-2014 commence Robert nous retrace dans Paris les préliminaires de la Revolution de 1848

La journée est humide avec de lapluie plus ou moins forte toute la journée, la SNCF toujours facétieuse pour contribuer à sa manière aux journées du Patrimone à décidée de nous faire voir du pays en interrompant les trafic entre Sarcelles et Paris avec transfert en Bus et RER.

Grosse participation pour une reprise avec une nouvelle adhérente que nous sommes heureux d'acceuillir.

Notre thème démarre à Chateau Rouge ou s'est déroulé le premier Banquet de l'opposition à Louis Philippe.

Avant de vous parlez de la marche vers la révolution de 1848 une chronologie des faits et un petit historique

Chronologie de la France sous la Monarchie de Juillet (1830-1848)

1830

  • 9 août : Constatant la vacance du trône (Hésitation de 1830), les Chambres proclament Louis-Philippe Ier roi des Français (et non plus roi de France).
  • 2 novembre : formation du ministère Laffitte, chef des libéraux du « Mouvement (Monarchie de Juillet) ».

1831

  • 13 mars : Déconsidéré par les émeutes, Laffitte démissionne et est remplacé par Casimir Perier, chef des conservateurs.

1832

  • Grande épidémie de choléra.
  • 16 mai : Casimir Perier meurt du choléra lors de l'épidémie qui ravage Paris durant mars-avril. Louis-Philippe assume lui-même la direction du gouvernement jusqu'en octobre.
  • 5-6 juin : insurrection républicaine à Paris, 800 morts.
  • 12 octobre : formation du ministère Soult et début d'une instabilité gouvernementale.

1833

  • 28 juin : Loi Guizot imposant la construction d'une école publique élémentaire à chaque commune, et instituant des écoles normales dans chaque département.
  • Dissolution de la principale association républicaine, la société des droits de l'homme qui n'aboutira qu'à sa transformation en société secrète.

1834

  • Soulèvements républicains à Lyon et à Paris.
  • 13 avril : Répression de la Révolte des Canuts à Lyon

1835

  • 26 février : ordonnance de Guizot instituant les inspecteurs de l'école primaire.
  • 28 juillet : attentat de Fieschi -républicain Corse- contre Louis-Philippe.
  • Septembre : lois répressives contre l’opposition républicaine.
  • Loi sur les chemins de fer

1836

30 octobre : Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de l'ex-empereur Napoléon Ier, tente de soulever la garnison de Strasbourg.

1839

  • 2 mars : élections législatives après la dissolution de la Chambre des Députés.
  • 12 mai : émeutes à Paris. Formation du ministère Soult, après deux mois de crise gouvernementale.

1840

  • 1er mars : Thiers forme un gouvernement composé d'hommes de gauche.
  • 6 août : nouvelle tentative de Louis-Napoléon Bonaparte à Boulogne. Il est emprisonné au fort de Ham.
  • 15 octobre : nouvelle tentative d'attentat contre Louis-Philippe.
  • 20 octobre : démission de Thiers, suite à un désaccord avec le roi sur la politique étrangère.
  • 29 octobre : formation du ministère conservateur Soult-Guizot.

1842

  • 9 juillet : élections législatives. Le ministère Soult-Guizot obtient une courte majorité.

1843

  • 2 mai : inauguration de la ligne de chemin de fer Paris-Orléans, Paris-Rouen
  • Marx a Paris

1846

  • 25 mai : Louis-Napoléon Bonaparte s'évade du fort de Ham.
  • 1er août : élections législatives donnant la majorité absolue au centre conservateur au pouvoir.
  • Octobre : terrible inondation de la Loire.

1847

  • 9 juillet-25 décembre : campagne des banquets d'avant session parlementaire. La gauche réformiste milite pour une réforme de la loi électorale censitaire. Suite à l'interdiction des réunions politiques, les opposants se rencontrent et s'organisent lors de banquets.
  • 28 décembre : le discours royal d'ouverture de session parlementaire et l'affirmation du refus de réforme relance la Campagne des banquets
  • (chemin de fer du Centre jusqu'à Bourges)

1848

  • 22-24 février : révolution de 1848, à Paris à la suite de l'interdiction d'un banquet. Abdication de Louis-Philippe Ier en faveur de son petit-fils, le comte de Paris, mais sa légitimité n'est pas reconnue par la Chambre.
  • 25 février : formation d'un gouvernement provisoire et proclamation de la IIe République.

Historique

De la crise économique à l'opposition politique

220px-guizot-francois-2.jpg  François Guizot est, en 1848, à la tête du gouvernement depuis huit ans, un record sous la Monarchie de Juillet.

Le milieu des années 1840 est marqué en France par une forte crise économique. La crise est tout d'abord alimentaire : les mauvaises récoltes de 1845 et 1846, ainsi que la déficience des moyens de transport pour acheminer des secours donnent lieu à une hausse des prix alimentaires, avec son cortège de misère et d’émeutes (comme celles de Buzançais en 1847, qui se soldent par trois condamnations à mort). En 1847, les prix sont au double de ce qu'ils étaient deux ans plus tôt. La crise est symbole de l'évolution de la France, car s'il s'agit de la dernière crise de subsistances de cette ampleur en France, c'est aussi l'une des premières crises capitalistes de surproduction touchant le pays. La bonne récolte de 1847 fait en effet baisser les prix, ce qui gêne les producteurs, qui ont du mal à écouler leur marchandise. L' exode rural s'amplifie. De plus, le monde rural (75 % de la population) réduit sa consommation de produits artisanaux et industriels. Une crise économique secoue ce dernier secteur, qui s'est fortement développé depuis 1840.

Le monde rural n'est pas le seul touché : la crise économique accentuée par la concurrence et la spéculation, mais aussi la crise monétaire conduisent des entreprises à la faillite, principalement en ce qui concerne la métallurgie et la construction ferroviaire, mettant à la fin de 1847 près de 700 000 ouvriers au chômage. Dans les villes, les boulangers sont victimes de vols, et des tensions apparaissent autour des marchés. Les notables multiplient les initiatives caritatives pour calmer ces mouvements. La natalité baisse, la mortalité remonte tandis qu'apparaît un sentiment de peur sociale, renforçant la défiance à l'égard du régime.

Le régime de Louis Philippe est en effet de plus en plus discuté et victime de scandales. Plusieurs affaires touchant des notables locaux causent du tort à la petite bourgeoisie, qui perd en crédibilité et en légitimité. Plusieurs pairs de France et ex-ministres sont également touchés par des affaires de corruption et de meurtres, tels que l'affaire Teste-Cubieres et le suicide du duc de Choiseul- Praslin après le meurtre de son épouse.

Le débat concernant la réforme électorale est alors l'une des grandes questions occupant les élites du pays. Une première tentative avait subi un échec en 1840, neutralisant un temps le mouvement en sa faveur. La question revient cependant peu à peu sur le devant de la scène. Le suffrage est en effet censitaire, donnant une place prépondérante à la bourgeoisie favorable au chef du gouvernement depuis 1840, François Guizot, du parti de l'Ordre. Ainsi, les élections législatives de 1846 donnent une majorité absolue à Guizot, parmi un corps de 240 000 votants. Deux demandes principales sont émises par les réformistes : ils souhaitent d'une part un abaissement du cens (alors élevé à 200 francs pour être électeur, et 500 pour être élu) ainsi qu'un élargissement des capacités (catégories sociales ayant automatiquement accès au suffrage) ; et d'autre part l'interdiction du cumul entre les fonctions de fonctionnaire et d'élu. La proposition d'abaissement du cens à 100 francs, émise en 1847 par Prosper Duvergier de Hauranne, est rejetée par les guizotistes.

 De la mise en place des banquets à la révolution de 1848

 L’opposition de gauche dite « réformiste » se rencontre et s’organise systématiquement lors de ces « banquets » (débutant le 9 juillet 1847 à Paris), qui sont l’occasion, lors de ces discussions politiques, de militer pour une réforme de la loi électorale censitaire par un élargissement du droit de vote.

 Cette campagne de grande ampleur (70 banquets et 17 000 convives de juillet à février dans tout le pays), passionnée, mais tolérée, est interdite le 25 décembre 1847, 3 jours avant la session parlementaire, au cours de laquelle le discours royal d’ouverture (28 décembre) et l’affirmation du refus de réformes relancent la Campagne des Banquets. Une adresse solennelle est adressée au roi. L’interdiction du banquet du 22 février 1848 et les débordements populaires qui suivront déclenchent la révolution de 1848, union populaire et révolutionnaire des démocrates royalistes et des républicains.

 Déroulement des banquets

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 Le banquet du Château-Rouge (9 juillet 1847) ouvre la campagne des banquets.

 L'originalité des banquets réside dans le fait que ceux-ci ne sont pas tous concentrés sur Paris, qui est la capitale centralisée par excellence. En effet les banquets se tiennent un peu partout en France. Le premier banquet se tient à Paris le 9 juillet avec 86 députés et 1 200 convives qui écoutent le discours de Odilon Barrot. Dans les mois qui suivent, environ soixante-dix banquets ont lieu dans toute la France. On compte au total près de 20 000 personnes ayant assisté aux banquets. Le 27 septembre à Orléans, le 7 novembre à Lille, le 21 novembre à Dijon, le 5 décembre à Amiens, le 25 à Rouen, en 1847, sont autant de banquets qui réunissent l'opposition à Guizot et à son gouvernement.

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Odilon Barrot

 Le déroulement des banquets est à peu près le même pour tous. Dans un premier temps un défilé, souvent accompagné d'un orchestre, s'opère dans les rues de la ville, ensuite les convives se livrent à un repas payant, pour finir sur de nombreux discours prononcés. Un banquet peut durer toute la journée. Ces banquets, sous des couverts festifs, ont un réel but politique. Les discours prononcés montrent le caractère réformateur de ces banquets. Les discours en question sont prononcés par des membres politiques influents et souvent partie prenante du parti du mouvement, soutenus le plus souvent par la petite bourgeoisie élue de l'époque.

 Les banquets sont le lieu d'une opposition variée mais unie face au gouvernement de Guizot. De plus on compte parmi les orateurs principaux Odilon Barrot ( orleaniste),  Louis Blanc ( socialiste), Alexandre Martin Albert (socialiste), François Arago (droite libérale), Ledru -Rollin (extrême gauche),Alphonse de Lamartine (centriste), Armand Marrast (orléaniste), Louis-Antoine Garnier-Pagès (extrême gauche), Jacques Pierre Abbatucci (ministre) (divers gauche). À l'origine les banquets sont une manifestation contre Guizot et sa politique; cependant la radicalisation du gouvernement entraîne dans ses banquets une radicalisation tout autre. En effet, dans le premier banquet, on voit la figure de Odilon Barrot, un orléaniste qui souhaite qu'un toast au roi soit porté dans chaque banquet ; or, dans les autres banquets, le discours se radicalise : non seulement la politique de Guizot est remise en cause, mais la légitimité du gouvernement aussi. Ainsi les figures comme Louis Blanc et Marrast dominent les banquets avec des discours républicains et sociaux.

 Postérité

 La campagne des banquets désigne une série d'environ 70 réunions organisées dans toute la  France entre 1847 et 1848 par les réformateurs pour demander un élargissement du corps électoral et s'opposer aux décisions prises par le gouvernement conservateur de François Guizot. Contournant l'interdiction de réunions politiques en prenant la forme de banquets, cette campagne s'étend à tout le pays et défend des idées variables selon les lieux et les dates. Ainsi, si certains banquets sont menés par des représentants de l'« opposition dynastique », comme Odilon Barrot, qui souhaitent une évolution de la monarchie de Juillet, mais pas sa fin, d'autres permettent l'expression des idées républicaines.

 Devant l'ampleur prise par le mouvement, le gouvernement fait preuve de fermeté, refusant d'ouvrir le débat, et fait interdire une de ces réunions, qui devait se tenir à Paris le 22 février 1848. Si les plus modérés prennent alors du recul vis-à-vis de ces initiatives, le mouvement est lancé et des protestations surviennent le jour dit, lançant la révolution de février 1848 qui entraîne la chute de la monarchie de Juillet et le départ du roi Louis Philippe.

Ce modèle de campagne a par la suite inspiré d'autres mouvements politiques, notamment la campagne des banquets russe de 1904, organisée contre le tsar Nicolas II.Pour renforcer les revendications émises par les zemstvos, l'Union pour la Liberté invite en novembre 1904 à organisés des banquets inspirés de ceux de 1847 - 1848, et invitent les élites réformistes à s'y présenter. Comme à la fin de la monarchie de Juillet, les banquets se multiplient en province, et le plus important, qui se tient le 14 décembre, réunit 780 convives pour commémorer l' insurrection décabriste. Cette campagne est l'une des causes de la révolution russe de 1905.

 Les « banquets tête de veau » qui commencent à réapparaître s’inscrivent dans la lignée de la « campagne des banquets » de 1847– 48 qui mit à bas la Monarchie de Juillet et présida à la naissance de la Seconde République ( =république « sociale » !! ).
Dans les années 1847-48 en effet, la Monarchie de Juillet, sous le gouvernement de Guizot devient de plus en plus conservatrice et fermée à toute évolution sociale et politique. L’opposition se développe. Pour museler cette opposition, Guizot qui ne veut faire aucune concession interdit toute réunion politique. Les opposants tournent alors l’interdiction en organisant à l’imitation des radicaux anglais, une campagne de banquets. Banquets qui sont l’occasion de discussions politiques et qui permettent à l’opposition de s’organiser. C’est l’interdiction d’un de ces banquets qui sera la cause directe de la révolution de 1848 qui verra la chute de la Monarchie de Juillet la proclamation de la Seconde République.

 À l’origine, les sans-culottes célébraient la mort de Louis XVI en mangeant une tête de...cochon. Cela semblait plus... « évident » ! Mais les bourgeois de 1847 qui organisaient leur opposition au régime de Louis-Philippe par une campagne de banquets à la manière anglaise, décidèrent d’imiter totalement leurs amis anglais. La tête de cochon fut alors remplacée par une tête de veau...!
C’est une importation anglaise. Pour parodier la cérémonie que les royalistes célébraient le 30 janvier (jour de la décapitation du roi Charles Ier, une autre victime de la démocratie), des Indépendants fondèrent un banquet annuel où l’on mangeait des têtes de veau, et où on buvait du vin rouge dans des crânes de veau en portant des toasts à l’extermination des Stuarts. Après Thermidor, des terroristes organisèrent une confrérie toute pareille... (Gustave Flaubert – L’Éducation Sentimentale) !

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  Les barricades du Cloitre de St Merri ( le 6 Juin 1832)

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L'insurrection se concentre surtout dans le Quartier Saint-Merri. Le Quartier Général est sis dans le Cloître Saint-Merri (qui existe toujours) et la barricade-mère défend l'angle nord-ouest de l'édifice en bouclant le coin de la Rue Saint-Merri et de la Rue Saint-Martin (qui existent toujours et forment aujourd'hui le sud-ouest de la Place Georges POMPIDOU et son affreux Centre d'Art contemporain qui jure si mal avec les maisons voisines). Des barricades sont érigées aux alentours dans le quartier. Il y a un peu moins de 900 insurgés. Paris les a lâché.

 

Vers minuit, un pas cadencé résonne aux environs du Quartier Saint-Merri. Louis-Philippe vient de lancer ses 38ème, 555-ligne.jpg5ème et 66ème Régiments d'Infanterie de Ligne sur l'insurrection. Il s'agit d'abord de tester la résistance des barricades. Dans l'obscurité, un coup de force, ça peut passer. Pas une torche, obscurité totale sous un orage nocturne de début d'été. Les officiers lisent l'Avis d’Éviction demandant aux insurgés de se disperser. Devant le refus manifeste, ils lisent dans la foulée l'Acte d’Émeute, prévenant de l'assaut imminent. Puis, l'infanterie se met en ligne de tir, lâche deux décharges et avance. Les insurgés résistent à ce premier assaut, qui ne vise qu'à éprouver les défenses. Quelques barricades mineures sont enlevées au pas de charge mais les plus grosses tiennent. Le Quartier Saint-Merri ne tombera pas. Cet assaut coût plus cher aux défenseurs qu'aux assaillants. Les insurgés gaspillent de précieuses cartouches, tirées de trop loin, alors que les francs-tireurs de la Ligne abattent beaucoup de défenseurs révélés par leurs tirs. De sorte que dans la nuit du 5 au 6 Juin, bien que les positions restent inchangées, les insurgés ont subi plus de pertes que l'Autorité.

 

 

3100251475-1-7-x57zdupr.jpg Pour la petite histoire

Victor HUGO invente alors un cadre un peu excentré pour son roman. Les Amis de l'ABC érigent une barricade en face d'un de leurs cafés favoris, le Café de Corinthe, Rue de la Chanverrerie (aujourd'hui au numéro 102, Rue Rambuteau) et non Rue Saint-Denis (Victor HUGO cite cette rue car c'était à l'époque un axe important de la capitale, connu de tout le monde) qui est un peu à l'est et par où les soldats arriveront. Enjolras et ses amis tiennent leur quartier général dans le Cabaret Hucheloup, qu'ils transforment en redoute, sis à l'Angle de la Rue de la Verrerie (Rambuteau) et de la Rue Mondétour (au numéro 2) qui sert d’échappatoire car trop étroite pour que la Ligne se risque à attaquer, et surtout trop sinueuse pour qu'elle soit efficacement gardée. La Rue et le Passage Mondétour existent toujours et serpentent dans le Quartier des Halles.

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Gavroche, malgré son jeune âge, prend une part active dans cette révolution qui s'annonce. Il reconnaît alors l'inspecteur Javert, mêlé aux insurgés, à qui il a déjà eu affaire et en averti Enjolras. Se sachant reconnu, Javert ne résiste pas et se retrouve ligoté à un pilier du Cabaret Hucheloup. Enjolras lui annonce qu'il sera fusillé à la minute où la barricade tombera. Gavroche hérite du fusil du policier. Marius est de faction Rue Mondétour. 54 insurgés défendent la barricade.

 

 

 

 

 

Sur la barricade du Café de Corinthe, le 55ème de Ligne ouvre le feu une première fois. Le drapeau rouge chute en dehors du mur. Qui pour le relever ? Un vieil homme se lève, le marguiller Mabeuf, pacifiste réduit à la misère par le régime. Il replace le drapeau et apostrophe la Ligne : "Vive la République !". La deuxième décharge de la Ligne l'abat. Les insurgés l'allonge pieusement sur une table du Cabaret Hucheloup et font de son manteau un étendard qu'ils arborent sur la barricade, causant la fureur de la Ligne qui prend l'habit pour un drapeau noir. L'assaut est donné, furieux, et manque d'emporter la barricade dont 14 défenseurs sont tués. La riposte arrive tardivement, bien qu'efficacement. Les soldats sont déjà en haut du mur, mais ils hésitent un peu trop. Un corps-)-corps sanglant s'engage. Gavroche, pourtant tenu à l'écart par Enjolras, est mis en joue par un soldat, le couche en joue et tire... en vain. Javert n'avait pas chargé sont fusil. De son côté, Courfeyrac (qui tient l'aile gauche) est en passe de perdre un combat face à un sous-officier. Deux coups de pistolet claquent, abattant les adversaires de Gavroche et de Courfeyrac. Marius PONTMERCY vient d'entrer dans la lutte. Mis en joue à son tour, il est sauvé par Éponine THÉNARDIER (déguisée en ouvrier) qui se jette devant le fusil du soldat et reçoit le coup à la place de Marius. PONTMERCY s'empare d'un baril de poudre dans le cabaret et menace de faire sauter la barricade. La Ligne recule, la barricade est sauvée. Jean PROUVAIRE a été fait prisonnier. Les insurgés l'entendent se faire fusiller Rue Saint-Denis.

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Éponine, en mourant dans les bras de Marius, lui dévoile que Cosette lui a écrit et lui donne son adresse. Marius charge alors Gavroche (tentant de fait de l'éloigner de la barricade) de porter une lettre Rue de l'Homme armé (juste au nord du Quartier Saint-Merri...). L'enfant remplit sa mission à moitié. Au numéro 7, il tombe non pas sur Cosette mais sur Jean VALJEAN, récemment au courant de l'aventure de sa fille adoptive. Gavroche remet la lettre au bonhomme et s'en retourne vers la Rue Mondétour, chapardant au passage une charrette pour la barricade, véhicule qu'il sera obligé d'abandonner pour échapper à des Gardes nationaux Rue de la Verrerie. Jean VALJEAN ouvre la lettre de Marius, revêt son uniforme de la Garde nationale (comme tout bourgeois qui se respecte) et se dirige à son tour vers les barricades.

Les obseques du Général Lamarque   220px-general-jean-maximilien-lamarque.jpg

 Le 2 Juin 1832, les obsèques du jeune mathématicien républicain Evariste Galois, tué lors d'un duel, servent de tour de chauffe pour l'opposition, dont les dirigeants attendent les funérailles du général Lamarque, l'une des figures du parti républicain, qui est décédé du choléra et doit être enterré le 5 Juin. Ses funérailles ne manqueront pas d'attirer un vaste concours populaire, situation propice au déclenchement d'une insurrection que les sociétés secrètes républicaines préparent activement.

Le 5 Juin, le convoi funèbre emprunte les grands Boulevards jusqu'au pont d'Austerlitz où, entraîné par les meneurs républicains, drapeau rouge en tête, il se transforme en manifestation, qui dégénère en affrontements avec la troupe envoyée pour rétablir l'ordre. Une partie de la garde nationale fait défection et fraternise avec les insurgés. Les combats, indécis, se prolongent jusqu'au soir

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Les scéances de l'hotel de Ville ou le gouvernement provisoire sera forcé,la défense du drapeau tricolore par Lamartine

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"Voilà ce qu’a vu le soleil d’hier, citoyens ! Et que verrait le soleil d’aujourd’hui ? Il verrait un autre peuple, d’autant plus furieux qu’il a moins d’ennemis à combattre, se défier des mêmes hommes qu’il a élevés hier au-dessus de lui, les contraindre dans leur liberté, les avilir dans leur dignité, les méconnaître dans leur autorité, qui n’est que la votre ; substituer une révolution de vengeance et de supplices à une révolution d’unanimité et de fraternité, et commander à son gouvernement d’arborer, en signe de concorde, l’étendard de combat à mort entre les citoyens d’une même patrie !

Ce drapeau rouge, qu’on a pu élever quelquefois quand le sang coulait comme un épouvantail contre des ennemis, qu’on doit abattre aussitôt après le combat en signification de réconciliation et de paix. J’aimerais mieux le drapeau noir qu’on fait flotter quelquefois dans une ville assiégée, comme un linceul, pour désigner à la bombe les édifices neutres consacrés à l’humanité et dont le boulet et la bombe mêmes des ennemis doivent s’écarter. Voulez-vous donc que le drapeau de votre République soit plus menaçant et plus sinistre que celui d’une ville bombardée ? 

Citoyens, vous pouvez faire violence au gouvernement vous pouvez lui commander de changer le drapeau de la nation et le nom de la France.. Si vous êtes assez mal inspirés pour imposer une république de partis et un pavillon de terreur, le gouvernement est aussi décidé que moi-même à mourir plutôt qu'à se déshonorer en vous obéissant. Quant à moi, jamais ma main ne signera ce décret. Je repousserai jusqu'à la mort ce drapeau de sang et vous devriez le répudier plus que moi : car le drapeau rouge, que vous-mêmes rapportez, n'a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars, traîné dans le sang du peuple en 1791 et 1793, et le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie."

Alphonse de Lamartine (1790-1869), Discours prononcé à l’Hôtel de Ville de Paris le 25 février 1848

Les discussions à l'assemblee nationale et l'echec de la duchesse d'Orleans qui proposait d'être régente avec son fils comme roi.

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Dans l'ile de la Cité le saccage de l'Archeveché en 1831 puis la bastille.

Les plus courageux et résistants à la pluie remonteront jusqu'à Réplublique pour voir comment et ou à été organisé un attentat contre le roi par un corse comploteur du nom de Fieschi

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Giuseppe Fieschi est un conspirateur corse, né à Murano le 13 décembre 1790 et mort le 19 Février 1836. Organisateur d'un attentat à la « machine infernale », le 28 juillet 1835, contre  Louis Philippe et la famille royale, qui manqua son but mais fit dix-huit morts, dont treize tués sur le coup. Il fut condamné à mort et guillotiné avec deux de ses complices.

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Pour tuer le roi, Giuseppe Fieschi, 44 ans, a confectionné une mitrailleuse en alignant 25 canons de fusils.

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Tous au long du parcours nous avons evoqué

  • L'evolution de l'Europe au XIX eme Siecle (insdustrialisation et Révolution)
  • Avec l'expansion du capitalisme,la composition d la population des paysans des des aristocrates
  • La dure vie des ouvriers et le travail des enfants
  • La montée du socialisme et du marxisme
  • Les mouvements ouvriers
  • La charte à l'arrivée de Louis Philippe au pouvoir
  • Les travaux à Paris du préfet Rambuteau
  • L'équipée de la duchesse de Berry
  • L'épidémie de Cholera en 1832
  • Les ateliers nationaux

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Et bien sur les 18 ans de Regne de Louis Philippe, Roi des Français, le roi Bourgeois, soldat avec ses troupes de la révolution française,très riche qui dut affronter 2 tentatives de soulevement ( Duchesse de Berry et Louis Napoleon Bonaparte), des catastrophes ( cholera en 1832 et inondations meurtrieres en 1846) qui a été faire la guerre au Mexique, en Argentine,pris possession de Tahiti et dont les militaires soumirent Abd-el-Kader.lors d'émeutes ou de révoltes echappa 6 fois à des tentatives d'assassinats mais fut balayé par cette révolution de Février 1848,de faible intensité qui va déboucher sur la proclamation de la II eme Republique et la constitution d'un gouvernement provisoire bien décevant qui va se retrouver en Juin 1848 avec une vraie Revolution, mais ceci est une autre histoire qui vous sera conté lors d'une autre Randonnée

 

 

 

 

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Art Nouveau 2eme Partie

Samedi 13 Avril

Suite à la blessure de Claudine, Robert avance sa rando prévue le 25 Mai sur l'art nouveau 2eme partie.

La meteo annonce quelques averses, le restaurant peut accepter les inscriptions de dernieres minutes. Nous aurions du etre 34 mais quelques desistements nous ramenent à 29. Nous démarrons Place des Ternes sous un franc soleil. Quelques rappel de la premiere partie qui c'est déroulé en Novembre 2012 ainsi que des passages d'autres rando illustrant l'art nouveau qui s'appele aussi le style Nouille et correspond à la Belle Epoque (1850-1914)

Parmi les grands noms Hector Guimard, Jules Lavirotte, Sauvage, Sarrazin et le ceramiste Alexandre Bizot, en Espagne Gaudi et en Belgique France Horta.

Nous allons avenue de Wagram  ou se trouve l'hotel Ceramic

Hôtel Céramique  34, avenue Wagram Paris 8e

1facade.jpgImmeuble réalisé en béton armé sur huit niveaux  par Jules Lavirotte, il est entièrement recouvert de grès d’ Alexandre Bigot.

La façade est très mouvementée, sa symétrie est détruite par l’organisation des baies et des saillies.

L’effet de mouvement est provoqué par plusieurs éléments : les lignes fluides des consoles du rez-de-chaussée qui se transforment en ronde-bosse de la saillie de la travée latérale, donnant impression de la croissance.

Un autre élément intéressant : tiges ou lianes surgissent du soubassement du rez-de-chaussée englobant les fenêtres et la porte d’entrée qui poussent vers le premier étage pour y encadrer une fenêtre.

Toute la façade est richement décorée d'éléments en céramique à motifs végétaux, très réalistes.

Les balcons aux troisième, quatrième et sixième étages rythment la façade, celui du troisième reçoit une décoration florale très abondante et une balustrade décorée de motifs végétaux stylisés.1entree.jpg

Le quatrième ne reçoit pas de décoration particulière, sauf la balustrade en fer forgé ornée par des végétaux stylisés.

Le balcon du sixième est supporté par des consoles imposantes, décorées en dessous par des fleurs, la balustrade en fer forgé reçoit également un décor végétal stylisé.

Les sculptures sont de la façade sont de Camille Alaphilippe

En 1905, ce bâtiment reçut une récompense au concours des façades de la ville de Paris..

Classé Monument Historique le 17 juillet 1964: façade sur rue, toiture

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Nous nous dirigeons ensuite vers l'hotel Mercedès rue de Presbourg

 

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Deux projets assez contradictoires ont jalonné l’histoire de cet imposant édifice, connu à son époque sous le nom d’Hôtel Mercédès. La plus ancienne demande de permis, publiée le 19 décembre 1902, concernait un édifice de sept étages, conçu par l’architecte Georges Chedanne pour lui-même. L’autorisation fut accordée dès le 25 février suivant. Pourtant, le 29 novembre 1905, une autre demande émanait de la Compagnie d'assurances générales, pour un immeuble beaucoup plus petit, de seulement quatre étages, et pour la même parcelle. C’est pourtant bien une construction de sept niveaux sur rez-de-chaussée qui fut effectivement construite, à vocation d’hôtel de voyageurs, fonction qu’il a perdu depuis longtemps.
Chedanne est un architecte d’autant plus intéressant qu’il remporta le Prix de Rome en 1887. Une carrière académique était donc d’emblée toute tracée pour lui ; il s’adonna pourtant maintes fois à l’Art Nouveau, s’y révélant généralement comme un créateur de bon aloi, distingué et sobre, sachant parfaitement adapter ses désirs “modernes” à une tradition parfaitement assimilée. C’est ainsi qu’il construisit la nouvelle ambassade de France à Vienne, dans un classicisme teinté de grâces contemporaines, jolie démonstration du savoir-faire et de l’élégance françaises, mais presque inconvenante dans le fief de la Secession autrichienne.


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L’hôtel Mercédès fut construit sur un principe identique, et avec une partie de la même équipe de collaborateurs : entièrement en pierre de taille, il se caractérise par un agencement très sage, parfaitement adapté à la taille impressionnante de l’édifice, qui se développe sur trois rues : l’avenue Kléber, la rue de Presbourg et la rue Lauriston.
Néanmoins, quelques avancées permettent une agréable ondulation des façades, dont l’austérité générale se trouve ainsi judicieusement animée, et de jolies toitures en ombrelles apportent une très divertissante variété aux parties hautes, où l’architecte a concentré l’essentiel de son allégeance au Modern Style. Car les ouvertures n’offrent aucun caractère particulier, tout comme la marquise qui ornait autrefois l’entrée principale, sur la rue de Presbourg, et qu’on peut apercevoir sur quelques cartes postales anciennes. Si les ferronneries des garde-corps appartiennent bien au monde de l’Art Nouveau, elles sont d’une remarquable élégance, originales mais sans être jamais excentriques. Dans les environs de la place de l’Etoile, on ne pouvait pas construire n’importe quoi !

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Grâce à la collaboration de trois sculpteurs, Boutry, Sicard et Gasq - ce dernier ayant régulièrement travaillé pour Chedanne -, l’immeuble propose une décoration sculptée à la fois discrète et plaisamment originale. Discrète, car elle est limitée à l’ornementation de corbeaux et de clés de voûte ; originale, puisque tous ces reliefs sont consacrés au sport automobile et aux conducteurs de ces machines alors très nouvelles. Ainsi pouvons-nous admirer tout l’attirail de lunettes, chapeaux, casquettes et autres écharpes dont les automobilistes devaient s’équiper pour conduire leurs étranges bolides. Ceci nous offre une véritable galerie de portraits savoureux, dont plusieurs de femmes - toujours élégantes malgré leurs tenues contraignantes -, et d’amusantes petites scènes de genre, comme d’autant de petits reportages sur une façon de conduire aujourd’hui évidemment révolue.
Sans doute l’hôtel n’était-il pas destiné à la clientèle encore très peu importante des amateurs d’automobiles. Mais son décor sculpté essayait d’imposer une image moderne, très évocatrice de progrès et, par voie de conséquence, de confort.

Avenue Victor Hugo,

 Son nom vient de Victor Hugo, poète et homme politique Français.

 L'avenue a été dénommée ainsi le 28 févier 1881, lendemain du soixante-dix-neuvième anniversaire de l'écrivain.

 Précédemment, c'était l'avenue d'Eylau, antérieurement, l'avenue de Saint-Cloud et en 1840 la route départementale no 64.

 Historique

 Sa longueur exacte est de 1 825 mètres, et sa largeur de 36 mètres (sa première partie, entre l'Étoile et la place Victor Hugo, est plus large que la seconde, entre les places Victor-Hugo et Tattegrain). Elle est plantée d'arbres et ornée de la statue de Victor Hugo à son carrefour avec l' avenue Henri Martin. Elle traverse la place Victor-Hugo.

 Victor Hugo a vécu les dernières années de sa vie dans un hôtel de l'avenue Victor-Hugo, au numéro 50, aujourd'hui 124. Ainsi lui adressait-on son courrier libellé : « À monsieur Victor Hugo, En son avenue, à Paris ».

 Lysius Salomon, président de la république d'Haiti du 26 octobre 1879 au 10 aout 1888, est mort le  19 octobre 1888 au numéro 3 de cette avenue.

  Cette avenue comporte plusieurs immeubles construits par le célèbre architecte Pierre Humbert.

 no 111 : La galerie Argentine conçue par  Henri Sauvage et Charles Sarrazin en 1904 sur une commande de Mayol de Senillosa. Il s'agit d'une galerie marchande de style art nouveau.

 no 124 : élevé en 1907 à la place de l'hôtel particulier de Victor Hugo par l'architecte Pierre Humbert, la façade de cet édifice comporte le visage de l'écrivain sculpté par Fonquergne et remporta plusieurs prix pour sa magnifique façade.

 no 122 : élevé par Pierre Humbert.

 no 167 : élevé en 1911 par Pierre Humbert, pour sa famille

 Le 20 février 1901, M. Hubert fit publier une demande de permis pour l’immeuble qu’il désirait se faire construire avenue Victor-Hugo. Cet édifice devait être le plus parfait chef-d’œuvre de toute la carrière de Charles Plumet (1861-1928), ouvrage exemplaire de sa période “classique”. De ses précédents essais - et notamment l’immeuble de la rue de Tocqueville, de 1897 -, il conserva, comme une signature, la galerie ouverte des étages supérieurs, l’originalité très élégante du travail de ferronnerie et la façon toujours assez conventionnelle de placer les éléments sculptés.
Mais cette nouvelle façade est parfaitement symétrique, à l’exception de la porte d’entrée, légèrement décentrée. Plumet s’y réfère complètement, et pour la première fois, à l’architecture classique du XVIIIe siècle, dont il reprend les rythmes sobres et la rigueur presque dénuée de fantaisie. Aucune surprise, donc, mais une qualité sans défaut. Pour la partie sculptée, il fit appel à Lucien Schnegg, un des praticiens d’Auguste Rodin, qui orna les dessous de balcons de têtes entourées de végétaux, exactement comme on le faisait déjà à l’époque de Louis XV. Sous les deux grands bow-windows latéraux, ces visages sont des têtes d’hommes austères, ressemblant étrangement à des personnages du Directoire, dont ils adoptent la coiffure caractéristique. Mais le morceau de bravoure du sculpteur reste l’entourage de la porte d’entrée, avec ses deux femmes nues gracieusement allongées, occupées à manger des fruits.
A l’intérieur, la cage d’escalier est un autre morceau de bravoure, imitant celles des grands hôtels particuliers du XVIIIe siècle, avec marbre et rampe en fer forgé travaillée avec virtuosité. Si l’Art Nouveau est malgré tout présent avec force dans ce magnifique travail de ferronnerie, il ne l’est pas moins dans les vitraux, à la fois simples et précieux, limités à des entourages abstraits, dans une gamme colorée très limitée, autour d’un quadrillage de verre blanc.
Le 16 octobre de la même année, Hubert fit une seconde demande de permis pour la même parcelle : il venait de demander à Charles Plumet d’ajouter un petit hôtel particulier, au fond de la cour de l’immeuble. Ce délicat petit édifice accueillit pendant plusieurs années le musée Dapper, ce qui permit alors d’en admirer les délicats volumes intérieurs. Pendant cette période, la cour était décorées de plantes africaines d’un effet joliment exotique. Mais, depuis, le musée s’est déplacé dans une rue adjacente et tout est revenu dans son état originel.

Plumet allait, douze ans plus tard, construire un immeuble très similaire, un peu plus loin dans la même rue, mais sur le trottoir opposé. La comparaison avec l’immeuble de 1901 est assez cruelle pour l’œuvre de 1913, où l’esprit semble ne plus souffler avec le même naturel, ni la même vitalité. Mais, entre-temps, le modèle proposé au n°50 aura été compris, repris, assimilé et imité, tant à Paris que dans de nombreuses autres villes françaises.

la facade en mosaique du restaurant Prunier

Connu pour sa production de caviar français, Prunier est avant tout une maison qui défend “ Tout ce qui vient de la mer ”. Ce lieu de rendez-vous incontournable pour des générations d’amateurs de poissons renoue aujourd’hui avec ses origines et décline, dans l’ assiette comme en salle, un univers entièrement dédié aux produits de la mer. Dans ses deux établissements parisiens, la Maison Prunier célèbre les poissons, les huîtres, les coquillages et les crustacés. Le Restaurant Prunier, situé avenue Victor Hugo, propose dans un cadre Art Déco spectaculaire, créé en 1925, des plats nobles cuisinés avec simplicité, tandis que place de la Madeleine, le Café Prunier, dont Jacques Grange a signé le décor, est un lieu de dégustation moderne et convivial pour des envies de légèreté. Si la cuisine diffère, les chefs Eric Coisel et Renata Dominik ont une exigence commune du goût et de la qualité. A côté des menus élaborés au prix le plus juste, leurs cartes présentent des suggestions qui changent régulièrement afin de servir des mets de saveurs et d’ odeurs respectueux des saisons. Plus d'un siècle après sa création, la Maison Prunier encourage la découverte des produits de la mer à travers une volonté d'ouverture et de renouveau, poursuivant ainsi l' héritage d' Emile Prunier, l' homme qui façonna cette institution de la gastronomie française

Prunier, de 1925 à nos jours

Après la mort d’Emile Prunier en 1925, sa fille Simone Prunier-Barnagaud reprend les deux enseignes de l’ affaire familiale qui connaî- tront entre 1930 et 1950 leurs années les plus fastes ; on y sert jusqu' à mille couverts par jour ! Sa contribution à l’héritage Prunier réside sans conteste dans la dimension internationale qu’ elle donne à la marque. Ainsi en mai 1927, elle accède avec un plaisir non dissimulé, à la requête des pilotes Nungesser et Coli, désireux d’ emporter une boîte de caviar Prunier lors de leur tout premier vol transatlantique. Cinq années plus tard, Simone ouvre à Londres un troisième restaurant, “ Madame Prunier ”, qui connaît lui aussi un rapide succès, jusqu’en 1976, date de sa fermeture. En 1988, la Maison Prunier est cédée à des investisseurs japonais, la société Sogo, qui souhaitent inscrire “ Prunier-Traktir ” parmi les adresses de haute gastronomie parisienne. Pour cela, ils font appel à Jean-Claude Vrinat, le célèbre restaurateur deTaillevent, et au chef Gabriel Biscay, Meilleur Ouvrier de France. L'établissement est distingué au guide Michelin, mais la crise des années 1990 ébranle en profondeur l’ économie japonaise et notamment la société Sogo, qui se voit contrainte de se séparer du Restaurant Prunier en 1994. Pierre Bergé, alors président d’Yves Saint Laurent Couture, reprend l’affaire en 2000. Pour ce fidèle client de la table de l’avenue Victor Hugo, cette acquisition est un prolongement naturel de l’ élevage d’ esturgeons qu’il vient d’acquérir en Dordogne. C’est aussi une manifestation concrète de l’ attachement qu’il porte à la Maison Prunier : déjà en 1988, conscient du patrimoine Art Déco du restaurant, il avait recommandé son inscription à l’inventaire des Monuments historiques, obtenue le 11 juillet 1989. En septembre 2004, la Maison Prunier s’associe à Caviar House, pour donner naissance au groupe Caviar House & Prunier. En octobre 2006, Prunier ouvre un nouvel espace place de la Madeleine. Au rez-de-chaussée, la boutique Prunier propose ses caviars frais, le fameux saumon Balik, et une sélection d’autres produits (tarama, koulibiac, huîtres, crabe royal...). A l’étage se trouve le Café Prunier, pour s’y restaurer midi et soir du lundi au samedi. En mai 2009, le Restaurant Prunier inaugure sa terrasse sur l' avenue Victor Hugo, à l’ image de celle d’antan.

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39 avenue Victor-Hugo un immeuble au fenetre " en paupieres"

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Quelques années après son magnifique immeuble du 50, avenue Victor-Hugo, Charles Plumet revint construire un édifice aux comparables proportions dans la même rue. De toute évidence, l’œuvre de 1901 servit de modèle à celle de 1913, où nous retrouvons la loggia aux belles arcatures, les larges bow-windows latéraux, la symétrie apaisante et les ferronneries toujours remarquablement dessinées, à la stylisation florale merveilleuse.
Néanmoins, il n’est pas très difficile de constater, malgré le réemploi d’une formule qui fut louée et même imitée par la suite, que l’édifice du n°50 déçoit un peu. On pourrait même le dire presque ennuyeux.
1913 est en effet une date bien tardive. A la veille de la Première Guerre mondiale, rares étaient les architectes du Modern Style restant stables sur leurs certitudes. Guimard lui-même, pourtant assez sourd aux annonces d’un style nouveau, connut un certain essoufflement dans sa créativité, sitôt construits ses derniers hôtels particuliers, avenue Mozart et rue La Fontaine. Sans doute Henri Sauvage, depuis déjà longtemps à la recherche d’un autre langage, fut-il l’un des rares pionniers du mouvement à pouvoir encore inventer des formules nouvelles à cette époque-là.
M. Chardonnier fut le commanditaire de l’édifice de Plumet, et il en fit publier la demande de permis le 7 août 1912. Sur cette parcelle, un petit édifice avait été élevé en 1892 par l’architecte Rousseau, rapidement surélevé d’un étage par Flajollot avant la fin de l’année. Le terrain était donc presque nu au moment de l’édification de cet imposant immeuble.img-0686-39-victor.jpg
Mais d’où lui vient cette sagesse un peu trop conventionnelle qui ne gênait pas le regard sur l’immeuble Hubert de 1901 ? Sans doute doit-on cet étrange sentiment à l’absence de toute ornementation figurative, les éléments sculptés demeurant végétaux, en particulier sur la porte d’entrée, où se déploient feuilles de chêne et glands. Ailleurs, des motifs très stylisés, d’inspiration égyptienne, ornent colonnes, entablements et clés de voûte. Tout cela est d’un grand raffinement, mais se trouve privé de toute originalité : le chêne est une plante très conventionnelle dans la décoration des façades, et ne permet pas autant de débordements pittoresques que le tournesol, la glycine ou même la rose

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 La façade symétrique de style classique comporte des grands bow-windows sur toute la hauteur de l’immeuble, elle comporte une galerie ouverte au 4e étage

 Les sculptures de têtes entourées de végétaux en dessous de balcons sont due à Lucien Schnegg.

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La porte d’entrée comporte deux femmes nues gracieusement allongées, occupées à manger des fruits

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111 avenue Victor-Hugo

img-1692-111v.jpgOn se croirait, en effet, en plein XXe arrondissement, tant la façade détonne, au milieu des immeubles cossus qui l’entourent, si rassurants dans leur enveloppe de pierre de taille. Brique rouge et métal apparent en constituent les matériaux principaux, et sa sage symétrie est joliment perturbée par deux bow-windows, remède évidemment très efficace contre la monotonie architecturale. L’entrée de la galerie proprement dite - on aura d’emblée compris qu’elle s’ouvre au milieu d’un immeuble - est marquée par les deux puissants piliers métalliques qui soutiennent les bow-windows, et que les architectes ont orné de ravissantes volutes. Celles-ci nous assurent que nous sommes bien dans le domaine de l’Art Nouveau. Le dernier étage, pour sa part, est une galerie ouverte, sur toute la largeur de l’édifice. Variété, discrétion, originalité : voilà une petite galerie sans prétention, mais d’une réelle invention !

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A l’intérieur, nous trouvons tout ce qui fait le charme des galeries marchandes : un vaisseau de verre, scandé par une structure métallique, d’autant plus élégante que ses proportions modestes lui donnent un caractère presque intime. Mais il ne s’agit en rien d’un banal passage, sagement rectiligne : au niveau de la galerie du premier étage, qui propose un second niveau de commerces, Sauvage et Sarazin ont ménagé des sortes de balcons, au-dessus de l’entrée, puis ils ont élargi le fond de la galerie, grâce à un appendice éclairé par une verrière carrée.

Le détail du métal est absolument remarquable. Mais on ne s’y trompera pas : sa constante simplicité est très savamment calculée. L’Art Nouveau ne s’y montre que par de discrets détails : quelques volutes très sobres, rappel évident de celles des grands piliers de la façade, servent à orner les consoles joliment ondulées qui soutiennent le promenoir intérieur.
L’édifice fut commandé par Mayol de Sénillosa, qui publia sa demande de permis de construire le 7 novembre 1904. Cette démarche administrative, et le dossier de voirie conservé aux Archives de Paris, apportent donc la preuve de la paternité indiscutable de Sauvage et de Sarazin, puisque ceux-ci ont totalement négligé de signer leur ouvrage.

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Un autre immeuble Rue des belles feuilles

 Le 65 abrite l'12-belle-feuille-place-jean-monnet.jpgambassade du Tchad. L'ambassade du Congo à Paris, située 37 bis, rue Paul Valery, dans le seizième arrondissement, se trouvait auparavant rue des Belles-Feuilles et partageait son espace avec d'autres ambassades, dont l'ambassade du Benin et l'ambassade du  Cameroun.

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La rue des Belles-Feuilles a abrité l'ancien premier ministre Pierre Bergovoy et l'hôtel particulier de la famille Schneider « À mon retour, j'ai travaillé quelques mois chez les Bismarck, et après chez les Schneider en haut de la rue des Belles-Feuilles dans un hôtel particulier qui depuis a disparu, tout comme les hauts fourneaux et la sidérurgie. 

Nous nous dirigeons ensuite Avenue d'Eylau

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Nous nous arretons longuement pour ecouter le recit de Maitre ROBERT sur la bataille d'Eylau qui opposa Napoleon 1er au géneral Russe Bennigsen. La bataille se deroule dans le village d'Eylau, sur des lacs gelés et sous des bourrasques de neige

Le plan de bataille de Napoleon explique par ecrit au Marechal Bernadotte alors à Gdansk à 140 km va etre intercepté par les russes et ceux ci attendent donc de pied ferme les troupes françaises. La bataille est terrible, 25000 morts pour les russes, 18000 pour les français dont 7 generaux de division.Les russes bien que superieur en nombre et en artillerie vont abandonnés faute de munitions

On verra la plus belle charge de cavalerie de l'histoire, 12000 cavaliers emmenés par le grand Murat vont faire un carnage dans les lignes russes.

Napoleon cri victoire ainsi que Bennigsen

La bataille des 7 et 8 Fevrier 1807 va trouver son epilogue le 14 juin 1807 par la victoire de Friedland qui verra les russes ecrasés avec des pertes enormes 25000 hommes dont 25 generaux. Cette ecrasante victoire va decidé le Tsar à demander l'armistice prelude de la paix de Tilsit le 7 Juillet 1807

Nous continuons vers l'avenue Rapp

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Immeuble de rapport, construit en 1901, sa façade fut primée la même année au concours de la Ville de Paris.Elle est entièrement recouverte de céramique d’Alexandre Bigot, propriétaire de l'immeuble à cet époque et servant de véritable vitrine d'exposition de ses réalisations.

 

 

 

 

 

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La façade comporte un décor sculpté, animal et végétal, certains voient dans ce décor une symbolique sexuelle.Figures sculptées par Jean-Baptiste Larrivé

Cet immeuble comporte sept niveaux et quatre travées disposées irrégulièrement en détruisant la symétrie et en créant un mouvement.

En effet, la travée latérale gauche est en saillie sur toute sa hauteur alors que la saillie de la travée droite interrompt sa continuité au troisième étage, donnant ainsi l’impression de création d’un déséquilibre du côté gauche, vers la fenêtre ovale qui surplombe le deuxième étage.C’est donc une architecture orientée où la façade est organisée de manière à créer une tension : l’élément est mis à mal par un élément en mouvement créant un déséquilibre.

L’encadrement sculpté de la porte d’entrée est composée d’un décor à motif de tiges.Celui-ci surgit du soubassement du rez-de-chaussée pour rejoindre et enrober l’encadrement inférieur de la fenêtre du premier étage qui s’inclut ainsi dans le motif général de la porte.Les ventaux de la porte d’entrée en bois sculpté, verre et fer, reçoivent un traitement particulièrement foisonnant

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Protection Monuments historiques du 16 octobre 1964: façade et toitures.

Le 29 avenue Rapp, construit par Jules Lavirotte entre 1900 et 1901, est certainement, avec le Castel Béranger et les entrées de métro de Guimard, une sorte de symbole emblématique de l'Art Nouveau parisien. C'est toujours avec un vrai régal qu'on guette la première expression des curieux qui le découvrent. Et ceux qui viennent l'admirer en croyant le connaître, dont je suis, sont systématiquement surpris de le trouver encore plus extraordinaire que dans leur souvenir... Cet immeuble, dans son désordre architectural, dans sa démesure ornementale, dans sa luxuriance colorée, provoque à chaque fois une émotion inédite, très surprenante.

 

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On a dit et écrit beaucoup de choses sur cet édifice. Et beaucoup de bêtises ! La principale concerne peut-être son commanditaire, que la tradition dit être Alexandre Bigot, le créateur de l'immense mur de grès flammé qui recouvre entièrement la façade. Et le panneau historique qui jouxte la construction le rappelle à nouveau. Les "pelles à tartes" sont pourtant généralement bien documentées. Qu'en est-il donc ? La demande de permis de construire, du 30 octobre 1899, est pourtant très claire : elle a été déposée par Ch. Combes et Lavirotte. Le premier homme est certainement un associé financier ; le second n'est autre que l'architecte, alors domicilié au 134 rue de Grenelle, qui s'installera plus tard dans le petit square Rapp, plutôt que dans cet immense édifice cossu, d'un rapport économique plus conséquent. Il apparaît ainsi évident que le seul véritable propriétaire était Lavirotte, qui utilisa ici la troisième partie de la parcelle triangulaire de Mme de Montessuy, où il avait précédemment édifié l'hôtel de la rue Sédillot et l'immeuble du square Rapp. La légende d'une maison publicitaire, destinée à promouvoir les céramiques architecturales de Bigot, s'écroule donc d'un coup, même si l'immeuble lui permit, évidemment, d'assurer sa solide réputation dans la domaine de la décoration urbaine : les vertus de solidité et de salubrité du grès flammé y sont encore constamment vérifiées

La prouesse technique, qui permit de réaliser ici le premier immeuble entièrement en couleurs, n'échappa pas au jury du Concours de façades de la ville de Paris qui, en 1901, attribua une prime à cette réalisation, tout en émettant malgré tout de solides réserves sur le style et l'outrance de sa décoration

Car nous sommes en présence d'un véritable catalogue de modèles : fleurs, animaux, personnages, motifs stylisés, tout ce qu'il était alors possible d'imaginer sur une façade d'immeuble est ici présent. Encore une fois, l'architecte invente un véritable bric-à-brac, mais en faisant plus volontiers appel à des civilisations lointaines et mystérieuses, tant dans l'espace que dans le temps. Pourtant, au milieu de cette incroyable accumulation, soulignée par des verts, des bleus et des bruns d'une sombre densité, émerge soudain une calme et ravissante élégante contemporaine - probablement un portrait de Mme Lavirotte, qui était artiste-peintre -, portant un renard autour du cou comme si elle sortait pour aller au spectacle... mais entre une Eve triomphante et provocante et un Adam douloureux et repentant. Nul doute que ce dessus-de-porte ait un sens autobiographique à peine déguisé, où la femme semble triompher presque sans gloire.

La littérature consacrée à cette maison a abondamment évoqué son caractère érotique. Non sans raison, si on regarde attentivement le dessin de la porte d'entrée, aux détails facilement suggestifs, dont la poignée en forme de "lézard" évoque une des métaphores alors très populaires pour désigner le pénis. Cette allusion phallique apparaît jusque dans le plan du rez-de-chaussée, dont le dessin du corridor et de la cour suggère ouvertement la forme d'un membre viril

Chacun est libre d'aller chercher, parmi tous les détails sculptés, d'autres allusions sexuelles, tant féminines (les scarabées) que masculines (les têtes de taureaux), que l'architecte se sera plu à inclure dans son décor. Mais qu'on n'aille rien en conclure de définitif sur les phantasmes intimes de Lavirotte : son immeuble suggère en même temps tout l'humour avec lequel il faut le regarder, et les limites qu'on doit forcément donner à une analyse qui risquerait d'être trop bêtement sérieuse 

Si Alexandre Bigot fut évidemment un collaborateur précieux, et même essentiel, dans cette entreprise, le sculpteur n'eut pas un rôle moins important, même si son nom resta plus confidentiel. Car Jean-Baptiste Larrivé ne fut pas un ornemaniste ordinaire ; il allait même devenir lauréat du Prix de Rome de sculpture, en 1904  Son rôle dans l'entreprise explique donc qu'il ait signé, en même temps que Lavirotte, la maquette en plâtre de la porte d'entrée qui fut ensuite remise à Alexandre Bigot, pour être réalisée dans ses ateliers de Mer, dans le Loir-et-Cher.

Plus loin le square Rapp

square-rapp3.jpgExtravagance, exubérance, sont souvent les maitres mots pour décrire les constructions de Jules Lavirotte. Celle-ci est une des plus délirantes. Il construisit cet immeuble pour la comtesse de Montessuy (il lui avait déjà bâti un hôtel particulier) en 1899-1900. Ce qui est étrange, c’est que cette façade extraordinaire se cache au fond d’une impasse, courbe de surcroit.

Il faut tenter de détailler la profusion de décors : sculptures représentant des fleurs, des coquillages, des visages exotiques ; une tour, des balcons ouvragés, des pinacles, des ferronneries, des tuiles vernissées. A tout cela, il faut ajouter la grille qui ferme le fond de l’impasse qui vaudrait un PP à elle seule.

Les céramiques sont de l’incontournable Alexandre Bigot Les deux complices obtinrent un prix de la ville de Paris pour cette réalisation.Il faut souligner que l’architecte habita lui-même au 5e étage de cet immeuble.Il est très architecturé, avec une petite tourelle engagée à l’une de ses extrémités.Très mouvementée, la façade reçoit de nombreuses décorations florales souvent stylisées.La porte d'entrée elle-même, très massive, fut précieusement sculptée dans le caractère un peu fantastique de son créateur, Jules Lavirotte.Les linteaux des croisées, les arcs, les colonnes des bow-windows, les voussures, les paliers, les chêneaux... sont en grès flammé par  Alexandre Bigot de couleur varié réalisés  tranchant avec les tons de fond de la pierre pour le rez-de-chaussée et l'entresol et de la brique pour les autres étages.

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Un autre immeuble de la société Theosophique

Quelques belles portes en fer forgés Avenue Emile Deschanel et il est temps de s'arreter pour dejeuner ou nous reprenons quelques force pour l'après midi

 

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Ca y est nous sommes reparti et nous nous arretons rue de Babylone  pour voir la Pagode Japonaise que M. Morin ( directeur du bon Marche) fit démonter et remonter piece par piece pour l'offrir à sa femme ce qui ne l'empecha nullement de divorcer

 

La Pagode fut initialement construite en 1896 par l'architecte Alexandre Marcel. Il s'agit alors M Morin y organise de nombreuses réceptions, mais dès l’année de l’inauguration, elle quitte son mari pour son associé, M. Plassard. Les réceptions somptueuses continuent malgré tout jusqu’à la fermeture de la salle en 1927.Quatre ans plus tard, en  1931, les portes de La Pagode s’ouvrent enfin au public. Le lieu, précurseur du 7e art, devient l’unique cinéma du 7eme arrondissement.

En  1956, les premières salles art et essai parisiennes sont dotées d’un statut officiel : l’ AFCAE. Sous l’impulsion de sa directrice-gérante, Yvonne Décaris, La Pagode devient un haut lieu de la cinéphilie, surtout pour les admirateurs d' Ingmar Bergman et de  Seruei Eisenstein. Jean Cocteau. y donne également la première du Testament d'Orphee en 1959.

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Dans les années 1960, La Pagode participe à la Nouvelle Vague en programmant François Truffaut, Eric Rohmer,Jacques Rozier. Le jardin est inscrit au titre des monuments historiques par un arrêté du 21 février 1983, tandis que la façade, les toitures et la grande salle sont classés par un decret du 21 août 1990.

 

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Rue de Sevres  au N° 6 Une facade charpente metallique et pierre avec des medaillons metalliques illustrant les 5 continents Immeuble construit pour le compte de la societe generale

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Place Saint Sulpice

Place saint Sulpice nous nous arretons pour voir les 4 predicateurs qui ne sont jamais devenus cardinaux

La fontaine est érigée de 1844 a 1847 par l'architecte Louis Visconti (1791–1853), elle occupe le centre de la place qui, à l'origine, selon les plans de Giovanni Niccolo Servandoni , devait répondre à un projet urbanistique qui ne sera pas mené à terme. À une extrémité de la place, se trouvait la fontaine de la paix, édifiée en 1807, qui dut être déplacée en 1824 à cause de ce projet

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C'est une fontaine monumentale de dimensions imposantes. Sur un sous-bassement constitué de trois bassins octogonaux disposés en pyramide dont le premier a environ 10 mètres de largeur, s'élève un édicule massif de base carrée. Chacune de ses faces, surmontée d'un fronton abritant des armoiries épiscopales, est entourée de pilastres et abrite une niche où se trouvent les statues, plus grandes que nature, des évêques assis. Le second bassin est décoré de quatre lions tenant entre leurs pattes les armoiries de Paris, les coins du troisième bassin portent quatre vasques d'où s'écoule l'eau. Le massif central est achevé par un toit en baldaquin portant un clocheton. Le tout atteint la hauteur d'environ 12 mètres. L'ensemble est traité dans un style renaissance, et, avec ses cascades d'eau formées par les deux bassins supérieurs à débordement, la fontaine offre un bel ensemble, équilibré et attractif.Les quatre évêques représentés furent des orateurs remarqués à l'époque de Louis XIV :

Jacques Benigne Bossuet (1627-1704), évêque de Meaux, statue par Jean Jacques Feuchere, face Nord

François de Salignac de La Mothe-Fénelon dit Fenelon (1651-1715), Archevêque de Cambrai, statue par François Lanno, face Ouest

Esprit Flechier (1632-1710), évêque de Lavaur et de Nimes, statue par Louis Desprez, face Est

Jean Baptiste Massillon  (1663-1742), évêque de Clermont Ferrand, statue par Jacques Auguste Fauginet, face Sud

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Toujours rue Saint Sulpice une facade art nouveau dont nous avons dejà parlé lors de notre periple sur les anciennes maisons closes 

 

 

Rue de Seine

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Boulevard St Germain dans le square Desruelles nous decouvrons un tres grand portique fabriqué par l'ecole de Sevres qui est un veritable resume, une grammaire de l'Art Nouveau

Square Desruelles le portique

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Ce portique à été conçu par l'architecte Charles Risler et le sculpteur Jules Coutan pour illustrer l'utilisation des produits de la manufacture de Sevres pour l'exposition universelle de 1900

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 Ainsi se termine notre periple, nous affichons 9 km au compteur, certains reprennent le Metro et les autres rejoignent à pied la Gare du Nord malgré une petite pluie fine qui arrive,

Gare du Nord 13 Km de parcouru

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Curiosites 16 Mars 2013

Samedi 16 Mars

 Robert nous emmene pour notre deuxieme rando sur les curiosités dans Paris,le temps est frais mais beau,il se couvrira dans l'après midi mais sera plus doux. Quelques annulations font que nous nous retrouvons à 14 à démarrer de la gare d'Austerlitz.

 

1jard-stat1.jpgNous traversons le Jardins des Plantes  avec la maison de Buffon, la fontaine Cuvier et le cabinet des Curiosités 

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Réalisée en  1840 par l'architecte Alphonse Vigoureux inspecteur des eaux de la ville de Paris, cette fontaine, qui remplace l'ancienne fontaine Saint Victor, rend hommage à Georges Cuvier. La statue, une allégorie de l'histoire naturelle sculptée par Jean Jacques Feuchere, représente une jeune femme portant des tablettes sur lesquelles est inscrite la devise de Cuvier : Rerum cognoscere caucas (d'après un vers de Virgile), accompagnée d'un lion et d'animaux marins et amphibies. On peut y voir un crocodile tournant la tête, effet stylistique de l'artiste car il est impossible pour ces animaux de réaliser ce geste. La frise, le tympan, l'entrecolonnement sont de Pierre-Jules Pomateau, sculpteur ornementaliste.

Elle a été inscrite au titre des monuments historiques par un arrete du  3 avril 1984.

 

 

 

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Ce cabinet des curiosités dont il ne subsite que 5 vitrines oeuvre de Joseph Bonnier de la Mosson riche collectionneur ruiné sous le regne de Louis XV. A sa mort ce cabinet a été vendu pour couvrir ses créances , Boffon a racheté 5 vitrines qui sont maintenant classées monuments historiques

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On y trouve des coleopteres, des coquillages, des papillons des oiseaux ,des reptiles et une fameuse corne de Narval entre autres

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Rue Clovis nous voyons les restes du rempart de l'enceinte de Paris sous Philippe Auguste  

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Place Maubert nous decouvrons avec peine la gravure d'un certain Etienne Loisel  qui a voulu marqué le niveau de la Seine pendant la crue de 1711    

 

 

 

 

 

 

 

 

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Nous evoquons Albert le Grand qui enseignait dans la rue au temps de St Louis et de Philippe le Hardi

Saint Albert le Grand (dont le nom est Albrecht von Bollstädt), né autour de l'an 1200 en Baviere et décédé le 15 novembre 1280 à Cologne (Allemagne), était un frere dominicain, philosophe,theologien,naturaliste,chimiste. Évêque de Ratisbonne durant trois ans (1260-1263), il préfera retourner à l'enseignement et fut professeur de renom au XIIIe siècle Le plus célèbres de ses disciples est saint Thomas d'Aquin

 

 

 

 

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Une petite incursion dans l'eglise integriste St Nicolas du Chardonnet

 

 

 

 

 

 

  

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Pres de l'eglise St Julien le Pauvre, nous pouvons voir des dalles de la voie romaine de la rue St Jacques

 

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Ancienne piste gauloise, elle devient le principal axe nord-sud gallo-romain sous le nom de Via Superior. Large de neuf mètres et solidement pavée, c'est la route de Gebanum (Orleans) depuis la rue des Feuillantines jusqu'au boulevard de Port Royal. Son tracé correspond à la partie Sud du Cardo de l'ancienne Lutece, la ville romaine dont le centre se situait dans l'actuel quartier latin.

 

 

 

Dans le Square Viviani, le plus viel arbre de Paris, un Robinier planté sous Louis XIII

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Rue St jacques nous nous arretons pour voir le cadran solaire fait par Salvador Dali

 

 

 

 

 

 

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Rue de la Parcheminerie et rue de la Harpe nous allons voir le Charnier de l'eglise St Severin 

A l'origine de cette église, un oratoire fut construit sur la tombe d’un ermite appelé Séverin, mort en 555. Mais un autre Séverin (l’abbé d’Agaune en Velais qui couvrit Clovis de son manteau et le guérit) semble être celui qui est célébré dans cette paroisse. On pense qu’une église dont il ne reste rien existait déjà au XIe siècle. Le cimetière de cette paroisse fut crée en 1250 (il longeait l’un des flancs de l’église), la construction de la galerie des charniers sur les trois autres côtés date de la fin du moyen âge.

Du XIIIe siècle, il subsiste aujourd’hui quelques témoins visibles :

  • Les trois premières travées de la nef centrale : des colonnes cylindriques, avec des chapiteaux à larges feuilles d’eau.
  • Le premier niveau d’une Tour Clocher de Garde encastrée dans l’angle nord-ouest.
  • Le portail (entré principale à l’ouest) en provenance de l’église Saint-Pierre aux Bœufs (il fut déplacé et installé en 1837). Cependant le tympan (Vierge à l’enfant entourée d’ange) fut sculpté au XIXe et les vantaux de la porte datent du XVIIe.

L’histoire nous conte également la présence de recluses dans cette nécropole. On y cite une Dame Flore, décédée en 1380. C’est au XIVe siècle que l’église s’agrandit en largeur afin qu’elle devienne plus large que longue au XVe siècle

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paris-5-bas-relief-rue-galande.jpgNous sommes passés rue Galande pour voir la plus ancienne enseigne de Paris datant de 1380

 La plupart des enseignes de Paris ayant disparu ou rejoint les collections du musée Carnavalet, la présence de cet étrange bas-relief au-dessus de l’entrée d’un cinéma est pour le moins étonnante.

 Debout dans une barque se tient un personnage auréolé, encadré de deux rameurs, tandis que, sur la rive, apparaît une maisonnette sous un arbre. C’est l’abri que Saint-Julien l’Hospitalier a installé avec sa femme, en expiation d’un crime, au bord d’un fleuve dangereux. Il fait le passeur et reçoit sous son toit tous les malheureux. Un jour se présente un lépreux et Julien le fait traverser. Jésus – car c’est lui – promet alors le paradis au couple. Saint Julien fut longtemps considéré comme le patron des voyageurs, et de nombreux hôteliers et aubergistes, au Moyen Âge, jugèrent avisé de placer leur établissement sous sa protection. On a longtemps pensé que cette sculpture avait été transportée de l’église Saint-Julien-le-pauvre voisine à son emplacement actuel au moment de la démolition de son portail en 1675. Des documents évoquant en 1380 « la maison où au-dessus est l’enseigne de Saint-Julien » et, en 1441, « la maison sur laquelle est à présent élevée en pierre de taille l’image de Saint-Julien » attestent d’une présence plus ancienne et la font considérer aujourd’hui comme la plus vieille enseigne de Paris

 Au pont Neuf au débouche de la rue Mazarine ou Pierre Curie se fit renverser et écraser par une voiture a chevaux le 19 Avril 1906. Parlons aussi de Marie Curie sa femme, 2 fois prix Nobel,ardente feministe qui après de trop nombreuses expositions au rayons X mourut de Leucemie en 1934

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Rue de l'ancienne Comedie nous saluons au passage le fameux café Procop et l'immeuble ou le révolutionnaire Marat installa son imprimerie pour son Journal :L'ami du peuple

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Rue de Tournon nous decouvrons la signification de l'inscription "MCAL"

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On lisait ces quatre lettres majuscules sur le frontispice d'une infinité de maisons ; cela voulait dire : Maison assurée contre l'incendie. Mais un sans-culotte s'avisa de les interpréter ainsi : Marie-Antoinette cocufie Louis et plus tard en Mes amis chassons Louis.

Cette licence bouffonne fit le plus grand tort au roi que le hasard attaquait jusque dans l'arrangement de quelques lettres, et l'on trouva plusieurs fois ces deux vers, parodiés de Voltaire, affichés au coin des rues :

Les cornes ne sont pas ce qu'un vain peuple pense ;

Ils furent tous cornards, tous ces beaux rois de France !

Maintenant déjeuner dans un restaurant Napolitain ,l'ambiance est excellente Pizza ou plats de pates avec un excellent Valpolicella et un succulent dessert "un Tiramisu" dont certains se rappelle celui que nous avait preparé pour un repas de fin de Saison Catherine Godard. Avant de repartir la maison nous offre un lemon gello qui nous fait le plus grand bien et nous permet de repartir d'un bon pas pour admirer les détails du Centaure du sculpteur Cesar en hommage à Picasso

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Dans la rue de Grenelle nous decouvrons accrochée sur une porte une mangeoire à chevaux

 

 

 

 

 

 


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Nous ne pouvons voir l'ancienne Tour qui a servi à Chappe pour son télégraphe car elle se trouve dans la cour d'une poste fermée le Samedi

Durant toute son existence, le rôle majeur du réseau télégraphique consistera à transmettre dans les meilleurs délais les informations et les ordres relatifs au gouvernement. Le siège du pouvoir se situant à Paris, on y voit naître toutes les lignes et le réseau tissera sa toile, avec pour cœur la capitale, au fur et à mesure des besoins.
De même que tous les éléments du réseau se mettent en place au coup par coup, les têtes de ligne parisiennes vont s'adapter aux circonstances

Les premières têtes de ligne :

La première expérience ayant eu lieu entre Ménilmontant, Ecouen et Saint-Martin-du-Tertre, elle devient tout naturellement le point de départ de la ligne de Lille. En juin 1794 cependant, le Comité de Salut public juge le premier poste trop éloigné du lieu où la Convention Nationale tient séance et décide que le pavillon central du Louvre doit recevoir le télégraphe. Mais à partir du dôme du Pavillon de l'Horloge, Ecouen n'est pas visible et le relais suivant ne peut assurer une lecture correcte des signaux. On décide donc d'établir une station sur la colline de Montmartre.

Vous trouverez une documentation complete sur le télégraphe de Chappe à l'office du Tourisme d'Ecouen

tete-de-loup.jpginvalides-dalle-napoleon.jpgAu Invalides,nous voyons les Dalles de la tombe de Napoleon à Ste Helene puis dans la cour la clebre Lucarne ornée d'une tête de Loup placéla par le constructeur des Invalides Louvois "le loup voit" puis la statue de Napoleon qui était sur la colonne de la place Vendome jetée à terre par le peintre Courbet et qui sera ensuite precipitée dans la Seine

 

 

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A l 'interieur de l'eglise St Louis des Invalides nous pouvons admirer les drapeaux et oriflammes de nombreux combats

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Devant le Palais Bourbon nous admirons sur la place la statue de la Loi rappelant plusieurs symboles de la Franc Maconnerie 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Sur la place de la Concorde,nous trouvons les traces du plus grand cadran solaire du monde sur une idée de l'astronome Camille Flammarion, l'Obelisque de Louxor etant le gnomon

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A l'hotel Crillon nous parlons de l'histoire de la fameuse 5 eme Colonne. Puis nous découvrons rue Royale un exemplaire ou son fac-similé de la déclaration de mobilisation de 1914

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A l'angle de la place de la Concorde nous découvrons une plaque gravée Place Louis XVI .Sa dénomination a changé de nombreuses fois, traduisant l'instabilité des régimes politiques de la France depuis 1789 et une série d'événements joyeux, tragiques ou glorieux, certains d'une grande portée historique, qui se sont déroulés sur son sol. Elle s'est appelée place Louis XV, puis place de la Revolution après le 10 aout 1792, place de la Concorde sous le Directoire,le Consulat et l'Empire, à nouveau place Louis XV puis place Louis XVI sous la Restauration, place de la Charte en 1830, pour reprendre enfin sous la Monarchie de Juillet le nom de place de la Concorde. De même les monuments qui ont orné ou auraient dû orner son centre : statue équestre de Louis XV, statue de la Liberté, statue de Louis XVI, obélisque de Louqsor.

 

 

 

 

 

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Nous nous dirigeons vers les Champs Elysée, le cour del a Reine et saluons en passant Bolivar et W Churchill et arrivons devant la statue de la Lafayette et sa petite tortue note d'humour du sculpteur americain qui mit 8 ans à faire le bronze définitif. La tortue symbolisant la lenteur.

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Avenue Franklin Roosevelt nous passons pres du jardin de la vallée Suisse appelé Jardin Anne Sauvage qui est un vestige du pavillon suisse de l'exposition universelle de Paris en 1900 ou nous decouvrons une sculpture de marbre blanc

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Ce monument qui a été execute par le conte de Moncel de Perrin est taille dans un seul bloc de marbre blanc. suite à une commande de la ville de Paris et de l'etat
Intitiulé " Le reve du Poete" cette statue presentée au salon de 1905 et 1907. l'oeuvre a été placé dans le jardin amenagé sur l'actuelle place du Canada.
Sous les ruines antiques evoquées par deux colonnes supportant une architrave, le poete, mollement étendu, rève d'amour nostalgiques au pied d'une muse, 
Enfin nous rejoignons le metro à Champs Elysees Clemenceau. Il était tant la pluie commence à tomber.

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Honore de Balzac 2eme Partie

Samedi 19/01/ 2013

Aujourd'hui Robert nous entraine pour la deuxieme fois sur les pas d'Honoré de Balzac.

Nous avons pu observer lors de cette randonnées que les nouvelles dispositions prises fonctionnent parfaitement ( inscriptions, liste d'attente desistements). Nous avions 25 inscrits et quelques personnes en liste d'attente. Les conditions climatiques ont freinées les ardeurs de certains, nous avons pu rattraper des personnes sur liste d'attente et 22 courageux ont affrontés le temps capricieux

Depuis 5h00 il ne neigeait plus mais Paris était recouvert de son manteau blanc

 

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Ce manteau neigeux c'est bien vite transforme en bouillase pour ensuite devenir de la soupe glacée plus ou moins glissante.

Tout le monde à été très prudent et aucun incident est venu troubler notre parcours. Nous progressons vers le Sud, puis les grands Bouvervards jusqu'à Richelieu Drouot et le Palais Royal ou Balzac dans ses 91 romans et nouvelles à fait la part belle à Paris qu'il à sillonné en tout sens, plus particulièrement dans le Paris historique de Passy à la Bastille, de la Porte St Denis à Port Royal ainsi que les quartiers des Halles,Latin et Le Marais.

Au cours de ces deux marches nous avons pu découvrir ses nombreux lieux de résidence soit seul ou avec ses parents.

Les Jardins du Palais royale ancien lieu de jeux, de commerce et de débauche était magnifique sous la neige et de nombreux enfants construisaient les eternels bonhommes de neige avec des nez en carotte, pendant que les plus grands se livrent à des batailles de neige en riant et criant

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 Nous avons même eu la surprise pendnat que Robert nous livrait ses commentaires sur l'anciene " galeris de bois" aussi connue sous le nom de "camp des tartares" d'être salué par le président du conseil constitutionnel M. Jean Louis Debré qui avec sa femme et son cabas partait faire quelques courses.

Particuliererment dan "Les illusins perdues" et "Peau de chagrin" Balzac révele les lieux et l'ambiance en décrivant la "Galerie de Bois": < Ce sinistre amas de crottes, ces vitrages encrassés par la pluie et par la poussière, ces huttes plates et couvertes de haillons au dehors, la saleté des murailles commencées, cet ensemble de choses qui tenait du camp des Bohémiens,>; ces boutiques de modistes aux chapeaux inconcevables, ces ouvrières souvent laides mais egriardes, ces spectacles ou l'on ne voit rien, ces maisons de jeux, ces banques,le restaurant existant encore aujourd'hui "Le grand Vaujour" qui était le nom du cuisinier de Philippe d'Orléans, ces filles de joie qui hèlent Lucien de Rubempré, jeune écrivain qui vient ici pour chercher à vendre un manuscrit

Balzac décrit le quartier du Palais royal,lieu central éclairé, vivant ou une foule disparate se presse dans " ces rue étroites étroites ,sombres, boueuses, ou s'exerce des insdustries peu soigneuses de leur dehors, prennet la nuit une physionomie mystérieuse et pleine de contrastes"

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C'est là dans la rue de Langlade qu'habite Esther Gobsek surnommee "La torpille" fille d'un usurier juif et d'une prostitué dite "La belle Hollandaise" épouse de Lucien de Rubempré qui va tomber dans les pattes du banquier ,l'affreux Baron de Nucingen et qui se suicidera.

 

 

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                    Esther Gobsek

 

 

 

 

 

Lucien de Rubempré

Nous poursuivons rue Coquilliere ou Balzac travaillera comme Clerc d'Avoué, ensuite nous entrons dans l'Eglise ste Eustache ou Louis XIV fut baptise, nous admirons :

 

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Chapelle des Pélerins-d'Emmaüs
Œuvre contemporaine de Raymond Mason (né en 1922)
«Le Départ des fruits et légumes au cœur de Paris

 

 

 

 

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Ainsi que le mausole de Colbert  

 

 

 

 

 

 

Réchauffés nous passons devant le Rocher de Cantale célèbre restaurant toujours existant que frequentait Balzac

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Enfin à l'angle de la rue Tiquetonne et de la rue St Denis nous voyons ou Balzac situait "La maison du Chat qui pelote" ou là encore il fait une description de cette maison vétuste aux colombages vermoulus qui abrite le commerce de M. Guillaume riche drapier qui va marier une de ses filles avec un aristocrate Theodore de Sommervieux qui est également peintre et va tomber follement amoureux de la belle Augustine qu'il apreçoit de sa fenêtre.

Il est temps de déjeuner et après le petit Kir nous dévorons un excellet couscous berbere.

Bien rechauffés et reposés riches de nouvelles calories nous repartons affrontés la froidure, nous allons encore découvrir dans le Marais de nombreux domiciles de Balzac chez ses parents en pension, lorsqu'il étudiait au lycee Charlemagne rue Portefoin.

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Il n'était qu'à quelques immeubles de sa maitresse Mme de Berny qui à le double de son age

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous progressons entre les saucissons,legumes, produits marocains et superbe poisonnerie dans le Marche des Enfants Rouges

Nous progressons difficilement rue des Francs Bourgeois ou parisiens et touristes sont nombreux, nous frolons la place des Vosges puis c'est la rue de Lesdiguieres ou Balzac etudiant logeait dans une mansarde.

Place de la Bastille, Bd Beaumarchais, plus glissant ou souffle une petite bise. Une odeur de brulé nous incommode ( une cordonnerie ravagée par les flammes est éteinte par les pompiers. Ensuite c'est le cirque d'hiver, Bd du Temple, rue Charlot et rue Beranger

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Dans "Illusions Perdues" le jeune Lucien monte à Paris avec Mme de Bargeton ( le modèle dans la vie est sa maitresse Laure de Berny) qui l'emmenant dans le "Monde" l'abandonne le trouvant trop ridicule dans ses habits etriqués de petits bourgeois de province

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans une misere noire, Lucien se fait des amis dans un cercle de jeunes gens dynamiques, il devient journaliste puis rencontre une actrice demi-mondaine qui devient sa maitressequi va tomber malade et mourir.

La jeune actrice Coralie dans le roman habitait rue Beranger.

Nous empruntons le passage Vendôme pour ejoidre la place de la Republique en plein réamenagement.

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La grande statue sombrede la Replublique nous regarde nous engouffer dans la bouche de métro

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre randonnée s'arrete là, il est temps de rentrer

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Et nous retrouvons ECOUEN non pas dans une soupe glacee mais sous la neige

 

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Honoré de Balzac 1ere partie

Samedi 17 /11/ 2012

Aujourd'hui Robert nous entraine sur les pas d'Honoré de Balzac.

33 participants mais déjà des soucis. Il y a 99 ans un grand magasin parisien annonçait " il se passe toujours quelque chose aux G.L, aujourd'hui nous pourrions dire " il se passe toujoujours quelque chose à la SNCF " : Gréves à répétition même penddant les vacances scolaires,problème d'adhérence à cause de feuilles, des vaches sur la voie, vol de câble électrique, personnes sur la voie, manque de chauffeur du fait du mauvais temps ou à cause des grêves de la SNCF et j'en oublie certainement.Cela n'empêche pas celle ci de créer un bouquet de tarif mis aux point par la fine fleur de l'école polytechnique.

Nous avons encore le droit à un un retard sur le train de 9h02,  jusqu'à la suppression de celui ci pour défaut d'adhérence. comment cela est til possible sur un train et par sur celui qui vient nous prendre avec un retard de 45 minutes. De plus la gare est petite, 6 places assises seulement et environ une cinquantaine de passagers, c'est un samedi, pensez au nombre de ceux  ci un jour de semaine.

Et le maire de Paris qui dit aux banlieusards: Arretez de venir polluer la Capitale, prenez les transports en commun, c'est plus écologique,c'est plus rapide et c'est plus sûr.Comment fera t'on lorsqu'il faudra payer pour rentrer dans Paris en voiture.

Nous sommes donc arrivés au lieu de Rendez vous parisien métro "Cité" avec 45 mm de retard, pour ne pas arriver trop tard au restaurant, Robert à dù modifier son parcours.

Hélas les ennuis continuaient, le restaurateur ne pouvait accueillir que 22 personnes, pour les 11 supplémentaires nous avons trouvés un restaurant voisin.

C'est cet état de fait qui nous a obligé à faire le choix de modifier ces randos et limiter le nombre de participants à 25 ( Ce n'était pas la première fois que nous etions un nombre supérieur à 30 ).

 

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  Honoré de Balzac, né Honoré Balzac à Tours le 20 mai 1799  et mort à Paris le 18 Aout 1850, est un écrivain français. Il fut romancier, dramaturge, critique littéraire, critique d'art, essayiste, journaliste, imprimeur, et a laissé l'une des plus imposantes œuvres romanesques de la littérature française, avec 91 romans et nouvelles parus de 1829 à 1852, auxquels il faut ajouter une cinquantaine d'œuvres non achevées, le tout constituant un ensemble réuni sous le titre de Comédie humaine.

   Travailleur forcené, fragilisant par des excès sa santé déjà précaire, endetté par des investissements hasardeux, fuyant ses créanciers sous de faux noms dans différentes demeures, Balzac a vécu de nombreuses liaisons féminines avant d'épouser, en 1850, la comtesse Hanska qu'il avait courtisée pendant plus de dix-sept ans

 

   Notre périple va se dérouler dans le Quartier Latin,Balzac connait bien Paris.Il y a habité avec ses parents, puis comme pensionnaire avant d'être etudiant en droit, clerc d'avoué, de notaire et enfin homme de lettres.

  Il va bien connaître le Marais, le Quartier latin, les Halles puis avec sa connaissance de Paris les beaux quartiers. Le petit provincial "monté" à Paris aime le luxe,il va gagner beaucoup d'argent et en dépenser encore plus. Il va se cacher sous de faux noms, inventer des mots de passes pour recevoir ses visiteurs, choisir une maison à double entrée puis fuir ses créanciers.

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A 21 ans, il a une maitresse amie de la famille qui a plus du double de son age et qui était tou pour lui: Une amante, une mère, une grande soeur,une amie, une conseillère et enfin une pourvoyeuse de fonds.

 

 

 

 

Buvant beaucoup de café, il va écrire sa "comédie humaine" qui se veut une histoire complète des moeurs de son temps avec des personnage forts dans 91 rommans et nouvelles.

Parmis les plus connus:

    • Le père gorio                  
    • Le colonel Chabert
    • La maison du chat qui pelotela-maison-du-chat-qui-pelote.jpg
    • Illusions perdues
    • Eugénie Grandet
    • Splendeurs et Misères de courtisanes
    • Les Chouans                                                                   la maison du chat qui pelote
    • Le médecin de campagne
    • La peau de chagrin

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Splendeurs et miseres des courtisanes                                       

 

                                                                                         

                                                                                        Le colonel Chabert

   A la fin de sa vie il va epousé une admiratrice la comtesse polonaise Mlle Hanska, malade et epuisé il meurt à 51 ans

220px-hanska-holz-sowgen-1825.jpg   Grace à notre marche dans le Quartier Latin, nous évoquerons et lirons quelques extraits de rommans comme "La messe de l'Athée avec le chirurgien Desplain et Bourgeat le porteur d'eau au grand coeur vers St Sulpice et la rue des Quatre vents.

Al 'hotel Corneille nous lirons le début du roman Z Marcas. Au coeur du Quartier Latin, Lucien de Rubenpré, le personnage principal dans "Illusions perdues" l'abbé Herrera, Le fameux restaurant Flicoteau place la Sorbonne dont honoré de balzac à dit "Flicoteaux subsiste, il vivra tant que les étudiants voudront vivre"

    Il est peu d'étudiants logés au quartier latin pendant les douze premières années de la Restauration qui n'aient fréquenté ce temple de la faim et de la misère. Le dîner, composé de trois plats, coûtait dix-huit sous, avec un carafon de vin ou une bouteille de bière, et vingt-deux sous avec une bouteille de vin.

  Ce qui, sans doute, a empêché cet ami de la jeunesse de faire une fortune colossale, est un article de son programme imprimé en grosses lettres dans les affiches de ses concurrents et ainsi conçu : Pain à discrétion, c'est-à-dire jusqu'à l'indiscrétion. Bien des gloires ont eu Flicoteaux pour père-nourricier. Certes le cœur de plus d'un homme célèbre doit éprouver les jouissances de mille souvenirs indicibles à l'aspect de la devanture à petits carreaux donnant sur la place de la Sorbonne et sur la rue Neuve-de-Richelieu, que Flicoteaux II ou III avait encore respectée, avant les journées de Juillet, en leur laissant ces teintes brunes, cet air ancien et respectable qui annonçait un profond dédain pour le charlatanisme des dehors, espèce d'annonce faite pour les yeux aux dépens du ventre par presque tous les restaurateurs d'aujourd'hui.

Aujourd'hui après avoir été un restaurant, une librairie, c'est un magasin de vêtements.

H'otel Cluny qui existe encore, le romman des "Petits Bourgeois" avec la maison Thullier et puis  "Le père Goriot" ancien fabricant de vermicelle à la pension Vauquer et enfin Eugène de Rastignac prononçant dans les dernières lignes du romman en regardant Paris du haut du " Pere Lachaise" <A nous deux maintenant>.

Nous ferons connaissance avec le fabricant de Guillotine qui fit fortune et mourut du "Déliruim Tremens" en arrosant trop son succès.

La fontaine St Sulpice

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Nous nous arreterons à la fontaine St Sulpice pour voir les 4 éveques qui ne furent jamais cardinaux

La fontaine Saint-Sulpice (ou fontaine des quatre évêques) a été construite en 1844 d'après les plans dessinés par l'architecte Visconti (1791-1853), auteur également de la fontaine Molière. Elle sera nommée fontaine "des quatre point cardinaux" du fait de la présence des quatre statues d'évêques: Bossuet, évêque de Meaux