Rando douce 2013-2014 à Paris

La Commune à Montmartre

Aujourd'hui  15 Mars Robert nous emmene sur l'histoire de la commune à Montmartre.

Temps couvert et vent frisquet, a cause de travaux sur la ligne de train, bus pour rejoindre la gare de Sarcelles, environ 10 mm de retard Gare du Nord. 18 participants  une absente excusée

Un petit Rappel  sur l'histoire de Montmartre

Montmartre fut longtemps un village indépendant de Paris.

Son nom a peu vraisemblablement pour origine Mons Martyrum, le « mont des martyrs » (martyr venant du grec μαρτυς, -υρος, martus, témoin) même s’il fut, selon la légende, un lieu de passage important de Saint Denis, premier évêque de Paris, qui aurait survécu à son exécution, victime des persécutions antichrétiennes, il fut décapité sur la colline de Montmartre avec deux autres coreligionnaires (Rusticus et Eleutherius). La légende raconte qu'il ramassa sa tête et marcha jusqu'à l'emplacement de l'actuelle basilique de Saint-Denis où il fut inhumé. Une des rues historiques menant à Montmartre s'appelle d'ailleurs la rue des Martyrs.
Plus probablement, Montmartre se rattache à un Mons Martis « le mont de Mars » car, à l'époque gallo-romaine, un temple dédié à Mars, dieu de la guerre, se trouvait sur la butte, à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Pierre (ainsi qu'un autre temple, dédié à Mercure), par la suite à l'époque chrétienne, le mont de Mars aurait été réinterprété en « mont de martre », martre signifiant « martyr » en ancien français.

Lors du siège de Paris en 1590, Henri IV fit installer deux batteries d’artillerie : « l’une sur Montmartre l’autre sur le haut de Montfaucon vers le Mesnil qui commencèrent à tirer et battre en ruine, vers les rues Saint-Honoré, Saint-Denis et Saint-Martin et les environs. » Lors de la formation des communes et des départements décret du 12 novembre 1789, de l'Assemblée nationale, Montmartre devint une commune de la Seine en mars 1790. Celle-ci se constitua avec difficulté, le mur de l'octroi ayant dans le même temps coupé l'ancienne paroisse en deux. Le Haut-Montmartre procéda à l'élection de son propre conseil, qui se déclara favorable à la séparation entérinée le 22 juin 1790, Paris annexant le Bas-Montmartre. Son premier maire fut Félix Desportes, un bourgeois originaire de Rouen, qui s'installa Place du Tertre en 1788. Il transforma son domicile en Mairie et établit solidement cette municipalité jusqu'en avril 1793. Patriote zélé, il donne les prénoms de Flore Pierrette Montmartre à sa fille née en mai 1791.

 Au cours de la Révolution française, la commune porte provisoirement le nom de Mont-Marat En 1840-1845, la construction de l'enceinte de Thiers partagea le territoire de la commune en deux.

Au 1er janvier 1860, lors de l'extension de Paris au delà du mur des Fermiers généraux jusqu'à l'enceinte de Thiers, la commune de Montmartre fut dissoute et son territoire fut réparti comme suit :

  • la plus grande partie, située à l'intérieur de l'enceinte de Thiers, fut rattachée à Paris au sein du 18e arrondissement, appelé « Buttes-Montmartre » ;
  • la petite partie restante, située hors des fortifications de l'enceinte de Thiers, fut rattachée à la commune de Saint-Ouen.

Montmartre a été l'un des lieux importants de la Commune de Paris en 1871Aux XIXe et XXe siècle, Montmartre a été un lieu phare de la peinture, accueillant des artistes comme Pissarro, Toulouse-Lautrec, Steinlen, Van Gogh, Modigliani, Picasso… Plus tard, les artistes peintres abandonnèrent peu à peu l'endroit, préférant se réunir désormais dans le quartier du Montparnasse situé sur la Rive gauche.

Historiquement, l'ancien territoire de la commune de Montmartre comprend la partie ouest du 18e arrondissement, la partie nord du 9e arrondissement ainsi qu'une partie du quartier des Batignolles, couvrant ce qui fut le territoire de l'abbaye royale des Dames de Montmartre durant sept siècles.

Commune de paris 226

Un petit Rappel des causes de la commune

La Commune de Paris est une période insurrectionnelle de l'histoire de Paris qui dura un peu plus de deux mois, du 18 mars 1871 à la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871. Cette insurrection contre le gouvernement, issu de l'Assemblée nationale, qui venait d'être élue au suffrage universel, ébaucha pour la ville une organisation proche de l'autogestion. Elle est une réaction à la défaite française de la guerre franco-prussienne de 1870 et à la capitulation de Paris.

À l'origine de la Commune

De 1804 à 1870, la France a vécu principalement sous des régimes politiques plus ou moins autoritaires : Premier Empire, Restauration, Monarchie de Juillet, Second Empire. Le régime républicain et la démocratie n'ont été que des expériences passagères.

La Commune de Paris trouve sa source dans un élan républicain se référant à la Première République et au gouvernement révolutionnaire de la Commune de 1792, ainsi qu'à l'insurrection populaire de juin 1848, sous la Deuxième République, qui a été réprimée de façon sanglante par le gouvernement issu de la Révolution de février 1848.

La défaite de 1870 et ses conséquences

En juillet 1870, Napoléon III entreprend contre la Prusse une guerre mal préparée, qui le conduit rapidement à la défaite. Le 4 septembre 1870, à la suite d'une journée d'émeute parisienne, l'Empire est renversé. Un gouvernement de défense nationale s'installe à l'hôtel de ville de Paris officiellement pour poursuivre la guerre contre les États allemands, dont les troupes occupent le nord du pays. Selon certaines interprétations, dont celle de l'historien Henri Guillemin, ce gouvernement issu de la classe dominante aurait surtout œuvré à signer la capitulation et à faire accepter la défaite aux Français dans le but d'enrayer la menace du socialisme parisien, qui sans l'aide des Allemands aurait été incontrôlable.

Paris est assiégée et connaît une grave famine au cours de l'hiver 1870-1871. Les Français, humiliés, apprennent que l'Empire allemand a été proclamé dans la galerie des Glaces du château de Versailles le 18 janvier 1871. Le 28 janvier 1871, Jules Favre signe avec le chancelier allemand Bismarck un armistice qui prévoit, outre l'arrêt des hostilités pour une période de quinze jours renouvelables, la convocation d'une assemblée nationale chargée notamment de décider de la poursuite de la guerre ou de la conclusion de la paix.

Les vainqueurs se voient accorder le droit de défiler le 1er mars 1871 à Paris, dans une capitale en deuil, devant des statues recouvertes d'un voile noir. Les Parisiens ruminent leur humiliation. Après avoir soutenu un siège très pénible, ils se sentent trahis par leurs gouvernants. 

Les événements font monter la tension à Paris au sein du peuple où se retrouve « ce qui a produit la sans-culotterie en 1792-1794 : ébénistes, tanneurs, cordonniers, tailleurs, maçons, charpentiers... »

Les élections du 8 février, organisées dans la précipitation pour ratifier au plus vite l'armistice, envoient une forte proportion de monarchistes (400 députés), candidats des listes « pour la paix », à l'Assemblée nationale. La plus grande partie des élus de Paris sont des républicains des listes « pour la guerre », souvent extrémistes. En effet, le peuple parisien pense s'être correctement défendu et ne se considère pas comme vaincu. Il existe un fossé grandissant, confinant parfois à l'exaspération, entre les provinces et la capitale.

La guerre de 1870 a profondément marqué la ville, qui a subi un siège très dur et dont la population a souffert de la faim. L'armistice de janvier 1871 paraît insupportable aux Parisiens, qui ont résisté à l'ennemi pendant près de quatre mois. « Les insurgés vibraient d'un patriotisme de gauche que la honte de la défaite exaspérait. »

L'attitude du gouvernement n'est pas conciliante, notamment lorsqu'il nomme trois bonapartistes aux postes de préfet de police (Louis Ernest Valentin), de chef de la Garde nationale (le général d'Aurelle de Paladines) et de gouverneur (le général Vinoy), nominations vécues comme une provocation par les Parisiens. Le 9 mars 1871, le préfet de police interdit les principaux journaux d'extrême gauche, dont Le Cri du peuple de Jules Vallès.

 

Censure commune monde illustre

 

L'attitude de l'Assemblée, royaliste et pacifiste, qualifiée d'« assemblée de ruraux » par les Parisiens, contribue à l'exacerbation des tensions. Le 10 mars 1871, elle transfère son siège de Paris à Versailles parce qu'elle voit, à juste titre, dans Paris « le chef-lieu de la révolution organisée, la capitale de l'idée révolutionnaire » Dès le lendemain, parmi ses premières mesures, le gouvernement lève sans préavis le moratoire sur le remboursement des effets de commerce et des loyers qui avait été instauré au début de la guerre. Il supprime aussi l'indemnité due à la garde nationale (30 sous par jour). Or, à Paris, la garde nationale rassemble pas moins de 180.000 hommes issus de la petite bourgeoisie et du monde ouvrier qui se sont portés volontaires pour défendre la capitale contre l'ennemi et se sont habitués à vivre sous les armes.

Thiers se dit " décidé à gagner la bataille contre le Peuple de Paris" qu'il a perdu en 1848. L'ennemi et assiégeant approuve la politique de Thiers, offrant même son aide, si nécessaire, et pousse à l'écrasement d'un mouvement "populaire républicain à prétention socialiste".

 La grande liberté de presse et de réunion instaurée sous l'empire règne toujours et favorise la propagation de la révolte et des idées révolutionnaires

 Les acteurs

 Les insurgés fédérés sont environ 80 000 pour la garde active et 113 000 pour la garde sédentaire.

 Les chefs "délégués à la guerre" sont :

 Gustave Cluseret ; ministre de la guerre.

 Louis Rossel, ancien capitaine de l'armée française qui refuse la capitulation et veut continuer le combat en intégrant la Commune. Il sera fait prisonnier, jugé et fusillé par les Versaillais le 28 novembre 1871.

 Charles Delescluze, qui se fera tuer sur la barricade du Château d’Eau le 25 mai 1871.

 DelescluseCluseretRossel

             Gustave Cluseret                                             Louis Rossel                                       Charles Delescluze

 Les chefs militaires de la Commune sont :

 Jaroslaw Dombrowski, le seul officier de valeur et héros de l'indépendance polonaise évadé des prisons de Sibérie. Il sera tué au combat sur la barricade de la rue Myrrha le 23 mai 1871.

 Gustave Flourens, professeur, membre de la Commune et commandant de la XXème légion. Le 3 avril 1870 il est fait prisonnier par les Versaillais et est, sans autre forme de procès, sauvagement sabré par un gendarme.

 Charles Lullier, qui sera destitué par la Commune le 25 avril 1871.

 DombrowskiLullier Flourens

              Jaroslaw Dombrowski                              Gustave Flourens                                      Charles Lullier

  Les autres personnages remarquables, entre autres, sont :

 Eugène Varlin, commissaire aux subsistances de la Commune, une des plus pures et des plus nobles figures des révolutionnaires de 1871. Juste et généreux, il tentera en vain de sauver du massacre les otages de la rue Haxo. Livré aux soldats de Versailles par un prêtre, il sera fusillé sans jugement, après un calvaire de plusieurs heures.  

 Raoul Rigault, délégué à la préfecture de Paris et procureur rigide de la Commune. Arrêté par les Versaillais, il sera condamné à mort et exécuté.

 Félix Pyat, homme de lettres et journaliste élu à la Commission des Finances, la Commission exécutive puis à celle du Salut public. Il échappera aux Versaillais, se réfugiera en Angleterre et sera amnistié en 1880.

 Jules Vallès, écrivain, il relancera le journal " Le Cri du peuple", le plus lu pendant la Commune. Il échappera aux Versaillais et se réfugiera en Angleterre. Condamné à mort par contumace, il sera amnistié en 1880.

 Louise Michel, institutrice elle devient révolutionnaire. Elle participe à la Commune, est arrêtée, emprisonnée puis déportée en Nouvelle-Calédonie. Elle y restera sept ans et sera amnistiée en 1880. Figure légendaire de la Commune cette femme extraordinaire sera surnommée" la vierge rouge". Victor Hugo, son ami, composera un poème dédié à Louise Michel : "Viro Major". 

 Prosper Olivier Lissagaray, journaliste il combattra sur les barricades. Il réussira à échapper aux soldats de l'armée de Versailles pour se réfugier à l'étranger. Il sera amnistié en 1880. Il est l'auteur d'une très célèbre "Histoire de la Commune de Paris".

 Charles Billioray, peintre de profession il est élu au Conseil de la Commune délégué à la Commission des Services publics et à la Commission des finances. C'est un ardent défenseur des lois sociales et populaires. Arrêté par les Versaillais il est déporté en Nouvelle-Calédonie où il meurt après avoir été repris suite à une évasion.

 Zéphirin Camélinat, ouvrier ciseleur de profession, il adhère à 'l'Internationale ouvrière", est nomme par la Commune directeur des postes puis directeur de la monnaie. Sa gestion de l'argent est un exemple de rigueur et d'honnêteté. Pendant la "Semaine sanglante" il combat sur les barricades, échappe aux Versaillais, se réfugie en Angleterre et est amnistié en 1810.

 Jean-Baptiste Clément, ouvrier, chansonnier, il est élu au Conseil de la Commune, il se bat sur les barricades lors de la "Semaine sanglante, échappe aux Versaillais et se réfugie à Londres. Il revient à Paris après l'armnistie de 1880. Il est l'auteur de l'immortel "Temps des cerises et de bien d'autres chansons comme, par exemple "Dansons la Capucine".

 Gustave Courbet, artiste peintre de grande renommée, il est nommé par la Commune membre de la Commission fédérale des artistes. Il est accusé par Versailles d'être l'instigateur de la destruction de la colonne Vendôme. Malgré son attitude plutôt libérale et non violente le gouvernement de Versailles ne lui pardonne pas le "déboulonnage" (nom inventé par Courbet lui-même pour l'occasion et qui à l'époque fit sensation) de la colonne dont la commission des artistes déclara à l'unanimité la "non-valeur artistique". Le peintre, condamné à payer les frais de la reconstruction du monument, s'exile en Suisse et y meurt ruiné. 

 Théophile Ferré, militant blanquiste, orateur au club des "Défenseurs de la République", membre du comité de vigilance de Montmartre, il coordonne l'insurrection lors de la journée du 18 mars 1871. Il est élus au Conseil de la Commune et nommé à la Commission de Sûreté générale comme "Substitut du procureur de la Commune", Raoul Rigault. C'est Ferré qui donne l'ordre de faire fusiller les otages, dont Mgr Darbois l'archevêque de Paris, le 24 mai 1871. Arrêté par les Versaillais le 28 mai, il est jugé, condamné à mort le 2 septembre, et fusillé le 18 novembre 1871. Il est le seul membre de la Commune de Paris condamné à mort et effectivement exécuté.

 Jean-Baptiste Millière, avocat et militant socialiste il est directeur du journal d'opposition "La Marseillaise". Il est élu à l'Assemblée nationale et n'est pas partie prenante dans la Commune mais tente plutôt d'établir un compromis entre celle-ci et le gouvernement de Versailles. Arrêté il est, malgré son appartenance à l'Assemblée et sa modération, fusillé le 26 mai 1871 sur les marches du Panthéon. Il meurt en criant "vive le Peuple, vive l'Humanité !"

 

Vall sMichel

 Lissagaray                                                                                               

 

 

 

 

 

                  Jules Vallès                                        Louise Michel                                                     P.O.Lissagaray               

 

Cam linat

Ferr

               Zéphirin Camélinat                                     Théophile Ferré

Le contexte social parisien

À l'origine de l'insurrection

À Paris, la mixité sociale dans les quartiers, de règle depuis le Moyen Âge, a presque disparu avec les transformations urbanistiques du Second Empire. Les quartiers de l'ouest (7e, 8e, 16e et 17e arrondissements) concentrent les plus riches des Parisiens avec leur domesticité. Les quartiers centraux conservent encore des personnes aisées. Mais les classes populaires se sont installées à l'est (10e, 11e, 12e, 13e, 18e, 19e et 20e arrondissements). Les ouvriers sont très nombreux : 442 000 sur 1,8 million d'habitants, selon le recensement de 1866, ainsi que les artisans (près de 70 000, la plupart travaillant seuls ou avec un unique ouvrier) et les très petits commerçants dont la situation sociale est assez proche de celle des ouvriers. Ces classes populaires ont commencé à s'organiser.

Deux éléments ont pu favoriser l'insurrection du peuple. Tout d'abord, le droit de grève, accordé en 1864, a été très utilisé dans les dernières années du Second Empire. À l'occasion des élections législatives de février 1864, des ouvriers publient le manifeste des Soixante, qui réclame la liberté du travail, l'accès au crédit et la solidarité. Depuis septembre 1864, il existe une Internationale ouvrière qui a des représentants à Paris (en 1868, le gouvernement impérial dissout sa section française dont les membres ont participé à des manifestations républicaines). Ensuite, la loi sur la liberté de la presse de 1868 permet l'émergence publique de revendications économiques anti-capitalistes : le programme de Benoît Malon et Eugène Varlin pour les élections législatives de 1869 prône la « nationalisation » des banques, des assurances, des mines, des chemins de fer... Les blanquistes, partisans de l'insurrection, se manifestent de plus en plus, ce qui inquiète l'opinion et les élus républicains.

Les classes populaires parisiennes (ou tout du moins une partie d'entre elles) craignent de se voir une nouvelle fois frustrées des bénéfices de « leur » révolution de septembre 1870 (renversement du Second Empire). Déjà, après les journées révolutionnaires parisiennes de juillet 1830 comme après celles de février 1848, suivies des élections de mai 1848, les classes aisées avaient confisqué le pouvoir politique à leur profit en installant la Monarchie de Juillet et le Second Empire. En 1871, les Parisiens sont méfiants envers l'assemblée élue en février, où les deux tiers des députés sont des monarchistes de diverses tendances ou des bonapartistes. Comme l'écrit Jean-Jacques Chevallier, « la Commune était l'expression, chez ses meneurs, d'un républicanisme ultra rouge, antireligieux, jacobin, prolétarien, fouetté par la haine pour cette assemblée monarchiste. »

Certains historiens voient encore d'autres facteurs dans son déclenchement, notamment Jacques Rougerie qui souligne le rôle de la révolution haussmannienne et interprète la Commune comme « une tentative de réappropriation populaire de l'espace urbain. »

Qui sont les insurgés ?

 Les archives de la répression qui frappa l'insurrection permettent de dresser le portrait social des communards. L'insurgé-type de 1871 est un travailleur parisien, un homme d'une trentaine d'années. Parmi ces insurgés, on rencontre principalement les ouvriers du bâtiment, les journaliers, et les travailleurs du métal, ouvriers d'ateliers ou de petites fabriques. Ils forment respectivement 17 %, 16 % et 10 % du total. Viennent ensuite les employés (8 %), les cordonniers-savetiers (5 %), les marchands de vin (4 %) et les ouvriers du livre (3 %), fortement politisés7. Ainsi, de petits patrons côtoient des salariés : aux yeux des marxistes, il n'y a pas eu de lutte des classes au sens "moderne" du terme. « Des femmes, elles aussi, prennent part à la lutte et s'organisent au sein de comités et de clubs ».

Le déclenchement

Adolphe Thiers avait commandé la construction des fortifications qui entouraient Paris alors qu'il était ministre de Louis-Philippe. Il avait conçu cette enceinte pour défendre la ville contre des ennemis. Durant la Révolution de 1848, Thiers avait vainement proposé ce plan au roi Louis-Philippe pour briser la révolution parisienne.

   Le 17 mars 1871, Adolphe Thiers et son gouvernement, évaluant mal l'état d'esprit des Parisiens, C’est le général Joseph Vinoy qui fut ainsi chargé de récupérer les canons prussiens, entreposés à Belleville, aux Buttes-Chaumont et à Montmartre. Les militaires arrivèrent à Montmartre dans la nuit du 17 au 18 mars, mais le transport des canons de siège fut retardé en raison du manque de chevaux. Et quand la population de Paris se réveilla, le 18 mars au matin, elle s’opposa violemment à l’enlèvement de « ses » canons : n’avaient-ils pas été acquis suite à une souscription privée financée par les habitants de la capitale ?.Une sentinelle est blessée, Clemenceau accourt et soigne le blessé et declare que son etat necessite uen evacuation vers l'hopital Lariboisière,le général Lecomte refuse. Louise Michel sonne le tocsin et alerte la population.  Les soldats chargés de réprimer toute opposition de la population parisienne, fraternisèrent avec les habitants de Montmartre. Leur chef, le général Lecomte, fut fait prisonnier et incarcéré dans le QG des bataillons fédérés de l’arrondissement de Montmartre, puis fusillé, dans l’après-midi, rue des Rosiers, en compagnie du général Thomas,  Le comité de vigilance de Montmartre, présidé par Louise Michel, et le maire du 18ème arrondissement, Georges Clémenceau tenteront d’intervenir pour que les deux généraux soient normalement livrés à la justice mais sauvèrent les autres officiers

Dsc 0054

Le premier, le général Lecomte, était le matin même à la tête de l’opération destinée à récupérer les canons. Il a été arrêté après avoir menacé de tirer sur la foule.

 Le second, le général Clément-Thomas, a suscité la vindicte populaire pour plusieurs raisons : d’une part, en 1848, il avait participé à la répression de l’insurrection républicaine ; d’autre part, les Parisiens lui reprochent l’échec  militaire d’une ultime tentative de sortie pendant le siège de Paris, laquelle a fait 4000 morts quelques semaine plus tôt ; enfin, il a réprimé la manifestation du 22 janvier 1871. De plus il a été surpris à Pigalle en train de repérer, en costume civil, l’emplacement des premières barricades. D’où son arrestation.

Buste blanqui carnavalet

 

 

 

 

 

Ce meme jour, Thiers organise l'arrestation de Blanqui qui se reposait chez un ami médecin à Bretenoux (Lot). De là, il le fait transférer en Bretagne, sous surveillance militaire, avec ordre de tirer en cas d'évasion.

 

 

 

 

 

 

 

Quand le gouvernement décide de désarmer les Parisiens, ceux-ci se sentent directement menacés. Il s'agit de leur soustraire les 227 canons entreposés à Belleville et à Montmartre. Les Parisiens considèrent comme leur propriété ces canons qu'ils ont eux-mêmes payés par souscription lors de la guerre contre la Prusse. Ils se voient sans défense vis-à-vis d'éventuelles attaques des troupes gouvernementales (comme en juin 1848). Cependant ils disposent de près de 500 000 fusils.

T3350314224215

Thiers gagne Versailles. Des Parisiens (100 000 selon Thiers), surtout habitants des quartiers aisés de l'ouest parisien ou fonctionnaires, l'y suivent. Il semble qu'au cours des semaines suivantes, une bonne moitié de la population parisienne ait quitté la capitale.

Élection du Conseil de la Commune

La commune va durer 72 jours. Echaudées par le souvenir de la commune de la révolution Française en 1792,enthousiasmé par les meneurs intelectuels,courageux mais utopistes ecartant les officiers sérieux comme le colonel Rossel,amateurs, inorganisés,indisciplinés,l'aventure de Paris était condamnée

.Le 25 mars, un jour avant les élections, le Comité Central de la Garde Nationale lance auprès des Parisiens un appel à la vigilance et à la réflexion avant d’élire leurs représentants. Les élections sont organisées le 26 mars pour désigner les 92 membres du Conseil de la Commune. Compte tenu des départs de Parisiens, avant et après le siège de Paris par les Prussiens, et de ceux qui suivent Thiers à Versailles, le taux d'abstention est de 52 %. L'élection d'une vingtaine de candidats « modérés », représentant les classes aisées montre que le scrutin ne fut au moins pas totalement biaisé. Les arrondissements de l'est et du nord (18e, 19e, 20e, 10e, 11e), le 12e et le 13e dans le sud ont voté massivement pour les candidats fédérés. Les 1er, 2e, 3e, 9e et 16e ont quant à eux voté massivement pour les candidats présentés par les maires du Parti de l'Ordre (environ 40 000 voix) et les abstentions y ont été très importantes. En réalité, 70 élus seulement siègeront, du fait de la démission rapide de modérés, de l'impossibilité d'être à Paris pour certains (par exemple Blanqui) et des doubles élections. Le Conseil est représentatif des classes populaires et de la petite bourgeoisie parisiennes. On y trouve 25 ouvriers, 12 artisans, 4 employés, 6 commerçants, 3 avocats, 3 médecins, 1 pharmacien, 1 vétérinaire, 1 ingénieur, 1 architecte, 2 artistes peintres, 12 journalistes.

Proclamation commune paris 1871 monde illustre

Toutes les tendances politiques républicaines et socialistes sont représentées, jusqu'aux anarchistes. Parmi la vingtaine de « jacobins », admirateurs de la Révolution de 1789 et plutôt centralisateurs, on trouve Charles Delescluze, Félix Pyat, Charles Ferdinand Gambon ou Paschal Grousset. À peine plus nombreux sont les « radicaux », partisans de l'autonomie municipale et d'une république démocratique et sociale, tels Arthur Arnould, Charles Amouroux, Victor Clément et Jules Bergeret. On compte une dizaine de « blanquistes », adeptes de l'insurrection et avant-gardistes, comme l'avocat Eugène Protot, Jean-Baptiste Chardon, Émile Eudes, Théophile Ferré, Raoul Rigault ou Gabriel Ranvier. Quelques « proudhoniens », partisans de réformes sociales, siègent : Pierre Denis, Léo Fränkel, Benoît Malon, Eugène Varlin... Enfin, des « indépendants » ont été élus, tels Jules Vallès et Gustave Courbet.

Rapidement, le Conseil de la Commune se divise en « majorité » et « minorité » :

  • les majoritaires sont les jacobins, les blanquistes et les indépendants ; pour eux, le politique l'emporte sur le social ; se voulant les continuateurs de l'action des « montagnards » de 1793, ils ne sont pas hostiles aux mesures centralisatrices, voire autoritaires ; ils voteront cependant toutes les mesures sociales de la Commune ;
  • les minoritaires sont les radicaux et les « internationalistes » proudhoniens ; ils s'attachent à promouvoir des mesures sociales et anti-autoritaires ; ils sont les partisans de la République sociale.

Ces tendances se cristallisent le 28 avril à propos de la création d'un Comité de Salut public, organisme que les minoritaires refusent comme contraire à l'aspiration démocratique et autonomiste de la Commune. Les majoritaires en imposent la création le 1er mai par 45 voix contre 23. Toutefois ces luttes d'influence restent incomprises d'une grande partie des Parisiens et les deux tendances feront combat commun dès l'entrée des troupes versaillaises dans Paris.

Vie politique

À côté des personnalités élues, les classes populaires de Paris manifestent une extraordinaire effervescence politique. Les élections à répétition, le 26 mars pour le Conseil de la Commune et le 16 avril pour des élections complémentaires, maintiennent la tension politique. Les cérémonies officielles permettent aussi les rassemblements : l'installation du Conseil de la Commune à l'hôtel de ville le 28 mars, les obsèques du socialiste Pierre Leroux à la mi-avril, la destruction de l'hôtel particulier de Thiers, la démolition de la colonne Vendôme le 16 mai.

Surtout, la population peut se retrouver dans de nombreux lieux pour y discuter de la situation, proposer des solutions, voire faire pression sur les élus ou aider l'administration communale. Réunis dans les lieux les plus divers, ils permettent à des orateurs réguliers ou occasionnels de faire entendre les aspirations de la population et de débattre de la mise sur pied d'un nouvel ordre social favorable aux classes populaires (comme au Club de la Révolution, animé par Louise Michel). Si ces clubs sont nombreux dans les quartiers centraux (1er, 2e, 3e, 4e, 5e et 6e arrondissements), les quartiers aisés de l'ouest parisien (7e, 8e et 16e) n'en comptent aucun. Les clubs se fédèrent le 7 mai afin d'avoir des contacts plus efficaces avec le Conseil de la Commune.

S'ajoutant aux titres déjà existants, plus de soixante-dix journaux sont créés pendant les soixante-douze jours de la Commune. Mais la liberté de la presse est restreinte dès le 18 avril et, le 18 mai, le Comité de Salut public interdit les publications favorables au gouvernement Thiers. Parmi les journaux les plus influents figurent Le Cri du peuple de Jules Vallès, Le Mot d'ordre d'Henri Rochefort, L'Affranchi de Paschal Grousset, Le Père Duchêne d'Eugène Vermersch, La Sociale avec la féministe André Léo et Le Vengeur de Félix Pyat.

Réalisations

Le terme de « réalisations » doit être pris avec prudence s’agissant d’une instance qui n’existe qu’environ deux mois et n’a autorité de fait que sur une ville, ville qu’au demeurant une part importante de ses habitants ont quittée et où l’activité économique est largement à l’arrêt.

Dès le 29 mars, le Conseil de la Commune forme en son sein dix commissions : exécutive, militaire, subsistances, finances, justice, sûreté générale, travail, industrie et échanges, services publics et enseignement. Le 21 avril le Conseil décide de nommer un membre de la commission exécutive « délégué » auprès de chacune des neuf autres commissions pour en diriger les travaux. Gustave Cluseret devient délégué à la Guerre (remplacé le 1er mai par Louis Rossel, lui-même remplacé le 10 mai par Charles Delescluze) ; Eugène Protot est délégué à la Justice; Auguste Viard est délégué aux Subsistances ; Édouard Vaillant à l'Enseignement ; Raoul Rigault à la Sûreté générale (où il sera remplacé le 24 avril par Frédéric Cournet, puis le 13 mai par Théophile Ferré) ; Léo Fränkel est nommé au Travail, à l'Industrie et aux Échanges ; Jules Andrieu aux Travaux publics. Le Comité de Salut public, créé le 28 avril, dont les attributions n'ont pas été précisées, vient empiéter sur celles des commissions et crée une certaine confusion (qui aboutit le 10 mai à la démission de Louis Rossel).

La Commune administre Paris jusqu'au 20 mai. De nombreuses mesures sont prises et appliquées pendant les 72 journées d'une activité législatrice considérable. La Commune n’ayant aucune légitimité au regard du gouvernement légal du pays, ces mesures disparaissent avec elle sans qu’il soit nécessaire de les abolir explicitement ensuite. Certaines seront reprises par la République plusieurs décennies plus tard.

Mesures d'urgence

« La Commune de Paris, considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de la force brute et de la fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l'un des trois grands principes de la République française, la fraternité, décrète : La colonne de la place Vendôme sera démolie »

Le Conseil de la Commune commence par régler les questions qui sont à l'origine du soulèvement du 18 mars : le 29 mars, un décret remet les loyers non payés d'octobre 1870 à avril 1871, la vente des objets déposés au Mont-de-Piété est suspendue ; le 12 avril, les poursuites concernant les échéances non payées sont suspendues ; le 16 avril, un délai de trois ans est accordé pour le règlement des dettes et des échéances ; le 6 mai, le dégagement gratuit des dépôts de moins de 20 francs au Mont-de-Piété est permis (décret du 6 mai 1871, J.O. du 7 mai).

La solidarité est également organisée : une pension est versée aux blessés ainsi qu'aux veuves (600 francs) et aux orphelins (365 francs) des gardes nationaux tués au combat (8 et 10 avril) ; le 25 avril, un décret réquisitionne les logements vacants au profit des sinistrés des bombardements allemands et versaillais ; des orphelinats sont créés avec l'aide en fourniture des familles parisiennes.

La question du ravitaillement est devenue moins cruciale que pendant le siège hivernal de Paris par les Prussiens : à l'exception du pain qui est taxé, les aliments se trouvent en suffisance grâce aux stocks accumulés après le siège et aux arrivages des terres agricoles et des jardins situés entre les fortifications et les lignes allemandes. Mais par circulaire du 21 avril, le gouvernement Thiers impose le blocus ferroviaire de la capitale. Le 22 avril, des ventes publiques de pommes de terre et des boucheries municipales sont créées pour soulager le budget des familles (dont les dépenses alimentaires constituent à l'époque l'essentiel). Cantines municipales et distributions de repas (à l'exemple des « marmites de Varlin ») fonctionnent, des bons de pain sont distribués.

 La Commune prend aussi quelques mesures symboliques : le drapeau rouge est adopté le 28 mars et le calendrier républicain (an 79 de la République) remis en vigueur. La destruction de la colonne Vendôme, considérée comme le symbole du despotisme impérial, est décrétée le 12 avril et réalisée le 16 mai. Sont aussi décidées la confiscation des biens de Thiers et la destruction de son hôtel particulier à Paris (Thiers se fera rembourser plus d'un million de francs).

Démocratie et citoyenneté

L'appel du 22 mars énonce que « les membres de l'assemblée municipale, sans cesse contrôlés, surveillés, discutés par l'opinion, sont révocables, comptables et responsables » et que leur mandat est impératif. C'est la consécration du gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple : une démocratie directe reposant sur une citoyenneté active, renouant avec l'esprit de la constitution de 1793 qui fait du droit à l'insurrection « le plus sacré des droits et le plus imprescriptible des devoirs » (article XXXV de la Déclaration des droits de l'Homme de 1793, Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793#Insurrection populaire : droit le plus sacré, devoir le plus indispensable).

La Commune de Paris ouvre la citoyenneté aux étrangers : « Considérant que le drapeau de la commune est celui de la République universelle ; considérant que toute cité a le droit de donner le titre de citoyen aux étrangers qui la servent... ».

Travail et démocratie sociale

Le Conseil de la Commune, issu d'un mouvement populaire, se préoccupe d'améliorer la condition des prolétaires. La Commune entend réaliser l'aspiration du mouvement ouvrier français du XIXe siècle : « l'émancipation des travailleurs par les travailleurs eux-mêmes » (Émile Pouget, La Sociale ou son autre nom Le Père Peinard).

Le 16 avril, un décret réquisitionne les ateliers abandonnés par leurs propriétaires (assimilés à des déserteurs) ; il prévoit de les remettre à des coopératives ouvrières après indemnisation du propriétaire. Deux ateliers fonctionnent ainsi pour la fabrication d'armes ; la journée de travail y est de 10 heures et l'encadrement est élu par les salariés. Le 20 avril, les bureaux de placement de la main d'œuvre, entreprises privées très florissantes sous l'Empire, monopoles agissant bien souvent comme des « négriers », sont supprimés et remplacés par des bureaux municipaux. Le même jour, le travail de nuit dans les boulangeries est interdit, mais il faut lutter contre le travail clandestin par des saisies de marchandises et l'affichage de la sanction dans les boutiques. Pour contrer une pratique très répandue, la Commune interdit les amendes et retenues sur salaires, dans les administrations publiques comme dans les entreprises privées (28 avril). Pour lutter contre le sous-salariat dans les appels d'offres concernant les marchés publics, un cahier des charges avec indication du salaire minimum est créé.

La Commune annonce les prémices de l'autogestion. Dans les entreprises, un conseil de direction est élu tous les 15 jours par l'atelier et un ouvrier est chargé de transmettre les réclamations.

 Vers l'émancipation des femmes

Pendant la Commune, sous l'impulsion d'Élisabeth Dmitrieff, jeune aristocrate russe, et de Nathalie Lemel, ouvrière relieuse, se crée l'un des premiers mouvements féminins de masse, l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. L'Union réclame le droit au travail et l'égalité des salaires (un commencement d'application est mis en place pour les institutrices), elle participe au recensement des ateliers abandonnés par leurs patrons (les francs fileurs) réfugiés à Versailles et organise des ateliers autogérés. La Commune reconnaît l'union libre (elle verse une pension aux veuves de fédérés mariées ou non, ainsi qu'à leurs enfants légitimes ou naturels). Des femmes mettent en application le décret de séparation des Églises et de l'État dans les écoles et les hôpitaux, se battent, comme Louise Michel et d'autres, sous l'habit des « fédérés » et défendent Paris contre les « versaillais » sur les barricades (elles sont une centaine, place Blanche, avec Nathalie Lemel). Sur le chemin de l'émancipation des femmes, la Commune a marqué une étape importante.

Presse

 Thiers180px pereduchesneillustre4 1 0

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La liberté de la presse est réaffirmée le 19 mars par le Comité central de la Garde nationale et les journaux anticommunards continuent donc de paraître à Paris. Ils se livrent à des attaques violentes contre le soulèvement et relaient les mots d'ordre politiques de Thiers. Aussi, dès le 5 avril, Le Journal des Débats et La Liberté, jugés proversaillais, sont interdits. Le 12, Le Moniteur universel connaît le même sort. La presse proversaillaise continuant ses attaques, le 9 avril, la Commission de Sûreté générale rappelle que la « déclaration préalable » reste en vigueur. Dès le 18 avril, la Commune menace d'interdiction les journaux « favorables aux intérêts de l'armée ennemie » qui continuent tout de même de paraître. C'est surtout en mai que la lutte contre la presse proversaillaise prend de la vigueur : le 5 mai, 7 journaux sont supprimés, le 11 ce sont 5 autres journaux dont Le Vengeur et le 18 mai, 9 autres. Néanmoins, les publications interdites peuvent reparaître quelques jours plus tard du fait de la totale liberté laissée pour la fondation d'un journal. De son côté, la presse parisienne procommunarde ne peut être diffusée en province du fait de la vigilance du gouvernement Thiers.

Fonctionnaires

La Commune doit faire face à l'absentéisme des fonctionnaires, qui pour une grande part sont partis à Versailles avec Adolphe Thiers ou restent chez eux comme ce dernier le leur ordonne. Il s'agit aussi de changer l'état d'esprit de ces agents publics recrutés sous le Second Empire. La Commune décide l'élection au suffrage universel des fonctionnaires (y compris dans la justice et dans l'enseignement), l'instauration d'un traitement maximum (2 avril) de 6 000 francs annuels (l'équivalent du salaire d'un ouvrier) et l'interdiction du cumul (4 mai). Les fonctionnaires ne doivent plus le serment politique et professionnel.

Justice

La plupart des professionnels de la justice ayant disparu (il n'y a plus que deux notaires en activité dans Paris), il faut pourvoir à tous les postes. Il y a beaucoup de projets, mais faute de temps, peu sont mis en application. Les enfants légitimés sont considérés comme reconnus de droit ; le mariage libre par consentement mutuel est instauré (avec un âge minimum de 16 ans pour les femmes, 18 ans pour les hommes) ; la gratuité des actes notariaux (donation, testament, contrat de mariage) est décidée. Pour tempérer l'activité répressive de Rigault à la Sûreté générale, une sorte d’habeas corpus est mise en place par Eugène Protot: les cas des suspects arrêtés par le Comité central de la Garde nationale ou la Sûreté doivent recevoir une instruction immédiate (8 avril) ; les perquisitions et réquisitions sans mandat sont interdites (14 avril) ; il est obligatoire d'inscrire le motif de l'arrestation sur les registres d'écrou (18 avril) ; une inspection des prisons est créée (23 avril).

Enseignement

Dans l'enseignement, le personnel de l'administration centrale s'est réfugié à Versailles, les professeurs du secondaire et du supérieur, assez peu favorables à la Commune, ont déserté lycées et facultés et les écoles privées congréganistes, nombreuses, car favorisées par la loi Falloux de 1850, ont été vidées de leurs élèves depuis le décret du 2 avril « séparant l'Église de l’État ». Édouard Vaillant, chargé de ce secteur, prévoit une réforme qui vise à l'uniformisation de la formation primaire et professionnelle. Deux écoles professionnelles, une de garçons et une de filles, sont ouvertes. L’enseignement est laïcisé : l'enseignement confessionnel est interdit, les signes religieux chrétiens sont enlevés des salles de classe. Une commission exclusivement composée de femmes est formée le 21 mai pour réfléchir sur l'instruction des filles. Quelques municipalités d'arrondissement, celle du 20e en particulier, qui ont alors la responsabilité financière de l'enseignement primaire, rendent l'école gratuite et laïque. Le personnel enseignant, qui est à la charge des municipalités, reçoit une rémunération de 1 500 francs annuels pour les aides-instituteurs et 2 000 pour les directeurs, avec égalité de traitement entre hommes et femmes.

Cultes

Dans le domaine des cultes, la Commune rompt avec le concordat de 1802 qui faisait du catholicisme « la religion de la majorité des Français » et des membres du clergé des fonctionnaires. À la fin de l'Empire, les classes populaires parisiennes sont assez hostiles au catholicisme, trop lié au régime impérial et aux conservateurs (liens notamment incarnés en la personne de l'impératrice Eugénie). L'anticléricalisme a été revigoré par la propagande blanquiste, d'un athéisme militant, et par l'attitude du pape Pie IX face à l'unification de l'Italie. Le 2 avril, la Commune décrète la séparation de l'Église (catholique) et de l'État, la suppression du budget des cultes et la sécularisation des biens des congrégations religieuses.

Le même jour, l'archevêque de Paris, Georges Darboy, est arrêté comme otage. Les religieux des couvents de Picpus, des Dames-Blanches et d'Arcueil sont inquiétés ou arrêtés sous divers motifs. Les églises Saint-Laurent et Notre-Dame-des-Victoires sont perquisitionnées. Les propositions d'échange de l'archevêque contre Auguste Blanqui, détenu par le gouvernement d'Adolphe Thiers, sont repoussées par celui-ci le 12 avril, puis le 14 mai. Le prélat est fusillé par les communards, avec quatre autres ecclésiastiques, en réplique à l'avance des troupes versaillaises. D'autres exécutions sommaires de religieux vont avoir lieu qui porteront le nombre total à plus d'une vingtaine.

« Communards » contre « Versaillais »

800px le fort d aubervilliers batterie dirig e sur paris durant l insurection

 Les Prussiens favorisèrent l'offensive contre la Commune. Ici, batterie prussienne au fort d'Aubervilliers, pointée sur Paris.

Mobilisation des deux camps

Une grande partie de l'action de la Commune fut absorbée dans la lutte contre l'offensive menée par les troupes régulières obéissant au gouvernement du pays dirigé par Thiers et dénommées les « versaillais » par les insurgés.

Comme le montre sa correspondance télégraphique avec Jules Favre, qui négocie la paix avec les Allemands, Thiers bénéficie de l'appui du chancelier allemand Bismarck. Il s'agit en effet de mettre fin au plus tôt aux hostilités entre la France et l'Allemagne, une des conditions étant le désarmement de Paris. Alors que la convention d'armistice n'autorise que 40 000 soldats français en région parisienne, Bismarck libère rapidement près de 60 000 prisonniers de guerre qui peuvent s'adjoindre aux 12 000 soldats dont dispose Thiers. Le 1er avril, celui-ci déclare à l'Assemblée nationale qu'il met sur pied « une des plus belles armées que la France ait possédée ». Les versaillais seront 130 000 au début de la Semaine sanglante. Ces soldats de métier (la durée du service est de 7 ans) sont surtout issus de milieux paysans. Les conseils de révision écartent la plupart des jeunes ouvriers pour « déficience physique », en raison des conditions de travail que l'industrie de l'époque impose malgré la loi de 1841 sur le travail des enfants. Les troupes sont commandées par le vaincu de Sedan, le maréchal de Mac Mahon. Par les banlieues nord et est qu'ils contrôlent, les Allemands laissent passer les troupes versaillaises qui veulent contourner Paris. De plus, par convention avec le gouvernement Thiers, ils occupent le Chemin de fer du Nord, établissent un barrage de troupes de la Marne à Montreuil et massent 80 canons et 5 000 soldats près de la porte et du fort de Vincennes tenus par la Commune, bloquant ainsi la sortie de la capitale par l'est.

Face à une armée nombreuse, expérimentée et bien armée, la Commune dispose des hommes de la Garde nationale. Depuis la Restauration, tous les hommes de 25 à 50 ans pourvus de leurs droits politiques en font partie. Sous le Second Empire, tous les hommes mariés de 25 à 50 ans sont enrôlés. Les armes sont fournies par l'État, mais l'habillement reste à la charge du garde. À Paris, le recrutement se fait par arrondissement. Dans les limites communales, le service est gratuit, mais le garde reçoit une solde s'il sert au-delà. Le 12 août 1870, le gouvernement réorganise 60 bataillons. Les quartiers bourgeois de Paris (l'ouest et le centre de la capitale) en fournissent plus des trois quarts. Début septembre le gouvernement de la Défense nationale en crée 60 autres, fin septembre il y a 254 bataillons. Les nouvelles créations sont aux trois quarts issues des quartiers populaires de l'Est parisien (10e, 11e, 18e, 19e et 20e arrondissements). On peut y voir l'effet du siège de Paris par les Allemands, qui ranime la fibre patriotique des Parisiens, mais aussi de l'attrait accru de la solde dans le contexte de chômage consécutif au blocus qui accompagne le siège. Au cours de celui-ci, le manque d'entraînement de ces bataillons a pour résultat des performances militaires assez médiocres et leur attitude volontiers frondeuse — ils refusent catégoriquement de se porter sur Sedan — ne les rapproche pas des autres unités françaises.

 Mobilisation de la Garde nationale.

Le 5 avril, la Commune décrète la mobilisation comme volontaires des jeunes gens de 17 à 19 ans et en service obligatoire des célibataires et hommes mariés de 19 à 40 ans. Ces soldats n'ont pratiquement pas d'expérience militaire et s'ils sont animés d'ardeur républicaine, sont aussi assez réticents à la discipline. La troupe souffre, malgré quelques exceptions remarquables (Dombrowski, Louis Rossel), d'une insuffisance du commandement, car les officiers sont élus plus sur leurs convictions que sur leurs capacités à diriger des soldats.

En théorie, la Commune dispose de près de 194 000 hommes de troupe, sous-officiers et officiers (nombre publié par le Journal officiel de la Commune le 6 mai). En fait, les combattants sont moins nombreux et les estimations des contemporains vont de 10 000 (Camille Pelletan) à 41 500 (Cluseret, délégué à la Guerre, le 5 avril). On peut les estimer à 25-30 000 début avril et moitié moins à la mi-mai, cette décrue pouvant s'expliquer par le fait que beaucoup d'inscrits qui ne l'étaient que pour la solde restèrent spectateurs pendant les combats, sans compter ceux qui périrent dans les opérations militaires contre les troupes versaillaises.

Second siège de Paris

.Les versaillais commandée par le général Mac Mahon, comptait 100.000 hommes (mais seulement 20.000 d’entre eux avaient vraisemblablement reçu une formation militaire). passent à l'attaque les premiers. Le 21 mars, ils occupent le fort du Mont-Valérien où les fédérés de la Commune ont négligé de s'installer : cette position qui domine toute la proche banlieue ouest de Paris leur donne un avantage considérable. Le 30 mars, le général de Gallifet occupe le rond-point de Courbevoie et le 2 avril, les versaillais s'emparent de Courbevoie et de Puteaux, les fédérés se repliant vers Neuilly. Le 3 avril, la Commune lance, sous les ordres de Flourens, Eudes et Duval, une contre-offensive en direction de Versailles : elle se solde par un échec à Rueil et à Châtillon. Gustave Flourens est tué par un officier de gendarmerie à Rueil et Duval fusillé avec son état-major le 4, sans procès, sur ordre du général Vinoy. Le même jour, Gustave Cluseret est nommé délégué à la Guerre de la Commune. En réponse aux actes des versaillais, celle-ci vote, le 5 avril, le décret des otages (trois otages fusillés pour un communard exécuté), qui ne sera mis en application que pendant la Semaine sanglante, fin mai. Pendant trois semaines environ, les combats sont sporadiques, mais les bombardements intensifs, en particulier sur Neuilly qui, le 25, bénéficie d'une suspension d'armes pour permettre l'évacuation de la population. Cette période permet à l'armée versaillaise de se renforcer.

Au soir du 26 avril, le village des Moulineaux est occupé par les versaillais qui, le 29, menacent le fort d'Issy où des ordres contradictoires ont entraîné un début d'évacuation. Le 1er mai, Louis Rossel est nommé délégué à la Guerre en remplacement de Cluseret qui a été révoqué. Le 4 mai, les versaillais, aidés par une trahison (qui sera le motif de l’arrestation des dominicains d'Arcueil), enlèvent la redoute du Moulin-Saquet où ils se livrent à des atrocités. Le 5, ils s'emparent du village de Clamart. Le 8, l'enceinte fortifiée de Paris est violemment bombardée de Grenelle à Passy, tandis que le 9, le fort d'Issy est pris par les verssaillais. Le 8 mai, le gouvernement Thiers a adressé un ultimatum aux Parisiens sommés de capituler. Le 10, Charles Delescluze remplace Louis Rossel démissionnaire comme délégué à la Guerre. Le 13, les verssaillais occupent le fort de Vanves, mais sont arrêtés par l'artillerie de remparts de la Commune. Le 17, la cartoucherie de l'avenue Rapp explose dans des circonstances peu claires : on parlera de sabotage, mais il s'agissait d'une poudrerie dans laquelle on faisait des travaux de soudure.

Le 21 mai, grâce à Jules Ducatel, piqueur des Ponts et Chaussées, qui leur a laissé ouverte la poterne du bastion no 64, les Versaillais pénètrent dans Paris par la porte de Saint-Cloud. Commence alors la Semaine sanglante. A midi Mac Mahon etablit son QG place du Trocadéro.Ducatel, arrêté par les fédérés, va être fusillé devant l'école militaire quand il est sauvé par l'arrivée de l'armée régulière. Son acte inspire au directeur du Figaro, Hippolyte de Villemessant, le lancement d'une souscription publique qui rapporte à l'intéressé 125 000 franc-or.

Barricade paris 1871 by pierre ambrose richebourg

Affiche comite salut public montmartre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les troupes de Mac Mahon s’emparèrent du faubourg Montmartre, le 23 mai, de la manière suivante : Montmartre est prise à revers par la division Montaudon, et de front par les généraux Clinchant et Ladmirault, Quelques centaines de fédérés tiennent encore leurs positions, mais les renforts et les munitions promis ne s’y trouvent pas. Quant aux artilleurs, ils ont pris la fuite ! On resiste Place Clichy, place Blanche tenue par des femmes Les lignards gravissent bientôt la butte par les rues Lepic et Marcadet, alors que l’artillerie versaillaise pilonnent les positions des fédérés. A midi, les Versaillais prennent position au moulin de la Galette, s’emparent de la mairie et occupent le 18e arrondissement. Montmartre est tombée et les exécutions sommaires commencent. Varlin reconnu par un prêtre rue Lafayette est amené à Montmartre et executé

Barricade femmes commune 1871

 

 

770px maximilien luce the execution of varlin

 

 

 

 

 

 

Fusillade rue haxo 1871 commune

 Répression

485px girardet l arrestation de louise michel

 L'arrestation de Louise Michel le 24 mai 1871, par Jules Girardet.

 1315392 f d r s fusill s pendant la commune de 1871

 Cadavres de communards (photographie attribuée à Eugène Disderi).

 Plaque f d r s

 Plaque commémorative, mur des Fédérés à Satory.

 La Commune est finalement vaincue durant la Semaine sanglante qui débute avec l'entrée des troupes versaillaises dans Paris le 21 mai pour s'achever par les derniers combats au cimetière du Père-Lachaise le 28 mai. La répression contre les communards est impitoyable : tous les témoins mentionnent les nombreuses exécutions sommaires commises par les troupes verssaillaises, frappant - par exemple - ceux dont les mains portent ou semblent porter des traces de poudre révélant l'emploi récent d'armes à feu. Les trois principaux charniers à l'intérieur de Paris étaient au Luxembourg (3 charniers), à la caserne Lobau et au cimetière du Père-Lachaise . En 1876, le journaliste et polémiste socialiste Prosper-Olivier Lissagaray, ancien communard, estime de 17 000 à 20 000 le nombre des fusillés. En 1880, le journaliste et homme politique Camille Pelletan, membre du parti Parti radical-socialiste élève le nombre des victimes à 30 000. Pour l'historien britannique Robert Tombs, les combats et les exécutions ont fait environ 6 000 à 7 500 morts chez les communards. Les versaillais déplorent 877 tués, 6 454 blessés et 183 disparus dans les combats livrés du 3 avril au 28 mai.

Combats pere lachaise 1871 monde illustre

Dittmar276

 Execution sommaire communards 1871

 

 

 

 

 

 

 Cette répression a toutefois l'appui des grands élus républicains de l'Assemblée nationale, qui pour préserver la République, encore fragile, donneront leur accord à Thiers, craignant la surenchère des communards. Tel sera notamment le cas de Léon Gambetta, Jules Ferry, Jules Grévy qui évoque « un gouvernement factieux », Jules Favre « une poignée de scélérats ». Les députés parisiens condamnent en majorité les communards. L'historien François Furet explique dans La Révolution, tome II, les raisons pour lesquelles Thiers sera soutenu dans sa reprise de Paris par des élus républicains modérés pour empêcher de nuire une minorité insurrectionnelle qui « a pris le pouvoir contre la République », souligne-t-il. À cette époque, la plupart des écrivains dont Zola et George Sand, sont hostiles à la Commune. La répression recueille une approbation générale dans le pays à cause des excès commis et du contexte. François Furet note que le socialisme français pâtira « de l'exil du mouvement ouvrier », et écrit que « ces morts, ont une nouvelle fois et plus profondément encore qu'en juin 1848, creusé le fossé qui sépare la gauche ouvrière et le républicanisme bourgeois ».

Dans le même temps, les communards exécutent 47 otages. La plupart sont des religieux. Le plus célèbre d'entre eux, l'archevêque de Paris Georges Darboy, est arrêté le 4 avril 1871 avec quatre autres clercs en application du « décret des otages » du 2 prairial An 79. Enfermé à la prison Mazas, il est exécuté à la Roquette, à la suite de l'attaque versaillaise, le 24 mai. À cette exécution s'ajoutent celles des dominicains d'Arcueil et des jésuites de la rue Haxo. Pendant toute la semaine du 20 au 28 mai, celle de l'offensive contre la Commune, la Bourse de Paris reste fermée alors qu'elle était jusque-là restée ouverte.

 Execution eveque darboy monde illustre

 A une heure de l’après midi, rue Ramponeau, les Versaillais parvinrent à prendre la dernière barricade. La semaine sanglante s’achevait enfin.

 Caricature fin commune monde illustre

 

 

 

Dessin humoristique symbolisant la fin de la Commune (la légende indique : Bourgeois, le voilà sur le dos, tâchez voir de ne pas le remettre encore sur ses pattes.), Le Monde Illustré, N° 756, 7 octobre 1871.

 

 

 

 

  Bilan de la semaine sanglante : la semaine sanglante ne fut pas baptisée ainsi sans raisons. En effet, outre les affrontements qui avaient coûté la vie à plus de 20 000 communards dans les rues de Paris (contre 850 tués et 6 500 blessés côté verssaillais, plus les 480 otages exécutés par la Commune.), la répression, d’une sévérité sans pareille, fit plusieurs milliers de victimes.

 Ainsi, l’on estime que Thiers fit exécuter 10 000 personnes, en s’appuyant sur les cours prévôtales, établies fin mai ; en outre, sur les 45 000 communards incarcérés par les forces de l’ordre, environ 5 000 furent condamnés à la déportation (pour la plupart vers la Nouvelle Calédonie.). Enfin, plusieurs milliers de détenus furent transférés dans des prisons de l’ouest de la France, dans des conditions hygiéniques souvent déplorables.

 

  A noter que le régime de la Terreur, mouvement ultra-révolutionnaire vivement critiqué aujourd’hui en raison de ses méthodes extrémistes, ne fit « que » 15 000 victimes en un an, de l’été 1793 à juillet 1794. A titre de comparaison, la répression de la Commune entraîna la mort de 30 000 personnes, et ce en l’espace de trois semaines…  

 Au final, la Commune laissa des stigmates dans Paris pendant de nombreuses années. Ainsi, les travaux de reconstruction des bâtiments détruits pendant la semaine sanglante coutèrent plusieurs millions de francs (certains édifices, comme les Tuileries, ne furent jamais reconstruits.). Par ailleurs, l’état de siège fut maintenu jusqu’en 1876, l’autorisation préalable [32] pour tous les journaux fut rétablie, les cafés et restaurants devaient respecter une heure de fermeture imposée par le gouvernement.

 En 1873, il fut décidé de bâtir la basilique du Sacré Cœur de Montmartre, sur le lieu même où avait été déclenché la Commune de Paris, le 18 mars 1871 (l’objectif était d’expier les « crimes » de la Commune.) ; enfin, la troisième république ne promulgua des lois d’amnistie qu’à partir de 1880, soit près de dix ans après les affrontements.

  Des conseils de guerre furent tenus à Versailles pour juger les insurgés en 1871.

Les tribunaux prononceront 10 137 condamnations dont 93 à mort, 251 aux travaux forcés, 4 586 à la déportation (en particulier en Nouvelle-Calédonie), les autres à des peines de prison variables. Vingt-trois condamnés à mort seront effectivement exécutés. Les lois d'amnistie interviendront en 1880. Longtemps encore après les événements, la gauche restera hostile au général Gaston de Galliffet, surnommé pour son zèle répressif « le boucher de la Commune ». Bien qu'il fût légitimiste, Albert de Mun s'élèvera contre la violence de la répression.

La grande majorité des dirigeants de la Commune surent échapper non seulement à la mort au combat ou aux exécutions sommaires, mais aussi à la répression judiciaire. Par exemple, sur neuf membres du Comité de Salut public, un, Delescluze, choisit de mourir sur une barricade, un autre,Billioray, fut fait prisonnier, les autres parvinrent à fuir Paris et à s’exiler à l’étranger. L’amnistie de 1880 leur permit de rentrer en France.

Ainsi, l’on estime que Thiers fit exécuter 10 000 personnes, en s’appuyant sur les cours prévôtales, établies fin mai ; en outre, sur les 45 000 communards incarcérés par les forces de l’ordre, environ 5 000 furent condamnés à la déportation (pour la plupart vers la Nouvelle Calédonie.). Enfin, plusieurs milliers de détenus furent transférés dans des prisons de l’ouest de la France, dans des conditions hygiéniques souvent déplorables.

Caricature communard prison monde illustre

 Caricature cours prevotales monde illustre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dessins humoristiques caricaturant les cours prévôtales (à gauche, l'officier demande au prévenu : Comment bous appelez vous ? Ce à quoi ce dernier répond : Sous la Commune, on m'appelait colonel. A droite, le soldat encourage le détenu : Vous avez de la chance ! Votre dossier brûlé ! Le communard lui répond : Vous êtes gentil ! Une lacune dans l'histoire de France !), Le Monde Illustré, N° 756, 7 octobre 1871.

 Par ailleurs, les forces versaillaises commirent de nombreux abus dans Paris, fusillant les habitants suspectés d’appartenir à la Garde nationale ; les femmes transportant des allumettes, accusées d’être des pétroleuses; les communards blessés dans les hôpitaux ; ainsi que de nombreux Parisiens et Parisiennes qui eurent le malheur de vivre dans les quartiers de l’est de la capitale, derniers bastions communards.

  Petroleuses 1871 monde illustre

 Les incendiaires - Les pétroleuses et leurs complices (à noter que cette illustration se rapproche involontairement de la caricature.), Le Monde Illustré, N° 738, 3 juin 1871.

Destructions

Les nombreuses destructions dans Paris sont imputables à la fois à l'âpreté des combats et, principalement les 23 et 24 mai, aux incendies déclenchés par des commandos communards, visant des bâtiments symboliques de l'État.

Les destructions et incendies d'immeubles civils (rues Royale, de Lille, de Rivoli, boulevard Voltaire, place de la Bastille, etc.), sont liées aux combats de rue, aux tirs d'artillerie, autant fédérée que versaillaise. Certains incendies d'immeubles auraient aussi été provoqués pour des raisons tactiques.

De grands palais nationaux sont délibérément incendiés par des commandos communards :

  • Le palais des Tuileries, symbole du pouvoir impérial de Napoléon III, ainsi que la Bibliothèque impériale au Louvre.
  • Le palais de Justice, dont cependant la Sainte-Chapelle et la Conciergerie échappèrent aux flammes.
  • Le palais d'Orsay où siégeaient le Conseil d'État et la Cour des comptes.
  • Le palais de la Légion d'honneur.
  • Le Palais-Royal (l'aile droite et une partie du bâtiment central).
  • Le Ministère des financesLa Caisse des dépôts et consignations.

La "paternité" de certains incendies a été contestée, comme celle du ministère des Finances, qui serait peut-être le fait d'un tir d'artillerie versaillaise visant la barricade fédérée à l'angle de la rue Saint-Florentin

L'hôtel de ville est incendié par des communards le 24 mai 1871. La bibliothèque de l'Hôtel de Ville et la totalité des archives de Paris furent ainsi anéanties, ainsi que tout l'état civil parisien (un exemplaire existait au palais de justice, l'autre à l'hôtel de ville et ils furent tous deux la proie des flammes).

Une grande partie des archives de la police fut également détruite dans l'incendie du palais de Justice. Certains bureaux de la Préfecture de police étaient alors intégrés aux bâtiments du palais.

D'autres richesses culturelles connurent le même sort, à l'exemple de la maison de Prosper Mérimée, rue de Lille, qui brûla avec tous ses livres, souvenirs, correspondances et manuscrits.

L'historien Jean Sévillia a utilisé les mots d'« holocauste patrimonial », devant l'ampleur des destructions d'ouvrages précieux et d'archives.

Les Archives nationales furent sauvées par l'initiative du communard Louis-Guillaume Debock, lieutenant de la Garde nationale parisienne et directeur de l'Imprimerie nationale sous la Commune, qui s'opposa in extremis à l'incendie ordonné par d'autres communards.

Le palais du Louvre et ses collections échappèrent le 24 mai à la destruction grâce à l'action de Martian de Bernardy de Sigoyer, commandant le 26e bataillon de chasseurs à pied (appartenant aux forces versaillaises), qui fit intervenir ses soldats pour empêcher que le feu ne se propage du palais des Tuileries au musée. Il trouve la mort en poursuivant les combats à la tête de son bataillon. Son corps est retrouvé percé de balles le 26 mai au matin, entre le boulevard Beaumarchais et la rue Jean-Beausire

Prolongements des événements de la commune de 1871 en France

Dans plusieurs autres villes de France (Marseille, Lyon, Saint-Étienne, Narbonne, Toulouse, Le Creusot, Limoges), des communes furent proclamées à partir du 23 mars 1871, mais furent toutes rapidement réprimées.

Construction de la Basilique du Sacré-Cœur sur la colline de Montmartre

À l'emplacement du point de départ du soulèvement parisien, la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre fut construite, en application d'une loi du 24 juillet 1873, pour « expier les crimes des fédérés ». Sa construction débuta en 1875. Le choix d'ériger la basilique sur la colline de Montmartre était hautement symbolique pour la droite victorieuse, c'est là que débuta l'insurrection le 18 mars lorsque les troupes d'Adolphe Thiers vinrent enlever à Paris les canons qui y étaient entreposés. Après la cérémonie de pose de la première pierre, Hubert Rohault de Fleury fit explicitement le lien: « Oui, c'est là où la Commune a commencé, là où ont été assassinés les généraux Clément Thomas et Lecomte, que s'élèvera l'église du Sacré-Cœur ! Malgré nous, cette pensée ne pouvait nous quitter pendant la cérémonie dont on vient de lire les détails. Nous nous rappelions cette butte garnie de canons, sillonnée par des énergumènes avinés, habitée par une population qui paraissait hostile à toute idée religieuse et que la haine de l'Église semblait surtout animer. »

On ne trouve pas de mention de cette motivation dans le texte de loi voté par l'Assemblée Nationale, mais déjà à l'époque elle était dénoncée par l'opposition de gauche.

Notre Randonnée

Départ de la gare du Nord,rue de Clignancourt "chaussée Clignancourt à l'époque,nous voyons ou habitait  Théo Ferré l'ami de Louise Michel,là aussi se trouve le comité de Vigilance du XVIII éme arrondissement dans une ancienne propriété de 1780 transformée en lotissement et en bal chmpêtre c'était le " Chateau rouge"

11 bal du chateau rouge

 

 

 

 

 

 

 

Dsc 0052

 

 

 

C'est dans ce batiment que seront détenu les generaux Lecomte et Clement thomas.

Belle guinguette dans cette petite rue provinciale du nom de Chevalier de la barre

 

 

   Arrivé au pied de la basilique du sacré coeur, ou se trouvait la rue Solferiino et le champs des Polonais , endroit ou les canons étaient rangés. Tout près se trouvait la rue des Rosiers ou furent massacrés les généraux cités plus haut et ou Varlin fut fusillés, lui qui avait tout fait pour eviter le massacre de la rue Haxo

A l'intersection des rues St Vincent, Bequerel et du Mont Cenis se trouvait l'école ou enseignait l'institutrice venue de Lorraine "Louise Michel "

HISTOIRE DE LOUISE MICHEL

Louise Michel naît le 29 mai 1830 en Haute-Marne au château de Vroncourt, fille de la servante Marie-Anne Michel et « de père inconnu », vraisemblablement Laurent Demahis, fils du châtelain Elle grandit près de sa mère dans la famille des parents de Laurent Demahis, qu’elle appelle ses grands-parents, et où elle semble avoir été heureuse, faisant preuve, très jeune, d'un tempérament altruiste. Elle reçoit une bonne instruction et une éducation libérale, lisant Voltaire et Jean-Jacques Rousseau.

Après la mort des Demahis en 1850, Louise est dotée par eux d'un petit pécule, mais elle et sa mère doivent quitter la maison de Vroncourt mise en vente par la veuve et les enfants légitimes de Laurent Demahis

À partir de 1851, elle poursuit des études à Chaumont où elle obtient le brevet de capacité permettant d’exercer la profession de « sous-maîtresse » (on dirait institutrice aujourd'hui). En septembre 1852, à 22 ans, elle crée une école libre à  Audeloncourt où elle enseigne durant une année avant de se rendre à Paris.

Fin 1854, elle ouvre une école à Clefmont, ou pour certains à Millières et n'enseigne, là aussi, que durant une année

À Paris

En 1856, elle vient s’installer à Paris où elle enseigne dans le quartier de la rue du Château-d'Eau, dans la pension de madame Voillier avec laquelle elle entretient des rapports quasi-filiaux1. Commence alors pour elle une période d’activité intense. Pendant les quinze ans qui suivent, elle poursuit régulièrement son activité d'enseignante. En 1865, elle ouvre une école (un externat) au 24 rue Houdon, puis un autre cours rue Oudot en 1868. Elle se montre favorable à des idées, publie plusieurs textes, notamment des poèmes, qu'elle signe sous le pseudonyme d'Enjolras. Elle aurait probablement aimé vivre de sa plume, si les temps le lui avaient permis. Elle entretient une correspondance de 1850 à 1879 avec Victor Hugo, un des personnages les plus célèbres et les plus respectés de l'époque et lui adresse quelques poèmes. Louise est entièrement sous le charme. Victor Hugo la dépeint telle « Judith la sombre Juive » et « Aria la Romaine » dans son poème Viro Major, femmes aux destins exceptionnels et tragiques.

Elle s'introduit dans les milieux révolutionnaires et rencontre à cette époque Jules Vallès, Eugène Varlin, Raoul Rigault et Émile Eudes, collabore à des journaux d’opposition comme Le Cri du peuple. En 1862, elle devient sociétaire de l’Union des poètes ; en 1869, elle est secrétaire de la Société démocratique de moralisation, ayant pour but d’aider les ouvrières. À cette époque, Louise est blanquiste, c’est-à-dire adepte du mouvement révolutionnaire et républicain socialiste fondé par Auguste Blanqui.

En août 1870, à 40 ans, en pleine guerre franco prussienne, elle manifeste contre l'arrestation des blanquistes Eudes et Brideau. En septembre, après la chute du Second Empire, elle participe au Comité de vigilance des citoyennes du 18e arrondissement de Paris dont elle est élue présidente ; elle y rencontre Théophile Ferré frère de Marie Ferré, dont elle tombe passionnément amoureuse. Dans Paris affamé, elle crée une cantine pour ses élèves. Elle rencontre Georges Clemenceau, maire de Montmartre. On assiste alors à d’étonnantes manifestations : femmes, enfants, gardes fédérés entourent les soldats qui fraternisent avec cette foule joyeuse et pacifique. Louise Michel fait alors partie de l’aile révolutionnaire la plus radicale aux côtés des anarchistes, et pense qu’il faut poursuivre l’offensive sur Versailles pour dissoudre le gouvernement d’Adolphe Thiers qui n’a alors que peu de troupes. Elle est même volontaire pour se rendre seule à Versailles et tuer Thiers. Elle n’est pas suivie et le projet avorte.

La Commune

 À quarante ans, membre du Comité de vigilance de Montmartre, Louise Michel est très active lors de la Commune de Paris. Selon une anecdote fameuse, le 22 janvier 1871, en habit de garde nationale, elle fait feu sur l'Hôtel-de-Ville. Propagandiste, garde au 61e bataillon de Montmartre, ambulancière, et combattante, elle anime aussi le Club de la Révolution à l'église Saint-Bernard de la Chapelle. Elle rencontre à cette occasion le maire du 18e arrondissement, Clemenceau. Les 17 et 18 mars, elle participe activement à l'affaire des canons de la garde nationale sur la butte Montmartre.

En avril-mai, lors des assauts versaillais contre la Commune, elle participe aux batailles de Clamart, Issy-les-Moulineaux, Neuilly. Sur la barricade de Clignancourt, en mai, elle participe au combat de rue dans lequel elle tire ses derniers coups de feu ; elle se rend pour faire libérer sa mère, arrêtée à sa place. Louise Michel a été détenue au camp de Satory près de Versailles. Elle assiste alors aux exécutions et voit mourir ses amis, parmi lesquels son ami Théophile Ferré (exécuté avec l’ancien ministre de la Guerre de la Commune, Louis Rossel), auquel elle fait parvenir un poème d’adieu : Les Œillets rouges.

Le peintre Jules Girardet a représenté la révolutionnaire dans deux tableaux. Le premier représente son arrestation le 24 mai 1871. Le deuxième est intitulé Louise Michel à Satory, elle y est présentée haranguant des communards. Louise Michel déclara devant ses juges :

« Ce que je réclame de vous qui vous donnez comme mes juges, c’est le champ de Satory où sont tombés nos frères…»

Elle réclame la mort au tribunal, et c’est sans doute en l’apprenant que Victor Hugo lui dédie son poème Viro Major. Entre 1871 et 1873, elle passe vingt mois en détention à l'abbaye d'Auberive (transformée en prison) et se voit condamnée à la déportation. C’est le temps où la presse versaillaise la nomme « la Louve avide de sang » ou « la Bonne Louise »

La déportation

Embarquée sur le Virginie en août 1873 pour être déportée en Nouvelle-Calédonie, Louise Michel arrive sur l’île après quatre mois de voyage. À bord, elle fait la connaissance de Henri Rochefort, célèbre polémiste, et de Nathalie Lemel, elle aussi grande animatrice de la Commune ; c’est sans doute au contact de cette dernière que Louise Michel devient anarchiste. Elle reste sept années en Nouvelle-Calédonie, refusant de bénéficier d’un autre régime que celui des hommes. Elle crée le journal Petites Affiches de la Nouvelle-Calédonie et édite Légendes et chansons de gestes canaques. Elle cherche à instruire les autochtones kanaks et, contrairement à certains Communards qui s’associent à leur répression, elle prend leur défense lors de leur révolte, en 1878. Elle obtient l’année suivante l’autorisation de s’installer à Nouméa et de reprendre son métier d’enseignante , d’abord auprès des enfants de déportés (notamment des Algériens de Nouvelle-Calédonie), puis dans les écoles de filles.

Le Tigre Clemenceau, qui lui vouait une grande admiration, continuait de lui écrire durant sa déportation et lui adressait des mandats.

Retour en France

De retour à Paris le 9 novembre 1880, après avoir débarqué dans le port de Dieppe (plaque commémorative près du port de plaisance, quai Henri IV), elle est chaleureusement accueillie par la foule. Elle y reprend son activité d’infatigable militante, donnant de nombreuses conférences, intervenant dans les réunions politiques. Deux mois après son retour, elle commence à faire publier son ouvrage La Misère sous forme de roman feuilleton, qui remporte un vif succès.

Elle ne prend que médiocrement part à l’agitation provoquée par l’affaire Dreyfus (s’agissant pour elle de protéger le « frère » Henri Rochefort, ici attaqué par Jimmy Coulom et qui est résolument anti-dreyfusard), mais se réclame jusqu’à sa mort du mouvement anarchiste. C’est le 18 mars 1882, lors d’un meeting salle Favié à Paris, que Louise Michel, désirant se dissocier des socialistes autoritaires et parlementaires, se prononce sans ambigüité pour l’adoption du drapeau noir par les anarchistes (socialistes libertaires), « Plus de drapeau rouge mouillé du sang de nos soldats. J’arborerai le drapeau noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions ».

Ce nouvel engagement est bientôt concrétisé par l’action : le 9 mars 1883, elle mène aux Invalides, avec Émile Pouget, une manifestation au nom des « sans-travail » qui dégénère rapidement en pillages de trois boulangeries et en affrontement avec les forces de l’ordre. Louise, qui se rend aux autorités quelques semaines plus tard, est condamnée en juin à six ans de prison assortis de dix années de surveillance de haute-police, pour « excitation au pillage ». En janvier 1886, le président de la République, Jules Grévy, la gracie. Pourtant dès août, elle est de nouveau emprisonnée pour quatre mois à cause d'un discours prononcé en faveur des mineurs de Decazeville, aux côtés de Jules Guesde, Paul Lafargue et Susini. Refusant de faire appel, elle est finalement relâchée en novembre à la suite d'une remise de peine.

 En janvier 1887, elle se prononce contre la peine de mort, en réaction à la peine capitale à laquelle vient d'être condamné son ami Duval. Le 22 janvier 1888, après avoir prononcé dans l'après-midi un discours au théâtre de la Gaîté du Havre, elle est attaquée dans la soirée à la salle de l'Élysée par le « chouan » Pierre Lucas qui lui tire deux coups de pistolet ; blessée à la tête, elle refuse de porter plainte contre son agresseur. Soignée à l'hôpital de Neuilly, on ne parviendra pas à extraire la balle logée dans son crâne qui y demeurera jusqu'à sa mort, 17 ans plus tardEn avril 1890, Louise Michel est arrêtée à la suite d'un discours qu'elle a prononcé à Saint-Étienne et de sa participation à un meeting qui entraîna de violentes manifestations à Vienne. Un mois plus tard, elle refuse sa mise en liberté provisoire, car ses coïnculpés restent en prison. Elle finit par tout casser dans sa cellule, un médecin demande alors son internement comme « folle ». Le gouvernement, qui craint des histoires, s'y oppose. Elle a alors 60 ans. Finalement, elle est libérée et quitte Vienne pour Paris le 4 juin. En juillet, Louise se réfugie à Londres où elle gère une école libertaire pendant quelques années. À son retour le 13 novembre 1895, elle est accueillie par une manifestation de sympathie à la gare Saint-Lazare.

Pendant les dix dernières années de sa vie, Louise Michel, devenue une grande figure révolutionnaire et anarchiste, multiplie les conférences à Paris et en province, accompagnées d'actions militantes et ce malgré sa fatigue ; en alternance, elle effectue des séjours à Londres en compagnie d'amis. En 1895, elle fonde le journal Le Libertaire en compagnie de Sébastien Faure. Le 27 juillet 1896, elle assiste à Londres au congrès international socialiste des travailleurs et des chambres syndicales ouvrières. Très surveillée par la police, elle est plusieurs fois arrêtée et emprisonnée, et condamnée à six ans d’incarcération et libérée au bout de trois sur intervention de Clemenceau, pour revoir sa mère sur le point de mourir.

Quelques mois avant sa mort, d'octobre à décembre 1904, Louise Michel alors âgée de 74 ans, se rend en Algérie avec Ernest Girault pour une tournée de conférences.

Elle meurt en janvier 1905 à Marseille chez son amie Mme Légier, qui l'avait déjà accueillie l'année précédente. Après une série de conférences données dans les Alpes, elle a pris froid à Sisteron, ce qui a aggravé la bronchite chronique dont elle souffre depuis des années. Le Dr Berthelot de Toulon juge son état alarmant et le Dr Dufour de Marseille conclura à une pneumonie. Le matin du 22 janvier, ses funérailles drainent à Paris une foule de plusieurs milliers de personnes.

Louise Michel et la franc-maçonnerie

Lors de ses funérailles, de nombreux orateurs prennent la parole et, parmi eux, le vénérable de la Loge « Fraternité Universelle » de la Grande Loge symbolique écossaise mixte et maintenue, une obédience maçonnique qui n'existe plus aujourd'hui. Selon Jean Maitron, « des insignes ou emblèmes maçonniques ayant été déposés sur le cercueil, les organisateurs des obsèques firent remarquer que Louise Michel n'appartenait à aucune association ».

En fait, le 20 juillet 1904, sur proposition de Madeleine Pelletier (qui selon Françoise Hecque, « revendique l'honneur d'avoir amené Louise Michel en franc-maçonnerie »), Louise Michel est invitée à la loge « Fraternité Universelle », pour y prononcer une conférence de réception. Lors de cette réunion, elle est cooptée, les membres de la loge s’estimant honorés par son acquiescement à leur offre d'adhésion. Cette date ne doit pas être confondue, comme le fait André Combes, avec celle de son initiation qui a lieu quelques semaines plus tard : le 13 septembre 1904 à la loge no 3 « La Philosophie sociale » de la même obédience, une loge qui admettait les femmes. Elle est initiée en même temps que Charlotte Vauvelle (son amie et compagne depuis 1895) et Henri Jacob. Le lendemain de cette initiation, le 14 septembre 1904, Louise Michel tient une conférence devant la loge « Diderot » de la même obédience qui commence par ces mots : « Il y a longtemps que j'aurais été des vôtres si j'eusse connu l'existence de loges mixtes, mais je croyais que, pour entrer dans un milieu maçonnique, il fallait être un homme ».

Nous arrivons à l'eglise St Pierre de Montmartre

 Parisspdmont ext03L'église Saint-Pierre-de-Montmartre est, comme Saint Julien le Pauvre et Saint germain des prés, l'une des plus vieilles de Paris. La colline est marquée par le souvenir des martyrs : saint Denis, saint Éleuthère et saint Rustique y auraient été décapités. En 1133, Louis VI le Gros et sa femme Adélaïde de Savoie acquièrent le territoire de Montmartre. Ils y fondent l'abbaye royale des moniales bénédictines. L'église abbatiale est consacrée en 1147 : la partie orientale est réservée au moniales, la partie ouest sert aux paroissiens. En 1686, les religieuses abandonnent l'abbaye (dite «d'en haut») qui est devenue trop vétuste.
À la Révolution, l'abbaye de Montmartre est détruite. L'église, saccagée, est transformée en temple de la Raison. En 1814, ce sont les troupes russes qui l'occupent. Les soldats une fois partis, elle échappe à la démolition malgré son délabrement. Restaurée entre 1899 et 1905 par l'architecte Sauvagot, elle est rendue au culte en 1908.
Saint-Pierre est le seul témoin de la puissance de l'ancienne abbaye royale de Montmartre. Sur le plan architectural, ce lieu chargé d'histoire fait la jonction entre l'art roman et le gothique primitif. Depuis 1953, il est embelli par la magnifique verrière de Max Ingrand qui illustre, entre autres, les grandes étapes de la vie de l'Apôtre Pierre. 

Elle a été erigée sur le site d'un ancien temple romain dont on peut voir à l'intérieur 4 colonnes et a servie de campement aux troupes russes en 1814.

A l'intérieur nous pouvons admiré le tres beau tableau de joseph françois Parrocel "Le christ au jardin des oliviers" ainsi que les vitraux modernes de Max Ingrand. A l'exterieur les portes en bronze de Tommaso Gismondi ,il represente St Pierre au centre, Notre Dame a droite et St Denis à gauche. Ils sont de 1980

Parisspdmont51

Parisspdmont60 Parisspdmont62

 

Porte droite st pierreParisspdmont ext08Parisspdmont ext04

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1794, on plaça sur le clocher de l’église Saint-Pierre le télégraphe optique de Chappe. Endommagé par un incendie en 1844, ses ruines subsistèrent jusqu’en 1866.

Puis nous nous frayons un passage parmiles touriste, dessinateurs, peintres,faux peintres, portraitistes et marchands divers pour traverser la place du Tertre et voir l'ancienne mairie utilisée de 1790 à 1837.

 Nous descendons vers la rue Novius, puis la rue Lepic du nom d'un colonel majorde grnadiers a cheval qui s'illustra lors de la bataille d'Eylau et qui fit le coup de feu sur la butte contre les troupes russes en 1814.

Nous tournons rue Tourlaque et le pont Caulaincourt du nom du général de division , ambassadeur à St Petresbourg qui tenta de disuader lNapoleon 1er d'attaquer la Russie

Ensuite le cimetiere Montmartre ou Louise Michel s'illustra contre les Versaillais le 22 et 23 Mai ( plusieurs livres traitent de la commune)

"Histoire de la commune de 1871" de prosper Olivier Lissagaray

 http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2008/07/lissagaray-histoire-de-la-commune-de-1871.pdf

La commune de Paris histoire et souvenir de Louise Michel

http://ragemag.fr/les-derniers-instants-de-la-commune-par-louisemichel-71285/ 

La commune de Paris de william Serman

Nous nous arretons pour déjeuner et commençons avec le traditionnel Kir suivi d'hors d'oeuvre et de plats au portions généreuses. Ceal va nous permettre de continuer notre périple . Le secteur commence à être fréquenté, Les Irlandais ont débarqués pour le match de rugby des 6 nations. Nous leur disons qu'ils vont perdre et eux nous reponde qu'ils vont gagner. Ils avaient raison et c'était presque la St patrick ( Patron des Irlandais) tout etait vert: les maillots, les chapeaux, les perruques, les maquillages

Index1

Place Blanche les barricades étaient tenues par des femmes

Jeanbaptiste clementDans une ruelle " la cité du midi " au n° 10 habitait jean baptiste Clement l'auteur du " Temps des cerises" composé en 1866,Mais c'est en 1885 qu'il dédiera cette chanson à Louise, ambulancière sur la dernière barricade du 28 mai. Cette chanson deviendra le symbole de la Commune de Paris.  Jean-Baptiste Clément est aussi l'auteur de l'une des plus belles chansons de la Commune: La semaine sanglante

Né dans une famille aisée, fils d'un riche meunier, il quitte très jeune le foyer et fut placé dans un pensionnat rue Buffault dans le 9ème où il restera plusieurs années. Apprenti repousseur sur cuivre, à l'âge de 14 ans, il ne le restera pas très longtemps, préférant la fréquentation des cabarets et des guinguettes. Il fera plusieurs métiers, sera trimardeur, manœuvre en construction.

Il exerce plusieurs métiers et rejoint Paris où il côtoie des journalistes écrivant dans des journaux socialistes, particulièrement dans le «Cri du Peuple» de Jules Vallès. Avant 1870, il est plusieurs fois condamné à la prison pour ses écrits et pamphlets "Les Carmagnoles", "89", etc. Il fut emprisonné à la prison de Sainte-Pélagie jusqu'au soulèvement républicain de la Commune.

Révolté contre toutes les injustices sociales

Il siège ensuite à la Commune de Paris. Le 28 mai, il est avec Varlin et Ferré, sur la dernière des barricades. Il se cache un temps, avant de pouvoir trouver refuge en Angleterre, via la Belgique. Condamné à mort par contumace en 1874, il ne rentre en France qu'après l'amnistie de 1879.

Il rentre à Paris en 1880 et devient socialiste, il s'engage dans le syndicalisme, particulièrement dans les Ardennes, où il donne de nombreuses conférences, organise des syndicats. En 1885, il fonde la Fédération socialiste des Ardennes.

Son action dans les Ardennes n'était pas sans susciter une certaine crainte et beaucoup d'opposition de la part de ses adversaires: le patronat ardennais, l'Eglise, les journaux “bourgeois”, la police et même parfois l'ouvrier qui se montre rebelle à l'organisation durable comme à l'éducation politique

Le temps des cerises

Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur
Seront tous en fête !
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur !
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur !

 

 Mais il est bien court, le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles...
Cerises d'amour aux robes pareilles,
Tombant sous la feuille en gouttes de sang...
Mais il est bien court, le temps des cerises,
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant !


Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d'amour,
Evitez les belles !
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour...
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des chagrins d'amour !


J'aimerai toujours le temps des cerises,

C'est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte !

Et dame Fortune, en m'étant offerte
Ne saurait jamais calmer ma douleur...

J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur !



La Communarde

Comme des rats dedans Paris

Par trahison on nous a pris ;

Le macadam et les pavés

De notre sang furent lavés,

Lavés et tant lavés

Qu'ils en sont déjointés.

Refrain

Dansons la communarde

Et tenons bon ! (bis)

Dansons la communarde,

Et tenons bon;

Nom de nom !

Les gredins de capitulards

Ont mitraillé les communards,

Mais devant messieurs les Prussiens,

Tremblants comme des petits chiens,

Ils ont vendu leur peau,

Leur pays, leur drapeau.

Refrain

Tous les Thiers, tous les Mac-Mahon,

Pour se laver de leur affront,

Ont voulu prendre un bain de sang

Ils l'ont pris en nous égorgeant.

Mais ils en ont tant pris

Qu'ils en sont avachis.

Refrain

Mais avec eux, ça n'est pas tout,

Les bons bourgeois ont fait le coup.

Et comme en Juin, tous les premiers,

Ils ont traqué les ouvriers.

Et nous savons qu'alors

Trent'-cinq mille en sont morts !

Refrain

Pour faire bien sans être long,

La mitrailleuse avait du bon.

Qu'on en soit ou qu'on n'en soit pas,

Ils les ont fusillés au tas !

Pour eux un ouvrier

N'est qu'un bon à tuer.

Refrain

Tous les bagnes, tous les pontons,

Tous les forts, toutes les prisons,

Ont regorgé de malheureux

A moitié nus, le ventre creux ;

Pendant que leurs bourreaux

Mangeaient de bons morceaux.

Refrain

Avec les bourgeois aujourd'hui,

Entre nous tout est bien fini.

Quant aux gendarmes, aux roussins,

Aux fusilleurs, aux assassins,

Leur compte sera bon

Aux jours du rigodon !

Refrain

Que voulions-nous : la Liberté

Et le bien de l'humanité.

Pour nous venger des chenapans

Il nous faut faire des enfants,

Et faire des gaillards

Et de francs communards.

La semaine sanglante

Sauf des mouchards et des gendarmes

On ne voit plus par les chemins

Que des vieillards tristes en larmes

Des veuves et des orphelins

Paris suinte la misère

Les heureux même sont tremblants

La mode est au conseil de guerre

Et les pavés sont tous sanglants.

Refrain

Oui mais… ça branle dans le manche !

Les mauvais jours finiront

Et gare à la revanche

Quand tous les pauvres s’y mettront, (bis).

Les journaux de l’ex-préfecture

Les flibustiers, les gens tarés

Les parvenus de l’aventure

Les gens de biens, les décorés

Gens de bourse et coins de rues

Amants de filles aux rebus

Grouillent comme un tas de verrues

Sur les cadavres des vaincus.

Refrain

On traque, on enchaîne, on fusille

Tout ce qu’on ramasse au hasard

La mère à côté de sa fille

L’enfant dans les bras du vieillard

Les châtiments du drapeau rouge

Sont remplacés par la terreur

De tous les chenapans de bouge

Valets de rois et d’empereurs.

Refrain

Nous voilà rendus aux Jésuites,

Aux Mac-Mahon, Aux Dupanloup.

Il va pleuvoir des eaux bénites,

Les troncs vont faire un argent fou.

Dès demain, en réjouissance,

Et Saint-Eustache et l’Opéra

Vont se refaire concurrence,

Et le bagne se peuplera.

Refrain

Demain, les manons, les lorettes,

Et les dames des beaux faubourgs

Porteront sur leurs collerettes

Des chassepots et des tambours.

On mettra tout au tricolore,

Les plats du jour et les rubans,

Pendant que le héros Pandore,

Fera fusiller nos enfants.

Refrain

Demain les gens de la police

Refleuriront sur le trottoir,

Fiers de leurs états de service

Et le pistolet en sautoir.

Sans pain, sans travail et sans armes,

Nous allons être gouvernés

Par des mouchards et des gendarmes,

Des sabre-peuple et des curés.

Refrain

Le peuple au collier de misère

Sera-t-il donc toujours rivé ?;

Jusques à quand les gens de guerre

Tiendront-ils le haut du pavé ?

Jusques à quand la sainte clique

Nous croira-t-elle un vil bétail ?

A quand enfin la République

De la justice et du travail ?

Refrain

 450px tombe j b cl ment

 

 

 Georges ARNOLD, Jean-Baptiste CLÉMENT, Gustave CLUSERET, Simon DEREURE, Théophile FERRÉ, Paschal GROUSSET, Albert THEISZ et Auguste VERMOREL, élus à la Commune de Paris ont fait fonction de maires du XVIIIe arrondissement du 26 mars au 23 mai 1871 après Clemenceau.

Nous remontons place des Abesses ou était la mairie ou dormait Clemenceau dans la nuit du 17 au 18 mars., la rue Houdon au 24 habitait Louise Michel, Place Pigalle et la rue des martyrs ou fut arrête le general Clément Thomas executé rue des Rosiers

Au 9 rue Yvonne le Tac du nom d'une directrice de l'ecole des filles dans cette rue, resistante, arretée et déportée se trouve le Martyrium (lieu ou le premier eveque de paris ( St Denis),l'archipretre Rustique et l'archidiacre Eleuthere furent décapités vers l'an 250

Martyrium de Montmartre

93727404

 

 

De saint Denis à sainte Geneviève, des abbesses de Montmartre à la fondation de la Compagnie de Jésus, il faudrait des pages pour raconter l'histoire (ou la légende) de ce petit lieu...
Bien sûr aujourd'hui rien ne subsiste de la chapelle fondée ici en 475 ni de ses suivantes; ce qui importe, c'est la valeur symbolique de cette toute petite chapelle souterraine qui, malgré son histoire, demeure à l'écart des circuits touristiques.

 

 

 Même quand elle est ouverte, on ne prête pas attention à cette porte qui semble dépendre de l'école voisine.

 

A medium

Nonces                                                                                              

 D custom

Nous tournons rue des trois freres ou au numéro 23 une plaque indique que le docteur Georges Clemenceau avait installé un dispensaire pour soigner les pauvres et les indigents

Trois freres 033

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Trois freres 035
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Trois freres clemenceau par nadar
Un petit rappel sur la semaine sanglante dont je vous ai déjà parlé.
Elle commence le 21 mai 1871, le 23 mai Montmartre tombe et pris fin le 28 mai à Belleville rue Ramponneau vers 15h00
Pour les fédérés les pertes furent énormes mais les chiffres varient suivant les historiens
tués aux combats : au moins 4000
fusillés : au moins 17000
prisonniers : 43000
déportés :4500
reclusion perpetuelle : 1250
peine de prison : 3350
exilés a l'etranger : 10000
 
Sous Jules Grevy
Aministie partielle en 1879
Aministie totale en 1880
 
Jules grevyLe 30 janvier 1879, suite à la démission de Maurice de Mac-Mahon, les parlementaires élisent le républicain modéré Jules Grévy (71 ans) à la présidence de la République.

Sa présidence se signale par l'affirmation sans ambiguïté du caractère républicain du régime. La IIIe Republique ne se cache plus ! Les chambres se transportent de Versailles, ville royale, à Paris ; on décrète le 14 juillet fete nationale, on ouvre le Panthéon pour Victor Hugo...et l'adoption de La Marseillaise comme hymne national (1879).

Par ailleurs, sous les ministères de Charles Freycinet et  Jules Ferry, on impose l'enseignement laique et l'on se lance avec Savorgnan de Brazza et d'autres dans les aventures coloniales au nom de la «mission civilisatrice» de la France.

Le camp républicain se divise en 1884. Clemenceau, chef de file de la «gauche radicale», s'oppose aux «républicains opportunistes» en dénonçant les conquêtes coloniales qui font selon lui le jeu de l'Allemagne. Jules Ferry est contraint à la démission l'année suivante.

 
Les amnisties de 1879 et 1880 en échange de l’oubli.

Les amnisties de 1879 et 1880 pour les condamnés de la Commune n'ont pas été un Grand Pardon: leur objectif, au moment même où s'imposait avec opportunisme une république « raisonnable » qui allait rapidement se confondre avec un certain consensus social et l'expansion coloniale, était bien l'oubli de la guerre civile qui avait divisé les habitants de France entre partisans de l'ordre social, le camp des riches, du capitalisme, et les révolutionnaires, le camp des pauvres, du socialisme. Cette république du contrôle social, où on retrouvait les Ferry et les Gambetta, ces ennemis irréconciliables de la véritable Révolution, allait s'efforcer de faire oublier, à l'école et partout ailleurs, le généreux mouvement de 1871 et son atroce répression, ce crime contre l'humanité. Quoi qu'il en soit, les vaincus ont finalement « bénéficié », mais bien tardivement, des calculs humanitaires qu'ont pu représenter pour certains ces fameuses amnisties.

Les pionniers de l'amnistie

Compte tenu de « l'état de fureur » entretenu par les 26 conseils de guerre aux lendemains de l'insurrection -ils condamnent 13450 personnes dont 4.400 seront déportées en Nouvelle Calédonie -des voix s'élèvent en faveur de l'amnistie dans les journaux qui pétitionnent au nom de « la paix publique » ou dans les Chambres. Léon Richer, Victor Hugo, Henri Brisson, E. de Préssenssé sont dans les premiers. Ils sont suivis par le franc-maçon Louis Thirifocq puis par Edmond Turquet et Georges Perin. Du côté du pouvoir, ces initiatives sont mal reçues car l'on craint, par une amnistie, de « réhahiliter la Commune », cette insurrection « abominable ».

C'est en 1875 et 1876 que, par des députés de la « gauche radicale », comme Edouard Lockroy et Alfred Naquet, s'expriment des voeux en faveur de l'amnistie et que des propositions sont déposées en ce sens, notamment celle, plénière, du doyen F.V. Raspail. Malheureusement, la majorité républicaine de l'Assemblée ne suit pas. Quant aux partisans du statu quo ils estiment que l'amnistie n'est toujours pas à l'ordre du jour, en raison des menaces de vengeance proférées par les proscrits. Xavier Raspail est même condamné pour avoir parlé, dans une publication intitulée « De la nécessité de l'amnistie », de l’hécatombe en mai 1871.

La politique des grâces

Avec comme contexte la question de la cessation des poursuites de l'orientation de la politique gouvernementale décidée en 1876 par le Maréchal-Président Mac Mahon : « Laisser tomber dans l'oubli tous les faits se rattachant à la fatale insurrection de 1871 », Armand Dufaure, le chef du Gouvernement, définit ce que sera le « droit de grâce » : il doit distinguer, dans les rangs des condamnés, celui qui est « digne de pardon » de celui qui a été « violent ».

La pression du mouvement amnistiaire, où se fait remarquer le député de Limoges Georges Perin, s'accentue en 1878 avec cette nouvelle génération de militants qui s'organisent autour du journal Le Prolétaire dans « la commission de l'amnistie ».

On est alors de plus en plus informé des brutalités commises en Nouvelle-Calédonie par l'administration pénitentiaire. Le Gouvernement, compte tenu de ses volontés colonisatrices, s'en émeut. Après l'insurrection canaque de 1878, Dufaure prend de vastes mesures de grâce dont il ne veut exclure que « les révolutionnaires actifs », tandis que les républicains, à l'instar de Charles Floquet, lancent « un solennel appel a l'esprit de concorde, de paix, au sentiment de l'oubli du passé ». Trois propositions d'amnistie sont déposées.

Les hésitations de la République

Comme le dit Louis Blanc, « le moment est venu de fonder définitivement la République », donc de réaliser l'amnistie. Pourtant, malgré la pression du Comité « bourgeois » de Victor Hugo et Louis Blanc et du Comité « révolutionnaire » d'Emile Gautier, le nouveau Gouvernement républicain de Jules Grévy veut poursuivre la politique de Dufaure car presque toute la classe politique craint plus que jamais d'absoudre la Commune et se déclare hostile au retour de ses chefs et des « gens sans aveux », ces fauteurs de trouble barricadiers. Leur amnistie serait, selon le Garde des sceaux Le Royer, l'oubli de la leçon de 1871.

Finalement, le 20 février 1879, c'est une amnistie partielle qui est votée. L'élection du prisonnier Auguste Blanqui à Bordeaux en avril, qui est invalidée, est une protestation contre ce rejet de l'amnistie plénière. Cette « grâce-amnistie » va « bénéficier » à plus de 3.000 victimes qui vont rentrer par bateaux en fin d'année sans globalement attenter au maintien de l'ordre.

Sommations d'amnistie

Ce retour relativement tranquille des déportés va faire progresser l'idée de l'amnistie plénière dans l'opinion. Il reste en Nouvelle-Calédonie un peu plus de 1.000 condamnés, ces fameux « meneurs » que la classe politique, à l'exception des socialistes, ne veut pas voir revenir. Une nouvelle proposition de Louis Blanc est rejetée au début de l'année 1880. L'amnistie reste pourtant à l'ordre du jour. Deux nouvelles candidatures amnistiaires, celle de Blanqui gracié à Lyon et d'Alexis Trinquet « le bonnet vert » à Paris-Belleville, sont d'ailleurs de véritables injonctions populaires.

L'amnistie des internationalistes pour une fête nationale

Gambetta et Freycinet, vu l'état de l'opinion publique et leur calculs politiques, vont donc prendre, à l'occasion du 14 juillet, cette « grande mesure » qu'est l'amnistie plénière, afin « d'effacer les dernières traces de la guerre civile » que l'on oppose ainsi aux institutions républicaines : il faut d'après le premier « confondre le peuple, l'armée et les pouvoirs publics dans une commune fraternité (...), supprimer ces récriminations éhontées de la guerre (...), jeter un voile sur les crimes » et arracher « aux anarchistes de profession » les braves gens « égarés ». Le 6 juillet 1880, les derniers condamnés de la Commune font ainsi l'objet de la grâce « républicaine ».

Les opportunistes et les « radicaux », qui ont voulu récupérer le mouvement pour l'amnistie, n'ont agi, dans leur souci « d'apaisement et d'oubli », que pour établir une république tricolore idéale et parlementaire où rien ne rappelle la Commune et son drapeau rouge. Ils ont tout fait pour attirer vers eux les « revenants » de Nouvelle-Calédonie qui arrivent plutôt désunis et traumatisés.
 

 Amnistie g

F1 highres

 1 copie 28

Et pour finir une chanson peut connu de Louise Michel Le Chant des Captifs de 1887

Ici l'hiver n'a pas de prise,
Ici les bois sont toujours verts ;
De l'Océan, la fraîche brise
Souffle sur les mornes déserts,
Et si profond est le silence
Que l'insecte qui se balance
Trouble seul le calme des airs.

Le soir, sur ces lointaines plages,
S'élève parfois un doux chant :
Ce sont de pauvres coquillages
Qui le murmurent en s'ouvrant.
Dans la forêt, les lauriers-roses,
Les fleurs nouvellement écloses
Frissonnent d'amour sous le vent.

Viens en sauveur, léger navire,
Hisser le captif à ton bord !
Ici, dans les fers il expire :
Le bagne est pire que la mort.
En nos cœurs survit l'espérance,
Et si nous revoyons la France,
Ce sera pour combattre encor !

Voici la lutte universelle :
Dans l'air plane la Liberté !
A la bataille nous appelle
La clameur du déshérité !...
... L'aurore a chassé l'ombre épaisse,
Et le Monde nouveau se dresse
A l'horizon ensanglanté !

  Deux chansons à ecouter pour finir

Le temps des cerises

 

Le chant des Captifs

Ainsi se termine notre randonnée sur la commune de Paris, nous rejoignons la Gare du Nord

barbu3-1.gif

Histoire de fous 2ème Partie

Aujourd'hui 30 Novembre 2013 Robert nous entraine pour la deuxieme partie d'une histoire de fous dont la premiere partie avait eu lieu en Mai 2013 ( vous pouvez la retrouver sous le lien " les rando douces sur Paris"

Le ciel est dégagé mais le vent véhicule une fraicheur tonique, nous sommes 17 au rendez vous dont beaucoup ont déjà suivi la première partie.

Un petit rappel de la folie à travers les ages

Et maintenant un peu d'histoire sur ces hopitaux parisiens

L'HOTEL-DIEU

L’ Hotel-Dieu de Paris est le plus ancien hôpital de la capitale. Fondé en 651 par l'évêque parisien Saint Landry, il fut symbole de la charité et de l'hospitalité.

 Modeste à l'origine, il est construit du VII et XVIIème siècle sur la rive gauche de l' ile de la Cité, au sud du Parvis Notre-Dame ; deux bâtiments étaient reliés par le pont au Double.

Les constructions actuelles abritant l'hôpital datent du XIXe siècle

 L’histoire des hôpitaux parisiens date du Moyen Age. La pauvreté étant très importante à l’époque, elle devient une occasion de rédemption pour beaucoup de bourgeois et de nobles, qui voient en elle une façon de racheter leurs péchés en leur venant en aide. Les œuvres permettent alors de créer l’hôpital de la Charité, dont la structure lie immanquablement piété et soins médicaux. L’Église est alors toute-puissante, tant d’un point de vue administratif que thérapeutique. La création de l’hôtel-Dieu de Paris procède de cette tradition de charité, qui dure jusqu’au XIXe siècle, malgré une remise en cause régulière.

 Au XVIe siècle, l’hôtel-Dieu connaît une crise financière, puisqu'il était seulement financé par les aides, subsides ou privilèges. Celle-ci occasionne la création en 1505 d’un conseil de huit gouverneurs laïcs : les présidents du Parlement, de la Chambre des Comptes, de la Cour des Aides, et le prévôt des Marchands. L’État intervient progressivement, d’abord par l’intermédiaire du lieutenant général de police, membre du Bureau de l’hôtel-Dieu de Paris en 1690, puis par l'intermédiaire de Neker, qui crée au XVIIe siècle les charges d’« inspecteur général des hôpitaux civils et maison de forces » et de « commissaire du Roi pour tout ce qui a trait aux hôpitaux ».

 À cette période, l’image du pauvre change. Il devient socialement dangereux car marginal. Pour le contrôler, les élites du XVIIe siècle brandissent des arguments moraux et créent des établissements permettant d’enfermer les pauvres. L’hôpital est alors un lieu de réclusion, permettant par la même occasion d’assainir le monde urbain. L’hôpital prend alors le nom de « hôpital général » ou plus simplement « hôpital d’enfermement », dont l’hôtel-Dieu fait partie.

 Le rôle de madame Necker, aux côtés de son mari, modifie progressivement la symbolique de l’hôpital : de la charité, on passe à la bienfaisance. Le malade est mieux considéré. On voit même apparaître des maisons de convalescence. De plus, les idées prônées par le siècle des Lumières permettent une importante réflexion sur le milieu hospitalier. Mais ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle, que l’hôpital devient une « machine à guérir », où le malade y est soigné et en ressort guéri. Il faut cependant attendre le XIXe siècle, pour que l’hôpital devienne un lieu de pratique de la médecine et de la science, mais aussi, un lieu d’enseignement et de la recherche médicale.

 Ancienhoteldieuparismarville

 Ancien hôtel-Dieu photographié par Charles Marville vers 1865-1868.

 En 1772, un incendie détruit une grande partie de l’hôtel-Dieu. D’autres plans sont alors construits et de nombreuses modifications sont apportées.

En 1801, les hôpitaux parisiens se dotent d’un cadre administratif nouveau : le Conseil général des hôpitaux et hospices civils de Paris. La volonté d’une meilleure gestion occasionne la création de nouveaux services : Bureau d’admission et Pharmacie centrale, par exemple.

D'autre part, à cette époque, l’hôtel-Dieu prône la pratique de la vaccination. Le duc de La Rochefoucauld-Liancourt en est d’ailleurs un fervent partisan. De même les découvertes de René-Théophile-Hyacinthe Laennec permettent d’affiner les méthodes de diagnostic, l’auscultation et l’étiologie des maladies.

 Face à ce développement de la médecine, l’hôtel-Dieu ne peut faire face. De nouveaux hôpitaux parisiens font leur apparition, chacun se spécialisant sur un ou plusieurs cas cliniques. L’hôpital Saint-Louis devient un grand centre d’études et de soins des maladies de peau ; La Pitie devient un centre d'études et de soins des maladies du système nerveux et des centres de gériatrie, etc. Progressivement, chaque hôpital développe son centre de pédiatrie.

L’HOPITAL SAINT-LOUIS

Créé par Henri IV pour désengorger l’ Hôtel-Dieu lors d’épidémie de peste, il lui donna le nom de Saint-Louis en souvenir de son aïeul Louis IX, mort de la peste devant Tunis en 1270.

Aujourd’hui, l’hôpital Saint-Louis utilise ses locaux historiques (qui sont en partie classés et en partie inscrits monuments historiques) pour les activités administratives, et est équipé depuis les années 1980 d’un nouvel ensemble immobilier moderne où s’effectuent ses missions hospitalières et universitaires de centre hospitalier universitaire (CHU). Ses spécialités majeures sont la dermatologie, l'hématologie ainsi que la cancérologie. Il emploie 2500 personnes, dont un millier pour le personnel médical. Il abrite l'institut de recherche sur la peau de l'INSERM et la Fondation René Touraine.

797px p1040714 paris x hopital saint louis rwk 

La porte sud-ouest de l’hôpital (située au croisement de la rue Bichat et de l’ avenue Richerand) est connue du grand public comme étant l'entrée du commissariat dans la série policière Navarro

 L’hôpital Saint-Louis est édifié au début du XVIIe Siècle sur décision de Henri IV, qui signe le 17 mai 1607 l’édit fondant cet hôpital, à la suite des graves épidémies de 1562, 1596 et 1606.

 Il s’agit initialement d'un hôpital intermittent, utilisé en période d’épidémie, pour mettre en quarantaine les malades contagieux de Paris. Il est ainsi installé en dehors des murs, au delà de la porte du Temple, au milieu de champs, entre la rue du Careme-Prenant et les chemins de Saint-Maur, de Meaux et de Belleveille. L’hôpital est construit à proximité du fameux gibet de Montfaucon

Montfaucon in medieval period 800x1032

 

643px fourches

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 La construction, assez rapide, s’effectue d’après les plans de Claude Vellefaux ou de ClaudeChastillon, avec une chapelle pour première construction. Le vendredi 13 Juillet 1607, le roi en pose la première pierre et Antoine LE Mercier organise les travaux.

600px chapelle st louis 051

 L’entrée de la chapelle par la rue de la Grange aux Belles

La messe mortuaire du roi Henri IV assassiné par Ravaillac le 14 mai 1610 y est la première célébrée, probablement sur une musique de la Missa pro defunctis d’ Eustache du Caurroy (1549-1609). La construction de l’ensemble de l’hôpital est terminée en 1612.

À l’origine appelé Maison de la Santé, l’hôpital a pris le nom de Saint-Louis en souvenir du roi  Louis IX, qui décéda d’une épidémie dite de peste (et en réalité de dysenterie) sous les remparts de Tunis, en 1270 à la fin de la huitième croisade (organisée par Louis IX). Les premiers malades n’arrivent qu’en 1616 et l’hôpital reste ouvert pendant trente ans.

Les premières périodes où l’hôpital a été en service furent :

  • 1616 à1636 sans discontinuer (épidémies) ;
  • 1651, pendant la Fronde;
  • 1670 à1671 (épidémie dite de scorbut) ;
  • 1709 à1710 (idem) ;
  • 1729 à 1730 (idem) ;
  • de 1731 à1740 : les locaux de l’hôpital servirent de grenier à blé ;
  • en 1749, on y enferme les mendiants et vagabonds de Paris ;
  • de 1754 à1767 pour désengorger l’hôtel-Dieu;
  • à partir de 1773 à la suite de l’incendie de l’hôtel-Dieu. L’hôpital Saint-Louis ne fermera plus à partir de cette date, devenant un hôpital permanent.

L'hôpital a joué un rôle significatif dans le développement de la dermatologie au XIXe siècle. Il abrite toujours un musée de moulage sur ce thème.

  • Rebaptisé hospice du Nord sous la Révolution Française, l'hôpital est consacré à la prise en charge des maladies de peau par arrêté du Conseil général des hospices du 27 novembre 1801.
  •  Jean-Louis Alibert y est nommé médecin adjoint. Il fonde à l'hôpital Saint-Louis, la première école de dermatologie du monde.
  • en 1879 s'installe la chaire de clinique des maladies cutanées et syphilitiques de la faculté de médecine de Paris confié à Alfred Fournier.
  • En 1889, s'y crée la Société française de dermatologie.

Au XXe siècle l'hôpital Saint-Louis accueille des spécialités chirurgicales et hématologiques. Durant cette période, il bénéficie de multiples protections au titre des monuments historiques: Le pavillon Gabrielle, le pavillon Bazin, la pharmacie et la cuisine actuelle sont inscrits le 28 juillet 1937, divers bâtiments, en particuliers ceux entourant la cour centrale, sont classés le 21 décembre 1982, la chapelle est classée le 25 juin 1993, le bâtiment du musée de dermatologie est inscrit le 12 novembre 1997, le puits est inscrit le 27 mai 2003 et le réservoir dépendant des eaux de Belleville est classé le 6 février 2006 .

L’architecture de l’hôpital ancien

450px paris 11e hopital saint louis carre

L’architecture de l’hôpital Saint-Louis en fait comme une petite place des Vosges, construite à la même époque. Une cour carrée de 120 mètres de côté est entourée comme un cloître, de bâtiments aux façades de brique et de calcaire. L'architecte était le même que pour la place de Vosges

Plan

Premier plan de l'hopital St Louis

Jusqu'en 1634 la poudre à canon est fabriquée à l'arsenal situé dans Paris près de la Bastille, avec salpètre,poudre de charbonde bois et souffre. La fabrication est transféré au petit arsenal qui de viendra plus tard la Salpétrière

Petit

Le petit arsenal qui deviendra la Salpetrietre

La duchesse d'Aiguillon, nièce de Richelieu transforme ces lieux en hopital pour accueillir les pauvres.

Après les guerres de religion et surtout la fronde, Paris regorgent de mendiants et de soldats qui troublent l'ordre public. Louis XIV interdit la mendicité

LA SALPETRIERE

En 1656, Louis XIV confia à l'architecte Liberal Bruant la construction d'un hôpital à l'emplacement du petit arsenal, où l'on fabriquait la poudre pour les munitions, surnommé la « Salpêtrière ». La Salpêtrière fut le premier et le plus grand des établissements de l' Hopital General, institution voulue par les dévots du Saint-Sacrement, et destinée au « renfermement » des mendiants.

Grâce à la générosité du Cardinal de Mazarin, du premier Président du Parlement, Pomponne de Bellièvre, du surintendant des finances, Fouquet, le projet de construction voit le jour.

Le Vau, premier architecte du roi, est chargé du projet, assisté de Le Muet et Duval.
Les premiers travaux entrepris à partir du plan de Duval consistant dans l’aménagement de bâtiments, visibles encore de nos jours, puisqu’il s’agit de la division Mazarin, bientôt doublée du bâtiment Sainte Claire (Division Montyon).

 En 1669, Louis XIV décide la construction d’un édifice religieux conforme, à la splendeur de son règne. Le Vau dessine le premier plan de la Chapelle Saint Louis, et Colbert choisit de l’accoler au bâtiment Mazarin.

 Colbert demande à Louis Berryer qu’il a nommé administrateur de l’hôpital général, de surveiller la construction de la chapelle Saint Louis, de renforcer la répression de la mendicité, et de développer les manufactures utilisant la main d’œuvre des femmes enfermées.

Le Vau meurt en 1670, Libéral Bruant prend la suite du chantier, l’édifice est achevé en 1678.

Avec la construction de la Maison de la Force en 1680, la Salpêtrière prend un aspect franchement répressif, y seront enfermés enfants, femmes, femmes criminelles et voleuses.en  ajoutant cette annexe pour loger les femmes  la Salpêtrière un lieu de concentration, de répression et de détention pour femmes livrées à l'arbitraire le plus total.

Grâce à la générosité de la marquise de Lassay en 1756 sera construit le bâtiment qui porte son nom.

L’infirmerie générale, due à Payen est élevée en 1783.

 La Salpêtrière fut d'abord une dépendance de l'Hôpital général. L'Hôpital général avait été, on le sait, créé par Louis XIV, pour enfermer une nuée de mendiants et d'aigrefins qui sillonnaient les rues de la capitale et constituaient pour les Parisiens un danger permanent. En même temps qu'était promulgué l'édit royal du 27 août 1656, portant établissement de l'Hôpital général pour le renfermement des pauvres mendiants de la ville et des faubourgs de Paris, des lettres patentes faisaient don au nouvel établissement des bâtiments du Petit Arsenal (autrement dit la Salpêtrière), déjà affectés depuis 1653 à cette destination.

A l'origine, la Salpêtrière recueillait des pauvres femmes. Le bâtiment dit de la Vierge, qui servira par la suite d'asile aux reposantes, est un vestige des premières constructions. Sous le cardinal Mazarin, la Salpêtrière consistait en une sorte de grange, où se faisait le salpêtre, et une fonderie d'où dépendaient divers magasins. Quand on appropria ces locaux, à la suite des ordonnances royales, on avait l'intention d'y recevoir plus de 600 femmes et près de 200 enfants, depuis deux ans jusqu'à sept. On devait également construire un grand bâtiment neuf pour loger des mendiants mariés. On édifia seulement la façade septentrionale de, l'établissement, qui prit le nom de bâtiment Mazarin, et la façade méridionale, qui s'appela pavillon Sainte-Claire. Un des pavillons du bâtiment Mazarin fut baptisé pavillon Bellièvre, en mémoire du premier président Pomponne de Bellièvre, qui avait pris une part active à la création de l'hôpital général.

En 1669, Louis XIV prescrivit de remplacer la chapelle de l'établissement, consacrée à saint Denis, par une église de plus vastes proportions. L'édifice nouveau, construit sur les plans de l'architecte Levant, fut placé sous le vocable de saint Louis. Le bâtiment consiste en un dôme octogone, percé par huit arcades qui aboutissent à quatre nefs, rayonnant autour du dôme central. Le portique ou vestibule est décoré de colonnes ioniques, avec une attique au-dessus.

Chapelle

Salpetriere

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la droite de l'église, se trouve le bâtiment Mazarin; à sa gauche, le bâtiment Lassay, du nom de la marquise de Lassay, qui fit les frais de construction.

Aile

La prison de la Force, où l'on détenait les filles de mauvaise vie, fut établie au centre de l'hôpital vers 1684. mlle Clairon, l'artiste en vogue, faillit y être conduite. Plusieurs personnages de distinction y furent enfermés.

Maison

Nous pouvons en core voir en batiments existants : La maison des archers, les batiments des folles, La porte d'entrée

Loge

Hopital salpetriere loges des folles 1

Vue exte

524979 l entree de l hopital de la pitie salpetriere a paris

La supérieure de la Salpêtrière, en général une femme proche des milieux parlementaires jansénistes, était également l'éminente de l'Hôpital général. La nomination, en 1749, d'une femme proche de l'archevêque de Paris, entraîna l' affaire de l'affaire de l'Hôpital général, une révolte des magistrats laïcs du Parlement de Paris qui n'eurent de cesse de retrouver la mainmise exclusive sur l'établissement.

À la veille de 1789, l'hôpital, qui était le plus grand hospice du monde, abritait dix mille personnes et la prison comptait plus de trois cents détenues. Jusqu'à la Révolution, la Salpêtrière n'eut aucune fonction médicale : ses malades étaient envoyées à l' Hôtel-Dieu. Pendant cette Révolution, en particulier les 3 et 4 septembre 1792, des scènes sanglantes se déroulèrent dans la prison où les aliénées indigentes avaient été entassées.

 Les infirmeries, dont le pavillon central fut orienté sur la même ligne que le dôme de l' église et la porte d'entrée de l'hospice ne remontent qu'à 1780. Leur construction dura sept années. Ce n'est donc que vers la fin du XVIIIe siècle que la Salpêtrière devint, en même temps qu'un asile hospitalier de femmes, une maison de force.
Le conseil général des hospices fit supprimer, vers 1807, les chaînes, les carcans, les fers aux pieds et aux mains, qui étaient encore en usage pour le traitement des fous et des folles. Les locaux malsains furent détruits, de même que les cachots obscurs et les basses loges, qui se trouvaient en contre-bas de plus de 15 pieds par rapport aux loges neuves. En abattant force planchers et cloisons intermédiaires, on put construire des dortoirs vastes et bien aérés.

En 1815, le grand bâtiment habité par les épileptiques fut complètement restauré, et pour effacer jusqu'au souvenir du passé, l'hospice prit, en 1823, le nom, qu'il a conservé depuis, d'Hospice de la Vieillesse-Femmes. Parmi les modifications apportées depuis cette époque, signalons : un atelier de travail (pour procurer de l'ouvrage aux aliénées, aux épileptiques et aux indigentes) définitivement constitué en 1835. La même année, on commençait la construction de quatre pavillons carrés, divisés en seize petites cellules, pour les malades agitées ou relevant de l'action de la justice. En 1836, les bâtiments de cette nouvelle section, dite section Rambuteau, étaient complétés par la construction de quatorze cellules, faites en forme de chalets suisses, et espacées dans un vaste terrain, de manière à donner, par l'isolement complet, de nouveaux moyens d'action dans le traitement de la maladie. En 1848, les jeunes filles idiotes, confondues jusqu'à cette époque avec les adultes, et reléguées dans des dortoirs où tout exercice leur était interdit, furent placées dans un quartier séparé.

Une école municipale d'infirmières a été annexée à l'établissement en 1878. Il existait, dans le quartier des aliénés, une autre école, dans laquelle les enfants arriérés recevaient une éducation spéciale. Cette école d'enfants arriérés comprenait un asile pour les enfants du premier âge, et un ouvroir, où l'on apprenait aux petites malades la couture et la fabrication des fleurs artificielles.

Un service de bains et d'hydrothérapie a été édifié en 1883. Le public y était admis, soit en payant, soit sur la présentation d'une carte d'indigent. La Salpétrière, tour à tour dépôt de mendicité et maison de correction, n'était plus, au début du XXe siècle qu'un vaste refuge pour les vieilles femmes indigentes, et un hôpital pour les affections nerveuses. Cette denière fonction prit fin en 1921, et l'Hospice ferma en 1968.  Quatre ans plus tôt, l'établissement avait fusionné avec l'Hôpital de la Pitié et s'était transformé en  l'hôpital généraliste classique qu'il est aujourd'hui encore, et qui est aussi doté, depuis 1966, d'une faculté de médecine

Louis XIV scelle le 27 avril 1656 un édit confirmant la création d’une institution vouée à l’assistance des pauvres, appelée l’Hôpital Général Destinée à œuvrer en faveur de la suppression de la mendicité à Paris et dans ses faubourgs, l’institution s’apparente à une direction exerçant à la tête d’un groupe hospitalier. En effet, l’édit de 1656 prévoit la centralisation de l’administration de l’ensemble des maisons de secours pour agir en faveur de l’enfermement des pauvres.

Elle regroupe à son origine cinq maisons : la Salpêtrière, Bicêtre, la Pitié, la maison Scipion et la savonnerie de Chaillot. Bientôt elle s’agrandit et administre plus de dix maisons hospitalières parisiennes déjà en activité : aux établissements déjà cités s’ajoutent le Saint-Esprit, le refuge de Sainte ­Pélagie, les Enfants Rouges, le Mont de Piété et les trois maisons des Enfants Trouvés c’est-à-dire les Enfants Trouvés du faubourg Saint-Antoine, ceux de la rue Notre-Dame et ceux de l’hospice de Vaugirard.

 L’Hôpital Général de fondation royale, doit son autorité au gouvernement civil et à l’Église. Sa direction revient à plusieurs administrateurs. Parmi eux figurent quatre chefs supérieurs : l’archevêque de Paris, le procureur général du Parlement, le lieutenant de Police et le prévôt des marchands. Ces dirigeants s’assemblent en un bureau chargé de l’administration des maisons de secours gouvernées selon les règlements de l’édit de 1656. Quant à ses ressources, il les assure grâce aux dons et legs, à ses revenus issus de la gestion de son domaine, à ses droits provenus des privilèges et au travail fourni par les administrés.

Conformément aux articles énoncés dans l’édit portant établissement de l’Hôpital Général, l’institution ordonne l’enfermement des mendiants valides et invalides hommes et femmes dans un hôpital pour être employés à divers travaux pour le service intérieur de la maison.

Vueexte

 Alienées tranquilles

Autrement dit, sous la protection du roi et grâce à l’action des archers chargés de maintenir la police intérieure, elle devient un lieu où les pauvres mendiants perdent leur liberté. Voilà toute l’ambiguïté d’une institution qui au nom de l’extinction de la mendicité se manifeste au moyen d’actes répressifs. Au lendemain de la Révolution, l’Hôpital Général disparaît au profit d’une nouvelle administration hospitalière : le conseil général des hôpitaux et hospices civils. Cependant, les établissements qui le composent dès 1656 continuent leur activité et survivent à leur administration.

SAINTE ANNE

 Le premier hôpital du quartier, fondé au XIIIe siècle par la veuve du roi Saint-Louis, fut remplacé en 1606 par le Sanitat Saint-Marcel, dit "La Santé" pour y loger les pestiférés. En 1645, la Régente Anne d'Autriche décide de le déplacer plus au sud parce que trop proche de l'Abbaye du Val-de-Grâce. Les travaux débutent en 1651 au lieu-dit "Pique-hoüe" ou "Longue-Avoine", entre l'avenue René Coty actuelle et la rue de la Santé. Le sanitat prend le nom de Sainte-Anne, en l’honneur de sa fondatrice.

Il reste quasi-inoccupé jusqu'en 1787, date où il est choisi par l'Académie des Sciences comme site d'un des quatre hôpitaux devant remplacer l'Hôtel-Dieu. Tenon lui-même propose de le réserver aux "aliénés curables". Le projet est abandonné à la veille de la Révolution. Vingt ans plus tard, le "Clos Sainte-Anne" est loué par une laiterie.

Les lettres patentes du roi confirmant la translation des services de l'hôpital de la Santé du faubourg Saint Marcel en l'hôpital Sainte-Anne datent de mai 1651. Par contrat du 7 Juillet 1651 entre les gouverneurs de l' Hotel Dieu et les fondés de pouvoir de la Reine régente  Anne d'Autriche, l'Hôtel-Dieu cédait les bâtiments et les terrains de la Maison de Santé, la reine donnant en échange les 21 arpents de terrain choisi pour établir le nouvel hôpital, qui devait prendre le nom de la sainte patronne de la mère de Louis XIV:Sainte Anne. Cet établissement, peu utilisé, fut transformé en une ferme où venaient travailler les aliénés de l'hospice de Bicêtre, relativement proche. Cette ferme – la ferme Sainte-Anne – connut pendant plusieurs années une importante activité du fait du travail et des initiatives des malades. En 1772, suite à un grand incendie à l'Hôtel-Dieu (déjà incendié en 1737 et 1742), un réaménagement de quatre grands hôpitaux est décidé à Paris (l'hopital Saint Louis, l'hôpital Sainte-Anne, les Hospitalieres de la Roquette et l'abbaye Royale de Saint Perine de Chaillot).

 En 1788, suite à un arrêté du Conseil d'etat, l'architecte bernard Poyet est chargé de reconstruire complètement l'hôpital.

 En 1833, Esquirol envisage d'y établir un hospice pour vieillards et infirmes.

La même année, Guillaume Ferrus, médecin chef de Bicêtre obtient d'y appliquer ses théories sur le traitement des aliénés par le travail. Pendant trente ans, les aliénés tranquilles de Bicêtre -200 au plus fort de l'activité- s'y rendent pour divers travaux d'élevage et de culture essentiellement.
L'enclos de 5 hectares, entouré de murs, correspond à la partie sud-est de l'hôpital actuel, jusqu'à l'(ex-) impasse Reille. La ferme Sainte-Anne est un modèle, pour ses bons effets sur la santé des aliénés.

  En 1863, Napoléon III décide la création d'un hôpital psychiatrique à Paris sur l'emplacement de la ferme Sainte-Anne. Il est désigné sous le nom d'« asile clinique » car il est destiné à être un lieu de traitement, de recherche et d'enseignement des maladies mentales. Haussmann, préfet de la Seine, est chargé de cette opération.

 800px chapelle du centre hospitalier sainte anne construite 1869 par l

 La chapelle Sainte Anne, construite par Charles-Auguste Questel en 1869.

 L'« asile » est inauguré le 1er janvier 1867 et le premier patient admis le 1er mai de la même année. Pendant de nombreuses années Sainte-Anne va remplir son rôle de protection du malade mental, de son traitement avec les faibles moyens thérapeutiques de l’époque. On verra s’y développer une recherche médicale très importante et très approfondie souvent masquée par les préjugés qui se heurtent aux murs de l’établissement.

450px galerie luigi pirandello de l

 L’asile se dote d’un service de soins dentaires en 1892, de consultations externes – gratuites dans le but de réduire les internements – et d’un pavillon central de chirurgie générale destiné au traitement chirurgical des malades des asiles du département de la Seine. Cet important bâtiment, très moderne pour l’époque, comporte, dans des parties septiques et aseptiques nettement séparées, des salles d’hospitalisation, une section obstétricale, des laboratoires de radiologie, de microphotographie et de biologie.

 En 1922, est créé par Edouard Toulouse le centre de prophylaxie mentale, premier service libre, c’est-à-dire dans lequel les malades ne sont pas internés dans le cadre de la loi du 30 juin 1838. En 1941 est installé l'un des premiers laboratoires d’électroencéphalographie de France. La section de bio-psychopathologie de l’enfant dont la vocation est de mettre à la disposition de l’enfance inadaptée et des familles un ensemble original clinique et thérapeutique dans son double aspect affectif et cognitif est créée en 1947.

800px p1110093 paris xiii rue cabanis entree hopital sainte anne rwk

L HOPITAL GENERAL

 Les origines de l’hôpital Général restent hypothétiques, les archives de l’Assistance Publique ayant été détruites en 1871.

Vincent de Paul approuve le projet en soutenant l’action « des dames de Charité » dont faisaient partie la Duchesse d’Aiguillon (nièce de Richelieu) et Madame de Miramion.

La compagnie du Saint Sacrement, société secrète d’action catholique, semble avoir joué un rôle déterminant dans le but d’apporter aux mendiants qui vivent dans le désordre et le libertinage, les secours de la religion.

Le 27 avril 1656, le roi Louis XIV signe l’Edit de création de l’Hôpital Général. Pour enfermer les pauvres, le roi fait don des maisons de la Pitié, du refuge Sainte Pélagie, de l’hôtel Scipion de Bicêtre et de la Savonnerie.

Les 20 arpents (33 hectares) de l’enclos de la Salpêtrière entrent alors dans l’hôpital général.

Les bâtiments constitués de quelques granges où l’on fabrique le salpêtre sont très rapidement jugés insuffisants.   

L’Enfermement

 La population enfermée dépasse 3 000 personnes en 1690.
Cent ans plus tard Tenon en dénombre 8 000.

 La Salpêtrière est tout à la fois crèche, asile, hospice, prison, maison de redressement un peu infirmerie, mais pas du tout hôpital au sens moderne du terme.

Elle s’occupe davantage de sauver les âmes que de soigner les corps.

 Ce n’est qu’avec la création de l’infirmerie générale (détruite en 1965 pour édifier le bâtiment de rééducation neurologique), qu’un début de prise en charge des maladies verra le jour.

Les femmes aliénées, jugées incurables sont transférées de l’Hôtel Dieu à la Salpêtrière où elles occupent des dortoirs séparés. Quatorze loges, dès le début du XVIIème, abritent les malheureuses enchaînées.

On enferme dans la prison de « La Force », à proximité de la Chapelle Saint Louis, les débauchées, les libertines, les sorcières, les aventurières, les criminelles et les voleuses.
Les lettres de cachet permettent l’enlèvement régulier des prostituées qui troublent le bon ordre, pour les mener, sous l’escorte des archers, vers « Le Commun » (quartier particulièrement dur de la prison de la Force).

756px etienne jeaurat 001fille

A « La Grande Force », quartier de la prison, sont enfermées des prisonnières de marque.
C’est parmi les prisonnières de « La Force »  que furent choisies les femmes envoyées pour peupler les nouvelles colonies. Colbert avait imaginé ce système dès 1669 pour la province de Québec.

 A partir de 1715, des convois sont orientés vers le Mississipi et les Antilles.
Ces déportations servirent de thème au roman de l’Abbé Prévost (qui fut Aumônier à la Salpêtrière) : « Manon Lescaut ». La fontaine dite de Manon est encore aujourd’hui un témoignage de cette époque.

 Parmi les prisonnières célèbres on peut se souvenir de la Comtesse de la Motte, tristement impliquée dans l’affaire du collier de la Reine Marie Antoinette.

 C’est également dans la cour de la prison de « La Force » dite encore aujourd’hui « cour des massacres », que le 4 septembre 1792 (période de la Révolution), des égorgeurs, venus de Bicêtre assassinèrent 35 femmes parmi les 270 prisonnières.

Massacre

 La médicalisation

 A la veille de la Révolution (1764), « des dépôts de mendicité » sont créés, ils complètent l’œuvre de l’Hôpital Général.

 Dès 1780, avec la construction de l’Infirmerie Générale s’amorce une activité de soins.
Avec l’arrivée de Pinel, auteur du traité sur « L’observation du traitement moral » qui est le plus propre à rétablir dans certains cas, la raison égarée des maniaques, s’amorce une classification des maladies mentales.

Les malades sont répartis en différents secteurs adaptés à leur cas.

L’architecte Viel, est chargé de reconstruire les loges des aliénées afin d’améliorer leur condition d’hébergement.

L’importance prise par le traitement des aliénées à la Salpêtrière modifie profondément l’organisation globale du service médical.

 Le conseil général des hospices

En 1801, Frochot, Préfet du Consultat, souhaite placer sous une autorité centralisée, l’administration des secours parisiens : naît le « Conseil Général des Hospices de Paris », composé de onze personnalités ayant le contrôle des recettes et  dépenses sur 19 établissements dont la Salpêtrière.

En 1849, institution de l’administration Générale de l’Assistance Publique de Paris (nom conservé jusqu’en 1991), composée du « service des secours à domicile » et du « Service des hôpitaux et hospices civils ». Un directeur, nommé par le Ministre de l’Intérieur, a autorité sur l’Institution, prépare les budgets, ordonne les dépenses, exerce la tutelle des enfants trouvés, abandonnés ou orphelins et celle des aliénés. Les médecins des hôpitaux, hospices, secours à domicile sont dès lors « nommés sur concours ».

 La Neurologie

 A la Salpêtrière, Jean Martin Charcot est nommé médecin en 1862. Il y commence un ensemble de travaux sur les maladies du système nerveux et notamment l’hystérie, qui va devenir le fondement d’une nouvelle discipline.

Ses leçons attirent un auditoire international. Il meurt en 1893, laissant l’école de la Salpêtrière.

Ses élèves lui voueront un culte éternel, un seul, Babinski osera revenir sur ces théories sur l’hystérie.

La spécialité neurologique de la Salpêtrière va se confirmer avec les Médecins Brissaud, Raymond, Dejerine…

A partir de 1900, l’activité des services traitant des maladies mentales s’amenuise. La Salpêtrière perd définitivement sa fonction d’asile en 1921.

Le vieil hôpital de la Pitié jugé trop vétuste est démoli en 1896. L’actuelle Mosquée de Paris, sera construite à cet emplacement.

barbu3-1.gif

 

Le cimetiere de Montmartre

Aujourd'hui 26 octobre Robert nous entraine au Cimetiere de Montmartre. Entre ceux qui s'inscrivent, ne viennent pas sans prevenir et ceux qui ne s'inscrivent pas , c'est 18 personnes qui vont ecoutés avec attention notre conteur. Le temps est gris mais se maintient

Nous allons commencé par la petite histoire de Montmartre

Histoire

 Montmartre fut longtemps un village indépendant de Paris.

 L’étymologie du nom Montmartre est un peu floue, certains historiens le font dériver du Mons Mercurei et Mons Martis, le Mont de Mercure et de Mars : des vestiges de temples gallo-romains dédiés à ces divinités ont été découverts.

 D’autres du Mons Martyrium, le mont des Martyrs, à cause de la legende du martyr de St Denis et de ses compagnons : Rustique et Eleuthère conté par l’Abbé Hilduin qui souhaitait éclipser les cultes païens. St Denis premier évêque de Paris, qui aurait survécu à son exécution, victime des persécutions antichrétiennes, il fut décapité sur la colline de Montmartre avec deux autres coreligionnaires. La légende raconte qu'il ramassa sa tête et marcha jusqu'à l'emplacement de l'actuelle basilique de Saint-Denis où il fut inhumé. Une des rues historiques menant à Montmartre s'appelle d'ailleurs la rue des Martyrs

En 475 Sainte Geneviève fit transporter le cercueil de Saint Denis dans un oratoire au col de la Chapelle ( emplacement actuel de l’Eglise Saint Denys de la Chapelle ), puis le roi Dagobert le fit transférer à l’abbaye royale de Saint Denis.

 Les fouilles archéologiques montrent que de nombreux chrétiens ont été inhumés sur la butte Montmartre. Leurs ossements étaient rassemblés dans une carrière à mi-hauteur, c’est le Martyrium ou champ des morts. Une chapelle fut érigée : ce Sanctum Martyrium devint un lieu de pèlerinage fort célèbre.


 Plus probablement, Montmartre se rattache à un Mons Martis « le mont de Mars » car, à l'époque gallo-romaine, un temple dédié à Mars, dieu de la guerre, se trouvait sur la butte, à l'emplacement de l'actuelle eglise St Pierre (ainsi qu'un autre temple, dédié à Mercure), par la suite à l'époque chrétienne, le mont de Mars aurait été réinterprété en « mont de martre », martre signifiant « martyr » en ancien français.

 Au 12è siècle, Montmartre passa sous la tutelle des Bénédictines (d'où la place des Abbesses) qui y développèrent des vignes et des moulins, avant de voir l'abbaye démantelée par la Révolution.

 Lors du siege de Paris en 1590, Henri IV fit installer deux batteries d’artillerie : « l’une sur Montmartre l’autre sur le haut de Montfaucon vers le Mesnil qui commencèrent à tirer et battre en ruine, vers les rues St Honoré, St Denis et St Martin et les environs. ».

Lors de la formation des communes et des départements décret du 12 novembre 1789, de l'Assemblée nationale, Montmartre devint une commune de la Seine en mars 1790. Celle-ci se constitua avec difficulté  En 1785, les fermiers généraux chargés de récolter les impôts royaux demandèrent à l'architecte Ledoux de cerner la capitale d'une enceinte fiscale, qui coupa la commune de Montmartre en deux : Montmartre intra-muros (le 9ème actuel) fut soumis aux taxes. L'arrondi de la place s'est dessiné autour des trois arcades de la barrière d'octroi de Ledoux, démolies en 1861. Au bord de la fontaine se tenait un marché aux modèles pour les peintres impressionnistes de la fin du 19è siècle comme Manet. Les "viveurs", danseurs, demi-mondaines fréquentaient alors les cabarets des boulevards de Clichy et de Rochechouart. Les sex-shop d'aujourd'hui sont plus interlopes, mais attirent autant les foules. Au n° 13 (hôtel Royal) sont sculptés des chevaux ailés et des chimères. Le nom de la place Pigalle (et du quartier) provient du nom du sculpteur du 18è s Jean-Baptiste Pigalle le mur de l'octroi ayant dans le même temps coupé l'ancienne paroisse en deux. Le Haut-Montmartre procéda à l'élection de son propre conseil, qui se déclara favorable à la séparation entérinée le 22 juin 1790, Paris annexant le Bas-Montmartre.

 Son premier maire fut Felix Desportes, un bourgeois originaire de Rouen, qui s'installa Place du Tertre en 1788. Il transforma son domicile en Mairie et établit solidement cette municipalité jusqu'en avril 1793. Patriote zélé, il donne les prénoms de Flore Pierrette Montmartre à sa fille née en mai 1791.

 Au cours de la Révolution Française, la commune porte provisoirement le nom de Mont-Marat.

 En 1840-1845, la construction de l' enceinte de Thiers partagea le territoire de la commune en deux.

 Au 1 janvier 1860, lors de l'extension de Paris au delà du mur des fermiers generaux jusqu'à l'enceinte de Thiers, la commune de Montmartre fut dissoute et son territoire fut réparti comme suit :

la plus grande partie, située à l'intérieur de l'enceinte de Thiers, fut rattachée à Paris au sein du 18 arrondissement, appelé « Buttes-Montmartre » ;

la petite partie restante, située hors des fortifications de l'enceinte de Thiers, fut rattachée à la commune de St Ouen.

 Montmartre a été l'un des lieux importants de la Commune de Paris en 1871. les canons de la ville y furent dressés, les ballons destinés à observer les lignes ennemies décollaient de la place Saint-Pierre, Gambetta en décolla pour Tours ; Louise Michel, enfant du quartier fut ensuite emprisonnée en Nouvelle-Calédonie.

 En raison de la lumière des hauteurs et surtout de la modicité des loyers, la butte fut colonisée par les artistes à partir du 19è siècle : on pouvait y croiser Corot, Géricault, Renoir, Degas, Cézanne, Max Jacob, Apollinaire, Juan Gris, Vlaminck, Braque, Picasso etc

 Historiquement, l'ancien territoire de la commune de Montmartre comprend la partie ouest du 18e arrondissement, la partie nord du 9e arrondissement ainsi qu'une partie du quartier des Batignolles, couvrant ce qui fut le territoire de l' Abbaye des dames de Montmartre durant sept siècles.

 Le sous-sol

La vie de Montmartre a été déterminée par la richesse de son sous-sol qui est composé de quatre séries de couches gypseuses, reposant sur une plate forme calcaire.

Les Romains extrayaient déjà le gypse. Jusqu’au 17ème siècle, son utilisation pour construire les maisons a été intensive, au point que le dicton en vogue était : « il y a plus de Montmartre dans Paris que de Paris dans Montmartre ».

Les carrières étaient d’abord à ciel ouvert, puis après interdiction du roi, l’extraction devint souterraine. Les blocs de gypse étaient débités, cuits dans des fours. Le plâtre ainsi obtenu était broyé, battu et mis en sac.

La montmartrite était réputée pour sa résistance aux intempéries. La plupart des sarcophages mérovingiens ont été fabriqués en plâtre moulé. Le métier de batteur de plâtre s’est perpétué jusqu’au 19ème siècle.

sarigue.jpg 

Sarigue de Montmartre

Marsupial provenant du gypse éocène de Montmartre.

L’exploitation intensive du sous sol de Montmartre a bouleversé la circulation des eaux souterraines, sources taries, cavités creusées, ce qui a provoqué des effondrements de terrains .

L’exploitation des carrières a cessé vers la fin du 19ème siècle, et depuis 1980, le service des Carrières mène une campagne d’injection de béton pour consolider les zones fragilisées.

Des ossements fossilisés furent découverts par Cuvier en 1798 aux abords d’une des anciennes entrées des carrières de Montmartre. Ces restes ont démontré que la Butte fut habitée par des animaux d’espèces disparues. On a retrouvé aussi dans une couche de marnes calcaires, un tronc de palmier d’un volume considérable, pétrifié en silex.

Ces carrieres furent utilisées comme lieu de refuge des premiers chrétiens.

Le clos de Montmartre

 Vignes de Montmartre

vignes.jpgDepuis la construction de l’Abbaye de Montmartre, des vignes étaient cultivées sur la butte. La première vigne aurait été plantée par Adélaïde de Savoie, la première Abbesse. D’ailleurs, il y avait un pressoir tout près des bâtiments. Avec l’appauvrissement de l’Abbaye, les Dames de Montmartre sont obligées de vendre des terrains situés au bas de la butte. Dés la fin du 15ème siècle, des vignerons s’installent et cultivent des vignobles, dont les noms résonnent encore : le clos Berthaud, la Sauvageonne et la Goutte d’Or.

Les vignobles entraînent l’ouverture de tavernes et de cabarets, car le vin était soumis à des droits d ’octroi pour entrer dans Paris.

 

 

 

 Poulbot

De ce fait, les gens prennent l’habitude de sortir de Paris pour aller boire et s’encanailler dans les bals et les nombreuses guinguettes de Montmartre. Le vin de Montmartre avait la réputation de « faire sauter comme une chèvre » et devait être un peu diurétique, car le dicton disait : « c’est du vin de Montmartre, qui en boit pinte en pisse quarte » (à noter qu’une pinte faisait 93cl, et une quarte 67 litres ! )

A partir de 1860, date de l’annexion de Montmartre à Paris, les vignobles disparaissent un à un, jusqu’en 1929. Cette date marque la création du clos de Montmartre par Francisque Poulbot (1879-1946 ).

Il était illustrateur et dessinateur engagé connu pour sa générosité. On l’appelait « le père des gosses » Ses dessins étaient les témoins de la misère des enfants de Montmartre, mais aussi de leur débrouillardise et de leur humour.

Son nom est resté attaché à ces gosses des rues, ces gamins de Paris : « les Poulbots », dignes successeurs de Gavroche !

poulbot2.jpg

gavroche-poulbot.jpg

 

 

   Francisque Poulbot et quelques amis artistes avaient eu vent de la construction de grands immeubles dans l’ancien jardin d’Aristide Bruant situé rue des Saules.

 Pour sauver ce lieu des promoteurs immobiliers, avec l’aide des habitants, il créa un square et quelques pieds de vigne furent plantés. En 1933, la plantation s’enrichit de trois mille plants de Thomery et trois plants de Morgon.

La première récolte a eu lieu en 1937. Depuis, chaque vendange le premier dimanche d’octobre donne lieu à une fête populaire. Le vignoble est propriété communale, et depuis 1994, Francis Gourdin, vinificateur du Clos-Montmartre et vice-président des oenologues franciliens, améliore la qualité du vignoble, remplace les anciens plants.

closmontmartre.jpg Marque du Clos

Le vin est meilleur d’année en année, dit-on. Il y a actuellement 27 cépages, dont une majorité de Gamay, du Pinot Noir et quelques pieds de Sauvignon. Mille kilos de raisin ont été récoltés en 2001, malgré une exposition plein nord, et 1701 bouteilles sont vendues. Le jour des vendanges, c’est la fête dans le quartier avec musiques, défilés, parade traditionnelle, les confréries oenologiques de toute la France y participent et la soirée se termine par un dîner spectacle et un bal.

Les cuvées portent un nom Montmartrois, et sont parrainées par des artistes. Il y a eu la cuvée Dalida, Moulin-Rouge, en 2001 la cuvée Lapin-Agile parrainée par Pierre Arditi et Carole Bouquet, en 2002 la cuvée Toulouse-Lautrec parrainée par Valérie Lemoine et Maxime Leforestier.

Le prix des bouteilles et élevé, environ 45 euros la bouteille, mais les sommes récoltées sont versées aux oeuvres sociales de la Mairie du 18ème arrondissement.

Le Cimetiere de Montmartre

Le cimetière du Nord, communément appelé cimetière de Montmartre à la suite de la restructuration de la commune de Montmartre entre 1818 et 1824, fut ouvert le 1er janvier 1825.

 220px-p1040797-paris-xviii-cimetiere-de-montmartre-rwk.jpg

Cimetière de Montmartre vu du pont Caulaincourt.

Le cimetière de Montmartre est situé à Paris, depuis 1860, au 20, avenue Rachel, dans le XVIII arrondissement. Il est installé à l'emplacement des anciennes carrières de Montmartre , réputées pour leur gypse dont on fit un plâtre utilisé à grande échelle dans la capitale.

Hors des limites de la capitale furent créés le cimetière de Montmartre au nord, le cimetière du Père Lachaise à l'est, le cimetière du Montparnasse au sud et, au cœur de la ville, le cimetière de Passy.

Le cimetière de Montmartre couvre environ 11 hectares, soit la même superficie que le cimetière des Batignolles, ce qui en fait ex-æquo le troisième plus vaste cimetière intra muros après le Père Lachaise et Montparnasse. Aujourd'hui le cimetière de Montmartre compte plus de 20 000 concessions et 500 personnes environ y sont inhumées chaque année.

 Un cimetière napoléonien

  Ouvert le 1er janvier 1825, à l’emplacement des anciennes carrières de gypse qui ont donné leur nom au quartier des "Grandes Carrières", le cimetière Montmartre, autrefois cimetière du Nord, est caractéristique du style architectural de l’époque napoléonienne: on emportait alors son prestige social dans la mort.

 De nombreuses tombes et stèles sont de véritables petits monuments, reflets de la carrière et de la position sociale des défunts.

 De petites chapelles gothiques, étonnantes reproductions des cathédrales françaises, cohabitent avec une architecture étrange composée d’escaliers, de terrasses et de surplombs, de monuments baroques ou néo-classiques, et un véritable musée de la statuaire, comprenant des œuvres de Rodin, de David d’Angers, de Bartholdi… et même de la danseuse, peintre, actrice, écrivain et sculptrice Ludmila Tcherina, auteure en 1991 de la statue monumentale choisie pour représenter l’Europe unie, dont une version miniature décore la tombe.

A la Révolution, les anciennes carrières devaient servir de fosse commune aux victimes des émeutes. Un premier cimetière d’environ un hectare fut construit en 1798 sur un terrain acheté par la Ville de Paris, afin d’offrir un cimetière décent aux Parisiens de la rive droite.

Agrandi à plusieurs reprises, puis réduit pour la construction de l’hôpital Bretonneau et du square Carpeaux, le cimetière actuel est égal à celui de 1879. Il comprend 33 divisions numérotées en escargot, à l’instar des arrondissements parisiens, mais la numérotation est là inversée: les premières divisions se localisent à la périphérie du cimetière, la toute première se situant à l’entrée avenue Rachel, dans la zone de la Conservation.

 Le cimetière Montmartre est aussi un lieu de tournage, ceux-ci se localisant la plupart du temps dans l’avenue Samson (la tombe du célèbre "Grand Samson", le bourreau qui fit tomber 10 000 têtes lors de la Révolution, est toute proche).

C’est aussi rendre hommage aux nombreux acteurs, comédiens et cinéastes, qui y reposent de leur dernier sommeil.

 A savoir: de nombreuses tombes spectaculaires ou remarquables sont laissées à l’abandon, faute de crédits de la Ville de Paris pour leur entretien.

 Il est enjambé par le pont de Caulaincourt, un pont métallique construit en 1888.

 Dalida repose près de chez elle, dans la partie haute du cimetière de Montmartre.

La tombe domine Paris. En contrebas, les arbres qu'elle aimait.  Un lierre tenace et romantique glisse entre les sépultures, Orlando a fait sculpter par Alsan une Dalida grandeur nature,  qui semble veiller sur elle-même. Drapée de blanc, elle s'avance, cheveux au vent.
Derrière elle, un arc de triomphe avec un soleil dont les rayons lui font une auréole. L'endroit a un grand charme, on y respire une paix bucolique. La tombe de Dalida, avec sa sculpture en taille réelle et ses rayons dorés, est la plus visitée et la plus fleurie du cimetière.

 dalida2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dalida-1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plan du cimetière de Montmartre

A l’accueil du cimetière un plan papier gratuit. Vous y retrouverez l’emplacement de toutes les personnalités inhumées

 plan-du-cimetiere-montmartre.jpg

 

1 – Michel BERGER (1947 – 1992) : Chanteur et compositeur Français.

2 – Fred CHICHIN (1954 – 2007) : Compositeur et interprète du groupe Les Rita Mitsouko.

3 – DALIDA, de son vrai nom Iolanda Cristina Gigliotti (1933 – 1987) : Chanteuse, a longtemps habité Montmartre.

4 – Edgar DEGAS (1834 – 1917) : Peintre.

5 – Alexandre DUMAS Fils (1824 – 1895) : Écrivain, auteur entre autres de la Dame aux Camélias, inspiré par son amour pour cette courtisane (de vrai nom Alphonsine Duplessis) également enterrée dans le Cimetière de Montmartre (division 15).

6 – Georges FEYDEAU (1826 – 1921) : Auteur dramatique.

7 – Edmond (1822 – 1896) et Jules (1830 – 1870) de GONCOURT : Écrivains, initiateurs du prix Gouncourt qui récompense chaque année les auteurs d’expression Française.

8 – Lucien (1860 – 1925) et Sacha (1885 – 1957) GUITRY : Acteur, dramaturge.

9 – Louis JOUVET (1887 – 1951) : acteur.

10 – Joseph KOSMA (1905 – 1969) : Compositeur.

11 – Gustave MOREAU (1826 – 1898) : Peintre.

12 – Vaslav NIJINSKI (1889 – 1950) : Danseur et chorégraphe.

13 – Francisque POULBOT (1879 – 1946) : Dessinateur et illustrateur, habitant de Montmartre.

14 – Juliette RECAMIER (1777 – 1849) : Femme de lettres, tenait l’un des plus importants salons intellectuels de son époque. Un joli jardin romantique du 7 arrondissement tient aujourd’hui son nom.

15 – Adolphe SAX (1814 – 1894) : Inventeur du saxophone.

16 – Ary SCHEFFER (1795 – 1858) : Peintre, propriétaire de la maison qui abrite aujourd’hui le musee de la vie romantique.

17 – STENDHAL, de son vrai nom Henry Beyle (1783 – 1842) : Diplomate et écrivain.

18 – François TRUFFAUT (1932 – 1984) : Réalisateur et scénariste.

19 – Émile ZOLA (1840 – 1902) : Écrivain. Cendres transférées au Pantheon depuis 1908.

Un autre Plan avec quelques devinettes

cimetiere-de-montmartre-mg.jpg

  Vous pouvez bien sur agrandir l'image

 

 Lors de notre visite nous nous sommes arretes devant les tombes de

 

la-dame-au-camelia-brialy-1.jpg

 

 

 

Alphonsine  Plessis ( la Dame aux Camelias)    

Jean Claude Brialy ( acteur )

 

 

 

mm-vigny-alfred-de.jpg

 

 

 

Alfred de Vigny ( enterre dans sa capote de soldat)   

C'est la tombe d'un des plus grands poètes du XIXème siècle, Alfred de Vigny (1797-1863).

 Un poète dont j'aimais lire et relire les vers, pessimistes et beaux, à l'âge de la révolte et des peurs qu'est l'adolescence...

Je n'ai jamais oublié...  

 La Mort du Loup !   Un des plus beaux poèmes sur la cruauté de l'homme, la fragilité de la vie animale et la leçon qu'elle nous donne. Imaginez que les chasseurs aient le coeur touché par le regard et la dignité de l'animal qu'ils viennent de blesser à mort! Imaginez que le torero s'agenouille et demande pardon à la bête innocente qu'il a torturée... Imaginez que les tueurs du dimanche, comme le Saint Patron qu'ils se sont choisis, voient apparaître le visage du Christ sur celui de leur victime!

"Hélas! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,          

 Que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes!    

Comment on doit quitter la vie et tous ses maux            

C'est vous qui le savez, sublimes animaux!        

A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse  

Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse."

 Sur la stèle, une plaque de marbre a été restaurée. Le premier nom qui y figure est celui de la mère de Vigny...

Une mère autoritaire qui reporta sur son fils l'amour qu'elle n'éprouvait pas pour son vieux mari, épousé par raison...

  Cette maternité étant sa plus grande fierté.

Mère et fils...Vieille histoire... Le fils aimé, admiré, a-t-il recherché une femme qui fût à la hauteur de celle qui lui donna le jour?

"L'Homme a toujours besoin de caresse et d'amour,  

Sa mère l'en abreuve alors qu'il vient au jour" (...)

Après la première hémorragie cérébrale de sa mère, Vigny est troublé de voir la dégradation de cet être adoré. Son pessimisme naturel est encore renforcé par cette violente indifférence du temps qui  dégrade les corps. 

       La femme qu'il a épousée, Lydia Bunbury, morte un an avant lui et qui repose dans le même caveau, fut sans doute celle qui lui correspondait le moins.   Il ne trouvait jamais chez elle la confidente et l'amante rêvées. La brève passion qu'il eut pour elle l'aveugla. Il l'épousa en 1825 et ne tarda pas à découvrir que son prétendu goût pour la littérature n'était qu'une posture.

Lydia répugnait à parler français (elle était anglaise, fille d'un riche colon caricaturalement british ). Elle n'aimait pas lire, n'avait aucune attirance pour la poésie et aucune sympathie pour les amis de son mari.

Lydia qui ne se sent pas aimée, se laisse aller, grossit, devient obèse. Vigny s'occupe d'elle dans les dernières années, avec un soin et une attention rares. Il faut la lever, la nourrir... alors qu'il souffre lui même d'un cancer de l'estomac. Mais les témoins de leur vie restaient frappés par le silence de leur relation.

Nul doute que Lydia avait eu vent des aventures de son mari. Car malgré sa vision négative de la femme, Vigny eut de nombreuses amantes.

Marie Dorval qui joua Kitty dans sa pièce "Chatterton", fut l'une d'elles. Cette même Marie Dorval qui vécut avec George Sand une passion qui inspira à la romancière son roman  "Lelia".

Parmi les plus connues il y eut également Louise Colet. Femme de goût puisqu'elle fut maîtresse de Flaubert, de Musset, de Villemain...

...Et d'autres encore, moins connues, comme Tryphima Holmés qui lui donna une fille, ou Augusta Bouvard dont il eut un fils, Auguste qui naquit après sa mort...

Ces femmes lui ont-elles permis d'oublier le jugement sans appel qui était le sien dans la Colère de Samson :

"Une lutte éternelle en tout temps, en tout lieu  

 Se livre sur la Terre, en présence de Dieu,      

 Entre la bonté d'Homme et la ruse de Femme.    

Car la Femme est un être impur de corps et d'âme".                                                                                                  

 Vigny meurt dans son domicile parisien d'un cancer de l'estomac en 1863 après avoir fait de nombreux séjours dans son manoir du Maine-Giraud où il aimait se réfugier loin du monde littéraire et des salons. Il ressemblait au paria, au solitaire sans illusions sur l'humaine condition qu'il avait représenté sous les traits du poète ou du prophète. 

Le prophète à qui il dédie un de ses plus beaux textes qui est une prière adressée à Dieu par Moïse :

 "Je vivrai donc toujours puissant et solitaire?  

 Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre!"

 miss-bluebell.jpg

 

 

 

 

Margaret Keely ( fondatrice des blues bell girls du lido)

 

 

 

 

 

 

Henri georges Clouzet et sa femme Vera ( realisateur de films)

stendhal-grave-on-cimetiere-de-montmartre-paris-02-1.jpg

 

 

 

 

Henri Beyle dit Stendal

 

 

 

 

 

 

Jacques Choron ( comedien)

poulbot-francisque.jpg

 

 

 

 

Francisque Poulbot ( dessinateur des gamins de Montmartre)

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean Daurant (acteur  l(inspecteur Dupuy dans les 5 dernieres minutes)

Leo Delibes ' compositeur)

Horace Vernet ( peintre)

cimetiere-de-montmartre-tombeau-d-edgar-degas-001-1.jpg

 

 

 

 

 

Edgar degas ( peinter "les danseuses" , "les femmes aux bains" )

 

 

 

 

 

 

 

Marechal Jean Lannes  ( duc de montabello voir rando du 19/11/2012))

cimetiere-de-montmartre-tombe-de-michel-berger-001.jpg

 

 

Michel Berger ( compositeur et chanteur "la groupie du Pianiste"

 

 

 

 

Fred Chichin ( compagnon de catherine Ringer et guitariste des Rita Mitsouko)

800px-offenbach-jaques-grave-montmartre-paris-04-1.jpg

 

 

 

Jacques Offenbach ( compositeur "La belle Helene")

 

 

 

 

Marechal Marie Pierre Koening ( s'illustra a Bir Hakeim et tint en echec les troupes italienes et le marechal Rommel

feydeau-georges.jpg

 

 

 

Georges Feydau ( auteur de celebres vaudevilles " La famille se Cavaignac","Jean batiste le pere conventionel". son premier fils represente par son gisant en bronze, journaliste et eternel comploteur meurt d'une pleuresie en 1845, son deuxieme fis Eugen conquete et pacification de l'Algerie puis massacreur des insurges en juin 1848

 

 

 

 

 

   mm-lagoulue.jpg

 

  Louise Weber ( dit la Goulue) 

L'histoire de la Goulue pour ne pas être sans arret dans  un cimetiere

La Goulue, de son vrai nom Louise Weber, née le 12 Juillet 1866 dans une partie de Clichy la garenne (qui formera quelques mois plus tard la commune de Levallois Perret) et décédée le 29 janvier1929 (à 62 ans) à Paris 10e, était une danseuse de cancan de populaire.

    383px-lautrec-moulin-rouge-la-goulue-poster-1891.jpg

 La célèbre affiche de Lautrec

 Elle a passé un grande partie de son enfance au n°1 de la rue Martre, à Clichy, avec son frère et sa soeur. En 1869, sa mère quitte le foyer conjugal, la goulue aura une demie sœur, mais ne reverra plus sa mère et ne verra jamais sa demi sœur.

Elle débute au bal public à l'âge de 6 ans à l' Elysee Montmartre pour les enfants d' Alsace Lorraine, sous la présidence de Victor Hugo et la comtesse Celeste Mogador.

Son père, Dagobert Weber revient de la guerre Guerre franco allemande de 1870, mutilé des deux jambes. Pour cette raison, la Goulue fut admise chez les religieuses. Son père décède suite de ses blessures le 5 janvier 1873.

En avril 1874, elle est recueillit par oncle Georges à St ouen.

En 1882, à 16 ans, elle s'installe avec Edmond, son ami, à le rue Antoinette, à Montreuil. La même année, elle découvre le Moulin de la Galette.

En 1884, elle s'installe Boulevard ornano avec son ami Charlot, et débute comme blanchisseuse Rue Neuve Notre Dame.

En 1885, elle rencontre Gaston Chilapane, qu'on appelait Goulu Chilapane, d'où vient son nom La Goulue.

Elle est tour à tour blanchisseuse, modèle pour les peintres et les photographes, en particulier pour le fils de Victor Noir, au n°11 de la Place Pigalle, et pour Auguste Renoir. Dansant dans de petits bals de banlieue, Louise Weber devient connue grâce à Charles Desteuque un journaliste qui tenait, dans la revue Gil Blas, une rubrique réservée à la promotion des demi-mondaines. Elle est aussi remarquée par un certain Goulu-Chilapane qui l'accueille quelque temps dans son hôtel particulier de l' avenue du Bois. Elle débute dans une revue, au cirque Fernando. Grille d'Égout, la danseuse-chorégraphe et Celeste Mogador lui prodiguent leçons et conseils et la font débuter au "Moulin de la galette"et à "l'Élysée-Montmartre", en tant que danseuse, ainsi qu'à Montparnasse, au bal Bullier et à la Closerie des Lilas. Despres, les frères Oller et Charles Zidler la lancent dans le cancan. Lorsqu'elle danse le quadrille naturaliste, elle taquine l'audience masculine par le tourbillon de ses jupes à volants relevés qui laissent entrevoir sa culotte, et de la pointe du pied, elle fait voler le chapeau d'un homme. Son habitude à vider les verres des clients, tandis qu’elle passait à leurs tables, lui valut le surnom de « La Goulue ».

Elle est représentée la première fois le 11 avril 1885, par le dessinateur Auguste Roedel.

Riche et célèbre, en  1895 elle décide de quitter le Moulin Rouge et de se mettre à son compte dans les fêtes foraines, puis comme dompteuse. Le 6 Avril, elle passe commande à Lautrec de panneaux décoratifs pour orner sa baraque de danseuse orientale. En decembre 1895, La Goulue accouche d'un fils, Simon Victor, de père inconnu (« un prince », disait-elle). Un forain l'adopte et lui donne son nom. En 1898, elle se produit chez Adrien Pezon devant l'ambassadeur de Chine. Elle avait, depuis deux ou trois ans, appris à dresser les lions.

le 10 mai 1900, à la mairie du XVIII arrondissement, la Goulue, dompteuse, épouse le prestidigitateur Joseph Nicolas Droxler. Les témoins du couple sont tous issus du monde des forains. Droxler devient dompteur. Le couple habite 112, boulevard de Rochechouard (XVIIIe arrondissement).

Comme dompteuse, elle se produit dans les ménageries, fete a Neu Neu et foire du Trone, et dans des cirques, où elle est une belluaire éminente jusqu'en  1904 a 1907. Son mari et elle sont agressés par leurs lions. Elle abandonne le domptage et réapparait en qualité d'actrice dans des petits théâtres et même aux Bouffes du Nord. Joseph-Nicolas Droxler, meurt à la guerre de 1914, tandis que son fils Simon-Victor (qu’elle surnommait « Bouton d’or ») décède en 1923, à l'âge de 27 ans. Après cette épreuve, elle sombre dans l'alcoolisme.

389px-goulue-petit-journal.jpg

Amie de Rétoré, chiffonnier et brocanteur au marche aux puces de St Ouen, elle vit, aux beaux jours, dans sa roulotte située à deux pas de là, au no 59 de la rue des Entrepôts, revenant pour l'hiver vers Montmartre, où elle possède toujours son logement sur le boulevard Rochechouart, contre le cabaret La Cigale.

La Goulue, devenue Madame Louise, entourée d'une cour de rejetés de la société, recueille les animaux de cirque malades et âgés ainsi qu'une multitude de chiens et de chats. Elle flâne sur la Butte Montmartre et dans les bistrots où tout le monde la connaît. Pour le plaisir de rencontrer encore « le beau monde », elle va devant l'entrée du Moulin Rouge, où se produit Mistinguett, vendre des cacahuètes, des cigarettes et des allumettes. Au hasard de ses virées dans les bars et cafés, elle signe ses photos à ceux qui la reconnaissent. Cette grosse femme qu'elle est devenue reste néanmoins Madame Louise. « Miss », ainsi que Jean Gabin et Maurice Chevalier, la firent remonter plusieurs fois sur scène pour la présenter au nouveau public du Moulin Rouge. En  1925, Georges Lacombe la filme à l'improviste, habillée comme tous les jours, dans « La Zone ». Sur ces images, peu de temps avant sa mort, elle est déjà malade.

la-goulue3.jpg

 

 

 

 

 

 

Souffrant de retention d'eau, La Goulue fit une attaque d' apoplexie et décéda après dix jours d'agonie le 29 janvier 1929. Elle est enterrée au cimetiere de Pantin presque sans témoin, mais en présence de Pierre Lazareff, attaché à la direction artistique du Moulin-Rouge. Grâce à son arrière-petit-fils Michel Souvais, elle est exhumée en 1992 et le maire de Paris, Jacques Chirac, ordonne le transfert de ses cendres au cimetiere de Montmartre dans la 31e division où elle repose désormais. Michel Souvais prononce l'oraison funèbre. Les médias, La Toya Jackson, des personnalités ainsi que deux mille personnes assistent à cette cérémonie.



 

 

 

 

 

 

 zola-grave-on-cimetiere-de-montmartre-paris-02.jpg

  Emile Zola ( maintemant au Pantheon)   

 C'est une des plus belles tombes du cimetière Montmartre. On ne peut pas la manquer, elle domine le rond point près de l'entrée (19ème division). C'est aussi une des plus visitées bien qu'Emile Zola ne l'ait habitée que quelques années avant de se faire la malle pour le Panthéon. 

 On connaît l'histoire. Le 29 septembre 1902, Zola est retrouvé mort dans la chambre de son hôtel particulier de la rue de Bruxelles dans le IXème arrondissement à quelques centaines de mètres du cimetière.                                                       

 Il a été asphyxié par le gaz carbonique et retrouvé étendu sur le parquet. Sa femme Alexandrine est transportée à l'hôpital. Elle survivra.

 Zola, l'écrivain des pauvres, le défenseur de Dreyfus avait bien des ennemis et la thèse de l'assassinat fut rapidement évoquée. L'enquête ne put l'accréditer et ce n'est que 50 ans plus tard que Pierre Hacquin, pharmacien de son état réveilla la polémique...

  Il déclara avoir reçu du ramoneur (qu'on appelait encore "fumiste") Henri Buronfosse l'aveu du crime.

Le ramoneur aurait obstrué le conduit de cheminée. Le lendemain il aurait effacé toutes les traces de son intervention.

 Il faisait partie comme le pharmacien des milieux nationalistes toujours furieusement opposés à Zola.

 

Eugene Labiche ( auteur de vaudeville " un chapeua de paille d'italie" "le voyage de M. perrichon"

Henri Rochefort ( journaliste aux 30 proces et 20 duels)

 06-dalida.jpg

 

 

 

 

Dalida 

 

 

Ravanel ' resistant,liberateur de Toulouse en 1944)

sacha-guitry.jpg

 Et pour finir Lucien Guitry

Sacha Guitry

Jean Guitry ( mort d' un accident de voituree)

Lana Marconi guitry ( derniere epouse de Sacha

On ne peut pas manquer la tombe des Guitry.

Passée la porte du cimetière, elle nous accueille....

 C'est la deuxième sur la droite, une pierre blanche entourée de lierre qui recouvre aussi les grilles...

On pourrait s'attendre à un monument plus original pour ces saltimbanques de génie...

 La gloire de Sacha n'a pas éclipsé celle de son père à qui il a rendu hommage dans son film "Le Comédien".

Lucien Guitry était en popularité l'égal de Sarah Bernhardt avec laquelle il a d'ailleurs joué (au propre comme au figuré).

 Il naît à Paris en 1860 et y meurt en 1925. Il passe plusieurs années à Saint Petersbourg au Théâtre Michel. Il fréquente alors l'élite culturelle russe. De retour en France il est proche des écrivains comme Jules Renard, Courteline ou Alphonse Allais.

Ses deux fils sont enterrés dans la même tombe.

Jean l'aîné est mort 5 ans avant son père...                                         

Il est né comme son frère à Saint-Petersbourg et il est devenu lui aussi comédien bien que son talent n'eût jamais égalé celui de Lucien ou de Sacha.

 Il est mort le 11 septembre 1920 dans un accident de la route près de Trouville. Sur cette photo on peut voir son corbillard suivi de Lucien et Sacha. Ce n'est pas à Montmartre qu'il se rend mais au cimetière de Passy. c'est après la mort de son père qu'il le rejoindra sous la pierre blanche de la tombe familiale.

 Son nom est gravé en premier. Pour une fois il est en tête d'affiche !

 Sacha né en 1885 le rejoindra en 1957. C'est lui évidemment le grand homme de la famille.

Inutile de rappeler l'oeuvre immense de cet homme, acteur, écrivain, cinéaste.                                             

On peut ne pas aimer l'aspect boulevardier et "macho" de certaines pièces mais force est d'y reconnaître une férocité, une lucidité, un regard sans concession sur la société et sur soi-même.

Le narcissisme de Guitry est sans complaisance. Son humour est souvent noir et quand on vient d'en rire, on devrait...                                                         

Le grand séducteur aimait les femmes au point d'en avoir eu cinq et de les avoir trompées avec un nombre incalculable de maîtresses.

Il n'y a pourtant qu'une femme dans la tombe familiale, c'est Lana Marconi, la dernière épouse de Sacha, décédée en 1990.                                

C'est à elle qu'il déclare : "Les autres furent mes épouses, vous vous serez ma veuve. ces belles mains fermeront mes yeux et ouvriront mes tiroirs."

Sous la pierre blanche, à quelques pas du boulevard, de ses cabarets, de ses salles de concert, les Guitry ont donc tiré le rideau...

... si près de l'entrée du cimetière que le jour venu, ils seront les premiers à en sortir sous les applaudissements!

Sacha Guitry, de son nom complet Alexandre Georges-Pierre Guitry est un comédien, dramaturge, metteur en scène de théâtre, réalisateur et scénariste de cinéma, né le 21 février 1885 à Saint-Pétersbourg (Russie), mort le 24 juillet 1957 à Paris.
Auteur dramatique très prolifique, il a écrit plus d'une centaine de pièces de théâtre et en a adapté lui-même un grand nombre au cinéma. Interprète de la quasi-totalité de ses films, il est l'auteur d'une œuvre, riche de trente-trois films, qui comprend notamment Le Roman d'un tricheur, Désiré, Ils étaient neuf célibataires, La Poison, Assassins et voleurs.

Un peu plus sur ce cimetiere

alexandre-dumas-fils.jpg

 

 

 

 

 

 

Alexandre Dumas fils

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

sine-montmartre.jpg

SINE

La plus surprenante: cet étrange cactus de bronze aux faux airs de doigt d'honneur est la future sépulture du caricaturiste Siné (toujours vivant...). Le bougre a vu large: le caveau peut accueillir jusqu'à 60 personnes incinérées. D'ailleurs, plusieurs amis de l'ex-dessinateur de Charlie Hebdo, dont Benoît Délepine, y ont déjà réservé leur place. L'épitaphe, qui reproduit l'écriture de Siné, est éloquente:

«Mourir? Plutôt crever!». 

 vaslav-nijinsky-tombstone-1.jpg

  Vatslav Nijinski

Uune des plus belles tombes de célébrité. Le danseur et chorégraphe russe Vatslav Fomitch Nijinski (1889-1950) repose à l'ombre de la butte Montmartre, aux côtés de Berlioz, Stendhal et Sacha Guitry. Moins «culte» que certaines de ses collègues mais pas moins fascinante, sa tombe se repère de loin grâce à la magnifique statue de clown triste qui orne sa sépulture. L'occasion d'apprendre que ce danseur génial vécut toute son existence dans le scandale: virtuose, précurseur, provocateur, homosexuel, schizophrène, sa vie ressemble à un biopic hollywoodien...

alphonse-baudin-montmartre-1.jpg

 

 

 

 

Alphonse Baudin

 

 

 

 

 

 

cimetiere-de-montmartre-tombe-de-miecislas-kamie-ski-001-2.jpg

 

 

 

 

Miecislas Kamie Ski

 

 

 

 

 

800px-tombe-berlioz-2.jpg

 

 

 

 

Hector Berlioz

 

 

 

 

 

tombe-de-louis-clapisson-cimetiere-de-montmartre-28e-division.jpg

 

 

 

 

 

 

Louis Clapisson

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

cimetiere-de-montmartre-1.jpg

Les Sanson! Plus qu'une famille, une dynastie de bourreaux...

 Leur modeste tombe (section 20) est une des plus visitées du cimetière. De quel frisson les visiteurs espèrent-ils frissonner devant cette pierre qui s'effrite et cette grille qui se disloque et qui rouille.

Disloquer! Le mot ne m'est pas venu par hasard!

sanson-mm20-2.jpg Le 28 mars 1757, Damien qui avait tenté d'assassiner Louis XV fut torturé devant la foule, place de Grève, avant d'être écartelé. Les chevaux moins ignobles que les hommes refusaient de tirer. Il fallut plus de deux heures pour que les quatre membres dont les bourreaux avaient omis de couper les tendons fussent enfin arrachés. Charles Henri Sanson, âgé de 18 ans à peine était l'un de ces bourreaux.

 Il est presque impossible de lire son nom sur le marbre. Est-ce une vengeance des fantômes des Gardes suisses qui furent jetés dans les carrières de plâtre en 1792, bien avant que ce terrain ne devienne cimetière ?

En tout cas, il ne doit pas être trop dépaysé, au pied de la Butte qu'il connaissait bien puisqu'il y trouva une épouse, comme il l'écrit dans ses Mémoires, "une gentille fille", Marie Anne Juguier dont le père était maraîcher. C'est dans l'église Saint-Pierre qu'il se maria, devenant ainsi Montmartrois par adoption!

Parmi les condamnés célèbres qui eurent l'honneur de passer par ses mains, citons le jeune Chevalier de la Barre qui, le 1er juillet 1766, après avoir eu le poing tranché et la langue brûlée, eut la tête séparée du corps... Chevalier de la Barre

 Charles Henri pouvait-il imaginer qu'un jour le Chevalier s'installerait au sommet de la Butte, fièrement tourné, chapeau sur la tête vers la Basilique et le Saint-Sacrement qu'il avait refusé de saluer?

Mais le glaive de Charles Henri allait bientôt se reposer. Avec la Révolution, les exécutions sont si nombreuses que notre bourreau qui n'a le droit à aucune RTT, plaide auprès de l'Assemblée pour une nouvelle machine à couper les têtes et que l'on appellera plus tard guillotine.

 Combien de têtes a t-il vu tomber dans le panier? Plusieurs milliers assurément! Les historiens chipotent sur le nombre exact, 2918? 2980? 3002?  Certaines il est vrai en valaient plusieurs :  Lavoisier, Hébert, Danton, Charlotte Corday, Robespierre...

                                     

Evidemment, la plus prestigieuse fut la tête découronnée de Louis XVI !

 sason-louis.jpg

 Exécution de Louis XVI

Charles Henri quitta le métier, la conscience tranquille. Il mourut en 1806 non sans avoir pris soin auparavant de former ses fils au beau métier familial. 

Gabriel, fanfaron facétieux, tomba de l'échafaud alors qu'il brandissait une tête fraîchement coupée au-dessus de la foule. Il se fractura le crâne et mourut sans avoir lâché la tête tranchée.

C'est donc son frère, Henri, né en 1767, qui reprit le flambeau. Les historiens, encore eux ne sont pas d'accord au sujet de la guillotinée la plus illustre: Marie Antoinette.

 sanson-marie.jpg

  Exécution de Marie Antoinette

 Trois versions existent : La plus courante attribue l'exploit à Henri. La plus contestée à Charles Henri, le papa. La plus vraisemblable au fiston assisté de son papa. Charles Henri pris de pitié pour la reine qu'il mena jusqu'à l'échafaud fit signe à son fiston qui était debout près du couperet de ne pas l'attendre et de faire au plus vite afin d'abréger le supplice royal. La décapitation de Marie Antoinette fut donc le fruit d'une collaboration familiale et c'est à juste titre que le père et le fils sont réunis dans la même tombe.

Henri, avant de rejoindre son père, fit une belle carrière, lui aussi, puisqu'il fit à Fouquier-Tinville ce que l'accusateur public avait chargé son père de faire à tant d'autres!

Henri reçut une prime lorsqu'il dut guillotiner les Quatre Sergents de La Rochelle.

Il compte encore à son palmarès, Louvel, assassin du Duc de Berry et Joseph Lesurques injustement accusé dans l'Affaire du Courrier de Lyon.

Les bourreaux ont droit comme ne l'ont pas eu beaucoup des condamnés qu'ils exécutèrent à une sépulture tranquille. Leurs noms s'effacent mais tôt ou tard leur tombe sera restaurée. Elle est un petit morceau de notre histoire.

Je ne sais pas si l'anecdote est vraie mais elle ne manque pas de saveur : Un jour, Charles Henri, médaille d'or des bourreaux, aurait rencontré un autre spécialiste, Napoléon Bonaparte. Le petit homme lui aurait demandé s'il parvenait à trouver le sommeil.  Le grand bourreau aurait répondu :

"Si les empereurs et les dictateurs peuvent dormir, pourquoi un bourreau ne le pourrait-il pas?"

Qu'il dorme donc avec sa nichée, avec les dictateurs et les despotes... Et surtout qu'il ne lui vienne pas à l'idée de ressusciter un jour! 

Chevalier de la barre

Peu de personnes le savent, mais la Basilique, dans sa partie arrière, donne sur la rue du Chevalier de la Barre. Au fait, savez- vous qui était le Chevalier de la Barre ?
 
Je n'aime pas les histoires qui finissent mal. En général. Quoi que, à Montmartre, des têtes coupées, il y en a eu quelques unes. Depuis Saint Denis, décapité au 3ème siècle devant le temple de Mars. Au fait, je ne vous ai pas encore parlé de Saint Denis et du temple de mars ? Je le ferai prochainement, promis.

En ce qui le concerne, François Jean de La Barre a été décapité beaucoup plus tard. Il l'a été en 1766. Et ensuite, on l'a brûlé. Sympa non ? Et tout cela pour ne pas avoir salué une procession religieuse à Abbeville, un an auparavant !

 Enfin, cela, c'est la version courte de l'histoire. Parce que dans la version longue, c'est beaucoup plus compliqué. Porté à l'écran, cela pourrait même faire une (longue) série télévisée, avec des bons et des méchants, des honnêtes et des traîtres. Enfin, que du classique quoi !

 En fait, l’affaire du chevalier de La Barre a aussi constitué une des causes célèbres, qui ont été l’occasion pour Voltaire et les philosophes des Lumières de lutter contre l’arbitraire de la justice au 18ème  siècle. En effet, mis en cause dans cette affaire, Voltaire a pris fait et cause pour le chevalier de La Barre. Ce qui ne l'a pas empêché d'être décapité et brûlé. On ne peut pas toujours gagner ! Pardon, qui a été décapité ? Pas Voltaire bien sûr, le Chevalier !

Une statue à son effigie (du Chevalier, pas de Voltaire !), a été érigée devant l'église du Sacré Cœur à Paris en 1905. Elle a été ensuite  transférée en 1926 dans un square proche. Le square était alors considéré moins dérangeant pour les croyants. Elle a été fondue en 1941,  laissant un socle vide. Mais la magie de Montmartre a fait qu'elle est revenue ensuite dans le square Nadar à Montmartre. Pour être inaugurée en février 2001.

La statue représente François Jean de la Barre souriant. Il a les mains dans les poches et il est coiffé d'un chapeau. Certains diront comme un défi permanent à cette procession religieuse qu'il n'a pas salué à Abbeville.

79987-chevalier-de-la-barre-statue-couleur.jpg labarre.jpg

 A Paris, en 1897, des francs-maçons du Grand orient de France  obtinrent l’élévation d’une statue du chevalier de La Barre devant la basilique du Sacre Coeur. Déplacée en 1926, square Nadar, la statue fut déboulonnée le 11 octobre 1941.Le 24 fevrier 2001,

Le Conseil municipal de Paris décida d'ériger une nouvelle statue du chevalier de La Barre square Nadar. Elle est l’œuvre du sculpteur Ball.

Il existe également une « rue du chevalier de la Barre » derrière le Sacré-Cœur, entre la rue Ramey et la rue du Mont-Cenis.

Ces quelques kilometres nous ont creuses l'appetit et tout le monde a faim,le restaurant est a deux pas ( resto viellot mais acceuil et service efficace, chacun de nous peut choisir entre 4 entree, 5 plats et 4 desserts le tout accompagner d'un excellent bordeaux, d'un kir et d'un cafe

Il parait que l'acces aux toilettes est assez acrobatique mais tout le monde est satisfait

Cet Apres midi visite du cimetiere St Vincent

Cimetiere St Vincent

Le Cimetière Saint-Vincent est un petit cimetière caché en bas de la butte Montmartre, côté 18e arrondissement, qui offre une promenade agréable (et insolite pour ceux qui ne sont pas habitués à visiter ce genre de lieu…) idéale pour découvrir au calme et de manière originale l’atmosphère unique des cimetières parisiens. Aucune concurrence avec le Cimetiere de Montmartre, ils ne jouent pas dans la même catégorie. Quand cet illustre dernier récupère tous les jours des centaines de visiteurs venus des quatre coins du monde et cheminant vers la Basilique du Sacre- Coeur, le cimetière Saint-Vincent n’accueille quant à lui que quelques badauds curieux arrivés ici la plupart du temps par hasard.

 cimetiere-st-vincent-5.jpg

 Dès l’entrée, vous remarquerez le caractère presque confidentiel du Cimetière Saint-Vincent. Avec sa construction en pente, ses allées fleuries et la jolie perspective qui donne sur le Dôme du Sacré-Cœur, le charme vous saisira immédiatement. Montez ensuite dans les allées et déambulez parmi les quelques 900 tombes qui ornent le cimetière, la plupart joliment décorées suivant la tradition parisienne, et très bien entretenues. Vous y découvrirez entre autre quelques personnalités inhumées dans ce cimetière. Parmi les plus connues, citons Marcel Aymé, Marcel Carné ou Maurice Utrillo.

Un endroit exceptionnel, et étonnant…

Rue Lucien Gaulard

Dans ce cimetière St Vincent se trouvent les tombes de nombreux artistes dont Eugene Boudin, Roland Dorgeles, Alexandre Steinlen, Maurice Utrillo, Arthur Honneger, Marcel Ayme, Gen Paul ...
Les généraux Lecomte et Clément Thomas y sont inhumés provisoirement avant d’être transférés au Père Lachaise.

  On lit souvent que le cimetière Saint-Vincent est le seul véritable cimetière Montmartrois. C’est très exagéré dans la mesure où il y a davantage de gens qui firent Montmartre au grand cimetière de l’Avenue Rachel que dans ce petit enclos qui fait figure de résistant aux promoteurs immobiliers. Néanmoins, il est vrai que l’exiguïté des lieux et la difficulté à s’y faire inhumer créent un sentiment de proximité feutrée avec le quartier. Avec le cimetière du Mont-Saint-Michel, il est sans doute le lieu de repos qui est le plus à l’unisson de la population environnante. En outre, il est l’une des manifestations du particularisme Montmartrois, la population de la butte étant très attaché à ce qui fait son individualité. En dehors de la place de Tertre qu’en journée elle a abandonné à tous, la population de ce quartier singulier défend jalousement ce qui marque son identité, du Montmartrobus à sa vigne, de ses commerçants à son cimetière Saint-Vincent.

  Il est vrai également que ce cimetière attire peu, non seulement parce que les personnalités de premier ordre n’y sont pas légions (et personne qui ne puisse faire de l’ombre à Dalida, Truffaut ou Stendhal), mais également parce que le lieu n’est pas à proximité immédiate de « l’autoroute à touristes » que constituent la place du Tertre et la rue Norvins. « Tant mieux ! », diront les Montmartrois, qui peuvent du coup le visiter ou aller s’y recueillir en paix.

  Pourtant, si les personnalités qui attirent sont peu nombreuses, le cimetière Saint-Vincent, comme nous allons le voir, est d’une très grande richesse. Inconnus du grand public, Goudeau, Paulo, Gabriello et bien d’autres encore sont des figures absolument incontournables dès qu’on s’intéresse un peu à l’histoire de la butte. Dans un tel lieu, évidemment, les peintres sont nombreux, et l’inscription « artiste peintre » sur les tombes recouvre de grands artistes ou des croûteux, mais tous à leurs manières ont participé à la légende de Montmartre.

  La légende justement, parlons en ! Il existe plusieurs Montmartre : celui du XVIIIe siècle, petit village sans renom particulier, vivant autour de son abbaye, de ses nombreux moulins, et déjà de ses cabarets. C’est plutôt au petit cimetière du Calvaire, ouvert un jour par an, le 1er novembre, qu’il faudra aller le chercher. Il y a le Montmartre du XXe siècle, celui de ses restaurants, de ses « peintres-à-poulbot » mais aussi de ses foules interlopes descendant la butte jusqu’aux boulevards. Le Montmartre qui fait rêver le monde entier, celui de Lautrec et de la Goulue, de Salis et de Bruant, des estampes de Jules Chéret et du club des Hydropathes ; le seul et unique Montmartre vendu par les boutiques de souvenirs, est une sorte de rêve mythifié s’inscrivant dans une histoire extrêmement courte de la butte (des années 1870 à 1900 environ). On dit souvent qu’on vient « s’encanailler à Montmartre » : on y rêve des brumes d’absinthe et de tripots, des filles faciles s’offrant dans une ambiance de fête ininterrompue, le tout dans un quartier populaire crasseux et dangereux aux alentours de son maquis ! C’est oublié la réalité : le Montmartre de Zola est mort depuis bien longtemps. C’est aujourd’hui l’un des quartiers les plus bourgeois de la capitale, et les populations modestes qui y vivent encore sont très âgées, pour avoir pu conserver des loyers décents. Le cimetière Saint-Vincent est à cette image : impeccablement entretenu, feutré et intimiste, sur fond de réservoir de Ste Rustique et de clocher du Sacré-Cœur finalement pas si loin… Les amateurs d’apaches, de rixes et de loulous du Maquis devront désormais aller chercher leur dope dans des terres plus périphériques, comme dans le triste cimetière parisien de Saint-Ouen, où les derniers prolétaires de la butte se sont fait inhumer dans des tombes devenus depuis longtemps illisibles.

  Ouvert en 1831, le cimetière Saint-Vincent, malgré ses allures de vieil enclos paroissial et la présence de quelques anciennes chapelles, est donc le cimetière Montmartrois le plus récent, après celui du Calvaire, puis celui du Nord, communément appelé « cimetière Montmartre » comme s’il n’y en avait pas d’autres. Il fut inauguré par le maire de Montmartre de l’époque, Jacques Edmé Bazin, qui y reposa ensuite. Sa superficie initiale de 21 ares fut portée, entre 1842 et 1844, à 69 ares, puis réduite lors de l’élargissement des rues des Saules et Saint-Vincent. Jusqu’en 1909, son entrée se trouvait au 40 de la rue Saint-Vincent : elle fut reportée à cette date dans la rue Lucien Gaulard qui venait d’être percée. Devenu à son tour insuffisant, il fut fermé en 1858 et remplacé par un nouveau cimetière, le 4ème de la butte, à savoir le cimetière ancien de Saint-Ouen. Devenu parisien suite à l’annexion de 1860, il fut rouvert mais réservé aux concessions perpétuelles.

Nous voyons les tombes de

tombe-arthur-honegger-andree-vaurabourg-cimetiere-saint-vincent-paris-1.jpg

 

 

 

 

 

 Arthur  Honegger (compositeur Suisse)

 

 

 

 


harry-baur.jpg

 

 

 

Harry Baur ( acteur) 

 

 

 

 

sedir.jpg

 Le spirite SÉDIR (Yvon Le Loup : 1871-1926) : ésotériste et mystique français, il fut l’auteur de très nombreux ouvrages sur l’ésotérisme et la mystique chrétienne. Autodidacte, il se forma auprès de l’occultiste Papus dont il devint le collaborateur. Affilié à de très nombreux « ordres » (ordre rosicrucien de Guaita, ordre Martiniste de Papus), il obtint dans chacun des grades élevés. Il avait choisit « sedir », anagramme de « désir », comme pseudonyme. Brusquement, il abandonna ses titres, rejeta toute initiation, toute sagesse ésotérique et se consacra uniquement à l’idéal de l’Évangile. Il fit dès lors de nombreuses conférences sur la voie mystique chrétienne et en juillet 1920 fonda « Les Amitiés Spirituelles », association chrétienne libre et charitable. Sa tombe est ornée d’un profil du Christ en bronze.

795px-tombe-marcel-carne-roland-lesaffre-cimetiere-saint-vincent-paris.jpg

 

 

 

 

Marcel Carne (Cineaste enterre avec son acteur prefere Roland Lesaffre)

 

 

 

 

 

tombe-de-marcel-ayme-cimetiere-saint-vincent-paris.jpg

 

 

 

 

 

Marcel Ayme (ecrivain auteur entre autre de:

La Jument Verte

La Vouivre

La tetes des autres

Theatre Clerambard)

 

 

 

 

 

800px-tombe-roland-dorgeles-cimetiere-saint-vincent-paris.jpg

 

 

 

Roland Dorgeles ( Journaliste et ecrivain)

En 1919, il publie le roman qui le rend célèbre, Les croix de bois, inspiré de son expérience de la guerre. Le roman obtient le Prix Femina, la même année les jurés du Prix Goncourt ne lui accordent que quatre voix, contre six à A l'ombre des jeunes filles en fleurs de Marcel Proust.

 

 

lucien-gaulard-rue-6-cimetiere-st-vincent-tombe-d-utrillo-01-mini.jpg

 

 

 

Maurice Utrillo ( peintre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques tombes supplementaires

Andido de FARIA (1849-1911) : illustrateur, caricaturiste, affichiste et peintre d’origine brésilienne, il créa au Brésil ses propres journaux qu’il illustra, tout en collaborant à d’autres revues. Arrivé à Paris en 1882, il illustra de nombreuses couvertures de partitions musicales, plusieurs ouvrages, et créa quantité d’affiches. Dans ce secteur il aborda tous les domaines, même s’il travailla surtout pour le monde du spectacle, immortalisant les grands noms du café-concert de l’époque. On connaît aussi de lui des affiches de cirque, de sport ou de tourisme. Il se distingua en donnant naissance à la première affiche de cinéma, et s’investit beaucoup dans ce nouveau secteur répondant aux nombreuses demandes de la société Pathé.faria1.jpg
 de-faria1-stv-7.jpg

 

 

 

Avec lui repose son fils, le peintre Jacques FARIA (1898-1956), qui fut également concepteur d’affiches. Tout deux reposent sous une belle statue de femme envahie par le lierre, œuvre de F. Charpentier. Sur la droite se dessine, gravé dans la pierre, le visage de Candido de Faria.

 

 

 

 

jurgen-ehre-st-vincent-3.jpg

 Jurgen  ehre ' Peintre Allemand)

le-musicographe-rene-dumesnil-1879-1967-st-vincent.jpg

 Le musicographe rene Dumesnil

 

E voici comment se termine notre petite visite

Au fait vous avez trouvez les personnes enterrees sur le plan sous forme de devinette ?

Voici les reponses vous pouvez comme pour l'autre agrandir le plan

20111111170745-cimetiere-de-montmartre-mg-1.jpg

 barbu3-1.gif

Napoleon et ses achitectes

Aujourd'hui 28 Septembre ,le temps est incertain. Certains adherents ont oubliés de s'inscrire pour cette rando.

Nous nous retrouvons Place du Chatelet et déjà Napoleon est là

La fontaine de la place du Châtelet

450px-3911parigifontanachatelet-markusmark.jpg

 

 

 

Tout le monde connaît la place du Châtelet à Paris. C’est un des plus grands pivots du centre-ville. Véritable nœud de communication, les visiteurs et les Parisiens s’y croisent indéfiniment. Peu de personnes, en revanche, remarquent la fontaine installée en son centre.
Elle est construite en 1808 pour célébrer la gloire des armées napoléoniennes. On l’appelle aussi la fontaine du Palmier car sa colonne se termine en chapiteau palmiforme surmonté d’une statue de la Victoire. C’est un monument commémoratif mais aussi utilitaire qui améliore à la vie des parisiens.

 

 

 

 

 

Pour tous les travaux réalisés à Paris Napoléon 1er va être très méfiant et ne veut pas s'en remettre aux seuls architectes car il pense que les architectes ont ruines Louis XIV

En faisant cohabiter Ingénieurs des Ponts et Chaussés et architectes,à cet effet il nomme un gouverneur, un conseil et une comission et bien sur Percier et Fontaine architectes des Palais impériaux.

Le financement de ces travaux se fera pour 50% par la ville de Paris dont il veut faire la Capitale de Europe et à 50% par le " domaine extraordinaire " qui reuni les contributions et butins pris sur les pays vaincus

Dès 1800 Paris devient un vaste chantier. Il va détruire,creuser, percer et construire des batiments, des rues, des egouts, des trottoirs, des fontaines, des eglises, des marchés, des cimetieres. Il va faire aménager ,transformer, reparer, décorer nombreux hotels, palais et chateaux aussi bien en France que dans les pays conquis

En 1802, la percée de la rue de Rivoli permet de relier l’Est à l’Ouest de la ville. Les vieilles prisons du Châtelet et de la Bastille sont détruites après la révolution. Ces forteresses sont remplacées par des places autour desquelles s’organisent une grande partie de la ville.

Pour acheminer l’eau dans Paris, Napoléon ordonne la construction des canaux de l’Ourcq, de Saint-Martin et de Saint-Denis. Il fait aussi bâtir des dizaines de fontaines disséminées un petit peu partout dans la capitale pour améliorer la vie des parisiens, car l'alimentation en eau est toujours un gros probleme pour la santé et les transports

fontaine-fellah.jpg

 

 

 

 

Fontaine du fellah situé rue de Sevres ( elle date de 1806)

fontaine-mars2.jpg

 

 

Fontaine de Mars (fontaine du Gros Caillou), située au 129 rue Saint Dominique (VIIème)
Elle a été construite entre 1806 et 1808 et était alimentée par la pompe à feu de Gros-Caillou

 

 

 

 

Canal St martin

800px-canal-saint-martin-vu-de-vers-la-rotonde-de-la-villette-david-monniaux-0.jpg

Si on se repère aussi bien aujourd’hui dans Paris, c’est aussi grâce à son action. A partir de 1805, les rues de Paris sont numérotées suivant le système qui fonctionne encore aujourd'hui : la numérotation des rues perpendiculaires à la Seine commence toujours au point le plus proche du fleuve. Celle des artères parallèles à la rivière suivent son courant…

Aujourd'hui nous verrons quelques réalisations des architectes Percier et Fontaine

charles-percier-par-robert-lefevre-chateau-de-versailles.jpgCharles Percier ( Paris 22 aout 1764 Paris 5 Septembre 1838)

est un architecte néoclassique français, décorateur, qui travailla en association avec son camarade d'études Pierre François Leonard Fontaine à partir de 1794, jusqu'au point où il est inutile d'essayer de distinguer le travail de l'un et de l'autre. Ensemble, Percier et Fontaine furent les inventeurs et les principaux représentants de cette version du neoclasscisme riche et consciencieusement archéologique : le style empire.

    Charles Percier fut élu en 1811 à l'Académie des Beaux-Arts - 3e section (architecture), au fauteuil V (occupé précédemment par Charles de Wailly et Jean-François Chalgrin).Élève de Marie-Joseph Peyre (comme Pierre-François-Léonard Fontaine),  Charles Percier gagna en 1786 le Prix de Rome, et le retrouva au palais Mancini. Une de leurs premières collaboration fut Palais, maisons et autres édifices modernes dessinés à Rome, qui attira l'attention de leurs futurs clients, à leur retour à Paris. Fin 1792 (pendant la Révolution française), Charles Percier supervisait les décors de l'Opéra de Paris, un poste à la pointe de l'« avant-garde ». Au retour de Pierre-François-Léonard Fontaine de Londres, où il s'était exilé, ils restèrent à l'Opéra jusqu'en 1796. Ils faisaient équipe avec Claude-Louis Bernier (1755-1830).

La théâtralité du style Empire, son agressive opulence restreinte par un sens aride et correct du goût antique, et ses valeurs néo-romaines qui étaient toutes les deux étrangères à l'ancien régime, dictaient leur esthétique à Napoléon Bonaparte. Il les nomma ses architectes personnels, et les garda à son service : Percier et Fontaine travaillèrent sur les projets impériaux jusqu'à la toute fin. Comme un certain nombre d'artistes impliqués politiquement dans l'Empire[1], Charles Percier prit du recul par rapport à ses fonctions officielles et se tourna vers l'enseignement, tandis que Pierre-François-Léonard Fontaine poursuivit sa carrière jusqu'au Second Empire. Il ouvrit donc son atelier aux Beaux-Arts ; pendant les 22 ans que dura son enseignement, son atelier remporta 18 prix de Rome.
 

Pierre François Léonard Fontaine (1762-1853).fontaine-pierre.jpeg

Architecte français qui fut en fonction à la cour de Napoléon І (en association avec son confrère Percier) sous la Restauration et sous Louis-Philippe.
Pendant un séjour en Italie, en compagnie de son amie Charles Percier, ils étudient ensemble les constructions de la renaissance et les ruines antiques. Après leur retour, ils deviennent scénographes à l'opéra. Au moment de la révolution, Fontaine part pour Londres ou il met au point un style décoratif caractéristique très agréable.
L'ouverture de la rue de Rivoli, l'Arc de Triomphe du Carrousel(situé entre le jardin des Tuileries et le Louvre), la chapelle expiatoire sont les œuvres les plus représentatives de son style architectural. Pierre Francois, fils de Pierre Fontaine architecte puis entrepreneur, appris son métier sur les chantiers et s'était rendu en 1779 à Paris, où un inspecteur des bâtiments du roi et membre de l'académie d'architecture prénommé Antoine François Peyre, dit le jeune, l'avait accueillit comme élève. A ce moment là, il fit connaissance de son compagnon et néanmoins complice et ami Charles Percier. Trois ans plus tard, Pierre François est admis comme élève à l'académie royale. La carrière qui s'offre à Fontaine se révèle à la fois classique et exemplaire. Fils d'un entrepreneur architecte et élevé dans les habitudes de deux professions qu'il est encore possible de pratiquer conjointement, à l'exception des architectes du roi qui se sont fixé des règles de spécialisation, il accède au saint des saints, la formation académique, par son mérite bien sûr, par tous les acquis familiaux aussi. Fontaine complète sa formation pratique en s'assujettissant à la discipline des concours d'émulation qui ont lieu chaque mois sur des petits sujets. En 1783 il recueille le prix pour un dessin d'ornement dans une frise corinthienne.
Deux ans plus tard, il se prépare au concours: par règlement du 1720, les épreuves sont annuelles et seuls sont autorisés à concourir les élèves patronnés par un académicien ou par le professeur de l'académie. Le lauréat obtiendra une récompense enviée d'une pension royale pour un séjour à Rome. Le sujet du concours porte sur un programme d'architecture publique dont la complexité varie selon les années, hors en 1785 Pierre François concoure sur "Monument funéraire pour les souverains d'un grand empire". Louis Etienne Boullée "l'inventeur de l'architecture des ombres", exerce une influence notable sur l'enseignement de l'académie, comme le confirme le choix que Fontaine a entériné pour une architecture funéraire. Le juré a trouvé le dessin de Pierre François trop frénétique et trop crédible pour lui attribué le premier prix qui revient donc à Jean Charles Moreau. En cette année, les élèves contestent le système de patronage sur lequel repose le recrutement et les jugements du grand prix. Ils estiment que la première place de ce grand prix aurait du revenir à Fontaine. Après avoir lié des rapports de confiance avec Bonaparte, en 1800 Pierre François fut chargé des Invalides et de la Malmaison, puis en 1801 il est désigné architecte du gouvernement.

 Principales réalisations de Percier et Fontaine

Sous le Consulat, ils mirent au point le dessin des façades de la rue de Rivoli.

Ils travaillèrent entre 1802 et 1812 sur le Palais du Louvre (résidence royale parisienne délaissée par les rois au profit de Versailles) pour permettre à l'empereur d'être au cœur de Paris, Versailles était devenu de toute façon inhabitable à la suite de la Revolution. Ils intervinrent sur le palais des Tuileries, en face du Louvre (démoli pendant la Commune de Paris). On leur doit en particulier la conversion de la salle de la Convention en salle de spectacle, ou l'aile septentrionale de la cour des Tuileries. Ils furent également à l'origine du curetage de la cour du Louvre (qui contenait plusieurs rues). surelevation des ailes nord et Sud On leur doit un projet de réunion du Louvre et des Tuileries.

En aboutissement de la perspective des Champs Elysees, Percier et Fontaine dessinèrent l' arc du Carrousel.

Ils remanièrent le Chateau de Malmaison pour Josephine. Ils firent des transformations et des décorations dans les châteaux de Compiegne, St Cloud et Fontainebleau et bien sur denotre Dame de Paris pour le sacre de Napoleon.

Percier et Fontaine dessinaient chaque détail de leurs intérieurs : de la table de nuit aux chandeliers en passant par les papiers-peints et les tentures. On a même fait appel à Percier pour dessiner des porcelaines pour la manufacture de Sevres, en particulier un grand vase dans le goût grec, le vase de Londonderry (Art Institute of Chicago), à peine achevé en 1814, et que Louis XVIII offrit au marquis de Londonderry pendant le congres de Vienne

Quelques réalisations

À Paris

7-etoile1.jpg

L' Arc de Triomphe de l'Etoile.

Napoléon fit ériger à Paris de nombreux monuments dont plusieurs à la gloire de la Grande Armée et de ses victoires. Il a fait construire après la victoire à la bataille d'Austerlitz deux arcs de triomphe après avoir déclaré à ses soldats : « Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de Triomphe ». Le premier à être ordonné est l'Arc de Triomphe de l'Etoile en 1806 pour en faire le point de départ d'une avenue triomphale traversant le Louvre et la place de la Bastille, il ne sera achevé qu'en 1836. D’abord prévu place de la Bastille, le monument est finalement construit à l’Ouest de Paris, au centre du carrefour de l’Etoile. Du haut de ses 55 mètres, l’édifice surplombe les Champs-Elysées. Un riche programme sculpté évoque les batailles napoléoniennes.

L’origine de l’Arc de Triomphe remonte à 1806 lorsque Napoléon confie à Chalgrin la construction d’un arc à la gloire des armées françaises ; il ne sera achevé qu’en 1836. L’Arc est construit sur le modèle des arcs de triomphe de l’Antiquité mais en diffère par sa taille monumentale, 50 m de haut pour 45 m de large. Ce monument comporte de magnifiques hauts reliefs dont la bataille d’Austerlitz sur la face nord. En 1840, lors de la cérémonie du transfert des cendres de Napoléon, le convoi passera sous l’Arc.

7-etoile2.jpg
La bataille d’Austerlitz

7-etoile3.jpg
Les généraux morts au combat sont soulignés
à l’image du Général Valhubert mort au pied du Santon

 Depuis 1923, le soldat inconnu (hommage aux victimes de la Première Guerre Mondiale) repose sous cet arc et la flamme est ravivée tous les soirs. Après 1945, les passionnés de Napoléon prennent l'habitude de suivre ce rituel chaque 2 décembre. C’est l’occasion de voir défiler des « grognards », c’est à dire les soldats de la Grande Armée impériale. Il existe tout un courant d’associations qui reconstituent l’allure et la vie des bivouacs de l’époque. Pour l’Empire, le 2 décembre est une date doublement emblématique : on fête à la fois l’anniversaire de la victoire d’Austerlitz et celui du sacre de Napoléon

 7-carousel1.jpg

  l'Arc de triomphe du Carrousel

construit de 1806 à 1808 et situé sur la place du Carrousel, à l'ouest du Louvre.

7-carousel2.jpg

 

 

 

450px-3856parigiplacevendome-markus-mark.jpgLa colonne Vendome

La bataille d'Austerlitz est aussi commémorée par la colonne Vendome, anciennement appelée colonne d'Austerlitz puis colonne de la Grande Armée, construite entre 1805 et 1810. Elle est surmonté d'une statue de Napoléon.

Elle a été érigée pour célébrer la grandeur de l’armée impériale. Les travaux débutent en 1806 et c’est Vivant Denon, l’historien de l’art, fidèle de Napoléon, qui propose de construire la colonne avec le bronze pris aux Autrichiens. Son fût, constitué de 98 tambours de pierre, est recouvert d'une chape coulée avec le bronze de 1 200 canons pris aux armées russes et autrichiennes (chiffre sans doute propagandiste, les historiens dénombrent environ 130 canons pris à Austerlitz et décorée, à la manière antique, de bas reliefs représentant des trophées et des scènes de batailles. S'enroulant en continu jusqu'au sommet, cette hélice, longue de 280 m et composée de 425 plaques de bronze.Il faudra 4 ans pour réaliser les 425 plaques de bronze et les fixer en spirale sur la structure en pierre (comme sur la colonne Trajane à Rome). Au sommet, trônait une statue de l’empereur réalisée par Chaudet, le célèbre sculpteur de l’époque . Haute de 43,50 mètres, elle devait remplacer une statue de la Liberté, érigée durant la Révolution. D’abord baptisée colonne d’Austerlitz, elle représente les principaux faits d’armes des Campagnes Napoléoniennes de 1805 à 1807. D’abord surmontée d’une statue de Napoléon en César, cet appendice changea au rythme des changements de régime. En 1814, pendant les Cent-Jours, les royalistes la remplacent par une statue de Henri IV. Louis-Philippe érigea une colossale fleur de lis. Louis XVIII, sous la Restauration, rétablît une statue de Napoléon en redingote. La colonne fut renversée en 1871, pendant la commune, avant d’être redressée pendant la IIIe République avec une réplique de la statue originale de Napoléon en César

 Il faudra attendre 1873 pour que le monument soit reconstruit place Vendôme.

     vendome-paris-colonne-7254-1.jpg

  p1040410-paris-ier-colonne-vendome-socle-rwk.jpg

L'eglise de la Madeleine.713px-eglise-de-la-madeleine-3753x3156.jpg

 

 

L' eglise de la Madeleine devait être elle aussi un temple à la gloire de la Grande Armée, comme prévu en 1805. En 1812, après la campagne de Russie, Napoléon changea d'avis pour revenir au projet d'une église. Elle fut finie en 1842. Napoléon fit aussi construire de 1807 à 1825 le palais Brongniart de style corinthien pour accueillir la Bourse de Paris. Il fit aussi construire le palais d'Orsay de 1808 à 1840, où s'installe le Conseil d'Etat.

Napoléon fit aménager la capitale. Il fit percer les rues de Rivoli, de Castiglione et des Pyramides ainsi que numéroter les immeubles de Paris. Il ordonna la liaison entre le Louvre et le palais des Tuileries et la finition de la cour carrée du Louvre (construction de l’aile ouest et sud) qui devient un musée. Il offrit au palais Bourbon une nouvelle façade, érigée entre 1806 et 1810. Il fit construire trois ponts (le pont des Arts (1801-1803), d'Austerlitz (1802-1806) et d'Iena (1808-1814)) et plusieurs dizaines de fontaines comme l'élephant de la Bastille. Il fit embellir le jardin du Luxembourg et créer le jardin des plantes, le canal de l'Ourcq, de St Martin et de St Denis. Enfin, Il fit aménager le cimetiere du Pere-Lachaise

 

 

Le Palais-Bourbon800px-palais-bourbon-assemblee-nationale-par-ex13.jpg

 

Sous Napoléon, les ministères et certaines institutions officielles s’installent dans le quartier du faubourg St Germain. Et c’est là que s’organise, autour du Palais Bourbon, la vie politique et diplomatique du pays.

 

C’est dans cet hôtel particulier construit par une fille légitimée de Louis XIV que les parlementaires s’installent. L’assemblée est composée de 300 membres dont le rôle est d’écouter les discussions de lois, sans jamais y participer, puis de voter (Napoléon n’est pas un démocrate ;-). D’où son surnom d’ « assemblée muette ».
Mais le Palais bourbon n’est pas adapté à sa nouvelle fonction.
L’architecte Poyet construit donc en 1806 une nouvelle façade sur la Seine composé d’un péristyle à 12 colonnes corinthiennes, copie très rigide d’un temple antique.

 

 

senat-palais-luxembourg.jpgLe Sénat

 

 

Installé dans le palais du Luxembourg, édifié au XVIIème siècle pour Marie de Médicis, le Sénat est une création du Consulat à la toute fin 1799. Son rôle est de veiller au respect de la nouvelle Constitution. Chalgrin réaménage le bâtiment pour les nombreux sénateurs. Un de ses élèves en doublera la superficie en 1836 pour installer l’hémicycle.

 bourse-paris-paysage360.jpgLa Bourse

 


Elle est le cœur de la vie financière de l’époque car c’est tout autour que s’installent les banques, et notamment la Banque de France, une création de Napoléon.
Soucieux de l’importance d’une telle institution, il veut lui donner un cadre digne d’elle. En 1808, Napoléon choisit donc le terrain où doit être érigé un « Palais impérial de la Bourse ». L’Empereur souhaite, comme toujours, un temple à l’antique. L’architecte Brongniart propose un vaste rectangle de 69 mètres sur 41 au péristyle corinthien qu’on admire encore aujourd’hui (et qui a gardé le nom de « palais Brongniart »)

 

 Les grands palais impériaux (qui étaient des palais royaux à d’autres époques) ont disparus.

tuilerienschloss02-edouard-baldus-library-of-congress-usa.jpg

Le Palais des Tuileries 

Situé au bout du Louvre et donnant sur les jardins qui portent encore son nom, à été détruit à la fin du XIXème siècle après avoir été incendié. C’était LA résidence impériale par excellence.

 

 

 

 

 

 Le Château de Saint-Cloud 

Résidence d’été, dominant la Seine aux portes de Paris, à lui aussi disparu dans les mêmes circonstances que les Tuileries. Aujourd’hui, il ne reste que le beau parc du domaine.

La Malmaison

napoleon-malmaison-015.jpg 

La demeure est située à Rueil-Malmaison à 10 kilomètres de Paris.
Celle qu’on surnommait « La campagne de Malmaison » est un modeste château entouré de parcs et de forêts.

 josephine.jpgC’est sa femme Joséphine (ci-contre) qui choisit cette demeure en 1799. Napoléon s’y installe à son retour de la campagne d’Egypte. Il y déplace même le gouvernement entre 1800 et 1802.
C’est dans les murs de la Malmaison que se décide le projet de loi sur la Légion d’Honneur, que se négocient le Concordat (qui instaure la liberté du culte) et la cession de la Louisiane.

 

Maison privée du premier couple de France, c’est surtout sous l’Empire, la résidence de Joséphine. L’impératrice est une femme « savante », grande collectionneuse de peintures, grande amatrice de musique (on peut toujours voir sa harpe) et amatrice de botanique.

 

 

 

 

 

 

 800px-chateau-de-malmaison-appartement-de-josephine-001.jpgDécorée par les incontournables Percier et Fontaine, les intérieurs de la Malmaison montrent leur plus belle création dans la chambre de Joséphine (ci-contre). Au dessus des appartements meublés, les pièces du musées exposent de somptueuses robes de l’impératrice et de nombreux souvenirs de l’empereur.

  800px-chateau-de-malmaison-bibliotheque-001.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Hôtel Mondragon

469px-hotel-de-mondragon-gateway.jpg

 

« Il est 8h du soir ce 9 mars 1796 quand la veuve Beauharnais se présente dans la salle des mariages de la mairie du 2ème arrondissement de Paris » raconte Karine Huguenaud dans Balades Napoléoniennes dans Paris.
L’hôtel Mondragon est toujours là, dans le 2ème arrondissement de Paris. La salle des mariages aussi. Mais il est désormais affecté à un administrateur de la banque BNP Paribas qui occupe tout l’hôtel particulier construit au XVIIIème siècle. Le décor de boiseries blanches a été conservé en l’état, ainsi que les immenses miroirs sur les murs de la petite pièce. En hommage à la cérémonie célébré ici, une copie de l’acte de mariage est exposée. Et ce qui serait de nos jours impossible

 

 

 

 

L'attentat de la rue Saint Nicaise

 Les conspirateurs
 Georges Cadoudal, cadoudal.jpg

Devant les succès extérieurs de Bonaparte contre la Deuxieme Coalision et l'affaiblissement de la cause royaliste dans les campagnes de l'Ouest, lassées de la guerre et satisfaites des mesures de conciliation du nouveau régime, qui a amnistié les rebelles qui déposent les armes, tout en organisant des colonnes mobiles qui mettent à mal la tactique de guerilla de la Chouanerie, les agents royalistes en France décident de déstabiliser le gouvernement en frappant à la tête. La tentative d'assassinat contre Bonaparte est planifiée par des Chouans bretons royalistes.

 Dans l'Ouest, les différents chefs chouans et vendéens ont déposé les armes entre décembre 1799 et février 1800. Cependant dans le Morbihan, Georges Cadoudal, général de l' armée catholique et royale de Bretagne a refusé toutes les propositions du premier Consul, y compris un grade de general de Brigade dans l'armée républicaine, et continue de maintenir ses troupes sous les armes. En contact avec les Britanniques, il espère provoquer un débarquement en Bretagne afin de relancer la Chouanerie. Si aucune action d'envergure n'est menée, des violences et des exécutions sommaires continent d'être commises par les deux camps. Joseph Fouché, ministre de la police tente alors de faire assassiner Georges Cadoudal. Dans les premiers jours de décembre, deux de ses agents, Gabriel-Antoine de Becdelièvre et Louis Lainé, sont capturés par les Chouans près de Sarzeau. Cadoudal les fait fusiller après que du poison ait été découvert sur eux.

 Le général chouan agit également de son côté et envoie plusieurs de ses officiers à Paris afin de trouver un moyen de se « défaire » de Bonaparte. Jseph Picot de Limoelan (1768-1826), colonel ayant exercé divers commandement en Ille et Vilaine,Pierre Robinault de St Regeant (1768-1801), colonel de la Légion de La Trinité Porhoet, Édouard de La Haye-Saint-Hilaire et André Joyaux d’Assas sont chargés d'enlever ou de tuer le premier Consul.

 À son tour, le groupe enrôle un « vieux » Chouan du nom de François-Joseph Carbon (1756-1801), « un homme trapu avec une barbe blonde et une cicatrice au sourcil », qui a combattu dans le Maine sous le commandement de Louis de Bourmont.

 Le 19 juin 1800, Georges Cadoudal prévient le gouvernement britannique, de l'organisation d'un « coup essentiel » à Paris.

 « Le Premier Consul y arrive au premier jour. Il est de la plus haute importance de s'emparer le plus promptement possible de ce personnage. J'envoie à Paris pour savoir dans quelle position sont ceux qui sont chargés de cette opération. J'ai une soixantaine d'hommes de coups de mains que je leur propose. »

  Le complot

 turgot-attentat-rue-st-nicaise.jpg

Le trajet du carrosse.

 Le 26 frimaire an IX ( 17 decembre 1800), les Chouans Carbon, Limoëlan et Saint-Régeant achètent une charrette et un cheval à un négociant en grains parisien nommé Lambel. Carbon se présente comme un colporteur ayant acheté une provision de sucre brun qu'il doit transporter à Laval, afin de l'échanger contre du tissu ; pour y parvenir, il a besoin de la charrette et de la jument de Lambel. Lambel lui vend l'une et l'autre pour 200 francs. Carbon et ses compagnons les conduisent 19 rue du Paradis, près de Saint-Lazare, où ils ont loué un logement. Là, ils passent cinq jours à fixer un grand tonneau de vin à la charrette avec dix gros cercles en fer. L'idée est de remplir le tonneau de poudre, afin de le transformer en machine infernale et de le faire éclater sur le passage de Bonaparte, quand il se rend à l'Opéra.

 Le 1er  nivose (22 décembre), Saint-Régeant se rend sur la place du Carrousel à la recherche d'un emplacement pour la machine infernale. Il choisit un point dans la rue Saint-Nicaise, au nord du Palais des Tuileries, près de la rue St Honoré, où Bonaparte a fait tirer au canon sur les rebelles royalistes lors de l' insurrection du 13 vendemiaire an IV, plus ou moins en face de l'actuelle place du Théâtre-Français. La rue de la Loi (actuelle rue de Richelieu), qui mène à l' Opera, en est presque la continuation. Saint-Régeant considère que l'endroit est idéal : après avoir positionné la charrette avec le tonneau rue Saint-Nicaise, l'un d'eux se posterait avant l'Hôtel de Longueville, d'où il pourrait apercevoir le carrosse de Bonaparte, quand il sortirait des Tuileries, et faire le signal convenu à ses complices, qui n'auraient plus qu'à allumer la mèche.

 L'attentat

Le 3 nivose an IV ( 24 decembre 1800), en fin d'après-midi, Carbon, celui qui a réalisé la "machine infernale" », harnache la jument à la charrette et la conduit, avec Limoëlan Porte Saint Denis, dans la banlieue nord de Paris. Dans un immeuble abandonné, les deux hommes chargent la poudre dans le tonneau.

Puis ils se rendent avec leur chargement rue Saint-Nicaise, au nord des Tuileries. Limoëlan traverse la place du Carrousel et rejoint son poste, d'où il pourra lancer à ses compagnons le signal convenu pour la mise à feu. Saint-Régeant aperçoit une fillette de quatorze ans du nom de Marianne Peusol, dont la mère est marchande de quatre saisons près de la rue du Bac. Il lui donne douze sous pour tenir la jument quelques minutes.

attentat.jpg

À 19 heures, inconscient du danger qui le menace, certain que sa police a neutralisé tous les complots contre sa personne, Bonaparte détendu mais fatigué se laisse convaincre par Josephine à contre-cœur, de se rendre à l'Opéra pour assister à la première représentation en France, de l'oratorio Die Schöpfung (La Création) de Joseph Haydn. Le carrosse de Bonaparte est précédé par une escorte de cavaliers de la Garde consulaire. Le ministre de la Guerre Berthier, le général Lannes et Lauriston, aide-de-camp de Bonaparte, accompagnent le Premier Consul.( on pense que Bonaparte s'est assoupi). Un second carrosse emmène son épouse, sa belle fille et sa soeur. A propos de ce sommeil, Bonaparte aurait dit avoir fait un cauchemar, revivant la défaite du fleuve  Tagliamento face aux Autrichiens, le  16 Mars 1797. Pendant ce temps, le carrosse de Bonaparte, conduit par son chauffeur, César, légèrement alcoolisé, passe la rue Saint-Nicaise et entre dans la rue Saint-Honoré. Limoëlan, posté sur la place du Carrousel, panique et oublie de lancer le signal à Saint-Régeant, dans la rue Saint-Nicaise, qui perd ainsi une ou deux précieuses minutes. Quand le chef des grenadiers de la Garde de Bonaparte passe devant lui, Saint-Régeant allume la mèche et s'enfuit.

La « machine infernale » explose, pulvérisant la jeune Peusol et la jument. Au total, l’attentat fait 22 morts et une centaine de blessés, 46 maisons de la rue Saint Nicaise sont détruites ou rendues inhabitables

La bataille d'Austerlitz

 En route pour Austerlitz
napoleon.jpgEn 1805, Napoléon s’était donné comme objectif d’abattre l’Angleterre. Au Camps de Boulogne, il avait réuni près de 200.000 hommes. Mais c’est à l’Est que son attention va être attirée: en août, une 3ème coalition unissant Autrichiens et Russes financée par les Anglais attaque par surprise la Bavière, alliée de la France.
Napoléon fait aussitôt mettre en marche près de 100.000 soldats le 28 août. Avec une rapidité qui sidère l’adversaire il passe le Rhin et fonce sur le général autrichien Mack qui s’est réfugié dans Ulm. Encerclé et isolé, Mack doit se rendre le 20 octobre. Napoléon s’empare de 27 canons et 27.000 prisonniers.
Napoléon apprendra peu de temps après l’anéantissement de la flotte française par l’Amiral Nelson à la bataille de Trafalgar le 21 octobre. Le 13 novembre, Murat qui poursuivait l’arrière-garde autrichienne entre triomphalement dans Vienne sans livrer bataille. Les troupes françaises ont couvert plus de 1200 kilomètres en un peu plus de soixante jours.

 Le plan de Napoléon
Une semaine plus tard, l’Empereur est à Brünn et pousse jusqu’à Austerlitz. A la surprise générale, il n’occupe ni le village, ni le plateau du Pratzen qui le précède ce qui conduit les deux empereurs alliés, François II l’Autrichien et Alexandre Ier le Russe, à penser que Napoléon se prépare à se replier. Ils occupent aussitôt Austerlitz et le plateau. Le 29 novembre, le prince Dologorouski, aide du camp de Tsar, vient proposer une armistice à des conditions exorbitantes et en repart convaincu que la victoire est à portée de sabre.
En fait, l’évacuation du plateau répond à une volonté de Napoléon de voir les Austro-Russes déployer largement leurs troupes sur le plateau au risque de trop les étirer. De plus, en dégarnissant son aile droite, il incite les Alliés à attaquer à leur gauche pour lui couper la route de Vienne.

 

champ-de-bataille.jpg 

La bataille d’Austerlitz
Et effectivement, dès le 1er décembre, les Alliés se portent avec 30.000 hommes sur la droite française de Davout et ses 9.000 hommes. La bataille commence vraiment le 2 au petit matin: les Austro-Russes se concentrent sur l’aile droite de Napoléon tandis que le général Bagration affronte l’aile gauche de Murat et de Lannes.
Lorsque le brouillard qui dissimulait les troupes françaises commence à se dissiper et que brille de tous ces feux le soleil d’Austerlitz, le plateau est dégarni. Napoléon laisse alors partir les régiments de Soult qui escaladent le Pratzen, s’en emparent après une bataille acharnée coupant les deux ailes austro-russes qui ne se rejoindront jamais. Désorganisée, divisée, bousculée, l’armée alliée se disperse et une partie s’échouera sur les étangs gelés avant de se noyer, Napoléon ayant fait tonner le cannon pour briser la glace.

 austerlitz1.jpgUne bataille décisive
Cette bataille que d’aucun considère comme la bataille des batailles a vu 65.000 Français battre 100.000 Austro-Russes en moins de 9 heures. 185 canons seront pris à l’ennemi: ils finiront fondus pour ériger la colonne de la Place Vendôme. 45 drapeaux seront pris à l’ennemi contre un aigle perdu (mais Napoléon le regrettera beaucoup). La bataille des trois empereurs se concluera par la signature du Traité de Presbourg le 26 décembre 1805 qui verra la fin du Saint-Empire germanique.

 La Marche Militaire

  La Marche d’Austerlitz a été jouée par chaque bataillon au moment de la charge des grenadiers : “Les tambours battaient à rompre les caisses, la musique se mêlait aux tambours. C’était à entraîner un paralytique.” (Capitaine Coignet).

 1
On va leur percer le flanc
Ran tan plan tire lire lan

Ah ! c’que nous allons rire
Ran tan plan tire lire
On va leur percer le flanc
Ran tan plan tire lire lan

 2
le p’tit tondu sera content
Ran tan plan tire lire lan
Ça lui f’ra bien plaisir
Ran tan plan tire lire
le p’tit tondu sera content
Ran tan plan tire lire lan

3
car c’est de c’la que dépend
Ran tan plan tire lire lan
Le salut de l’Empire
Ran tan plan tire lire
On va leur percer le flanc
Ran tan plan tire lire lan

 (couplet subversif)
pour lui plaire il faut du sang
ran tan plan tire lire lan
Ah ! c’que nous allons rire
Ran tan plan tire lire
Pour lui plaire il faut du sang
Ran tan plan tire lire lan

Grande Armée

 Etat-major impérial
SM l’Empereur et Roi, Napoléon Ier, commandant en personne
Aides de camp: généraux Junot, Lauriston, Lemarois, Savary et Rapp; colonel Lebrun
Lieutenant de l’Empereur: SAS le prince Murat
Major-général: Maréchal Berthier

 Garde impériale
Maréchal Bessières, 4973 hommes

 1er Corps
Maréchal Bernadotte, 14115 hommes des divisions des généraux Kellermann, Rivaud et Drouet

 3ème Corps
Maréchal Davout, 21331 hommes des divisions des généraux Caffarelli, Friant et Gudin

 4ème Corps
Maréchal Soult, 26392 hommes des divisions des généraux Saint-Hilaire, Vandamme et Legrand

5ème Corps
Maréchal Lannes, 16828 hommes des divisions des généraux Oudinot et Suchet

 Réserve de cavalerie
Maréchal Murat, 16249 hommes des divisions des généraux Nansouty, D’Hauptoul, Walther, Beaumont, Bourcier (qui sert dans le corps de Davout) et Milhaud

 Nombre total estimé des forces françaises: 73100 hommes

1-cuirassier.jpg

1-carabinier.jpg

 1-chevau-leger.jpg

 

 

 

 

 

 

Coalisés Austro-Russes

Etat-major général
Tsar de Russie, Alexandre Ier
Empereur d’Allemagne, François II,
Général Koutousov, commandant en chef
Lieutenant général prince Schwartzenberg
Lieutenant général prince Liechtenstein
Major général Gerhard (Russie)
Major général Weyrother (Autriche)
Général comte Buxhöwden, commandant des 2 1ères colonnes

 Garde Impériale russe
Grand duc Constantin, frère du tsar, 10530 hommes (dont 800 chevaliers gardes)

 Avant-garde russe
Lieutenant général prince Bagration, 13700 hommes

 Avant-garde autrichienne
Lieutenant général baron Kienmayer, 6780 hommes

1ère colonne
Lieutenant général Doctorov, 13650 hommes

 2ème colonne
Lieutenant général comte (français émigré) de Langeron, 11700 hommes

 3ème colonne
Lieutenants généraux Przibyszewski et Wimpfen, 7700 hommes

 4ème colonne
Lieutenants généraux comte Kollowrath et Miloradovich, 16190 hommes

 5ème colonne (cavalerie)
Lieutenants généraux prince de Liechtenstein et prince de Hohenloe

 Nombre total (estimé) des Alliés aux 4/5ème russes: 85 700 hommes

 Quelques Photos de souvenir de cette bataille

memorial.jpg

 

  6-santon6.jpg

 

 

 

 

 

 

6-santon5.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sacre de Napoléon 1er

Le 2 décembre 1804 (11 Frimaire An XIII selon le calendrier républicain), Napoleon Bonaparte est sacré empereur des Français dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, en présence du pape Pie VII.

Le pape réquisitionné

pie-vii.jpg

Génie de la propagande et de la mise en scène, le nouvel empereur ne se contente pas d'une ratification de son titre par le peuple. Il veut une onction religieuse pour s'aligner sur les autres empereurs du moment, le tsar de Russie et le chef du Saint Empire romain germanique, qui règne à Vienne, ainsi que pour se démarquer du prétendant des Bourbons, Louis XVIII, qui n'a pas encore reçu le sacre.

Pour le lieu, il songe à Aix-la-Chapelle, ancienne capitale de Charlemagne, désormais chef-lieu de département français. Puis à Rome. Finalement, il se rallie à Paris bien qu'il craigne les sautes d'humeur de ses habitants. Plutôt que le Champ-de-Mars, encore palpitant des souvenirs de la Révolution, ou l'église Saint-Louis-des-Invalides, trop petite, il choisit la vénérable cathédrale Notre-Dame de Paris. L'empereur veut en faire le symbole de la réconciliation de la Nation avec son Histoire.

Foin d'un quelconque archevêque ! Napoléon exige rien moins qu'un sacre par le pape lui-même comme Charlemagne un millénaire plus tôt. Pie VII (64 ans) hésite à se prêter à la mascarade. Il s'y résout finalement avec l'espoir d'obtenir un arrangement sur les Articles organiques impunément ajoutés par Bonaparte au texte du concordat.

Partie de Rome le 2 novembre, l'escorte pontificale se fait dévaliser en route. Le 25 novembre, enfin, Napoléon affecte de la croiser par hasard en forêt de Fontainebleau lors d'une chasse au cerf. L'empereur salue le souverain pontife sans excès d'égards et lui fait un bout de conduite avant de le laisser poursuivre sa route jusqu'au Louvre. Si l'on en croit l'écrivain Alfred de Vigny, Pie VII aurait alors murmuré, parlant de l'empereur : «Comediante, tragediante !»

La veille du sacre, Joséphine, qui veut éviter une répudiation, lui confesse qu'elle n'a été mariée que civilement à l'empereur. Aussitôt, Pie VII fait réveiller l'empereur et impose au couple de régulariser son union devant Dieu. Le mariage a lieu en catimini, sans témoins, dans la chapelle des Tuileries, pendant la nuit, en présence du cardinal Fesch, oncle de l'empereur.

En dépit de toutes les couleuvres avalées, le pape repartira bredouille, sans avoir rien obtenu de Napoléon, et les relations entre les deux hommes ne tarderont pas à se dégrader très vite...

Natif de Corse et simple général de la Révolution française, à peine âgé de 35 ans, il reconstitue à son profit l'Empire de Charlemagne !

Beaucoup de Français se plient à ce surprenant archaïsme. Ils y voient le moyen d'empêcher à tout jamais le retour de l'ancienne dynastie des Capétiens.

Parmi ces Français qui craignent la restauration de l'Ancien Regime figurent les anciens députés de la Convention qui ont condamné à mort le roi Louis XVI et tous ceux qui ont acheté des biens nationaux ou se sont enrichis pendant la Révolution.

Le sacre leur offrira un répit de dix ans avant le retour de la monarchie.

De la Révolution à l'Empire

Le 25 mars 1802, à Amiens, l'Angleterre et la France ont signé un traité de paix qui met un point final à la deuxieme coalition européenne contre la France.

Napoléon Bonaparte, qui gouverne la France en dictateur avec le titre de Premier Consul, profite de la paix retrouvée pour affermir son pouvoir à l'intérieur comme à l'extérieur. Il conclut avec le pape un concordat qui rétablit la paix religieuse à l'intérieur. Il consolide les conquêtes de la France sur la rive gauche du Rhin et resserre les liens avec les petits États d'Allemagne et la Suisse. Il se fait aussi attribuer le Consulat à vie. Mais l'opposition royaliste ne désarme pas pour autant. En faisant executer le jeune duc d'Enghien sans motif sérieux, Bonaparte terrorise celle-ci et rassure les anciens révolutionnaires.

La bourgeoisie, qu'inquiète la menace d'une restauration royaliste, adresse au Premier Consul des pétitions en vue d'instaurer l'hérédité dans sa famille comme garantie contre le retour des Bourbons. C'est ainsi que, par le sénatus-consulte du 28 floréal An XII (18 mai 1804), le Sénat déclare :

«Article premier.
Le gouvernement de la République est confié à un empereur, qui prend le titre d'Empereur des Français.
La justice se rend, au nom de l'empereur, par les officiers qu'il institue.
«Article 2.
Napoléon Bonaparte, premier consul actuel de la République, est empereur des Français.
«Article 3.
La dignité impériale est héréditaire dans la descendance directe, naturelle et légitime de Napoléon Bonaparte, de mâle en mâle, par ordre de primogéniture, et à l'exclusion perpétuelle des femmes et de leur descendance.
«Article 4.
Napoléon Bonaparte peut adopter les enfants ou petits-enfants de ses frères, pourvu qu'ils aient atteint l'âge de dix-huit ans accomplis, et que lui-même n'ait point d'enfants mâles au moment de l'adoption.»

Ce texte curieux, aussi appelé «Constitution de l'An XII», institue une monarchie sans abolir formellement la République. En ressortant des archives le vieux titre d'empereur, qui renvoie à Charlemagne et à la Rome antique, il évite celui de roi, qui suscite la répulsion chez nombre d'anciens révolutionnaires. Mais il maintient dans le flou la procédure de succession héréditaire, qui ne laisse pas d'être compliquée. Napoléon s'en accommode car son épouse Josephine (41 ans) l'a convaincu de sa stérilité... Il divorcera cinq ans plus tard, le 15 décembre 1809, dès qu'il aura eu la preuve du contraire, et epousera l'archiduchesse Marie Louise (18 ans).

L'établissement de l'Empire coïncide avec le retour de la guerre. Celle-ci est déclarée trois jours plus tard, le 22 mai, à l'Angleterre. La paix d'Amiens aura été une parenthèse juste propice à faire un empereur !

Une Cour de bric et de broc

En attendant, dès le 19 mai 1804, Napoléon 1er, empereur d'un jour, porte à la dignité de maréchal d'Empire 14 de ses généraux, dont Bernadotte, Lannes, Berthier, Murat... C'est la «distribution des Aigles». Il reconstitue aussi dans son palais des Tuileries une cour à la façon de l'Ancien Régime, en octroyant des dignités ronflantes et des rentes généreuses à son entourage. C'est ainsi que Lebrun est fait architrésorier, Louis-Philippe de Ségur, grand-maître de cérémonie, Cambacérès, archichancelier, Talleyrand, grand chambellan... Il s'offre des insignes pour glorifier son règne : l'Aigle bien sûr et même l'abeille, vague réminiscence de l'époque de Clovis.

Ces initiatives s'ajoutant à la création de la Légion d'Honneur, deux ans plus tôt, témoignent de l'intention de l'empereur de forger une nouvelle noblesse en remplacement (ou en complément) de l'ancienne.

La «Constitution de l'An XII» est ratifiée par un plébiscite en novembre: 3.572.329 oui contre 2.579 non (rappelons que le scrutin n'est pas secret, les électeurs signant au choix le registre du oui ou celui du non). Parmi les opposants les plus notoires figure Lazare Carnot, l'«organisateur de la victoire», resté fidèle à ses convictions républicaines.

Le sacre

La cérémonie du sacre est ordonnancée par le peintre Jacques-Louis David (55 ans), adepte du néo-classicisme et du retour au style antique. Député à la Convention et ami de Robespierre, il avait voté la mort du roi Louis XVI. Rallié à Bonaparte, il devient le peintre officiel de l'Empire après l'avoir été de la Révolution.

Avec le peintre Jean-Baptiste Isabey, David conçoit des costumes chamarrés pour les parvenus et les rudes soldats devenus maréchaux d'Empire ou dignitaires qui doivent assister au sacre. L'empereur lui-même devra traîner un manteau de 22 mètres.

Dès le matin, à partir de 6 heures, les plus hauts gradés de l'armée et de la garde nationale, suivis des dignitaires, magistrats, sénateurs... commencent à se rendre à pied de la place Dauphine à Notre-Dame pour prendre leur place dans la nef.

Le pape, à son tour, se rend à la cathédrale, acclamé par la foule.

Puis vient le tour de Napoléon et Joséphine qui quittent en carrosse leur palais des Tuileries. Leur convoi compte pas moins de 25 voitures. Il est accompagné de six régiments de cavalerie.

 

La cathédrale est comble. Parmi les assistants du premier rang figurent beaucoup d'anciens révolutionnaires qui n'ont jamais caché leur athéisme militant. Certains, comme Fouché, le ministre de la Police générale, se sont signalés pendant la Terreur dans des massacres ignobles d'ecclésiastiques et de religieux.

La cérémonie est quelque peu brouillonne et totalement dénuée de spiritualité et de recueillement. Elle s'éternise pendant trois longues heures dans le froid vif de décembre. Pïe VII donne l'onction à Napoléon et Joséphine, humectant d'huile sainte leur front et leurs deux mains. Après la messe, il bénit les emblèmes impériaux : anneau, épée et manteau.

Le pape n'est pas au-dessus de l'empereur !

Comme convenu avec le malheureux pape, Napoléon 1er se couronne lui-même, debout, face à l'assistance, selon un rite carolingien, puis il couronne l'impératrice.

sacre.jpg

NB : Adolphe Thiers répandra plus tard la légende selon laquelle Napoléon, refusant d'être couronné par le pape, aurait saisi la couronne par surprise et l'aurait lui-même posée sur sa tête...

Le souverain pontife se retire dans la sacristie et, en son absence, le nouvel empereur prête serment sur l'Évangile (!) de préserver tous les acquis de la Révolution : «Je jure de maintenir l'intégrité du territoire de la République, de respecter et de faire respecter l'égalité des droits, la liberté politique et civile, l'irrévocabilité des ventes de biens nationaux, de ne lever aucun impôt, de n'établir aucune taxe qu'en vertu de la loi, de maintenir l'institution de la Légion d'honneur, de gouverner dans la seule vue de l'intérêt, du bonheur et de la gloire du peuple français».

Tandis que le cortège, passablement soulagé, quitte la cathédrale, salué par cent un coups de canon, la fanfare militaire attaque un air canaille à la mode : «Jamais je n't'ai vu comme ça / Faire des bamboches...». Cet imprévu de quelques instants est un pied de nez au caractère sacrilège de la cérémonie, ni chrétienne ni républicaine («une capucinade», disent les soldats de la Révolution)!

Inventaire

Le peuple et l'armée considèrent le sacre sans enthousiasme ou avec ironie. À part Londres, en guerre contre la France, toutes les capitales européennes reconnaissent à contrecoeur le titre impérial de Napoléon, y compris Saint-Pétersbourg (Russie) qui a pris le deuil après l'execution du duc d'Enghien. Notons que l'archiduc d'Autriche François II de Habsbourg-Lorraine (par ailleurs titulaire du Saint Empire romain germanique) a pris lui-même le titre d'empereur d'Autriche, sous le nom de François 1er, pour se rehausser face au parvenu corse.

Parmi les oppositions les plus notables, relevons celle de Ludwig van Beethoven. Enthousiasmé par la Révolution française et les succès du Premier Consul, le compositeur allemand a conçu en l'honneur de ce dernier la Symphonie Bonaparte. Apprenant le sacre, il rebaptise de dépit son oeuvre Symphonie héroïque. C'est sous ce nom qu'elle est aujourd'hui appréciée.

La suite montre que le sacre n'aura en rien servi à la stabilité du nouveau régime. En 1812, pendant la campagne de Russie, le général Malet lance le bruit de la mort de l'empereur et tente de constituer un nouveau gouvernement sans que personne ne songe à remplacer Napoléon par le petit Roi de Rome, son fils.

Il nous reste du sacre une toile grandiose, au moins par ses dimensions (6 mètres sur 9). Elle est l'oeuvre du peintre David qui a reçu de l'empereur l'ordre de fixer pour l'éternité le souvenir de cet événement, tâche dont il s'est acquitté en prenant de grandes libertés avec la réalité, jusqu'à faire figurer au centre de la toile la mère de l'empereur qui avait préféré rester en Italie plutôt que d'assister au couronnement (elle en voulait à Napoléon de s'être brouillé avec son frère Lucien, absent lui aussi, de même que Jérôme) !

800px-jacques-louis-david-the-coronation-of-napoleon-edit.jpg 

En voyant cette oeuvre immense dans l'atelier du peintre, deux ans après le sacre, l'empereur aurait eu ces mots : «Que cela est grand ! Ce n'est pas une peinture : on marche dans ce tableau». La toile est aujourd'hui visible au Louvre.

Nous avons aussi parler du percement de la rue du Mont Thabor et des rues perpendiculaires debouchant rue de Rivoli, du palais du roi de Romesur la colinne Chaillot. Nous avons eu la chance et le plaisir de decouvrir sur les marches de l'hotel de la madeleine des choristes et un orchestre qui repetaient le Requiem de Verdi.

Nous descendons ensuite vers la Concorde pour voir la façade du Palais Bourbon réalisé par Poyet a qui Napoleon avait demandé de faire en sorte que les 12 colonnes soit strictement parallele à celle de l'Eglise de la Madeleine et en harmonie avec celle ci.

A midi nous déjeunons d'une blaquette de Veau ou d'une Pintade aux choux, ce qui permet à la petite troupe de reprendre des forces.

Comme le temple de l'Oratoire est ouvert à cause d'une grande journee de l'Eglise protestante, nous pouvons y entrer et admirer l'interieur de cette ancienne Eglise catholique ou ont été célebrees les funerailles du Cardinal de Richelieu, Louis XII, Chancelier Seguier, Reine Marie Therese, Reine Anne d'Autriche.

Cette eglise a été mise à disposition des protestants par Napoleon en 1811

napoleon2.jpgUne derniere image de Napoleon

Et pour finir une petite video de Joseph

 

 barbu3-1.gif

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau