Versailles ( rando Paris)

Aujourd'hui Claudine nous emmene visité les Jardins de Versailles

Le jardin de Versailles, également appelé jardin du château de Versailles, ou au pluriel les jardins de Versailles, ou jardins du château de Versailles, est situé à l'ouest du château de Versailles.

Versailles gardens map meyers

Au cours de l’Ancien Régime, le domaine de Versailles était constitué du Grand Parc – la vaste région boisée aux abords du château et du village de Versailles (en partie murée) – et du Petit Parc – la partie entourée d’un mur qui fut développée en jardins à la française près du château.

Aujourd'hui, la différence entre Grand Parc et Petit Parc persiste, à travers d'autres appellations. Le Grand Parc est aujourd'hui désigné sous le terme Parc de Versailles et comprend l'ensemble des espaces verts appartenant au Domaine de Versailles (bois, champs, jardins des châteaux de Trianon, jardins du château de Versailles). Le Petit Parc, aujourd'hui désigné sous le terme Jardin de Versailles, est la partie de ce Parc de Versailles située entre à l'est le château de Versailles, à l'ouest le bassin du char d'Apollon, au Nord le bassin de Neptune et au Sud l'Orangerie et qui comprend les jardins à la française proches du château.

Cet article traite du Petit Parc, aujourd'hui appelé Jardin de Versailles, et de son évolution.

Depuis l’époque de Louis XIII jusqu’à nos jours, les jardins ont subi de nombreuses évolutions. Certains bosquets ont également évolué et changé de nom. Les replantations ont été nombreuses. Les problèmes d’alimentation en eau des jardins sont toujours d'actualité.

Parmi les 386 œuvres d'art qui enrichissent les jardins, dont 221 statues, Apollon occupe une place majeure. Il est représenté sept fois à divers endroits du parc. L'image idéalisée du Roi-Soleil est la plus éblouissante dans le bassin portant son nom, donnant sur le Grand Canal.

Historique

Louis XIII

Avec le dernier achat de terre de la famille Gondi et l’avènement de Louis XIII comme seigneur de Versailles, les premières traces des jardins s’établirent aux années 1664 dans l’espace à l’ouest du château. Des documents indiquent qu’à la fin de la décennie, Claude Mollet et Hilaire Masson conçurent les jardins qui sont restés probablement intacts jusqu'aux expansions commandées par Louis XIV lors des premières années de son règne. Ce plan primitif, ce qu’on peut voir aujourd’hui sur le plan « Du Bus » (vers 1662), établit le dispositif sur lequel les jardins de Louis XIV évoluèrent – surtout, la définition claire des axes principaux qui forment les lignes essentielles de l’aménagement des jardins.

En 1662, après la disgrâce de Nicolas Fouquet et l’appropriation de son château de Vaux-le-Vicomte, Louis XIV se concentra sur Versailles. Avec la participation de l’équipe de Vaux-le-Vicomte – Louis Le Vau, Charles Le Brun et André Le Nôtre, Louis XIV entama un programme d’embellissement et expansion à Versailles dont s’occupa le roi jusqu’à la fin de sa vie.

Dorénavant, l’expansion des jardins de Versailles suivirent les expansions du château. Par conséquent, les agrandissements de Louis XIV s’appliquèrent également aux jardins.

Louis XIV : le premier agrandissement

1661 vit des moindres changements au château ; pourtant, plus d’attention se consacra au développement des jardins. Des bosquets et des parterres existants furent agrandis et des nouveaux furent créés. Plus important parmi les créations à cette époque furent l’Orangerie et la Grotte de Téthys.

L’Orangerie, le chef-d’œuvre de Louis Le Vau, se situait au sud du château sur un emplacement qui profitait de la pente naturelle de la colline. L’Orangerie fournissait un abri et entreposage pour les orangers lors de l’hiver.

La grotte de Thétys, qui se trouvait au nord du château, constituait une partie intégrale du symbolisme du château et des jardins qui alignait le Roi Soleil avec la métaphore solaire. La grotte s’acheva lors de la deuxième campagne d’agrandissement.

En 1664, les jardins évoluèrent au point que Louis XIV les inaugura avec une fête galante dite Les Plaisirs de l’Isle Enchantée. L'événement, qui dut officiellement fêter sa mère Anne d'Autriche et son épouse Marie-Thérèse d’Autriche, fêta en réalité Louise de La Vallière, la maîtresse du roi, et eut lieu en mai de cette année. Les invités se régalèrent des divertissements fabuleux dans les jardins au cours d’une semaine. En raison de cette fête – et en particulier le manque de logements pour les invités (la plupart des invités furent obligés de dormir dans leurs carrosses), Louis se rendit compte des imperfections de Versailles et commença de nouveau à agrandir le château et les jardins.

Louis XIV : deuxième agrandissement

De 1665 à 1678, il y eut une fureur d’activité dans les jardins, surtout en ce qui concerne les fontaines et les nouveaux bosquets ; à cette époque la symbolique d’Apollon et du soleil s’exploitèrent consciemment et systématiquement comme métaphores pour Louis XIV. L’enveloppe du vieux château par Louis Le Vau fournit un moyen par lequel – à travers la décoration de la façade du jardin – la symbolique des grands appartements formèrent une symbiose avec la symbolique des jardins.

Avec cette 2e phase d’agrandissement nouvelle, les jardins adoptèrent le vocabulaire de conception topographique et symbolique qui resterait paradigmatique jusqu’au XVIIIe siècle. Comme le précisa André Félibien dans sa description de Versailles, une symbolique consacrée aux thèmes solaires et apolloniens prédominait avec les projets de construction à cette époque.

Trois additions datant de cette époque contribuèrent au réseau topographique et symbolique des jardins : l’achèvement de la grotte de Thétys, le parterre de Latone, et le bassin d’Apollon.

Grotte de Téthys

1280px bosquet des bains d appolon du chateau de versailles

Commencée en 1664 et achevée en 1670, avec l’installation de statues par Girardon et Regnaudin, Gilles Guérin et les frères Marsy, la grotte forma un élément principal des jardins en raison de la symbolique et du rôle technique du bâtiment.

Symboliquement, la grotte de Téthys faisait allusion au mythe d’Apollon comme, selon les Grecs, étant l’endroit où le dieu se reposait après avoir conduit son chariot afin d’illuminer le ciel. La grotte était un bâtiment isolé situé au nord du château. L’intérieur, décoré avec des motifs en coquillage afin de créer une grotte marine, comprenait un ensemble de statues par Girardon et Regnaudin, Gilles Guérin et les frères Marsy qui représentait le dieu Soleil soigné par des Néréides (groupe central) et ses chevaux soignés par des gardiens de Téthys (les deux groupes auxiliaires). À l'origine, les statues étaient situées en trois niches dans la grotte et entourées par des fontaines et jets d’eau.

Techniquement, la grotte de Téthys joua un rôle crucial dans le système hydraulique qui fournissait l’eau aux jardins. Le toit de la grotte soutenait un réservoir qui gardait l’eau pompée de l'étang de Clagny afin d’alimenter par gravitation les fontaines dans les jardins.

Bassin de Latone

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Situé sur l’axe est-ouest, un peu à l'ouest et sous le parterre d’Eau, se trouvait le premier bassin de Latone. Conçu par André Le Nôtre et construit entre 1668 et 1670, la fontaine représentait un épisode tiré des « Métamorphoses » d’Ovide. Latone et ses enfants : Apollon et Diane, situés en haut du bassin, étaient tourmentés par des jets de boue lancés par des paysans Lyciens qui refusaient de leur permettre de boire à leur étang. Elle fit appel à Zeus qui répondit en transformant les Lyciens en grenouilles. On choisit cet épisode mythologique en raison de l'allusion aux révolutions de la Fronde qui se produisirent pendant la minorité de Louis XIV.

 

Bassin d’Apollon

Jardins versailles bassinapollon1

Un peu plus loin sur l’axe est-ouest se trouvait le bassin d’Apollon (bassin des chars d'Apollon émergeant des eaux). Occupant l’ancien emplacement du Rondeau (également dit bassin des Cygnes) de Louis XIII, la fontaine d’Apollon, qui fut construite entre 1668-1671, représentait le dieu conduisant son chariot afin d’illuminer le ciel. Le bassin et la fontaine formaient un point de convergence dans les jardins et servaient d'élément transitionnel entre les jardins du Petit Parc et le Grand Canal.

 

Le Grand Canal

Avec une longueur de 1 500 mètres et une largeur de 62 mètres, le Grand Canal, qui fut construit entre 1668 et 1671, prolonge physiquement et visuellement l’axe est-ouest jusqu'à l'enceinte du Petit Parc. Sous l’Ancien Régime, le Grand Canal était utilisé pour des divertissements en bateaux. En 1674, à la suite des résultats d’une série de négociations diplomatiques dont il profita, Louis XIV commanda la construction de la « Petite Venise ». Située à la jonction du bras transversal septentrional du Grand Canal, celle-ci abritait les yachts et les Caravelles reçus des Pays-Bas et hébergeait les gondoliers et leurs gondoles reçus comme cadeaux de la part du doge de Venise, d'où l’origine du nom.

Au-delà des exigences décoratives et ludiques de l'aspect du jardin, le Grand Canal jouait également un rôle pratique. En effet, situé à un point bas dans les jardins, le Grand Canal recevait l’eau qui s’écoulait des fontaines dans les jardins en amont. Cette eau était alors pompée grâce à un réseau de pompes actionnées par des moulins à vent et des moulins à chevaux, puis renvoyée au réservoir placé sur le toit de la grotte de Thétis afin de réalimenter les fontaines. Le système hydraulique fonctionnait alors en circuit fermé.

Parterre d’Eau

Les réservoirs sous le parterre, vides à l'occasion de leur visite de contrôle.

Au-dessus de la fontaine de Latone se trouvait la terrasse du château, dite le parterre d’Eau. Formant un élément transitionnel sur l’axe est-ouest entre le château et les jardins en contrebas, le parterre d’eau se manifestait comme lieu où la symbolique des grands appartements se synthétisait avec celui des jardins. Sous le parterre, des réservoirs de stockage permettent l'alimentation des bassins et fontaines.

En 1674, Louis XIV commanda un ensemble de statues à l'origine prévu comme éléments décoratifs pour les fontaines du parterre d’Eau. La « Grande Commande » se composait de 24 statues représentant les quaternités classiques. Conçue par Charles Le Brun et exécutée par les meilleurs sculpteurs de l’époque, la Grande Commande comprenait :

  • les quatre éléments : la Terre, l’Air, l’Eau, le Feu ;
  • les quatre parties du monde : l’Europe, l’Afrique, l’Asie, l’Amérique ;
  • les quatre saisons : le Printemps, l’Été, l’Automne, l’Hiver ;

Le parterre d'eau, devant la façade ouest du château.

  • les quatre heures du Jour : le Point du Jour, l'Heure de Midi, le Soir, la Nuit ;
  • les quatre tempéraments de l'homme : Le Mélancolique, Le Colérique, Le Flegmatique, Le Sanguin ;
  • les quatre genres poétiques : le Poème pastoral (réalisé par Pierre Granier), le Poème satyrique, le Poème héroïque, le Poème Lyrique ;

Huit statues supplémentaires étaient prévues, mais seules trois groupes d'enlèvements furent réalisés :

  • l'Enlèvement d'Orithye par Borée de Gaspard Marsy et Anselme Flamen, allégorie de l'Air ;
  • l'Enlèvement de Cybèle par Saturne de Thomas Regnaudin, allégorie de la Terre ;
  • l'Enlèvement de Proserpine par Pluton de François Girardon, allégorie du Feu ;

Finalement, l’ensemble de ces statues fut dispersé dans le jardin et le parterre d'eau agrémenté de statues représentant les quatre grands fleuves français et leur principal affluent, ainsi que des groupes de figures.

En 1676, le bassin des Sapins, qui se situait au nord du château sous le parterre du Nord et l'allée des Marmousets fut conçue sur l’axe nord-sud comme un pendant à la pièce d’eau des Suisses, située au pied de la colline de Satory au sud du château. Plus tard, des changements transformèrent le bassin des Sapins au bassin de Neptune.

En 1679 est creusée le bassin et, en 1682, les premiers vases sont mis en place. Les eaux jouent pour la première fois en mai 1685. Ce n'est que sous Louis XV, que seront installés les deux dragons ainsi que les groupes sculptés de Neptune et Amphitrite.

Pour dix minutes de spectacles, la consommation d'eau est de 2 000 m3.

Pièce d’eau des Suisses

Images 9

 

Creusée en 1678, la Pièce d’eau des Suisses – nommée en raison des Gardes suisses qui construisirent la pièce – se situait dans une région marécageuse au sud du château. Cet élément d’eau, d'une superficie supérieure à 15 hectares, est la plus vaste à Versailles après le Grand Canal.

 

 

 

Louis XIV : troisième agrandissement

À peine fut aménagé le deuxième agrandissement que Louis XIV commanda des nouveaux agrandissements du château et des jardins. Comme le deuxième agrandissement se caractérisait par un foisonnement des bosquets, le troisième se signala par un changement stylistique de l’esthétique naturelle d’André Le Nôtre à l’esthétique architectonique de Jules Hardouin-Mansart.

Les changements topologiques qui se produisirent à cette époque furent :

  • 1680

Tapis vert – la superficie étendue de pelouse entre le bassin de Latone et le bassin d’Apollon atteint sa définition finale à cette époque sous la direction d’André Le Nôtre.

  • 16841280px orangerie

Le parterre d’Eau – sous la direction de Jules Hardouin-Mansart, le parterre d’eau fut remanié. Les statues de la Grande Commande furent déplacées à d'autres endroits dans les jardins. Les deux bassins octogonaux qu’on y trouve aujourd’hui furent construits et décorés à cette époque avec des statues en bronze représentant les fleuves de France.

L’Orangerie – Au sud du parterre d’Eau, l’orangerie de Louis Le Vau fut détruite afin d’adapter l’endroit pour une nouvelle structure conçue par Hardouin-Mansart. Outre l’Orangerie, l’Escalier de Cent Marches qui facilitait l'accès aux jardins du sud et de la Pièce d’eau des Suisses et le parterre du Midi furent conçus et construits à cette époque, donnant aux jardins au sud du château leur configuration et leur décoration actuelles.

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Cette même année, la grotte de Thétys fut détruite préalablement à la construction de l’Aile des Nobles.

  • 1685-86

Avec la construction de l’aile nord du château, le parterre du Nord fut remanié afin de répondre à la nouvelle architecture de cette partie du château. Pour compenser la perte du réservoir de la grotte de Thétys et satisfaire les demandes accrues en eau, Jules Hardouin-Mansart conçut de nouveaux et plus grands réservoirs droit vers le nord de l’aile des Nobles.

  • 1686-87

Sous la direction de Jules Hardouin-Mansart, le bassin de Latone fut remanié. C’est cette œuvre qu’on voit aujourd’hui.

Bosquets du troisième agrandissement

Lors du troisième agrandissement, trois bosquets conséquents furent conçus ou remaniés.

  • 1680

La Galerie des Antiques fut conçu à l’endroit du bosquet antérieur et de courte durée, la Galerie d’Eau (1678). Le bosquet fut conçu comme un genre de galerie à ciel ouvert dans laquelle étaient exposées des statues antiques et des copies acquises par l’Académie de Rome.

  • 1681-83

La salle de Bal fut construite dans une partie isolée des jardins dans laquelle une cascade – l’unique exemplaire survivant à Versailles – formait le décor de ce bosquet servant aux divertissements consacrés à la danse.

  • 1684-85

La Colonnade de Jules Hardouin-Mansart fut construite sur l’ancien emplacement du Bosquet des Sources d’André Le Nôtre. Ce péristyle circulaire formé de 32 arcs avec 28 fontaines était l’expression la plus architectonique d’Hardouin-Mansart à Versailles.

Louis XIV : quatrième agrandissement

Peu après la promulgation des traités de Ryswick en 1697 qui mirent fin à la guerre de la Ligue d'Augsbourg, Louis XIV et la France furent mêlés de nouveau à la guerre. Effectivement, la guerre de Succession d’Espagne diminua l’attention de Louis XIV pour Versailles : jusqu’en 1704, aucune modification importante dans les jardins ne fut faite. Entre 1704 et 1709, des bosquets furent remaniés – certains assez radicalement, parfois même renommés, suggérant la nouvelle austérité qui caractérisait les dernières années du règne de Louis XIV.

Le 1er septembre 1715, Louis XIV mourut à Versailles et son arrière-petit-fils de 5 ans lui succéda sous le nom de Louis XV. Une fois la dépouille mortelle du Roi Soleil enlevée pour son enterrement à Saint-Denis, Louis XV, sous la protection du régent Philippe II d’Orléans, et la cour se retirèrent à Vincennes ; l’avenir de Versailles entra dans une ère d’incertitude.

Louis XV

En 1722, Louis XV et la cour retournèrent à Versailles. Semblant prêter attention à l’admonestation de son arrière-grand-père de ne pas s’engager dans des campagnes de construction coûteuse, Louis XV évita les projets à Versailles tels qu'en avait fait Louis XIV. Les seuls projets importants de Louis XV dans le château furent l’achèvement du salon d’Hercule (1736), l’Opéra (1770) et la redécoration des Petits Appartements du Roi. Aux jardins, le seul agrandissement notable fut l’achèvement du bassin de Neptune avec l’addition des statues (1738-1741).

Plutôt que de dépenser des ressources à la modification des jardins à Versailles, Louis XV – un botaniste avide – consacra ses efforts à Trianon. Dans le secteur maintenant occupé par le Hameau de la reine, Louis XV fit construire et entretenir des jardins botaniques. En 1750, l’année où les jardins botaniques furent créés, Claude Richard (1705-1784) – le Jardinier-Fleuriste – assuma l’administration de ces jardins.

En 1761, Louis XV passa une commande à Ange-Jacques Gabriel pour construire le Petit Trianon comme résidence qui lui permettrait de passer plus de temps près de ses jardins botaniques. Ce fut au Petit Trianon que Louis XV tomba malade de petite vérole. Le 10 mai 1774, Louis XV mourut à Versailles et le château et ses jardins entrèrent dans une nouvelle ère de changement.

Louis XVI

Avec l’avènement de Louis XVI, les jardins subirent des transformations évoquant le quatrième agrandissement de Louis XIV. Engendré par les Philosophes – et surtout les rationalisations de Jean-Jacques Rousseau – l’hiver de 1774-1775 vit une replantation totale des jardins. Des arbres et des arbustes datant du règne de Louis XIV furent abattus ou déracinés avec l’intention de transformer les jardins français de Le Nôtre et Hardouin-Mansart en jardins à l'anglaise.

La tentative de Le Nôtre de convertir à l’anglaise le chef-d’œuvre précédent n'atteignit pas son but. En raison de la topologie du domaine, le style anglais des jardins – caractérisés par une topologie et formes irrégulières formant une antithèse aux jardins français – fut abandonné et les jardins furent replantés à la française. Pourtant, Louis XVI, en gardant un œil sur les dépenses à Versailles, fit supprimer les palissades qui formaient les « murs » des salles vertes des bosquets et les fit remplacer avec soit des tilleuls soit des marronniers. En plus, certains des bosquets datant de l’époque du Roi Soleil furent modifiés radicalement ou détruits définitivement. La contribution aux jardins la plus importante pendant le règne de Louis XVI fut la création de la grotte des Bains d’Apollon. La grotte en rocaille, qui était placée dans un bosquet à l’anglaise et qui hébergeait les statues provenant de la grotte de Thétys, fut le chef-d’œuvre de Hubert Robert.

Avec le départ de la famille royale de Versailles le 7 octobre 1789, le sort du château et des jardins fut loin d'être certain.

La Révolution

En 1792, par ordre de la Convention nationale, certains arbres des jardins furent abattus alors que certaines parties du Grand Parc étaient vendues. Percevant une menace potentielle sur les jardins de Versailles, Louis Claude Marie Richard (1754-1821) – directeur des jardins botaniques et petit-fils de Claude Richard – fit pression sur le gouvernement révolutionnaire afin de sauvegarder les jardins. Il y réussit en empêchant des morcellements plus poussés du Grand Parc, et les menaces de destruction du Petit Parc furent levées par des recommandations pour que les parterres puissent être plantés de potagers et les vergers transformés en espaces publics des jardins. Heureusement, ces plans ne virent jamais le jour mais, cependant, les jardins s’ouvrirent à tous. Il ne fut pas rare alors de voir des gens occupés à faire leur lessive dans les fontaines et le linge étalé sur des arbustes pour sécher.

Napoléon Ier

L’ère napoléonienne globalement ignora Versailles. Dans le château, un appartement fut aménagé pour l’impératrice Marie-Louise ; dans les jardins, seul l’abattage catastrophique des arbres au bosquet de l’Arc de Triomphe et au bosquet des Trois-Fontaines fut notable. À la suite de l’érosion massive de la terre, il fallut replanter de nouveaux arbres.

La Restauration

Avec la chute du Premier Empire et la Restauration des Bourbons en 1814, les jardins de Versailles virent les premières modifications importantes depuis la Révolution. En 1817, Louis XVIII ordonna que deux bosquets – le bosquet de l’Île du Roi et le Miroir d’Eau – fussent transformés en jardin à l’anglaise pour former Le Jardin du Roi.

La Monarchie de Juillet et le Second Empire

Comme beaucoup des intérieurs du château furent irrémédiablement remaniés afin d’installer le musée de l’Histoire de France de Louis-Philippe, les jardins, par contraste, restèrent quasiment inaltérés. Pour la visite d’État de la reine Victoria et du prince Albert en 1855, les jardins furent transformés pour une fête qui évoquait celles de Louis XIV. Napoléon III abandonna Versailles, préférant plutôt le château de Compiègne.

Pierre de Nolhac

Avec l’avènement de Pierre de Nolhac comme directeur du musée, une nouvelle ère de recherches historiques démarra à Versailles. Nolhac, archiviste avide et homme de lettres, commença à reconstituer l’histoire de Versailles et, subséquemment, établit les critères pour les projets de restauration et préservation du château de des jardins. Ces critères sont toujours actuels.

Les bosquets et « l’affaire de l’Apollon Perigrinator »

L’étude des bosquets de Versailles pose des problèmes en raison des maints remaniements des jardins entre le XVIIe siècle et le XIXe siècle. « L’Affaire de l’Apollon Prigrinator » sert comme preuve aux changements – parfois radicaux – des bosquets

L’affaire de l’Apollon Perigrinator

En 1664, au nord du château, la grotte de Téthys fut construite comme un élément symbolique et technologique des jardins. Techniquement, la grotte avec son réservoir fournissait une portion de l’eau exigée par les fontaines des jardins ; symboliquement, la grotte faisait un rapport entre le mythe d’Apollon et l'image publique de Louis XIV. La caractéristique principale de la décoration de la grotte était les groupes des statues d’Apollon et celles de ses chevaux, qui furent installés en 1672. Lorsqu’en 1684 la grotte fut détruite en prévision de la construction de l’aile des Nobles, les groupes sculptés furent déplacés au « bosquet de la Renommée ».

Construit en 1675, le bosquet de la Renommée comprenait une fontaine sous la forme d’une statue de la Renommée – d'où son nom d’origine.
En 1684, ce bosquet fut remanié afin d'accueillir les statues provenant de la grotte de Téthys. La statue de la Renommée en fut enlevée, celles d'Apollon et de ses chevaux furent placées sur des socles dont jaillissait de l’eau ; chaque groupe de statues était protégé par un baldaquin doré et finement ouvré. L'endroit ainsi réaménagé prit le nom de « bosquet des Bains d’Apollon » (à ne pas confondre avec l'actuel bosquet des Bains d'Apollon postérieurement nommé).

Le dernier déplacement du groupement d’Apollon date de 1778.
Au début de son règne, Louis XVI ordonne un remaniement des jardins. Le bosquet du Marais, situé près du parterre de Latone, est entièrement remanié pour accueillir ces statues de prestige ; Hubert Robert conçoit pour elles une grotte artificielle au milieu un paysage verdoyant parsemé de cascades et petits bassins d’eau, dans le style anglo-chinois alors à la mode. Le bosquet du Marais devient alors le bosquet des Bains d’Apollon.
C'est dans ce chef-d’œuvre d’Hubert Robert qu'Apollon Perigrinator arriva en 1778, et c’est toujours son emplacement d'aujourd’hui.

Les bosquets

Certains bosquets furent perdus en raison des remaniements successifs dans les jardins.

Deux bosquets

  • 1663

Situé au nord et au sud de l’axe est-ouest, ces deux bosquets furent à l’origine conçus comme un réseau de chemins autour de quatre « salles de verdure » qui convergeait sur une salle centrale qui comprenait une fontaine.

  • 1682

1280px bosquet de la girandole versailles

 

 

Le bosquet au sud devint le bosquet de la Girandole, ainsi nommé en raison de la fontaine centrale avec des jets d'eau qui jaillissaient en rayonnant.

 

 

 

  • 1696

Le bosquet au nord le bosquet du Dauphin en raison de la fontaine centrale en forme d’un dauphin.

  • 1775

Les deux bosquets furent détruits et replantés avec des tilleuls. À cette époque, ils furent rebaptisés le quinconce du Nord et le quinconce du Midi.

Bosquet des Dômes

  • 1675

Conçu par André Le Nôtre et caractérisé par une statue de la renommée d’où le nom du bosquet : bosquet de la Renommée.

  • 1684

Réaménagement du bosquet avec l’installation des statues provenant de la grotte de Thétys. Le bosquet fut consacré de nouveau comme bosquet des Bains d’Apollon

  • 1700Bosquet des domes

Au début du XVIIIe siècle, les statues du Bosquet des Bains d’Apollon furent réaménagées une fois de plus sur l’emplacement de l’ancien Bosquet du Marais (actuellement la Grotte des Bains d’Apollon). L’ancien Bosquet des Bains d’Apollon fut réaménagé complètement avec deux pavillons en calotte du dôme, qui donnèrent naissance du nom : Bosquet des Dômes

 

Bosquet du Labyrinthe

  • 1665

André Le Nôtre conçut, au sud du parterre de Latone et près de l’orangerie, un labyrinthe composé d’un réseau de chemins simples

  • 1672-1677

Charles Perrault, auteur des Contes de ma mère l’Oye, conseilla à Louis XIV de remanier le Labyrinthe de manière à servir à l’éducation du dauphin. Par conséquent, le nouveau Labyrinthe comprit plusieurs fontaines qui présentaient des textes tirés des fables d'Ésope. Une plaque de cuivre sur laquelle fut gravée une des fables de La Fontaine fut présentée avec La Fontaine ; ce fut avec ces plaques que le fils de Louis XIV apprit à lire. Une fois achevé en 1677, le Labyrinthe comprenait 39 fontaines avec 333 sculptures animalières en plomb peintes en polychrome.

  • 1778

En raison de frais de réparation et d’entretien, Louis XVI commanda la destruction du Labyrinthe. Sur l’endroit, un arboretum avec des exemplaires exotiques fut installé dans un jardin à l'anglaise. Rebaptisé « bosquet de la Reine », ce serait dans cette partie des jardins qu’en 1785, un épisode de l’affaire du collier eut lieu, un évènement qui compromit Marie-Antoinette.

Bosquet de l'Étoile

  • 1666

À l’origine, André Le Nôtre conçut ce bosquet comme une salle de verdure avec un chemin qui entourait un espace octogonal au milieu du bosquet.

  • 1671

Un chemin plus complexe fut développé afin de rehausser la nouvelle fontaine du milieu ; il fallut un changement de nom au bosquet de la Montagne d’Eau.

  • 1704

Le bosquet de la Montagne d’Eau fut remanié et rebaptisé bosquet de l’Étoile.

Bosquet du Marais

  • 1670

Au début, le bosquet comprenait un bassin rectangulaire avec une bordure en gazon. Au bord du bassin, des roseaux en métal cachaient bon nombre de jets d’eau ; un cygne avec un jet d’eau jaillissant de son bec se trouvait à chaque coin. Au milieu du bassin se trouvait un arbre en fer avec des feuilles en étain peintes en vert. À cause de cet arbre, le bosquet était également connu sous le nom du bosquet du Chêne-Vert.

  • 1705

La fontaine fut détruite et le bosquet fut remanié comme le bosquet des Bains d’Apollon.

  • 1774

Hubert Robert remania le bosquet, qui fut rebaptisé La grotte des Bains d’Apollon

Île du Roi - Miroir d’Eau

  • 1671

Au début conçu comme deux éléments du jardin, le grand – L'île du Roi – comprenait une île qui formait le point de convergence d’un système complexe de fontaines. L’île du Roi était isolée du miroir d’eau par une chaussée qui comprenait 24 jets d’eau.

  • 1684

L’île fut supprimée et le nombre de jets d’eau dans le bosquet fut radicalement réduit.

  • 1704

La chaussée fut remaniée et un grand nombre des jets d’eau furent supprimés.

  • 1817

Les deux – l’île du Roi et le Miroir d’Eau – furent complètement remaniés comme un jardin à l'anglaise. À cette époque le bosquet fut rebaptisé jardin du Roi.

Salle des Festins (salle du Conseil) – bosquet de l’Obélisque

  • 1671

    Bosquet de l obelisque

 

Conçu par Le Nôtre comme une île à quatre lobes entourée d'un canal qui comprenait 50 jets d’eau. Une simple fontaine occupait chaque lobe de l’île ; l’accès à l’île était obtenu par deux petits ponts tournants. Aux quatre points cardinaux il y avait quatre autres fontaines.

 

  • 1706

Sous la direction de Jules Hardouin-Mansart, le bosquet fut remanié complètement. L’île centrale fut remplacée par un grand bassin élevé sur une base à cinq gradins entourée d'un canal. La fontaine centrale se composait de 230 jets d’eau qui, lors du jeu de la fontaine, formait un obélisque qui donna son nouveau nom au bosquet : bosquet de l’Obélisque.

Bosquet du Théâtre d'eau

  • 1671-1674

L’aspect central de ce bosquet était un théâtre en forme d’amphithéâtre avec des rangs de bancs à trois gradins en gazon pour les spectateurs. La scène était décorée de trois fontaines alternant avec trois cascades.

  • 1680-1715

Les statues du bosquet furent remaniées à maintes reprises. En 1709, le bosquet fut remanié de nouveau avec l’installation de la fontaine de l’Île aux Enfants.

  • 1774-1775

Lors de la replantation des jardins que Louis XVI commanda, le bosquet du Théâtre d'eau fut détruit et remplacé par le bosquet simple, le bosquet du Rond-Vert

Bosquet des Trois-Fontaines (Berceau d’Eau)

  • 1677-1678

Situé à l’ouest de l’allée des Marmousets, le bosquet des Trois-Fontaines remplaça le bosquet de courte durée Le Berceau d’Eau (datant de 1671 ; le Berceau d’Eau était un bosquet long et étroit qui comprenait bon nombre de jets d’eau formant une charmille d’eau). Le nouveau bosquet fut transformé par Le Nôtre qui conçut un bosquet à trois salles. Chaque salle comprenait un nombre de fontaines jaillissant avec des effets spéciaux. Le bosquet survécut aux modifications que Louis XIV commanda au début du XVIIIe siècle et subséquemment évita les replantations de 1774-1775.

  • 1830

Le bosquet fut replanté mais les fontaines furent supprimées.

  • 2004

En raison des dégâts causés par des tempêtes de 1990 et de 1999, le bosquet des Trois-Fontaines fut restauré et inauguré de nouveau le 12 juin 2004.

Bosquet de l’Arc de Triomphe

  • 1672

Bosquet de l arc de triompheAu début, le bosquet était conçu comme un simple pavillon d’eau – un espace ouvert avec une fontaine carrée au milieu.

  • 1676

Situé à l’est de l’allée des Marmousets et conçu comme pendeloque au bosquet de Trois-Fontaines, le bosquet fut remanié avec un décor qui faisait allusion aux victoires militaires sur l’Espagne et l’Empire. À cette époque, l’arc de triomphe fut installé, donnant son nom du bosquet. Comme avec le bosquet des Trois-Fontaines, le bosquet de l’Arc de Triomphe survécut aux modifications du XVIIIe siècle.

 

 

  • 1830

À l'époque de la replantation de 1830, les fontaines furent supprimées (comme pour le bosquet des Trois-Fontaines).

  • À présent, le bosquet est en cours de restauration

Bosquet d'Encelade

Gaspard marsy fontaine de l encelade musee national des chateaux de versailles et de trianon versailles france 1675 1676 20080506

  • 1675

Avec une telle évolution du bosquet de la Renommée, la fontaine du bosquet représentait un Titan tombé – Encélade – qui fut condamné à vivre sous le volcan de l’Etna, consumé par la lave.

  • 1678

Un anneau octogonal en gazon et huit fontaines en rocaille furent installées autour de la fontaine centrale. Ces additions furent supprimées en 1708. La fontaine, avec le jet d’eau le plus haut de toutes les fontaines à Versailles (25 m), fut conçue comme une allégorie qui faisait allusion à la victoire de Louis XIV sur la Fronde.

Bosquet des Sources - La Colonnade

  • 1678

Conçu comme une simple salle de verdure, Le Nôtre rehaussa et incorpora un ruisseau existant afin de créer un bosquet aux ruisselets serpentant parmi neuf petites îles. À cette époque, le bosquet prit le nom de bosquet des Sources.

  • 1684

Jules Hardouin-Mansart remania complètement le bosquet en créant un double péristyle aux arcs. La Colonnade – le nom adopté pour la construction – comprenait à l’origine 32 arcs et 31 fontaines – un simple jet d’eau jaillissait dans une vasque placée sous chaque arc (un arc était réservé à l’entrée du bosquet).

  • 1696

La statue « Enlèvement de Proserpine », un des « enlèvements » de la Grande Commande de 1664, est installée au milieu de la Colonnade en 1696.

  • 1704

Trois entrées supplémentaires furent ajoutées, ce qui réduisit le nombre de fontaines à 28.

Galerie des Antiques

  • 1680

Occupant l’emplacement du bosquet de la Galerie d’Eau (1678), le bosquet de la Galerie des Antiques fut conçu pour héberger la collection des statues antiques et des copies acquises par l’Académie de France à Rome. Un petit canal, qui encerclait l’espace central pavé avec des cailloux polychromes, était décoré de 20 statues sur socles, chacune séparée par trois jets d’eau.

  • 1704

La galerie fut complètement remaniée lorsque les statues furent transférées à Marly. Le bosquet subit une replantation totale avec des marronniers

Salle de Bal

  • 1681-1683

Situé à l’ouest du parterre du Midi et au sud du parterre de Latone, ce bosquet présentait une cascade en hémicycle qui formait le décor de cette salle de verdure. Parsemé de vases et torchères en plomb doré qui servaient d'appui pour des girandoles, le bosquet de la Salle de Bal fut inauguré en 1683 avec un divertissement de danse par le Grand Dauphin.

  • 1707

Le bosquet fut remanié lorsque l’île située au milieu fut supprimée ; une entrée supplémentaire fut alors ajoutée

 

Quelques Photos

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