Randonnées à thèmes

Aujourd'hui Samedi 23 Juin, le temps est agréable mais c'est la dernière rando de la saison pour Robert. Nous partons d'Ecouen à 8h02 pour le Circuit des anciennes maisons closes sur Paris environ 15 Km .Certains des quartiers que nous allons traverser s'ils ne comportent plus de "maisons closes"continuent à abriter "le plus vieux métier du monde". Notre périple nous fait traverser les quartiers de Stalingrad, Barbès,Strasbourg St Denis, la Grange Batelière, St Georges La Trinité, St Lazare, la Bourse, Palais Royal , le Pont Neuf, St Sulpice, Montparnassse et Ste Placide.

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  Quelques photos de notre périple

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Histoire des maisons closes de Paris

maisons.jpgLes maisons closes ne datent pas d’hier puisque nous en retrouvons des traces datant de la Rome Antique. On appelait ces lieux étant des Lupanar à l’époque (les prostituées étant surnommées les louves…).

A Paris, c’est sous le règne de Louix IX que la politique autour de la prostitution évolua.Un décret réglementa l’activité des filles publiques et les renvoya hors de l’enceinte de Philippe Auguste. Les dames de petite vertu s’installeront dans des baraques au bord de la Seine en dehors de la ville. On les appela à l’époque des bordiaux (dérivé des bords d’eau). Elles seront baptisées filles bordelières.Et c’est ainsi qu’est né le nom « bordel ».

Tantôt tolérée ou réprimée, le Pouvoir se rend bien compte de la manne financière que représente les maisons closes de Paris. Le Clergé, le Roi, puis l’Etat et les municipalités en prennent le contrôle. Les bordels deviennent des maisons closes qui, au fil des siècles des établissements de plus en plus officiels et partie prenante dans la vie sociale de Paris.On parle d’ailleurs de Maisons « Closes » car il était interdit de voir ce qui s’y passait depuis l’extérieur (volets fermés, rideaux occultant).

En 1802, Napoléon établit la visite médicale régulière obligatoire des prostituées pour endiguer l’épidémie de syphilis de l’époque.

Le XIXème siècle marquera d’ailleurs l’âge d’or des maisons closes à Paris, où l’on dénombrera jusqu’à 200 établissements officiels. De la maison d’abattage (jusqu’à 100 passes par jour sur des paillasses) à la maison de luxe, toutes les classes sociales sont concernées.

Au XXème siècle, les maisons closes de Paris ne connaissent plus les succès d’antan. Et pour donner un second souffle, de nouveaux établissements luxueux ouvrent leur porte dont parmi les plus connus :Le « one two two » (car il se situait 122 rue de Provence derrière les Galeries Lafayette ! ).Le Sphynx, boulevard Edgard Quinet, le Chabanais (rue chabanais dans le 9ème) ou l’Etoile de Kléber (dans le 16ème, très prisé des soldats allemands pendant l’Occupation). On pouvait croiser dans ces hauts lieux de la vie parisienne des personnalités de l’époque comme Colette,  Jean Gabin, Sacha Guitry ou bien encore Marlène Dietrich. Autant vous dire que ces lieux étaient tout sauf tabou.

C’est en 1946 que Marthe Richard, conseillère municipale de Paris fait voter la loi qui porte son nom et qui interdit à Paris et dans toute la France les maisons closes. Loi toujours en vigueur aujourd’hui.

Nous passerons donc devant d'anciennes "Maisons d'abattage" et de luxueux " Lupanar" tel que le 36 non pas "quai des orfèvres" mais 36 rue St Sulpice chez

         "Miss Betty", Le Chabanais et bien d'autres

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Arretons nous pour déjeuner au square Louix XVI parmi les moineaux et les pigeons.

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Dans ce square situé dans le 8 ème arrondissement de Paris au 29 de la rue Pasquier nous trouvons une chapelle expiatoire construite à l'emplacement de l'ancien cimetière de la Madeleine ou avaient été inhumés les corps de Louis XVI et de Marie Antoinette avant leur transfert à la basilique de St Denis le 2 Janvier 1815. Certains gardes suisses tués lors de la prise du palais des Tuileries y sont inhumés

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Bien entendu Robert nous parle des figures célèbres comme Casque d'or, la pauvre suzon, Rachelle la Juive, madame Marlène, miss Betty monsieur Marcel dit     " Fraisette" patron du One two two

    122, rue de Provence Paris     8ème

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    Cet immeuble, situé en plein cœur du 8ème arrondissement de Paris, entre la Gare Saint-Lazare     et les grands magasins du Boulevard Haussmann, fût, jusqu’à la seconde guerre mondiale, un lieu « à la mode » fréquenté par le « Tout-Paris » de la nuit. Il s’agissait d’une     maison close appelée le « One-Two-Two », peut-être alors la plus connue de la capital  

    C’est également l’une des plus effrontément luxueuse. Ancien hôtel particulier du Maréchal Murat, il est surélevé de quatre étages par Marcel Jamet (surnommé « Fraisette ») en 1933 : sept étages imposants aux volets blancs toujours clos…

 

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Le propriétaire des lieux gère lui-même avec sa compagne, puis épouse, Fabienne… fille d’un inspecteur de la Mondaine (service spécial de police qui contrôlait la clientèle de ces établissements) avant d’être fréquenté assidûment par des officiers de la Wehrmacht entre 1940 et 1944 sous l’œil inquisiteur du contre-espionnage militaire, l’Abwehr.

     A l’époque, le       « ONE TWO TWO » en quelques chiffres :          

      Horaires d’ouvertures de 14H à 05H du matin. (c'est beaucoup quand même)   

      1 seule nuit de fermeture par an : la nuit de Noël.  

      Les Dames vivent à l’extérieur et ont 1 jour de congé par semaine.   

      Elles arrivent vers midi et n’en sortent qu’à la fermeture.   

      Absence injustifiée d’un après-midi : 200 francs d’amende… S’il y a récidive, c’est la porte.       mais en même temps ..   

      A disposition sur place : coiffeur, manucure, pédicure, lingère : 40 employés de personnel auxiliaire.     

      22 chambres,  

      10 salons,  

      12 douches.      

      60 dames de compagnie en même temps,   

      200 rendez-vous galants,  

      300 visiteurs,   

      150 bouteilles de champagne par jour.     

      Imposable à 67,5 %  (rentable l'affaire)    

      Après la guerre   

  A la libération la clientèle change:les allemands ont disparu, remplacés par les anglais, les américains.Marcel Janet est arrêté pour collaboration et libéré huit jours plus tard avec les honneurs...Il gagne le franc de dommages et intérêts dans son procès en diffamation contre le soir et l'aurore

  

      La fin du One

      Mais en 1945, Marthe Richard  propose de fermer les  maisons closes.

      née Betenfeld le 15 août 1889 à Blâmont (Meurthe-et-Moselle) et décédée le 9 février 1982, fut une prostituée qui à fait voyé la loi pour la fermeture des maisons closes

  Un peu de documentation

Maisons closesAu 32 de la rue de Blondel, dans le II ème arrondissement, les locaux d’un marchand de vêtements en gros viennent d’être classés monument historique. A l’extérieur, le carrelage en céramique rouge sang tranche sur la sobriété des façades voisines. A l’intérieur, masqués par des tuyaux, de belles plaques en faïence annoncent clairement la couleur: « Aux Belles Poules« . Classé aussi, l’immeuble du 6 rue des Moulins, dans le 1er arrondissement, doté d’un immense escalier en bois pastel et d’angelots féminins sculptés au-dessus des portes. On s’intéresse enfin en haut lieu, au patrimoine érotique national. On classe donc des anciennes maisons closes. Il était temps, car il faut bien avouer que les vestiges architecturaux de ces établissements ont pratiquement tous disparus corps et biens, et permet a la société de mettre dans l’oubli cette partie gênante de l’histoire, mais cache néanmoins un pan entier des moeurs et de la culture Française et occidentale du XIX eme et première moitié du XXeme siècle.

Les affaires de ces commerces  étaient florissantes. Paris à la Libération, ne comptait pas moins de 195 Maisons Closes. Il faut bien dire qu’aux grandes heures des Maisons Closes, c’est à dire la période des années 1870 à 1946, le marché est important et que ces lieux de plaisirs proposent une palette de services correspondant à tous les goûts, de l’établissement raffiné « haut de gamme », ciblant les riches touristes et la bourgeoisie, aux tôles les plus crasseuses. On peut y trouver les établissements spécialisés dans les relations SM, les « Tôles à passion », ou encore les « Clandés » ou « Maisons de 7 heure » ou le jeu consistais à mettre en scène des femmes censées  « mariées » qui s’encanaillent de 5 à 7.

Maisons closes

A l’Époque, les clients payent avec des jetons qu’on leur vend à l’entrée de l’établissement. Les femmes de ces maisons de plaisir pour les hommes, mais souvent des maisons d’esclavage de ses femmes parfois entrées contre leur gré et avec un très maigre salaire, n’ont pas droit aux pourboires, sauf exception, avec les clients « habitués ». Toutes les maisons de tolérance de Paris et de province possédaient une insigne distinctive et qui date de la période romaine: une lanterne rouge, ce qui permettait de connaître l’activité des lieux sans mettre une enseigne écrite plus explicite. Ces Maisons que l’on appelait aussi plus communément « Bordel » vient du Moyen-Age et de Saint Louis et des maisons du bord de l’eau à Paris. Ces étuves étaient des lieux de plaisir ou l’on mangeait, buvait et s’adonnait aux plaisirs de la chair.

    Mais le 13 avril 1946, Marthe Richard, ayant elle même exercé le plus vieux métier du monde, obtenait la fermeture de toutes les « maisons de tolérance ». Et d’un coup, 1150 filles, dites « de joie », mises sur le trottoir. Tout un pan de la civilisation occidentale s’écroulait. Par la suite, les spéculateurs et les promoteurs ont eu raison de la majorité des anciennes maisons closes. Du célèbre et luxueux Sphinx, à  Montparnasse, un décor égyptien haut en couleur accueillait le client, il n’y a plus rien. Paris et d’autres grandes villes ne recèlent que quelques restes de ces bobinards: des façades dont l’ornement exotique annonce la vocation, tout comme la plaque du numéro de la rue, bien plus grande que ses voisines. A l’intérieur, de rares fresques et frises érotiques, destiné à   garder en éveil l’appétit du client, ont survécu.      Rue Saint Sulpice, dans le VI ème arrondissement, il existait deux maisons qui attiraient une clientèle cléricale. Alphonse Boudard les a réunies en une seule dans son roman Madame de Saint Sulpice. Les pensionnaires de Miss Betty monnayaient leurs services au 36 rue Saint Sulpice. Sa façade, ornée de colonnes romaines et d’un grand numéro en faillance, n’a rien perdu de son attrait. Chez Christiane, au numéro 26,   maison destinée aux disciplines de Sade et de Sacher-Masoch, on équipait autrefois les chambres de fouets et d’instruments de tortures, et les filles étaient gainées de cuir noir. Hitler ayant fermé les bordels du Reich, l’occupant trouvait en Paris un havre de sensualité. A Paris, les maisons respectaient l’ordre social: la plus huppée de toutes, le Chabanais, fondé en 1878, était située dans la rue du même nom, près de la Bibliothèque nationale. Réservée au gotha international, elle faisait partie des rendez-vous du Paris by night qu’organisait le service protocole de l’Elysée pour les chefs d’Etat en visite officielle. Le protocole préservait tout de même les apparences et la discrétion sur les visites de ces établissements par les grands de ce monde, en utilisant un nom de code dans les agendas officiels des ambassadeurs et hommes politiques : il était inscrit officiellement « Visite au président du Senat ». Aujourd’hui encore, on peut admirer l’élégante balustrade en fer forgée, et les deux ascenseurs, l’un assurant la monté et l’autre la descente de la clientèle, ceci afin d’éviter toute rencontre embarrassante entre les usagés du lieu.      Réservé à  une clientèle également aisée, le One Two Two, au 122 rue de la Provence, dans le IX ème arrondissement, n’a gardé que sa façade. Le décor était du plus pur style année 30. C’est ici que Goering lui-même avait une chambre durant la période d’occupation. Le « One Two Two » n’était pas seulement un lieu des plaisirs de la chair, on y allait également pour son restaurant réputé, le « Boeuf a la Ficelle ». On y voyait d’ailleurs défiler la Jet-set de l’époque: Michel Simon, Cary Grant, Charles Trenet, Marlène Dietrich et tous les personnages de la haute société. En passant devant ces maisons, même si l’on ne peut plus y entrer, on s’imagine le temps ou l’on y montait. Nostalgie pour les uns, horreur pour les autres                                                                                                                           

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Après cette petite rando très sympathique et si bien commentée par Robert un peu de repos en attendant la prochaine saison

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